17/06/2013

Nombres 16 La rebellion de Coré (1/1)


 

REBELLION, MURMURES ET RETABLISSEMENT
Nombres 16 à 18

 
L’expérience du désert, celle de la foi, n’est autre que l’aprentissage de la confiance face aux difficultés, la vision d’un pays promis sans savoir comment et quand on y entrera, et aussi des moments de doute et le constat d’écarts, mais encore la connaissance d’un climat de rebellion contre des conducteurs dignes de confiance.
 
Notre récit du désert expose ici une rebellion inouïe, une levée de bouclier de personnes qui ne se sont pas remises de la sentence touchant les années à passer au désert. Des hommes du peuple et des fils de Lévi visent à usurper la fonction sacerdotale… Inconcevable ? Mais pourrions-nous nous étonner que de tels mouvements se manifestent parmi les croyants ?


 
Rebellion de Coré, Dathan et Abiram
Nombres 16:1-40

Trois hommes sont cités : un fils de Lévi jaloux du rôle d’Aaron, et des descendants de Ruben. Ils puisent dans les discours de Moïse et Aaron pour retourner leurs paroles contre ces conducteurs : "C'en est assez ! Toute l'assemblée, eux tous sont saints, et l'Éternel est au milieu d'eux ; et pourquoi vous élevez-vous au-dessus de la congrégation de l'Éternel ?" (16:3).

16  1 Coré, fils de Jitsehar, fils de Kehath, fils de Lévi, s'éleva dans son esprit, avec Dathan et Abiram, fils d'Éliab, et On, fils de Péleth, des fils de Ruben ; 2 et ils se levèrent devant Moïse, avec deux cent cinquante hommes des fils d'Israël, princes de l'assemblée appelés au conseil, des hommes de renom. 3 Ils ils s'attroupèrent contre Moïse et contre Aaron et leur dirent : C'en est assez ! Toute l'assemblée, eux tous sont saints, et l'Éternel est au milieu d'eux ; et pourquoi vous élevez-vous au-dessus de la congrégation de l'Éternel ? 4 Moïse l'entendit et tomba sur sa face ; 5 il parla à Coré et à toute son assemblée, disant : Demain l'Éternel fera connaître qui est à lui, qui est saint, et il le fera approcher de lui ; et celui qu'il a choisi, il le fera approcher de lui. 6 Faites ceci : Prenez des encensoirs, Coré et toute son assemblée ; 7 demain mettez-y du feu et placez de l'encens dessus, devant l'Éternel ; il arrivera que l'homme que l'Éternel aura choisi, celui-là sera saint. C'en est assez, fils de Lévi !

Coré se présente devant Moïse, et il est sommé d’entendre des paroles sévères.

8 Et Moïse dit à Coré : Écoutez, fils de Lévi ! 9 Est-ce peu pour vous que le Dieu d'Israël vous ait séparés de l'assemblée d'Israël en vous faisant approcher de lui pour faire le service du tabernacle de l'Éternel et pour vous tenir devant l'assemblée afin de la servir, 10 qu'il t'ait fait approcher, toi et tous tes frères, les fils de Lévi avec toi... que vous recherchiez aussi la sacrificature ? 11 C'est pourquoi, toi et toute ton assemblée, vous vous êtes rassemblés contre l'Éternel ; et Aaron, qui est-il, que vous murmuriez contre lui ?

Dathan et Abiram, fils d'Éliab, de la tribu de Ruben, ne se présentèrent même pas devant Moïse, envoyant un message peu amène :

12 Et Moïse envoya chercher Dathan et Abiram, fils d'Éliab, mais ils dirent : Nous ne monterons pas ! 13 Est-ce peu de chose que tu nous aies fait monter hors d'un pays ruisselant de lait et de miel, pour nous faire mourir dans le désert, que tu te fasses absolument dominateur sur nous ? 14 Certes tu ne nous as pas introduits dans un pays ruisselant de lait et de miel, et tu ne nous as pas donné un héritage de champs et de vignes ! Veux-tu crever les yeux de ces gens ? Nous ne monterons pas.

Nous lisons ici la colère de Moïse, l’homme le plus doux de la terre (12:3) et le chemin pris pour que le non-sens de cette rebellion paraisse aux yeux de tous. Il y aura une grande confrontation au cours de laquelle la puissance de l’Éternel sera manifestée.

15 Moïse entra dans une ardente colère, et il dit à l'Éternel : N'aie pas égard à leur offrande ; je n'ai pas pris d'eux même un âne, et je n'ai pas fait tort à un seul d'entre eux.
 
16 Moïse dit à Coré : Toi, et toute ton assemblée, soyez demain devant l'Éternel, toi et eux, et Aaron. 17 Et prenez chacun votre encensoir, et mettez de l'encens dessus ; et présentez devant l'Éternel chacun votre encensoir, deux cent cinquante encensoirs ; et toi, et Aaron, chacun son encensoir. 18 Et ils prirent chacun son encensoir, et y mirent du feu, et placèrent de l'encens dessus, et se tinrent à l'entrée de la tente d'assignation, avec Moïse et Aaron. 19 Coré réunit contre eux toute l'assemblée à l'entrée de la tente d'assignation ; et la gloire de l'Éternel apparut à toute l'assemblée.
 
20 L'Éternel parla à Moïse et à Aaron, disant : 21 Séparez-vous du milieu de cette assemblée, et je les consumerai en un moment. 22 Et ils tombèrent sur leurs faces, et dirent : Ô Dieu, Dieu des esprits de toute chair, un seul homme péchera, et tu seras courroucé contre toute l'assemblée ? 23 L'Éternel parla à Moïse, disant : 24 Parle à l'assemblée, en disant : Retirez-vous d'autour de la demeure de Coré, de Dathan et d'Abiram.
 
25 Moïse se leva et alla vers Dathan et Abiram, et les anciens d'Israël allèrent après lui. 26 Et il parla à l'assemblée, disant : Éloignez-vous, je vous prie, d'auprès des tentes de ces méchants hommes, et ne touchez à rien qui leur appartienne, de peur que vous ne périssiez dans tous leurs péchés.

La question est difficile pour beaucoup, car ce sont des familles qui vont être touchées, et non seulement leurs chefs ; mais nous devons comprendre l’effet d’entraînement d’un tel mouvement, car il entraîne les plus jeunes. Un appel est cependant lancé pour enjoindre à se retirer de la compagnie des rebelles (16:24-25).
 
Nous pouvons comprendre que plusieurs l’entendirent, car des sages d’Israël ont célébré des descendants : les fils de Coré, auteurs de plusieurs Psaumes (Psaumes 42, 44 à 49, 84 et 85, 87 et 88). Les familles de Dathan et d’Abiram restèrent auprès de leur père.

27 Et ils se retirèrent d'auprès de la demeure de Coré, de Dathan et d'Abiram, tout à l'entour. Et Dathan et Abiram sortirent, et se tinrent à l'entrée de leurs tentes avec leurs femmes, et leurs fils, et leurs petits enfants.
 
28 Et Moïse dit : À ceci vous connaîtrez que l'Éternel m'a envoyé pour faire toutes ces œuvres, car elles ne sont pas sorties de mon cœur : 29 si ceux-là meurent selon la mort de tout homme, et s'ils sont visités de la visitation de tout homme, l'Éternel ne m'a pas envoyé ; 30 mais si l'Éternel crée une chose nouvelle, et que le sol ouvre sa bouche et les engloutisse avec tout ce qui est à eux, et qu'ils descendent vivants dans le shéol, alors vous saurez que ces hommes ont méprisé l'Éternel. 31 Et il arriva, comme il achevait de prononcer toutes ces paroles, que le sol qui était sous eux se fendit ; 32 et la terre ouvrit sa bouche, et les engloutit, eux et leurs maisons, et tous les hommes qui étaient à Coré, et tout leur avoir. 33 Et ils descendirent vivants dans le shéol, eux et tout ce qui était à eux ; et la terre les couvrit, et ils périrent du milieu de la congrégation. 34 Et tout Israël qui était autour d'eux s'enfuit à leur cri ; car ils disaient : ... De peur que la terre ne nous engloutisse ! 35 Et il sortit du feu de la part de l'Éternel, et il consuma les deux cent cinquante hommes qui présentaient l'encens.
 
36 Et l'Éternel parla à Moïse, disant : 37 Dis à Éléazar, fils d'Aaron, le sacrificateur, qu'il relève les encensoirs du milieu de l'incendie, et répands-en le feu au loin, car ils sont sanctifiés, 38 les encensoirs de ceux-là qui ont péché contre leurs propres âmes ; et on en fera des lames aplaties pour en plaquer l'autel ; car ils les ont présentés devant l'Éternel, et ils sont sanctifiés ; et ils seront un signe aux fils d'Israël. 39 Et Éléazar, le sacrificateur, prit les encensoirs d'airain qu'avaient présentés ceux qui furent brûlés, et on les aplatit pour plaquer l'autel, 40 en mémorial pour les fils d'Israël, afin qu'aucun étranger qui n'est pas de la semence d'Aaron ne s'approche pour brûler l'encens devant l'Éternel, et ne soit comme Coré et son assemblée, selon que l'Éternel lui avait parlé par Moïse.

Ces personnes ont été "englouties par la terre", et un feu "consuma les deux cent cinquante hommes qui présentaient l’encens". Pensons au signe fort que donne ce récit. Des familles entières qui avaient traversé la Mer des Joncs, qui avaient joui de la délivrance du joug du pharaon, se trouvent "englouties par la terre" (16:32) ! Ceci pour nous montrer le désastre d’avoir abandonné tout ce qu’ils avaient reçu par grâce, car "il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, et qui ont goûté du don céleste, et qui sont devenus participants de l'Esprit Saint" (Hébreux 6:4).
 
L’airain de ces encensoirs sera plaqué sur l’autel devant le Tabernacle, pour que le souvenir demeure et que les Israélites n’oublient pas… (16:31-40).


 
Murmures du peuple
Nombres 16:41-50

Le peuple est ému par la rigueur du jugement et ne peut la supporter. Des murmures s’élèvent : "Vous avez mis à mort le peuple de l'Éternel" (16:41) crient-ils à Moïse et Aaron ! Mais le Seigneur Dieu intervient dans un signe qui les interpelle. Et alors nous constatons l’empressement de Moïse pour que le désastre s’arrête, pour qu’il y ait propitiation, que les manifestants soient réconciliés avec Dieu…

41 Et le lendemain, toute l'assemblée des fils d'Israël murmura contre Moïse et contre Aaron, disant : Vous avez mis à mort le peuple de l'Éternel. 42 Et il arriva, comme l'assemblée se réunissait contre Moïse et contre Aaron, qu'ils regardèrent vers la tente d'assignation, et voici, la nuée la couvrit, et la gloire de l'Éternel apparut. 43 Et Moïse et Aaron vinrent devant la tente d'assignation. 44 Et l'Éternel parla à Moïse, disant : 45 Retirez-vous du milieu de cette assemblée, et je les consumerai en un moment. Et ils tombèrent sur leurs faces. 46 Et Moïse dit à Aaron : Prends l'encensoir, et mets-y du feu de dessus l'autel, et mets-y de l'encens, et porte-le promptement vers l'assemblée, et fais propitiation pour eux ; car la colère est sortie de devant l'Éternel, la plaie a commencé. 47 Et Aaron le prit, comme Moïse lui avait dit, et il courut au milieu de la congrégation ; et voici, la plaie avait commencé au milieu du peuple. Et il mit l'encens, et fit propitiation pour le peuple. 48 Et il se tint entre les morts et les vivants, et la plaie s'arrêta. 49 Et il y en eut quatorze mille sept cents qui moururent de la plaie, outre ceux qui étaient morts dans l'affaire de Coré. 50 Et Aaron retourna vers Moïse, à l'entrée de la tente d'assignation ; et la plaie s'arrêta.

Le feu brûle, comme l’incompréhension et la révolte consument l’âme jusqu’à perdre le sens commun, jusqu’à perdre la conscience de la gravité des faits perpétrés par Coré et ses compagnons. Nous voyons là combien la sagesse peut manquer face à un tel jugement, faute de discerner ce qu’une telle révolte peut entraîner parmi le peuple, le risque de s’égarer, de ne plus discerner le chemin de la foi. Considérant les faits sous cet angle, peut-être discernerons-nous cette nécessité d’intervenir afin que l’esprit de révolte ne s’empare de l’esprit de toute la nation, à commencer par les plus faibles…
 
Les chrétiens au temps des apôtres en ont eu l’expérience. Lisons les lettres que Paul écrivit aux Corinthiens ! Voyons les contestations dont il fut l’objet dès les commencements (1 Corinthiens 9), mais encore dans ses dernières années ; notons le comportement de certains qui avaient rejeté la foi et la recherche d’une bonne conscience et "ont fait naufrage quant à la foi, du nombre desquels sont Hyménée et Alexandre, que j'ai livrés à Satan, afin qu'ils apprennent à ne pas blasphémer" (1 Timothée 1:19-20). Et encore cette sentence : "Alexandre, l'ouvrier en cuivre, a montré envers moi beaucoup de méchanceté ; le Seigneur lui rendra selon ses œuvres." (2 Timothée 4:14).


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Nombres 17-18 La rebellion de Coré (2/2)


 

Remise en ordre
Nombres 17:1-18:32

Vient le travail de réparation. La rebellion de quelques-uns et les murmures du grand nombre sont occasion, dans le cadre de ce récit, de rappeler les dispositions divines pour le bien du peuple, afin que l’alliance puisse être consciemment gardée. Gardée au sein d’un peuple comme tous les peuples, d’une nation qui n’est pas constituée d’êtres exceptionnels, mais de personnes faillibles (Deutéronome 7:7).
 
D’abord fallait-il rappeler le décret de Dieu. Une dramaturgie fera cmprendre "en images" cette réalité, en vue d’imprimer l’enseignement dans les âmes ; ce sera la vision du bâton d’Aaron qui seul aura porté des bourgeons, des fleurs et des fruits en une nuit. Ensuite, lorsque les auditeurs auront été rendus attentifs, viendra le rappel de l’enseignement approprié.


 
La tribu de Lévi - 17:1-13

Une mise en scène afin que le peuple voie ce qu’il a difficile à entendre. Douze bâtons de chefs vont être placés dans la Tente d’Assignation, le Tabernacle, un pour chaque tribu des fils d’Israël. Et les hommes vont considérer ce qui se passera. Les bâtons de chefs sont disposés et le peuple attend jusqu’au lendemain…

17  1 Et l'Éternel parla à Moïse, disant : 2 Parle aux fils d'Israël, et prends d'eux, de tous leurs princes selon leurs maisons de pères, une verge par maison de père, douze verges ; tu écriras le nom de chacun sur sa verge ; 3 et tu écriras le nom d'Aaron sur la verge de Lévi ; car il y aura une verge pour chaque chef de leurs maisons de pères. 4 Et tu les poseras dans la tente d'assignation, devant le témoignage, où je me rencontre avec vous. 5 Et il arrivera que le bâton de l'homme que j'ai choisi bourgeonnera ; et je ferai cesser de devant moi les murmures des fils d'Israël, par lesquels ils murmurent contre vous. 6 Et Moïse parla aux fils d'Israël ; et tous leurs princes lui donnèrent une verge, une verge pour chaque prince, selon leurs maisons de pères : douze verges ; et la verge d'Aaron était au milieu de ces verges. 7 Et Moïse posa les verges devant l'Éternel, dans la tente du témoignage.
 
8 Et il arriva, le lendemain, que Moïse entra dans la tente du témoignage, et voici, le bâton d'Aaron, pour la maison de Lévi, avait bourgeonné, et avait poussé des boutons, et avait produit des fleurs et mûri des amandes. 9 Et Moïse porta toutes les bâtons de devant l'Éternel à tous les fils d'Israël ; et ils les virent, et reprirent chacun son bâton. 10 Et l'Éternel dit à Moïse : Reporte le bâton d'Aaron devant le témoignage, pour être gardée comme un signe aux fils de rébellion ; et tu feras cesser leurs murmures de devant moi, et ils ne mourront pas. 11 Et Moïse fit comme l'Éternel lui avait commandé ; il fit ainsi.
 
12 Et les fils d'Israël parlèrent à Moïse, disant : Voici, nous expirons, nous périssons, nous périssons tous ! 13 Quiconque s'approche en aucune manière du tabernacle de l'Éternel, meurt ; faut-il donc que nous expirions tous ?

Le signe est manifeste. Un seul bâton a bourgeonné et porté des fleurs et des fruits ! Les murmures cessent, et même c’est l’inverse qui se produit : le peuple éprouve de la crainte face à cette manifestation de la puissance divine. Nul n’est plus tenté de mépriser les serviteurs de Dieu pour s’en arroger les prérogatives…
 
Un avertissement pour quiconque voudrait se draper d’un service public parmi les croyants, un ministère pour la famille de la foi… La question posée est la suivante : l’homme est-il appelé de Dieu ou répond-il à quelque motivation personnelle ? Ce ne sont ni les études, ni les appuis, ni les cérémonies qui qualifient pour un service au nom du Seigneur Dieu, car Lui seul distribue les talents selon sa sagesse (1 Corinthiens 12:4-13). Des hommes confieraient-ils un ministère selon leurs propres critères, mais non conduit par le Seigneur Dieu ! Celui-ci pourra bien paraître, officier… mais inévitablement les résultats manqueront. L’appel vient de Dieu – il a choisi Aaron et l’a confirmé, c’est le signe du bâton qui bourgeonna – et lui a conféré les capacités pour le service auquel il est appelé.


 
Les sacrifices et offrandes - 18:1-19

A Aaron, il est rappelé l’essence de sa fonction au milieu des Israélites, à savoir de "porter l’iniquité du sanctuaire", autrement dit s’employer à reconnaître les fautes quand elles surviennent, et veiller à ce que puisse être manifesté le pardon et surtout la restauration d’une personne ou même du peuple tout entier. C’est par le ministère des sacrificateurs que sera maintenu le lien avec Dieu.

18  1 L'Éternel dit à Aaron : Toi, et tes fils, et la maison de ton père avec toi, vous porterez l'iniquité du sanctuaire ; et toi et tes fils avec toi, vous porterez l'iniquité de votre sacrificature.

Tout homme qui a péché supporte les conséquences jusqu’à ce qu’elles soient présentées au sacrificateur qui présente un sacrifice devant Dieu, portant ainsi lui-même le poids consécutif de la faute, et, par la grâce divine, déchargeant ainsi celui qui s’est laissé surprendre. Ainsi parle Pierre : "Christ a souffert pour vous, vous laissant un modèle… qui lui-même a porté nos péchés en son corps sur le bois…" (1 Pierre 2:21,24). Accomplissement des paroles du Seigneur lui-même : "Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos." (Matthieu 11:28).
 
Pour cet accomplissement, les Lévites sont donnés à la famille d’Aaron pour qu’ils assument l’entretien du Tabernacle, avant qu’ils ne veillent sur le Temple de Jérusalem. Ils s’approchent donc, entourant la famille d’Aaron, et entendent le décret divin, un rappel de ce qui fut dit lors de la consécration d’Aaron (Exode 28:38).

2 Fais aussi approcher tes frères, la tribu de Lévi, la tribu de ton père, avec toi, et ils te seront adjoints, et ils te serviront ; toi et tes fils avec toi, vous servirez devant la tente du témoignage. 3 Ils vaqueront à ce dont tu leur donneras la charge, et au service de toute la tente ; seulement, ils n'approcheront pas des ustensiles du lieu saint, et de l'autel, de peur qu'ils ne meurent, eux et vous aussi. 4 Ils te seront adjoints ; ils seront chargés de ce qui concerne la tente d'assignation, selon tout le service de la tente. Nul étranger n'approchera de vous. 5 Vous serez chargés de ce qui concerne le lieu saint, de ce qui concerne l'autel, afin qu'il n'y ait plus de colère contre les fils d'Israël.
 
6 Moi, voici, j'ai pris vos frères, les Lévites, du milieu des fils d'Israël ; ils vous sont donnés en don pour l'Éternel afin qu'ils s'emploient au service de la tente d'assignation. 7 Et toi, et tes fils avec toi, vous accomplirez les fonctions de votre sacrificature en tout ce qui regarde l'autel et relativement à ce qui est au dedans du voile, et vous ferez le service. Je vous donne votre sacrificature comme un service de pur don ; et l'étranger qui approchera sera mis à mort.

Le décret est établi. C’est le Seigneur qui confie des dons comme Il le veut, selon sa sagesse (1 Corinthiens 12:4-11, Ephésiens 4:7-13). Un pur don qui ne supporte pas de contestation, mais bien des responsabilités car il est écrit à propos de la consommation des offrandes : "quiconque sera pur dans ta maison en mangera."
 
Il en sera ainsi de toutes les offrandes, il en va du geste d’adoration comme du sacrifice pour le péché (18:8-11), des prémisses des récoltes et des vœux (18:12-14) comme des offrandes pour le rachat des premiers-nés (18:15-18), où nous lisons que ce qui est saint, veau ou brebis, sera offert à Dieu, tandis que ce qui ne le sera pas sera "racheté" par l’offrande d’un sacrifice.

8 Et l'Éternel parla à Aaron : Et moi, voici, je t'ai donné la charge de mes offrandes élevées, de toutes les choses saintes des fils d'Israël ; je te les ai données, à cause de l'onction, et à tes fils, par statut perpétuel. 9 Ceci sera à toi des choses très-saintes, qui n'ont pas été consumées : toutes leurs offrandes, savoir toutes leurs offrandes de gâteau et tous leurs sacrifices pour le péché et tous leurs sacrifices pour le délit qu'ils m'apporteront ; ce sont des choses très-saintes pour toi et pour tes fils. 10 Tu les mangeras comme des choses très-saintes, tout mâle en mangera : ce sera pour toi une chose sainte. 11 Et ceci sera à toi : les offrandes élevées de leurs dons, avec toutes les offrandes tournoyées des fils d'Israël ; je te les ai données, et à tes fils et à tes filles avec toi, par statut perpétuel ; quiconque sera pur dans ta maison en mangera.
 
12 Tout le meilleur de l'huile et tout le meilleur du moût et du froment, les prémices qu'ils donneront à l'Éternel, je te les donne.
 
13 Les premiers fruits de tout ce qui est dans leur pays, qu'ils apporteront à l'Éternel, seront à toi ; quiconque sera pur dans ta maison en mangera. 14 Tout ce qui est voué à Dieu en Israël sera à toi.
 
15 Tout ce qui ouvre la matrice, de toute chair, qui sera présenté à l'Éternel, tant homme que bête, sera à toi ; seulement tu ne manqueras pas de racheter le premier-né de l'homme, et tu rachèteras le premier-né des bêtes impures. 16  Et ceux qui doivent être rachetés, depuis l'âge d'un mois, tu les rachèteras selon ton estimation, qui sera de cinq sicles d'argent, selon le sicle du sanctuaire, qui est de vingt guéras. 17 Seulement tu ne rachèteras pas le premier-né de la vache, ou le premier-né de la brebis, ou le premier-né de la chèvre ; ils sont saints. Tu feras aspersion de leur sang sur l'autel, et tu feras fumer leur graisse en sacrifice par feu, en odeur agréable à l'Éternel. 18 Et leur chair sera à toi ; elle sera à toi, comme la poitrine tournoyée et comme l'épaule droite.
 
19 Toutes les offrandes élevées des choses saintes que les fils d'Israël offrent à l'Éternel, je te les ai données, et à tes fils et à tes filles avec toi, par statut perpétuel ; c'est une alliance de sel, à perpétuité, devant l'Éternel, pour toi et pour ta semence avec toi.

Une "alliance de sel" ! Une alliance inaltérable… Rien ne peut altérer cette alliance, et ceux qui penseraient qu’elle fut rompue se méprennent. Il en est de même de la promesse d’une descendance à David qui aura la royauté sur Israël (2 Chroniques 13:5).


 
La dîme - 18:20-32

"Moi, je suis ta part et ton patrimoine au milieu des fils d’Israël." Il y a beaucoup dans cette simple parole ! Contrairement aux autres tribus d’Israël, la famille de Lévi n’aura pas de territoire assigné ; une privation qui remonte à une histoire très ancienne dans la vie de Jacob, suite de la violence exercée par ses fils Lévi et Siméon à l’encontre des habitants de Sichem (Genèse 34 et 49:5-7). Siméon fut réparti dans plusieurs villes au cœur de la portion de territoire de Juda, mais Lévi reçut cette part si précieuse du service du Tabernacle. Une même sentence pour les deux fils de Jacob, mais des conséquences différentes liées ici au zèle des fils de Lévi lors des grandes crises que connût le peuple, comme lors de l’affaire du veau d’or (Exode 32:26-28). Pas de portion du territoire, sinon quelques villes pour y loger leurs familles : la part des Lévites, ce sera l’Éternel lui-même, le privilège de son service.
 
Epargnés de bien des contingences, ils seront occupés essentiellement au service du sanctuaire. Une part qui leur sera réservée. Et pour Aaron et ses fils, leur part sera le soutien de leurs frères, des fils d’Israël, comme nous lisons ici qu’ils "porteront leur iniquité."

20 Et l'Éternel dit à Aaron : Tu n'auras pas de patrimoine dans leur pays, et il n'y aura pas de part pour toi au milieu d'eux : moi, je suis ta part et ton héritage au milieu des fils d'Israël. 21 Et voici, j'ai donné pour patrimoine aux fils de Lévi toutes les dîmes en Israël, pour leur service auquel ils s'emploient, le service de la tente d'assignation. 22 Et les fils d'Israël n'approcheront plus de la tente d'assignation, pour porter le péché et mourir ; 23 mais le Lévite, lui, s'emploiera au service de la tente d'assignation, et ils porteront leur iniquité ; c'est un statut perpétuel en vos générations générations. Ils ne possèderont pas d'héritage au milieu des fils d'Israël, 24 car j'ai donné pour héritage aux Lévites les dîmes des fils d'Israël, qu'ils offrent à l'Éternel en offrande élevée ; c'est pourquoi j'ai dit d'eux qu'ils ne possèderont pas de patrimoine au milieu des fils d'Israël.

Les Lévites auront à assumer ce service du Tabernacle, et pour ce faire ils recevront la dîme des produits de tous leurs frères Israélites. Et eux-mêmes prélèveront sur ce qu’ils auront reçu la dîme de la dîme pour la remettre aux fils d’Aaron.

25 Et l'Éternel parla à Moïse, disant : 26 Tu parleras aussi aux Lévites, et tu leur diras : Quand vous prendrez des fils d'Israël la dîme que je vous ai donnée, de leur part, pour votre héritage, vous en offrirez une offrande élevée à l'Éternel, la dîme de la dîme. 27 Et votre offrande élevée vous sera comptée comme le froment pris de l'aire, et comme l'abondance [du moût] pris de la cuve. 28 Ainsi vous aussi, vous offrirez une offrande élevée à l'Éternel, de toutes vos dîmes que vous prendrez de la part des fils d'Israël ; et vous en donnerez l'offrande élevée de l'Éternel à Aaron, le sacrificateur. 29 De toutes les choses qui vous sont données, vous offrirez toute l'offrande élevée de l'Éternel, de tout le meilleur, la partie sanctifiée. 30 Et tu leur diras : Quand vous en aurez offert le meilleur, cela sera compté aux Lévites comme le produit de l'aire et comme le produit de la cuve. 31 Et vous le mangerez en tout lieu, vous et vos maisons ; car c'est votre salaire pour votre service à la tente d'assignation. 32 Et vous ne porterez pas de péché à son sujet, quand vous en aurez offert le meilleur ; et vous ne profanerez pas les choses saintes des fils d'Israël, et vous ne mourrez pas.

En écho à cette disposition, l’apôtre écrit à propos de ceux qui en charge du service du Seigneur : "L’écriture dit : "Tu n’emmuselleras pas le bœuf qui foule le grain" (Deutéronome 25:4, 1 Timothée 5:18). et : "L’ouvrier est digne de son salaire" (Luc 10:7)"
 
Quel lien est ainsi établi ! Des hommes s’engagent avec confiance dans le service du Tabernacle pour veiller au maintien de l’Alliance, permettant aux sacrificateurs de faire ressentir par tous les Israélites leur lien avec le Créateur, et l’assurance du rétablissement du lien lorsqu’il serait rompu. Sans doute y eût-il des défaillances graves, une période mêmes où le temple fut fermé, le service abandonné et les dîmes oubliées, d’autres où les sacrificateurs abusèrent de leur position pour prendre plus que la dîme, mais il y eût aussi des réveils, tels ceux menés par des rois fidèles, citons Ezéchias et Josias… Et le rétablissement du service lors du retour de l’exil à Babylone.
 
La dîme couvre une réalité bien plus élevée qu’un cadre socio-économique, elle est significative de la confiance en Dieu d’hommes et de femmes attachés à l’Alliance, et aussi du zèle de personnes et de leurs familles consacrées au bien-être spirituel de tout un peuple.


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Nombres 19 L'eau de purification


 

L'EAU DE PURIFICATION
Nombres 19

 
Abordant ce petit chapitre du livre des Nombres, nous nous trouvons devant une disposition qui n’a rien à voir avec quelque acte effronté contre l’Éternel ou quelque faute morale et pourtant nous y trouvons un cérémonial rigoureux dans lequel est évoqué le possible retranchement d’un Israélite du milieu de son peuple.
 
Une page à retenir parmi toutes, car elle établit, derrière un aspect rituel de la Loi, la volonté de Dieu de voir les hommes heureux dans le chemin de la foi. Un encouragement absolu.
 
Lisant la Loi, et cette disposition donnée au désert, les sages en Israël comprenaient bien ce qu’elle signifiait, et ils savaient ce que représentent le désert et la mort. Le désert, c’est bien l’environnement d’un monde ignorant de Dieu et de la Révélation ; ainsi lisons-nous cette parole du prophète prononcée alors que les Israélites se trouvaient en exil à Babylone : "Dans le désert, frayez le chemin du Seigneur…" (Esaïe 40:3). Et nous lisons ici que ce rituel concerne l’Israélite ou l’étranger vivant parmi eux qui aurait été en contact avec la mort, que ce soit une dépouille d’homme, un ossement, etc. Etonnant ! Cela nous conduit à nous interroger sur ce que peut signifier pour un Israélite un tel contact. Que représente la mort ? Telle est bien la question.
 
Une provision de cendre est établie afin de préparer l’eau de purification appliquée au troisième et au septième jour. Une aspersion qui assure à l’Israélite souillé par le contact avec la mort cette purification cérémonielle qui lui permet de se retrouver sans ombre au milieu des siens.


 
Un seul sacrifice - 19:1-10

Contrairement aux sacrifices prescrits lors de célébrations solennelles ou en raison d’une faute commise imputable à un individu ou à la nation, nous voyons un sacrifice unique suivi par le sacrificateur, une immolation dont la cendre servira à la confection de l’eau de purification. Cela se passe hors du camp, car en figure le sacrifice "porte" la souillure qui pourrait être contractée, le feu exerçant ainsi rituellement la purification.

19  1 L'Éternel dit à Moïse et à Aaron : 2 Voici ce que prescrit la loi que l'Éternel a instituée : Parle aux fils d'Israël ; qu'ils t'amènent une génisse rousse, sans malformation, sans défaut corporel, qui n'ait jamais porté le joug. 3 Vous la remettrez à Éléazar, le sacrificateur ; il la mènera hors du camp et on l'immolera devant lui. 4 Eléazar, le sacrificateur, prendra de son sang avec son doigt et fera aspersion de son sang sept fois, face à la tente de la Rencontre. 5 On brûlera la génisse sous ses yeux ; on brûlera sa peau, sa chair et son sang, avec ses excréments. 6 Le sacrificateur prendra du bois de cèdre, de l'hysope et de l'écarlate, et il les jettera au milieu du feu où brûle la génisse.

Le sacrificateur prend du sang de la bête sacrifiée, cet animal sans défaut, et rentre dans le camp pour établir le lien entre le sacrifice et le Tabernacle, avant de retourner au lieu du sacrifice pour que soit brûlée la dépouille de la génisse. Mais avant que le feu ne consume le sacrifice, le prêtre y jette du bois de cèdre et de l’hysope, ainsi que de l’écarlate. Le cèdre et l’hysope évoquent ce qui est dans le monde, des réalités les plus grandioses, le cèdre majestueux, jusqu’aux plus modestes, l’hysope, plante si petite qu’elle croît dans les espaces les plus étriqués. Nous lisons que Salomon "parla sur les arbres, depuis le cèdre qui est sur le Liban, jusqu’à l’hysope qui sort du mur" (1 Rois 4:33). L’écarlate exprime la gloire mondaine si opposée à la juste position d’un homme devant Dieu (2 Samuel 1:24, Jérémie 4:30, Apocalypse 17:3-4, 18:16).
 
Ne sont-ce pas ici la représentation des vanités humaines qui détournent l’homme de Dieu lui-même, ce que nous trouvons déjà dans la parabole du jardin d’Eden où l’homme fut séduit : "Mais du fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n'en mangerez point, et vous n'y toucherez point, de peur que vous ne mouriez… l'arbre était bon à manger, il était un plaisir pour les yeux… l'arbre était désirable pour rendre intelligent…" (Genèse 3:3-6).

7 Le sacrificateur lavera à l’eau ses vêtements et son corps, puis il rentrera dans le camp ; le sacrificateur sera impur jusqu'au soir. 8 Celui qui aura brûlé la génisse lavera à l’eau ses vêtements et son corps, et il sera impur jusqu'au soir. 9 Un homme pur ramassera la cendre de la génisse et la déposera hors du camp, en un lieu pur ; elle sera conservée pour l'assemblée des fils d'Israël pour la préparation de l’eau lustrale. C’est une eau de purification pour le péché. 10 Celui qui aura recueilli la cendre de la génisse lavera ses vêtements, et il sera impur jusqu'au soir. C’est une prescription perpétuelle pour les fils d'Israël et pour les immigrés qui séjournent parmi eux.

Un homme pur ramasse la cendre pour qu’elle soit conservée en un lieu pur. Une provision pour la composition de l’eau de purification. Les cendres d’un seul sacrifice parfait accompagné des signes de ce qui est grand comme de ce qui est tout petit, et du symbole des gloires humaines. Un seul sacrifice, et une ressource pour que l’homme qui aurait été surpris dans le contact avec la mort réalise qu’il est purifié, qu’il peut poursuivre sa vie en paix…
 
Les apôtres auront compris ce qu’annonce cette dispositon de la Loi : "C’est pourquoi aussi Jésus, afin qu’il sanctifiât le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte" (Hébreux 13:12). L’apôtre soulignera, en son temps : "Grâce et paix à vous, de la part de Dieu le Père et de notre seigneur Jésus Christ, qui s'est donné lui-même pour nos péchés, en sorte qu'il nous retirât du présent siècle mauvais, selon la volonté de notre Dieu et Père…" (Galates 1:4).
 
Que signifie la mort ? En quoi est-elle signe de souillure ? La question se pose, bien évidemment.


 
La communion et la joie retrouvées - 19:11-22

Toucher la mort d’une manière ou de l’autre, c’est entrer en contact avec la négation de la vie, et l’Israélite pouvait comprendre ce que cela signifie, alors qu’il était appelé à vivre avec Dieu, car c’est bien le sens de l’Alliance ; vivre ce qui est "vraiment la vie" dira l’apôtre (1 Timothée 6:19). Le désert qu’est ce monde pour la foi contient bien des sollicitations qui portent atteinte à la vie de la foi, ce que l’Israélite pouvait comprendre. Alors ce signe est donné, pensons-nous, pour que la conscience soit tenue en éveil, ou plutôt même réveillée.
 
Un acte de purification cérémonielle, assurément, mais nous voyons que l’aspersion n’est rien si elle ne s’accompagne d’un temps propice à la réflexion. Ce n’est d’ailleurs que le troisième jour après les faits que la première aspersion sera appliquée, et au septième seulement, lors d’une seconde aspersion, l’homme pourra être déclaré pur… Un temps propice à la réflexion.

11 Celui qui aura touché un mort, un corps humain, quel qu’il soit, sera impur pendant sept jours. 12 Il se purifiera avec cette eau le troisième jour et le septième jour, et il sera pur ; mais s'il ne se purifie pas le troisième jour et le septième jour, il ne sera pas pur. 13 Quiconque aura touché un mort, un homme qui est mort, et ne se sera pas purifié, rend impur le tabernacle de l'Éternel ; cette âme sera retranchée d'Israël. Comme elle n’a pas été aspergé de l’eau lustrale, elle sera impure, son impureté est encore sur elle.

La sentence évoquée : retranché de la communauté… Et cela pour une question cérémonielle ! Une réalité bien peu compréhensible, bien sévère dirions-nous. Mais ce temps de réflexion est bien utile. Temps qui permet à l’homme de repenser à son appel, la vraie vie avec son Dieu, vie symboliquement altérée par le contact avec la mort.

14 Voici la loi : Lorsqu'un homme meurt dans une tente, quiconque entre dans la tente et quiconque se trouve dans la tente sera impur pendant sept jours ; 15 tout récipient ouvert, sur lequel il n'y a pas de couvercle attaché, sera impur. 16 Quiconque touche dans la campagne le corps d’une personne morte de mort violente ou de mort naturelle, des ossements humains ou une tombe, sera impur pendant sept jours. 17 On prendra pour l'homme impur de la cendre de ce qui a été brûlé pour la purification, et on mettra dessus, dans un récipient, de l’eau vive. 18 Un homme pur prendra de l'hysope et la trempera dans l'eau, et en fera aspersion sur la tente, sur tous les ustensiles et sur les personnes qui sont là, sur celui qui aura touché des ossements, le cadavre d’un homme mort de mort violente ou de mort naturelle, ou une tombe. 19 L’homme pur fera aspersion sur l'homme impur le troisième jour et le septième jour, et le septième jour il le purifiera. L’homme lavera ses vêtements, se lavera à l'eau et le soir il sera pur. 20 L'homme qui est impur et qui ne se sera pas purifié, cette âme-là sera retranchée du milieu de la congrégation, car il a rendu impur le sanctuaire de l'Éternel ; comme il n’a pas été aspergé d’eau lustrale, il est impur. 21 C’est pour eux une prescription perpétuelle. Celui qui aura fait aspersion avec l'eau lustrale lavera ses vêtements, et celui qui aura touché l'eau lustrale sera impur jusqu'au soir. 22 Tout ce que l'homme impur aura touché sera impur ; et celui qui l'aura touché sera impur jusqu'au soir.

L’homme concerné, mais aussi ceux qui auront œuvré pour sa purification pourront, à l’issue de cette cérémonie de purification, réaliser la puissance du seul sacrifice qui rétablit la conscience du lien avec le Seigneur Dieu.
 
Nous voyons ici combien le rite appliqué n’a de valeur qu’en vertu de la réflexion qu’il induit. L’eau de purification, si riche en soit la composition, dans le souvenir du sacrifice offert et de ce qui est brûlé avec la bête sacrifiée, ne serait rien sans ce temps de retour sur soi-même donné par les aspersions du troisième et du septième jour. Tout à l’opposé d’un acte de superstition, le rite favorise un réel travail de conscience.
 
 
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Le seul sacrifice offert pour la confection de l’eau de purification illustre pour le croyant aujourd’hui la mort de Christ, son sacrifice unique, qui répond à tous ses besoins spirituels tandis qu’il parcourt le désert de ce monde. Il y constate sans doute bien des difficultés, des pensées et des situations qui lui font perdre sa joie et douter de la paix qui lui est donnée :

"Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix ; je ne vous donne pas, moi, comme le monde donne. Que votre cœur ne soit pas troublé, ni craintif." (Jean 14:27).

Car s’il se trouve convaincu de la puissance salvatrice de l’œuvre de la croix, du pardon de ses fautes, il faut aussi qu’il réalise la liberté qui est la sienne dans la foi, la paix et la joie qui lui sont permises de vivre dans la foi. Dieu n’est pas seulement le juge de toute la terre, car son dessein est de conduire les hommes, tous les hommes (1 Timothée 2:4), durant leur vie de foi, les introduire dans une nouvelle vie, dans la liberté, ainsi qu’il et écrit : "Or le Seigneur est l'esprit ; mais là où est l'Esprit du Seigneur, il y a la liberté" (2 Corinthiens 3:17).
 
Lorsqu’un croyant s’est laissé surprendre par quelque situation qui lui ôte la paix, il peut regarder au seul sacrifice et comprendre que la joie peut être restaurée. Souligons, dans la passage qui suit, la référence explicite à l’eau de purification.
 
"Mais Christ étant venu, souverain sacrificateur des biens à venir, par le tabernacle plus grand et plus parfait qui n’est pas fait de main, c’est-à-dire qui n’est pas de cette création, et non avec le sang de boucs et de veaux, mais avec son propre sang, est entré une fois pour toutes dans les lieux saints, ayant obtenu une rédemption éternelle. Car si le sang de boucs et de taureaux — et la cendre d’une génisse avec laquelle on fait aspersion sur ceux qui sont souillés — sanctifie pour la pureté de la chair, combien plus le sang du Christ, qui, par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même à Dieu sans tache, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, pour que vous serviez le Dieu vivant !" (Hébreux 9:11-14).

Voici la grande question traitée ici par l’eau de purification. Le croyant est conduit à prendre conscience de son appel, à savoir "servir le Dieu vivant et vrai" (1 Thessaloniciens 1:9). Et s’il s’est laissé surprendre, s’il se trouve quelque poids sur la conscience, il apprend ici qu’il y a provision pour retrouver la paix et poursuivre le chemin, marchant ainsi dans la lumière.

"Si nous marchons dans la lumière, comme lui-même est dans la lumière, nous avons communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus Christ son Fils nous purifie de tout péché" (1 Jean 1:7).

La marche positive du croyant, bien au-delà du pardon si précieux nous est donnée de diverses manières. Voyons quelques injonctions de la Parole :

"Il nous a élus en lui avant la fondation du monde, pour que nous fussions saints et irréprochables devant lui en amour…" (Éphésiens 1:4).
 
"Je demande ceci dans mes prières, que votre amour abonde encore de plus en plus en connaissance et toute intelligence, pour que vous discerniez les choses excellentes, afin que vous soyez purs et que vous ne bronchiez pas jusqu'au jour de Christ," (Philippiens 1:9-10).
 
"… vous exhortant, et vous consolant, et rendant témoignage, pour que vous marchiez d'une manière digne de Dieu qui vous appelle à son propre royaume et à sa propre gloire." (1 Thessaloniciens 2:11-12).
 
"De sa propre volonté, il nous a engendrés par la parole de la vérité, pour que nous soyons une sorte de prémices de ses créatures." (Jacques 1:18).
 
"C'est pourquoi, ayant ceint les reins de votre entendement et étant sobres, espérez parfaitement dans la grâce qui vous sera apportée à la révélation de Jésus Christ, comme des enfants d'obéissance, ne vous conformant pas à vos convoitises d'autrefois pendant votre ignorance ; mais, comme celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite ; parce qu'il est écrit : «Soyez saints, car moi je suis saint»." (1 Pierre 1:13-16).

Nous en venons maintenant à ce geste majeur du Seigneur, lorsqu’il se mit aux pieds de ses disciples pour les leur laver, et dit à Pierre : "Si je ne te lave, tu n’as pas de part avec moi" (Jean 13:8). A la fin de sa vie, l’apôtre Jean, écrira : "Si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ, le juste" (1 Jean 2:1). Et un autre écrivait : "De là vient aussi qu'il peut sauver entièrement ceux qui s'approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder pour eux" (Hébreux 7:25).
 
Revenant à Israël, et aux enseignements des sages parmi eux au cours des siècles. Ils rappelaient à tous : "Parle à toute l'assemblée des fils d'Israël, et dis-leur : Vous serez saints, car moi, l'Éternel votre Dieu, je suis saint" (Lévitique 19:2).


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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