07/01/2011

Amos 1:1 Un réquisitoire sévère et justifié


 

Livre des "Petits Prophètes"
Le Prophète Amos

Recherchez le bien, et non le mal, afin que vous viviez...
Haïssez le mal, et aimez ce qui est bon, faites régner
le juste jugement à la porte de la ville.
 
Amos 5:14-15

Amos n’est pas prophète dira-t-il à Amatsia, prêtre desservant les veaux d’or de Béthel (7:15).
Amos est un nom proche de "pesant" ou "fardeau", généralement traduit par " porteur", un nom sans signification particulière.
Notre prophète est homme de la terre (2:13, 3 :12, 4:9, 5:8, 6:12, 7:1,2), berger-propriétaire du village de Thékoa, petit bourg situé à 10 kilomètres au sud de Bethléem.
 
Un jour, cet homme étreint de la situation moralement désastreuse du peuple choisi par l’Éternel quitte ses brebis pour s’en aller affronter les tenants de l’idolâtrie, les avertir du fait que leurs abandons conduisent au désastre, à la dissolution de la nation aimée de l’Éternel. Cet homme n’a aucune légitimité, il est berger dans un village perdu, sans aucune charge dans le domaine public. Mais il n’en peut plus de voir ce qu’il voit. Et ce n’est pas peu de chose que de prendre la route, arriver à Béthel, et proclamer des paroles comme les siennes. Il fait front à des hommes rodés à la conduite des hommes, à la présidence de grandes assemblées, des hommes écoutés, honorés, ayant la confiance du roi d’Israël, des hommes établis dans le principal sanctuaire dédié aux veaux d’or, ces veaux d’or dont ils disaient qu’il s’agissait de l’Éternel…

1  1 Paroles d’Amos,l’un des bergers de Thekoa, ce qu’il a vu touchant Israël aux jours d’Ozias, roi de Juda, et aux jours de Jéroboam, fils de Joas, roi d’Israël, deux ans avant le tremblement de terre.
 
2 Il dit : De Sion, l’Éternel rugit, et de Jérusalem il fait entendre sa voix. Les pâturages des bergers sont en deuil, et le sommet du Carmel est desséché.

 

 
LE REQUISITOIRE DE L'ETERNEL
Amos 1:3 - 3:12

Interpellé par le désordre moral qui ravage sa nation, et en particulier le royaume des dix tribus, le berger quitte ses brebis, son activité, pour quelques semaines ou davantage ; il est sous pression et ne peut voir ce qu’il voit et entendre ce qu’il entend, sans exprimer son émoi. Il ira plus tard à Bethel, mais ici, il semble s’agir des premières paroles ; s’il dira aux prêtres idolâtres "je n’étais pas prophète" (7:14), dès les premières paroles, il parle véritablement en prophète. Comme nombre d’Israélites, assurément, il est attaché à la Loi de l’Éternel, au bonheur des fêtes solennelles, et ainsi il ira clamer à Béthel l’horreur qu’il ressent aux parodies de fêtes qui s’y tiennent (5:21).

 
Déclaration à propos des nations
1:3-2:16

Cette étreinte est grande, mais il ne veut pas mettre en avant les errements de son peuple sans exprimer la répréhension divine à l’encontre des nations avoisinantes, car il faut être juste, et ne pas écraser davantage son peuple parce qu’il est "choisi par l’Éternel".
 
"À cause de trois transgressions, à cause de quatre…" La coupe déborde, ces peuples sont allés au-delà de ce qui déjà eût justifié la sanction annoncée, à commencer par les nations d’alentour. Se pourrait-il que des paroles sévères soient adressées au peuple d’Israël et que les exactions des nations voisines soient oubliées ? Juda aussi aura sa part dans ce réquisitoire, car le reste de fidélité n’oblitère pas les défaillances. Ces lignes assurent les auditeurs de la justice de Dieu alors qu’un message d’une extrême gravité doit être adressé au royaume de Samarie.

 
Les sept voisins d’Israël - 1:3-2:5

Les actes cruels, les razzias, les meurtres… L’Éternel peut-il ne pas les voir ? L’homme que le Créateur a créé libre et responsable a la capacité de se livrer à la barbarie, et Dieu n’intervient pas, mais il faut qu’un jour les choses viennent à la lumière. L’homme doit rencontrer la juste rétribution à l’égard de ses gestes impies. Tout homme ! Ainsi, avant d’aller au cœur de son propos, c’est-à-dire avertir les Dix tribus en relation avec leurs propres abandons, Amos est amené à dire à Israël que l’Éternel a vu et sanctionnera les actes cruels de toutes les nations ; cette introduction rendra son discours à leur adresse d’autant plus crédible.
 
Parmi les actes répréhensibles signalés, plusieurs ont une trace effective dans les livres historiques. D’autres avertissement sont plus diffus, mais rendent bien compte du climat sociopolitique de ces petites nations parmi lesquelles les razzias chez les voisins étaient activités courantes.

3 Ainsi parle l’Éternel : À cause de trois transgressions de Damas, à cause de quatre, je ne révoquerai pas mon arrêt. Parce qu’ils ont foulé Galaad avec des herses de fer, 4 j’enverrai le feu dans la maison d’Hazaël, et il dévorera les palais de Ben-Hadad ; 5 je briserai le verrou de Damas, je retrancherai de la vallée d’Aven ses habitants, et de Beth-Éden, celui qui tient le sceptre ; le peuple de Syrie ira en captivité à Qir, dit l’Éternel.

Herses de fer : instruments de supplices.
La région de Qir : selon Amos 9:7, le lieu d’origine de la nation syrienne, au nord de la Mésopotamie, peut-être dans la Géorgie actuelle. Des Syriens y retourneront, mais comme exilés (2 Rois 16:9).

Galaad, un petit territoire peuplé d’Israélites, un reste de ceux qui s’établirent à l’est du Jourdain, n’étant pas rentré en terre de Canaan (Nombres 32:5, Deutéronome 3:12-13, Josué 13:8). Ce fut considéré comme une forme d’abandon, un manque d’attachement aux promesses de l’Éternel ; et un prétexte à des guerres fratricides. Ces tribus de Ruben et de Gad ainsi qu’une partie de Manassé se disséminèrent dans de vaste territoire de l’est, mais bien rapidement on ne parla plus que de la petite portion de Galaad incluse au royaume de Samarie, un territoire où passait une grande voie commerciale et qui devient bien rapidement l’objet de toutes les convoitises. Après les exactions de la part des Syriens et des Ammonites (1:13), cette population fut l’objet du premier déplacement de population connu. En effet, en 732, ces tribus furent écrasées et exilées par Tiglath Pileser, le fondateur du nouvel empire assyrien, en même temps que la population du territoire de Nephtali, le nord du royaume de Samarie (1 Chroniques 5:26, 2 Rois 15:29). Cela se passait quelque trente à quarante ans après qu’Amos ait parlé.
 
La situation des Israélites en Galaad, hors de la "terre promise"justifiait-t-elle, aux yeux de l’Éternel, les exactions à son encontre, ces actes de barbarie ? Absolument pas. L’Éternel a vu, et son jugement est sans appel à l’égard des cruautés des hommes.
 
Mais ces actions de l’Assyrien ne sont pas encore d’actualité ; le prophète parle ici des Syriens, de leurs exactions et de la rétribution qui s’en suit (2 Rois 8:28,16:9). Ensuite viennent les Philistins, ennemis traditionnels, et les Phéniciens par contre si proches des Israélites durant tant d’années, pour évoquer alors les ennemis pour ainsi dire héréditaires que sont les peuples du désert, Edom au sud, Ammon à l’est et Moab au sud-est de la terre de Canaan.

6 Ainsi parle l’Éternel : À cause de trois transgressions de Gaza, et à cause de quatre, je ne le révoquerai point. Parce qu’ils ont emmené captif mon peuple tout entier pour la livrer à Édom ; 7 j’enverrai un feu contre la muraille de Gaza et il dévorera ses palais. 8 Je retrancherai d’Asdod tout habitant, et d’Askalon celui qui tient le sceptre ; je tournerai ma main contre Ékron, et le reste des Philistins disparaîtra, dit le Seigneur l’Éternel.
 
9 Ainsi parle l’Éternel : À cause de trois transgressions de Tyr, à cause de quatre, je ne le révoquerai point. Parce qu’ils ont livré à Édom tout un peuple d’éxilés et ne se sont pas souvenus de l’alliance fraternelle, 10 j’enverrai un feu contre la muraille de Tyr, et il dévorera ses palais.
Alliance fraternelle : Tyriens et Sidoniens, autrefois alliés d’Israël, voyons les accords touchant la construction du temple, ont participé au commerce d’esclaves juifs.

11 Ainsi parle l’Éternel : À cause de trois transgressions d’Édom, à cause de quatre, je ne le révoquerai point. Parce qu’il a poursuivi son frère avec l’épée et a étouffé la miséricorde, parce que sa colère déchire sans cesse et qu’il garda sa fureur à toujours, 12 j’enverrai un feu sur Théman, et il dévorera les palais de Botsra.
 
13 Ainsi parle l’Éternel : À cause de trois transgressions des fils d’Ammon, à cause de quatre, je ne le révoquerai point. Parce qu’ils ont éventré les femmes enceintes de Galaad afin d’élargir leurs frontières, 14 j’allumerai un feu contre les murailles de Rabba et il dévorera ses palais. Au milieu des cris au jour de la bataille, au milieu de la tempête, au jour de l’ouragan, 15 leur roi s’en ira en captivité, lui et ses princes avec lui, dit l’Éternel.
 
2 
1 Ainsi dit l’Éternel : À cause de trois transgressions de Moab, à cause de quatre, je ne le révoquerai point. Parce qu’il a brûlé, calciné les os du roi d’Édom, 2 j’enverrai un feu contre Moab. Il dévorera les palais de Kerijoth, et Moab mourra au milieu du tumulte, au milieu des cris et au son de la trompette. 3 Je retrancherai le juge de chez lui et je tuerai tous ses princes avec lui, dit l’Éternel.

Dans la parole à propos de Moab, et malgré ses razzias et autres actes de guerre à l’encontre des Israélites, nous voyons que le grief de l’Éternel relevé ici touche un acte de cruauté qui ne concerne ni le royaume de Juda, ni le royaume d’Israël. Amos a bien soin de montrer que ce n’est pas le privilège de la victime qui est ici cause de répréhension, mais l’acte lui-même. L’Éternel a son regard posé sur tout homme.
 
Vient enfin le septième royaume, qui n’est autre que Juda lui-même. Les Israélites du nord ne pourront regimber en disant être injustement accusés. Juda aussi est responsable de ses comportements et aura à rendre compte.

4 Ainsi dit l’Éternel : À cause de trois transgressions de Juda, à cause de quatre, je ne le révoquerai point. Parce qu’ils ont méprisé la loi de l’Éternel et n’ont pas gardé ses statuts, et qu’ils se sont laissé égarer par leurs mensonges, les mêmes mensonges que leur pères avaient suivis, 5 j’enverrai un feu contre Juda et il dévorera les palais de Jérusalem.

Un feu va atteindre Juda et dévorer ses palais… Amos ne se fait aucune illusion, même s’il se trouve un reste de fidélité et que le temps n’est pas encore, la ruine n’est pas à ce point imminente. En effet, lorsque Samarie, capitale du royaume du nord, sera un monceau de ruines, il y aura un roi fidèle à Jérusalem, le roi Ezéchias… Mais il reste encore quelques années avant que ces faits s’accomplissent ; plusieurs décades après la ruine de Samarie, la capitale du royaume d’Israël, car Juda connaîtra encore des temps de réveil spirituel sous l’autorité de rois fidèles, Ezéchias (726-697) et Josias (640-609).


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Amos 2:6 L'état du royaume d'Israël


 

Le royaume d’Israël - 2:6-16

Ces préalables étant établis, le prophète poursuit sa harangue aux citoyens du royaume du nord en leur parlant d’eux-mêmes. Nous voyons les exactions sociales et morales… Le pauvre vendu pour une paire de sandales, la prostitution, l’idolâtrie… Des abominations aux yeux de la Loi, voyons ce qui est dû au pauvre : "Et si ton frère est devenu pauvre à côté de toi, et qu'il se vende à toi, tu ne lui feras pas faire un service d'esclave" (Lévitique 25:39 et Deutéronome 15:12)

6 Ainsi dit l’Éternel : À cause de trois transgressions d’Israël, à cause de quatre, je ne le révoquerai point. Parce qu’ils ont vendu le juste pour de l’argent, et le pauvre pour une paire de sandales ; 7 ils harcèlent jusqu’à la poussière de la terre qui est sur la tête des petites gens, ils font dévier le chemin des débonnaires. Un homme et son père vont vers la même fille, profanant ainsi mon saint nom ! 8 Ils s’étendent à côté de chaque autel, sur des vêtements pris en gage, et boivent dans la maison de leur dieu le vin de ceux qu’ils ont condamné à l’amende.

Amos rappelle, de la part de l’Éternel, les soins prodigués à l’égard des tribus d’Israël, leur donnant une terre pour s’établir et leur communiquant ses pensées… Mais qu’en ont-ils fait ?

9 Mais pourtant, j’ai détruit devant eux l’Amoréen, dont la taille était comme la hauteur des cèdres, et qui était fort comme les chênes ; et j’ai détruit son fruit en haut et ses racines en bas. 10 Et moi, je vous ai fait monter du pays d’Égypte, et je vous ai conduit dans le désert quarante ans pour que vous preniez possession du pays de l’Amoréen. 11 J’ai suscité des prophètes d’entre vos fils, et des nazaréens d’entre vos jeunes gens. N’en est-il pas ainsi, fils d’Israël ? dit l’Éternel. 12 Mais vous avez fait boire du vin aux nazaréens, et aux prophètes vous avez commandé, disant : Ne prophétisez pas.

Alors vient l’annonce, elle est terrible… Rappelons-le-nous, au temps ou parle Amos le pays est en paix, par ce fait que le royaume d’Assyrie est très affaibli et ne peut poursuivre ses exactions. Mais dans une bonne dizaine d’années se lèvera Titglath Pileser III, un usurpateur aux ambitions sans limite… Il n’est pas nommé, et comment le serait-il ? Il n’a pas encore paru sur la scène du monde. Mais pour Amos étreint par l’état moral, ce n’est pas l’apparition d’un tyran qui engendre la ruine, mais l’enfoncement du peuple dans l’iniquité… L’iniquité au point que celui qui voudrait vivre d’une manière qui plaît à Dieu, et ici le cas d’un jeune homme faisait un vœu de nazaréat, cela même n’était pas respecté, on le forçait à boire du vin, ce que le nazaréen ne faisait pas (Nombres 6:3). Honorer l’Éternel, honorer sa loi, était source d’opprobre…

13 Et bien moi, je vous écraserai sur place comme écrase un chariot plein de gerbes. 14 Plus de refuge pour l’homme rapide ; celui qui est vigoureux ne pourra déployer sa force, et le guerrier ne sauvera pas sa vie ; 15 celui qui manie l’arc ne résistera pas, celui qui est rapide n’échappera pas, et le cavalier ne sauvera pas sa vie. 16 Le plus courageux des guerriers s’enfuira nu en ce jour-là, dit l’Éternel.

Un procès sans appel ! D’autant plus que le prophète a fait valoir que toute nation est responsable devant l’Éternel, et aucune, pas même Juda, ne peut jouir d’un traitement de faveur. Amos coupe par ce prologue toute amorce de réclamation de la part des habitants du royaume d’Israël. Maintenant viennent les appels directs au peuple afin que chacun écoute, car l’Éternel peut-il considérer un tel désastre sans frémir ? Amos l’a compris, et il parle avec force à ce peuple en péril.


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Amos 3:1 Réquisitoire sur l'état moral


 

Le réquisitoire
3:1 - 4:13

Le berger, étreint par l’état moral régnant en Israël exhorte avec force, enjoint à écouter… Et, au nom de l’Éternel, il rappelle les privilèges reçus par ce peuple, et les place au regard de ce qu’il en a fait, soulignant ainsi ses abandons.

 
Ecoutez, fils d’Israël - 3:1-15

Amos s’adresse de fait aux dix tribus, sans doute à Béthel, mais élargit cependant son discours au peuple tout entier. Soulignons cette mention de "famille"exprimant l’attachement du prophète aux fondements de la nation, malgré l’opposition qui se manifeste entre les deux royaumes. Il rappelle le fait du choix délibéré de l’Éternel (Deutéronome 7:6).

3  1 Écoutez cette parole que l’Éternel prononce sur vous, fils d’Israël, sur la famille entière que j’ai fait monter du pays d’Égypte, disant : 2 Je vous ai connus, vous seuls, de toutes les familles de la terre ; c’est pourquoi je vous ferai rendre des comptes pour toutes vos iniquités.

Le prophète explique sa propre nécessité de parler en prophète à l’adresse d’Israël. Il marche avec l’Éternel, et ne peut que s’accorder avec Lui ; "le lion – l’Éternel – rugit" (1:2). Ainsi Amos, attaché à la parole de l’Éternel, explique…

3 Deux hommes peuvent-ils marcher ensemble s’ils ne sont pas d’accord ? 4 Le lion rugit-il dans la forêt s’il n’a pas de proie ? Le lionceau pousse-t-il des cris du fond de sa tanière s’il n’a pas fait une capture ? 8 L’oiseau tombe-t-il dans le piège sur la terre, quand il n’y a pas de filet tendu pour lui ? Le filet se lève-t-il du sol, s’il n’a rien pris du tout ? 6 Sonne-t-on de la trompe dans une ville, sans que le peuple ne tremble ? Arrive-t-il un malheur dans une ville sans que l’Éternel n’en soit l’auteur ? 7 Ainsi, le Seigneur, l’Éternel, ne fait rien qu’il ne révèle son secret à ses serviteurs les prophètes. 8 Le lion rugit : qui n’aurait peur ? Le Seigneur, l’Éternel, parle : qui ne prophétiserait ?

Le désastre doit venir sur Samarie, le lion – l’Éternel – rugit, le prophète, l’homme de Dieu ne peut que le clamer… Alors il va prendre à témoin les nations proches, ici les Philistins et l’Égypte. Il faut penser à ce chemin de la mer, venant d’Égypte et traversant le pays des Philistins qui est la voie vers la terre des Dix tribus. Ces ennemis d’Israël, placés face à la réalité des promesses, à la profession de confiance en l’Éternel, le Dieu unique, sont appelés à constater ce que, moralement, ils valent encore…

9 Dans les palais d’Asdod et dans les palais d’Égypte, proclamez : Rassemblez-vous sur les montagnes de Samarie, et voyez la grande confusion qui est au milieu d’elle, et les oppressions qui ont lieu en son sein. 10 Ils ne savent pas agir avec droiture, dit l’Éternel ; ils entassent dans leurs palais la violence et les ravages. 11 C’est pourquoi, ainsi dit le Seigneur, l’Éternel : Un ennemi, tout autour du pays ! Il va te dépouiller de ta force et tes palais seront pillés.

Le Livre des Rois nous montre bien cette dégradation profonde qui suivit le règne prestigieux de Jéroboam II. Samarie ira de conspiration en conspiration, des dirigeants se faisant assister de rois étrangers, notamment le roi Poul, d’Assyrie ; le pays connût l’amputation du nord, le territoire de Nephtali ainsi que de Galaad à l’est du Jourdain… (2 Rois 15:8-31). Bref, ce sera la décadence, le palais sera progressivement dépouillé, le pays ruiné. Il ne sortira de ce tourment que mutilé, ruiné ! Le reste, ceux qui subsisteront seront sauvés "comme à travers le feu", alors qu’aux jours d’Amos, ils se prélassent dans le chemin des nations…

12 Ainsi dit l’Éternel : Comme le berger sauve de la gueule du lion deux pattes ou un bout d’oreille, ainsi seront sauvés les fils d’Israël qui habitent à Samarie, eux qui sont allongés sur des lits et des tapis de Damas.

Les transgressions conduisent à une telle ruine, le mouvement est sans retour. Le prophète parle alors de ce symbole même de la déchéance, les autels de Béthel. Ce lieu chargé de symbole, appelé Bethel, "Maison de Dieu" par le patriarche Jacob (Genèse 28:19) a été investi par des dirigeants religieux pour assurer qu’en ces veaux se trouvaient la représentation du seul Dieu, l’Éternel, duquel nulle image ne pouvait être établie, car Il est esprit (Exode 20:4, Jean 4:24).

13 Écoutez, et témoignez-en dans la maison de Jacob, dit le Seigneur, l’Éternel, le Dieu des armées : 14 au jour où je ferai rendre des comptes à Israël pour ses transgressions, je lui ferai rendre des comptes pour les autels de Béthel, les cornes de l’autel seront brisées et tomberont à terre. 15 Je démolirai la maison d’hiver avec la maison d’été, les maisons d’ivoire disparaîtront ; ce sera la fin de nombreuses maisons, dit l’Éternel.

Il est un jour où ils rendront compte pour toutes les exactions, en particulier dans les maisons des notables, des riches, qui exploitent les petites gens (2:6). Sous le couvert religieux, bien des habitudes coupables se perpétuent, et ainsi Béthel est citée comme centre de la ruine à venir d’un peuple déchu.


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Amos 4:1 Ecoutez, vous qui opprimez les faibles...


 

Ecoutez, vous qui opprimez les petites gens - 4:1-13

Les maisons des notables seront démolies, dit l’Éternel. Ceci introduit la parole qui vient, adressée aux puissants, ou plus directement à leurs épouses. "Les vaches de Basan" les appelle-t-il. Le psalmiste reprendra cette image dans sa vision prophétique des souffrances du Messie, lorsqu’il dit : "Beaucoup de taureaux m'ont environné, des puissants de Basan m'ont entouré" (Psaumes 22:12) ; il annonçait le rôle pris par les notables en ce temps là. Une telle image n’est pas un compliment, nous le comprenons bien.

4  1 Écoutez cette parole, vaches de Basan, vous qui êtes dans la montagne de Samarie, vous qui opprimez les petites gens, qui écrasez les pauvres, qui dites à vos maris : Apporte, afin que nous buvions ! 2 Le Seigneur, l’Éternel, l’a juré par sa sainteté : les jours viennent sur vous où on vous enlèvera, vous, avec des crochets, et votre progéniturea vec des harpons ; 3 vous sortirez par les brèches, chacun droit devant lui, et vous serez rejetés vers l’Hermon, dit l’Éternel.

Les jours à venir ne sont pas à espérer, ces femmes importantes se verront ravir à leurs époux, leurs enfants conduits en exil, la seule issue se trouvant dans la fuite dans les montagnes de l’Hermon. Le prophète s’enhardit alors, prend un ton plus provoquant : "péchez, multiplies vos transgressions… c’est ce que vous aimez !"

4 Allez à Béthel et péchez ! Allez à Guilgal et multipliez les transgressions ! Offrez vos sacrifices le matin, et vos dîmes  tous les trois jours ! 5 Faites fumer vos sacrifices de reconnaissance avec du pain levé ! Proclamez vos offrandes volontaires, faites les connaître ! Car c’est là ce que vous aimez, fils d’Israël, dit le Seigneur, l’Éternel.

Et de poursuivre : "Quant à moi…", dit le prophète au nom de l’Éternel. Suivent une succession de peines et d’épreuves ressenties pour certaines avec douleur, et pourtant un constat se répète…

6 Quant à moi, voici ce que je vous ai donné : rien à vous mettre sous la dent dans toutes vos villes, plus de pain dans tous vos lieux. Malgré cela, vous n’êtes pas revenus à moi, dit l’Éternel.
 
7 Quant à moi, je vous ai refusé la pluie, alors qu’il y avait encore trois mois jusqu’à la moisson ; j’ai fait pleuvoir sur une ville, et sur une autre, je n’ai pas fait pleuvoir ; un champ a reçu la pluie, et la parcelle sur laquelle la pluie n’est pas tombée s’est désséchée. 8 Deux villes, trois villes se traînaient vers une autre pour boire de l’eau, et ils n’ont pas été rassasiés. Malgré cela, vous n’êtes pas revenus à moi, dit l’Éternel.
 
9 Je vous ai frappés par la brûlure et la rouille des blés ; vos nombreux jardins, vos vignes, vos figuiers et vos oliviers ont été dévorés par les chenilles. Malgré cela, vous n’êtes pas revenus à moi, dit l’Éternel.
 
10 J’ai envoyé parmi vous la peste, comme en Égypte, j’ai tué vos jeunes gens par l’épée, j’ai laissé prendre vos chevaux ; j’ai fait monter à vos narines  la puanteur de vos camps. Malgré cela, vous n’êtes pas revenus à moi, dit l’Éternel.
 
11 Je vous ai détruits, comme lors de la destruction divine de Sodome et Gomorrhe, et vous avez été comme un tison arraché à l’incendie. Malgré cela, vous n’êtes pas revenus à moi, dit l’Éternel.

Rien n’y a fait. Les calamités naturelles, les razzias de nations voisines, les destructions exceptionnelles… rien de cela ne conduisit le peuple à revenir à l’Éternel. Un retour de forme, peut-être, comme ces lieux de culte qui se remplissent lors des calamités, les mouvements immédiats vers la religion, rapidement oubliés dès que le temps de douleur est passé, et le retour au mépris des pauvres, au désordre moral, et autres iniquités. Le Créateur n’oublie pas…

12 C’est pourquoi, je vais te trairer ainsi, Israël. Et puisque je vais te traiter de la sorte, prépare-toi à rencontrer ton Dieu, Israël. 13 Car celui qui façonne les montagnes et crée le vent, qui fait connaître à l’homme sa pensée, celui qui change l’aurore en ténèbres et qui marche sur les hauteurs de la terre, son nom est l’Éternel, le Dieu des armées !

L’Éternel, le Créateur qui fait connaître à l’homme sa pensée, garde la haute main et apportera sa juste rétribution à tout acte impie des hommes.


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Amos 5:1 Une complainte sur Israël


 

Une complainte sur Israël
5:1-17

La vue d’une telle déchéance, et l’annonce d’une si grande ruine peuvent-elles être portées avec satisfaction ou indifférence par un homme de Dieu ? Evoquant un inévitable jugement, Ésaïe parlait d’une œuvre inaccoutumée accompli par Celui qui ne désire que bénir (Ésaïe 28:21). Ainsi s’élève une complainte suivie d’appels à revenir à l’Éternel, mais dans la conscience que ces paroles ne sont pas entendues car, dit le prophète, "Ils détestent celui qui les accuse à la porte de la ville" (5:10).

 
Ecoutez une complainte - 5:1-3

Une complainte sur "la vierge d’Israël". Le prophète utilise cette image d’une jeune fille pure, ce souvenir de la fraîcheur des commencements en des temps certes non exempts de défaillance, mais au cours desquels la joie de l’Éternel remplissait les cœurs. Qu’en est-il aux jours du prophète ? Une douleur profondément ressentie, car ce qui fut "la vierge" est aujourd’hui sur un chemin d’où elle ne se relèvera plus… Osée, après Amos, parlera d’une prostituée (Osée 1:2).

5  1 Écoutez cette parole, une complainte que j’élève sur vous, maison d’Israël !
 
2 Elle est tombée, elle ne se relèvera plus, la vierge d’Israël ; elle est étendue sur sa propre terre, personne ne la relève. 3 Car ainsi dit le Seigneur, l’Éternel : la ville qui allait en campagne avec mille, en aura cent de reste ; et celle qui allait en campagne avec cent, en aura dix de reste, pour la maison d’Israël.

La nation si fière au temps de Jéroboam II, à l’apogée du royaume, ne sera plus que des lambeaux allant de chute en chute, marquée par les luttes pour le pouvoir, les conjurations, les mauvaises alliances, la soumission à l’étranger jusqu’à l’assujettissement. Ésaïe l’avait lui-même annoncé disant : "Encore soixante-cinq ans, et Éphraïm cessera d'être un peuple" (Ésaïe 7:8). La douleur du prophète est grande. Mais cet avenir si noir peut-il être annoncé comme le serait une victoire ?

 
Appel du prophète - 5:4-9

Amos peut-il parler sans que ne soit connue la puissance de la grâce ? Peut-il invectiver ce peuple sans lui dire qu’il se trouve toujours une voie de redressement ? Ne doit-il pas rendre compte de la pensée de Dieu ? Il voit le désastre, il le sait inéluctable, mais ce n’est pas là un acte de rejet de la part de l’Éternel, la désolation à venir est la conséquence de l’endurcissement du peuple qui va toujours plus loin dans l’égarement. Alors il fait entendre cet appel : "Cherchez-moi, et vous vivrez !". Un appel pour toutes les générations (Deutéronome 30:19, Matthieu 7:7).

4 Car voici ce que dit l’Éternel à la maison d’Israël : Cherchez-moi, et vous vivrez ! 5 Ne cherchez pas à Béthel, n’allez pas à Guilgal et ne passez pas à Beër-Shéba, car Guilgal ira en exil et Béthel sera réduite à rien.

Des cultes idolâtres se tiennent à Bethel, à Guilgal, et même Beër-Shéba au sud du royaume de Juda (2 Rois 23:8). Amos, parlant avec force, évite ici aussi que paraisse un a priori contre le royaume des dix tribus. Où qu’elle se manifeste, l’idolâtrie est réprouvée, quoique la parole prononcée par le prophète concerne directement le royaume du nord et ses deux hauts lieux idolâtres que sont Bethel et Guilgal. Revenir à l’Éternel est le seul chemin ; sans cela les actes religieux, humiliations publiques, jeûnes proclamés, offrandes ne sont que doctrine et formes, ce n’est pas là "la foi et la vie !
 
Cet appel de l’Éternel est repris par le prophète qui fait entendre ici les conséquences de l’endurcissement.

6 Cherchez l’Éternel et vivez ! Craignez qu’il ne s’empare comme un feu de la maison de Joseph, et que le feu ne la dévore sans personne à Béthel pour l’éteindre, 7 vous qui changez l’équité en absinthe et qui jetez à terre la justice ! 8 Il fait les Pléïades et Orion, il change en aurore l’ombre de la mort, et obscurcit le jour pour en faire la nuit, il appelle les eaux de la mer et les répand sur la terre : son nom, c’est l’Éternel. 9 Il déchaîne le ravage sur le puissant, et le ravage survient sur la place forte.

Les Israélites peuvent-ils penser que l’Éternel, qui pourtant les laisse aller à leurs penchants funestes, est sans puissance ? Il est le Maître auquel les éléments créés sont soumis.

 
Conclusion - 5:10-17

Le prophète ne se drape pas d’illusions, il sait être détesté par les principaux, ceux qui disent le jugement "à la porte de la ville". Mais il poursuit, revenant sur l’iniquité sociale qui prévalait (2:6, 8:6), et l’injustice pratiquée. Et encore une fois, il exhorte à prendre le chemin de la vie : "Recherchez le bien, et non le mal, afin que vous viviez", mais sans réel espoir qu’un mouvement de retour à l’Éternel se manifeste.

10 Ils détestent celui qui les accuse à la porte de la ville et ils ont en abomination celui qui parle avec intégrité. 11 Aussi, parce que vous foulez aux pieds le pauvre, et que vous prenez de lui du blé en présent, vous avez bâti des maisons en pierres de taille mais vous ne les habiterez pas, vous avez planté des vignes excellentes, mais vous n’en boirez pas le vin. 12 Car, je le sais, vos transgressions sont multiples et vos péchés nombreux ; vous opprimez le juste, vous acceptez des pots-de vin et vous faites fléchir le droit des pauvres à la porte de la ville.
 
13 Voilà pourquoi, en des temps comme ceux-ci, l’homme de bon sens se taît, car ces temps sont mauvais.

La réalité est bien douloureuse. Voyons ici l’homme de bon sens, car il s’en trouve en Israël, il se tait, n’étant plus même écouté. Et pourtant ce peuple idolâtre déclare "Le Dieu des armées est avec nous", ainsi que nous le lisons ci-après, une illusion produite par la prospérité matérielle… Le prophète met les choses au point, assuré cependant de se faire détester…

14 Recherchez le bien, et non le mal, afin que vous viviez ; et qu’ainsi l’Éternel, le Dieu des armées, soit avec vous, comme vous le dites. 15 Haïssez le mal, et aimez ce qui est bon, faites régner le juste jugement à la porte de la ville ; peut-être l’Éternel, le Dieu des armées, fera-t-il grâce au reste de Joseph.
 
16 A cause de cela, ainsi parle l’Éternel, le Dieu des armées, le Seigneur : Sur toutes les places on se lamentera ; dans toutes les rues, on dira : Hélas, hélas ! On appellera le laboureur au deuil, et aux lamentations ceux qui s’entendent en chants de douleur. 17 Dans toutes les vignes, on se lamentera lorsque je passerai au milieu de toi, dit l’Éternel.

Ainsi le prophète envisage même un retour, "peut-être  l’Éternel fera-t-il grâce au reste de Joseph", mais ce souhait est submergé par la conviction de la lamentation à venir, sur les places, dans les rues, dans les vignes…


La lecture des prophètes se retrouve au site "Que dit l'Evangile ?",
complétée de textes introductifs et de notices historiques.
Il s'y trouve un lien intéractif aux références bibliques.
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