30/11/2009

Jérémie - Vers la Lumière


 

VERS LA LUMIERE
 
Fin du service de Jérémie
Poursuite du travail de Dieu

Livre des Lamentations et Jérémie 30-31

 

 
LIVRE DES LAMENTATIONS
 
HELAS !
 
Tu t'es enveloppé de colère, et tu nous as poursuivis ;
tu as tué, tu n'as épargné personne…
Lamentations 3:43

Le rideau est fermé ! Jérusalem est vidée de ses habitants, Jérusalem, la seule ville au monde sur laquelle Dieu fait reposer son Nom : "Le lieu que tu as préparé pour y habiter, Seigneur ; le sanctuaire, Seigneur, que tes mains ont établi" (Exode 15:17).
 
La gloire qui emplissait le Temple s’était retirée. Ézéchiel en a eu la vision quelques années auparavant, et nul n’en avait conscience parmi les prêtres employés au service, tandis que les formes religieuses se poursuivaient mêlées d’une abominable idolâtrie… Des questions s’imposent : Dieu se plaît-il aux formes liturgiques ? Et a-t-Il jamais exprimé Sa satisfaction d’une belle célébration ? En fait, ces gestes, pour qui sont-ils ?
 
L’auteur de ce livre composé sur le désastre de Jérusalem au lendemain de la tempête qui l’a emportée, exprime sa profonde douleur et sonde les racines de sa désolation. Nous avons un livre de complaintes, poignantes sans doute, mais qui ne sont pas des lamentations ! Ce n’est pas la foi que de s'abîmer dans les larmes sans discerner la lumière, demeurer prostré dans la poussière sans regarder à Celui qui veut bénir…
 
Dans le plan divin, une page se termine, mais il en sera d’autres, jusqu’à l’accomplissement de Son dessein.
 
L’alliance du Sinaï est rompue. La puissance a été donnée aux nations, à Babylone d’abord et aux empires qui paraîtront, et, après quelques années de sursis, il est arrivé ce qui était annoncé :

Je ferai de Jérusalem un tas de pierres, un repaire de chacals, et des villes de Juda un lieu dévasté, sans habitants. (9:11)

Qui avait pris garde alors aux paroles du prophète ? Chacun sait aujourd’hui qu’il y avait eu un prophète en Israël ! (Ézéchiel 2:5) Les choses annoncées sont devenues réalités. Mais le prophète est-il satisfait de voir l’accomplissement des douleurs qu’il annonçait ? Non, il ne peut éprouver de satisfaction, car son Maître Lui-même ne peut en avoir… Le jugement est, pour Dieu, "une œuvre étrange" (Esaïe 28:21) commise par Celui qui veut le bonheur de ses créatures.
 
S’élèvent alors des complaintes, cinq complaintes… Non pas une œuvre de chroniqueur, mais des compositions poétiques parce que ce mode littéraire est le plus apte à communiquer l’intensité d’une douleur ressentie. Compositions fort élaborées en ce que les quatre premières complaintes ont une progression alphabétique. La lettre hébraïque initiale de chacun des versets des complaintes un, deux et quatre suit l’ordre de l'alphabet ; à la troisième complainte, il en est de même pour chaque paragraphe de trois versets, et ces trois ont chacun la même initiale.
 
Cinq complaintes de Jérémie, car, au lendemain de la destruction de Jérusalem, le prophète a ressenti une intense douleur. N’en était-il pas étreint déjà, par anticipation, lorsqu’il voulait intercéder pour le peuple, en vain, et lorsqu’il l’avertissait, en vain également…


 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
Texte complet, avec notices historiques
et liens dynamiques avec les références citées, sur le site :
Que dit l'Évangile ?

 

Lam.1 Complainte sur la ruine


 

Première complainte. Sur la ruine.
Lamentations 1

Une forme poétique exceptionnelle ! Ces murs, ces maisons, ces remparts… cette ville qui pleure le bonheur simple des enfants qui jouaient dans ses places, des jeunes gens qui égayaient ses rues, des vieillards goûtant leurs jours paisibles ! Il est arrivé ce temps annoncé : "Je ferai taire dans les villes de Juda et dans les rues de Jérusalem les chants de gaieté et les chants de joie, les chants du marié et les chants de la mariée : le pays sera une ruine" (7:34).
Voir également Jérémie 16:9 et 25:10.
Venons au texte :

Comment ! Elle est assise solitaire, cette ville si grande ! … Elle passe la nuit à pleurer, ses joues ruissellent de larmes. (Lam.1:1-2)

La ville solitaire, abandonnée, désolée, ce lieu où Dieu a établi le signe de sa présence, ce lieu où le peuple était accueilli dans la joie lors des fêtes solennelles.

Les chemins de Sion sont en deuil, car on ne vient plus aux rencontres festives. Toutes ses portes sont dévastées… (Lam.1:4)

Alors est reconnue la valeur des choses perdues.

Jérusalem se souvient, aux jours de son affliction et de sa vie errante, de tout ce qu'elle avait de précieux aux jours de jadis. (Lam.1:7)

Le souvenir est une conséquence assurée du désastre. Alors la ville pleure, mais non en vains larmoiements. Il y a une vraie une prise de conscience :

Jérusalem a multiplié ses péchés. (Lam.1:8)

Une douleur selon Dieu qui fait tourner le regard vers Celui qui seul peut délivrer ! Dans le désastre et les "Pourquoi", n’arrive-t-il pas à l’homme de dire : "Dieu est mort" ? Mais vers qui peut-il se tourner lorsque tout est contre lui ? Sur Dieu seul !

Regarde, Seigneur, vois comme je suis méprisée ! (Lam.1:11)

On discerne en ces mots le fruit du désert. La conscience d’avoir affaire à Dieu lui-même :

Le Seigneur m'a causé du chagrin au jour de sa colère ardente. (Lam.1:12)

La conscience d’une justice implacable :

Le Seigneur m'a livrée à des mains contre lesquelles je ne peux tenir. (Lam.1:14)

Et le regard alors tourné vers Dieu :

Le Seigneur a foulé au pressoir Juda la belle. C'est sur eux que je pleure ; mes yeux fondent en larmes, car il est loin de moi, le consolateur, celui qui pourrait ranimer ma vie. (Lam.1:15-16)

Quel consolateur attendre lorsque tous ceux qui paraissaient fournir un appui se sont avérés vains ? Il n’en est qu’UN, mais il paraît loin lorsque tout est détruit ! Le désert, la soif, la faim de justice et de paix… "Ainsi parle le Seigneur : Il a trouvé grâce dans le désert, le peuple qui a survécu à l'épée ; Israël marche vers la tranquillité. De loin le Seigneur m'est apparu : je t'aime d'un amour éternel ; c'est pourquoi je te conserve ma fidélité. Je te rebâtirai, et tu seras rebâtie, Israël jolie ! Tu auras encore tes tambourins pour parure et tu sortiras au milieu des danses et des rires" (31:2-4).
 
La complainte se poursuit :

C'est le Seigneur qui est juste : j'ai été rebelle à ses ordres. (Lam.1:18)

Ce n’est qu’ici, dans l’extrême de l’abandon, que cette confession monte au cœur et que, du sein de la désolation, s’exprime alors la confiance :

Seigneur, regarde ma détresse ! Mes entrailles bouillonnent, mon cœur est bouleversé au dedans de moi, car j'ai vraiment été rebelle … nombreux sont mes gémissements, et mon cœur est souffrant. (Lam.1:20-22)


 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
Texte complet, avec notices historiques
et liens dynamiques avec les références citées, sur le site :
Que dit l'Évangile ?

 

Lam.2 Complainte sur le jugement


 

Deuxième complainte. Sur le jugement.
Lamentations 2

Comment ! Le Seigneur, dans sa colère, a couvert de nuages Sion la belle ! Il a précipité du ciel sur la terre la splendeur d'Israël… (Lam.2:1)

Après les pleurs de la ville désolée, la deuxième complainte est celle du prophète qui voit Sion, considère sa ruine et s’épanche. Ce qui remplit son esprit, c’est l’étendue du désastre. "Le peuple couvert de nuages" (Lam.2:1) autrement dit enténébré et englouti dans les eaux du jugement (Lam.2:2,5).
A propos des nuages, ici signes de ténèbres, iI n’est pas sans intérêt de considérer Matthieu 27:45-46 : "Mais, depuis la sixième heure jusqu’à la neuvième heure, il y eut des ténèbres sur toute la terre. Et vers la neuvième heure, Jésus : Éli, Éli, lama sabachthani ? c'est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?"
Son lieu de rencontre (Lam.2:6), le Temple, détruit comme on saccagerait un jardin.

Les anciens de Sion la belle sont assis à terre, ils restent muets ; ils ont jeté de la poussière sur leur tête, ils ont mis un sac pour pagne (Lam.2:10),

comme nous les voyons à Babylone.

Près des fleuves de Babylone, là-bas,
nous étions assis et nous pleurions
en nous souvenant de Sion.
Aux saules de la contrée
nous avions suspendu nos lyres.
(Psaume 137)

Après le terrible constat, les larmes :

Mes yeux s'épuisent à force de pleurer, mes entrailles bouillonnent. (Lam.2:11)

Ce sont les larmes de l’homme de Dieu, exprimant sa douleur au cri des enfants affamés, défaillants au plus fort de l'état de siège, lorsque l'armée enserrait les murailles : "Où est le blé et le vin ?" (Lam.2:12), à l’idée des passants qui aujourd’hui haussent les épaules en disant :

Est-ce là la ville qu'on appelle "Beauté parfaite", "Gaieté de toute la terre" ? (Lam.2:15)

Les larmes abondent, mais, soumis, il reconnaît le décret de Dieu :

Le Seigneur a fait ce qu'il avait décidé, il a accompli sa parole, ce qu'il avait ordonné aux jours de jadis.
(Lam.2:17)

Pour terminer, le prophète se fait témoin. Témoin de la douleur du peuple qui a connu le siège de la ville, la famine des enfants et la douleur des mères, témoin de leurs cris :

Leur cœur crie vers le Seigneur. (Lam.2:18)

Un cri poignant de désolation s’achève en une supplication au Seigneur, considérant jusqu’à quelle extrémité le peuple de Jérusalem s’est trouvé (52:6) :

Regarde, Seigneur, vois qui tu as ainsi traité ! (Lam.2:20).


 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
Texte complet, avec notices historiques
et liens dynamiques avec les références citées, sur le site :
Que dit l'Évangile ?

 

Lam.3 Complainte sur la douleur


 

Troisième complainte. Sur la douleur.
Lamentations 3

Je suis l'homme qui a vu l'affliction sous le bâton de sa colère. Il m'a conduit, il m'a fait aller non pas dans la lumière, mais dans les ténèbres. (Lam.3:1)

Ici, l’homme de Dieu s’exprime pour lui-même. La douleur, il la ressent intensément ! Nous ne pouvons lire ce texte comme une allégorie poétique et sentimentale, car ici le prophète rend compte de son vécu : échos de sa propre souffrance lorsqu’il fut jeté au bloc par le premier intendant de la Maison du Seigneur (20:2), échos d’un temps plus proche, lorsqu’il fut jeté dans la fosse de la prison (38:6 ; Lam.3:53). Et le désastre de Jérusalem est devant lui ! Il regarde les jours passés, sa propre vie d'opprobre, de combats, de souffrances, d’intercessions auprès de son Dieu, d’attachement à Ses promesses… mais aussi de visions d’abandons, de dédain pour ses paroles, d’arrogance des prêtres, d’endurcissement des faux prophètes…

Je m'en souviens bien, je suis abattu ! (Lam.3:20)

Est-ce une litanie sans fin, une source de larmes intarissables ? Non, l’homme de Dieu sait où porter le regard :

Voici à quoi je réfléchis, voici pourquoi j'attends : C'est que la fidélité du Seigneur n'est pas épuisée, que sa compassion n'est pas à son terme ; elle se renouvelle chaque matin. Grande est ta constance ! J'ai dit : Le Seigneur est ma part; c'est pourquoi je l'attends. Le Seigneur est bon pour qui met en lui son espérance, pour celui qui le cherche. Il est bon d'attendre en silence le salut du Seigneur.
(Lam.3:21-26)

Ces paroles de foi et de sagesse se prolongent alors dans des expressions que l’on ne peut oublier. Elles sont une ancre à l’âme, non pas une réponse à chacun des "pourquoi", mais elles sont "connaissance de Dieu" :

Car le Seigneur ne rejette pas pour toujours. Mais, lorsqu'il cause du chagrin, il a compassion selon sa grande fidélité ; car ce n'est pas volontiers qu'il afflige les humains et qu'il leur cause du chagrin. (Lam.3:31-33)

Non pas attente d’un jugement envers ceux qui font du tort, mais confiance en Celui au regard duquel rien n’échappe :

Quand on porte atteinte au droit d'un homme… le Seigneur ne le voit-il point ? (Lam.3:35-36)

Et ce qui se passe, se passe-t-il sans que Dieu l’ait permis ? Alors, dans cette vision de désolation, l’homme a-t-il à se plaindre ? Est-il juste qu’il se plaigne de goûter le fruit de ses actes ?

Pourquoi l'homme vivant se plaindrait-il ? Que chacun se plaigne de ses propres péchés ! (Lam.3:39)

Mieux vaut parcourir un chemin de sagesse :

Réfléchissons à nos voies, examinons-les à fond, et revenons au Seigneur ; élevons notre cœur comme nos mains vers Dieu qui est au ciel. (Lam.3:40-41)

Cet appel est-il entendu ? "Mes yeux répandent des torrents d'eau, à cause du désastre … de mon peuple" (Lam.3:4 ; 8:21). Souffrance à l’égard de son peuple, comme au commencement du livre du prophète : "Ah! si ma tête était fontaine, et mes yeux source de larmes ! Je pleurerais jour et nuit les victimes pour… mon peuple !" (8:23). Ce retour arrière, avant la ruine de Juda, avant la destruction de Jérusalem, lorsque le prophète se répandait ainsi en voyant la dureté des cœurs autour de lui, un endurcissement tel que le désastre ne pouvait être évité, conduit à se souvenir de la méchanceté dont il fut l’objet :

Ils m'ont donné la chasse comme à l'oiseau, ceux qui, sans raison, sont mes ennemis. Ils ont réduit ma vie au silence dans la citerne, et ils ont jeté des pierres sur moi. (Lam.3:52)

Ce fut en effet l’intention des princes lorsque le prophète fut jeté dans la fosse : le faire mourir… Comme lorsque le jeune Joseph fut jeté dans la citerne par ses frères (Genèse 37:23-24). Sous quel prétexte donc ? Mais il se souvient des délivrances qui forgent l’espérance au sein de la ruine :

J'ai invoqué ton nom, Seigneur, des profondeurs de la citerne. Tu m'as entendu  … Au jour où je t'ai invoqué, tu t'es approché, tu as dit : N'aie pas peur !  Seigneur, tu as défendu ma cause, tu as assuré la rédemption de ma vie. (Lam.3:55-58)

Cette expression de reconnaissance et de confiance est aussi un appel à la justice. Ainsi le prophète s'écrie :

Tu leur rendras ce qu'ils méritent, Seigneur, selon l’œuvre de leurs mains. (Lam.3:64)

Nul n’est rejeté de Dieu...
1 Timothée 2:3-4 : … "Dieu, notre Sauveur, qui veut que tous les humains soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité."
Mais l’endurcissement d’un homme le tient à l’écart des voies du pardon, le Pharaon de l'Exode ne s’est-il pas endurci lui-même jusqu’à ce qu’il n’y eût plus de remède pour lui ? Ainsi le prophète en appelle au jugement de ceux qui sont ses ennemis sans cause (Lam.3:52), il demande qu’ils soient jugés. Les mauvais bergers, ceux qui se repaissent eux-mêmes en détournant le peuple de son Dieu auront leur juste rétribution, comme l’affirmera quelques années plus tard un autre prophète :"Alors je fis paître les bêtes de boucherie pour les marchands. Je pris deux bâtons : j’appelai l’un "Douceur" et j’appelai l’autre "Union". Puis je fis paître les bêtes. Je fis disparaître les trois bergers en un seul mois…" (Zacharie 11:7-8)


 
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"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
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Lam.4 Complainte sur la famine


 

Quatrième complainte. Sur la famine.
Lamentations 4

Comment ! L'or est terni ! L'or pur est altéré ! Les pierres sacrées sont éparpillées aux coins de toutes les rues ! Les fils de Sion si précieux, qui valaient leur pesant d'or fin, – comment ! – on les considère comme des vases de terre, œuvre des mains du potier ! (Lam.4:1-2)

Que sont les fils de Sion ? De l’or fin, un trésor pour le Seigneur (Malachie 3:17), comme l’or couvrant les murs du Temple, couvrant les pierres du lieu saint, et qui illustrent ce qu’est pour Dieu l’homme qui se tient en Sa demeure… Les pierres du Temple, expression du peuple au milieu duquel le Seigneur se tient…
1 Pierre 2:5 : "Vous-mêmes, comme des pierres vivantes, construisez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, afin d’offrir des sacrifices spirituels, agréés de Dieu, par Jésus-Christ."
La ruine du Temple, reflet de sa désolation…Le regard se tourne vers les petits,

Les enfants demandent du pain, et personne ne leur en donne. (Lam.4:4).

Le Nazaréen aussi, tout consacré à Dieu qu’il soit, est touché par la faim. Broyés par la famine, une douleur telle que mieux vaut être transpercé par l’épée…

Le Seigneur est allé jusqu'au bout de sa fureur, il a répandu sa colère ardente ; il a mis dans Sion un feu qui en dévore les fondations. (Lam.4:11)

Tel est le fruit d’une iniquité sans frein !

A cause des péchés de ses prophètes, des fautes de ses prêtres qui ont répandu en son sein le sang des justes ! (Lam.4:13).

Les intentions et le caractère des mauvais pasteurs, ceux que le peuple aimait entendre (5:1), sont maintenant clairement manifestés, hommes desquels il eût fallu se détourner…

On n'a pas fait grâce aux vieillards. (Lam.4:16)

Matthieu 18:6 : "Mais si quelqu’un devait causer la chute de l’un de ces petits qui mettent leur foi en moi, il serait avantageux pour lui qu’on lui suspende une meule de moulin au cou et qu’on le noie au fond de la mer."

Finie la confiance en ces mauvais bergers ! Mais alors ne restait-il pas un secours extérieur ? Nos yeux s'épuisaient encore à attendre futilement le secours ; à nos postes de guet, nous guettions une nation qui ne nous a pas sauvés. (Lam.4:17) Sédécias, oint du Seigneur, selon le titre donné aux rois de Juda, n’avait-il pas conclu une alliance avec le Pharaon (37:5-8) ? Le secours n’est jamais arrivé, le roi en fuite avec ses hommes de guerre fut pris :

Celui qui était notre vie, l'homme qui avait reçu l'onction du Seigneur, a été capturé dans leurs fosses, lui de qui nous disions : A son ombre, nous vivrons parmi les nations. (Lam.4:20)

Edom est citée ici, nation se repaissant du pays vidé de ses habitants, quittant ses montagnes pour s'établir en Juda :

Egaie-toi, réjouis-toi, Edom la belle… (Lam.4:21)

Ta joie ne durera pas, car le peuple reviendra au pays, car Dieu le lui a donné pour l'habiter !
 
La complainte se termine dans la contemplation d’un avenir radieux :

Ta faute est à son terme, Sion la belle ; il ne t'exilera plus. (Lam.4:22)

Jamais la parole confiée à un prophète ne se termine en une image de désolation ! La Parole de Dieu porte le regard de l’homme vers le but assigné à l’œuvre de la création : la bénédiction, aboutissement du travail divin.


 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
Texte complet, avec notices historiques
et liens dynamiques avec les références citées, sur le site :
Que dit l'Évangile ?