18/06/2013

Nombres 11 La charge du conducteur (1/2)


 

 

LES ANNEES DU DESERT
Nombres 11 à 21


L’alliance scellée, la Tente de la Rencontre dressée, le camp d’Israël organisé, et voilà le peuple d’Israël en chemin pour ce parcours qui aurait pu être de quelques jours seulement. Les étapes ont un nom, les unes sans doute un nom de lieu, les autres furent nommées en raison de ce qui s’y était passé. Les premières désignations rencontrées seront "Tabhéra" et "Kibrot-Hattaava", soit "Brûlant" et "Tombeau du désir" et l’on y discerne le souvenir de défaillances. Un poids pour Moïse ! Et un peu plus tard, comme il est temps de s’enquérir du lieu où les Israélites seront conduits par l’Eternel, douze observateurs seront envoyés. Tous rendront compte de la beauté et de la luxuriance de la terre promise, mais seuls Josué et Caleb manifesteront la confiance en l’Eternel. Et alors commence l’errance, quarante années au désert.
 
L’occasion de s’arrêter et de réfléchir… Voyons la sagesse de ces livres où l’homme est décrit tel qu’il est, et où le sage s’arrête sur ce qui survient dans sa propre communauté, sans regarder au-delà et sans générer le mépris de l’étranger, de l’autre, de l’infidèle… Que du contraire ! N’avons-nous pas lu que l’étranger qui désirerait célébrer la Pâque était convié à la pratiquer comme tout Israélite de naissance.
 
Nous avons ici un aspect essentiel de l’Alliance. Israël n’est pas "élu", un peuple qui serait justifiable d’honneurs particuliers, mais "choisi" selon la volonté divine, pour que ses oracles soient portés en ce monde par un peuple "serviteur et témoin de Dieu" (Deutéronome 7:6-7, Romains 3:2), afin que tout homme puisse discerner l’universalité du dessein divin.
 
En chemin, il y aura des plaintes, des murmures et des contestations, même de la part de Myriam et Aaron, et plus encore des rebellions comme celle d’un certain Coré. Mais la grâce se manifeste ; pour ce peuple qui demande des signes, la bonté de Dieu sera représentée par le sacrifice de la génisse rousse et la disposition de l’eau lustral.
 
Et encore des rebellions ! Et Moïse perd un peu le contrôle lorsqu’il frappe le rocher deux fois pour en faire couler l’eau, alors qu’il ne fallait plus que lui parler depuis qu’à Réphidim le "rocher spirituel" avait été frappé une fois… La parole est dite : Moïse n’entrera pas au pays promis. Mais avant cela, déjà l’entrée au pays se profile-t-elle lorsque le peuple est conduit au nord vers les plaines de Moab…
 
Les années passent et l’entrée au pays paraît imminente. Aaron est "recueilli vers ses pères". Toujours entre doute et foi, le peuple poursuit son chemin ; il remporte des victoires mais subit aussi de grandes défaites morales, et ici interviennent les serpents… Nouvelle intervention de Moïse qui est conduit à fondre le "serpent d’airain", nouvelle leçon pour Israël : ils apprennent, dans ce signe du serpent, pièce d’airain tirée du feu, que la mort est vaincue et qu’un regard à ce serpent d’airain passé par le feu redonne vie à celui qui était en passe de mourir…

LA CHARGE DU CONDUCTEUR
Nombres 11 et 12

 
La vie au désert n’est pas facile, pour nous rappeler que la vie de la foi n’est pas un parcours tranquille. Elle demande de revenir sans cesse à ses propres critères, à ses propres objectifs, car elle se déroule dans le monde, un cadre bien souvent étranger à ses propres valeurs. La foi est sans cesse à l’épreuve, et les pages que nous lisons n’édulcorent pas cette réalité ; tout au contraire, elles sont écrites pour l’enseignement des croyants. Ce livre, objet de l’attention d’un peuple, de sa ferveur, n’en fait pas le panégyrique, mais expose les réalités de l’humain pour dégager des préceptes de sagesse. Nous lisons ici les premiers pas du peuple après la conclusion de l’Alliance de l’Éternel. Et ce sont des défaillances… Un regard particulier est posé sur le conducteur du peuple, Moïse. Nous voyons son humanité, sa bonté selon Dieu, comme nous l’avons lu dans les pages de l’Exode déjà. Et nous comprenons qu’une telle tâche de conduire le peuple n’est pas confiée à un surhomme, mais à un homme de foi qui peine quelques fois sous le poids de la charge.
 
Déjà, lorsqu’encore jeune, il voulut combattre pour la justice et qu’il en advint la mort d’un Egyptien, les Israélites témoins prirent peur, et il ne resta à Moïse que la fuite ; et lorsqu’au Buisson ardent, il reçut l’appel pour s’en aller parler au Pharaon, il répondit à Dieu : "Qui suis-je, moi…" (Exode 3:11). Et il connût les craintes et les reproches des Israélites, lorsque ceux-ci subirent le durcissement de leur condition en réponse aux appels au Pharaon : "Laisse aller mon peuple…" (Exode 5:1). Le peuple est délivré, la mer traversée, et bien vite Moïse doit faire face aux doléances du peuple, car les eaux de Mara étaient amères… Et au Sinaï, ce sera l’affaire du veau d’or… Aaron même fit mine d’avoir vu le veau d’or émerger du feu où il avait fait fondre l’or… Moïse combat pour le peuple devant Dieu ; il est tellement attaché à la Promesse qu’il ne peut envisager, fut-ce un instant, qu’elle soit rompue au bénéfice de sa seule descendance… Dans l’ordonnancement du texte, nous voyons les nouvelles difficultés, si tôt après l’engagement du peuple en Sinaï, et ces moments de ferveur tellement heureux lors de l’édification du Tabernacle.
 
Notons l’actualité de ces pages, en lisant : "Obéissez à vos conducteurs et soyez soumis, car ils veillent pour vos âmes, comme ayant à rendre compte ; afin qu'ils fassent cela avec joie, et non en gémissant, car cela ne vous serait pas profitable" (Hébreux 13:17). C’est pourquoi nous lisons ces pages avec le regard tourné vers le conducteur…


 
Plaintes à Tabhéra
Nombres 11:1-3

Le peuple se plaignait ! Dès la première marche après la longue halte au Sinaï… C’est ainsi que le texte le présente, et assurément dans un objectif d’instruction pour les générations qui le lisent.

11  1 Et il arriva comme le peuple se plaignait que cela fut mauvais aux oreilles de l'Éternel ; et l'Éternel l'entendit, et sa colère s'embrasa, et le feu de l'Éternel brûla parmi eux et dévora au bout du camp. 2 Le peuple cria à Moïse, et Moïse pria l'Éternel, et le feu s'éteignit. 3 On appela le nom de ce lieu Tabhéra, parce que le feu de l'Éternel avait brûlé parmi eux.

Nous pouvons nous interroger sur ce feu qui embrasa l’extrémité du camp d’Israël, et envisager la foudre ou toute autre forme d’incendie, mais plus utile est de constater l’effet désastreux de se plaindre, surtout lorsque une telle bénédiction est apportée gratuitement, à savoir le commencement d’une nouvelle vie ; la délivrance de l’oppression du pharaon, l’eau vivifiante du rocher et la manne récoltée chaque matin. Les plaintes sont des feux qui brûlent dans l’âme jusqu’à la détruire.
 
Et ce campement sera appelé "Tabhéra", c’est-à-dire "Brûlant", pour qu’en un mot celui qui se plaint dans le chemin se rappelle qu’il expose son âme à une réelle brûlure…
 
A peine achevés les combats du Sinaï, à savoir l’intercession pour le peuple qui s’était fabriqué un veau d’or, une religion faite d’une rapide célébration avant de se divertir, voici le serviteur de Dieu à nouveau à l’œuvre. C’est ici une leçon pour chaque génération des hommes. L’épisode semble amorcer un cycle "plaintes et désastres, appel au secours, intercession du prophète et apaisement avant une nouvelle occasion de plaintes", mais l’homme de Dieu devra faire face à d’autres situations, plus graves encore…


 
Convoitise et pleurs à Kibrot-Hattaava
Nombres 11:4-35

"Kibrot-Hattaava", c’est le "Tombeau du désir", autrement dit le sépulcre de la convoitise… Car nous sommes ici au-delà des plaintes (11:1). Des hommes regardent en arrière, vers l’Egypte, en considérant les ressources du pays, son poisson, ses fruits et légumes, tout en oubliant la dure réalité qu’ils y connaissaient à peine une année plus tôt…
 
Et sont cités ici en premier "ceux qui accompagnaient Israël." Ce sont ces personnes qui sortirent d’Egypte avec Israël (Exode 12:38).

Pour désigner ces personnes, la traduction courante est “le ramassis”, mais nous devons réfuter une telle mention à cause du caractère absolument péjoratif et dégradant du terme. La racine du mot hébreu qui les désigne est utilisée simplement pour l’assortiment d’un magasin, un groupement d’articles (1 Chroniques 26:15,17, Néhémie 12:25), ce qui rend compte de la diversité des origines de ces personnes, issues de tribus de diverses provenances et aussi Egyptiens blessés par le dur régime des Pharaons. Et ils sont inclus au "peuple de Dieu". Lisons : "Vous vous tenez tous aujourd'hui devant l'Éternel, votre Dieu, vos chefs, vos tribus, vos anciens, et vos magistrats, tout homme d'Israël, vos enfants, vos femmes, et ton étranger qui est au milieu de ton camp, ton coupeur de bois aussi bien que ton puiseur d'eau ; afin que tu entres dans l'alliance de l'Éternel, ton Dieu, et dans son serment, que l'Éternel, ton Dieu, fait aujourd'hui avec toi ; afin qu'il t'établisse aujourd'hui pour être son peuple, et pour qu'il soit ton Dieu, ainsi qu'il te l'a dit, et ainsi qu'il a juré à tes pères, à Abraham, à Isaac, et à Jacob." (Deutéronome 29:10-13). Annonce d’un autre accomplissement : "Car c'est lui qui est notre paix, qui des deux en a fait un et a détruit le mur mitoyen de clôture…" (Éphésiens 2:14). Dénigrer ces étrangers eût été une offense à la Loi qui enjoint clairement l’accueil des étrangers qui désirent accompagner Israël (Exode 12:48).

Sans doute, ces personnes étaient-elles plus fragiles face aux difficultés du désert, car elles se sont séparées de leur peuple, elles ont laissé leurs familiers pour aller avec Israël, et ainsi pouvons-nous comprendre qu’elles aient été les premières à manifester la nostalgie de l’Egypte. Et lorsque nous voyons poindre cette nostalgie parmi eux, il est aussitôt signalé les Israélites épris des mêmes sentiments, les uns et les autres pleurants de concert cette Egypte qu’ils avaient fuie…

4 Ceux qui accompagnaient Israël s'éprirent de convoitise, et les fils d'Israël aussi se mirent encore à pleurer, et dirent : Qui nous fera manger de la chair ? 5 Il nous souvient du poisson que nous mangions en Égypte pour rien, des concombres, et des melons, et des poireaux, et des oignons, et de l'ail ; 6 et maintenant notre âme est asséchée ; il n'y a rien, si ce n'est cette manne devant nos yeux.

La perspective du pays "ruisselant de lait et de miel" (Exode 3:8), l’Alliance et le Shabbat, l’Eau du rocher et la Manne qu’ils récoltent chaque jour laissent leurs âmes asséchées… C’est le journalier qui envahit leurs âmes !

7 Et la manne était comme la graine de coriandre, et son apparence comme l'apparence du bdellium. 8 Le peuple se dispersait et la ramassait ; et ils la broyaient sous la meule ou la pilaient dans le mortier ; et ils la cuisaient dans des pots, et en faisaient des gâteaux ; et son goût était comme le goût d'un gâteau à l'huile. 9 Et quand la rosée descendait la nuit sur le camp la manne descendait dessus.

La manne, déjà, ne leur satisfait plus, et pourtant son apparence était belle, et les pains qu’ils en confectionnaient étaient comme des gâteaux à l’huile, des brioches. Ils n’avaient pas faim, là n’est pas le problème, mais "leur âme était asséchée"… Ne voit-on pas le sens des choses dans les Ecritures : Ils avaient "goûté du don céleste", "goûté la bonne parole de Dieu" et étaient en passe de "tomber"(Hébreux 6:4-6).


 
Un poids très lourd pour Moïse - 11:10-15

Une nouvelle crise, et pas des moindres. Nous voyons combien cela pesait lourd sur les épaules de Moïse. En vrai serviteur, il avait au cœur de servir, cherchant inlassablement le bonheur de ceux qui lui sont confiés, mais il constate le chemin dans lequel plusieurs s’engageaient à leur détriment ! Et cette œuvre dans laquelle il est engagé paraît à chaque fois gravement compromise… Ainsi vient un moment de découragement. Le serviteur s’en rapporte à Dieu…

10 Et Moïse entendit le peuple pleurant, chacun dans son clan, à l’entrée de sa tente ; et la colère de l'Éternel s'embrasa extrêmement, et cela fut mauvais aux yeux de Moïse. 11 Et Moïse dit à l'Éternel : Pourquoi as-tu fait ce mal à ton serviteur ? Pourquoi n'ai-je pas trouvé grâce à tes yeux, que tu aies mis sur moi le fardeau de tout ce peuple ? 12 Est-ce moi qui ai conçu tout ce peuple ? Est-ce moi qui l'ai enfanté, pour que tu me dises : Porte-le dans ton sein, comme le nourricier porte l'enfant qu’on allaite, jusqu'au pays que tu as promis par serment à ses pères ? 13 D'où aurais-je de la chair pour en donner à tout ce peuple ? Ils pleurent après moi, disant : Donne-nous de la chair, afin que nous en mangions. 14 Je ne puis, moi seul, porter tout ce peuple, car il est trop pesant pour moi. 15 Et si tu agis ainsi avec moi, tue-moi donc je te prie, si j'ai trouvé grâce à tes yeux, et que je ne voie pas mon malheur.

"Tue-moi donc je te prie… et que je ne voie pas mon malheur." Une parole qui souligne la lassitude qui s’est emparée de Moïse, la lassitude du serviteur devant une tâche qui le dépasse.


 
Le fardeau partagé - 11:16-29

La réponse donnée va mettre en évidence la grandeur d’âme de Moïse. Cet homme est ici le modèle pour tout serviteur… Le fardeau était lourd, et il sera partagé, mais le prophète est-il préoccupé de sa propre place au milieu du peuple ? C’est à cette question qu’il est répondu…

16 Et l'Éternel dit à Moïse : Assemble-moi soixante-dix hommes des anciens d'Israël, que tu sais être les anciens du peuple et ses magistrats, et amène-les à la tente d'assignation, et ils se tiendront là avec toi. 17 Je descendrai et je parlerai là avec toi ; j'ôterai de l'Esprit qui est sur toi, et je le mettrai sur eux afin qu'ils portent avec toi le fardeau du peuple et que tu ne le portes pas toi seul.

Etant répondu à la lassitude de Moïse, il est question à nouveau de ce qui l’a provoquée, à savoir la nostalgie de l’Egypte qui s’est répandue parmi le peuple. La force de la réponse surprend Moïse lui-même.

18 Et tu diras au peuple : Sanctifiez-vous pour demain, et vous mangerez de la chair, car vous avez pleuré aux oreilles de l'Éternel disant : "Qui nous fera manger de la chair ? Nous étions bien en Égypte !" L'Éternel vous donnera de la chair, et vous en mangerez. 19 Vous n'en mangerez pas un jour, ni deux jours, ni cinq jours, ni dix jours, ni vingt jours, mais jusqu'à un mois entier, 20 jusqu'à ce qu'elle vous sorte par les narines et que vous l'ayez en dégoût ; parce que vous avez méprisé l'Éternel qui est au milieu de vous, et que vous avez pleuré devant lui, disant : "Pourquoi sommes-nous donc sortis d'Égypte ?" 21 Et Moïse dit : Il y a six cent mille hommes de pied dans ce peuple au milieu duquel je suis, et tu as dit : Je leur donnerai de la chair, et ils en mangeront un mois entier. 22 Leur égorgera-t-on du menu et du gros bétail afin qu'il y en ait assez pour eux, ou assemblera-t-on tous les poissons de la mer pour eux afin qu'il y en ait assez pour eux ? 23 Et l'Éternel dit à Moïse : La main de l'Éternel est-elle devenue courte ? Tu verras maintenant si ce que j'ai dit t'arrivera ou non.

C’est Moïse lui-même, témoin de tant de manifestations puissantes de l’Éternel qu’il a lui-même annoncées, qui va être surpris, car l’Éternel lui a dit : "La main de l'Éternel est-elle devenue courte ? Tu verras maintenant si ce que j'ai dit t'arrivera ou non." Mais il faut que d’abord soit accomplie cette parole touchant le partage du fardeau. Ce n’est plus ici une recommandation d’homme, la parole du beau-père de Moïse pour établir des juges (Exode 18:14), mais la parole de l’Éternel…
 
Le serviteur assemble les anciens d’Israël, et la puissance spirituelle leur est donnée ; ils pourront être guidés par l’Esprit de Dieu, autant l’un que l’autre. Des signes en sont donnés, mais la sagesse de l’Esprit dont ils sont emplis désormais ne demande pas de telles manifestations ; ces signes ne parurent qu’afin de convaincre chacun.

24 Moïse sortit et dit au peuple les paroles de l'Éternel ; il assembla soixante-dix hommes des anciens du peuple, et les fit se tenir tout autour de la tente. 25Et l'Éternel descendit dans la nuée et lui parla ; et il ôta de l'Esprit qui était sur lui et le mit sur les soixante-dix anciens. Et il arriva qu'aussitôt que l'Esprit reposa sur eux, ils prophétisèrent, mais ils ne continuèrent pas. 26Et il était demeuré deux hommes dans le camp ; le nom de l'un était Eldad, et le nom du second, Médad, l’Esprit reposa sur eux, ils étaient de ceux qui avaient été inscrits maisn'étaient pas sortis vers la tente, et ils prophétisèrent dans le camp. 27Et un jeune homme courut et rapporta cela à Moïse, disant : Eldad et Médad prophétisent dans le camp.

La mention de ces deux qui parlèrent de la part de l’Éternel indépendamment de la réunion des anciens autour de Moïse est d’une grande importance. Elle atteste que ce n’est pas Moïse qui partage son autorité, ceci soulignant ainsi qu’il n’y a pas d’hiérarchie… C’est le Seigneur qui confie des dons comme Il le veut, selon sa sagesse (1 Corinthiens 12:4-11, Ephésiens 4:8). Le serviteur peut-il être jaloux de voir d’autres que lui s’engager dans un service tel que le sien ?

28 Et Josué, fils de Nun, qui servait Moïse, l'un de ses jeunes gens, répondit et dit : Mon seigneur Moïse, empêche-les. 29 Et Moïse lui dit : Es-tu jaloux pour moi ? Ah ! que plutôt tout le peuple de l'Éternel fût prophète ; que l'Éternel mît son Esprit sur eux !

La réponse est claire et forte. Nous avons ici une parole édifiante à laquelle il faut bien être attentif. Il n’y a qu’un seul Chef dans la famille de la foi, et Moïse ne cherche pas à régner sur le peuple, car il est pleinement imprégné de cette grande réalité qu’il ne fait que servir Dieu en étant au service de Son peuple… Un enseignement essentiel !
 
Ce vœu de Moïse est aussi dans la perspective du plan divin, et la conscience des prophètes : "Et il arrivera, après cela, que je répandrai mon Esprit sur toute chair, et vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards songeront des songes, vos jeunes hommes verront des ; et aussi sur les serviteurs et sur les servantes, en ces jours-là, je répandrai mon Esprit." (Joël 2:28-29).


 
L’envoi des cailles - 11:30-35

C’est un serviteur apaisé qui reprend son service ; il le reprend là où il fut interrompu. Moïse retourne au camp et constate l’action de l’Éternel. Une réponse à la convoitise qui rongeait les âmes…

30 Moïse revint dans le camp, lui et les anciens d'Israël. 31 Il se leva, de par l'Éternel, un vent qui fit venir de la mer des cailles et les jeta sur le camp, environ une journée de chemin en deçà et environ une journée de chemin en delà, tout autour du camp, quelques deux coudées sur la surface de la terre. 32 Le peuple s’occupa tout ce jour-là, et toute la nuit, et le lendemain encore, pour amasser des cailles ; celui qui en avait amassé le moins en avait amassé dix khomers. Ils les étendirent pour eux tout autour du camp. 33 Alors que la chair était encore entre leurs dents, avant qu'elle fût mâchée, la colère de l'Éternel s'embrasa contre le peuple, l'Éternel frappa le peuple d'un fort grand coup.

Une leçon ! Que dans la vie de la foi, il y ait des "Pourquoi ?", et même des plaintes, nous ne pouvons que le constater et même le comprendre ; nous avons bien lu qu’il n’y a pas eu de réprobation lors des plaintes de Tabhéra (11:1-3), mais ici il s’agissait de convoitise. La conséquence en fut une ruine funeste dont Israël gardera le souvenir : "Ils oublièrent vite ses œuvres, ils ne s'attendirent point à son conseil. Et ils furent remplis de convoitise dans le désert, et ils tentèrent Dieu dans le lieu désolé ; Et il leur donna ce qu'ils avaient demandé, mais il envoya la consomption dans leurs âmes." (Psaume 106:13-15). A méditer.

34 Et on appela le nom de ce lieu-là Kibroth-Hattaava, parce qu'on y enterra le peuple qui avait convoité. 35 De Kibroth-Hattaava le peuple partit pour Hatséroth, et ils furent à Hatséroth.

Cette étape fut nommée le "Tombeau de la convoitise", car ainsi se traduit "Kibroth-Hattaava". Ainsi fut fixée par la sagesse populaire où conduit la convoitise ! Une vie dans laquelle la vue des réalités positives est obscurcie pour laisser l’esprit s’encombrer de pensées inaccessibles et vaines. Une mort morale en quelque sorte, le tombeau où conduit la convoitise.
 
Mais l’enseignement ne s’arrête pas là ; après les plaintes et la convoitise vient l’esprit de contestation… Cela se manifesta au lieu-dit "Hatséroth", terme signifiant "Enclos" ou "Village".


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Nombres 12 La charge du conducteur (2/2)


 

Contestation de Myriam et Aaron
à Hastéroth

Nombres 12:1-15

Il ne viendrait pas à l’esprit d’un homme du commun de revendiquer la place de l’autorité, mais y sont davantage tentés ceux qui ont une place élevée; il s’en trouve qui se sentent le droit de contester celui qui est plus haut encore.
 
Ici, il s’agit de Myriam et Aaron, la sœur et le frère du prophète. Le prétexte vient de la liaison de Moïse avec une femme éthiopienne. Une femme qui aurait sans doute quitté l’Egypte lors de la fuite d’Israël. Le prétexte viendrait-il d’être une étrangère, ou même du fait de sa nation ? Ou simplement du fait que Moïse se soit engagé dans ce lien ? Quoiqu’il en soit, Myriam et Aaron saisirent l’occasion pour rappeler qu’ils ont, eux-aussi, parlé au nom de l’Éternel…
 
Sans que cela soit dit, nous comprenons qu’au centre du récit brille la bonté de Moïse, alors qu’il supporta ces allégations sans mot dire… Car, est-il écrit : "cet homme, Moïse, était très-doux, plus que tous les hommes qui étaient sur la face de la terre" (12:3). La seule intervention dans ce récit est celle de l’Éternel…

12  1 Myriam et Aaron parlèrent contre Moïse à l'occasion de la femme éthiopienne qu'il avait prise. Car il avait pris une femme éthiopienne. 2 Et ils dirent : L'Éternel n'a-t-il parlé que par Moïse seulement ? N'a-t-il pas parlé aussi par nous ? Et l'Éternel l'entendit. 3 Cet homme, Moïse, était très-doux, plus que tous les hommes qui étaient sur la face de la terre. 4 Et soudain l'Éternel dit à Moïse, à Aaron et à Myriam : Sortez, vous trois, vers la tente d'assignation. Ils sortirent eux trois.

Un ordre impératif, mais pour qu’à trois ils entendent un témoignage sans appel concernant la fidélité du serviteur que l’Éternel a choisi.

5 L'Éternel descendit dans la colonne de nuée, et se tint à l'entrée de la tente et appela Aaron et Myriam. Les deux s’avancèrent. 6 Et il dit : Écoutez mes paroles : S'il y a un prophète parmi vous, moi l'Éternel, je me ferai connaître à lui en vision, je lui parlerai en songe. 7 Il n'en est pas ainsi de mon serviteur Moïse, qui est fidèle dans toute ma maison ; 8 je parle avec lui bouche à bouche, clairement, et non en énigmes, et il voit la ressemblance de l'Éternel. Et pourquoi n'avez-vous pas craint de parler contre mon serviteur, contre Moïse ? 9 La colère de l'Éternel s'embrasa contre eux, et il s'en alla, 10 la nuée se retira de dessus la tente. Et voici, Myriam était lépreuse, comme la neige ; Aaron se tourna vers Myriam, et voici, elle était lépreuse. 11 Et Aaron dit à Moïse : Ah, mon seigneur, ne mets pas, je te prie, sur nous, ce péché par lequel nous avons agi follement et par lequel nous avons péché ! 12 Je te prie, qu'elle ne soit pas comme un enfant mort-né dont la chair est à demi consumée quand il sort du ventre de sa mère. 13 Et Moïse cria à l'Éternel, disant : Ô Dieu, je te prie, guéris-la, je te prie ! 14 Et l'Éternel dit à Moïse : Si son père lui eût craché au visage, ne serait-elle pas pendant sept jours dans la honte ? Qu'elle soit exclue, sept jours, hors du camp, et après, qu'elle y soit recueillie. 15 Et Myriam demeura exclue hors du camp sept jours ; et le peuple ne partit pas jusqu'à ce que Myriam eût été recueillie.

Ce qui arrivé à Myriam est hautement significatif. Une leçon. La suite aussi doit être soulignée : le peuple attendra le terme de la sanction et la recevra en retour sans manifester quelque réprobation. Myriam et Aaron ont eu affaire avec Dieu, et nulle voix ne s’est entendre pour ajouter à la peine de ceux qui avaient mal agi. Une autre leçon pour quiconque aime apporter son propre jugement…
 
Mais ce qui doit nous arrêter par-dessus tout, c’est combien Moïse est approuvé de Dieu. Une parole propre donnée assurément pour que chacun s’examine soi-même. Moïse, "l’homme le plus doux de la terre" est déclaré le plus à même de recevoir les communications de Dieu. Nous avons lu, d’étape en étape, combien cet homme ne cherchait pas le pouvoir, ressentait le poids du service qui lui était confié et, de plus, ne se justifiait pas lui-même face à la jalousie, à la contestation, à l’opposition. Un modèle pour quiconque doit assumer une tâche de conducteur ; il est induit par ces page à exercer son service avec bonté, en écho à Dieu lui-même, car c’est par sa propre bonté qu’Il a conduit ce peuple (Exode 15:13).
 
Une leçon reprise et méditée par les sages et les prophètes. Lisons entre autres passages :
"Ce qui attire dans un homme, c'est sa bonté ; et le pauvre vaut mieux que l'homme menteur." (Proverbes 19:22).
"Qui poursuit la justice et la bonté trouvera la vie, la justice, et la gloire." (Proverbes 21:21).
"Car j'ai aimé la bonté, et non le sacrifice, et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes…" (Osée 6:6).
"Il t'a déclaré, ô homme, ce qui est bon. Et qu'est-ce que l'Éternel recherche de ta part, sinon que tu fasses ce qui est droit, que tu aimes la bonté, et que tu marches humblement avec ton Dieu ?" (Michée 6:8).


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Nombres 13 Les envoyés au pays de Canaan (1/3)


 

ENTRER PAR LA FOI DANS LE PAYS PROMIS
Nombres 13 à 15

 
Avec ces lignes, nous voyons qu’il y a un prix à payer pour jouir de la bénédiction promise. Le pays ruisselant de lait et de miel est devant les Israélites, mais pour en jouir il faut aller droit avec foi… Le peuple, manquant de confiance, de foi, tourna dans le désert jusqu’à ce qu’une nouvelle génération se soit levée. Mais les promesses demeurent. Le peuple entrera au pays "ruisselant de lait et de miel" (Exode 3:8). Car nous lisons non "Si vous entrez", mais "Quand vous serez entrés dans le pays de votre habitation, que je vous donne…" (15:2) !
 
Cette question interpelle aujourd’hui encore… Aux Hébreux, l’auteur de l’épître s’exprime dans ces termes bien sérieux : "… il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, et qui ont goûté du don céleste, et qui sont devenus participants de l'Esprit Saint, et qui ont goûté la bonne parole de Dieu et les miracles du siècle à venir, et qui sont tombés, soient renouvelés encore à la repentance, crucifiant pour eux-mêmes le Fils de Dieu et l'exposant à l'opprobre" (Hébreux 6:4-6). Ainsi proposons-nous de lire cette page avec à l’esprit cette question : comment goûter aujourd’hui la bonne main de notre Dieu ?


 
Les envoyés en Canaan
Nombres 13:1-34

Le peuple est conduit vers le nord-est du Sinaï, dans le Désert de Paran. Des observateurs vont aller plus au nord encore, au-delà du Désert de Tsin, au sud du pays de Canaan... Les observations qu’ils firent et les sentiments qu’ils y éprouvèrent conduiront le peuple à une grande inquiétude, voire une rébellion. Et toute cette génération va végéter dans le désert durant trente-huit années. Ce n’est pas une tentative de monter en Canaan qui y changera quelque chose… Mais dans cette situation si pénible, deux hommes vont émerger par leur foi en la Parole de Dieu, ce sont Josué et Caleb.


 
L’envoi - 13:1-21

L’envoi d’observateur était une nécessité, car se pouvait-il que la foi n’eusse pas été mise à l’épreuve, afin que chacun ait pu se positionner personnellement ? Car en effet le mouvement peut être collectif, comme cette marche vers le pays promis, mais la foi, la confiance dans l’Alliance, est toujours personnelle…
 
Le peuple est arrivé à Kadès, une importante oasis au cœur du désert de Paran. De là douze observateurs, un par tribu, montent vers Hébron quelque deux cent kilomètres au nord, traversant le désert de Tsin.

13  1 Après cela, le peuple partit de Hatséroth, et il campa au désert de Paran.
 
2 L'Éternel parla à Moïse, disant : 3 Envoie des hommes, et ils reconnaîtront le pays de Canaan que je donne aux fils d'Israël ; vous enverrez un homme pour chaque tribu de ses pères, tous des princes parmi eux. 4 Et Moïse les envoya du désert de Paran, selon le commandement de l'Éternel. Tous ces hommes étaient des chefs des fils d'Israël.
 
5 Ce sont ici leurs noms. Pour la tribu de Ruben, Shammua, fils de Zaccur ; 6 pour la tribu de Siméon, Shaphath, fils de Hori ; 7 pour la tribu de Juda, Caleb, fils de Jephunné ; 8 pour la tribu d'Issacar, Jighal, fils de Joseph ; 9 pour la tribu d'Éphraïm, Osée, fils de Nun ; 10 pour la tribu de Benjamin, Palti, fils de Raphu ; 11 pour la tribu de Zabulon, Gaddiel, fils de Sodi ; 12 pour la tribu de Joseph, pour la tribu de Manassé, Gaddi, fils de Susi ; 13 pour la tribu de Dan, Ammiel, fils de Guemalli ; 14 pour la tribu d'Aser, Sethur, fils de Micaël ; 15 pour la tribu de Nephthali, Nakhbi, fils de Vophsi ; 16 pour la tribu de Gad, Gueuël, fils de Maki. 17 Ce sont là les noms des hommes que Moïse envoya pour reconnaître le pays.
 
   Et Moïse appela Osée, fils de Nun, Josué.

Parmi les princes envoyés se trouve Osée, fils de Nun. Son nom est dérivé du verbe hébreu pour "être sauvé." Moïse change le nom de celui qui a combattu contre Amalek et l’a accompagné dans la montagne, il lui donne ce nom de Josué, autrement dit "L’Éternel est Sauveur". Une parole de foi et de sagesse. Celui qui sera à la tête lors de l’entrée au pays porte désormais un nom à l’allure d’étendard pour Israël comme pour toutes les nations. Ce nom sera porté plus tard par le Grand prêtre à la tête des Israélites remontant de Babylone pour restaurer Jérusalem (Aggée 1:1), et plus tard encore par le Messie, celui qui ouvre l’accès à la Jérusalem céleste…

18 Moïse les envoya pour reconnaître le pays de Canaan, et leur dit : Montez de ce côté, par le midi ; vous gravirez la montagne 19 et vous verrez le pays, ce qu'il est, et le peuple qui l'habite, s'il est fort ou faible, s'il est en petit ou en grand nombre ; 20 et quel est le pays où il habite, s'il est bon on mauvais ; et quelles sont les villes dans lesquelles il habite, si c'est dans des camps ou dans des villes murées ; 21 et quel est le pays, s'il est gras ou maigre, s'il y a des arbres ou s'il n'y en a pas. Ayez bon courage, et prenez du fruit du pays. Or c'était le temps des premiers raisins.

La mission est claire. Les observateurs devaient prendre connaissance des habitants, des villes et du pays lui-même, de sa luxuriance… Et ramener un témoignage qui rendrait compte des termes de la promesse : "un pays ruisselant de lait et de miel." Autrement dit, répondre à cette interrogation : la promesse de l’Éternel est-elle crédible ? Et voir aussi les obstacles à envisager. Ne fallait-il pas que les Israélites réalisent la fidélité de l’Éternel tout en connaissant que la voie de la foi n’est pas un parcours tranquille sur une route plane ?


 
L’expédition - 13:22-34

L’équipée monte par le midi, jusqu’à Hébron, "Hébron bâtie sept ans avant Tsoan d'Égypte". Etonnante remarque ! Pourquoi donc cette mention de Tsoan, une capitale de la Basse-Egypte, et le rappel de l’antériorité de la construction d’Hébron ? Rien ne permet de dégager une conclusion, sans doute. Mais notons toutefois que c’est principalement de Tsoan, plus connue sous le nom de Tanis, que sortirent les Israélites (Psaume 78:12,43). Là ils se sont trouvés sous l’emprise du Pharaon, ils y étaient taillables et corvéables. De l’autre côté, ce qui est devant eux, c’est Hébron, le lieu d’habitation d’Abraham, l’homme de foi (Genèse 35:27). Ils retournent ainsi aux sources de leur nation ; ils reviennent à la foi, ils sont appelés à "marcher avec Dieu" ; et cette vie est primordiale, la marche normale d’un homme, avant que ne soit introduit le désordre en ce monde et notamment l’oppression des puissants sur les faibles, comme cela se vivait à Tsoan et qui n’a pas changé aujourd’hui… C’est ce que nous pouvons discerner dans ces mots qui suivent l’expression de la création : "Et la terre était désolation et vide, et il y avait des ténèbres sur la face de l'abîme." (Genèse 1:2).
 
Ainsi, les Israélites montaient vers ces réalités anciennes de la vie de foi. Hébron, modeste cité des patriarches, était moralement antérieure à Tsoan, ville puissante d’un monde sans Dieu.

22 Et ils montèrent et reconnurent le pays, depuis le désert de Tsin jusqu'à Rehob, quand on vient à Hamath. 23 Et ils montèrent par le midi, et vinrent jusqu'à Hébron ; là étaient Akhiman, Shéshaï et Thalmaï, enfants d'Anak. Hébron avait été bâtie sept ans avant Tsoan d'Égypte.
 
24 Ils allèrent jusqu'au torrent d'Eshcol, et coupèrent de là un sarment avec une grappe de raisin et ils le portèrent à deux au moyen d'une perche, ainsi que des grenades et des figues. 25 On appela ce lieu-là torrent d'Eshcol, à cause de la grappe que les fils d'Israël y coupèrent. 26 Et ils revinrent de la reconnaissance du pays au bout de quarante jours.
 
27 Ils retournèrent et arrivèrent auprès de Moïse et d'Aaron, et de toute l'assemblée des fils d'Israël, au désert de Paran, à Kadès ; et ils leur rendirent compte, ainsi qu'à toute l'assemblée, et leur montrèrent le fruit du pays. 28 Ils racontèrent à Moïse, et dirent : Nous sommes allés dans le pays où tu nous as envoyés ; et vraiment il est ruisselant de lait et de miel, et en voici le fruit.

Quelle découverte ! Un pays recelant des trésors, tant la nature y est généreuse ! La grappe de raisins requérant deux hommes pour être transportée en rend témoignage. Le lieu où ils la récoltèrent, près du torrent, portera désormais ce nom de "Torrent d’Eschol", c'est-à-dire "Torrent de la Grappe". Un torrent, une eau vive pour ces Israélites qui se trouvaient dans ce lieu désertique de Paran, venant du delta du Nil… Le témoignage est absolument clair, le pays est véritablement "Un pays ruisselant de lait et de miel", cependant il y a un "Mais"

29 Seulement, le peuple qui habite dans le pays est fort, et les villes sont fortifiées, très-grandes ; et nous y avons vu aussi les enfants d'Anak. 30 Amalek habite le pays du midi ; et le Héthien, le Jébusien et l'Amoréen habitent la montagne ; et le Cananéen habite le long de la mer et sur le rivage du Jourdain. 31 Caleb fit taire le peuple devant Moïse, et dit : Montons hardiment et prenons en possession, car nous sommes bien capables de le faire. 32 Mais les hommes qui étaient montés avec lui, dirent : Nous ne sommes pas capables de monter contre ce peuple, car il est plus fort que nous. 33 Et ils décrièrent devant les fils d'Israël le pays qu'ils avaient reconnu, disant : Le pays par lequel nous avons passé pour le reconnaître est un pays qui dévore ses habitants, et tout le peuple que nous y avons vu est de haute stature. 34 Et nous y avons vu les géants, fils d'Anak, qui est de la race des géants ; et nous étions à nos yeux comme des sauterelles, et nous étions de même à leurs yeux.

Les géants, des gens de haute taille, comme il s’en trouve lorsqu’on parcourt les nations de la terre (voir aussi Genèse 6:4, le seul passage avec celui-ci où le mot "nephilim", "géants" est utilisé). La peur des dix observateurs conduit à une image grandiloquente, lorsqu’ils se comparent à des sauterelles. Telle paraît la dans un monde tel que le nôtre, lorsque la foi perd son ardeur.
 
Et sans cette vue de la foi, il paraît que ce pays luxuriant "dévore ses habitants" ! Ainsi font-ils observer que ce pays si riche ne peut éviter la convoitise des peuples environnants, les habitants des régions désertiques qui l’entourent. Et l’on ne peut nier la réalité de cette pensée, car elle rejoint une réelle expérience largement établie dans l’histoire d’Israël. Lisons parmi d’autres textes : "Et il arrivait que, quand Israël avait semé, Madian montait, et Amalek et les fils de l'orient ; et ils montaient contre lui. Et ils campaient contre eux, et détruisaient les produits du pays jusqu'à ce que tu viennes à Gaza, et ils ne laissaient point de vivres en Israël, ni mouton, ni bœuf, ni âne. Car ils montaient, eux et leurs troupeaux et leurs tentes ; ils venaient nombreux comme des sauterelles ; et eux et leurs chameaux étaient sans nombre ; et ils venaient dans le pays pour le ravager. Et Israël fut très-appauvri à cause de Madian ; et les fils d'Israël crièrent à l'Éternel." (Juges 6:3-6). Ainsi les observateurs estiment-ils que la nation sera en danger de disparaître petit à petit, "dévorée par ses habitants" (Lévitique 26:37-38) !
 
Et l’histoire nous montrera le peuple privé du pays, jusqu’à l’exil à Babylone, mais ce n’est pas le fait de la convoitise des nations voisines. Les sages parmi le peuple, conduits pas les prophètes, souligneront que cette épreuve vient de l’abandon de la foi. Et telle est la question posée ici, lorsque Josué et Caleb contemplent du regard de la foi le pays promis, tandis que les Dix ne regardent que le pays… Enviable, mais tellement inaccessible.


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Nombres 14 Les envoyés au pays de Canaan (2/3)


 

Le peuple face à ses responsabilités
Nombres 14:1-45

Les observateurs ont fait entendre leurs voix… Chacun doit savoir pour lui-même dans quel sens il veut aller. Les douze sont unanimes pour souligner la magnificence du pays, mais dix d’entre eux sont convaincus de son inaccessibilité. Seuls Caleb et Josué ont confiance, ils goûtent la bénédiction promise. Ont-ils négligé cette vue inquiétante de ce peuple redoutable qui l’occupe ? Non, ils les ont vu tout comme les autres, mais la promesse de Dieu les assure… Telle est la question pour chaque Israélite : "Ai-je foi dans la parole de Dieu ?" Une question pour tout croyant relativement à la vie réelle, car c’est là le but de cette page de la Bible, comme de toutes les autres (Romains 15:4).


 
Les murmures du peuples - 14:1-10

Le premier mouvement est clair. Pleurs et murmures, mise en question de la sortie d’Egypte prononcée en des termes bien forts, jusqu’à exprimer l’idée de retourner dans ce pays où ils souffraient une bonne année plus tôt… Déjà oubliés les bienfaits de l’Éternel, la traversée de la Mer des Joncs, la Manne, l’Eau du rocher ! Oublié l’enthousiasme de l’édification du Tabernacle… Et cela hors de toute épreuve vécue, seulement par le doute installé dans l’âme touchant le pays promis, reconnu pourtant comme "ruisselant de lait et de miel".

14  1 Toute l'assemblée éleva sa voix, et jeta des cris ; le peuple pleura cette nuit-là. 2 Tous les fils d'Israël murmurèrent contre Moïse et contre Aaron ; et toute l'assemblée leur dit : Oh, si nous étions morts dans le pays d'Égypte ! Ou si nous étions morts dans ce désert ! 3 Et pourquoi l'Éternel nous fait-il venir dans ce pays, pour y tomber par l'épée, pour que nos femmes et nos petits enfants deviennent une proie ? Ne serait-il pas bon pour nous de retourner en Égypte ? 4 Et ils se dirent l'un à l'autre : Établissons un chef, et retournons en Égypte. 5 Et Moïse et Aaron tombèrent sur leurs faces devant toute la congrégation de l'assemblée des fils d'Israël.
 
6 Et Josué, fils de Nun, et Caleb, fils de Jephunné, qui étaient d'entre ceux qui avaient reconnu le pays, déchirèrent leurs vêtements 7 et parlèrent à toute l'assemblée des fils d'Israël, disant : Le pays par lequel nous avons passé pour le reconnaître est un très-bon pays ; 8 si l'Éternel prend plaisir en nous, il nous fera entrer dans ce pays-là et nous le donnera, un pays qui ruisselle de lait et de miel. 9 Seulement, ne vous rebellez pas contre l'Éternel, et ne craignez pas le peuple du pays, car ils seront notre pain. Leur protection s'est retirée de dessus eux, et l'Éternel est avec nous ; ne les craignez pas. 10 Et toute l'assemblée parla de les lapider avec des pierres. Et la gloire de l'Éternel apparut à tous les fils d'Israël à la tente d'assignation.

Peut-être serons-nous étonnés de cette parole touchant la protection retirée au peuple du pays, les géants. Nous comprendrons à la lecture du livre de Josué qu’effectivement ces peuples feront des pactes pour faire la guerre à Israël, mais ils ne prévaudront pas.
 
La question posée est vraiment celle de la confiance en Dieu. Il faut la manifestation de la gloire – comprenons par cela la nuée reposant sur la tente d’assignation – pour mettre en arrêt ce mouvement de rébellion. Mais ce n’est pas le retour à la confiance…


 
L’intercession de Moïse - 14:11-38

L’Éternel parle à Moïse en des termes sans équivoque : le peuple méprise l’Éternel, et il ne Le croit pas… Le ferment de la ruine ! Les mots sont forts, mais ce dont les Israélites sont ici accusés est bien commun de nous jours ! A ces paroles, Moïse répond avec une sagesse remarquable. Il fait état de ce que les Egyptiens et les Cananéens pourraient les uns et les autres comprendre en cas de désastre. Dans son intercession il revendique la gloire de Dieu…

11 Et l'Éternel dit à Moïse : Jusques à quand ce peuple-ci me méprisera-t-il et jusques à quand ne me croira-t-il pas, après tous les signes que j'ai faits au milieu de lui ? 12 Je le frapperai de peste, et je le détruirai ; et je ferai de toi une nation plus grande et plus forte que lui.
 
13 Et Moïse dit à l'Éternel : Mais les Égyptiens en entendront parler ; or, par ta force tu as fait monter ce peuple du milieu d'eux, 14 et ils le diront aux habitants de ce pays qui ont entendu que toi, Éternel, tu étais au milieu de ce peuple, que toi, Éternel, tu te faisais voir face à face, que ta nuée se tenait sur eux et que tu marchais devant eux dans une colonne de nuée, le jour, et dans une colonne de feu, la nuit. 15 Si tu fais périr ce peuple comme un seul homme, les nations qui ont entendu parler de toi, parleront, disant : 16 Parce que l'Éternel ne pouvait pas faire entrer ce peuple dans le pays qu'il leur avait promis par serment, il les a tués dans le désert. 17 Maintenant, je te prie, que la puissance du Seigneur soit magnifiée, comme tu as parlé, disant : 18 L'Éternel est lent à la colère, et grand en bonté, pardonnant l'iniquité et la transgression, et qui ne tient nullement celui qui en est coupable pour innocent, qui visite l'iniquité des pères sur les fils, sur la troisième et sur la quatrième génération. 19 Pardonne, je te prie, l'iniquité de ce peuple, selon la grandeur de ta bonté, et comme tu as pardonné à ce peuple depuis l'Égypte jusqu'ici.

Le sage connaît la bonté de Dieu. Loin de lui de se plaire à voir punir ou se réjouir d’un désastre ; il n’est pas tel Jonas qui aurait été satisfait de la destruction de Ninive. Nous voyons ainsi la sagesse de la foi. Les conséquences d’un écart sont inévitables, et parfois douloureuses, mais la foi regarde à la bonté de Dieu, laquelle trouve toujours un chemin ; c’est ainsi que tout sage, tel Moïse, considère celui qui s’est engagé dans un chemin qui ne peut être approuvé : non en minimisant les faits, mais en faisant appel à la grâce, car il en est le témoin. Ceci étant, nous voyons ici que l’homme ne saurait être gardé des conséquences de ses propres actes, qu’il lui faut assumer ses choix ; car autrement il n’y aurait ni liberté ni grâce, mais une situation de laxisme favorable à la superstition : "si j’invoque Dieu, si je fais telle offrande, si je m’engage dans tel pèlerinage, je serai protégé…" Un comportement bien étranger à la réalité de la vie de foi.

20 Et l'Éternel dit : J'ai pardonné selon ta parole. 21 Mais, aussi vrai que je suis vivant, toute la terre sera remplie de la gloire de l'Éternel ! 22 Car tous ces hommes qui ont vu ma gloire, et mes signes, que j'ai faits en Égypte et dans le désert, et qui m'ont tenté ces dix fois, et qui n'ont pas écouté ma voix ; 23 s'ils voient le pays que j'avais promis par serment à leurs pères ! Aucun de ceux qui m'ont méprisé ne le verra. 24 Mais mon serviteur Caleb, parce qu'il a été animé d'un autre esprit et qu'il m'a pleinement suivi, je l'introduirai dans le pays où il est entré, et sa semence le possédera. 25 Or l'Amalékite et le Cananéen habitent dans la vallée : demain tournez-vous, et partez pour le désert, vous dirigeant vers la mer Rouge.

La parole est dite. Celui qui ne veut pas voir ce que l’Éternel a réalisé pour lui ne verra pas d’autres actes plus grands encore ! Une sanction ? Ou la conséquence de sa propre disposition de cœur ? Toujours est-il que celui qui croit, fût-il seul comme Caleb ou Josué, connaîtra ce que le Seigneur a promis.

26 Et l'Éternel parla à Moïse et à Aaron disant : 27 Jusques à quand supporterai-je cette méchante assemblée qui murmure contre moi ? J'ai entendu les récréminations des fils d'Israël qu'ils murmurent contre moi. 28 Dis-leur : Je suis vivant, dit l'Éternel, si je ne vous fais comme vous avez parlé à mes oreilles... ! 29 Vos cadavres tomberont dans ce désert. Et tous ceux d'entre vous qui ont été dénombrés, selon tout le compte qui a été fait de vous, depuis l'âge de vingt ans et au-dessus, vous qui avez murmuré contre moi... 30 si vous entrez dans le pays touchant lequel j'ai levé ma main pour vous y faire habiter, excepté Caleb, fils de Jephunné, et Josué, fils de Nun ! 31 Mais vos petits enfants, eux dont vous avez dit qu'ils seraient une proie, je les ferai entrer, et ils connaîtront le pays que vous avez méprisé. 32 Et quant à vous, vos cadavres tomberont dans ce désert. 33 Vos fils seront paissant dans le désert quarante ans, et ils porteront la peine de vos prostitutions, jusqu'à ce que vos cadavres soient consumés dans le désert. 34 Selon le nombre des jours que vous avez mis à reconnaître le pays, quarante jours, un jour pour une année, vous porterez vos iniquités quarante ans, et vous connaîtrez ce que c'est que je me sois détourné de vous. 35 Moi, l'Éternel, j'ai parlé ; si je ne fais ceci à toute cette méchante assemblée qui s'est assemblée contre moi ! Ils seront consumes dans ce désert, et ils y mourront.
 
36 Et les hommes que Moïse avait envoyés pour reconnaître le pays, et qui revinrent et firent murmurer contre lui toute l'assemblée en décriant le pays, 37 ces hommes qui avaient décrié le pays, moururent de plaie devant l'Éternel. 38 Mais d'entre les hommes qui étaient allés pour reconnaître le pays, Josué, fils de Nun, et Caleb, fils de Jephunné, vécurent.

Oui, ces hommes avaient masqué leur manque de confiance derrière le souci louable pour leurs familles, clamant : "Et pourquoi l'Éternel nous fait-il venir dans ce pays, pour y tomber par l'épée, pour que nos femmes et nos petits enfants deviennent une proie ?" (14:3). Ne fallait-il pas paraître honorable ? Ils ont reçu la réponse. La réalité à laquelle ils devaient prendre attention n’était-elle pas l’héritage qu’ils laisseront à leurs enfants ? Leur bonheur n’eut-il pas été de transmettre leur propre foi à leurs enfants, leur confiance en Dieu, en les menant au pays promis ? Certes, ces enfants seront bien conduits vers le pays, mais après la longue traversée du désert, un lieu d’épreuves dont les enfants auraient pu être épargnés… Une leçon toujours actuelle !


 
Une guerre bien vaine - 14:39-45

La parole de l’Eternel est communiquée au peuple, et elle est entendu... Mais elle n’est pas comprise! L’état moral n’est pas changé. Alors des Israélites prennent eux mêmes les affaires en main...

39 Et Moïse dit ces choses à tous les fils d'Israël, et le peuple mena très-grand deuil. 40 Et ils se levèrent de bon matin et montèrent sur le sommet de la montagne, disant : Nous voici ! Nous monterons au lieu dont l'Éternel a parlé, car nous avons péché. 41 Et Moïse dit : Pourquoi transgressez-vous ainsi le commandement de l'Éternel ? Cela ne réussira point. 42 Ne montez pas, car l'Éternel n'est pas au milieu de vous, afin que vous ne soyez pas battus devant vos ennemis ; 43 car l'Amalékite et le Cananéen sont là devant vous, et vous tomberez par l'épée ; car vu que vous vous êtes détournés de l'Éternel, l'Éternel ne sera pas avec vous. 44 Toutefois ils s'obstinèrent à monter sur le sommet de la montagne ; mais ni l'arche de l'alliance de l'Éternel ni Moïse ne bougèrent du milieu du camp. 45 Et les Amalékites et les Cananéens qui habitaient cette montagne-là descendirent, les battirent et les taillèrent en pièces jusqu'à Horma.

Ce récit ne montre-t-il pas quel est le bon combat à mener ? La vraie question était ici la question de la foi. C’est par la foi qu’ils allaient entrer dans le pays promis, et non par la force des armes. Nous pouvons constater les désastres produits par une imitation de la foi, des guerres menées au nom de grands principes qui masquent les vraies motivations, et aussi des disputes de mots autour de lectures de la parole de Dieu en exploitant des textes pour justifier des positions douteuses (Philippiens 1:15, 1 Timothée 1:4, 6:4-5, 2 Timothée 2:14, Tite 3:9).
 
Dans un contexte que l’on jugerait fort différent, l’apôtre nous éclaire. Ne pouvons-nous pas constater une analogie de situations, à la manière de l’enseignement d’une parabole ? "Au reste, mes frères, fortifiez-vous dans le Seigneur et dans la puissance de sa force ; revêtez-vous de l'armure complète de Dieu, afin que vous puissiez tenir ferme contre les artifices du diable : car notre lutte n'est pas contre le sang et la chair, mais contre les principautés, contre les autorités, contre les dominateurs de ces ténèbres, contre la puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes. C'est pourquoi prenez l'armure complète de Dieu, afin que, au mauvais jour, vous puissiez résister, et, après avoir tout surmonté, tenir ferme." (Éphésiens 6:10-13).


 

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Nombres 15 Les envoyés au pays de Canaan (3/3)


 

Après la crise
Nombres 15:1-41

"Quand vous serez entrés dans le pays…" L’entrée au pays, un futur clairement affirmé, mais une perspective s’est sévèrement éloignée. Les Israélites sont à Kadès, à deux ou trois journées de marche de la frontière de Canaan, mais ce ne sera que trente-sept ans plus tard qu’ils s’y trouveront à nouveau et monteront alors vers le nord-est, dans les plaines de Moab, avant de franchir le Jourdain face à Jéricho.
 
Et l’histoire s’interrompt ici pour un enseignement. Quelques éléments particuliers de la Loi rappelés après la relation de ces doutes manifestés à propos de la promesse de Dieu. Un rappel bien approprié, pour montrer aux Israélites que la vie avec Dieu continue malgré les défaites et le manque de foi… Et nous lirons alors de brèves paroles qui donneront à comprendre la nécessité de la croissance spirituelle, le rejet de toute attitude sectaire, la reconnaissance à Dieu dans la jouissance de la grâce mais sans laxisme, et enfin le rappel de la vie de témoins de Dieu. Un enseignement pour tous les hommes. Un résumé du "guide de vie", quelques éléments sans doute, mais combien significatifs !


 
La croissance de la foi - 15:1-13

La question ne touche pas aux sacrifices eux-mêmes, mais aux dons qui les accompagnent. Une, deux ou trois mesures de fine fleur de farine accompagnées d’huile et de vin dans des proportions déterminées. Et cela appliqué après le désert, mais bien dans le pays lorsqu’ils y seront entrés…

15  1 L'Éternel parla à Moïse, disant : 2 Parle aux fils d'Israël, et dis-leur : Quand vous serez entrés dans le pays de votre habitation, que je vous donne, 3 et que vous offrirez un sacrifice par feu à l'Éternel, un holocauste, ou un sacrifice pour s'acquitter d'un vœu, ou un sacrifice volontaire, ou dans vos jours solennels, pour offrir une odeur agréable à l'Éternel, de gros ou de menu bétail, 4 alors celui qui présentera son offrande à l'Éternel, présentera une offrande de gâteau d'un dixième de fleur de farine pétrie avec le quart d'un hin d'huile ; 5 et tu offriras le quart d'un hin de vin pour la libation, sur l'holocauste ou le sacrifice, pour un agneau. 6 Et pour un bélier, tu offriras comme offrande de gâteau deux dixièmes de fleur de farine pétrie avec le tiers d'un hin d'huile, 7 et le tiers d'un hin de vin pour la libation ; tu le présenteras comme odeur agréable à l'Éternel. 8 Et si tu offres un jeune taureau comme holocauste, ou comme sacrifice pour t'acquitter d'un vœu, ou comme sacrifice de prospérités à l'Éternel, 9 on présentera avec le jeune taureau, comme offrande de gâteau, trois dixièmes de fleur de farine pétrie avec un demi-hin d'huile ; 10 et tu présenteras un demi-hin de vin pour la libation, en sacrifice par feu, d'odeur agréable à l'Éternel. 11 On en fera ainsi pour un taureau, ou pour un bélier, ou pour un agneau, ou pour un chevreau, 12 selon le nombre que vous en offrirez ; vous en ferez ainsi pour chacun, selon leur nombre. 13 Tous les Israélites de naissance feront ces choses ainsi, en présentant un sacrifice par feu, d'odeur agréable à l'Éternel.

Nous pouvons bien comprendre que le geste de sacrifier pouvait être vécu comme un simple rituel ; il nous suffit de penser à la manière dont il arrive qu’une célébration religieuse soit vécue, ou plutôt "suivie". Et nous poser cette question : ce rite trouverait-il son sens s’il n’était vécu dans la réalité d’un chemin vers Dieu, la conscience de la sainteté, et le ressenti de la joie de l’Alliance. Ainsi pouvons-nous comprendre la symbolique du geste de l’adorateur portant à l’autel la pièce de bétail qu’il veut sacrifier ; c’est le meilleur de lui-même qui se manifeste, exprimé par la fine fleur de farine, produit de la terre traité par ses mains. La démarche est avant tout un geste spirituel car si il y a une offrande concrète, le mouvement est conçu dans son esprit, typifié par l’huile ; et enfin, un élan de l’âme, une véritable joie symbolisée par le vin. Pensons au geste de l’adorateur. L’offrande d’un sacrifice aurait-elle une quelconque valeur si elle n’était qu’un rite duquel il s’acquitterait ? L’offrande réelle vient du cœur, de la conscience de la bonté de Dieu et dans la joie qu’apporte cette conscience.
 
Pourquoi cette oblation accompagnant le sacrifice n’est-elle pas attendue avant l’établissement d’Israël au pays promis ? Sans doute n’y a-t-il pas de réponse formellement identifiable et, après-tout, est-il besoin de répondre à tout ? Notons seulement que des commentateurs ont fait état du manque de telles ressources – la farine, l’huile et le vin – dans le désert. Mais nous pouvons lire aussi une leçon particulière : l’entrée dans le pays symbolise une forme de maturité spirituelle, aboutissement des épreuves du désert. La maturité spirituelle conduit à saisir avec plus de profondeur ce que représente le culte rendu à Dieu, et ainsi pouvons-nous voir la signification des symboles de l’oblation accompagnant les sacrifices. L’homme est conduit à sublimer les actes religieux pour goûter spirituellement le bonheur de rendre culte à Dieu.


 
Le rejet de tout renfermement sectaire - 15:14-16

Une fois de plus, la question des étrangers est évoquée. Respecter l’étranger est attendu de tout Israélite (Exode 22:21, 23:9, Lévitique 19:34...). Ceux qui désirent célébrer la Pâque ou offrir des sacrifices doivent être reçus au même titre que les Israélites de naissance (Exode 12:19,48, Lévitique 17:8...). Cette disposition est rappelée.

14 Si un étranger séjourne parmi vous, ou si quelqu'un est au milieu de vous en vos générations, et qu'il offre un sacrifice par feu, d'odeur agréable à l'Éternel, comme vous faites, ainsi il fera. 15 Pour ce qui est de la congrégation, il y aura un même statut pour vous et pour l'étranger en séjour, un statut perpétuel en vos générations ; comme vous, ainsi sera l'étranger devant l'Éternel. 16 Il y aura une même loi et une même ordonnance pour vous et pour l'étranger qui séjourne parmi vous.

Il nous paraît que cette disposition rappelle que la relation à Dieu est l’essence même de l’Alliance. Nous pouvons penser que la situation d’un tel peuple "dépositaire des oracles de Dieu" (Romains 3:2) pourrait développer une forme d’isolement, un repli sectaire, surtout lorsque des difficultés sont provoquées par les nations voisines ou lointaines. Mais nous voyons ici cette relation à Dieu non comme le privilège d’une nation, mais comme le modèle pour toutes les nations de la terre (Genèse 12:1-3). Et même, à ceux qui vivent les circonstances douloureuses de l’exil à Babylone, Jérémie écrira : "Cherchez la paix de la ville où je vous ai transportés, et priez l'Éternel pour elle ; car dans sa paix sera votre paix." (Jérémie 29:7).
 
Une leçon qui donne à comprendre que toute dérive sectaire, qu’elle soit le fait d’un groupuscule ou d’une large institution, est une négation du dessein divin, lequel est pour tous les hommes, car son plan est "que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité" (1 Timothée 2:4).


 
La reconnaissance à Dieu - 15:17-21

La foi d’abord (15:1-13), le rejet de toute position sectaire (15:14-16), et alors vient la reconnaissance à Dieu. Une fois dans le pays, cette reconnaissance sera manifestée noamment par la Fête des Prémices (Lévitique 23:9-14), et une célébration au Temple; nous lisons ici le principe moral qui doit guider tout Israélite.

17 Et l'Éternel parla à Moïse, disant : 18 Parle aux fils d'Israël, et dis-leur : Quand vous serez entrés dans le pays où je vous fais entrer, 19 et que vous mangerez du pain du pays, vous en offrirez à l'Éternel une offrande élevée ; 20 vous offrirez les prémices de votre pâte, une galette, en offrande élevée ; comme l'offrande élevée de l'aire, ainsi vous l'offrirez. 21 Vous donnerez, en vos générations, à l'Éternel, une offrande élevée des prémices de votre pâte.

Au moment de commencer la récolte, l’Israélite est appelé à mettre à part la première gerbe, les premières grappes. Non pas la plus belle, non pas la dernière avant d’oublier…. Nous comprenons combien ce geste initial détermine l’esprit dans lequel la récolte sera faite, savoir dans la reconnaissance à Dieu qui a fait prospérer la terre. C’est cela aussi la joie de l’Alliance, et l’expression de la connaissance que le croyant a de Celui qui l’a scellée.


 
La grâce n'est pas du laxisme - 15:22-36

La reconnaissance à Dieu, le rejet de tout sectarisme, la vie avec Dieu… Mais est-il attendu la perfection dans la vie d’un homme ? Serait-ce ce que le Seigneur Dieu attend ? Poser la question, c’est y répondre. Les erreurs parsèment la vie de tous, et il est dans le projet divin de manifester sa grâce, sa miséricorde qui n’a pas de limite. Ainsi les Israélites de naissance comme les étrangers vivant parmi eux sont enseignés de cette grâce qui rétablit le lien rompu par une erreur commise en chemin, qui assure la pérennité de l’Alliance. Recevoir cette réalité est un acte de foi. Et lorsqu’un faux pas survient, tant collectif qu’individuel, il se trouve une voie pour que le responsable ressente que le lien avec Dieu n’est pas rompu, que le chemin avec Dieu peut se poursuivre. Il nous paraît bien que cet enseignement du Livre du Lévitique (Lévitique 4 et 5) est repris ici, après notre récit les défaillances au désert, afin que celui qui lit et ceux écoutent le récit du désert puissent être pénétrés de la puissance de la grâce, fondement de l’Alliance.

22 Et lorsque vous aurez péché par erreur, et que vous n'aurez pas fait tous ces commandements que l'Éternel a dits à Moïse, 23 tout ce que l'Éternel vous a commandé par Moïse, depuis le jour que l'Éternel a donné ses commandements, et dans la suite en vos générations, 24 s'il arrive que la chose a été faite par erreur, loin des yeux de l'assemblée, alors toute l'assemblée offrira un jeune taureau en holocauste, en odeur agréable à l'Éternel, et son offrande de gâteau et sa libation, selon l'ordonnance, et un bouc en sacrifice pour le péché. 25 Et le sacrificateur fera propitiation pour toute l'assemblée des fils d'Israël, et il leur sera pardonné, car c'est une chose arrivée par erreur, et ils ont amené devant l'Éternel leur offrande, un sacrifice par feu à l'Éternel, et le sacrifice pour leur péché, à cause de leur erreur. 26 Et il sera pardonné à toute l'assemblée des fils d'Israël et à l'étranger qui séjourne parmi eux, car cela est arrivé à tout le peuple par erreur.
 
27 Et si une âme pèche par erreur, elle présentera une chèvre âgée d'un an pour sacrifice pour le péché. 28 Et le sacrificateur fera propitiation pour l'âme qui aura péché par erreur, quand elle aura péché par erreur devant l'Éternel, afin de faire propitiation pour elle, et il lui sera pardonné. 29 Il y aura une même loi pour vous quant à celui qui a agi par erreur, tant pour celui qui est né dans le pays parmi les fils d'Israël, que pour l'étranger qui séjourne au milieu d'eux.

Autre est l’outrage à Dieu, une action sciemment en opposition à la pensée de Dieu. C’est ici du mépris du l’Alliance qu’il est question. Celui qui s’engage sur ce chemin se met lui-même en marge de la nation – et le texte nous dit qu’un tel homme sera "retranché", donc mis dehors, voire "mis à mort"

30 Mais l'âme qui aura péché par fierté, tant l'Israélite de naissance que l'étranger, elle a outragé l'Éternel : cette âme sera retranchée du milieu de son peuple, 31 car elle a méprisé la parole de l'Éternel, et elle a enfreint son commandement : cette âme sera certainement retranchée ; son iniquité est sur elle.

Si la loi paraît dure, nous devons considérer ce qu’un rejet de l’Alliance signifie. La nation attachée à l’Alliance peut-elle laisser entendre que cela est sans importance ? Pourrait-elle faire que celui que se met en marge soit considéré comme ne s’y trouvant pas ? Il n’y aurait pas de vérité. Et si nous lisons qu’il y a peine de mort dans les situations les plus graves, nous pouvons comprendre que l’esprit de rébellion contre le Créateur, manifesté par quelqu’un qui a goûté ses bienfaits et la grâce de l’Alliance, montre qu’il repousse Celui qui apporte la vie. "Car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, et qui ont goûté du don céleste, et qui sont devenus participants de l'Esprit Saint, et qui ont goûté la bonne parole de Dieu et les miracles du siècle à venir, et qui sont tombés, soient renouvelés encore à la repentance, crucifiant pour eux-mêmes le Fils de Dieu et l'exposant à l'opprobre." (Hébreux 6:4-6).
 
Vient une situation apportée ici en exemple. La faute paraîtra mineure, mais nous comprenons l’insensibilité de l’homme à l’Alliance, l’indifférence à la Parole de Dieu, le mépris et, pour finir, en réalité un outrage à Dieu.

32 Et comme les fils d'Israël étaient au désert, ils trouvèrent un homme qui ramassait du bois le jour du shabbat. 33 Et ceux qui le trouvèrent ramassant du bois, l'amenèrent à Moïse et à Aaron, et à toute l'assemblée. 34 Et on le mit sous garde, car ce qu'on devait lui faire n'avait pas été clairement indiqué. 35 Et l'Éternel dit à Moïse : L'homme sera mis à mort ; que toute l'assemblée le lapide avec des pierres hors du camp. 36 Et toute l'assemblée le mena hors du camp, et ils le lapidèrent avec des pierres, et il mourut, comme l'Éternel l'avait commandé à Moïse.

Comprenons ce qu’apporterait le laxisme à propos d’un tel comportement ! Les juges en Israël laisseraient alors entendre qu’une telle indifférence à la Parole de Dieu serait vraiment sans gravité… L’acte est en soi mineur, un peu de bois récolté le jour du shabbat, mais ce qu’il signifierait serait d’une grande importance. Vu sous cet angle, nous comprenons qu’un tel récit soit ici inséré.
 
Cela ne signifie pas de notre part une approbation de la peine de mort dans nos tribunaux civils aujourd’hui, car nous devons considérer les risques d’erreurs judiciaires.


 
"Consacrés à Dieu" - 15:37-41

Ne pas oublier l’appel, ne pas négliger le bonheur de l’Alliance ! Voici la conclusion de ce récit où des Israélites ont agi de telle façon qu’ils n’entreront pas au pays promis… Et c’est bien la situation de tant de personnes qui fréquentent des églises ou autres rassemblements de croyants tout en paraissant ne pas adhérer vraiment à la réalité qu’ils côtoient. Non pas pour qu’ils soient jugés ou condamnés, tout au contraire, mais pour qu’une attention fraternelle soit manifestée : "Prenez garde, frères, qu'il n'y ait en quelqu'un de vous un méchant cœur d'incrédulité, en ce qu'il abandonne le Dieu vivant" (Hébreux 3:12).
 
Aussi des moyens de rappels sont suggérés, ici un cordon de bleu, symbole du ciel, et donc de l’Alliance…

37 Et l'Éternel parla à Moïse, disant : 37 Parle aux fils d'Israël, et dis-leur qu'ils se fassent, en leurs générations, une houppe aux coins de leurs vêtements, et qu'ils mettent à la houppe du coin un cordon de bleu. 39 Elle sera pour vous une houppe ; la voyant, il vous souviendra de tous les commandements de l'Éternel, afin que vous les fassiez, et que vous ne recherchiez pas les pensées de votre cœur, ni les désirs de vos yeux, après lesquels vous vous prostituez ; 40 afin que vous vous souveniez de tous mes commandements, et que vous les fassiez, et que vous soyez saints, consacrés à votre Dieu. 41 Moi, je suis l'Éternel, votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d'Égypte pour être votre Dieu. Moi, je suis l'Éternel, votre Dieu.

Un rappel pour que le croyant soit gardé de "ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, et la convoitise des yeux, et l'orgueil de la vie" (1 Jean 2:16). Et le texte ajoute : "Que vous vous souveniez… que vous soyez consacrés à votre Dieu !" (15:39-40). C’est le bonheur du peuple déjà délivré de la puissance du pharaon qui est ici revendiqué ! Car s’il se trouve dans la Loi des règles qui paraissent restreindre la liberté de l’homme, telle n’est pas l’intention, car il s’agit de garde-fous, de lignes guides pour une vie heureuse, pour que le croyant "saisissent ce qui est vraiment la vie." (1 Timothée 6:19)… Et qu’il y ait ainsi un peuple heureux, consacré à Dieu et témoin de sa grâce.
 
Cette quête de fidélité sera au cœur des pensées de Pierre à la fin de sa course terrestre : "C'est pourquoi, frères, étudiez-vous d'autant plus à affermir votre appel et votre élection, car en faisant ces choses vous ne faillirez jamais ; car ainsi l'entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ vous sera richement donnée." (2 Pierre 1:10-11).
 
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Ce récit nous a montré le peuple marqué par le témoignage des observateurs montés jusqu’à Hébron, berceau de leur propre nation, lieu de vie des patriarches. Et il s’en suivit un séjour prolongé au désert. Mais nous y avons vu Josué et Caleb tenter de fortifier la foi des Israélites dans la Parole de Dieu, mais en vain.
 
Comment vivre cette situation ? Le récit nous montrera Josué et Caleb toujours forts dans leur foi le jour où ils entreront au pays promis. Tout au long du cheminement au désert, ils auront vécu le bonheur de la foi, de la confiance en Dieu. Une réalité ? Surtout un modèle dont nous pouvons jouir comme l’écrivent les écrivains du Nouveau Testament.
 
Paul, d’abord, s’adressant aux Ephésiens, leur parle de leur propre vécu, non d’un avenir : "Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes, dans le Christ. En lui, il nous a choisis avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et sans défaut devant lui, dans l’amour, nous ayant destinés d’avance à l'adoption filiale pour lui, par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté, à la louange de la gloire de sa grâce, dont il nous a comblés en son bien- aimé. En lui, nous avons la rédemption par son sang, le pardon des fautes selon la richesse de sa grâce, qu'il nous a octroyée abondamment, en toute sagesse et intelligence." (Ephésiens 1:3-6).
 
L’auteur de la lettre aux Hébreux nous fait entrer dans cette sphère des réalités spirituelles, il écrit notamment : "vous êtes venus à la montagne de Sion ; et à la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste…" (Hébreux 12:22). Et Jean nous décrit cette réalité actuelle connue des croyants, et qui sera au centre de la nouvelle création (Apocalypse 21:10). Nous y lisons, entre autres figures : "… un fleuve d'eau vive, éclatant comme du cristal, sortant du trône de Dieu et de l'Agneau. Au milieu de sa rue, et du fleuve, de çà et de là, était l'arbre de vie, portant douze fruits, rendant son fruit chaque mois ; et les feuilles de l'arbre sont pour la guérison des nations." (Apocalypse 22:1-2).
 
Dans la figure de Josué et Caleb marchant dans le désert sans impatience, ayant à l’esprit la beauté du pays promis, nous voyons le croyant jouissant aujourd’hui des bénédictions célestes dont parlèrent les apôtres.


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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