19/01/2011

Jonas 1:1 Fais-tu bien de t'irriter ?


 

Livre des "Petits Prophètes"
Le Livre de Jonas

Et l’Éternel dit : Fais-tu bien de t’irriter ?
Jonas 4:4

Que dire de cette histoire de Jonas ? Un prophète a-t-il été envoyé vers un peuple étranger à la Promesse ? Et en particulier vers l’Assyrien, cet empire puissant qui n’eût de cesse de s’étendre en faisant peser sur ses voisins, et même au loin, le poids de ses appétits territoriaux, au point qu’il devient le symbole de l’ambition et de la cruauté ; cet empire est le sujet central du cri de douleur et de colère prononcé par Nahum, le prophète… Dans notre "livre de Jonas", Ninive n’est manifestement qu’un élément du tableau en vue de nous donner une leçon essentielle par les comportements de l’homme qui en est le centre. En un temps reculé, un homme de Dieu composa donc ce livre "pour enseigner", s’emparant d’une part du nom d’un prophète du passé déjà (vers 830) et d’autre part du souvenir d’une nation qui fut à son apogée avec son dernier roi, Assurbanipal (669-627), dont les efforts guerriers démesurés pour maintenir l’empire le conduisirent à l’implosion et la ruine
 
Jonas, l’homme historique vécut deux siècles avant que Ninive ne connût les dimensions évoquées dans le livre, et on pourrait se demander pourquoi celui-là est cité, et non un autre. Du prophète, le livre des Rois ne dit qu’un seul acte : il encouragea le roi Jéroboam II à reconquérir des portions de territoire que les Dix tribus avaient perdues (1 Rois 14:25). Nous ne connaissons donc que ce caractère "nationaliste" de l’homme, et cela est particulièrement en phase avec le récit du livre (voir, en annexe, "Le prophète Jonas et la ville de Ninive"). L’écart des dates, relevé dans le texte biblique lui-même, nous indique, sans même sur s’interroger sur les faits étranges que le livre relate, et qui relèvent du merveilleux, qu’il s’agit ici d’un "conte", une forme de large parabole destinée à enseigner les auditeurs au temps où il fut composé, et les lecteurs d’alors et d’aujourd’hui. Ce "conte théologique" est remarquable par les leçons qu’il nous donne. Il rappelle à une nation en difficulté que les promesses faites à Israël ne font pas du "peuple choisi" le seul sur lequel le regard de Dieu se pose afin de le bénir. Et, outre nous y discernons un signe prophétique à plus d’un égard, en particulier dans le réveil de Jonas et son repentir (Mat.12:39-41, 16:4, Luc 11:30-32). Ce livre est un signe que nous ne pouvons négliger.

 
Qu’as-tu donc de dormir ? - 1:1-16

Un homme appelé à une grande œuvre : parler à la ville de Ninive, et non pas parler de Ninive aux Israélites, comme le fit effectivement Nahum. Si cet acte était réel, ce serait bien le seul cas dans toute la Bible hébraïque. Mais le signe est important. Le prophète connaît Dieu, et se réjouirait bien plutôt du jugement de la ville que de sa réconciliation avec l’Éternel. Notons que le vrai Jonas paraît "nationaliste" ! Mais l’homme est déclaré prophète, et il connaît l’Éternel, ainsi que nous lisons : "j’ai préféré fuir à Tarsis, car je savais que tu es un Dieu qui fais grâce, miséricordieux, lent à la colère et grand en bonté, qui renonces au mal dont tu as menacé" (4:2). La patience de l’Éternel envers son peuple lui est bien connue, et, ainsi que nous le voyons, il ne peut accepter en lui-même qu’une telle patience soit aussi pour une nation étrangère.
 
Rejetant l’idée d’être l’agent d’une telle miséricorde, le prophète s’enfuit sur un des grands cargos qui vont jusqu’au-delà des Colonnes d’Hercule (Gibraltar), aussi loin donc qu’il pouvait penser aller… Mais peut-il échapper au regard de Dieu ? (Psaume 139:9-10).

1  1 La parole de l’Éternel à Jonas, fils d’Amitthaï. Il dit : 2 Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et crie contre elle, car le mal qu’elle fait est monté jusqu’à moi.
 
3 Alors Jonas voulut s’enfuir à Tarsis, devant la face de l’Éternel. Il descendit à Joppé (Jaffa) et trouva un navire qui allait à Tarsis ; il paya le prix de sa place et embarqua avec l’équipage pour aller à Tarsis et fuir ainsi la face de l’Éternel.
 
4 Mais l’Éternel lança une grand vent sur la mer, et il y eut une grande tempête. Le navire menaçait de se briser. 5 était descendu au fond du vaisseau, s’était couché et dormait profondément. 6 Le chef d’équipage s’approcha de lui et lui dit : Qu’as-tu donc de dormir ? Lève-toi, crie à ton dieu ! Peut-être ce dieu pensera-t-il à nous, pour que nous ne disparaissions pas.

Le prophète en fuite, ne pouvant accepter d’intervenir dans le plan divin, ne voulant être employé dans une œuvre de miséricorde arrive à s’endormir… Et ainsi, refusant de "marcher avec son Dieu", il tombe bien vite sous le niveau moral des gens qu’il côtoie (1 Cor.15:34, Éph.5:14, 2 Tim.2:26). Et ici, point de signe du ciel pour les marins, ils procèdent comme ils le pensent en tirant au sort, mais la vérité doit venir au jour.

7 Ils se dirent l’un à l’autre : Venez, tirons au sort, afin que nous sachions qui nous attire ce malheur. Ils tirèrent au sort, et le sort tomba sur Jonas. 8 Alors ils lui dirent : Explique-nous, s’il te plaît, qui nous attire ce malheur. Quelle est ton activité, et d’où viens-tu ? Quel est ton pays, et de quel peuple es-tu ? 9 Il leur répondit : Je suis Hébreu et je crains l’Éternel, le Dieu des cieux, qui a fait la mer et la terre ferme. 10 Les hommes eurent une grande frayeur, et lui dirent : Qu’as-tu fait. Ils savaient, en effet, qu’il fuyait de devant la face de l’Éternel, car il le leur avait déclaré. 11 Ils lui dirent : Que devons-nous faire de toi, pour que la mer s’apaise pour nous ? Car la mer se déchaînait de plus en plus.

Le réveil de Jonas est bien douloureux, et les hommes des nations, craignant chacun le dieu de sa propre nation, ont vite fait, sans rien savoir, de plonger l’homme dans le désarroi. Jonas est sorti de son sommeil – nous pouvons comprendre l’instruction (Rom.13:11, 1 Cor.15:34, Éph.5:14, 2 Pier.1:13, 3:1) ; il ressent sa propre culpabilité. Et nous voyons le soin porté à l’examen de la situation.

12 Il leur répondit : Prenez-moi, jetez-moi à la mer, et la mer s’apaisera pour vous ; je sais que c’est moi qui ait attiré sur vous cette grande tempête. 13 Les hommes ramaient pour gagner la terre ferme, mais ils n’y parvenaient pas, car la mer se déchaînait toujours plus contre eux. 14 Alors ils invoquèrent l’Éternel et dirent : Ah, Éternel ! que nous ne périssions pas, nous t’en prions, à cause de la vie de cet homme ; et ne nous charge pas d’un sang innocent ! Car, Éternel, tu as fait comme tu l’as voulu. 15 Puis ils prirent Jonas et le jetèrent à la mer ; et la fureur de la mer s’arrêta. 16 Les hommes craignirent beaucoup l’Éternel. Ils offrirent un sacrifice à l’Éternel, et firent des vœux.

Les matelots idolâtres ne sont pas sans piété, ils sont seulement dans l’ignorance de l’Éternel, mais ils comprennent la situation. Toutefois, jeter délibérément un homme à la mer n’est pas un acte quelconque. Ainsi les voyons-nous invoquer ici non pas leur propre dieu, mais l’Éternel qui s’est ainsi manifesté par une tempête si impressionnante. Un grand respect pour la vie, alors que leurs conditions sont bien précaires, un bel exemple d’humanité !
 
Cette leçon est très forte. D’un côté nous voyons un croyant insensible et sans doute même heureux de la désolation de tout un peuple, et de l’autre, de simples marins soucieux de la vie d’un homme, alors même que leur situation est précaire. L’auteur du livre ne souligne-t-il pas ici les richesses d’humanité qui peuvent se trouver en tout homme ?


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Jonas 2:1 Laprière de Jonas


 

La prière de Jonas - 2:1-11

Si le cadre du récit appartient au domaine du merveilleux, ce qu’il nous donne c’est la situation d’un homme ayant une relation avec Dieu – et qui fait profession de Le servir – et qui se trouve sur un chemin opposé. Confondu par des non-croyants remplis d’humanité, respectueux de la vie d’autrui, le prophète se trouve seul, enveloppé dans une gangue morale, son propre entêtement, qui ne lui permet plus que de revenir sur lui-même et crier à Dieu. Comment pourrait-il s’expliquer, communiquer à autrui, le chemin dans lequel il s’est mis ? Son seul recours n’est que de crier à l’Éternel ; mais ce seul recours n’est-il pas le meilleur qui puisse être ?
 
Après être sorti de cette expérience salutaire pour son âme, il rend compte de la délivrance qu’il éprouve, non pas la libération d’un quelconque ennemi, mais la liberté retrouvée relativement au tourment produit par ses propres errements. "L’Éternel m’a répondu !" s’écrie-t-il.

2  1 Et l’Éternel prépara un grand poisson pour engloutir Jonas ; et Jonas fut dans les entrailles du poisson trois jours et trois nuits. 2 Et Jonas pria l’Éternel, son Dieu, des entrailles du poisson, 3 et il dit :

3b De ma détresse, j’ai invoqué l’Éternel et il m’a répondu. Du sein du shéol, j’ai crié ; tu as entendu ma voix.
4 Tu m’as jeté dans les profondeurs, au cœur des mers, et le courant m’a entouré ; toutes tes vagues et tes flots ont passé sur moi.
5 Et moi je disais : Je suis rejeté de devant tes yeux ! Toutefois, je regarderai encore vers le temple de ta sainteté.
6 Les eaux m’ont enserré jusqu’à la gorge, l’abîme m’a entouré, les algues ont enveloppé ma tête.
7 Je suis descendu jusqu’aux fondements des montagnes ; les verrous de la terre s’étaient fermés sur moi pour toujours ; mais, ô Éternel, mon Dieu, tu m’as fait remonter vivant de la fosse.
8 Alors que mon âme défaillait, je me suis souvenu de l’Éternel. Ma prière est parvenue jusqu’à toi, jusqu’au temple de ta sainteté.
9 Ceux qui s’attachent à des futilités illusoires abandonnent la grâce qui est à eux.
10 Mais moi, je t’offrirai des sacrifices en déclarant ma reconnaissance ; je m’acquitterai des vœux ce que j’ai faits. La délivrance est de l’Éternel.

11 Et l’Éternel commanda au poisson, et il vomit Jonas sur la terre.

Voyons ces expressions variées évoquant son tourment : le courant, les vagues, les algues même, et encore les fondements des montagnes… Si la mer est bien évoquée, rien ne parle dans la prière même d’entrailles de cétacé. La profondeur de l’épreuve, la solitude face à lui-même produisent des cris à l’Éternel et l’expérience d’une délivrance qui n’est que grâce. Celui qui "sort de la fosse" est un homme qui sait avoir été entendu, un homme qui vit et qui peut rendre témoignage de ses errements pour en tire une leçon.
 
Le sage qui a composé ce récit nous enseigne et nous donne une parole à retenir, à encadrer pouvons-nous dire : "Ceux qui s’attachent à des futilités illusoires abandonnent la grâce qui est à eux." Une parole de sagesse bien aisée à comprendre, et combien essentielle. Dans notre récit, celui qui en est le centre a compris ses illusions, leur futilité. Ses penchants nationalistes lui font aimer que l’attention de Dieu soit limitée à son peuple ; de plus, il pense pouvoir échapper à son regard…. Et, dans l’isolement le plus profond, celui qui voulait tourner le dos à l’Éternel n’a plus de recours qu’en Lui ; il réalise le regard de Dieu, et éprouve sa grâce, trouvant ainsi le chemin pour vivre à nouveau, pour vivre en vérité. Est-ce à dire qu’il a tout appris, qu’il est un homme complètement différent ? Il reste bien lui-même, mais avec un peu plus de sagesse. Le travail de Dieu doit se poursuivre (Éph 4:15, 1 Cor.3:9).


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Jonas 3:1 Jonas à Ninive


 

Jonas à Ninive - 3:1-10

L’Éternel parle une seconde fois à l’homme Jonas, et lui redemande d’aller parler à Ninive, une nouvelle occasion d’accomplir le service demandé, non pas un service de moindre importance… Et Jonas a bien compris qu’il serait illusoire de s’enfuir à nouveau. Il va donc à Ninive, "la grande ville".

3  1 Et la parole de l’Éternel vint à Jonas une seconde fois, disant : 2 Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et crie-lui selon le cri que je te dirai. 3 Alors Jonas se leva et s’en alla à Ninive, selon la parole de l’Éternel. Or Ninive était une fort grande ville devant Dieu, il fallait trois jours de marche pour en faire le tour. 4 Jonas commença par faire dans la ville une journée de marche. Il proclamait : Encore quarante jours, et Ninive sera détruite.
 
8 Les gens de Ninive crurent Dieu ; ils proclamèrent un jeûne, et se vêtirent de sacs, depuis les plus grands jusqu’aux plus petits. 6 La parole parvint au roi de Ninive ; alros il se leva de son trône, ôta son manteau, se couvrit d’un sac et s’assit sur la cendre. 7 Et il fit proclamer dans Ninive : Par décision du roi et de ses grands, que les hommes et les bêtes, le gros et le menu bétail, ne goûtent de rien, qu’ils ne paissent pas et ne boivent pas d’eau ; 8 que les hommes et les bêtes soient couverts de sacs. Qu’ils crient à Dieu avec force, et que chacun revienne de sa mauvaise voie et de la violence de ses mains ! 9 Qui sait si Dieu ne reviendra pas, s’il ne renoncera pas, s’il ne reviendra pas de sa colère ardente, pour que nous ne disparaissions pas ? 10 Et Dieu vit qu’ils agissaient ainsi, qu’ils revenaient de leur mauvaise voie. Alors Dieu renonça au mal qu’il avait parlé de leur faire ; il ne le fit pas.

Nous sommes dans le merveilleux. La ville dépasse en extension les limites connues de son apogée, et le prophète n’a pas parcouru toute la ville que la parole parvint au roi et que la repentance soit proclamée… Certes, jamais l’on n’a pu observer un tel retour sur soi d’une population entière, mais l’auteur par cette histoire nous instruit. Ce qui est remarquable est la connaissance de Dieu que cette page nous donne. Les annonces de jugement de la part de l’Éternel ne sont jamais, dans l’Ecriture, le reflet de la volonté de détruire, mais des appels à revenir sur le chemin… Lorsqu’un prophète évoque le malheur, c’est toujours une parole de crainte, une expression de tristesse en considérant les conséquences de l’égarement, les suites des abandons ; ils ne profèrent pas le malheur, mais ils disent  "Hélas ! Quel malheur !" ; l’expression d’une grande douleur.
 
Dans notre récit, remarquons que ce n’est pas notre Jonas qui évoque la possibilité d’un renoncement de l’Éternel à exécuter la sentence annoncée, c’est le roi de Ninive lui-même lorsqu’il dit : "Qui sait si Dieu… ne reviendra pas de sa colère ardente". Une connaissance bien subite pour un roi assyrien puissant, idolâtre et cruel… Mais cette mention est un enseignement pour le lecteur, lui donnant de se souvenir de sa parole : "Souviens-toi de ta miséricorde, ô Éternel, et de ta bonté ; car elles sont de tout temps." (Psaumes 25:6). Que de fois, au livre des Psaumes, ne sont pas mentionnées la bonté et la gratuité de Celui qui veille et qui délivre.
 
Dans notre récit, nous voyons que le prophète connaît la miséricorde divine, mais il l’aime quand elle est à son avantage... Un enseignement pour tout homme !


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Jonas 4:1 L'irritation de Jonas


 

"Fais-tu bien de t’irriter ?" - 4:1-11

L’histoire alors se poursuit, et Jonas revient sur son propre retour à l’Éternel. Nous avons lu la remarquable prière et le témoignage plein de sagesse, mais l’homme de notre récit montre combien le chemin est pour lui difficile ; il ne manque pas de prétextes pour se justifier. Il pressentait que la grâce pouvait toucher Ninive, mais ne l’acceptait pas… Pensons ! Un croyant peut-il, par le simple fait qu’il "connaît" le chemin, y marcher sans broncher ? Est-il un autre homme  parce qu’il connaît la route ? La grâce est connue du croyant, mais il y est cependant appelé à croître dans cette grâce (2 Pierre 3:18), dans la conscience du plan divin en vue de tous les humains (1 Timothée 2:4). Sans doute est-ce ici une leçon que l’auteur de ce livre de sagesse veut nous faire entendre.

4  1 Cela fut très mal pris par Jonas, et il fut irrité. 2 Il pria l’Éternel, disant : Éternel, je te prie, n’était-ce pas là ma parole, quand j’étais encore dans mon pays ? C’est pourquoi j’ai préféré fuir à Tarsis, car je savais que tu es un Dieu qui fais grâce, miséricordieux, lent à la colère et grand en bonté, qui renonces au mal dont tu as menacé. 3 Maintenant, Éternel, je t’en prie, prends-moi ma vie, car mieux me vaut la mort que la vie. 4 Et l’Éternel dit : Fais-tu bien de t’irriter ?

Les paroles données à Jonas sont fortes : aller jusqu’à dire qu’il préfère la mort plutôt que de voir ce qu’il voit : la bonté de Dieu qui renonce à détruire la ville. "Fais-tu bien de t’irriter ?" Telle est la question posée par ce récit…
 
L’auteur introduit ici une nouvelle épreuve pour Jonas, des circonstances favorables lui sont données, un privilège donc, pour le lui retirer peu après…

5 Jonas sortit de la ville, et s’assit à l’orient de la ville. Il fit là une cabane et s’assit dessous, à l’ombre, jusqu’à ce qu’il vît ce qui arriverait à la ville. 6 Alors, l’Éternel Dieu fit intervenir un kikajon (un ricin) qui s’éleva au dessus de Jonas, pour faire ombre sur sa tête et le délivrer de son mal. Jonas éprouva une grande joie à cause de ce kikajon. 7 Mais le lendemain, au lever de l’aurore, Dieu fit intervenir un ver qui s’attaqua au kikajon, et le kikajon sécha. 8 Au lever du soleil, Dieu fit intervenir un vent d’orient étouffant, et le soleil frappa la tête de Jonas, et le tomba en défaillance. Il demanda à mourir, en disant : Mieux me vaut la mort que la vie. 9 Dieu dit à Jonas : Fais-tu bien de t’irriter à cause du kikajon ? Et il dit : Je fais bien de m’irriter jusqu’à demander la mort. 10 L’Éternel dit : Toi, tu as pitié du kikajon pour lequel tu n’as pas travaillé, et que tu n’as pas fait croître ; qui, né en une nuit, a péri en une nuit. 11 Et moi, je n’aurais pas pitié de Ninive, la grande ville, où vivent plus de cent vingt mille êtres humains qui ne savent pas distinguer leur droite leur gauche, et des bêtes en grand nombre !

Dans notre récit, nous voyons Jonas réclamer, et à nouveau déclarer que mieux serait pour lui de mourir, tant il est heurté d’être privé d’un privilège que la grâce lui avait accordé ! "Dieu fait grâce à Ninive, alors mieux vaut que je meure, Dieu me prive du privilège de l’ombre du kikajon, alors mieux vaut que je meure…", semble-t-il dire. Et il insiste, se justifiant de son irritation.
 
Le kikajon, puis le ver, puis le vent d’orient… Ces éléments naturels viennent en leur temps pour l’enseignement de Jonas ! Quelle leçon : chaque étape, chaque disposition de Dieu vient en son temps, jusqu’à ce que nous comprenions ses voies de grâce ! Le récit se termine sans conclusion touchant Jonas, et nous pouvons bien le comprendre : ce n’est pas du prophète qu’il est question en vérité, mais de l’auditeur, du lecteur. Et ces derniers sont laissés sur cette question pour qu’il s’interroge et apprenne.

"Vous donc, bien-aimés…croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ." (2 Pierre 3:17-18).


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