16/06/2013

Nombres 20 Le passage de génération


 

VERS LE PAYS PROMIS
Nombres 20 à 27


Lors du retour des douze observateurs, la confiance manqua suite au rapport inquiétant de dix d’entre eux. Ils disaient : le pays est magnifique, « vraiment il est ruisselant de lait et de miel », mais il y a les fils d’Anak, des géants… (13:28-29). Ainsi, la génération qui sortit d’Egypte ne devait pas entrer au pays de Canaan ; seuls Josué et Caleb, les deux envoyés revenus avec des paroles de confiance, allaient passer la Jourdain (13:30, 26:65).
 
Le décès de Myriam puis celui d’Aaron souligneront tout à la fois la fin d’une génération et le temps pour la nouvelle de prendre le relai de leurs pères et de monter au pays. Mais quoiqu’il fût écrit que cette nouvelle génération entrera au pays promis, la route ne pouvait être aisée. La foi devait être mise à l’épreuve. Une barrière est posée par le refus d’Edom et la guerre que mena le roi d’Arad… Les Israélites devront aller plus à l’est, contourner par le sud la Mer Morte et même tout le pays de Moab, avant de se trouver au bord du Jourdain et y connaître d’autres difficultés.
 
Mais auparavant un signe majeur des soins de Dieu leur sera donné par le Serpent d’airain. Il faut dire que des Israélites se décourageront, et ici nous comprenons l’enseignement apporté à toutes les générations de croyants ; ceux-là seront en passe de perdre la vie. Cependant, d’un regard de foi au Serpent élevé sur le bâton ils seront épargnés et prêts à se remettre en marche. Cette nouvelle génération entrera bien dans le pays, mais avec une foi éprouvée. Sans murmures, la foi vivifiée, ils connaîtront des victoires en Transjordanie, alors que des puissances locales leur faisaient la guerre… Mais avant de traverser le Jourdain, en arrêt dans les plaines de Moab, ils seront encore mis à l’épreuve… Le roi de Moab soudoie un mauvais prophète, un homme à l’esprit vénal qui prophétise pour de l’argent, Balaam. Et cet homme de moralité douteuse va accepter l’argent du roi, mais ne pourra prononcer la malédiction attendue ; il prononce malgré lui des paroles d’une beauté inattendue… N’aboutissant pas au résultat attendu par celui qui pense le couvrir de récompenses, il conseillera d’induire le peuple d’Israël à la corruption, à des relations immorales, en vue de précipiter sa déchéance… Mais l’Éternel a des ressources, et des hommes fidèles se lèvent en Israël. C’était la dernière mise à l’épreuve avant le passage du Jourdain.
 
Alors viennent les préparatifs avant la traversée du Jourdain. Et là, nous constatons le manque d’élan de plusieurs, deux tribus et une demi qui se trouvent bien dans les terres laissées par les Amoréens vaincus ; mais en contraste la foi se manifeste dans le fait de cinq jeunes filles, les filles de Tsélophkhad, demandant de recevoir une part du pays au nom de leur père défunt. L’enseignement focalise l’attention du lecteur sur la beauté de l’engagement personnel dans le chemin de la foi.


 
PASSAGE DE GENERATION
Nombres 20

 
Deux pensées dominent cette section : la fin d’une génération et la lassitude du désert. Myriam décède, le moral du peuple s’affaisse et, face à de nouveaux murmures, Moïse lui-même laisse percer sa propre fatigue. Le décès d’Aaron évoqué ensuite est le signe qu’une nouvelle génération doit se lever, celle qui va entrer au pays promis ; mais le peut-elle sans que la foi ne soit mise à l’épreuve ? Il le fallait, afin qu’ils prennent conscience de la grâce et de la puissance ans du Seigneur Dieu. Ils murmureront craignant la soif, mais recevront l’eau à profusion, mais aussi, lorsque la mort s’insinuera dans le camp, ils leur sera donné un nouveau signe de la pérennité du dessein de l’Eternel à leur égard, le Serpent d’Airain.
 
Comme en toutes ses pages, le Livre donne au lecteur de considérer la réalité de sa propre vie, car la finalité de l’Ecriture n’est pas de raconter une histoire, mais de nous apporter les lumières de la sagesse. Le chemin peut être long et la lassitude s’emparer de notre âme ; alors, pour nous conforter, nous lisons la patience de Dieu, la permanence de ses soins et la fermeté de son dessein ; nous trouvons ainsi le motif et la force pour poursuivre "jusqu’au bout " le chemin de la foi (Hébreux 3:6,14).

 
La mort de Myriam - 20:1

Le décès de Myriam est brièvement signalé, une circonstance bien naturelle après tant d’années. Myriam, c’est le cantique de la délivrance (Exode 15:20-21) et aussi ce moment de révolte contre Moïse, circonstance qui mit en évidence combien Moïse, ce conducteur si ferme, était un homme nourri de la grâce, "l’homme le plus doux de la terre" est-il écrit (Nombres 12:3).

20  1 Les fils d'Israël, toute l'assemblée, vinrent au désert de Tsin, le premier mois ; et le peuple habita à Kadès ; et Myriam mourut là, et y fut enterrée.

Avec le décès de Myriam, nous voyons qu’une génération s’éteint et que la suivante doit faire ses propres expériences…


 
Les eaux de Mériba, le rocher frappé deux fois - 20:2-13

La fatigue de la route est sensible. Après qu’ils aient eu à boire tout au long du séjour au désert, le manque d’eau est à nouveau ressenti avec angoisse. Cette nouvelle génération doit assumer les mêmes combats spirituels que celle qui l’a devancée. Comme à Mara (Exode 15:23-24), au commencement, et encore à Rephidim, là où Moïse reçut cette parole : "Voici, je me tiens là devant toi, sur le rocher, en Horeb ; et tu frapperas le rocher, et il en sortira des eaux, et le peuple boira. Et Moïse fit ainsi devant les yeux des anciens d'Israël." (Exode 17:6). De même que Rephidim, ce nouveau lieu fut désigné sous le nom de "Mériba", "contestation" (Exode 17:7, 20:24).

2 Il n'y avait pas d'eau pour l'assemblée ; alors ils s'attroupèrent contre Moïse et contre Aaron. 3 Et le peuple contesta avec Moïse, et ils parlèrent, disant : Que n'avons-nous péri, quand nos frères périrent devant l'Éternel ! 4 Et pourquoi avez-vous amené la congrégation de l'Éternel dans ce désert, pour y mourir, nous et nos bêtes ? 5 Et pourquoi nous avez-vous fait monter d'Égypte, pour nous amener dans ce mauvais lieu ? Ce n'est pas un lieu où l'on puisse semer ; on n'y trouve ni figuiers, ni vignes, ni grenadiers, et il n'y a pas d'eau pour boire. 6 Et Moïse et Aaron vinrent de devant la congrégation à l'entrée de la tente d'assignation, et tombèrent sur leurs faces ; et la gloire de l'Éternel leur apparut.

C’est un Moïse fatigué et même lassé qui se présente devant Dieu, mais la gloire du Seigneur lui apparaît, ainsi qu’à Aaron, car du côté de l’Éternel rien ne peut être altéré, sa volonté d’apporter la bénédiction et sa puissance sont toujours là pour le bien du peuple et l’accomplissement de son propos.

7 Et l'Éternel parla à Moïse, disant : 8 Prends le bâton, et réunis l'assemblée, toi et Aaron, ton frère, et vous parlerez devant leurs yeux au rocher, et il donnera ses eaux ; et tu leur feras sortir de l'eau du rocher, et tu donneras à boire à l'assemblée et à leurs bêtes. 9 Et Moïse prit le bâton de devant l'Éternel, comme il lui avait commandé. 10 Et Moïse et Aaron réunirent la congrégation devant le rocher, et il leur dit : Écoutez, rebelles ! Vous ferons-nous sortir de l'eau de ce rocher ? 11 Et Moïse leva sa main, et frappa deux fois le rocher de son bâton ; et il en sortit des eaux en abondance, et l'assemblée but, et leurs bêtes. 12 Et l'Éternel dit à Moïse et à Aaron : Parce que vous ne m'avez pas cru, pour me sanctifier aux yeux des fils d'Israël, à cause de cela vous n'introduirez pas cette congrégation dans le pays que je leur donne. 13 Ce sont là les eaux de Meriba, ou les fils d'Israël contestèrent avec l'Éternel ; et il se sanctifia en eux.

Vous "parlerez au rocher" est-il dit, car si le roc devant eux n’était plus celui de Rephidim, étape d’avant le Sinaï (Exode 17), il s’agissait bien moralement du même rocher, frappé une fois, de telle manière que l’eau, symbole de la grâce, en a découlé abondamment. Ceci fit dire à l’apôtre enseigné par les sages d’entre le Juifs (Actes 22:3), que ce rocher de Rephidim a suivi le peuple tout au long de sa pérégrination au désert. Et ce "rocher", ajoutait-il, c’est le Christ, frappé une fois à la croix du Calvaire (1 Corinthiens 10:4, Romains 6:10).
 
Pour le peuple l’eau coule à flot, leur donnant l’expérience de la puissance de Dieu, ce Dieu dont ils ne manquaient pas de mettre en question les dispositions. Mais il lui manque un enseignement, à savoir que le rocher avait été frappé une fois, ce dont leurs pères avaient été témoins, et la grâce leur était acquise, à eux aussi… Nous comprenons pourquoi tant de fois les apôtres soulignèrent que le sacrifice de Christ a été accompli une fois pour toutes (Romains 6:9-10, Hébreux 7:27, 9:26-27, 10:10, 1 Pierre 3:18).
 
Pour Moïse, la lassitude lui a fait faire cette erreur de frapper le rocher, et cela marque que son ministère va bientôt prendre fin, mais son départ de la scène de ce monde attestera de la grandeur de ce serviteur, modèle des prophètes qui se succéderont en Israël, car il est écrit : "Et il ne s'est plus levé en Israël de prophète tel que Moïse, que l'Éternel ait connu face à face" (Deutéronome 34:10). Il monta au Mont Pisga, contempla le pays promis tout entier et fut enseveli par Dieu lui-même (Deutéronome 34).

Aux confins d’Edom - 20:14-21

Une génération s’en va, ce sera à la nouvelle de pénétrer au pays. De Kadès, au cœur du Néguev, la route vers Hébron et la terre promise traverse les terres d’Edom, la contrée occupée par les descendants d’Esaü, frère de Jacob. Leurs cousins, en quelque sorte ! Et Moïse leur fait entendre que le peuple est fatigué de sa longue pérégrination dans le désert. Cependant, même la référence à la bonté de l’Éternel les laisse de marbre ; c’est "Non !", Israël n’est pas invité à traverser ce pays.

14 Et Moïse envoya de Kadès des messagers au roi d'Édom : Ainsi dit ton frère, Israël : Tu sais toute la fatigue qui nous a atteints. 15 Nos pères descendirent en Égypte, et nous avons habité en Égypte longtemps, et les Égyptiens nous ont maltraités, nous et nos pères. 16 Et nous avons crié à l'Éternel, et il a entendu notre voix, et il a envoyé un ange, et nous a fait sortir d'Égypte. Et voici, nous sommes à Kadès, ville à l'extrémité de tes limites. 17 Je te prie, que nous passions par ton pays ; nous ne passerons pas par les champs, ni par les vignes, et nous ne boirons pas de l'eau des puits ; nous marcherons par le chemin du roi, nous ne nous détournerons ni à droite ni à gauche, jusqu'à ce que nous ayons passé tes limites. 18 Et Édom lui dit : Tu ne passeras pas chez moi, de peur que je ne sorte à ta rencontre avec l'épée. 19 Et les fils d'Israël lui dirent : Nous monterons par le chemin battu ; et si nous buvons de tes eaux, moi et mon bétail, j'en donnerai le prix ; seulement, sans autre chose, je passerai avec mes pieds. 20 Et Édom dit : Tu ne passeras pas. Et Édom sortit à sa rencontre avec un grand peuple, et à main forte. 21 Édom refusa de laisser passer Israël par ses frontières  ; et Israël se détourna d'auprès de lui.

Ni la marche paisible de ce peuple d’Israël, ni la promesse de ne profiter en rien des ressources du pays, ni la lassitude de ces familles ne touchent ces gens établis dans leur terre… Cette scène n’est-elle pas l’illustration de tant de situations ?
 
Les fils d’Israël sont devenus des étrangers pour les Edomites, et cela ne changera pas tout au long de l’histoire, jusqu’à ce que, lors de la destruction du pays et l’exil à Babylone, ces mêmes Edomites se réjouiront de prendre place dans les villages israélites vidés de leurs habitants, et de profiter de leurs champs. Ne fallait-il pas que la nouvelle génération réalise qu’elle ne pouvait compter que sur l’Éternel seul, qu’elle fasse elle-même l’apprentissage de la foi ?
 
Face au refus d’Edom, le peuple se remet en route vers l’est, vers la Mer Morte, afin de contourner ce pays qui leur est interdit. Ils ne cherchent pas la guerre.


 
La mort d’Aaron - 20:22-29

Arrivés à la montagne de Hor, Moïse est averti de la mort très proche d’Aaron, tandis qu’il lui est rappelé sa propre lassitude quand, avec son frère, il a frappé le rocher au lieu de lui "parler" (20:7-13).

22 Et ils partirent de Kadès ; et les fils d'Israël, toute l'assemblée, vinrent à la montagne de Hor. 23 Et l'Éternel parla à Moïse et à Aaron, dans la montagne de Hor, sur la limite du pays d'Édom, en disant : 24 Aaron sera recueilli vers ses peuples, car il n'entrera pas dans le pays que j'ai donné aux fils d'Israël, parce que vous vous êtes rebellés contre mon commandement aux eaux de Meriba. 25 Prends Aaron et Éléazar, son fils, et fais-les monter sur la montagne de Hor ; 26 et dépouille Aaron de ses vêtements, et fais-les revêtir à Éléazar, son fils ; et Aaron sera recueilli, et mourra là. 27 Et Moïse fit comme l'Éternel avait commandé ; et ils montèrent sur la montagne de Hor aux yeux de toute l'assemblée. 28 Et Moïse dépouilla Aaron de ses vêtements, et en revêtit Éléazar, son fils ; et Aaron mourut là, au sommet de la montagne ; puis Moïse et Éléazar descendirent de la montagne. 29 Et toute l'assemblée vit qu'Aaron avait expiré, et toute la maison d'Israël pleura Aaron trente jours.

Aaron est monté sur la montagne vêtu de ses vêtements cérémoniels, une parure chargée de tant de symboles de la grâce divine (Exode 28). Et recueilli dans le repos, il laisse ces attributs à Eléazar, afin que ce fils qui s’est montré si fidèle au cours du périple dans le désert puisse assurer par son service la présence de Dieu auprès des fils d’Israël.
 
Eléazar avait été distingué déjà, après la mort de ses deux aînés, lorsque ces derniers sont montés à l’autel avec du "feu étranger" (3:4). Nous lisons de lui : "Le prince des princes des Lévites était Éléazar, fils d'Aaron, le sacrificateur ; il était établi sur ceux qui avaient la charge du lieu saint" (3:32), voir aussi (4:16). Il eût un rôle signalé lors de la rébellion de Coré (16:39), et aussi dans le rituel pour la composition de l’eau de purification (19:3).
 
En passant, nous pouvons constater que la succession familiale de la fonction n’exempte pas de la responsabilité personnelle. Eléazar, le fils d’Aaron auquel échut la fonction de Grand Prêtre est le troisième fils (3:2), introduit dans ce service après que ses deux aînés aient été défaillants. Et la succession était assurée ; après Eléazar, son fils Phinées reçut cette charge et s’est montré particulièrement fidèle lors des scènes de corruption en Moab (25:7).


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Nombres 21 Le Serpent d'Airain


 

LE SERPENT D'AIRAIN
Nombres 21

 
Une génération s’éteint, une autre se lève. La route doit se poursuivre, et le combat de la foi se perpétrer. Les circonstances relevées dans ce court passage montrent que les difficultés se présentent de la même façon, et les expressions de découragement également. Ce n’est pas sans signification que le lieu où ils éprouvèrent la soif et se laissèrent aller à la contestation sur ensuite désignées du nom de "Mériba", "contestation", comme il en fut de cette étape de Rephidim au commencement du chemin.
 
Nous voyons ce peuple découragé par l’inimitié d’Edom, attaqué par un roi cananéen. Le découragement insinue dans l’âme les murmures destructeurs… Les serpents mortels ! La puissance et la grâce se manifestent alors, c’est le Serpent d’airain confectionné par Moïse. Fortifié, malgré de nouveaux allongements de la route, le contournement des terres de Moab, le peuple vaincra de nouveaux ennemis en Transjordanie.


 
Le roi d’Arad - 21:1-3

Le peuple d’Israël se dirige vers l’est en vue de contourner le pays d’Edom, et va se trouver confronté à un petit royaume situé entre Edom et la Mer Morte (voir aussi 33:40). Par là non-plus, le peuple ne passera pas vers la terre promise. Une nouvelle défaite, des Israélites furent faits prisonniers, mais un vœu est prononcé…

21  1 Et le Cananéen, le roi d'Arad, qui habitait le midi, entendit qu'Israël venait par le chemin d'Atharim, et il combattit contre Israël, et lui emmena des prisonniers. 2 Et Israël fit un vœu à l'Éternel, et dit : Si tu livres ce peuple en ma main, je détruirai entièrement ses villes. 3 Et l'Éternel entendit la voix d'Israël, et lui livra les Cananéens ; et il les détruisit entièrement, ainsi que leurs villes. Et on appela le nom de ce lieu Horma.

La victoire sur Arad est pour plus tard, lorsqu’Israël sera dans le pays. En s’engageant à cette destruction complète des villes du petit royaume d’Arad, Israël déclarait vouloir ne pas habiter Arad et les villes de son ressort. Elles furent alors données à ceux de la famille du beau-père de Moïse qui accompagnèrent le peuple dans tout son périple au désert : "Et les fils du Kénien, beau-père de Moïse, étaient montés de la ville des palmiers, avec les fils de Juda, au désert de Juda, qui est au midi d'Arad ; et ils allèrent et habitèrent avec le peuple." (Juges 1:16).


 
Le Serpent d’Airain – 21:4-9

Le récit nous montre les Israélites au cours de leur quarantième année au désert, peu après qu’Aaron ait été "réuni aux siens" (20:22-29 et 33:38). Outre ce décès, le peuple vivait très mal une nouvelle déconvenue, le refus des Edomites, leurs cousins, de les laisser passer en paix par leur pays pour entrer au "pays ruisselant de lait et de miel", le pays promis (Exode 3:8). Et encore, la défaite face aux hommes armés du roi d’Arad. C’est le découragement…

4 Ils partirent de la montagne de Hor, par le chemin de la mer des Joncs, pour contourner le pays d'Édom. Le peuple se découragea en chemin. 5 Le peuple parla contre Dieu et contre Moïse : Pourquoi nous avez-vous fait monter d'Égypte pour mourir dans le désert ? Il n'y a ni pain ni eau et notre âme est dégoûtée de ce pain misérable. 6 Alors l’Éternel envoya parmi le peuple des serpents brûlants ; ils mordaient le peuple, et il mourut beaucoup de gens d'Israël. 7 Le peuple vint trouver Moïse et dit : Nous avons péché, car nous avons parlé contre l'Éternel et contre toi ; prie l'Éternel pour qu'il éloigne de nous ces serpents. Moïse pria pour le peuple. 8 L'Éternel dit à Moïse : Fais-toi un serpent brûlant et place-le sur une perche ; quiconque aura été mordu, et le regardera, vivra. 9 Moïse fit un serpent d'airain, et le plaça sur une perche ; lorsqu'un serpent avait mordu un homme, et qu'il regardait le serpent d'airain, il restait en vie.

D’inévitables "Pourquoi ?" surgissent. Rien ne paraît plus justifier l’effort déjà consenti tout au long de ces années d’attente, ni le campement autour du Tabernacle, ni les fêtes solennelles, ni le service sacerdotal et pas davantage la manne dispensée chaque jour de la semaine, doublée la veille du Shabbat pour que le peuple puisse concentrer sa pensée sur le repos de Dieu, ce repos préparé pour qu’ils y aient part… Découragement face au nouveau détour dans le chemin qui mène au pays promis, et dégoût devant les privilèges insignes donnés de Dieu… Ce sont bien là les "serpents brûlants" qui minent la vie du croyant, lui font perdre la paix et la confiance !


 
Au pays des Amoréens - 21:10-35

Après la relation touchant le Serpent d’airain, le texte présente un regain de foi parmi les fils d’Israël. Contraints de contourner le pays d’Edom et repoussés à l’est suite à la défaite face au roi d’Arad, les Israélites se sont remis en route vers le nord, contournent Moab et se dirigent vers le désert de Syrie. Ils se trouvent sur la rive nord de l’Arnon, laissant au sud le territoire de Moab, en sur les terres des tribus amoréennes.

10 Et les fils d'Israël partirent, et campèrent à Oboth. 11 Et ils partirent d'Oboth, et campèrent à Ijim-Abarim, dans le désert qui est vis-à-vis de Moab, vers le soleil levant. 12 De là ils partirent, et campèrent dans la vallée de Zéred. 13 De là ils partirent, et campèrent de l'autre côté de l'Arnon, qui est dans le désert, sortant des limites des Amoréens ; car l'Arnon est la frontière de Moab, entre Moab et l'Amoréen. 14 C'est pourquoi il est dit dans le livre des guerres de l'Éternel : "Vaheb en Supha, et les rivières de l'Arnon, 15 le cours des rivières qui tend vers l'habitation d'Ar, et qui s'appuie sur la frontière de Moab."  

Cette mention d’un livre dont nous n’avons pas trace, connu lors de la rédaction du texte des Nombres, souligne que cette frontière de l’Arnon, une rivière coulant dans une gorge profonde, est bien la frontière séparant Moab des Amoréens. Ils sont conduits à un puits qui sera célébré. C’est un peuple fortifié dans la foi qui nous trouvons ici.

16 Et de là ils vinrent à Beër. C'est là le puits au sujet duquel l'Éternel dit à Moïse : Assemble le peuple, et je leur donnerai de l'eau. 17 Alors Israël chanta ce cantique : "Monte, puits ! Chantez-lui : 18 Puits, que des princes ont creusé, que les hommes nobles du peuple, avec le législateur, ont creusé avec leurs bâtons !"

La leçon du Serpent d’airain a parlé, nous n’entendons plus de murmures ! Malgré la proximité de Moab et des Amoréens, la confiance s’exprime dans le chant que nous venons de lire.

19 Et du désert, ils vinrent à Matthana ; et de Matthana, à Nakhaliel ; 20 et de Nakhaliel, à Bamoth ; et de Bamoth, à la vallée qui est dans les champs de Moab, au sommet du Pisga, qui se montre au-dessus de la surface du désert.

Cette contrée est bien moins peuplée qu’elle ne peut l’être aujourd’hui, et ce serait sans dommage qu’Israël eût pu la traverser, mais comme il en fut à Kadès, lorsqu’ils demandèrent de passer par la contrée des Edomites, ils essuient un refus, et même pire ; c’est une troupe en armes qui s’avance en vue de s’abattre contre Israël.

21 Et Israël envoya des messagers à Sihon, roi des Amoréens, disant : 22 Je passerai par ton pays : nous ne nous détournerons pas dans les champs, ni dans les vignes ; nous ne boirons pas de l'eau des puits ; nous marcherons par le chemin du roi, jusqu'à ce que nous ayons passé tes limites. 23 Mais Sihon ne permit pas à Israël de passer par ses limites ; et Sihon rassembla tout son peuple, et sortit à la rencontre d'Israël, au désert, et vint à Jahats et combattit contre Israël. 24 Et Israël le frappa par le tranchant de l'épée, et prit possession de son pays depuis l'Arnon jusqu'au Jabbok, jusqu'aux fils d'Ammon ; car la frontière des fils d'Ammon était forte. 25 Et Israël prit toutes ces villes, et Israël habita dans toutes les villes des Amoréens, à Hesbon et dans tous les villages de son ressort. 26 Car Hesbon était la ville de Sihon, roi des Amoréens ; et il avait fait la guerre au précédent roi de Moab, et avait pris de sa main tout son pays jusqu'à l'Arnon. 27 C'est pourquoi les poètes disent : "Venez à Hesbon ; que la ville de Sihon soit bâtie et établie ; 28 Car un feu est sorti de Hesbon, une flamme, de la cité de Sihon ; il a dévoré Ar de Moab, les seigneurs des hauts lieux de l'Arnon. 29 Malheur à toi, Moab, tu es perdu, peuple de Kemosh ! Il a livré ses fils qui avaient échappé, et ses filles, à la captivité, à Sihon, roi des Amoréens. 30 Nous avons tiré contre eux ; Hesbon est périe jusqu'à Dibon ; et nous avons dévasté jusqu'à Nophakh,... avec du feu jusqu'à Médeba."
 
31 Et Israël habita dans le pays des Amoréens.
 
32 Et Moïse envoya pour explorer Jahzer ; et ils prirent les villages de son ressort, et en dépossédèrent les Amoréens qui y étaient. 33 Puis ils se tournérent et montèrent par le chemin de Basan ; et Og, le roi de Basan, sortit à leur rencontre, lui et tout son peuple, à Edréhi, pour livrer bataille. 34 Et l'Éternel dit à Moïse : Ne le crains pas, car je l'ai livré en ta main, lui et tout son peuple, et son pays ; et tu lui feras comme tu as fait à Sihon, roi des Amoréens, qui habitait à Hesbon. 35 Et ils le frappèrent, lui et ses fils, et tout son peuple, jusqu'à ne pas lui laisser un réchappé ; et ils prirent possession de son pays.

La victoire est remportée par Israël, sans qu’il n’y eût la moindre idée de conquête de leur part ; ils y furent contraints. Une péripétie qui sera rappelée par la bouche de Jephté, un des juges d’Israël (Juges 11:14-22).
 
Après avoir connu les épreuves du désert, et en fait le combat moral et spirituel vis-à-vis d’eux-mêmes, les Israélites se trouvent maintenant devant d’autres combats ; la soif du désert a pris fin tandis qu’ils se trouvent assemblés auprès du puits (21:16-18). Le désert, c’est la privation des sollicitations du monde, et l’affermissement de la foi en Dieu, mais ils ne sont pas conduits à vivre en ermites, ils se trouvent confrontés aux nations de la terre et aux sollicitations qu’elles induisent. D’autres expériences doivent être vécues pour la croissance de l’âme…
 
*
*     *

Revenons un instant au Serpent d’airain. L’image d’un serpent accrochée à une perche, élevée à la vue de tout un peuple, une pièce d’airain, un morceau de métal passé au feu ! Une des figures les plus marquantes de la guérison de l’âme du croyant ! Cette scène dont il sera parlé bien longtemps, et encore aujourd’hui dans l’Evangile (Jean 3:14-16), tient en quelques lignes au livre des Nombres, et donne à comprendre tout à la fois la bonté de Dieu – disposant, face aux conséquences des errements des hommes, d’une ressource dont ils ont à se saisir par la foi – et la difficulté pour l’homme de se tenir dans le chemin de la fidélité à Dieu au travers des aléas de la vie. Symbolisée par la traversée du désert, le parcours de la foi n’est pas celui d’un espace sans vie, mais une route si longue et pleine d’aléas qu’elle menace tout homme d’assèchement spirituel et moral…
 
Le Serpent d’airain figure bien la ressource à tous les maux engendrés par les errements des hommes ! Celui qui s’est laissé surprendre peut connaître la délivrance, trouver la vie. S’il croit au message de Dieu, il tourne le regard avec confiance vers le serpent façonné par Moïse dans le feu, signe du jugement dont il est alors lui-même épargné ! Et avec justice, car en vertu d’un autre sacrifice ; en effet le serpent n’est-il pas fondu dans le métal même de l’autel du sacrifice (Exode 27:1-6) !
 
Ce qui était à célébrer, c’est la foi de ces hommes surpris par les serpents et qui ont compris que leur guérison tenait au regard tourné avec foi vers le serpent au sommet du bâton. Ces hommes exprimaient ainsi avoir reçu la parole transmise par Moïse. Nous pouvons comprendre que l’objet présenté à leur regard, si précieuse soit la symbolique qu’il portait, était que le moyen d’exprimer leur confiance en Dieu.
 
Ce récit, une "expérience du désert", apprit aux Israélites dans des temps très reculés, combien l’Éternel est prompt à faire grâce à quiconque s’attend à sa bonté, à sa miséricorde. Une pensée soutenue par cette image forte des serpents ravageant leurs rangs, "ce qui est en ce monde" et qui ne vient pas de Dieu (1 Jean 2:16), face à l’offre de guérison venant de l’Éternel.


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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15/06/2013

Nombres 22 Le regard de Dieu sur son peuple


 

LE REGARD DE DIEU
SUR SON PEUPLE

Nombres 22 à 25

 
Les paroles de Balaam ! Ce récit est scruté par la critique, chercheurs et autres exégètes s’interrogeant sur ce personnage ambigu. Il apparaît comme prophète de l’Éternel (22:8), mais œuvre dans un esprit mercantile… Le personnage pose donc question, et de ce fait le récit lui-même. Cet homme de peu de scrupules circulant sur un âne, repris par l’animal, suscite bien des interrogations. A cela ajoutons : quand ce "prophète" s’exprimait, pouvait-il être entendu des fils d’Israël ? D’aucuns cherchent à justifier la réalité des faits, d’autres parlent volontiers d’une forme de parabole… Mais en fait est-ce la question la plus importante pour les Israélites auxquels ce récit était destiné ? Qu’en pouvaient-ils tirer pour leur instruction, pour nourrir leur foi ?
 
Nous lisons donc ces pages avec le souci de comprendre la personnalité du "prophète", le chemin dans lequel il se trouve lui-même, mais surtout ce qu’apportent ces paroles touchant Israël, des paroles de bénédiction et de paix. Nous abordons ces chapitres avec la confiance qu’ils sont donnés pour forger l’âme des lecteurs, leur donner la joie et la confiance dans la marche avec Dieu. "Car toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation des écritures, nous ayons espérance." (Romains 15:4).
 
La parole prononcée est ce qui importe au premier plan, le cadre donnée, la mise en scène de Balak et Balaam, est là pour souligner la pensée de Dieu. Qu’apportent les paroles du sage, lorsqu’il transmet cette parole : "Que tes tentes sont belles, ô Jacob, et tes demeures, ô Israël ! Comme des vallées elles s'étendent, comme des jardins auprès d'un fleuve, comme des arbres d'aloès que l'Éternel a plantés, comme des cèdres auprès des eaux" (24:5-6) ? Que disent ces mots à celui qui écoute, confronté qu’il est aux réalités pas toujours si belles de la vie de son peuple ? Des générations d’Israélites ont été confrontées à cette expérience !


 
Moab, Madian et Balaam
Nombres 22

L’instruction s’acquiert bien souvent dans le creuset des peines et des craintes du chemin. C’est pourquoi le cadre est ici largement dépeint. Un roi qui ne conçoit pas l’idée de parler avec des représentants d’Israël qui ne demandaient que le passage par son pays, et un mauvais prophète qui se trouve comme entre deux chaises, attiré par la rémunération, mais ayant cependant un peu conscience de la puissance de l’Éternel.


 
Les craintes du roi de Moab - 22:1-6

Nous voyons un roi inquiet. Il faut dire qu’il avait des raisons au vu des victoires remportées par Israël sur les rois de Transjordanie. Ce peuple désireux de traverser ces contrées sans entrainer quelque dommage aux habitants suscitait, bien malgré lui, méfiance et animosité, pour ne pas dire davantage.

22  1 Et les fils d'Israël partirent, et campèrent dans les plaines de Moab, de l'autre côté du Jourdain de Jéricho.
 
2 Et Balak, fils de Tsippor, vit tout ce qu'Israël avait fait aux Amoréens ; 3 et Moab eut une fort grande peur du peuple, car il était nombreux ; et Moab fut dans l'effroi à cause des fils d'Israël. 4 Et Moab dit aux anciens de Madian : Maintenant, cette multitude broutera tout ce qui est autour de nous, comme le bœuf broute l'herbe des champs. Or Balak, fils de Tsippor, était roi de Moab en ce temps-là. 5 Et il envoya des messagers à Balaam, fils de Béor, à Pethor, qui est sur le fleuve, dans le pays des fils de son peuple, pour l'appeler, disant : Voici, un peuple, est sorti d'Égypte ; voici, il couvre le dessus du pays, et il habite vis-à-vis de moi. 6 Et maintenant, viens, je te prie, maudis-moi ce peuple, car il est plus fort que moi : peut-être pourrai-je le frapper, et le chasserai-je du pays ; car je sais que celui que tu bénis est béni, et que celui que tu maudis est maudit.

Moab et Madian, de lointains cousins des Israélites s’associent et envoient chercher à Pethor, une ville sur l’Euphrate près de Karkemish, l’homme qu’ils pensent pouvoir conduire leur entreprise. Ils n’osent la guerre, alors ils espèrent disqualifier Israël de la bénédiction divine…


 
Les hésitations de Balaam - 22:7-41

Etrange dialogue ! Une certaine crainte face à ce peuple qui a été délivré de l’Egypte et qui, après tant d’années d’errance, est toujours sur la scène de ce monde et se trouve même auprès du peuple qui envoya des émissaires.

7 Et les anciens de Moab et les anciens de Madian s'en allèrent, ayant dans leurs mains le salaire de la divination ; et ils vinrent à Balaam et lui dirent les paroles de Balak. 8 Et il leur dit : Passez ici la nuit, et je vous rapporterai la parole selon que l'Éternel m'aura parlé. Et les seigneurs de Moab demeurèrent avec Balaam. 9 Et Dieu vint à Balaam, et dit : Qui sont ces hommes que tu as chez toi ? 10 Et Balaam dit à Dieu : Balak, fils de Tsippor, roi de Moab, a envoyé vers moi : 11 Voici, un peuple est sorti d'Égypte, et il couvre le dessus du pays ; viens maintenant, maudis-le-moi : peut-être pourrai-je combattre contre lui, et le chasserai-je. 12 Et Dieu dit à Balaam : Tu n'iras pas avec eux ; tu ne maudiras pas le peuple, car il est béni. 13 Et Balaam se leva le matin, et dit aux seigneurs de Balak : Allez dans votre pays, car l'Éternel refuse de me laisser aller avec vous. 14 Et les seigneurs de Moab se levèrent, et s'en allèrent vers Balak, et dirent : Balaam a refusé de venir avec nous.

La mission échoue, mais le danger supposé demeure, aussi une nouvelle mission est envoyée… L’attrait de la rémunération est-il si faible qu’il n’y paraissait pour cet homme nommé Balaam ? Nous voyons sa résistance s’évaporer peu à peu… Il va être mis à l’épreuve par le Seigneur Dieu lui-même !

15 Et Balak envoya encore des seigneurs, plus nombreux et plus considérables que ceux-là ; 16 et ils vinrent à Balaam, et lui dirent : Ainsi a dit Balak, fils de Tsippor : Je te prie, ne te laisse pas empêcher de venir vers moi ; 17 car je te comblerai d'honneurs, et tout ce que tu me diras, je le ferai ; viens donc, je te prie, maudis-moi ce peuple. 18 Et Balaam répondit et dit aux serviteurs de Balak : Quand Balak me donnerait plein sa maison d'argent et d'or, je ne pourrais transgresser le commandement de l'Éternel, mon Dieu, pour faire une chose petite ou grande ; 19 et maintenant, je vous prie, demeurez ici, vous aussi, cette nuit, et je saurai ce que l'Éternel aura de plus à me dire. 20 Et Dieu vint la nuit à Balaam, et lui dit : Si ces hommes sont venus pour t'appeler, lève-toi, va avec eux ; seulement, la parole que je te dirai, tu la feras. 21 Et Balaam, se leva le matin, et sella son ânesse, et s'en alla avec les seigneurs de Moab.

Une ouverture de la part de l’Eternel, et voilà notre homme prêt à répondre à la demande des notables de Moab. Véritablement, il n’a pas hésité… Pourtant, serait-ce juste de répondre aux attentes du roi de Moab, alors qu’Israël s’est engagé à ne pas détériorer les récoltes du pays ? Cet homme, Balaam, a besoin d’une leçon, car un âne même ne se laisserait pas entraîner ainsi…

22 Mais la colère de Dieu s'embrasa parce qu'il s'en allait ; et l'Ange de l'Éternel se plaça sur le chemin pour s'opposer à lui. Et il était monté sur son ânesse, et ses deux jeunes hommes étaient avec lui. 23 Et l'ânesse vit l'Ange de l'Éternel se tenant dans le chemin, son épée nue dans sa main ; et l'ânesse se détourna du chemin et alla dans les champs ; et Balaam frappa l'ânesse pour la faire retourner dans le chemin. 24 Et l'Ange de l'Éternel se tint dans un chemin creux, dans les vignes ; il y avait un mur d'un côté et un mur de l'autre côté. 25 Et l'ânesse vit l'Ange de l'Éternel, et elle se serra contre la muraille, et serra le pied de Balaam contre la muraille ; et il la frappa de nouveau. 26 Et l'Ange de l'Éternel passa plus loin, et se tint dans un lieu étroit où il n'y avait point de chemin pour se détourner à droite ou à gauche. 27 Et l'ânesse vit l'Ange de l'Éternel, et elle se coucha sous Balaam ; et la colère de Balaam s'embrasa, et il frappa l'ânesse avec le bâton. 28 Et l'Éternel ouvrit la bouche de l'ânesse, et elle dit à Balaam : Que t'ai-je fait que tu m'aies frappée ces trois fois ? 29 Et Balaam dit à l'ânesse : Parce que tu t'es jouée de moi. Que n'ai-je une épée dans ma main ; certes je te tuerais maintenant ! 30 Et l'ânesse dit à Balaam : Ne suis-je pas ton ânesse, sur laquelle tu montes depuis que je suis à toi jusqu'à ce jour ? Ai-je accoutumé de te faire ainsi ? Et il dit : Non.

Un tableau inoubliable ! L’âne discernant ce que, dans son aveuglement, le prophète n’a pas pu voir. La parole est forte : "ton chemin est pervers !" (22:31). Ici nous comprenons la nécessité de cette leçon. Derrière l’histoire, nous voyons un homme important appelé à une tâche indigne, et qui sait bien sur quel chemin il se trouve. Enseignement pour les Israélites, mais aussi chemin d’apaisement pour ceux qui sont cibles de machinations méchantes, et qui peuvent se rappeler que si l’action se poursuit, le Seigneur travaille la conscience…

31 Et l'Éternel ouvrit les yeux de Balaam, et il vit l'Ange de l'Éternel qui se tenait sur le chemin, son épée nue dans sa main ; et il s'inclina et se prosterna sur sa face. 32 Et l'Ange de l'Éternel lui dit : Pourquoi as-tu frappé ton ânesse ces trois fois ? Voici, moi, je suis sorti pour m'opposer à toi, car ton chemin est pervers devant moi. 33 Et l'ânesse m'a vu et s'est détournée devant moi ces trois fois ; si elle ne se fût détournée de devant moi, je t'eusse maintenant tué ; et elle, je l'eusse laissée en vie. 34 Et Balaam dit à l'Ange de l'Éternel : J'ai péché, car je ne savais pas que tu te fusses placé à ma rencontre dans le chemin ; et maintenant, si cela est mauvais à tes yeux, je m'en retournerai. 35 Et l'Ange de l'Éternel dit à Balaam : Va avec les hommes ; mais seulement tu ne diras que la parole que je te dirai. Et Balaam s'en alla avec les seigneurs de Balak.

L’homme semble avoir compris, et il va donc auprès du roi de Moab. La suite montre que sa mentalité n’évolue pas ; peut-on si vite changer de cap, lorsque les pratiques religieuses sont soutenues par l’esprit de lucre ? Il n’est pas sans crainte devant Dieu, mais n’est manifestement pas marqué par l’esprit de Dieu, l’esprit de grâce.

36 Et Balak entendit que Balaam venait, et il sortit à sa rencontre, jusqu'à la ville de Moab, sur la frontière de l'Arnon qui est à l'extrémité de la frontière. 37 Et Balak dit à Balaam : N'ai-je pas envoyé vers toi avec instance pour t'appeler ? Pourquoi n'es-tu pas venu vers moi ? Vraiment, ne puis-je pas te donner des honneurs ? 38 Et Balaam dit à Balak : Voici, je suis venu vers toi ; maintenant, puis-je dire quoi que ce soit ? La parole que Dieu m'aura mise dans la bouche, je la dirai. 39 Et Balaam alla avec Balak, et ils vinrent à Kiriath-Hutsoth. 40 Et Balak sacrifia du gros et du menu bétail, et il en envoya à Balaam et aux seigneurs qui étaient avec lui.
 
41 Et il arriva, le matin, que Balak prit Balaam et le fit monter aux hauts lieux de Baal, et de là il vit l'extrémité du peuple.

Quelques reproches de la part du roi de Moab face aux réticences de Balaam… Balak ne peut le comprendre. Un sacrifice offert et un repas partagé, et voilà l’homme à pied d’œuvre. Nous pouvons mesurer le quiproquo qui s’annonce, tandis que le roi ne relève pas les réserves de Balaam, ne les entendant même pas… N’est-il pas celui qui détient le pouvoir et est accoutumé d’être obéi sans discutions ? Quant à Balaam, il est pour ainsi dire coincé du fait de sa présence et de l’attente du roi.


 

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Nombres 23 Les Discours de Balaam (1/2)


 

Les discours de Balaam
Nombres 23 et 24

C’est une scène théâtrale que nous considérons. Balaam a une certaine connaissance de l’Éternel, mais que connaît-il vraiment ? Il vient d’apprendre qu’il n’est pas maître de ce qu’il va dire, car il ne pourra communiquer que des paroles venant du Seigneur Dieu. Mais il joue le jeu du roi de Moab, répond à ses illusions de despote, à sa croyance dans le pouvoir que lui confèrent sa prestance royale, mais surtout son argent qui lui permet, croit-il, de tout acheter. Pour conforter son engagement à répondre à la demande de Balak, le mauvais prophète induit une mise en scène ; des sacrifices seront offerts à plus d’une reprise, le scenario prétendant rendre la divinité favorable à celui qui les offre… Sachant qu’il n’est pas maître de la situation, Balaam ne manque pas d’audace tandis qu’il propose ces comportements superstitieux !


 
Le premier discours - 23:1-10

Il paraît bien que par ce décorum impressionnant Balaam comble le vide moral de celui qui n’a rien à dire. Une pratique si souvent observée ! Nous voyons les autels et les sacrifices, mais aussi cette parole "je m’en irai, et peut-être…" (23:3) ; par là, il laisse planer un doute… Nous pourrions nous interroger sur la manière dont la rencontre avec Dieu pouvait être réalisée, mais nous pouvons tout aussi bien penser que ce ne sont que des gesticulations visant à se donner de l’importance, faisant mine d’accomplir une tâche difficile, acceptable seulement à la grandeur dont il se pare. Mais, de fait, ce seront les paroles de Dieu à l’égard de son peuple, Israël, qu’il aura à prononcer ; nulle autre. Des paroles hautement significatives.

23  1 Balaam dit à Balak : Bâtis-moi ici sept autels, et prépare-moi ici sept taureaux et sept béliers. 2 Et Balak fit comme Balaam avait dit ; Balak et Balaam offrirent un taureau et un bélier sur chaque autel. 3 Et Balaam dit à Balak : Tiens-toi auprès de ton offrande, et je m'en irai ; peut-être que l'Éternel viendra à ma rencontre, et ce qu'il m'aura fait voir je te le rapporterai. Et il s'en alla sur une hauteur découverte. 4 Et Dieu rencontra Balaam qui lui dit : J'ai préparé sept autels, et j'ai offert sur chacun un taureau et un bélier. 5 L'Éternel mit une parole dans la bouche de Balaam et dit : Retourne vers Balak, et tu parleras ainsi. 6 Et il s'en retourna vers lui ; et voici, il se tenait auprès de son offrande, lui et tous les seigneurs de Moab.
 
7 Et Balaam proféra son discours sentencieux, et dit :
Balak, roi de Moab, m'a amené d'Aram, des montagnes d'orient :
Viens, maudis-moi Jacob ! viens, appelle l'exécration sur Israël !
8 Comment maudirai-je ce que Dieu n'a pas maudit ? Et comment appellerai-je l'exécration sur celui que l'Éternel n'a pas en exécration ?
9 Car du sommet des rochers je le vois, et des hauteurs je le contemple. Voici, c'est un peuple qui habitera seul, et il ne sera pas compté parmi les nations.
10 Qui est-ce qui comptera la poussière de Jacob, et le nombre de la quatrième partie d'Israël ?
Que mon âme meure de la mort des hommes droits, et que ma fin soit comme la leur.
11 Et Balak dit à Balaam : Que m'as-tu fait ? Je t'avais pris pour maudire mes ennemis, et voici, tu les as bénis expressément. 12 Et il répondit et dit : Ne prendrai-je pas garde de dire ce que l'Éternel aura mis dans ma bouche ?

Payé pour maudire, voici que Balaam "bénit expressément" Israël ! Le récit fait de ce mauvais prophète un porte-parole de l’Éternel. Ceci n’empêche pas le prophète de se donner de la prestance en déclarant que "du sommet des rochers", il voit, il "contemple". Sachant qu’il ne peut agir selon l’attente de Balak, il se donne une image importante, il vise à impressionner, comme tant de chefs de sectes, tant de gourous le font aujourd’hui, obtenant par l’aura dont ils se parent une adhésion sans borne de leurs adeptes…
 
Les paroles mises dans la bouche de Balaam nous interpellent. Voyant Israël, il parle d’une communauté d’hommes ayant une relation affirmée avec le Seigneur Dieu ! Et il proclame la situation particulière d’Israël au milieu des hommes, leur nombre aussi, annonçant ainsi qu’ils ne pourront être réduits par la puissance de leurs ennemis… Et de laisser entendre la douceur de leur fin, celle "des hommes droits", une situation qui lui fait envie… Ce "gourou" ne sait-il pas qu’il se trouve sur une toute autre voie ?
 
Par ces paroles mêmes, le roi de Moab comme tous les détracteurs des croyants peuvent comprendre que le peuple ne sera pas détruit, quelle que soit leur détermination et les moyens mis en œuvre… Le peuple d’Israël subsistera, distingué parmi les peuples. Nous pouvons ajouter à cette lecture que la vraie foi ne peut disparaître de la terre, et que la fin des croyants est celle "des hommes droits". Une affirmation absolue sur laquelle nous avons à nous arrêter, car nous savons qu’en réalité la droiture n’est pas le fait de tous dans la famille de la foi…


 
Le deuxième discours - 23:11-26

Déconvenue de ceux qui voulaient la perte du peuple ! Et une nouvelle mise en situation commise par le roi de Moab : de nouveaux autels, de nouveaux sacrifices. Cette fois, le mauvais prophète s’adresse directement au roi pour lui exprimer l’impossibilité devant laquelle il se trouve. Et de prendre à témoin le roi du fait que Celui qui a entrepris une œuvre l’accomplira, car "Il a parlé".

13 Et Balak lui dit : Viens, je te prie, avec moi, dans un autre lieu d'où tu puisses le voir ; tu n'en verras que l'extrémité, et tu ne le verras pas tout entier ; et maudis-le-moi de là. 14 Et il le conduisit au champ de Tsophim, au sommet du Pisga, et il bâtit sept autels, et offrit un taureau et un bélier sur chaque autel. 15 Balaam dit à Balak : Tiens-toi ici auprès de ton offrande, et moi, j'irai à la rencontre, là.... 16 Et l'Éternel vint à la rencontre de Balaam, et mit une parole dans sa bouche, et dit : Retourne vers Balak, et tu parleras ainsi. 17 Et il vint à lui, et voici, il se tenait auprès de son offrande, et les seigneurs de Moab avec lui. Et Balak lui dit : Qu'a dit l'Éternel ?
 
18 Et il proféra son discours sentencieux, et dit :
Lève-toi, Balak, et écoute ! Prête-moi l'oreille, fils de Tsippor !
19 Dieu n'est pas un homme, pour mentir, ni un fils d'homme, pour se repentir : aura-t-il dit, et ne fera-t-il pas ? aura-t-il parlé, et ne l'accomplira-t-il pas ? 20 Voici, j'ai reçu mission de bénir ; il a béni et je ne le révoquerai pas.
21 Il n'a pas aperçu d'iniquité en Jacob, ni n'a vu d'injustice en Israël ; l'Éternel, son Dieu, est avec lui, et un chant de triomphe royal est au milieu de lui.
22 Dieu les a fait sortir d'Égypte ; il a comme la force des buffles.
23 Car il n'y a pas d'enchantement contre Jacob, ni de divination contre Israël. Selon ce temps il sera dit de Jacob et d'Israël : Qu'est-ce que Dieu a fait ?
24 mangé la proie, et bu le sang des tués.
25 Et Balak dit à Balaam : Ne le maudis donc pas ; mais du moins ne le bénis pas. 26 Et Balaam répondit et dit à Balak : Ne t'ai-je pas parlé, disant : Tout ce que l'Éternel dira, je le ferai ?

"Il n’a pas aperçu d’iniquité en Jacob." Une parole extraordinaire ! Remarquons bien qu’il n’est pas affirmé l’absence d’iniquité, mais bien que l’Éternel ne les "voit" pas… Quoique les Israélites ne soient pas sans faute, le texte biblique ne fait aucune concession ; la réalité des manquements qui se produisent est déployée sans réserve, mais le peuple est couvert par la grâce de Dieu en vertu du sacrifice offert. Et la grâce est reconnue, chantée même, "un chant de triomphe royal" est-il écrit.
 
Dans sa traversée du désert, nous avons vu les murmures, les manquements et les échecs du peuple, mais lorsque des serpents sont apparus pour semer la mort, les Israélites se sont tournés vers le Serpent d’airain sur la perche tendue par Moïse, un symbole exceptionnel (Jean 3:14), et par la suite une vigueur nouvelle a caractérisé les Israélites, lesquels allèrent de victoire en victoire en Transjordanie alors que les des peuples s’étaient ligués pour les détruire.
 
"Pas de magie, pas de divination…" Les hommes devront s’arrêter sur l’accomplissement du propos divin, et seront conduits à reconnaître l’œuvre de Dieu, disant "Qu'est-ce que Dieu a fait ?", discernant alors l’accomplissement de ce à quoi ils se refusaient de croire.


 

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Nombres 24 Les Discours de Balaam (2/2)


 

Le troisième discours - 23:27-24:14

Balak a entendu ces paroles prononcées à son adresse, mais peut-il se résoudre à entendre ? Et Balaam peut-il rompre cette scène qui le flatte ? Alors il engage le roi à bâtir pour la troisième fois sept autels…

27 Et Balak dit à Balaam : Viens donc, je te conduirai à un autre lieu : peut-être sera-t-il bon aux yeux de Dieu que tu me le maudisses de là. 28 Et Balak conduisit Balaam au sommet du Péor, qui se montre au-dessus de la surface du désert. 29 Et Balaam dit à Balak : Bâtis-moi ici sept autels, et prépare-moi ici sept taureaux et sept béliers. 30 Et Balak fit comme Balaam avait dit ; et il offrit un taureau et un bélier sur chaque autel.
 
24 
1 Et Balaam vit qu'il était bon aux yeux de l'Éternel de bénir Israël, et il n'alla pas, comme d'autres fois, à la rencontre des enchantements, mais il tourna sa face vers le désert. 2 Et Balaam leva ses yeux et vit Israël habitant dans ses tentes selon ses tribus ; et l'Esprit de Dieu fut sur lui.

Balaam comprend cependant qu’il ne peut lutter contre Dieu, et se détourne de ses manières empreintes de superstition pour laisser Dieu parler. Ne regardant plus le roi, il se tourne vers le désert. Notant que "l’Esprit de Dieu fut sur lui", le texte place devant nous des paroles fondamentales venant de Dieu lui-même. Et dans la conscience de ce qu’il fait, le prophète déclare maintenant entendre "les paroles de Dieu", avoir "les yeux ouverts" ; mais reconnaissant aussi ses chutes morale, disant de lui-même : "celui qui tombe". Car un homme peut en effet prendre conscience de sa chute sans se relever vraiment, tout en ayant les yeux ouverts sur ce qu’il aurait à faire sans pourtant s’y résoudre.
 
Le prophète porte son regard sur l’étendue du désert, et sur les tentes d’Israël tout entier… Un discours qui étonne tout homme, particulièrement celui qui vit au milieu du peuple ! Comment recevoir cette parole : "Que tes tentes sont belles, ô Jacob ?"

3 Et il proféra son discours sentencieux, et dit :
Balaam, fils de Béor, dit, et l'homme qui a l'œil ouvert, dit :
4 Celui qui entend les paroles de Dieu, qui voit la vision du Tout-puissant, qui tombe et qui a les yeux ouverts, dit :
5 Que tes tentes sont belles, ô Jacob ! et tes demeures, ô Israël !
6 Comme des vallées elles s'étendent, comme des jardins auprès d'un fleuve, comme des arbres d'aloès que l'Éternel a plantés, comme des cèdres auprès des eaux.
7 L'eau coulera de ses seaux ; et sa semence sera au milieu de grandes eaux ; Et son roi sera élevé au-dessus d'Agag, et son royaume sera haut élevé.
8 Dieu l'a fait sortir d'Égypte ; il a comme la force des buffles ; il dévorera les nations, ses ennemis ; il cassera leurs os, et les frappera de ses flèches.
9 Il s'est courbé, il s'est couché comme un lion, et comme une lionne : qui le fera lever ? Bénis sont ceux qui te bénissent, et maudits sont ceux qui te maudissent.

"Les yeux ouverts." Ouverts par la réception de la Parole de Dieu, un homme discerne des choses cachées derrière la grisaille du monde… Les hommes tels qu’ils sont avec leurs grandeurs mais aussi leurs défaillances. Il n’est pas de peuple qui échappe à ces courants qui s’opposent, se contrarient…
 
Mais ce qui apporte cette beauté soulignée à propos des "tentes de Jacob", c’est bien leur situation "auprès d’un fleuve", paraissant comme des arbres d’aloès plantés par l’Éternel. La traversée du désert, c’est bien cela : un peuple sorti de l’asservissement, libéré pour connaître la vraie vie selon Dieu, pour goûter la grâce symbolisée par le fleuve. Au-delà des paroles mises dans la bouche de Baalam, nous voyons ce "rocher spirituel" (Exode 17:6, Nombres 20:8, 1 Corinthiens 10:4) dispensant l’eau vivifiante de la grâce ; d’autres prophètes auront la vision du fleuve s’écoulant de la présence divine pour apporter la vie (Ezéchiel 47:1-12, Apocalypse 22:2). Ces vallées, ces jardins, ces arbres d’aloès, l’Aloe Vera aux propriétés curatives extraordinaires, et ces cèdres majestueux… Une vue magnifique d’un peuple abreuvé aux sources des eaux vives. Non un peuple meilleur que les autres peuples, le récit de son histoire est sans concession, mais des hommes et des femmes attachés aux paroles de Dieu. Non assujettis à leur histoire ou leur religion – ferments de sectarismes et de guerres – mais heureux dans le chemin de la confiance en Dieu…
 
"L’homme qui a les yeux ouverts", celui qui reçoit la Parole de Dieu, voit Israël au bord du fleuve et comprend que "l’eau déborde de ses sceaux", discernant donc la Parole de la grâce s’écoulant au-delà de ses limites, atteignant les nations. En outre il discerne le Roi qui doit paraître, une vision absolument remarquable qui donne sens à la mission d’Israël au milieu des nations, dépositaire des oracles de Dieu. Le roi sera élevé plus haut qu’Agag, "Agag, roi d'Amalek" (1 Samuel 15:8), le texte nous ramenant ainsi au premier combat du désert, lorsqu’avant Sinaï, dès qu’Israël eut bu pour la première fois "l’Eau du Rocher". Moïse était sur la montagne, "le bâton de Dieu à la main", tel un étendard élevé bien haut pour que les Israélites au combat discernent le soutien de Dieu et, par la foi en Lui, remportent la victoire (Exode 17:9).
 
La conclusion est donnée : "Bénis sont ceux qui te bénissent, et maudits sont ceux qui te maudissent". Un avertissement bien sérieux sur lequel il est bon de s’arrêter… Une finale qui nous ramène au triste tableau de Balak, incapable de discernement, assidu à la pratique des "enchantements", et Balaam qui aimerait exploiter à son avantage la superstition du premier, mais qui en est empêché.

10 Alors la colère de Balak s'embrasa contre Balaam, et il frappa des mains ; et Balak dit à Balaam : C'est pour maudire mes ennemis que je t'ai appelé, et voici, tu les as bénis expressément ces trois fois. 11 Et maintenant, fuis en ton lieu. J'avais dit que je te comblerais d'honneurs ; et voici, l'Éternel t'a empêché d'en recevoir. 12 Balaam dit à Balak : N'ai-je pas aussi parlé à tes messagers que tu as envoyés vers moi, disant : 13 Quand Balak me donnerait plein sa maison d'argent et d'or, je ne pourrais transgresser le commandement de l'Éternel pour faire de mon propre mouvement du bien ou du mal ; ce que l'Éternel dira, je le dirai.

C’est la rupture ! Balaam va s’en aller, retourner à Pethor. Et le roi exprime son irritation, soulignant ainsi sa folie de s’opposer à Dieu, son refus d’entendre la conclusion prononcée malgré lui par le mauvais prophète : "Bénis sont ceux qui te bénissent, et maudits sont ceux qui te maudissent."


 
Les derniers discours - 24:15-24

Les dernières paroles vont plus loin encore. Balak va entendre des paroles touchant l’avenir, car Balaam est contraint d’en parler avant de retourner en sa ville. Un avertissement à Balak, représentant ici tous ceux qui ne supportent pas de voir un Israélite dans leur paysage, même s’il ne fait que passer, un avertissement à tous ceux qui rêvent à la destruction du peuple d’Israël.

14 Maintenant, voici, je m'en vais vers mon peuple ; viens, je t'avertirai de ce que ce peuple fera à ton peuple à la fin des jours.

Ce sont donc des visions d’avenir que Balaam fait entendre. Il n’aime pas ce qu’il a à dire, mais il "voit" la levée d’un souverain puissant, "une étoile surgissant de Jacob", qui donnera à Israël vers un avenir radieux. Telle est l’espérance de ce peuple… Ceux qui s’opposent, à commencer par Moab et Edom sont cités pour souligner la vanité de leur opposition au dessein divin. Et soulignons l’universalité de ce propos car, rappelons-nous toujours à ce propos, que la bénédiction d’Israël est aussi le sceau de la grâce répandue sur toutes les nations, car "l'eau coulera de ses seaux" (24:7), l’eau vive de la grâce.

15 Il proféra son discours sentencieux, et dit :  
Balaam, fils de Béor, dit, et l'homme qui a l'œil ouvert, dit :
16 Celui qui entend les paroles de Dieu, et qui a la connaissance du Très-haut, qui voit la vision du Tout-puissant, qui tombe et qui a les yeux ouverts, dit :
17 Je le verrai, mais pas maintenant ; je le regarderai, mais pas de près. Une étoile surgira de Jacob, et un sceptre s'élèvera d'Israël, et transpercera les coins de Moab, et détruira tous les fils de tumulte.
18 Et Édom sera une possession, et Séhir sera une possession,... eux, ses ennemis ; et Israël agira avec puissance.
19 Et celui qui sortira de Jacob dominera, et il fera périr de la ville le résidu.

De Moab, il sera parlé par Jérémie : "À l'ombre de Hesbon se sont tenus ceux qui fuyaient devant la force ; car un feu est sorti de Hesbon, et une flamme du milieu de Sihon, et elle a dévoré le coin de Moab et le sommet de la tête des fils du tumulte" (Jérémie 48:45). A propos d’Edom qui s’est opposé à Israël, refusant le passage du peuple par sa contrée, il est dit ailleurs qu’il tirera profit de la débâcle lors de l’exil : "A cause de la joie que tu as éprouvée parce que le patrimoine de la maison d’Israël a été dévasté" (Ezéchiel 35:13, voir aussi Abdias, Jérémie 49:7-22…). Est-ce à dire qu’Israël leur fera la guerre ? Non, en aucune manière ! Mais il est affirmé que le Seigneur Dieu voit tout ce qui survient sur la terre et accomplira ce qui doit être fait en son temps. Sophonie dira de la part de l’Éternel : "J'ai entendu les outrages de Moab et les injures par lesquelles les Ammonites outrageaient mon peuple et s’élevaient contre ses frontières" (Sophonie 2:8).

20 Et il vit Amalek, et proféra son discours sentencieux, et dit :
Amalek était la première des nations ; et sa fin sera la destruction.

Amalek est cité, après qu’il fut évoqué plus haut par le nom de son roi, Agag (24:7). C’est, faut-il le rappeler, la première des nations à avoir fait la guerre à Israël peu après la sortie d’Egypte. Son avenir est scellé ; ainsi en est-il de ceux qui jusqu’au bout rejetteront consciemment la grâce…

21 Et il vit le Kénien, et il proféra son discours sentencieux, et dit :
Forte est ta demeure, et tu as placé ton nid dans le rocher. 22 Toutefois le Kénien doit être consumé, jusqu'à ce qu'Assur l'emmène captif.

Le Kénien. Il paraît bien que sous ce nom soient connues des tribus nomades de la péninsule du Sinaï : "leur nid est dans les rochers" (24:21). C’est parmi l’une d’entre elles que Moïse trouva refuge (Juges 1:16), et dans une de leurs montagnes qu’il gardait le troupeau et eût la vision du Buisson ardent (Exode 3). Ici, nulle mention d’animosité à l’égard d’Israël, mais ces tribus aussi iront jusqu’à leur fin, lorsque l’Assyrien ravagera le pays et déportera nombre de ses habitants. Le prophète poursuit alors, disant "Malheur !" en pensant à ce désastre. Nous trouvons ici une parole commune aux prophètes, lesquels ne se réjouissent pas du malheur quand il survient, mais se lamentent au regard des souffrances que les hommes endurent ou endureront. Et cela alors qu’est évoquée la personne de Héber, le Kénien qui se séparera de la famille du beau-père de Moïse et fera la guerre à Israël (Juges 4:11).

23 Et il proféra son discours sentencieux, et dit :
Malheur ! Qui vivra, quand Dieu fera ces choses ? 24 Et des navires viendront de la côte de Kittim, et affligeront Assur, et affligeront Héber, et lui aussi ira à la destruction.

Le tableau s’achève, les intervenants s’en retournent chacun de son côté...

25 Et Balaam, se leva, et s'en alla, et s'en retourna en son lieu ; et Balak aussi s'en alla son chemin.

L’enseignement s’arrête-t-il là, sur cette vision idyllique d’une nation promise à un avenir glorieux ? Et bien, il ne paraît pas ! Sous cette forme théâtrale du roi de Moab s’attachant les services d’un Balaam, c’est la Parole de Dieu qui est présentée au lecteur ; en quelques lignes, le dessein divin est déployé. Mais envers quel peuple ? Un peuple meilleur, étranger aux turpitudes d’un monde sans Dieu ? Loin de là ! Mais alors est-ce un aveu d’injustice de la part de l’Eternel ? Comment un homme peut-il se trouver dans cette sphère de bénédiction ? L’enseignement se poursuit donc pour nous faire considérer l’autre côté du décor…


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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