17/03/2013

Genèse 22:1 La ligature d'Isaac


 

 

La ligature d'Isaac
Genèse 22

Parmi les textes les plus connus de la Première Alliance, un des plus saisissants est, sans contestation, "La Ligature d’Isaac", connu aussi sous cet autre titre : "Le Sacrifice d’Abraham". Appelé par Dieu à offrir en sacrifice ce fils tant attendu, Isaac, le fils de la promesse, Abraham se mit en route… Un geste incompréhensible, à moins que nous ne regardions en détail les quelques paroles que l’homme de Dieu prononça sur ce chemin étonnant.
 
Une demande extraordinaire lui fut faite : "Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, et va pour toi, au pays de Morija…"
 
Cette expression, "Va pour toi", en hébreu "lech-lecha", nous l’avons lue lorsqu’Abram reçut l’appel à quitter sa famille pour s’en aller au pays de Canaan ; une invitation à entreprendre un voyage personnel. "Va pour toi", autrement dit : prends sur toi d'avancer sur la base de ta propre conviction. Et ici, après des années de marche par la foi, nous lisons une injonction de pareille force. Et quel appel ! Le fils qu’il a espéré et attendu si longtemps, qu’il a reçu hors de temps, vu l’âge avancé de Sara… Regardant son fils, quelles pensées devaient-elles lui venir à l’esprit ? Dieu serait-il cruel ? Un tel geste, qui pourrait le comprendre ? Dieu a-t-il jamais demandé un sacrifice humain ? Et pouvait-il expliquer sa démarche à ceux qui le verront se mettre en route ? Ainsi c’est bien seul qu’il devait assumer cette démarche, seul face à Dieu qui lui a dit "Va pour toi au pays de Morija". Nous comprenons que la foi se nourrit d’expériences personnelles…

22  1 Après cela, Dieu mit Abraham à l’épreuve. Il lui dit : Abraham ! Et il répondit : Me voici ! 2 Dieu dit : Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, et "va pour toi" au pays de Morija, et là offre-le en holocauste, sur l’une des montagnes que je te dirai.
 
3 Abraham se leva de bon matin ; sella son âne et prit avec lui deux serviteurs et Isaac, son fils. Il fendit du bois pour l’holocauste et se mit en route pour le lieu que Dieu lui avait indiqué.

Avec qui peut-il partager cette injonction ? Il ne peut demander à l’un ou l’autre de couper le bois pour l’autel, il le prépare donc lui-même. Et il ne diffère pas le temps, il va de l’avant, en route "de bon matin". Questionner, retarder le départ… Ce serait manquer de confiance… Deux jours et deux nuits, et enfin au cours du troisième jour le Mont Morija se profile devant lui…

4 Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit le lieu de loin. 5 Abraham dit à ses serviteurs : Vous, restez ici avec l'âne ; moi et le garçon nous irons là-haut et nous adorerons, puis nous reviendrons vers vous.

"Puis nous reviendrons vers vous…" Abraham savait ce qu’il devait faire, et pourtant il déclare clairement aux serviteurs qu’il reviendra avec le jeune homme. Nous nous interrogeons sans doute sur le sens de cette réponse, car Abraham ne connaît pas la fin de cette scène qu’il va vivre et dont il est malgré lui un acteur majeur… Mais l’homme de Dieu ne peut avoir oublié cette parole de Dieu : "En Isaac te sera appelée une descendance" (21:12). Et laissant là ses serviteurs, il charge son fils du bois pour l’autel, comme l’homme Christ Jésus fut chargé lui-même de la croix (Jean 19:17).

6 Abraham prit le bois de l'holocauste et le chargea sur Isaac, son fils ; et il prit lui-même le feu et le couteau. Et ils allaient les deux ensemble. 7 Alors Isaac parla à Abraham, son père, disant : Mon père ! Et il dit : Me voici, mon fils. Et il dit : Voici le feu et le bois ; mais où est l'agneau pour l'holocauste ? 8 Et Abraham dit : Mon fils, Dieu se pourvoira de l'agneau pour l'holocauste. Et ils allaient les deux ensemble.

Sur le chemin où marchent un vieux père et son fils, une question est posée ! Et la réponse est fournie, sans détour, par Abraham : "Dieu se pourvoira de l’agneau pour l’holocauste !" Une affirmation forte, une parole prémonitoire aussi, car cet "agneau", le sacrifice qui devait être offert, était dans le dessein divin : "un agneau sans défaut et sans tache, préconnu dès avant la fondation du monde, mais manifesté à la fin des temps pour vous" (1 Pierre 1:19-20). Et le Christ a été manifesté au temps approprié, selon le plan de Dieu, des siècles après l’écriture de cette page de la Bible !
 
Après la réponse donnée par Abraham, la montée vers le Mont Morija se poursuit jusqu’au lieu désigné.

9 Lorsqu’ils furent arrivés au lieu que Dieu lui avait indiqué, Abraham y bâtit l'autel, disposa le bois, lia Isaac, son fils et le mit sur l'autel, par-dessus le bois. 10 Puis, Abraham tendit la main et prit le couteau pour égorger son fils.

Une scène troublante que cet arrangement de l’autel, le fils attaché sur l’autel sans un mot, sans un cri… Abraham fait ce qu’il a à faire, ne sachant comment cela se terminera, alors qu’il avait affirmé retourner avec son fils auprès des serviteurs. Scène étrange, mais récit prémonitoire du Sacrifice du Christ…

11 Alors l'Ange de l'Éternel cria des cieux et dit : Abraham ! Abraham ! Il répondit : Me voici. 12 Il dit : Ne porte pas la main sur le garçon, ne lui fais rien ; je sais maintenant que tu crains Dieu, tu ne m'as pas refusé ton fils, ton fils unique.

Jacques, dans son épître fait écho à toute la vie d’Abraham, mais particulièrement à cette scène ci : "Et l'écriture a été accomplie qui dit : Et Abraham crut Dieu, et cela lui fut compté à justice ; et il a été appelé ami de Dieu" (Jacques 2:23). Abraham a rendu compte de sa foi en Dieu par des actes, non par des invocations seulement, et certainement pas par des gestes religieux répétitifs !

13 Et Abraham leva les yeux et vit derrière lui un bélier retenu par les cornes à un buisson ; alors Abraham alla prendre le bélier et l'offrit en holocauste à la place de son fils.

Oui, Abraham avait eu raison d’obéir, d’agir dans la foi… Certes il ne pouvait vraiment comprendre ce qui lui était demandé, car les sacrifices humains sont absolument réprouvés par Dieu… Mais, soutenu par cette affirmation "En Isaac te sera appelé une descendance" (21:12), il avait ce pressentiment d’un événement exceptionnel ; et, avant l’issue de la scène, par deux fois déjà il l’avait fait entendre, parlant à ses serviteurs, puis à Isaac lui-même : "nous reviendrons" (22:5) et "Dieu se pourvoira de l’agneau" (22:8).
 
Suit alors l’apaisement, la reconnaissance et la louange ! Abraham parle, et la Promesse qui lui avait été faite est réitérée, et attachée à cette foi extraordinaire qu’a manifestée le Patriarche…

14 Abraham appela ce lieu du nom de : YHWH-Jiré (L’Éternel voit). C’est pourquoi l’on dit aujourd’hui : A la montagne de l'Éternel, il sera vu.
 
15 Une seconde fois, l'Ange de l'Éternel appella des cieux Abraham. 16 Il dit : Je le jure par moi-même – parole de l'Éternel – parce que tu as fait cela, parce que tu n'as pas refusé ton fils, ton unique, 17 je te bénirai, je multiplierai ta descendance comme les étoiles des cieux et comme le sable qui est au bord de la mer. Ta descendance possédera la porte de ses ennemis. 18 Toutes les nations de la terre se béniront en ta descendance, parce que tu as écouté ma voix.

Voyons l’universalité de la promesse : toutes les nations de la terre ! Ainsi, depuis Abraham, au travers de la lignée de la Promesse, un peuple fut établi, dépositaire des promesses et témoin de leur portée pour l’humanité entière ! "Quel est donc l'avantage du Juif… ? Grand de toute manière, et d'abord en ce que les oracles de Dieu leur ont été confiés." (Romains 3:1-2). Et l’Evangile est aujourd’hui annoncé à toutes les nations…

19 Abraham retourna vers ses serviteurs, puis ils s’en allèrent ensemble à Beër-Shéba, car Abraham habitait à Beër-Shéba.

Une conclusion et un encouragement pour nous, aujourd’hui : Abraham nous fournit un modèle pour marcher par la foi, c’est pourquoi nous lisons dans l’épître aux Hébreux : "Par la foi, Abraham, étant éprouvé, a offert Isaac ; et celui qui avait reçu les promesses offrit son fils unique, à l'égard duquel il avait été dit : "En Isaac te sera appelée une descendance", ayant estimé que Dieu pouvait le ressusciter même d'entre les morts, d'où aussi, en figure, il le reçut" (Hébreux 11:17-19). La clé de ce récit nous est ainsi donnée : Abraham croyait dans la promesse qui lui fut faite touchant Isaac, et il est allé de l’avant, prêt à l’offrir en sacrifice, sans savoir, cependant, comment la promesse s’accomplirait. Il allaitt jusqu’à penser qu’il retrouverait son fils à travers la résurrection. La foi conduit dans des voies qui dépassent la logique des hommes.
 
Pour Abraham, tout était dans les mains de Dieu. Sa foi est exercée, mais elle est grande, fondée sur la promesse : "En Isaac te sera appelée une descendance" (21:12). Il se met en route, gardant pour lui-même ses questionnements. Il va "pour lui-même" dans la foi. Ceci est important à considérer, car il est écrit : "Ceux qui sont sur le principe de la foi, ceux-là sont fils d'Abraham" (Galates 3:7). Mais qui est prêt à s’engager avec Dieu personnellement, quoi qu’il lui en coûte ? Cette page éclaire une parole extraordinaire du Seigneur : "Celui qui aime père ou mère plus que moi, n'est pas digne de moi ; et celui qui aime fils ou fille plus que moi, n'est pas digne de moi…" (Matthieu 10:37). Le récit de la vie d’Abraham illustre ainsi les priorités à poursuivre.
 
Par ailleurs, ces récits transmis de génération en génération jusqu’à ce qu’ils soient consignés dans le "Livre des Commencements" donnent à comprendre la sagesse de la foi, méditée dans les temps les plus reculés, dans l’attente de l’œuvre rédemptrice. Une page qui annonce la croix : "Dieu s’était pourvu de l’agneau pour l’holocauste !"


 

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10:00 Écrit par Eric dans ABRAHAM, Genèse 22 à 25 | Commentaires (0)

Genèse 22:20 L'ensevelissement de Sara


 

 

Le passage du flambeau
Genèse 22:20 à 25:18

Ce que nous enseignent ces pages de la vie d’Abraham est insondable ; l’homme de Dieu est véritablement l’expression de la foi en action. Il a quitté sa famille "pour lui-même", marqué par la parole de Dieu, et son appel, mais jamais il ne nous a été présenté comme un homme sans faille, sans faiblesse. Ce qui le distingue, c’est sa vie de foi en l’Éternel, sa confiance dans la parole qu’il a reçue. La dernière page, lors de la "ligature d’Isaac", nous montre combien la foi se vit seul, sans pouvoir la communiquer vraiment. Alors que l’homme avait la confiance des gens de sa maison et la reconnaissance de la part de tous ses voisins, il est allé, seul, au Mont Morija, accomplir un acte impossible à partager, une action qui, si elle avait été connue, eût été réprouvée avec force. Et il est parti avec la confiance qu’en Isaac il aurait la descendance promise par l’Eternel, et que, fut-ce à travers la résurrection, il devait revenir avec le jeune garçon auprès de ses serviteurs…
 
Il est temps, maintenant, que le flambeau de la foi soit transmis à sa descendance. Souvenons-nous de cette parole : "Et l'Éternel dit : Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire, puisque Abraham doit certainement devenir une nation grande et forte, et qu'en lui seront bénies toutes les nations de la terre ? Car je le connais, et je sais qu'il commandera à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l'Éternel, pour pratiquer ce qui est juste et droit, afin que l'Éternel fasse venir sur Abraham ce qu'il a dit à son égard." (18:17-19). L’enseignement a été donné, et nous verrons notamment le zèle du serviteur qui ira chercher, dans la famille de l’homme de Dieu, une épouse pour Isaac. Car que pouvait-il faire de mieux que de souhaiter pour son fils une jeune fille élevée dans la connaissance du Seigneur Dieu ! Et il avait appris qye son fils Isaac avait là, à Harran en Mésopotamie, une petite cousine…

20 Il arriva après cela qu'on informa Abraham en lui disant : Voici, Milca, elle aussi, a donné des enfants à Nakhor, ton frère : 21 Uts, son premier-né, Buz, son frère, Kemuel, père d'Aram, 22 Késed, Hazo, Pildash, Jidlaph et Bethuel. 23 Bethuel a engendré Rebecca. Ce sont là les huit enfants que Milca a donné à Nakhor, frère d'Abraham. 24 Sa concubine, nommée Reüma, a elle aussi eu des enfants : Tébakh, Gakham, Thakhash et Maaca.

Le récit nous ouvre les yeux sur ces temps de la fin de l’homme : le décès de Sara, l’envoi du serviteur en Mésopotamie et la venue de Rebecca conduite par Isaac dans la tente de Sara sa mère. L’homme Abraham a tout donné à ce fils attendu si longtemps. Le flambeau est ainsi transmis. Et Abraham termine sa vie auprès de Ketura avant d’être recueilli par Dieu et enseveli par les soins des deux frères, Isaac et Ismaël, dans le tombeau où fut ensevelie Sara, aux chênes de Mamré, près d’Hébron.

 
L’ensevelissement de Sara - 23:1-20
 
Abraham, qui s’était montré inquiet parmi des nations qui ne servaient pas Dieu, va faire la même expérience à Hébron qu’à Guérar : il jouit de la confiance, et même de la considération de ses voisins. Lui, se tenant parmi eux comme un étranger (23:4) était un homme respectable, vivait en bonne intelligence avec ses voisins tout en gardant quelque distance morale ; il refusait de dépendre d’eux en quelque mesure que ce soit. Lorsque Sara fut recueillie dans le repos, Abraham se vit offrir un tombeau pour l’enterrer, et il dut insister pour l’acheter à sa valeur réelle.

23  1 La vie de Sara fut de cent vingt-sept ans ; telle fut la durée de la vie de Sara. 2 Sara mourut à Kiriath-Arba, qui est Hébron, dans le pays de Canaan ; Abraham vint mener deuil sur Sara et pour la pleurer. 3 Puis Abraham se releva de devant le corps de sa femme et dit aux Hethiens : 4 Je suis un étranger habitant parmi vous ; donnez-moi une propriété funéraire chez vous, pour que je puisse ensevelir le corps de ma femme de devant ma face. 5 Les Hethiens répondirent à Abraham : 6 Écoute-nous, mon seigneur : tu es un prince de Dieu au milieu de nous ; ensevelis le corps de ta femme dans le plus beau de nos sépulcres ; aucun de nous ne te refusera son sépulcre pour y ensevelir le corps de ta femme. 7 Abraham se leva et se prosterna devant le peuple du pays, devant les Hethiens. 8 Il leur parla ainsi : Si vous consentez à ce que le corps de ma femme soit enseveli de devant moi, écoutez-moi et intercédez en ma faveur auprès d'Éphron, fils de Tsokhar, 9 afin qu'il me donne la caverne de Macpéla, qui lui appartient, qui est au bout de son champ ; qu'il me la donne contre sa pleine valeur, au milieu de vous, comme propriété funéraire.
 
10 Or Éphron était assis parmi les Hethiens. Éphron, le Héthien, répondit à Abraham, aux oreilles des Héthiens, de tous ceux qui entraient par la porte de sa ville, disant : 11 Non, mon seigneur, écoute-moi ; je te donne le champ et la caverne qui s'y trouve. Je te la donne, sous les yeux des gens de mon peuple : ensevelis le corps de ma femme. 12 Abraham se prosterna devant le peuple du pays. 13 Il dit à Éphron, en présence des gens du pays : Si tu le veux bien, écoute-moi plutôt. Je donne le prix du champ, accepte-le de ma part, et j'y ensevelirai le corps de ma femme. 14 Éphron répondit à Abraham : 15 Mon seigneur, écoute-moi ! Une terre de quatre cents sicles d'argent, qu'est-ce que cela entre moi et toi ? Enterre donc le corps de ta femme. 16 Abraham écouta Éphron. Abraham pesa pour Éphron la somme d’argent qu’il avait mentionnée dont il avait parlé en présence des Hethiens, quatre cents sicles d'argent ayant cours entre les marchands.
 
17 Ainsi le champ d'Éphron à Macpéla, en face de Mamré – le champ et la caverne qui s’y trouve, et tous les arbres situés dans les limites du champ – 18 devinrent la propriété d’Abraham, sous les yeux des Héthiens, de tous ceux qui entraient par la porte de la ville.

C’est donc dans un espace qui lui appartient désormais qu’Abraham va déposer le corps endormi de Sara. Et c’est là aussi que sera sa sépulcture, lorsqu’il aura fermé les yeux.

19 Après cela, Abraham ensevelit Sara, sa femme, dans la caverne du champ de Macpéla, en face de Mamré, c’est-à-dire à Hébron, dans le pays de Canaan. 20 Le champ et la caverne qui s'y trouve furent assurés à Abraham comme propriété funéraire, de la part des fils de Heth.

En lisant cette page, il est heureux de comparer la scène avec la situation de Lot. Ce dernier s’était intégré à Sodome, jusqu’à ce tenir "à la porte de la ville", avec ceux qui faisaient la justice dans la localité. El fut méprisé, et même insulté par les Sodomites, ceux-ci disant : "Cet individu est venu pour séjourner ici, et il veut faire le juge !" (19:1,9). Retenons cette parole des Héthiens, lorsqu’ils dirent au croyant Abraham : "Tu es un prince de Dieu au milieu de nous". Il en a été de même d’Abimélec, lorsqu’Abraham était dans son voisinage au sud du pays ; ce roi de Guérar vint à lui, lui disant : "Dieu est avec toi en tout ce que tu fais" (21:22). Il était un étranger dans leur contrée (23:4), et un homme faillible, comme nous l’avons vu (20:2), mais reconnu pour ce qu’il était par la dignité de sa marche. Un modèle pour tout croyant !

 

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09:00 Écrit par Eric dans ABRAHAM, Genèse 22 à 25 | Commentaires (0)

Genèse 24:1 Une épouse pour Isaac


 

 

Une épouse pour Isaac - 24:1-67
 
"Abraham était vieux, avancé en âge !" Le temps de transmettre le flambeau est proche, et l’homme est soucieux de la prise en main de ce flambeau par son fils, avant qu’il ne soit transmis aux générations qui suivront. Nous avons lu : "Car je le connais, et je sais qu'il commandera à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l'Éternel, pour pratiquer ce qui est juste et droit" (18:19). Et nous pouvons discerner à quel point cela était vrai, lisant cette parole : "Et Isaac venait d'arriver du puits de Lakhaï-roï ; or il habitait au pays du midi. Et Isaac était sorti dans les champs pour méditer à l'approche du soir" (24:62-63). Le souci d’Abraham est tel qu’il pense au choix d’une épouse, car il sait bien l’influence d’une épouse sur son mari. Alors il envoie un serviteur, le plus ancien, en qui il a toute confiance.

24  1 Abraham était vieux, avancé en âge. L'Éternel avait béni Abraham en toute chose. 2 Abraham dit à son serviteur, le plus ancien de sa maison, celui qui administrait tous ses biens : Je te prie, mets ta main sous ma cuisse, 3 et je te ferai jurer par l'Éternel, Dieu des cieux et Dieu de la terre, que tu ne prendras pas de femme pour mon fils d’entre les filles des Cananéens parmi lesquels j'habite. 4 Tu iras dans mon pays, au lieu de mes origines, et là tu prendras une femme pour Isaac, mon fils. 5 Le serviteur lui répondit : Peut-être la femme ne voudra-t-elle pas me suivre dans ce pays-ci. Devrai-je ramener ton fils dans le pays d'où tu es sorti ? 6 Abraham lui dit : Garde-toi d'y ramener mon fils ! 7 L'Éternel, le Dieu des cieux, qui m'a pris de la maison de mon père et du pays de mes origines, lui qui m'a parlé et qui m'a juré de donner ce pays à ma descendance, lui-même enverra son ange devant toi ; c’est là-bas que tu prendras une femme pour mon fils. 8 Si la femme ne veut pas te suivre, tu seras dégagé de ce serment que je t’impose ; mais tu ne ramèneras pas mon fils là-bas. 9 Le serviteur mit sa main sous la cuisse d'Abraham, son seigneur, et s’engagea envers lui par serment au sujet de cette affaire.

Abraham, estimé de ses voisins cananéens, ne peut néanmoins s’allier à eux. Le pays doit lui être donné, non en héritage de la part de Cananéens, mais de la part du Seigneur Dieu. Pourrait-il prendre le même travers que lorsqu’il alla vers Agar pour avoir un fils ? Se pourrait-il que la promesse de Dieu s’accomplisse avec l’aide de l’homme ? Sa confiance est grande : il envoie son serviteur, ne demandant pas de sa part la même foi qui le conduit, lui.

10 Le serviteur prit dix chameaux parmi les chameaux de son maître et il partit avec tout ce que son maître possédait de meilleur. Il se rendit en Mésopotamie, à la ville de Nakhor. 11 Il fit agenouiller les chameaux à l’extérieur de la ville, près d'un puits, au temps du soir, au temps où les femmes sortent pour puiser. 12 Alors il dit : Éternel, Dieu d’Abraham, mon maître, accorde-moi, je te prie, de faire une heureuse rencontre aujourd'hui, et agis avec fidélité envers Abraham, mon maître ! 13 Je me tiens près de la fontaine d'eau, et les filles des gens de la ville sortent pour puiser de l'eau. 14 Que la jeune fille à laquelle je dirai "Penche ta cruche, je te prie, pour que je boive", et qui dira "Bois, et aussi j'abreuverai tes chameaux", soit celle que tu as destinée à Isaac, ton serviteur ! Ainsi je saurai que tu as agi avec fidélité envers mon maître.

La confiance du serviteur est grande. Pour accomplir sa tâche, il demande un signe, comme, en son temps, Gédéon posant dans le champ la toison (Juges 6:36-40) ; et nous pourrions prendre en compte, dans cet esprit, le choix du remplaçant de Judas parmi les douze (Actes 1:24-26). Le serviteur d’Abraham n’attendra pas longtemps…

15 Il n’avait pas encore achevé de parler que sortait Rebecca, la fille de Bethuel, fils de Milca, la femme de Nakhor, frère d'Abraham. Elle avait sa cruche sur l’épaule. 16 La jeune fille était très-belle de visage, et vierge, nul ne l'avait connue. Elle descendit à la fontaine, remplit sa cruche et remonta. 17 Le serviteur courut à sa rencontre et dit : "Permets, je te prie, que je boive un peu d'eau de ta cruche." 18 Elle répondit : "Bois, mon seigneur." Et elle s’empressa d’incliner sa cruche et de lui donner à boire. 19 Quand elle eut achevé de lui donner à boire, elle dit : "Je puiserai aussi pour tes chameaux, jusqu'à ce qu'ils aient assez bu." 20 Elle s’empressa de vider sa cruche dans l'auge et courut pour puiser encore au puits ; elle puisa pour tous les chameaux. 21 L'homme la regardait avec étonnement sans rien dire, se demandant si l'Éternel allait faire aboutir son voyage.

Dans cette scène pleine de fraîcheur, nous considérons une jeune fille diligente et serviable, et nous pouvons y reconnaître quelque chose de l’état d’esprit d’Abraham lui-même, empressé à l’hospitalité (18:1-3). Nous pouvons discerner en elle les caractères de la future épouse remplie de sagesse (Proverbes 31:10-31). Ayant répondu avec empressement à ce voyageur qui lui demandait de l’eau pour ses chameaux, elle l’invite avec délicatesse à jouir de l’hospitalité dans la maison de son père. Une invitation qui est un réel accomplissement de l’attente du serviteur d’Abraham. Le serviteur d’Abraham a réalisé combien il avait été guidé ; il réalise qu’il se trouve devant la future épouse d’Isaac. Alors il a paré la jeune fille de l’anneau et des bracelets qui lui étaient destinés.

22 Quand les chameaux eurent fini de boire, l'homme prit un anneau d'or du poids d'un demi-sicle, et pour les poignets de la jeune fille, deux bracelets de dix sicles d'or. 23 Il dit : "De qui es-tu fille ? Dis-le moi, je te prie. Y a-t-il dans la maison de ton père, un lieu pour que nous y passions la nuit ?" 24 Elle lui dit : "Je suis fille de Bethuel, fils que Milca a donné à Nakhor." 25 Elle ajouta : "Il y a chez nous de la paille et du fourrage en abondance, et aussi de la place pour loger." 26 Alors l'homme s'inclina et, prosterné devant l'Éternel, 27 il dit : "Béni soit l'Éternel, le Dieu d’Abraham, mon maître, qui ne s'est pas départi de sa grâce et de sa vérité envers mon seigneur. Le Seigneur a conduit mes pas jusqu’à la maison des frères de mon maître.
 
28 La jeune fille courut rapporter tout cela à sa mère. 29 Rebecca avait un frère, nommé Laban. Laban sortit en courant vers l'homme, à la fontaine. 30 Dès qu’il vit l'anneau et les bracelets aux mains de sa sœur, et qu'il entendit les paroles de Rebecca, sa sœur, qui disait : "Ainsi m'a parlé l'homme", il vint vers l'homme qui se tenait auprès des chameaux, près de la fontaine. 31 Il lui dit : "Viens, béni de l'Éternel. Pourquoi restes-tu dehors ? J'ai préparé la maison, et j’ai fait une place pour les chameaux. 32 L'homme entra dans la maison. Laban fit débarrasser les chameaux, et leur fit donner de la paille et du fourrage. Il fit apporter à l’homme de l'eau pour se laver les pieds, et aussi pour les gens qui étaient avec lui. 33 Puis on plaça devant lui de quoi manger. Mais il dit : "Je ne mangerai pas avant d'avoir dit ce que j'ai à dire." Et Laban dit : "Parle."
 
34 Alors il dit : "Je suis serviteur d'Abraham. 35 L'Éternel a béni abondamment mon maître, et il est devenu un homme important. Il lui a donné du petit bétail et du gros bétail, de l'argent et de l'or, des serviteurs et des servantes, des chameaux et des ânes. 36 Sara, la femme de mon maître, lui a donné un fils dans sa vieillesse ; et c’est à ce fils qu’il a donné tout ce qui lui appartient. 37 Mon maître m'a fait jurer, disant : "Tu ne prendras pas pour mon fils une femme d'entre les filles des Cananéens, dans le pays desquels j'habite, 38 mais tu iras sans faute à la maison de mon père, dans ma famille, prendre une femme pour mon fils." 39 J’ai dit à mon maître : "Peut-être la femme ne viendra-t-elle pas avec moi." 40 Il m’a répondu : "L'Éternel, devant qui je marche, enverra son ange avec toi et fera prospérer ton voyage ; tu prendras pour mon fils une femme de ma famille, de la maison de mon père. 41 Quand tu seras arrivé auprès de ma famille, tu seras quitte du serment que je te fais faire ; si on ne t’accorde pas la jeune fille, tu seras quitte du serment que je te fais faire."
 
42 Je suis arrivé aujourd'hui à la fontaine et j'ai dit : "Éternel, Dieu d’Abraham, mon maître, si tu veux bien faire prospérer le voyage que je fais… 43 Voici, je me tiens près de la fontaine d'eau ; que la jeune fille qui sortira pour puiser, à laquelle je dirai "Donne-moi à boire, je te prie, un peu d'eau de ta cruche", et qui me dira 44 "Bois donc, et je puiserai aussi pour tes chameaux", que celle-là soit la femme que l'Éternel a destinée au fils de mon maître. 45 Avant que je n’aie achevé de parler en mon cœur, voici venir Rebecca, sa cruche sur l’épaule ; elle descendit à la fontaine et puisa. Je lui ai dit : "Donne-moi à boire, je te prie." 46 Elle s'est empressée d’incliner la cruche qu’elle portait et dit : "Bois, et j'abreuverai aussi tes chameaux." J'ai bu, et elle a aussi abreuvé les chameaux. 47 Je lui ai demandé : "De qui es-tu la fille ?" Elle a répondu : "Je suis la fille de Bethuel, fils de Nakhor, que Milca lui a donnée." J'ai mis l'anneau à son nez et les bracelets à ses poignets. 48 Puis je me suis incliné et prosterné devant l'Éternel, et j'ai béni l'Éternel, le Dieu d’Abraham, mon maître, qui m'a conduit par le bon chemin, pour prendre pour son fils la fille du frère de mon maître. 49 Maintenant, si vous voulez user de grâce et de vérité envers mon maître, déclarez-le-moi ; et sinon, déclarez-le-moi et je serai fixé.

Ce récit est tel que tant Laban que son père sont assurés que l’Éternel est au cœur de l’affaire. Il reste à recevoir le consentement de Rebecca lorsque l’homme marque son désir de retourner rapidement auprès d’Abraham avec la jeune fille.

50 Laban et Bethuel répondirent : "Cette affaire vient de l'Éternel ; nous ne pouvons rien t’en dire, ni pour ni contre. 51 Rebecca est là, devant toi, prends-la et va ; qu’elle devienne la femme du fils de ton maître, comme l'Éternel l'a dit." 52 Lorsque le serviteur d'Abraham entendit leurs paroles, il se prosterna jusqu’en terre devant l'Éternel. 53 Le serviteur sortit des objets d'argent, des objets d'or et des vêtements qu’il donna à Rebecca. Il fit aussi de riches présents à son frère et à sa mère. 54 Après quoi, lui et les gens qui l’accompagnaient mangèrent et burent, et ils passèrent la nuit. Au matin, quand ils se levèrent, le serviteur dit : "Laissez-moi repartir chez mon maître." 55 Le frère et la mère dirent : "Que la jeune fille reste avec nous quelques temps encore, une dizaine de jours ; ensuite elle s'en ira." 56 Il leur répondit : "Ne me retardez pas, puisque l'Éternel a fait prospérer mon voyage ; laissez-moi repartir pour rentrer chez mon maître." 57 Alors ils dirent : "Appelons la jeune fille et demandons-lui son avis." 58 Ils appelèrent donc Rebecca et lui dirent : "Veux-tu aller avec cet homme ?" Elle dit : J'irai.
 
59 Ils laissèrent alors partir leur sœur Rebecca et sa nourrice avec le serviteur d'Abraham et ses gens. 60 Ils bénirent Rebecca et lui dirent : "Toi, notre sœur, deviens des milliers de myriades, et que ta descendance possède la porte de ses ennemis !" 61 Rebecca et ses servantes montèrent sur les chameaux, et suivirent l'homme. Le serviteur prit Rebecca et partit.

La rencontre d’Isaac et Rebecca a lieu au puits de Lakhaï-roï, "Au Vivant qui me voit". Et nous pouvons voir ici le fils d’Abraham, véritablement dans la voie que suivit son père ; il médite en ce lieu dont le nom évoque la relation entre Dieu et l’homme, et la conscience qu’a le croyant du regard de Dieu posé sur lui, pour le guider, le soutenir ou l’enseigner.
 
Quant à Rebecca, dès qu’elle apprend que l’homme venant à sa rencontre n’est autre que celui auquel elle est destinée, elle se couvre dans ce geste délicat de modestie et d’accueil.

62 Isaac revenait du puits de Lakhaï-roï pour s’installer au pays du midi. 63 A l’approche du soir, Isaac sortit se promener dans la campagne pour méditer. Il leva les yeux et vit des chameaux qui arrivaient. 64 Rebecca leva les yeux et vit Isaac ; et elle descendit de dessus le chameau. – 65 Elle avait demandé au serviteur : "Qui est cet homme qui marche dans la campagne à notre rencontre ?" Et le serviteur avait répondu : "C'est mon maître." – Elle prit son voile et se couvrit. 66 Le serviteur raconta à Isaac tout ce qu'il avait fait. 67 Isaac conduisit Rebecca dans la tente de Sara, sa mère. Il prit Rebecca qui devint sa femme et il l'aima. C’est ainsi qu’Isaac fut consolé après la perte de sa mère.

Rebecca avait dit "J’irai" (24:58), et d’Isaac il est écrit "Il l’aima" (24:67). Nous pouvons lire ici ces deux êtres préparés l’un pour l’autre par Dieu lui-même, appelés à faire route à deux jusqu’au bout. Une image magnifique d’un mariage dans la ferveur et la simplicité. Et d’autant plus remarquable que le texte biblique ne manque pas de montrer les faiblesses de l’un et de l’autre. Le livre est écrit pour servir de modèle aux croyants, des êtres qui jamais ne pourront prétendre à la perfection.
 
Il est écrit, "L'Éternel Dieu forma l'homme, poussière du sol, et souffla dans ses narines une respiration de vie, et l'homme devint une âme vivante" (2:7) ; les merveilles de la vie des hommes sont modelées dans l’argile de la terre…

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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07:00 Écrit par Eric dans ABRAHAM, Genèse 22 à 25 | Commentaires (0)

Genèse 25:1 L'ensevelissement d'Abraham


 

 

Ensevelissement d’Abraham - 25:1-18
 
Avant qu’il soit mentionné que "Abraham donna tout ce qui lui appartenait à Isaac", une femme, Ketura, est introduite, et par elle la mention de divers peuples proches ou lointains de Canaan. A tout Israélite il était ainsi affirmé que si son peuple est dépositaire des oracles de Dieu (Romains 3:2), il se trouve bien des hommes qui peuvent se prévaloir de la paternité d’Abraham.

25  1 Abraham prit encore une femme, nommée Ketura. 2 Elle lui donna des fils : Zimran, Jokshan, Medan, Madian, Jishbak et Shuakh. 3 Jokshan engendra Sheba et Dedan. Les fils de Dedan : Ashurim, Letushim et Leümmim. 4 Les fils de Madian : Épha, Épher, Hénoc, Abida et Eldaa. Tous ceux-là furent fils de Ketura.
 
5 Abraham donna tout ce qui lui appartenait à Isaac. 6 Quant aux fils de ses concubines, Abraham leur fit des dons et, de son vivant, il les envoya d'auprès d'Isaac, son fils, du côté de l’est, en Orient.
 
7 Voici la durée de la vie d'Abraham : cent soixante-quinze ans. 8 Puis Abraham expira ; il mourut dans une heureuse vieillesse, âgé et rassasié de jours, et il fut recueilli vers ses peuples. 9 Isaac et Ismaël, ses fils, l'ensevelirent dans la caverne de Macpéla, dans le champ d'Éphron, fils de Tsokhar, le Héthien, en face de Mamré. 10 C’était le champ qu'Abraham avait acheté des Hétiens. Là furent ensevelis Abraham ainsi que Sara, sa femme. 11 Après la mort d'Abraham, Dieu bénit Isaac, son fils. Isaac habitait près du puits de Lakhaï-roï.
 
12 Voici les générations d'Ismaël, fils d'Abraham, qu'Agar, l'Égyptienne, servante de Sara, avait donné à Abraham. 13 Les noms des fils d'Ismaël, leur nom selon la généalogie : Nebaïoth, le premier-né d’Ismaël, Kédar, Adbeël, Mibsam, 14 Mishma, Duma, Massa, 15 Hadar, Théma, Jetur, Naphish et Kedma. 16 Ce sont là les fils d'Ismaël, ce sont là leurs noms selon leurs villages et leurs campements : douze princes, tribu par tribu. 17 Voici la durée de la vie d'Ismaël : cent trente-sept ans. Puis il expira, il mourut et fut recueilli vers ses peuples. 18 Les Ismaélites demeurèrent depuis Havila jusqu'à Shur, en face de l'Égypte en allant vers l'Assyrie. Ismaël s'établit à la vue de tous ses frères.

Le patriarche "recueilli vers ses peuples". Le récit souligne ainsi que la course terrestre est achevée, dans la conscience de la vie au-delà de la mort. Et nous lisons combien cette fin fut paisible, lisant "en heureuse vieillesse". Isaac et Ismaël sont ensemble pour l’ensevelissement là où a été enterrée Sara, dans le tombeau acheté aux Hétiens, près d’Hébron. Ensuite, les chemins vont se poursuivre, pour chacun dans sa propre sphère. Et Isaac, auquel le flambeau fut confié demeura près du puits de Lakhaï-roï, lieu où il méditait lorsqu’apparut Rebecca… La parole de Dieu a toute sa valeur pour Isaac, fils d’Abraham !


 
Tableau d’une vie de foi
Réflexions

Abraham a transmis le flambeau. Les récits touchant Isaac, Jacob et Joseph conduiront à d’autres réflexions de sagesse pour celui qui désire marcher dans le chemin de la foi. Mais avant d’y venir, il est heureux de faire un rapide retour arrière sur le parcours exemplaire d’Abraham. Et celui-ci commence par un engagement personnel…
 
"Va pour toi, de ta terre, de ta parenté, et de la maison de ton père, vers la terre que je te ferai voir…" (12:1). Et l’homme de Dieu s’engage dans une voie inconnue, exprimant par sa marche la confiance qu’il a en Dieu, sans nulle référence à quiconque l’y aurait précédé. Il quitte une famille qui a une réelle connaissance de l’Éternel (24:50), sans en aucune manière la rejeter ou lui reprocher quoi que ce soit. N’est-ce pas là qu’il enverra son serviteur pour chercher une épouse pour son fils !
 
Il va parsemer sa route d’autels, le premier près de Sichem, et ensuite aux abords de Béthel (12:7), avant de s’en aller plus au sud, à Hébron puis à Gérar, avant de revenir à Hébron. Sans s’établir vraiment, car "il parcout le pays de long en large"  (13:17). Pas de protection mystique pour lui. Il traverse une période de famine et s’en va, comme nombre de ses voisins, en Egypte. Un homme qui craint ces étrangers, et croit devoir agir par ruse… L’homme de foi n’est pas un surhomme ! Mais le Seigneur Dieu intervient comme en secret. Mais le croyant Abraham n’est pas disqualifié, il poursuivra sa route, mais il doit la reprendre là où il l’a quittée, un temps perdu en quelque sorte (13:4).
 
Retour en Canaan, c’est la défection de Lot, et Abram ne discute pas, il ne revendique rien. Lot choisit, mais il fait le mauvais choix, allant auprès de Sodome. La débâcle de Sodome ! Pas un mot de reproche à l’encontre de Lot, Abram court pour le délivrer, aidé par quelques voisins. C’est alors la rencontre impressionnante avec Melchisédec, roi de justice et de paix, et sacrificateur du Dieu Très-haut, figure du Messie célébré par le psalmiste (14:18-20, Psaume 110:4). Un repas fait de pain et de vin, un signe saisissant. Abram donne la dîme de tout, tandis qu’il refuse toute rétribution du roi de Sodome. Il manifeste publiquement la réalité de son chemin avec Dieu, séparé des principes qui régissent ce monde, étranger à toute idée de réformer la terre, mais jamais ennemi de ceux qui l’entourent.
 
"Je suis ton bouclier, et ta récompense sera grande !" (15:1). La protection de l’Éternel, une réalité vécue pour l’homme de foi. Mais l’homme a-t-il changé en quittant sa famille pour marcher avec Dieu ? Est-il devenu un sur-homme ? Et la promesse d’une descendance ! Abram a-t-il la patience d’attendre son accomplissement, l’attente est longue et la perspective fort hypothétique, vu l’âge de Saraï. C’est alors la naissance d’Ismaël, et quelques difficultés familiales. La servante doit s’humilier devant Saraï a la vision de l’Ange de l’Éternel ; elle est auprès du "puits de Lakhaï-Roï" (16:14). Une instruction en soi, lorsque nous considérons le nom donné au puits : "puits du Vivant qui me voit". Quant à Abram, il peut goûter la fidélité du Seigneur à sa promesse, car sa défaillance ne peut altérer la pensée de Dieu. Il reçoit le nom d’Abraham et le "signe" de la circoncision (17:5,10).
 
Vient alors la scène des voyageurs passant à proximité de sa tente. Abraham se trouve devant l’Éternel. La promesse d’une descendance est à nouveau rappelée. Nous lisons alors la confiance de Dieu dans son serviteur, et cette parole "Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire ?" (18:17). Et nous voyons combien l’homme de Dieu a conscience de la grâce, lorsque il demande que Sodome soit épargnée s’il s’y trouve cinquante, quarante-cinq, quarante, trente, vingt ou seulement dix justes…
 
Peu après, Abraham se trouve plus au sud, et il est inquiet, ayant à l’esprit : "Assurément il n'y a point de crainte de Dieu en ce lieu, et ils me tueront à cause de ma femme" (20:11). Nouvelle intervention de Dieu. Et Abraham estconduit à intercèder pour que les gens d’Abimélec puissent à nouveau avoir des enfants, alors que Sara n’a jamais donné naissance… Et vient alors la naissance d’Isaac.
 
Et enfin une dernière étape, lorsqu’Abraham est appelé à offrir son fils Isaac à Dieu ! "Va pour toi" lui est-il dit une nouvelle fois. Et pouvait-il parler à quiconque de ce voyage qu’il allait entreprendre vers le Mont Morija, le futur lieu du temple de Jérusalem ? Seul, troublé sans aucun doute, mais s’appuyant sur la promesse d’une descendance, il a confiance en Dieu et ne manque pas de dire à ses serviteurs : "Moi et l'enfant nous irons jusque-là, et nous adorerons ; et nous reviendrons vers vous" (22:5). En route, répondant à Isaac, il prononce cette parole prémonitoire, saisissante : "Dieu se pourvoira d’un agneau pour l’holocauste" (22:8). Une parole insondable.
 
Nous ne pouvons qu’être saisis par ces pensées de sagesse et par l’intelligence qui se dégage de ces pages du Livre de la Genèse. L’essence de la relation de l’homme avec Dieu s’y trouve dépeinte : l’engagement personnel, la connaissance de la grâce, la vie d’étranger sans animosité à l’égard de ses voisins, mais aussi la confession publique de son choix de vie, face à Melchisédec, figure énigmatique sans doute, mais surtout annonce du Messie. Après qu’il fut donné à toutes les générations des Israélites, depuis les temps les plus reculés, au cœur de leur instruction à la marche de la foi, le croyant Abraham est une source d’inspiration, selon qu’il est écrit : "Sachez donc que ceux qui sont sur le principe de la foi, ceux-là sont fils d'Abraham" (Galates 3:7).
 
Abraham, un homme de foi avec ses grandeurs et ses faiblesses, un modèle pour tous.
 
Les œuvres de foi se pétrissent dans l’argile de la terre.


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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04:00 Écrit par Eric dans ABRAHAM, Genèse 22 à 25 | Commentaires (0)