01/01/2011

Joël 1:1 Le cri du prophète Joël


 

Livre des Petits Prophètes
Le Prophète Joël

Je répandrai mon Esprit sur toute chair,
et vos fils et vos filles prophétiseront...
Joël 2:28

 

Joël, un homme de Dieu dont l’histoire n’a retenu nul fait, pas même la période au cours de laquelle il a parlé. Après qu'il ait parlé, quelqu'un a recueilli les paroles de Joël et les a regroupées avec d’autres en ce livre que nous appelons "Livre des Petits Prophètes", petits non en regard du message qu’ils portèrent, mais seulement au vu de la longueur des textes qui nous sont transmis.

1  1 La parole de l’Éternel, qui vint à Joël, fils de Pethuel.

 
Le temps de Joël

Joël parle avant la débâcle absolue de la destruction du temple et de Jérusalem. N’oublions pas qu’il évoque déjà des captifs de Juda et de Jérusalem (3:1), mais que la grande désolation, la ruine complète à laquelle il s’attend n’est pas encore venue, ce qui donne à penser à ce siècle qui suivit la destruction du royaume du Nord, l’exil des dix tribus. La locuste, le grillon, l’yélek (1:4) évoquent des coups de boutoirs affaiblissant, coup après coup, un petit peuple écrasé. Il y paraît un temps de pillage, des hordes venant du nord. Voit-il en ces hordes armées qui viennent du nord (2:20), les Scythes qui dévastent les restes de l’empire assyrien, tandis que monte la puissance de Babylone et se concrétisent les ambitions de son roi, une menace croissante ?

 

 
LE CRI DU PROPHETE
1:1-2:17

Une description de la situation catastrophique du pays, des appels vibrants, mais avant tout une grande souffrance. Le prophète suscite la réflexion des anciens et de tous les habitants du pays, il voudrait tant qu’un sursaut de moralité se manifeste ! Ce n’est pas là un discours sentencieux désincarné, mais l’expression d’une réelle souffrance. La douleur de son peuple le touche, l’oppresse, et son cri s’adresse à Dieu lui-même, "Éternel, je crie vers toi !" (1:19), avant que son esprit soit rasséréné par la méditation, et le rappel au peuple, du propos de l’Éternel, lequel ne peut qu’être fidèle à ses promesses.
 
A toi, Eternel, je crierai… Le cri de Joël a lieu face à la ruine profonde du peuple, mais quand ? Dans les appels qui suivent, Samarie n’est pas citée, mais seulement Juda et Jérusalem ! Déjà des pans entiers du peuple d’Israël étaient en exil, et ainsi le prophète crie pour que ceux qui restent encore, souffrant et oppressé, afin qu’ils se repentent.


 
Une situation catastrophique - 1:1-14

Amos, en un autre temps, parlait ainsi : "Je vous ai frappés par la brûlure et la rouille des blés ; la chenille a dévoré la multitude de vos jardins, et de vos vignes, et de vos figuiers et de vos oliviers ; mais vous n'êtes pas revenus à moi, dit l'Éternel" (Amos 4:9). C’était avant la ruine de Samarie, plus d’un siècle avant ce temps où le reste de Juda pleurait le premier contingent d’exilés à Babylone (3:1). Si Ésaïe et Nahum parlèrent en des termes semblables à propos de l’inévitable ruine de Ninive (Nahum 3:15-16), de la chute de l’Assyrie (Ésaïe 33:4), ces avertissements n’ont pas parlé à Israël… Et même la chute de Samarie ne leur parla pas. Les hommes apprennent-ils de l’histoire ? Les générations ne se succèdent-elles pas tandis que les drames se reproduisent… Alors Joël, évoquant la chenille qui dévasta les jardins, parle de hordes successives, toujours plus puissantes, toujours plus avides…

2 Écoutez ceci, anciens, et prêtez l’oreille, vous, tous les habitants du pays ! Ceci est-il arrivé en vos jours, ou même dans les jours de vos pères ? 3 Racontez-le à vos fils, et vos fils à leurs fils, et leurs fils à une autre génération : 4 ce qu’a laissé la chenille, la sauterelle l’a mangé ; et ce qu’a laissé la sauterelle, le grillon l’a mangé, et ce qu’a laissé le grillon, le criquet l’a dévoré.

Joël souffre de la détresse que connaît son peuple. Heurté par l’indifférence, l’acceptation tacite de l’état de chose, il crie pour que se réveillent les ivrognes, ceux qui ont perdu toute dignité…

5 Réveillez-vous, ivrognes, et pleurez. Vous tous, buveurs de vin, lamentez-vous parce que le jus de raisin vous est enlevé de la bouche ! 6 Car une nation a envahi mon pays, forte et innombrable. Elle a des dents comme celles d’un lion, et des mâchoires comme celles d’une lionne. 7 Elle a dévasté ma vigne ; mon figuier, elle l’a mis en pièces ; elle l’a complètement dépouillé, et abattu, les pampres de la vigne ont blanchi. 8 Gémis comme la jeune fille qui met un sac pour pagne afin de pleurer le mari de sa jeunesse !

La vigne et le figuier sont dévastés, ces symboles de la félicité d’Israël ne sont plus (1 Rois 4:25, Michée 4:4, Zacharie 3:10). Ce vrai bonheur n’est plus, et le peuple se saoule… Joël, face à cette situation, exhorte à se souvenir de ce bonheur perdu… Comme la jeune fille pleurant son fiancé disparu, comme le prêtre désolé par le manque d’offrandes… Un autre prophète, Sophonie, parle des "ceux qui se lamentaient à propos des fêtes solennelles"(Sophonie 3:18), lorsque le peuple, dans la joie, se rassemblait au temple. Ce temps n’est plus…

9 Offrandes et libations ont disparu de la maison de l’Éternel ; les prêtres, serviteurs de l’Éternel, mènent deuil. 10 Les champs sont ravagés, la terre est en deuil car les blés sont ravagés, le vin est épuisé, l’huile dépérit.
 
11 Les laboureurs sont épuisés, les vignerons hurlent à cause du froment et de l’orge, parce que la moisson des champs est perdue ! 12 La vigne est épuisée, le figuier dépérit ; le grenadier, comme le palmier et le pommier, tous les arbres des champs sont secs… La gaieté est tarie pour les fils des hommes.

Il faut se ressaisir ! Aussi Joël fait-il un appel puissant. Les prêtres peuvent-ils se satisfaire d’une telle situation ? Peuvent-ils penser que l’Éternel ne puisse les entendre ?

13 Prêtres, mettez des pagnes et lamentez-vous ! Officiants de l’autel, hurlez ! Venez, passez la nuit sous le sac, vous qui servez mon Dieu ! Car offrandes et libations font défaut à la maison de votre Dieu. 14 Consacrez un jeûne, convoquez une assemblée solennelle, assemblez les anciens, tous les habitants du pays, à la maison de l’Éternel, votre Dieu ; et criez à l’Éternel !

Cette parole est universelle ! Dieu ne peut changer ; n’a-t-Il pas déclaré : "Voyez maintenant que c'est moi, moi, le Même" (Deutéronome 32:39) ? Alors, peut-on prétexter l’époque, la situation socio-économique, les circonstances politiques ? Dieu est le même, se peut-il en être autrement ? Nous sommes liés au temps qui s’écoule mais Lui, Il est éternel. Ainsi, lorsque le ciel est assombri, lorsque rien ne paraît plus comme avant, nous pouvons toujours tirer exemple d’hommes de foi pénétrés de cette réalité que Dieu ne change pas… Ainsi Joël exhorte-t-il les prêtres à se ressaisir, les anciens à se rassembler, les habitants du pays à se souvenir que Dieu est, et qu’Il est "Le Même".


La lecture des prophètes se retrouve au site "Que dit l'Evangile ?",
complétée de textes introductifs et de notices historiques.
Il s'y trouve un lien intéractif aux références bibliques.
ACCEDER AU SITE

 
 

Joël 1:15 Le jour du Seigneur est proche


 

Le jour du Seigneur est proche - 1:15-2:11

Prendre conscience de l’époque que l’on vit, et se ressaisir face à cette conviction que l’homme, libre de ses choix de vie, se trouve face à une échéance, la rencontre avec son Créateur. Et si le cours des temps est ainsi dépeint par le prophète, si la désillusion est telle que les habitants ont laissé tomber les bras, si leur refuge n’est plus que dans les plaisirs immédiats, l’ivrognerie, ils ont devant eux, qu’ils le sachent ou non, un temps où le Seigneur Dieu interviendra. Et le prophète de s’écrier :

15 Hélas, quel jour ! Car le jour de l’Éternel est proche, et il vient comme un ravage du Tout-puissant.

Cette parole que nous pourrions rattacher à un temps particulier, Joël la prononce, la rappelle (2:1,31, 3:14), mais d’autres hommes de Dieu ont aussi parlé du "jour de l’Éternel", pressés par des circonstances comparables, mais en d’autres temps (Amos 5:18-20, Ésaïe 13:6, Abdias 15), aussi gardons à l’esprit qu’il ne s’agit pas d’un seul moment dans l’histoire des hommes. Ceci étant, ce jour est impressionnant, et le prophète poursuit donc sa complainte. La nourriture manque, mais aussi la nourriture spirituelle, les heureuses réunions dans la présence de l’Éternel, notamment lors des fêtes solennelles. C’est la désolation… Jérémie en parlera en ces termes : "J'ai regardé la terre, et voici, elle était désolation et vide…" (Jérémie 4:23).

16 La nourriture n’est-elle pas retranchée de devant nos yeux, la joie et l’allégresse, de la maison de notre Dieu ? 17 Les semences ont pourri sous leurs mottes, les granges sont dévastées, les magasins sont rasés, car le blé est épuisé. 18 Comme les bêtes gémissent ! Les troupeaux de gros bétail errent en pleine confusion parce qu’ils n’ont pas de pâture ; et les troupeaux de menu bétail aussi en pâtissent.

Que dire face à la douleur, au regard du tableau que Joël a devant lui ? Le prophète voit le peuple choisi dans un tel délabrement moral, et il s’attache à ce qu’il connaît de son Dieu. La joie des moissons, les fêtes solennelles, le bonheur qu’apportent la paix dans la présence de Dieu, tout cela a disparu… Mais Dieu est "Le Même"! Alors Joël se tourne vers l’Éternel…

19 Éternel, je crie vers toi ! Le feu a dévoré les pâturages du désert, et la flamme a brûlé tous les arbres des champs. 20 Les bêtes des champs aussi soupirent vers toi, car le lit des torrents est desséché et le feu a dévoré les pâturages du désert.

Le jour de l’Éternel exprime donc, face à un état moralement désastreux, son intervention, ici, par un bras séculier qu’il a choisi. Ce ne peut être qu’un jour à craindre ! Son annonce est une alerte conduisant les hommes à amender leurs voies. Un avertissement et une exhortation que nous pouvons mettre en relation avec ces paroles de l’Evangile : "Mets-toi promptement d'accord avec ta partie adverse, pendant que tu es en chemin avec elle, de peur que ta partie adverse ne te livre au juge, et que le juge ne te livre au sergent, et que tu ne sois jeté en prison" (Matthieu 5:25).
 
Ainsi, venant à la pensée du jour de l’Éternel, Joël fait un appel solennel… Sera-t-il entendu ? Rien ne permet de le penser. Mais le peuple aura été averti, aura fait ses propres choix, et en assumera les conséquences pour lui et pour sa descendance… Le prophète poursuit alors, clamant son angoisse et cherchant à la transmettre à son auditoire afin qu’ils écoutent enfin et reviennent de leur égarement.

2  1 Sonnez de la trompe en Sion, sonnez avec éclat dans ma sainte montagne ! Que tous les habitants du pays tremblent, car le jour de l’Éternel vient, il est proche. 2 Jour de ténèbres et d’obscurité, jour de nuée et d’obscurité épaisse, il est comme l’aurore qui se déploie sur les montagnes.

Les paroles sont claires et le message éminemment dramatique. Un autre prophète, à la veille de l’invasion babylonienne s’exprime ainsi : "Le grand jour de l'Éternel est proche ; il est proche et se hâte beaucoup. La voix du jour de l'Éternel : l'homme vaillant poussera là des cris amers. Ce jour est un jour de fureur, un jour de détresse et d'angoisse, un jour de dévastation et de ruine, un jour de ténèbres et d'obscurité, un jour de nuées et d'épaisses ténèbres…" (Sophonie 1:14-15, voir aussi Jérémie 4:5, 6:1). Joël poursuit, ajoutant caractères à caractères, décrivant une puissance jamais connue jusque là !

2b C’est un peuple nombreux et fort, tel qu’il n’y en eut jamais, et qu’après lui, il n’y en aura point dans toutes les générations à venir. 3 Devant lui un feu dévorant, derrnière lui, des flammes brûlantes ; devant lui, le pays est comme un jardin d’Éden, et derrière lui c’est un désert, un lieu dévasté ; rien ne lui échappe. 4 Comme des chevaux, ils courent comme des attelages ; 5 comme un bruit des chars qui bondissent sur le sommet des montagnes ; comme le bruit des flammes qui dévorent le chaume ; comme un peuple puissant rangé en ordre de bataille. 6 A sa vue, les peuples sont angoissés, tous les visages pâlissent. 7 Ils courent comme des hommes forts, ils escaladent une muraille comme des hommes de guerre, chacun va son chemin, ils ne quittent pas leur route ; 8 nul ne bouscule son voisin, chacun suit sa propre route ; ils se ruent au travers des projectiles sans rompre les rangs. 9 Ils fondent sur la ville, courent sur la muraille, escaladent les maisons, entrent par les fenêtres comme un voleur. 10 Devant eux la terre tremble, les cieux sont ébranlés, le soleil et la lune sont obscurcis et les étoiles perdent leur splendeur. 11 L’Éternel fait entendre sa voix devant son armée, sa troupe est immense, celui qui exécute sa parole est puissant ; car le jour de l’Éternel est grand et très redoutable. Qui pourra le supporter ?

"Qui pourra le supporter ?"questionne le prophète. Le livre d’Ésaïe, un siècle et demi avant le désastre annoncé parle également dans des termes saisissants, dans sa "Sentence sur Babylone", disant : "Hurlez, car le jour de l'Éternel est proche ! Il viendra comme une destruction du Tout-puissant. C'est pourquoi toutes les mains deviendront lâches, et tout cœur d'homme se fondra, et ils seront terrifiés ; les détresses et les douleurs s'empareront d'eux ; ils se tordront comme celle qui enfante ; ils se regarderont stupéfaits ; leurs visages seront de flamme. Voici, le jour de l'Éternel vient, cruel, avec fureur et ardeur de colère, pour réduire la terre en désolation ; et il en exterminera les pécheurs. Car les étoiles des cieux et leurs constellations ne feront pas briller leur lumière ; le soleil sera obscur à son lever, et la lune ne fera pas luire sa clarté…" (Ésaïe 13:1,6-10).
 
Pensons à ce que pouvaient être l’effet de ces paroles sur ceux qui les entendaient ! Ecoute attentive des uns, moquerie des autres… Mais lorsque des hommes fidèles à Babylone souffrant les circonstances de l’exil, rassemblèrent les textes des prophètes pour en composer les livres dont nous disposons aujourd’hui, que ressentirent-ils ? Ils ne pouvaient que dire, eux, témoins du désastre : véritablement cet homme de Dieu qui a parlé à nos pères, et qui ne fut pas écouté, était prophète !


La lecture des prophètes se retrouve au site "Que dit l'Evangile ?",
complétée de textes introductifs et de notices historiques.
Il s'y trouve un lien intéractif aux références bibliques.
ACCEDER AU SITE

 
 

Joël 2:12 Revenir au Seigneur


 

Exhortation à revenir au Seigneur-3 - 2:12-17

Ces paroles si sévères sont-elles en phase avec la miséricorde de Dieu soulignée de tant de façons dans l’Ecriture ? Il est difficile aux fidèles qui ont leur lot de souffrances. Les psalmistes ont chanté ce paradoxe essentiel, célébrant la bonté de Dieu en reconnaissant le grand fait de la création : une humanité libre et responsable au sein de laquelle se sèment le bien comme le mal… La reconnaissance de la bonté de Dieu puise sa source dans la parole des prophètes. Joël ne fait pas exception, parlant de la miséricorde, de telle manière que ses auditeurs puissent aimer revenir sur le chemin de Dieu, la voie royale du bonheur… Le prophète revient aux paroles fondatrices du Livre de la Loi : "L'Éternel passa devant lui, et cria : L'Éternel, l'Éternel ! Dieu, miséricordieux et faisant grâce, lent à la colère, et grand en bonté et en vérité, gardant la bonté envers des milliers de générations, pardonnant l'iniquité, la transgression et le péché…" (Exode 34:7).

12 Ainsi dit l’Éternel : Maintenant encore, revenez à moi de tout votre cœur, avec des jeûnes, des pleurs, des lamentations. 13 Ne déchirez pas vos vêtements, mais votre coeur, et revenez à l’Éternel, votre Dieu ; car il est plein de grâce et miséricordieux, lent à la colère et grand en bonté, et il se repend du mal dont il a menacé. 14 Qui sait s’il ne reviendra pas, s’il n’aura pas de regret, et s’il ne laissera pas derrière lui une bénédiction – des offrandes et des libations pour l’Éternel, votre Dieu ?

"Ne déchirez pas vos vêtements…" Si cette pratique traditionnelle marquant la douleur et le deuil (Genèse 37:34, Josué 7:6, Job 1:20) ne reflétait pas le ressenti dans l’âme, que vaudrait-elle ? Le prophète n’est manifestement pas un chef religieux pour organiser ces célébrations ; celles-ci ne l’impressionnent pas. Ce à quoi il appelle est une démarche vraie, un travail dans la conscience. Un prophète d’après l’exil évoquera ces jeûnes organisés par décret : "Quand vous avez jeûné et que vous vous êtes lamentés au cinquième et au septième mois, et cela pendant soixante-dix ans, est-ce réellement pour moi, pour moi, que vous avez jeûné ?" (Zacharie 7:5). Un retour à l’Éternel est un retour à sa Loi, à ses pensées, pour y marcher, et prendre ce chemin dans la conscience que cela conduit à une vie dont on peut être heureux. Qui sait s’il n’y aura pas un apaisement dans la douleur des temps ? (Jérémie 18:7-10, Jonas 3:9-10). Alors le prophète poursuit en exposant combien le retour à l’Éternel est la seule grande priorité…

15 Sonnez de la trompe en Sion, consacrez un jeûne, convoquez une assemblée solennelle ! 16 Réunissez le peuple, sanctifiez l’assemblée, réunissez les anciens, assemblez les enfants et les nourrissons ! Que l’époux sorte de sa chambre, et l’épouse de sa chambre nuptiale !
 
17 Qu’entre le portique et l’autel, les prêtres, les serviteurs de l’Éternel, pleurent, et qu’ils disent : Épargne ton peuple, ô Éternel, et ne livre pas ton patrimoine aux outrages pour qu’ils soient le proverbe des nations ! Pourquoi dirait-on parmi les peuples : "Où est leur Dieu ?"

Ce ne sont pas des mots dictés par le prophète, c’est l’esprit de supplication qui est souligné. Aucunes justifications des errements, car que pourraient-elles valoir ? Mais une nouvelle prise de conscience que, malgré son état, le peuple demeure "le patrimoine de l’Éternel". Les auditeurs sont conduits par le prophète à se reposer sur les promesses, malgré qu’il se trouve sur le chemin d’une rupture de l’alliance avec l’Éternel, telle que l’avaient vécue les pères de la nation… Le peuple s’est effectivement livré à l’idolâtrie, mais il est invité à se souvenir des promesses et se rappeler que l’Éternel a choisi Israël : "Car tu es un peuple saint, consacré à l'Éternel, ton Dieu ; l'Éternel, ton Dieu, t'a choisi, afin que tu sois pour lui un peuple qui lui appartienne en propre, d'entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre" (Deutéronome 7:6).


La lecture des prophètes se retrouve au site "Que dit l'Evangile ?",
complétée de textes introductifs et de notices historiques.
Il s'y trouve un lien intéractif aux références bibliques.
ACCEDER AU SITE

 
 

Joël 2:18 Le Seigneur répond à son peuple


 

LE CHEMIN DE LA FOI ET L'ŒUVRE DE DIEU
2:18-3:21

Après cet appel, Joël expose ce qui lui donne du courage ; il rappelle l’amour de l’Éternel pour ce peuple librement choisi (Deutéronome 7:7-8). Tout en considérant la dérive morale grave des habitants de Jérusalem et de Judée, il se prend à considérer ce qui fonde sa confiance, affirmant par les paroles qu’il prononce de la part de l’Éternel la volonté de Celui-ci d’apporter gratuitement la félicité.
 
Tout d’abord vient l’exposé de la bénédiction, la main compatissante de l’Éternel pour apporter du bien pour son peuple, le rappel de son "amour jaloux"pour l’homme dont il veut le bonheur. Dans une seconde partie, commençant par ces mots "Après cela" (2:28), nous lisons l’annonce d’événements particuliers touchant l’intervention directe Dieu au sein de l’humanité, à commencer par l’effusion de son Esprit et se poursuivant par le rétablissement du peuple choisi, et l’introduction d’une ère de paix. Ces deux parts des paroles du prophète se complètent en effet. Le règne de paix est au bout du chemin, mais l’homme en attendant doit vivre…


 
Le Seigneur répond à son peuple - 2:18-27

"Le Seigneur est proche" (Philippiens 4;6), c’est peut-être bien par ces mots que nous pouvons introduire la parole que le prophète adresse aux habitants de Jérusalem. Il leur parle de bénédiction, et cela à la veille d’un jour d’effroi, le "jour de l’Éternel" (2:1). Le peuple qui va connaître la rétribution de ses nombreux abandons, qui doit se préparer à l’exil, entend parler de tout ce qui lui manque aujourd’hui : le blé, le moût et l’huile, mais par-dessus tout la quiétude et la paix, la délivrance de ceux qui font peser sur lui l’opprobre.

18 L’Éternel aime jalousement son pays, il a de la compassion pour son peuple. 19 L’Éternel répond et dit à son peuple : Voici, je vous envoie le blé, le moût et l’huile, et vous en serez rassasiés ; je ne vous livrerai plus à l’opprobre parmi les nations ; 20 j’éloignerai de vous celui qui vient du nord, et je le chasserai dans un pays aride et désolé, sa face vers la mer orientale, et son arrière-garde vers la mer d’occident ; sa puanteur s’élèvera, son infection s’élèvera, parce qu’il s’est élevé pour faire de grandes choses.

Le prophète "voit"la bénédiction se répandre, il anticipe ces ondées bienfaisantes, se réjouit des champs qui reverdissent et promettent des moissons abondantes. "Comme par le passé" ajoute-t-il !

21 Terre, ne crains pas ; sois dans l’allégresse et réjouis-toi, car l’Éternel fait de grandes choses. 22 Bêtes des champs, ne craignez pas, car les pâturages du désert reverdissent, les arbres portent du fruit, le figuier et la vigne donnent leur richesse. 23 Et vous, fils de Sion, soyez dans l’allégresse et réjouissez-vous en l’Éternel, votre Dieu, car il vous donne la première pluie dans sa mesure, il fait descendre sur vous la première pluie et la dernière pluie, comme par le passé. 24 Les aires se rempliront de blé, et les cuves regorgeront de moût et d’huile.

Lisons ces lignes en pensant au bonheur d’une foi vive et partagée, à la fraîcheur des premiers pas dans la foi, au "premier amour" (Apocalypse 2:4). "Fais-nous revenir à toi, ô Éternel, et nous reviendrons ; renouvelle nos jours comme ils étaient autrefois !" (Lamentations 5:21), c’est le cri de Jérémie à la vue de Jérusalem anéantie, et du temple en ruine.
 
Joël revient sur ces coups de butoir successifs évoqués au commencement du son discours…

25 Je compenserai les années qu’ont dévorées la sauterelle, le grillon, le cricket et la chenille, ma grande armée que j’avais envoyée contre vous. 26 Vous mangerez abondamment et serez rassasiés, et vous louerez le nom de l’Éternel, votre Dieu, qui a fait pour vous  des merveilles ; et plus jamais mon peuple ne sera honteux. 27 Ainsi vous saurez que je suis au milieu d’Israël, et que moi, l’Éternel, je suis votre Dieu, et qu’il n’y en a point d’autre ; plus jamais mon peuple ne sera honteux.

Les désastres, les humiliations, l’opprobre seront éliminées, oubliées ! Telle est la bonté de l’Éternel, et son dessein qui ne peut être altéré. En place des misères, il y aura abondance de biens, abondance de paix, un bonheur qui ne pourra s’étioler ! Et soulignons, en passant, que les auteurs des Psaumes ont reçu les paroles prophétiques. Ainsi, lisons-nous, au cœur des Cantiques des degrés : "Israël, attends-toi à l'Éternel ; car auprès de l'Éternel est la bonté, et il y a rédemption en abondance auprès de lui" (Psaume 130:7) ; "Je bénirai abondamment ses vivres, je rassasierai de pain ses pauvres ; et je revêtirai de salut ses sacrificateurs, et ses saints exulteront en chantant de joie." (Psaume 132:15-16).
 
Quand donc cette bénédiction se produira-t-elle ? Quelle que soit la période durant laquelle cette parole fut prononcée la question ne trouve pas de réponse frappante ! Y eût-il un regain de prospérité après le passage des armées de Nabuchodonosor ? Nous ne le lisons pas. Au cours de la vie de Jérémie – peut-être contemporain de Joël ? Pas d’avantage. Après le retour de l’exil à Babylone ? Il y eût de la ferveur, une foi bien grande, mais au milieu de combien de difficultés ? Mais que de souffrances, que de combats jusqu’à la fin, lorsque les armées romaines anéantirent une dernière révolte juive en l’an soixante-dix de notre ère, produisant une dispersion nouvelle qui demeure jusqu’à ce jour. Que penser ? Peut-être pouvons-nous penser aux "vrais Israélites », à ceux qui, ayant foi, attendaient la venue du Messie, tel Nathanaël qui demeurait sous son figuier lorsqu’il fut alerté par Philippe lui disant qu’il avait vu le Messie (Jean 1:46-48). Certes, le temps du rétablissement n’était pas venu, mais un tel homme goûtait pour lui-même ce bonheur d’être sous son figuier (2:32).


La lecture des prophètes se retrouve au site "Que dit l'Evangile ?",
complétée de textes introductifs et de notices historiques.
Il s'y trouve un lien intéractif aux références bibliques.
ACCEDER AU SITE

 
 

Joël 2:28 Le Seigneur répandra son esprit


 

Le Seigneur répandra son Esprit sur tous - 2:28-32

Après cette page vient une annonce extraordinaire, et ici il ne peut plus s’agir de la réponse à la foi personnelle seulement, mais d’un événement tout à fait remarquable produit par le Seigneur Dieu. Nous lisons "Après cela…", ce qui paraît bien introduire une situation jamais connue auparavant, une ère nouvelle.
Nous lisons au Livre de l’Apocalypse la même organisation textuelle. Après les lettres aux sept assemblées d’Asie, représentatif d’une période de durée non déterminée, nous lisons également "Après cela… " (Apoc.4:1), introduisant là aussi une ère nouvelle, celle du rétablissement de la justice sur la terre selon le plan divin, autrement dit les événements qui conduiront au « règne messianique ». Notre passage de Joël marque toutefois ici un événement antérieur à l’avènement du "royaume du monde de notre Seigneur et de son Christ" (Apoc.11:15).

28 Après cela, je répandrai mon Esprit sur toute chair, et vos fils et vos filles prophétiseront, vos anciens auront des songes et vos jeunes hommes des visions. 29 Même sur les serviteurs et sur les servantes, en ces jours-là, je répandrai mon Esprit. 30 Je ferai paraître des signes dans le ciel et sur la terre : du sang, du feu et des colonnes de fumée ; 31 le soleil sera changé en ténèbres et la lune en sang, avant que vienne le grand et terrible jour de L’Éternel.
 
32 Alors, quiconque invoquera le nom de l’Éternel sera sauvé [Act.2:17-21, Romains 10:13]. Car sur la montagne de Sion, à Jérusalem, il y aura délivrance, comme l’Éternel l’a dit, et ceux que le Seigneur appelle seront parmi les réchappés.

Cette ère est annoncée déjà par le prophète Ésaïe (Ésaïe 32:15). Elle fut évoquée avec force par Jérémie dans une lettre magnifique qu’il adressa aux exilés à Babylone (Jérémie 31:33-34), soulignée ensuite par le prophète de l’exil (Ézéchiel 36:25-27, 39:29) et enfin pas celui qui exhorta les Israélites à répondre à l’édit de Cyrus leur permettant de quitter Babylone (Ésaïe 44:3, 59:21). L’annonce a trouvé un accomplissement lors de la Pentecôte de l’an 29, quelques jours après l’ascension du Messie. Ceci n’exclut pas un accomplissement nouveau associé, alors plus directement, au rétablissement de tout Israël évoqué par Pierre, en écho à la parole des prophètes, lorsqu’il parle du "temps du rétablissement de toutes choses dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes de tout temps." (Actes 3:21).
 
Ceci, nous pouvons le lire, nous, aujourd’hui, mais pour Joël et son auditoire, ce sont des faits étranges et magnifiques dont l’un parle et que les autres écoutent. Ceci pour leur rappeler que les promesses de Dieu doivent être accomplies, à commencer par cette parole à Abraham : "en toi seront bénies toutes les familles de la terre" (Genèse 12:3).


La lecture des prophètes se retrouve au site "Que dit l'Evangile ?",
complétée de textes introductifs et de notices historiques.
Il s'y trouve un lien intéractif aux références bibliques.
ACCEDER AU SITE