19/02/2011

Aggée 1:1 Le temps de bâtir


 

Livre des "Petits Prophètes"
Le Prophète Aggée

La parole... et mon Esprit,
demeurent au milieu de vous ;
ne craignez pas.     
Aggée 2:5


La deuxième année du roi Darius Ier s’écoule. Voilà neuf ans que Cyrus le Grand (559-529) est mort, et dix-huit ans que des Judéens sont remontés de Babylone sous la conduite de Joshua et Zorobabel. Dans ce commencement plein de ferveur, ils célébrèrent la fête de Succot (Lévitique 23:33-43, Esdras 3:4) et posèrent les fondations du temple à l’emplacement du temple de Salomon. Et cela se fit dans la joie et dans la louange à l’Éternel, "Car il est bon, car sa bonté envers Israël demeure à toujours" (Esdras 3:11). Mais les populations qui occupaient le pays s’activèrent bien rapidement, allant jusqu’à infiltrer parmi les Judéens des conseillers chargés de les décourager (Esdras 4:4-5).
 
Alors chacun semble s’être concentré sur sa propre maison et ses champs (Aggée 1:4). Nous devons bien le comprendre. Parmi les exilés à Babylone, ce n’est qu’un petit groupe de Judéens qui sont remontés à Jérusalem ; quelque cinquante mille (Esdras 2:64). Et ils se trouvent alors parmi des populations d’origines diverses où se trouvaient quelques meneurs occupés en vue de leur propres intérêts et flattant pour cela l’autorité perse en vue de décourager ces nouveaux venus. Ces quelques Judéens sont montés remplis d’idéal, nourris par la parole des prophètes qui leurs parlaient à Babylone, vers la fin de l’exil, et dont les paroles sont consignées en fin du Livre d’Ésaïe (Ésaïe 40 à 66). Ils étaient conscients de la mission qui était la leur, à savoir faire revivre un réel témoignage à l’Éternel, ayant reçu de Dieu ses oracles précieux. Le découragement les touche bien vite… Et nous ne pouvons que les comprendre. Ils avaient quitté leurs activités à Babylone, et se retrouvaient avec leurs familles dans un pays en friche. Il fallait vivre !
 
Le temple attendait… Des fondations, sans doute aussi quelques pans de mur élevés, mais le chantier était abandonné… Alors le Seigneur suscite deux hommes de Dieu pour encourager, et nous pourrions dire "secouer" les conducteurs, Joshua et Zorobabel, et réveiller l’ensemble des Judéens.

 
Le temps de bâtir - 1:1-15

Le temps passe ! Après les commencements dans la ferveur, les travaux du temple ont été abandonnés. Nous sommes en 520, le chef de l’empire est Darius Ier, et surgit alors un homme dont nous ne connaissons pas les origines, mais qui est étreint par ce grand découragement qui a surpris les Judéens. Il s’adresse au gouverneur établi au temps de Cyrus, et au souverain sacrificateur.

1  1 La seconde année du roi Darius, au sixième mois, le premier jour du mois, la parole de l’Éternel vint par Aggée, le prophète, à Zorobabel, fils de Shealthiel, gouverneur de Juda, et à Joshua, fils de Jotsadak, le grand sacrificateur, disant : 2a Ainsi parle l’Éternel des armées, disant :

Les paroles sont incisives : "ce peuple dit…". Et la réplique suit, une question qui doit conduire l’auditoire à un retour sur soi. Ils étaient montés avec l’autorisation de reconstruire le temple, et même cela fut alors considéré comme une mission assignée par Cyrus lui-même (Esdras 1:2-3). Et tous les Judéens présents en Judée étaient montés sur cette parole, mais il n’y avait du temple que les fondations !

2b Ce peuple dit : Le temps n’est pas venu, le temps de la maison de l’Éternel, pour la bâtir. 3 Et la parole de l’Éternel vint par Aggée le prophète, disant : 4 Est-ce le temps pour vous d’habiter dans vos maisons lambrissées, tandis que cette maison est dévastée ?

Gardons-nous de lire ces paroles seulement comme une histoire ancienne qui finira bien. La question se pose en toutes les époques : vaut-il la peine de rendre le témoignage de Dieu visible au monde ? La lumière n’est-elle pas mise ici sous le boisseau ?
 
La réplique du prophète à la parole du peuple est vive. Le peuple affirme, et le prophète questionne. Remarquons qu’il ne parle pas d’habiter "vos maisons", mais bien de "maisons lambrissées" ! Et le prophète poursuit : "Considérez-bien vos voies !" Une injonction qui ne peut laisser de marbre aucun croyant…

5 Et maintenant, ainsi dit l’Éternel des armées : Considérez bien vos voies. 6 Vous avez semé beaucoup, et vous rentrez peu ; vous mangez, mais vous n’êtes pas rassasiés ; vous buvez, mais vous n’en avez pas assez ; vous vous vêtez, mais personne n’a chaud ; et celui qui travaille pour des gages, travaille pour les mettre dans une bourse trouée. 7 Ainsi dit l’Éternel des armées : Considérez bien vos voies : 8 Montez à la montagne et apportez du bois, et bâtissez la maison ; et j’y prendrai plaisir, et je serai glorifié, dit l’Éternel.
 
9 Vous vous attendiez à beaucoup, et voici, ce n’a été que peu ; et vous l’avez apporté à la maison, et j’ai soufflé dessus. Pourquoi ? dit l’Éternel des armées. À cause de ma maison, qui est dévastée, — et vous courez chacun à sa maison. 10 C’est pourquoi au-dessus de vous les cieux ont retenu la rosée, et la terre a retenu son produit ; 11 et j’ai appelé une sécheresse sur la terre, et sur les montagnes, et sur le blé, et sur le moût, et sur l’huile, et sur ce que le sol rapporte, et sur les hommes et sur les bêtes, et sur tout le travail des mains.

La situation était ainsi que l’objectif des Judéens, dans leur ensemble, était d’arriver à vivre paisiblement, prospérer simplement par leur activité. Mais étaient-ils heureux ainsi ? "Vous récoltez peu, vous n’êtes pas rassasiés, vêtus vous n’avez pas chaud…" Que leur manquait-il ? Nous le voyons : l’engagement dans un projet avec l’Éternel, lequel générerait la joie qui leur manquait, cette "vie en abondance" (Jean 10:10). Illusions, leurre, rêve ? Tel n’est pas le cas pour l’homme qui "vit par sa foi" (Habacuc 2:4) et qui peut goûter sur ce chemin "la rosée, la pluie fine sur l’herbe tendre, les ondées sur l’herbe mûre" (Deutéronome 32:2, voir aussi Genèse 27:28 et Zacharie 8:12).
 
Une parole forte, et des hommes de haute valeur. Si le découragement avait surpris tout ce peuple, Zorobabel et Joshua, et le peuple avec eux rebondissent ! La fraîcheur du commencement ne s’était pas vraiment étiolée, mais surtout le prophète fait comprendre qui est l’Éternel, leur rappelant que le Seigneur "est avec eux".

12 Et Zorobabel, fils de Shealthiel, et Joshua, fils de Jotsadak, le grand sacrificateur, et tout le reste du peuple, écoutèrent la voix de l’Éternel, leur Dieu, et les paroles d’Aggée le prophète, selon la mission que lui avait donnée l’Éternel, leur Dieu ; et le peuple craignit l’Éternel.
 
13 Et Aggée, le messager de l’Éternel, parla au peuple par le message de l’Éternel, disant : Je suis avec vous, dit l’Éternel. 14 Et l’Éternel réveilla l’esprit de Zorobabel, fils de Shealthiel, gouverneur de Juda, et l’esprit de Joshua, fils de Jotsadak, le grand sacrificateur, et l’esprit de tout le reste du peuple ; et ils vinrent et travaillèrent à la maison de l’Éternel des armées, leur Dieu, 15 le vingt-quatrième jour du sixième mois, en la seconde année du roi Darius.

Ils ne sont pas conduits à des lamentations sans fin, ni à des proclamations de culpabilité, mais écoutent, sont encouragés et se remettent au travail. Trois semaines après la première proclamation d’Aggée, homme de Dieu, le travail a repris. Le premier jour du mois, la parole a été entendue, et le vingt-quatrième les hommes sont au travail au temple ! Juste le temps de s’organiser… Résumons : Dieu parle ; les hommes écoutent et reçoivent la parole ; Dieu déclare être avec eux et leur donne la force spirituelle ; et le travail reprend…


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Aggée 2:1 La gloire de la Maison


 

La gloire de la maison - 2:1-9

Le travail est à peine repris que vient le septième mois, un mois de célébrations solennelles, et en particulier Succot, la fête des Cabanes. Dès le quinzième jour du mois, et pendant sept jours, les Israélites vivent alors dans des cabanes en se rappelant la traversée du désert ; au vingt-et-unième jour a lieu un grand rassemblement. (Lévitique 23:34-43, voir aussi Jean 7:37). Nous pouvons penser à la joie de la fête, nuancée par l’état du temple cette année là, et le petit nombre d’Israélites présents ; mais de l’autre côté, c’est un jour plein de promesse, puisqu’ils sont occupés à l’œuvre de reconstruction…
 
Ce jour-là, Aggée fait une proclamation à l’adresse de Zorobabel et de Joshua.

2  1 Au septième mois, le vingt et unième jour du mois, la parole de l’Éternel vint par Aggée le prophète, disant : 2 Parle à Zorobabel, fils de Shealthiel, gouverneur de Juda, et à Joshua, fils de Jotsadak, le grand sacrificateur, et au reste du peuple, disant : 3 Qui est de reste parmi vous qui ait vu cette maison dans sa première gloire, et comment la voyez-vous maintenant ? N’est-elle pas comme rien à vos yeux ?

Qu’est en effet la maison, et que pourra-t-elle être lorsque l’on considère la modicité des moyens dont disposent les Judéens qui sont à l’œuvre ? Le prophète en appelle à ceux qui ont connu le temple de Salomon, ceux qui l’ont vu de leurs yeux avant qu’il ne soit réduit en ruine. Certes, ils ne pouvaient être bien nombreux, lorsque nous considérons le temps qui a passé, de l’an 586 lorsque le temple fut réduit en poussière à l’an 520 où nous sommes parvenus. Seuls des vieillards pouvaient l’avoir vu lorsqu’ils étaient de jeunes…
 
Il y a ici une leçon importante. Ceux qui pourraient être nostalgiques de la gloire passée du temple de Salomon sont conduits à des pensées plus élevées, plus spirituelles. Il fallait conjurer à l’avance le risque de nouvelles difficultés, de nouvelles sources de découragement devant l’impossibilité pour ces hommes de donner à la construction le lustre d’antan. A quoi bon construire, pourraient-ils se dire ! Et le Seigneur, par la bouche d’Aggée, communique ce qui est essentiel, le fondement de leur confiance.

4 Mais maintenant, sois fort, Zorobabel, dit l’Éternel, et sois fort, Joshua, fils de Jotsadak, grand sacrificateur, et soyez forts, vous, tout le peuple du pays, dit l’Éternel, et travaillez ; car je suis avec vous, dit l’Éternel des armées. 5 La parole selon laquelle j’ai fait alliance avec vous, lorsque vous sortîtes d’Égypte, et mon Esprit, demeurent au milieu de vous ; ne craignez pas.

Sois fort, soyez forts, car je suis avec vous. Une réalité merveilleuse quand elle est vécue : ce n’est pas une parole de principe, mais une réalité vécue lorsqu’on se laisse conduire (Rom.15:33, 2 Cor.13:11, Phil.4:9, 2 Thes.3:16).
 
Dieu veille, et parle. Non, l’apparence extérieure n’est rien, ce qui doit leur donner force et endurance, c’est que leur travail s’inscrit dans le plan de Dieu ! Lui détient les plans et Il conduit ses serviteurs ; le bonheur est d’entrer dans ce travail, chacun à sa propre place (1 Cor.12:7, Éph.4:7).

Pour le verset 6, ci-après, le texte retenu dans les traductions françaises courantes, fondé sur la Bible des Massorètes, ajoute " ce sera dans peu de temps". Ceci ne se trouve pas dans la traduction grecque des LXX, fondée sur une version antérieure de la Bible hébraïque proche des textes biblique des manuscrits de la Mer Morte.
6 Car, ainsi dit l’Éternel des armées : Encore une fois, j’ébranlerai les cieux et la terre, et la mer et la terre sèche ; 7 j’ébranlerai toutes les nations, et les choses précieuses de toutes les nations viendront, et je remplirai cette maison de gloire, dit l’Éternel des armées. 8 L’argent est à moi, et l’or est à moi, dit l’Éternel des armées : 9 la dernière gloire de cette maison sera plus grande que la première, dit l’Éternel des armées, et dans ce lieu, je donnerai la paix, dit l’Éternel des armées.

Et pour suivre, il est affirmé qu’en son temps, un grand bouleversement aura lieu sur la terre, et les nations, tournées vers l’Éternel, apporteront chacune leurs biens les plus précieux par lesquels le temple, si modeste aux yeux des auditeurs, sera couvert de gloire. Ainsi, les Judéens dont appelés à rétablir le temple, mais n’ont pas à se préoccuper de sa gloire ; ce qu’ils font n’a pas de grande apparence, mais entre dans le plan divin. L’Éternel, en son temps, remplira le temple de gloire par l’apport des nations qui se tourneront vers Lui, ce que les Judéens avaient déjà entendu par la parole de prophètes qui parlaient peu avant leur départ de Babylone (Ésaïe 60:5-11) et qui sera rappelé encore bien des siècles plus tard (Apocalypse 21:24-26). Ce sera au temps du règne de paix qui sera instauré par l’action directe du Seigneur.
 
S’il pouvait se trouver une parole propre à donner du cœur à l’ouvrage, c’est bien celle-là. La fraîcheur des premiers commencements s’en est allée depuis longtemps (Apocalypse 2:4), et Zacharie dont la voix se fait entendre quelques jours plus tard le rappellera (Zacharie 1:1-6), mais pour ces réchappés de Babylone, malgré les quinze années de découragement qu’ils viennent de traverser, le chemin s’illumine ainsi par la parole d’Aggée : leur modeste travail entre dans le plan de l’Éternel.


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Aggée 2:10 "Dès ce jour-ci Je bénirai"


 

"Dès ce jour-ci, je bénirai" - 2:10-19

Deux mois ont passé, depuis que les travaux de reconstruction du temple ont repris. Le prophète s’adresse maintenant aux prêtres, hommes qui connaissaient les préceptes de la Loi. Et aux questions du prophète, ces hommes répondent correctement.

10 Le vingt-quatrième jour du neuvième mois, dans la seconde année de Darius, la parole de l’Éternel vint par Aggée le prophète, disant :
 
11 Ainsi dit l’Éternel des armées : Interroge les sacrificateurs sur la loi, disant : 12 Si un homme porte de la chair sainte dans le pan de sa robe, et qu’il touche avec le pan de sa robe du pain, ou quelque mets, ou du vin, ou de l’huile, ou quoi que ce soit qu’on mange, ce qu’il a touché sera-t-il sanctifié ? Et les sacrificateurs répondirent et dirent : Non. 13 Et Aggée dit : Si un homme qui est impur par un corps mort touche quelqu’une de toutes ces choses, est-elle devenue impure ? Et les sacrificateurs répondirent et dirent : Elle est impure.

Où veut donc en venir le prophète ? La Loi est rigoureuse, il est vrai, et les actes cérémoniels évoqués avec les prêtres représentent des réalités morales que le prophète ne peut garder dans l’ombre. Il saisit la juste compréhension des prêtres pour souligner que ces figures rituelles représentent en fait l’état du peuple : "Ce peuple est ainsi" leur dit-il. Et de rappeler sa première interpellation à ses auditeurs, lorsqu’il évoquait les carences dont la population souffrait : la faiblesse des récoltes, les vêtements qui ne donnent pas chaud, le salaire retenu dans des bourses trouées (1:6). Le peuple pouvait bien vivre, mais la vie n’était pas à la hauteur de leurs attentes ; une vie laborieuse et triste, alors qu’ils étaient revenus de l’exil remplit de zèle !
 
Une vie, certes, mais non pas la "vie en abondance" (Jean 10:10). Est-ce la finalité de Dieu envers ses créatures ? Un mois plus tôt, Zacharie avait parlé des fautes morales passées qui engendraient une restriction à la bénédiction de Dieu sur le travail… (Zacharie 1:1-6). Les principes peuvent-ils changer ? Il en était de même du reste remonté de captivité avant qu’ils ne commencent à travailler au Temple lui-même.

14 Et Aggée répondit et dit : Ainsi est ce peuple, et ainsi est cette nation devant moi, dit l’Éternel, et ainsi est toute l’œuvre de leurs mains, et ce qu’ils présentent là est impur. 15 Et maintenant, considérez bien, je vous prie, ce qui va arriver dès ce jour et dorénavant : avant qu’on eût mis pierre sur pierre au temple de l’Éternel, 16 avant que ces jours fussent, si l’on venait à un tas de vingt boisseaux, il y en avait dix ; si l’on venait à la cuve pour puiser cinquante mesures, il y en avait vingt ; 17 je vous ai frappés par la brûlure et la rouille et la grêle, dans toute l’œuvre de vos mains, et aucun de vous n’est revenu à moi, dit l’Éternel : 18 considérez-le bien, je vous prie, dès ce jour et dorénavant, depuis le vingt-quatrième jour du neuvième mois, depuis le jour où le temple de l’Éternel a été fondé ; considérez-le bien. 19a La semence est-elle encore dans le grenier ? Même la vigne, et le figuier, et le grenadier, et l’olivier, n’ont pas porté de fruit.
 
19b Dès ce jour-ci, je bénirai.

La finalité de Dieu ? Apporter la bénédiction ! Les cœurs sont engagés dans le travail – la construction du temple a repris – les priorités sont reconnues dans les faits, non pas seulement dans les intentions ou dans l’intellect. Alors, ces croyants, engagés dans le plan de l’Éternel, découvrent autre chose que leurs greniers moins remplis qu’attendus, et éprouvent cette chaleur que donne la conscience d’une œuvre utile.
 
Mais cette parole est entendue non par des gens qui se disent qu’en mettant une pierre au temple ils vont jouir de quelques facilités, mais des croyants qui se sont engagés dans le plan de l’Éternel, négligeant leur confort, "leurs maisons lambrissées" (1:4), se sont mis au travail sans attentes matérielles, mais parce qu’ils y croyaient…


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Aggée 2:20 "Je t'ai choisi..."


 

"Je t’ai choisi, Zorobabel" - 2:20-23

Le même jour, Aggée est poussé à parler en particulier à Zorobabel. Nous pouvons nous demander pourquoi cette adresse particulière, après qu’il eût été déjà cité plus haut, d’autant plus que ce message est très fort… Qui donc est ce Zorobabel dont le nom signifie "né à Babylone" ? Un descendant du roi David, et de Josias, petit-fils de Jéhoïakin, ce roi qui, tout jeune, fut emmené en captivité par Nabuchodonosor et remplacé sur le trône par son oncle Sédécias. Il fut mandaté par l’autorité perse pour conduire, avec Joshua, les Judéens qui répondirent à l’édit de Cyrus, mais aussi, il ne put que voir s’arrêter les travaux de reconstruction du temple… Et lui-même a perdu le feu sacré, jusqu’à ce qu’Aggée le "réveille" (1:14).
 
Que lui dit personnellement Aggée ? Et pourquoi ?

20 Et la parole de l’Éternel vint à Aggée, pour la seconde fois, le vingt-quatrième jour du mois, disant : 21 Parle à Zorobabel, gouverneur de Juda, disant : J’ébranlerai les cieux et la terre, 22 je renverserai le trône des royaumes, et je détruirai la puissance des royaumes des nations, et je renverserai les chars et ceux qui les montent ; et les chevaux seront abattus, et ceux qui les montent, chacun par l’épée de son frère. 23 En ce jour-là, dit l’Éternel des armées, je te prendrai, Zorobabel, fils de Shealthiel, mon serviteur, dit l’Éternel, et je te mettrai comme un cachet ; car je t’ai choisi, dit l’Éternel des armées.

Aggée lui reparle des événements qu’il a évoqués deux mois plus tôt, lorsqu’il disait : "Encore une fois, j’ébranlerai les cieux et la terre" (2:7). Le travail confié à Zorobabel entre dans le plan divin de l’établissement de son royaume, et la paix pour l’humanité tout entière, et, à la mention de Zorobabel qui sera pris comme "un cachet", nous voyons ce modeste descendant de David établi comme une garantie d’un avenir glorieux, le Fils de David qui prendra les rênes du gouvernement de l’humanité.
 
Ainsi, le modeste travail entre dans cet accomplissement, et le gouverneur lui-même est un maillon de cette chaîne qui lie David au Fils de David. Des paroles pour donner confiance à cet homme "né en exil", et qui doit faire face à une œuvre importante, mais dont le résultat ne pourra qu’être fort modeste, tant sont limités les moyens de ce petit groupe de Judéens. Deux mois plus tard, Zacharie parlera lui-même à Zorobabel pour l’encourager encore (Zacharie 4). Par cette parole, le gouverneur reçoit une légitimité dans l’accomplissement de la reconstruction du temple, lui qui devait sa fonction administrative à la puissance perse.

 

 
REFLEXIONS

L’ouvrage contesté par les populations voisines sera poursuivi pour aboutir, quatre ans plus tard, les Judéens ayant reçu, peu après qu’ils aient repris le travail, l’approbation du roi Artaxersès, successeur de Darius II :

Esdras 6  14 Les anciens des Judéens bâtirent et prospérèrent par la prophétie d'Aggée, le prophète, et de Zacharie, fils d'Iddo. Et ils bâtirent et achevèrent, selon l'ordre du Dieu d'Israël et selon l'ordre de Cyrus, et de Darius, et d'Artaxerxès, roi de Perse. 15 Et cette maison fut achevée le troisième jour du mois d'Adar : c'était la sixième année du règne du roi Darius.

C’était au printemps de l’an 515 ; et la célébration de la pâque comme la fête des pains sans levain purent alors être célébrées dans une joie toute particulière (Esdras 6:19-22).
 
Peu de mots, peu de pages, mais des paroles d’une importance extrême. En effet, d’Aggée nous ne connaissons que ces quatre prédications bien brèves, et le souvenir qu’il a laissé, avec Zacharie, comme ayant réveillé l’esprit des Judéens, de telle manière qu’ils se sont remis au travail. Le témoignage rendu à l’Éternel avait été perdu par l’abandon de l’alliance par les Israélites, malgré les prophètes qui leurs parlèrent à tant de reprises. Ésaïe le dit déjà quelques deux cent ans plus tôt (Ésaïe 5:4), et d’autres parlèrent après lui sans parvenir à faire retourner durablement à la fidélité envers l’Éternel.
 
Et pourtant le plan divin n’a pas changé, il ne le pouvait pas. Et par ce petit groupe de Judéens, marqué par la faiblesse, touché par le découragement, l’œuvre de Dieu se poursuit, et la lignée de David est reconnue, qui conduira jusqu’au Messie (Matthieu 1:13, Luc 3:27). Le temple n’est pas grand-chose aux yeux des hommes, sans doute, mais il est grand aux yeux de la foi, car il atteste de l’accomplissement du plan divin. Et c’est là ce que rappellera Zacharie, le prophète, pour montrer à son tour l’importance d’une œuvre modeste pour rendre compte au monde de la permanence de la pensée de Dieu et de l’accomplissement de son propos.

Esdras 5  1 Et les prophètes, Aggée le prophète, et Zacharie, fils d'Iddo, prophétisèrent aux Juifs qui étaient en Juda et à Jérusalem, au nom du Dieu d'Israël. 2 Alors Zorobabel, fils de Shealthiel, et Jéshua, fils de Jotsadak, se levèrent et commencèrent à bâtir la maison de Dieu qui est à Jérusalem ; et avec eux, les prophètes de Dieu qui les assistaient.

La construction d’une Maison de Dieu ! Quelle importance que cette maison de bois et de pierres de tailles ? Importance pour Dieu ? Objectivement non, pas en soi… Ce qui compte, c’est ce qui se passe dans le cœur de ces hommes et de ces femmes remontés de Babylone ! Qu’ils reviennent vers Dieu ! Et ce qu’ils vivent, en se faisant des maisons lambrissées, c’est un affaiblissement de la foi, mais aussi de la confiance, mais encore de la vie avec Dieu… Tant qu’ils ont devant eux de construire le Temple, ils montrent leur foi, ou plutôt ils la démontrent, ils en font la preuve, mais plus encore, ils l’entretiennent, la fortifient… Et ils ont cette joie incomparable d’entrer consciemment dans le plan divin, l’établissement de la paix sur la terre, sans doute, mais plus immédiatement, la manifestation de ce projet afin que les hommes prennent conscience que Dieu est, et que sa joie est de faire enter les hommes dans son royaume, la sphère moral où sa parole est connue et honorée.


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