23/02/2011

Zacharie 1:1 Le prophète Zacharie


 

Livre des "Petits Prophètes"
Le Prophète Zacharie

Ils regarderont vers moi, celui qu’ils auront percé...
Zacharie 12:10


Quelque cinquante mille Judéens sont remontés de Babylone, emportant les ustensiles du temple ravis lors de l’exil par Nabuchodonosor et restitués par Cyrus-le-Grand. Ils saisirent ainsi l’opportunité donnée par l’édit de Cyrus leur permettant de rentrer en leur pays et y reconstruire le temple de Jérusalem (Esdras 1:3,7). Et ils avaient au cœur un solide bagage spirituel, à savoir la Loi et les Prophètes, et en particulier les paroles entendues à Babylone par les hommes de Dieu dont les paroles sont consignées en fin du Livre d’Ésaïe (Ésaïe 40 à 66). Une voix, en particulier, s’éleva disant "Dans le désert, préparez le chemin de l'Éternel, aplanissez dans le lieu stérile une route pour notre Dieu", et qui lança cet appel sans équivoque : "Sortez de Babylone, fuyez du milieu des Chaldéens avec des chants de joie !" (Ésaïe 40:3, 48:20).
 
A Jérusalem, la ville ravagée où tout était à reconstruire, les fondements du temple furent posés dès l’arrivée des Judéens venant de Babylone ; mais le travail s’était arrêté très rapidement et voilà, plus de dix ans se sont passées, les Judéens s’étant découragés. A l’instigation du prophète Aggée auquel se joint Zacharie, le travail a maintenant repris. Les Judéens ont cessé de se demander si c’était le temps de rebâtir le temple (Aggée 1:4), et se sont mis résolument à l’ouvrage. Zacharie agit alors de concert avec Aggée et poursuit le travail spirituel en instruisant les fidèles quant au sens de leur travail de reconstruction et quant à la restauration d’Israël. Le prophète est manifestement marqué par l’enseignement de ceux qui l’ont précédé, et en particulier les prophètes de l’exil (Ezéchiel, Ésaïe 40 à 66). Zacharie confirme la parole d’Aggée touchant l’importance de leur travail, un maillon essentiel dans l’accomplissement du plan de Dieu ; il leur donne des perspectives en annonçant la gloire future du Temple, si modeste soit son apparence à ce jour…
 
"On frappe le juge d’Israël sur la joue" (Michée 4:14) ; cette parole annonçant déjà le rejet du Messie, ce que nous pouvons lire également dans les Psaumes, trouve un écho de plus en plus précis à Babylone où l’attente de la grâce sera de plus en plus vive, car l’alliance a été rompue. C’est ainsi que se pose la question de la "nouvelle alliance", un lien non plus établi "avec" le peuple, mais "pour" le peuple, ainsi que nous lisons : "Je me souviendrai de mon alliance avec toi dans les jours de ta jeunesse, et j'établirai pour toi une alliance éternelle." (Ézéchiel 16:60). C’est donc en termes de "rédemption" qu’il sera parlé de l’alliance avec les Judéens avant qu’ils ne se mettent en route pour rebâtir le temple : "Certainement, lui, a porté nos langueurs, et s'est chargé de nos douleurs ; et nous, nous l'avons estimé battu, frappé de Dieu, et affligé ;mais il a été blessé pour nos transgressions, il a été meurtri pour nos iniquités ; le châtiment de notre paix a été sur lui, et par ses meurtrissures nous sommes guéris." (Ésaïe 53:4-5). Et dans la suite des prophètes, Zacharie est conduit à parler de l’alliance, de sa rupture, les houlettes Beauté et Liens qui ont été brisées, pour en venir au sens profond du travail de restauration dans lequel ces bâtisseurs du second temple sont engagés. Il doit parler d’un avenir tragique, faisant état lui aussi des souffrances Messie, de son rejet, mais aussi de la victoire de l’amour et du jour de paix qui sera pour l’humanité tout entière.
 
Nous trouvons en ces paroles de Zacharie un livre d’exhortations. Celles-ci sont soutenues par des "visions", des visions où, comme dans bien des textes apocalyptiques, le "voyant" est interpellé par l’ange qui paraît dans le tableau, et qui lui-même interpelle pour demander une explication à cet ange ou à une figure du tableau lui-même. De telles visions ne viennent pas par hasard. C’est un homme de Dieu plongé dans des questionnements essentiels pour lui, un croyant qui a soif de comprendre l’avenir proche ou lointain de son peuple, un homme qui désire aller plus loin dans la compréhension de la pensée de Dieu et communiquer à ses frères le sens du travail à accomplir. Et, dans le cas de Zacharie, comment entre dans le plan rédempteur cette reconstruction du temple. Sa réédification est un "signe" de l’accomplissement du plan divin de conduire les hommes, par la venue de la lumière (Genèse 1:3, Zacharie 14:7) à une ère de repos et de paix (Genèse 2:3, Sophonie 3:17).

 

 
INTRODUCTION
Zacharie 1:1-6

Le travail au temple vient de reprendre, il y a de la joie pour les Judéens sortis de leurs maisons lambrissées et de leur découragement (Esdras 4:4, Agée 1:4). Mais l’homme est-il changé ? Ce réveil, ce mouvement d’ensemble pourrait-il fortifier ces hommes dans la durée sans une réelle réflexion personnelle ? Quel avenir pour eux ? Alors le prophète Zacharie rappelle les temps passés pour leur faire entendre ce qu’est un réel "retour à l’Éternel", à savoir une profonde réflexion personnelle dont il résulte un engagement de vie, une "nouvelle vie".

1  1 Au huitième mois, en la seconde année de Darius, la parole de l’Éternel vint à Zacharie le prophète, fils de Bérékia, fils d’Iddo, disant :
 
2 L’Éternel a été fort en courroux contre vos pères. 3 Et tu leur diras : Ainsi dit l’Éternel des armées : Revenez à moi, dit l’Éternel des armées, et je reviendrai à vous, dit l’Éternel des armées. 4 Ne soyez pas comme vos pères, auxquels les premiers prophètes ont crié, disant : Ainsi dit l’Éternel des armées : Revenez donc de vos mauvaises voies et de vos mauvaises actions !… mais ils n’écoutèrent pas, et ne firent pas attention à moi, dit l’Éternel. 5 Vos pères, où sont-ils ? Et les prophètes, vivent-ils à jamais ? 6 Pourtant mes paroles et mes décrets que j’avais commandés à mes serviteurs les prophètes, n’ont-ils pas atteint vos pères ? Ils sont revenus et ils ont dit : l’Éternel des armées nous a traités comme il avait décidé de le faire, selon nos voies et selon nos agissements.

Revenez à moi… Ne soyez pas comme vos pères… Zacharie les met en garde, car tout mouvement collectif peut s’essouffler s’il n’y a pas en chacun un profond attachement à l’Éternel. Il en est ainsi de tous les temps de réveil. Pensons à ce que les prophètes, notamment Sophonie et Jérémie, durent dire au peuple aux jours du roi Josias lorsque le temple fut rouvert, les avertissant comme le fait en ce jour Zacharie (Sophonie 2:1-3, Jérémie 7:4).
 
Les Judéens sont appelés à réfléchir, chacun pour soi-même ; alors le prophète lance des questions : "Où sont vos pères ? Et où sont les prophètes ?" Mais, ajoute-t-il, si ces derniers aussi ont disparus, les paroles qu’ils ont prononcées ont été accomplies… Cela, les pères ont dû le reconnaître ! Voici des paroles qui sont propres à faire réfléchir, et amener une prise de conscience de la voie à suivre, l’adhésion au grand projet de l’Éternel des Armées.


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Zacharie 1:7 L'homme parmi les myrthes


 

LES VISIONS
Zacharie 1:7-6:15

Deux mois plus tard, cinq mois après que le travail au temple ait repris, le prophète communique des visions touchant l’avenir d’Israël. Il poursuit. Plus exactement, le Seigneur poursuit par le moyen de son prophète le travail de restauration des âmes. Zacharie venait de mettre en garde les Judéens contre le fait qu’un travail collectif qui ne pourrait se poursuivre si les cœurs et les consciences n’étaient engagés ; comment pourraient-ils compter les uns sur les autres si le découragement les surprenait ? Il leur fallait un solide mobile à leur travail, un mobile personnel ; et ce motif puissant viendra de la conscience d’être entré dans un plan qui les dépasse, le plan de Dieu. Huit tableaux sont présentés, lesquels nous pouvons considérer en trois visions successives :
La première concerne la bénédiction à venir, ayant Jérusalem pour centre. Trois tableaux illustrent successivement la vue de l’Éternel sur le cours ce monde, les puissances temporelles qui trouveront une fin, et Jérusalem, enfin, au cœur de la bénédiction des nations.
Zacharie expose ensuite ce que sont les signes de la bénédiction à venir en son propre temps, à savoir le fait de la reconstruction du temple sous la conduite de Joshua et Zorobabel.
Viennent ensuite des tableaux de l’accomplissement du plan de Dieu pour l’humanité, des tableaux conduisant à la fin des temps.

 

 
PREMIERE VISION : LA BENEDICTION A VENIR
1:7-2:13

Un homme qui marche devant un tapis de myrtes, des chars et des chevaux ; et puis quatre cornes qui paraissent en puissance, pour arriver à la ville de Jérusalem, non pas une ville fortifiée mais large, ouverte, accessible et libérée de toute crainte… La bénédiction ! Un tableau extraordinaire pour ces Judéens qui travaillaient au temple au cœur des ruines de la ville.

 
1er tableau : L’homme parmi les myrtes - 1:7-17

Le premier tableau atteste que l’Éternel, apparemment absent de la scène de ce monde, "voit" ce qui s’y produit et agira selon sa pensée.

7 Le vingt-quatrième jour du onzième mois, le mois de Shebath, en la seconde année de Darius, la parole de l’Éternel vint à Zacharie le prophète, fils de Bérékia, fils d’Iddo : 8 Voici ce que je vis pendant la nuit ; un homme monté sur un cheval roux se tenait parmi les myrtes qui étaient dans le fond ; il y avait derrière lui des chevaux roux, bais et blancs.

Le tableau est brossé : un homme sur un cheval roux dans un champ de myrtes, au fond, derrière ce cavalier, d’autres chevaux, roux, bais et blancs.
Les myrtes sont relativement communes en terre d’Israël, et les Israélites en prenaient pour la confection des cabanes où ils demeuraient pendant la fête de Succot, les Tabernacles (Néhémie 8:15). Il semble que le choix de cette plante soit assez récent dans l’histoire des Judéens, datant peut-être même du retour de l’exil. Le livre d’Ésaïe, dans ses pages de la fin de l’exil, évoque le myrte comme symbole de la renaissance du peuple (Ésaïe 41:19 et 55:13). Renaissance ! En effet, si la fête de Succot évoque la traversée du désert, elle appartient à ces "fêtes du septième mois", les fêtes du commencement de l’année civile, évocation de la promesse de renouveau d’Israël (Lévitique 23:23-43).
Ceci donne la perspective dans laquelle il faut considérer le tableau ; en perspective, l’image du renouveau de toute la nation d’Israël, mais devant ce tableau se trouvent des chevaux, et plus avant encore le cavalier montant le cheval roux, cette couleur imprimant l’idée de combats. Nous retrouvons plus loin dans notre livre des chevaux bais (6:3), la couleur la plus commune pour les chevaux. Et là, nous lisons que ce sont "les quatre esprits des cieux qui sortent de là où ils se tenaient devant le Seigneur de toute la terre" (6:5), le regard de Dieu étant posé sur les hommes (9:1). Ainsi, des épreuves sont en vue, l’attention de Dieu est commune, et au bout de l’aventure humaine, l’accomplissement du règne de paix, les chevaux blancs de la victoire.
Les chevaux. Nous retrouvons des chevaux de diverses couleurs au livre de l’Apocalypse, accompagnés aussi de chevaux noirs et d’autres de couleur livide. Le cheval roux de l’Apocalypse ôte la paix de la terre (Apoc.6:4), et c’est bien le thème que nous trouvons dans la vision de Zacharie : une paix injuste sur la terre, alors que Juda et Jérusalem sont dévastés ; cette réalité se retrouve tout au long de notre livre, jusqu’en sa dernière page. Dans l’Apocalypse, l’ange de l’Éternel monte un cheval blanc, couleur de victoire (Apoc.6:2, 19:11) ; mais aux jours de Zacharie, le temps n’était pas encore d’instituer "le royaume du monde de notre Seigneur et de son Christ" (Apoc.11:15).
Les intervenants dans cette vision sont le prophète lui-même, l’ange qui lui parle et l’homme montant le cheval roux, lequel est de fait "l’ange de l’Éternel", et enfin l’Éternel lui-même. Le prophète questionne, car il ne peut demeurer indifférent à la scène. En effet, les perspectives qui s’ouvrent à son peuple l’occupent tout entier, alors que ces quelques Judéens sont occupés à une œuvre qui doit les dépasser.

9 Et je dis : Que sont ceux-ci, mon seigneur ? Et l’ange qui parlait avec moi me dit : Je te ferai voir ce que sont ceux-ci. 10 Et l’homme qui se tenait parmi les myrtes répondit et dit : Ce sont ceux que l’Éternel a envoyés pour se promener par la terre. 11 Et ils répondirent à l’ange de l’Éternel qui se tenait parmi les myrtes, et dirent : Nous nous sommes promenés par la terre, et voici, toute la terre est en repos et tranquille. 12 Et l’ange de l’Éternel prit la parole et dit : Éternel des armées, jusques à quand n’useras-tu pas de miséricorde envers Jérusalem, et envers les villes de Juda, contre lesquelles tu as été indigné ces soixante-dix ans ?

Les myrtes sont dans le lointain, certes, mais "l’ange de l’Éternel" est à l’œuvre pour considérer ce qui se passe sur la terre. Les prophètes ont rendu compte de cette réalité, car ils devaient répondre à l’angoisse de ceux qui souffraient sans pouvoir constater d’action divine pour les délivrer. Le prophète atteste que l’Éternel "voit" ce qui a lieu sur la terre, au sein du peuple (Jérémie 3:6-8), comme parmi les nations (Aggée, Nahum…). Tel est d’ailleurs l’enseignement donné dès les premières pages de la Bible (Genèse 1:2, 3:8, 4:3-7…).
 
Toute la terre a été visitée, et constat est fait que la terre est en paix, tranquille, alors que l’iniquité y prévaut ; une situation inacceptable pour l’ange de l’Eternel. En particulier, dans le contexte du livre de Zacharie, la terre jouit d’une certaine manière de paix et de tranquillité, alors que Juda et Jérusalem sont dans la désolation, et cela depuis soixante-dix années.
Cinquante-cinq de la destruction du temple à la sortie de Babylone, et encore une quinzaine d’années jusqu’à ce que la parole vienne à Aggée et Zacharie.
Alors monte une demande à l’Éternel par la bouche de son Envoyé. L’Éternel répond, non pas à l’Envoyé, sur le cheval roux, mais à l’ange qui s’adressait à Zacharie ; et ce sont des paroles de consolation. Et quelle consolation ! L’ange donne le sens de cette vision et dit à Zacharie ce qu’il doit faire, à savoir clamer haut et fort l’amour du Seigneur à tous les Judéens qui l’entouraient.
L’ange de l’Éternel se rencontre dès les premières pages de la Bible, dans l’histoire des patriarches (Genèse 16:7, 22 :1…) ; pouvant revêtir des formes ou apparences différentes, il est dans tous les cas l’explicitation des relations que Dieu veut avoir avec l’homme. "Ange", en hébreu "Malakh", signifie "Messager". Tout "ange" est donc un porteur de message. Lorsque nous rencontrons "Ange de l’Éternel", nous sommes toutefois devant une apparition exceptionnelle, car nous pouvons lire en certains passages qu’un Ange apparaît, tandis que se poursuit un dialogue entre un homme et l’Éternel lui-même, comme nous le voyons lors de la visite de trois anges à Abraham (Genèse 18). L’Ange de l’Éternel est donc une forme d’apparition de l’Éternel lui-même, sous forme d’un porte-parole de Dieu, Celui que nul ne peut voir. "Au commencement était la Parole ; et la Parole était auprès de Dieu ; et la Parole était Dieu" (Jean 1:1). 

13 Et l’Éternel répondit à l’ange qui parlait avec moi, de bonnes paroles, des paroles de consolation. 14 Et l’ange qui parlait avec moi me dit : Crie, disant : Ainsi dit l’Éternel des armées : Je suis jaloux d’une grande jalousie à l’égard de Jérusalem et à l’égard de Sion ; 15 et je suis courroucé d’un grand courroux contre les nations qui sont à leur aise ; car j’étais un peu courroucé, et elles ont aidé au mal. 16 C’est pourquoi, ainsi dit l’Éternel : Je suis revenu à Jérusalem avec miséricorde ; ma maison y sera bâtie, dit l’Éternel des armées, et la canne à mesurer sera étendu sur Jérusalem. 17 Crie encore, disant : Ainsi dit l’Éternel des armées : Mes villes regorgeront encore de biens, et l’Éternel consolera encore Sion, et choisira encore Jérusalem.

Les Judéens, qui se demandaient jusqu’il y a quelques mois si c’était bien le temps de bâtir le temple, doivent entendre que ce ne sont pas eux seulement qui sont remontés de Babylone, c’est l’Éternel lui-même qui est revenu à Jérusalem. Souvenons-nous de cette vision d’Ézéchiel à Babylone peu avant que le temple ne soit détruit ; il "vit" la gloire quitter le temple comme à regret  (Ézéchiel 9:3, 10:4,18, 11:22-23) ; si la gloire ne paraîtra pas dans ce temple en reconstruction, celui-ci en est l’annonce, ce dont Ézéchiel a rendu témoignage en parlant du règne du Messie (Ezéch.43:2-4).
 
Jérusalem dévastée est une souffrance pour les Judéens attachés à leur nation, mais Zacharie les nourrit de cet avenir annoncé, à savoir la reconstruction de la ville et sa prospérité à venir ; une perspective qui va au-delà de la reconstruction qui sera entamée en 455 avec l’appui de Néhémie ; le prophète voit ici les temps de la fin. Toutefois, pour les Judéens auxquels il doit communiquer la parole de Dieu, il s’agit d’un réel encouragement, car ils entendent que l’Éternel est fidèle à ses promesses.


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Zacharie 1:18 Les quatre cornes


 

2e tableau : Les quatre cornes – 1:18-21

La vision se poursuit par un nouveau tableau. Non plus des chevaux, ni un tapis de myrtes. L’esprit du prophète est conduit vers l’accomplissement du plan divin duquel il vient d’être parlé. Il lève les yeux et voit des "cornes".

18 Et je levai mes yeux et je vis quatre cornes. 19 Et je dis à l’ange qui parlait avec moi : Que sont celles-ci ? Et il me dit : Ce sont ici les cornes qui ont dispersé Juda, Israël et Jérusalem. 20 Et l’Éternel me fit voir quatre ouvriers. 21 Et je dis : Que viennent faire ceux-ci ? Et il parla, disant : Ce sont là les cornes qui ont dispersé Juda, de manière que personne ne levait la tête ; mais ceux-ci sont venus pour les effrayer, pour jeter loin les cornes des nations qui ont levé la corne contre le pays de Juda pour le disperser.

Les cornes, les puissants qui ont dispersé Juda, Israël et Jérusalem, ce sont les grandes puissances, à commencer par l’Assyrie et Babylone.
Les cornes, dans le contexte apocalyptique, représentent toujours des puissances. Généralement des puissances temporelles, telles les grands empires du monde (Daniel 7 et 8, Apoc.12:3, 13:1,11, 17).
Certes, Dieu s’en servit pour abaisser une nation rebelle qui avait rompu l’alliance, mais les ambitions de ces puissances n’étaient que conquête de nouveaux territoires et domination sur le monde pour en extorquer les richesses. Leurs armées étaient cruelles et iniques. Nous voyons ici quatre cornes, car la parole dépasse la vision d’ennemis particuliers pour embrasser la situation de l’ensemble de la nation, selon que nous pouvons lire : "Et il élèvera un étendard devant les nations, et rassemblera les exilés d'Israël, et réunira les dispersés de Juda des quatre bouts de la terre" (Ésaïe 11:12).
 
Quatre ouvriers aussi puissants que mystérieux, interviendront pour abattre ces pouvoirs temporels qui tiennent Juda, Israël et Jérusalem dans la dispersion.
Les ouvriers, dans l’Apocalypse seront présentés comme des anges : « Et après cela, je vis quatre anges debout aux quatre coins de la terre, retenant les quatre vents de la terre, afin qu'aucun vent ne soufflât sur la terre, ni sur la mer, ni sur aucun arbre. Et je vis un autre ange montant de l'orient, ayant le sceau du Dieu vivant ; et il cria à haute voix aux quatre anges, auxquels il avait été donné de nuire à la terre et à la mer, disant : Ne nuisez pas à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, jusqu'à ce que nous ayons scellé au front les esclaves de notre Dieu » (Apocalypse 7:3).
Des agents de Dieu pour détruire les puissances iniques ! L’intention de Dieu serait-elle punitive et destructrice ? Jamais, cela n’est pas possible, car le propos divin est la bénédiction, et pour qu’elle intervienne, il faut que les hommes qui entravent ce dessein se détournent de leurs mauvaises œuvres, ce que le psalmiste a traduit en ces termes : "L'Éternel a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que je mette tes ennemis pour le marchepied de tes pieds." (Psaume 110:1). Le "marchepied" exprimant non l’écrasement, mais le lien heureux établi entre le seigneur et ses sujets (1 Chr.28:2).


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Zacharie 2:1 Jérusalem, ville ouverte


 

3e tableau : Jérusalem, ville ouverte - 2:1-13

Abordant ce tableau ayant Jérusalem pour centre, souvenons-vous qu’au temps de la vision de Zacharie, il ne se trouve en cette ville en ruine qu’un très modeste contingent de Judéens. La gloire de l’Éternel, celle que les Judéens ne verront pas eux-mêmes, cette gloire reviendra au cœur de la ville. Ézéchiel, déjà en exil avant la destruction de Jérusalem avait eu cette vue bien triste de la gloire quittant le temple et la ville (Ézéchiel 8 à 11). Mais quelques années plus tard, bien après la destruction, il eût la vision du retour de la gloire : "Et la gloire de l'Éternel entra dans la maison par le chemin de la porte qui regardait vers l'orient" (Ézéchiel 43:4). L’Éternel est fidèle à ses promesses. Le prophète de l’exil présenté en de longues pages la restauration du peuple, et sa félicité qui dépassera largement toute attente. Zacharie connaît assurément cette parole du devancier, et il lui est donné une vision de Jérusalem restaurée.

2  1 Et je levai les yeux, et je vis un homme, et dans sa main un cordeau à mesurer. 2 Et je dis : où vas-tu ? Et il me dit : Je vais pour mesurer Jérusalem, pour voir quelle est sa largeur et quelle est sa longueur. 3 Et voici, l’ange qui parlait avec moi sortit, et un autre ange sortit à sa rencontre, et lui dit : Cours, parle à ce jeune homme, disant : 4 Jérusalem sera habitée comme les villes ouvertes, à cause de la multitude des hommes et du bétail qui seront au milieu d’elle.

Il y a du monde dans ce tableau : le prophète, un homme qui passe avec un cordeau d’arpenteur – non pas la canne à mesurer des charpentiers (1:16) – l’ange qui explique à Zacharie la vision et un autre encore. Et le prophète entend la parole qu’un ange dit à l’autre : "Cours, parle à ce jeune homme…" L’homme au cordeau d’arpenteur est arrêté sur le champ car son travail est inutile et ne répond pas au plan de Dieu. En effet, Jérusalem ne sera pas limitée, elle n’aura pas de mur d’enceinte, ce sera une ville ouverte ! Et quelle en sera la protection, demandera-t-on ? L’Éternel lui-même.
Peut-être pensera-t-on qu’il se trouve une contradiction : les ennemis anéantis et un besoin de protection… Mais il ne faut pas se fixer sur les tableaux, les images ; telle n’est pas la manière de lire les visions apocalyptiques. Les images ne sont là que pour illustrer un enseignement moral utile à celui qui les lit. Et ici, les Judéens auxquels devait s’adresser Zacharie devaient être persuadés au plus profond d’eux-mêmes que l’Éternel est Celui qui les protège et fera tout pour conduire son propos à bonne fin.
Ainsi vient une parole de l’Éternel, comme prononcée par lui-même, et un appel vibrant à revenir des lieux de l’exil vers la ville qui sera rebâtie et dont le rétablissement dépassera infiniment la grandeur passé.

5 Et moi, je lui serai, dit l’Éternel, une muraille de feu tout autour, et je serai sa gloire au milieu d’elle. 6 Holà ! Holà ! Fuyez du pays du nord, dit l’Éternel, puisque je vous ai dispersés aux quatre vents des cieux, dit l’Éternel. 7 Holà ! Échappe-toi, Sion, toi qui habites chez la fille de Babylone !

"Echappe-toi, Sion, toi qui habites chez la fille de Babylone !" Ce n’est pas sans raison que les Israélites réveillés à la réalité des promesses de Dieu sont appelés "Sion". S’ils se trouvent en une terre étrangère, l’Éternel les voit jouissant de la bénédiction ultime, à Sion, la ville de David. Ils sont ainsi appelés à saisir l’espérance proposée et à se rendre en son lieu, à Sion, à Jérusalem. "Sion sera rachetée par le jugement, et les siens qui reviennent, par la justice" (Ésaïe 1:24-27).
Ceux qui habiteront Sion seront rassemblés à la fin, ce que reprend la vision de l’Apocalypse citée plus haut, lorsque nous y voyons les cent quarante-quatre mille scellés des douze tribus d’Israël, vus immédiatement pas la suite « devant le trône de Dieu » (Apoc.7:15-17).
L’autre ange, celui qui arrêta le jeune homme avec son cordeau d’arpenteur (2:3) reprend la parole disant qu’il a été envoyé pour intervenir parmi les nations qui ont détruit Israël. Et il a été envoyé "après la gloire", dès que la gloire a été ôtée de Jérusalem (Ézéchiel 7 à 11), parce que le peuple choisi par l’Éternel lui est si cher (Deut.32:10, Psaume 17:8).

8 Car ainsi parle l’Éternel des armées : Après la gloire, il m’a envoyé vers les nations qui ont fait de vous leur proie, car celui qui vous touche, touche la prunelle de son œil. 9 Car voici, je secoue ma main sur elles, et elles deviendront la proie de leurs serviteurs ; ainsi vous saurez que l’Éternel des armées m’a envoyé.

Dès le retrait de la gloire, l’ange "a été envoyé", et maintenant "il secoue sa main" et bientôt "ils seront eux-mêmes des proies" et les Israélites sauront… Ils sauront ! Cet avenir est écrit et sera accompli. Aussi, une parole d’exhortation est prononcée avec force :

10 Exulte, et réjouis-toi, fille de Sion ! car voici, je viens et je demeurerai au milieu de toi, dit l’Éternel. 11 Et beaucoup de nations se joindront à l’Éternel en ce jour-là, et elles me seront pour peuple, et je demeurerai au milieu de toi ; et tu sauras que l’Éternel des armées m’a envoyé à toi.
 
12 L’Éternel s’attribuera Juda comme son patrimoine, sa part sur la terre sainte ; il portera encore son choix sur Jérusalem. 13 Silence devant l’Éternel, vous tous ! Car il s’éveille et sort de sa demeure sainte.

Ainsi les Judéens autour de Zacharie, sentant leur faiblesse, juste sortis d’une période de découragement et qui pouvaient se poser cette question lancinante du "silence de Dieu" peuvent entendre des paroles fortes. Le silence de Dieu fait parler aujourd’hui comme alors, et d’aucuns s’avancent à dire que Dieu est mort… Mais la parole des prophètes prend en considération cette difficulté en affirmant que le Seigneur veille, qu’il constate ce qui se passe sur la terre (Psaume 11:4, Michée 1:2). Et que s’il est aujourd’hui en "sa demeure sainte" (Ésaïe 63:5), un jour tout viendra en lumière et son intervention sera manifeste, ce que le prophète évoque sous cette conclusion : "Il s’éveille et sort de sa demeure sainte" (2:13, Jérémie 31:23). Le sage garde le silence et attend, suivant la parole des prophètes, comme Habacuc qui disait déjà, avant l’exil : "L'Éternel est dans le palais de sa sainteté : ... que toute la terre fasse silence devant lui !" (Habacuc 2:20).


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Zacharie 3:1 Joshua, témoin de la bénédiction


 

L’ONCTION DE L’ESPRIT
3:1-4:14

Joshua et à Zorobabel sont mises au travail, non sans avoir connu des années de découragement ; ils assument leur charge, dans la ligne des responsabilités autrefois confiées à leurs familles respectives, mais sans connaître, en aucune manière, l’aura perdu depuis la ruine et l’exil. Ces deux sont vus maintenant dans cette "vision" de Zacharie.
 
Ces deux hommes sont modestes. Ils vivent sans faste au milieu d’un petit reste de Juda, tout en étant investis d’une mission qui entre dans le plan divin. Se rendent-ils compte que leur désir de reconstruire le temple a une telle valeur aux yeux de Dieu ? Sans doute sont-ils pétris, dans leur âme, par les paroles du prophète qui parla à Babylone à la fin de l’exil (Ésaïe 40 à 66) et nourris par les paroles de tous les prophètes qui précédèrent…
 
La vision que reçut Zacharie ouvre les yeux, pour ces deux serviteurs et pour le peuple qui les entoure ; elle ouvre nos yeux aussi, car en tous temps Dieu agit par des hommes que leur foi engage à faire l’acquit de la charge qui leur est confiée (3:7).

 
4e tableau : Joshua, témoin de la bénédiction - 3:1-10

Le tableau présente une cour de justice présidée par "l’Ange de l’Éternel". Joshua est au banc des accusés, et le ministère public est présenté comme "l’accusateur".
"L’accusateur", souvent traduit "Satan", ou "Le satan". Le terme hébreu "le satan" désigne un adversaire, terme au demeurant rarement utilisé. Les occurrences du terme, au singulier, outre Zacharie 3:1 et 2, sont les suivantes :
• Nombre 22:22 et 32, il s’agit de l’Ange du Seigneur, adversaire de Balaam.
• 1 Sam.29:4, 2 Sam.19:22, 1 Rois 5:4, 11:14,23,25 et Ps.109:6 : des ennemis.
• 1 Chr.21:1 : ce passage est le seul ou le terme « le Satan » est utilisé dans le sens d’une puissance qui induit à mal faire ; mais le passage parallèle, et plus ancien, de 2 Sam.24:1, indique que la tentation de faire un dénombrement vient de l’Éternel lui-même, ce qui exclut l’idée d’un « être démoniaque » particulier.
• Job 1:6-12 et 2:1-7 utilisent le terme « le satan » dans le même sens que dans notre passage de Zacharie 3, à savoir l’accusateur public dans une cour de justice.
Avant qu’il ait fait quelque déclaration, l’accusateur public est immédiatement arrêté par l’Éternel lui-même, ou l’Ange de l’Éternel, les deux étant confondus, comme dans bien des passages de l’Ecriture (voir 1:12, note).

3  1 Et il me fit voir Joshua, le grand prêtre, debout devant l’Ange de l’Éternel, et l’accusateur debout à sa droite pour l’accuser. 1 Et l’Éternel dit à l’accusateur : Que l’Éternel te tance, accusateur, que l’Éternel, qui a choisi Jérusalem, te tance ! Celui-ci n’est-il pas un tison arraché du feu ? 1 Et Joshua était vêtu de vêtements sales, et se tenait devant l’Ange. 1 Et l’Ange prit la parole et parla à ceux qui se tenaient devant lui, disant : Ôtez de dessus lui les vêtements sales. Et il lui dit : Regarde, j’ai fait passer de dessus toi ton iniquité, et je te revêts d’habits de fête. 1 Et je dis : Qu’ils mettent une tiare pure sur sa tête ; et ils mirent la tiare pure sur sa tête, et le revêtirent de vêtements ; et l’Ange de l’Éternel se tenait là.

C’est une vision, mais elle est parlante pour le prophète. Y aurait-t-il un procès contre cet homme ? L’accusateur public aurait immédiatement la bouche fermée. Et se déploie alors toute la bonté de Dieu, et aussi ce grand fait que l’œuvre est accomplie par l’Éternel. Si Joshua, dans la vision, paraît vêtu de vêtements sales, il est revêtu d’habits de fête et une tiare pure est posée sur sa tête. Ainsi s’exprime la finalité de Dieu qui restaure son peuple selon son propos. "J’ai fait passer de dessus toi ton iniquité" dit l’Ange de l’Éternel.
 
Nous avons ici un écho à la parole du prophète, prononcées quelques vingt années plus tôt : "il a été meurtri pour nos iniquités ; le châtiment de notre paix a été sur lui, et par ses meurtrissures nous sommes guéris… l'Éternel a fait tomber sur lui l'iniquité de nous tous" (Ésaïe 53:5-6). Comment ne pas être frappés par cette conscience toujours plus aigüe de la miséricorde de Dieu et de la force de son plan rédempteur. Et remarquons que vient alors la question de la responsabilité ; non pas "en vue" de la bénédiction, mais "en raison" d’elle ; c’est en vertu du don gratuit de Dieu que Joshua est engagé dans un chemin de responsabilité.

6 Et l’Ange de l’Éternel protesta à Joshua, disant : 7 Ainsi dit l’Éternel des armées : Si tu suis mes voies, et si tu fais l’acquit de la charge que je te confie, alors tu gouverneras aussi ma maison, et tu auras aussi la garde de mes parvis, et je te donnerai de marcher au milieu de ceux-ci qui se tiennent devant moi. 8 Écoute, Joshua, grand prêtre, toi et tes compagnons qui sont assis devant toi, car ce sont des hommes qui servent de signes – voici, je ferai venir mon serviteur, le Germe.

Le moins que l’on puisse dire est que Joshua est établi pleinement dans sa place, dans sa mission. Après le climat décadent d’avant l’exil, et la cassure de l’exil, la sacrificature est pleinement établie et reconnue. Ce n’est pas une réminiscence seulement, un pâle reflet d’un passé plus glorieux, mais la renaissance pleine et entière d’un service. L’Éternel, dans cette vision du prophète, affirme que Joshua a sa place parmi ceux qui se tiennent devant Dieu, ses serviteurs.
 
Et son service, celui de Joshua, comme de ses compagnons, les prêtres remontés avec lui de Babylone, c’est d’être un "signe", un message visible de la pérennité des promesses de Dieu ; ils sont établis pour maintenir vivante la conscience de la venue du Serviteur, le Germe, celui qui surgira un jour pour rétablir la nation selon ce que nous lisons aux premières pages du Livre d’Ésaïe : "En ce jour-là, il y aura un germe de l'Éternel pour splendeur et pour gloire, et le fruit de la terre, pour magnificence et pour ornement, pour les réchappés d'Israël ; et le résidu en Sion, et le reste dans Jérusalem, sera appelé saint : quiconque sera écrit parmi les vivants dans Jérusalem" (Ésaïe 4:2-3, voir aussi Jérémie 23:5 et 33:15 ainsi que Zacharie 6:12).
 
La venue du Germe… Une pierre a été posée devant Joshua, un "signe" de l’Éternel en vue de cette venue.

9 Car voici la pierre que j’ai placée devant Joshua ; sur cette seule pierre, il y aura sept yeux ; voici, j’en graverai la gravure, dit l’Éternel des armées ; et j’ôterai l’iniquité de ce pays en un seul jour. 10 En ce jour-là, dit l’Éternel des armées, vous convierez chacun son prochain sous la vigne et sous le figuier.

La pierre est posée, marque de stabilité, est confiée à l’attention de celui qui sert de signe ou de témoignage pour l’Éternel. Et cette pierre sera gravée, sept yeux, un nombre de complétude, "les yeux de l’Éternel qui parcourent toute la terre" (4:10).
Le livre de l’Apocalypse reprend cette image, associant Celui qui est appelé « Le Germe », et ces sept yeux gravés sur la pierre : "Et je vis au milieu du trône et des quatre animaux, et au milieu des anciens, un agneau qui se tenait là, comme immolé, ayant sept cornes et sept yeux, qui sont les sept Esprits de Dieu, envoyés sur toute la terre" (Apoc.5:6).
Joshua, devant lequel la pierre est placée, est témoin de cette réalité du regard de Dieu sur tout ce qui se produit sur la terre, et il a charge de rendre compte que l’iniquité qui est, et sera, constatée sur la terre "sera ôtée en un seul jour", le jour où surgira le "Germe de l’Éternel".
 
L’attention de Zacharie, et du lecteur après lui, est portée alors sur ce jour, lorsque le Germe paraîtra. Nous lisons alors cette vue magnifique de la paix qui sera établie, lorsque les hommes s’inviteront les uns les autres "sous la vigne et sous le figuier" ; une image douce et forte du bonheur auquel les hommes sont appelés, une paix goûtée un temps par les Israélites, au commencement (1 Rois 4:25), mais qu’ils ont perdue en raison de leurs iniquités (Jérémie 8:13, Osée 2:12, Joël 1:7,12, Habacuc 3:17), mais qui sera rétablie par le Seigneur lui-même (Joël 2:22, Michée 4:4) ; un bonheur auquel pourront jouir les Judéens auxquels Aggée s’adressait, lorsqu’il leur disait : "Dès ce jour je bénirai !" (Aggée 2:19) ; une paix anticipée par celui qui l’attend.
Voyons Nathanaël, cinq siècles plus tard : "Nathanaël lui dit : D'où me connais-tu ? Jésus répondit et lui dit : Avant que Philippe t'eût appelé, quand tu étais sous le figuier, je te voyais." (Jean 1:49).


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