17/03/2013

Genèse 18:1 Promesse d'une descendance


 

 

Abraham, homme de Dieu
Genèse 18 et 19

Abraham vit comme étranger dans le pays promis, c’est un homme séparé des peuples qui l’entourent, mais sans nul esprit de jugemement, voire simplement de supériorité. Il marche avec Dieu, entretient des rapports paisibles avec ses voisins (Romains 12:18), n’ambitionne aucune prééminence en ce monde (Jacques 2:5) et n’hésite pas à pratiquer l’hospitalité (Hébreux 13:2). Une vie paisible, perturbée quelques fois, comme pour la délivrance de Lot. Ces récits nous sont des modèles de vie ; et lorsque nous voyons son fils Isaac, méditant auprès du puits, suivant assurément le modèle de son père (24:63) – une disposition recommandée dans l’Ecriture (Josué 1:8, Psaumes 1:2, 119:48…) – nous comprenons ce que le récit veut nous faire comprendre.
 
Notre récit montre, dans ce qui suit, cette fraîche hospitalité, mais aussi la simplicité devant Dieu ; nous lisons des réflexions tout humaines, empreintes de la paix qui domine le cœur de l’homme de foi, de laquelle vient un esprit de grâce. Car c’est bien ce qui ressort du débat entre Dieu et Abraham à l’annonce du jugement de Sodome.
 
Le contraste avec Lot est marquant. Celui-ci s’est établi aux portes de la ville… Et par ailleurs, nous lisons que "le juste Lot" était "accablé par la conduite débauchée de ces hommes pervers" (2 Pierre 2:7)… Il n’avait pas suivi la voie d’Abraham. Le contraste est impressionnant, poussé au paroxysme pour illustrer les conséquences des deux chemins si différents parcourus par des croyants, car l’un et l’autre sont d’authentiques croyants…

 
Promesse d’une descendance - 18:1-15
 
Dans ce récit, c’est Dieu lui-même qui s’avance et s’exprime. Le sage qui l’a rédigé a pénétré une grande réalité de la vie des hommes, une réalité si souvent méprisée ou niée, à savoir que Dieu regarde la terre, considère la vie des hommes ! Nous voyons Abraham en paix, à l’entrée de sa tente, près des chênes de Mamré, proches de la ville d’Hébron. En méditation, peut-être… Trois hommes viennent à passer sur le chemin, auprès de la tente, trois voyageurs, apparemment : le maître et deux serviteurs, car Abraham s’adresse à celui-ci… Et c’est bien l’Éternel Dieu qui se tient devant lui…

18  1 L'Éternel lui apparut aux térébinthes de Mamré, alors qu’il était assis à l'entrée de la tente pendant la chaleur du jour. 2 Il leva les yeux et vit trois hommes debout devant lui. Quand il les vit, il courut de l'entrée de la tente à leur rencontre, se prosterna en terre 3 et dit : Seigneur, si j'ai trouvé grâce à tes yeux, ne passe pas, je te prie, sans t’arrêter chez moi, ton serviteur. 4 Laissez-moi apporter un peu d'eau, je vous prie, pour que vous vous laviez les pieds, puis reposez vous sous l'arbre ! 5 Je vais chercher quelque chose à manger pour que vous vous restauriez ; après quoi vous reprendrez votre chemin, car c'est pour cela que vous êtes passés chez moi, votre serviteur. Ils répondirent : D’accord, fais comme tu l'as dit .

"C’est pour cela que vous êtes passés chez moi, votre serviteur." Abraham ne savait pas qui ils étaient, et ne pouvait savoir qu’il se trouvait face de l’Éternel, présenté sous cette figure d’homme, et, naturellement, il ne pouvait s’attendre à ce qui allait suivre. Ce qui anime l’homme de Dieu, c’est la simple hospitalité (Hébreux 13:2). Nous lisons alors son empressement à servir ces voyageurs, ces étrangers qui passent.

6 Abraham se précipité dans la tente et dit à Sara : Prends vite trois mesures de fleur de farine, pétris-les et fais-en des gâteaux. 7 Abraham courut vers le bétail, il prit un veau tendre et bon et le donna à un serviteur qui se hâta de l'apprêter. 8 Il prit de la crème et du lait, et le veau qu'on avait apprêté, et le mit devant eux. Il resta à leurs côtés, sous l'arbre, tandis qu’ils mangaient.

Tandis que le repas se déroulait, à un moment les voyageurs prennent la parole pour s’enquérir de Sara, la femme d’Abraham. Et l’un d’entre eux annonce que la promesse faite à Abraham sera bientôt accomplie, il aura, de Sara, une descendance qui deviendra une grande nation (12:1-3, 18:1-2).

9 Alors ils lui dirent : Où est Sara, ta femme ? Il répondit : Elle est là, dans la tente. 10 Il dit : Je reviendrai chez toi quand son terme sera là ; Sara, ta femme, aura un fils. Sara écoutait à l'entrée de la tente qui était derrière lui. 11 Abraham et Sara étaient vieux, avancés en âge ; Sara avait cessé d'avoir ce qu'ont les femmes. 12 Sara rit en elle-même disant : Étant vieille aurai-je du plaisir ? D’ailleurs mon seigneur aussi est âgé.

Et qui donc est celui qui dit "Je reviendrai chez toi…", annonçant à Sara la naissance d’un fils. La personnalité de celui qui est apparu sous forme humaine commence à se manifester aux yeux du couple, et une certaine retenue s’installe, la reconnaissance de l’autorité… Le rire se mue en questionnement !

13 L'Éternel dit à Abraham : Pourquoi dont Sara a-t-elle ri, en disant : Pourrais-je vraiment avoir un enfant, moi qui suis vieille ? 14 Y a-t-il rine qui soit trop difficile pour l'Éternel ? L’année prochaine je reviendrai vers toi, quand son terme sera là, et Sara aura un fils. 15 Et Sara nia : Je n'ai pas ri, dit-elle, car elle avait peur. Mais il dit : Non, car tu as ri.

Toute l’histoire d’Abraham nous fait considérer un homme juste, mais non un homme parfait ! Un homme qui n’est pas sans faiblesse, car s’il était parfait pourrait-il nous être un modèle ? Mais un homme droit ! Droit devant le Seigneur Dieu, ainsi que nous lisons : "Continue ta bonté à ceux qui te connaissent, et ta justice à ceux qui sont droits de cœur." (Psaume 36:10).

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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16:00 Écrit par Eric dans ABRAHAM, Genèse 18 à 21 | Commentaires (0)

Genèse 18:16 "Cacherai-je à Abraham...?"


 

 

"Cacherai-je à Abraham… ?" - 18:16-33
 
Les voyageurs se lèvent pour poursuivre leur route, regardant alors vers Sodome. Et l’Éternel va s’attarder auprès d’Abraham tandis que les deux messagers se rendront à Sodome (19:1). Le dialogue qui s’installe est alors extraordinaire, expression de communion entre le Seigneur Dieu et l’homme de foi.

16 Les hommes se levèrent pour partir et se tournèrent du côté de Sodome, et Abraham allait avec eux pour leur faire la conduite. 17 Et l'Éternel avait dit : Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire, 18 alors qu’Abraham va devenir une nation grande et forte, et que toutes les nations de la terre se béniront par lui ? 19 Car je le connais, je sais qu'il commandera à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l'Éternel en agissant selon la justice et l’équité, de sorte que l'Éternel fera venir sur Abraham ce qu'il a dit à son sujet. 20 L'Éternel dit : Les cris de Sodome et de Gomorrhe sont si forts, leur péché si grave, 21 que je vais descendre pour voir s'ils ont agi tout à fait selon les cris qui sont venus jusqu'à moi ; que cela soit ou non, je le saurai.

"Cacherai-je à Abraham... ?" A cette parole nous faisons bien d’être attentifs ! Comme une réflexion que le Seigneur Dieu se fait à lui-même ! Et pourquoi Dieu dit-il cela ? Parce qu’Il sait à qui Il a affaire ! Dieu voit la vie d’Abraham… "Je sais qu'il commandera à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l'Éternel en agissant selon la justice et l’équité." L’attitude de vie approuvée du Seigneur, résumée en une courte sentence par le prophète Michée : "Il t'a déclaré, ô homme, ce qui est bon. Et qu'est-ce que l'Éternel recherche de ta part, sinon que tu fasses ce qui est droit, que tu aimes la bonté, et que tu marches humblement avec ton Dieu ?" (Michée 6:8).

22 Les hommes se remirent en route, allant vers Sodome. Mais Abraham se tenait encore devant l'Éternel. 23 Abraham s'approcha et dit : Vas-tu vraiment faire périr le juste avec le méchant ? 24 Peut-être y a-t-il cinquante justes dans la ville ! La détruiras-tu, et ne pardonneras-tu pas à la ville à cause des cinquante justes qui s’y trouveraient ? 25 Jamais tu ne feras une chose pareille : mettre à mort le juste avec le méchant, de sorte qu’il en serait du juste comme du méchant ! Loin de toi ! Le juge de toute la terre n’agitait-il pas selon l’équité ?

Que pouvons-nous dire en lisant cette question ? Et même plus qu’une question, lorsque nous lisons "Loin de toi ! Le juge de toute la terre n’agitait-il pas selon l’équité ?" Abraham connaît le Seigneur Dieu, l’Unique. Il sait que Dieu est juste ! C’est là une perspective que l’homme de foi ne pourrait comprendre, tant sa confiance en la justice de Dieu est forte ! A méditer !
 
Abraham reconnaît le caractère inéluctable du jugement de Sodome, et nous pouvons lire ici le jugment du monde ! Mais le juste ? Tout d’abord nous voyons que, pour Abraham, cette ville corrompue pourrait être habitée de quelques justes… Abraham n’est pas "hors de Sodome" pour déclarer tous ses habitants méchants, et lui "seul juste" ! Ce n’est pas son état d’esprit, ou plutôt, ce n’est pas l’état d’esprit du sage qui nous donne le récit. Ensuite, Abraham sait Dieu tellement "juste" qu’il ne peut imaginer que des justes puissent partager le sort des méchants…
 
Suit alors un raisonnement plein de sagesse. Il s’agit d’un réel questionnement animé par la foi d’Abraham et sa connaissance de Dieu : "Le juge de toute la terre agira selon l’équité." Ainsi vient cette cascade de questions : Et s’il y a quarante-cinq justes ? Ou bien quarante ? Et si il s’en trouve trente ? Ou encore vingt ? Et peut-être s'y en trouvera-t-il dix !

26 L'Éternel dit : Si je trouve cinquante justes, dans de la ville, à Sodome, à cause d'eux je pardonnerai à ce lieu tout entier. 27 Abraham reprit : Voici, je te prie, j'ose parler au Seigneur, alors que je suis poussière et cendre. 28 Peut-être, des cinquante justes, en manquera-t-il cinq ; pour cinq, anéantiras-tu toute la ville ? Il répondit : Si j'y en trouve quarante-cinq, je ne la détruirai pas. 29 Abraham continua de lui parler ; il dit : Peut-être s'en trouvera-t-il là quarante ? Il répondit : A cause de ces quarante, je ne ferai rien. 30 Abraham dit : Je t’en prie, Seigneur, ne s'irrite pas si je parle encore. Peut-être s'en trouvera-t-il là trente ? Et il dit : Je ne ferai rien si j’en trouve trente. 31 Abraham dit : J’ose encore te parler, Seigneur… Peut-être s'en trouvera-t-il là vingt ? Et il dit : A cause de ces vingt, je n’anéantirai pas. 32 Abraham dit : Je t’en prie, Seigneur, ne s'irrite pas si je parle encore une seule fois : Peut-être s'en trouvera-t-il dix ? Et il dit : A cause de ces dix-là, je ne la détruirai pas. 33 Lorsqu’il eût achevé de parler à Abraham, l’Éternel s’en alla, et Abraham s'en retourna chez lui.

Nous savons ce qui s’est passé par la suite : la réception désastreuse des deux anges à Sodome, et leur accueil dans la maison de Lot, le neveu d’Abraham qui avait choisi d’habiter dans cette ville, au milieu de plaines fertiles (13.10-11). Certes, Lot n’a pas eu un comportement d’une grande élévation morale, mais néanmoins c’était un homme qui "craignait Dieu" ! Et lui, le seul juste de la ville semble-t-il, fut mis à l’abri avec ses deux filles non mariées. Pierre, l’apôtre, écrira : "Il a délivré le juste Lot, accablé par la conduite débauchée de ces hommes pervers" (2 Pierre 2:7),
 
L’intercession d’Abraham, comme celle de Moïse lors de l’affaire du veau d’or (Exode 32) sont tout à fait remarquables, en ce que ceux qui devaient hériter – Dieu n’a-t-il pas parlé ainsi à Moïse ? – ne sont pas empressés à pousser au jugement, mais au contraire intercèdent !
 
Abraham, tel que nous le dépeint ce récit qui est un enseignement de sagesse, illustre les caractères de la marche avec Dieu. Il connaît l’Éternel et est conscient de son appel (18:25, 12:2, Ephésiens 1:7-9, 1 Jean 3:1-2), un appel qui est la manifestation de la grâce : l’homme de Dieu ne s’attribue aucun mérite ! La communion avec Dieu se traduit dans ce fait qu’il entre dans le dessein de Dieu (18:17, Apocalypse 1:19-20), et qu’il transmettra cette connaissance à sa descendance (18:19). N’est-il pas, lui, un modèle de ceux qui sont "le sel de la terre" (Matthieu 5:13-16). Et n’est-ce pas ce que nous pouvons lire en considérant cette scène où l’homme de Dieu est appelé à prier pour Abimélec "car il est prophète" (20:7), autrement dit un homme qui rend compte au monde de la pensée de Dieu.

 

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14:00 Écrit par Eric dans ABRAHAM, Genèse 18 à 21 | Commentaires (0)

Genèse 19:1 Le jugement de Sodome


 

 

Le jugement de Sodome - 19:1-29
 
En tournant la page où nous voyons Abraham hopitalier, avant de considérer l’esprit de grâce qui le caractérise, nous entrons dans un tout autre univers. Il s’agit aussi d’un croyant, mais quelle différence, quel contraste ! Lot est à Sodome, assis aux portes de la ville, et tente de manifester ce qu’il a appris ; il est, lui aussi, hospitalier… Mais nous voyons jusqu’où la fréquentation de Sodome émousse ses critères moraux. Son souci d’hospitalité lui fait envisager un acte abominable, il est prêt à livrer ses deux filles non mariées...

19  1 Les deux messagers arrivèrent à Sodome sur le soir. Or, Lot était assis à la porte de Sodome lorsqu’il les vit ; il se leva pour aller à leur rencontre et se prosterna face contre terre. 2 Puis il dit : Mes seigneurs, je vous en prie, faites le détour par la maison de votre serviteur pour y passer la nuit ; lavez vous les pieds ; vous vous lèverez de bon matin et poursuivrez votre route. Non, répondirent-ils, nous passerons la nuit sur la place. 3 Mais il insista tellement qu’ils firent le détour pour se rendre chez lui. Il leur fit un festin, il cuisit des pains sans levain, et ils mangèrent.
 
4 Ils n'étaient pas encore couchés que les gens de la ville, les gens de Sodome, entourèrent la maison, depuis le jeune homme jusqu'au vieillard, tout le peuple sans exception. 5 Ils appelèrent Lot et lui dirent : Où sont les hommes qui sont entrés chez toi ce soir ? Fais-les sortir vers nous pour que nous ayons des relations avec eux ! 6 Lot sortit vers eux, à l'entrée de la maison, et ferma la porte derrière lui. 7 Il dit : Mes frères, je vous en prie, ne faites pas ce mal. 8 J'ai deux filles qui n'ont jamais eu de relations avec un homme ; je vais les faire sortir vers vous, et vous leur ferez ce qu’il vous plaira. Seulement, ne faites rien à ces hommes puisqu’ils sont venus à l'ombre de mon toit. 9 Ils dirent : Pousse-toi ! Et ils dirent encore : Cet individu est venu ici, en immigré, et il veut faire le juge ! Maintenant nous allons te faire pire qu'à eux. Tout en insistant fortement auprès de Lot, ils s’avançaient pour briser la porte. 10 Les hommes tendirent la main, firent entrer Lot auprès d’eux dans la maison et fermèrent la porte. 11 Quant aux hommes qui étaient à l’entrée de la maison, ils les frappèrent de cécité, depuis le plus petit jusqu'au plus grand, de sorte qu'ils n’arrivaient plus à trouver l'entrée.

De quelle reconnaissance jouit donc, au milieu de cette population sans foi ni loi, un croyant nanti d’une réelle probité ? Si tôt qu’il se distingue de la population, recevant chez lui des voyageurs, il est méprisé : "Cet individu est venu ici, en immigré, et il veut faire le juge !" (19:9). Cette assertion nous donne à réfléchir sur la leçon que voulait donner le sage qui transcrivit ainsi le récit…
 
Mais la providence veille. Alors que Lot est complètement dépassé, les messagers prennent les choses en main… Ils vont permettre à Lot, le croyant, de quitter la ville, d’être mis à l’abri de la populace, mais aussi du jugement imminent. Mais Lot, averti, peut-il convaincre ses gendres, alors que lui-même a choisi de vivre parmi les gens de Sodome ? Et lui-même est-il prêt à tout quitter ?

12 Les hommes dirent à Lot : Qui as-tu encore ici ? Gendre, fils et filles, et tout ce que tu as dans la ville, fais-les quitter ce lieu, 13 car nous allons détruire ce lieu. En effet, devant l’Éternel, leurs cris sont devenus si grands que l'Éternel nous a envoyés pour anéantir la ville. 14 Lot sortit pour parler à ses gendres, à ceux qui devaient épouser ses filles, et leur dit : Levez-vous, quittez ce lieu, car l'Éternel va détruire la ville. Mais ses gendres crurent qu’il plaisantait.
 
15 Quand l’aurore se leva, les messagers pressèrent Lot en disant : Lève-toi, prends ta femme et tes deux filles qui se trouvent ici, pour ne pas être emporté par la faute de la ville. 16 Mais il s’attardait ; alors les hommes le saisirent par la main, lui, sa femme et ses deux filles, car l'Éternel voulait l’épargner ; ils le firent sortir, et le laissèrent hors de la ville. 17 En les faisant sortir à l’extérieur, il dit : Sauve-toi, il y va de ta vie ; ne regarde pas derrière toi et ne t'arrête pas, dans toute la plaine ! Sauve-toi dans la montagne de peur que tu ne sois emporté. 18 Lot leur dit : Oh ! Non, je t’en prie, seigneur ! 19 Je t’en prie ! Moi, ton serviteur, j’ai trouvé grâce à tes yeux, et tu as montré une grande bonté envers moi en me conservant la vie, mais je ne peux pas, moi, me sauver dans la montagne, de peur que le mal ne m'atteigne. Je mourrais. 20 Regarde cette ville : elle est assez proche pour que je m’y enfuie, et elle est petite. Je t’en prie, pour que je reste en vie, laisse-moi me sauver jusque là ! N’est-elle pas petite ? 21 Alors il lui dit : Je te fais encore cette faveur : je ne détruirai pas la ville dont tu parle. 22 Mais fais vite, sauve-toi jusque là, car je ne peux rien faire jusqu’à ce que tu y sois arrivé. C'est pourquoi on a appelé cette ville du nom de Tsoar ("petite"). 23 Le soleil se levait sur la terre lorsque Lot entra dans Tsoar.
 
24 Alors l'Éternel fit pleuvoir sur Sodome et sur Gomorrhe du soufre et du feu, de la part de l'Éternel. 25 Il détruisit ces villes, toute la plaine, tous les habitants des villes et la végétation de la terre. 26 Mais la femme de Lot regarda en arrière et devint une statue de sel.

Un récit navrant ! Des siècles plus tard, il sera retenu de l’histoire qu’elle concerne un croyant, et nous comprenons alors la leçon du récit. Le chemin du croyant est de vivre au milieu des hommes, comme nous le voyons d’Abraham, mais s’il n’y a pas de séparation morale, il est en danger d’être réellement enchaîné dans son esprit. Voyons la difficulté de Lot, anxieux de se retrouver seul dans la montagne. Il cherche une voie médiane, il pense que la ville de Tsoar pourrait lui convenir, mais ce sera pour bien peu de temps ! Et nous voyons qu’il perd sa femme, trop attachée à la ville d’où elle doit fuir…

27 Abraham se leva de bon matin pour aller au lieu où il s'était tenu devant l'Éternel. 28 Regardant vers Sodome et Gomorrhe, et du côté de tout le pays de la plaine, il vit monter de la terre une fumée comme celle d'une fournaise.
 
29 Lorsque Dieu anéantit les villes de la plaine, il se souvint d'Abraham : il retira Lot de la destruction lorsqu’il détruisit les villes où Lot habitait.

Abraham ne pouvait croire qu’il y avait un tel mal à Sodome, qu’il ne s’y trouva pas au moins dix hommes justes… Et il se trouvait, dans ce débat avec l’Éternel, vraiment en phase avec la pensée de Dieu, il comprenait vraiment la pensée de l’Éternel. Mais voilà, il put voir la fumée s’élever de la plaine de Sodome… Et, bien évidemment, aucune parole de satisfaction ne sort de la bouche d’un homme de foi car il sait que si jugement il y a, c’est une œuvre étrange, inaccoutumée, mais hélàs inévitable (Esaïe 28:21). "Est-ce que je prends plaisir à la mort du méchant ? dit le Seigneur, l'Éternel ; n'est-ce pas plutôt à ce qu'il se détourne de ses voies, et qu'il vive ?" (Ézéchiel 18:23).

 

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13:00 Écrit par Eric dans ABRAHAM, Genèse 18 à 21 | Commentaires (0)

Genèse 19:30 Le choix de Lot


 

 

Le choix de Lot - 19:30-38
 
Un chemin ahurissant ! La sagesse ne prend pas des voies détournées, ne propose pas un discours édulcoré ; les choses doivent être dites, et en particulier les réalités qui peuvent être rencontrées parmi des croyants… Les réalités les plus heureuses comme les plus grandes défaites ! Nous avons ici une leçon importante pour indiquer le chemin de la foi, et ses écueils. En effet, un croyant peut être convaincu du chemin à suivre, et Lot accompagna Abram, son oncle, hors de Harran, mais il suivit l’homme jusqu’à montrer la faiblessse de ses propres convictions. Et survint un choix de vie qui s’avéra catastrophique, une voie dont il ne put se défaire malgré les avertissements, et qui conduisit à un désastre familial saisissant.
 
Tsoar, une petite ville paisible en apparence… Lot qui avait peur de monter dans la montagne en vint à avoir peur des habitants de Tsoar… Et il se trouve pour finir dans une caverne… Il n’avait plus de perspectives, et ne put en donner à ses filles… Et le récit nous fait considérer un double inceste ! Une désolation absolue ! Car le lecteur ne peut s’illusionner : l’homme reste l’homme, et lorsque la chute est là, celle d’un croyant, elle peut le conduire fort loin.

30 Lot monta de Tsoar, et habita dans la montagne avec ses deux filles, car il eut peur de s’habiter à Tsoar. Il s’installa dans une caverne, lui et ses deux filles. 31 Alors l'aînée dit à la cadette : Notre père est vieux, et il n'y a pas d'homme sur la terre pour venir vers nous selon la manière de toute la terre. 32 Viens, faisons boire du vin à notre père, et couchons avec lui afin de donner la vie à une descendance de notre père. 33 Elles firent donc boire du vin à leur père ce soir là ; et l'aînée alla coucher avec son père. Il ne se rendit compte de rien, ni quand elle se coucha, ni quand elle se leva. 34 Le lendemain, l'aînée dit à la cadette : J'ai couché la nuit passée avec mon père ; faisons-lui boire du vin ce soir encore, et va, couche avec lui afin de donner la vie à une descendance de notre père. 35 Elles firent boire du vin à leur père ce soir-là encore ; et la cadette se releva pour coucher avec lui. Il ne se rendit compte de rien, ni quand elle se coucha, ni quand elle se leva. 36 Ainsi les deux filles de Lot furent enceintes de leur père. 37 L'aînée mit au monde un fils qu’elle appela du nom de Moab : c’est le père de Moab, jusqu'à ce jour. 38 La cadette, elle aussi, mit au monde un fils ; elle l’appela du nom de Ben-Ammi : lui, est le père des Ammonites, jusqu'à ce jour.

Assurément, pour chacun il est affligeant de lire un tel récit : la déchéance morale complète d’un homme dont la foi est pourtant reconnue ! N’est-il pas appelé "le juste Lot" (2 Pierre 2:7) ! Déchéance qui toucha toute sa famille. Remarquons que ce chemin a commencé par un regard sur les plaines de Sodome, un regard de convoitise alors qu’il était appelé à faire un choix personnel… Ceci nous conduit à l’exhortation de Jean : "N'aimez pas le monde, ni les choses qui sont dans le monde" (1 Jean 2:15). Nous pouvons lire ici la difficulté particulière qu’engendrent des routes opposées prises par des croyants, et l’abandon progressif de la foi… Une épine permanente.
 
L’autre volet est l’origine affirmée, pour ainsi dire injurieuse, de Moab et Amman, ces deux petits peuples voisins d’Israël. Certes, les deux se sont montrés de mauvais voisins, toujours prêts à rapines et vexations… Ceci étant, n’oublions pas la magnifique démarche et la réception de Ruth, la Moabite "venue s’abriter sous les ailes du Dieu d’Israël" (Ruth 2:12).


 

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12:00 Écrit par Eric dans ABRAHAM, Genèse 18 à 21 | Commentaires (0)

Genèse 20:1 Abraham au pays du midi


 

 

Abraham et Isaac
Genèse 20 et 21

Le récit de la naissance d’Isaac ! Enfin, dirions-nous, Dieu donne essor à son propos, donnant à Abraham la descendance promise, en Isaac, avant qu’un peuple paraisse, les dix tribus d’Israël.
 
Lisant cette page, nous aurons à nous interroger sur les circonstances qui entourent la conception puis la naissance de ce fils inespéré. Après le séjour près d’Hébron, le patriarche descend plus au sud, dans la région qui sera occupée des siècles plus tard par les Philistins, les “Peuples de la Mer” ainsi qu’ils sont connus dans les annales des rois d’Egypte. A l’époque, la population est cananéenne. Et Abraham craint ces Cananéens car, pense-t-il, "il n'y a point de crainte de Dieu en ce lieu" (20:11). Cela devait-il inspirer une telle crainte à l’homme de Dieu ? Ceci le conduisit à un comportement qui lui avait déjà valu la réprobation. Mais nous voyons l’Eternel secourant l’homme défaillant.
 
Et c’est alors que la promesse d’un héritier, né de Sara, va s’accomplir… L’homme de Dieu devra alors se séparer d’Ismaël et d’Agar, sa mère. Ce ne sera par chose aisée pour Abraham, illustrant ainsi les peines qu’un faux pas peut engendrer. Mais le dessein de Dieu doit s’accomplir, l’annonce faite lorsqu’Abraham quitta la Mésopotamie trouve ici le commencement de sa réalisation, à savoir une descendance destinée à un rôle particulier dans le plan divin. Et alors, chose remarquable, l’homme de Dieu est reconnu comme prophète par ceux qu’auparavant il craignait, "car il n’y a pas de crainte de Dieu"…. N’était-ce pas pour cela que l’homme de Dieu devait rencontrer Abimélec, cet homme de bonne volonté ?

 
Abraham au pays du midi - 20:1-18
 
Nous avons vu l’esprit paisible de l’homme de Dieu, et sa connaissance de la magnanimité de Dieu ; rappelons-nous de ce dialogue saisissant touchant le jugement de Sodome. Cela ne fait pas de l’homme un naïf ; il connaît les hommes qui l’entourent et sait à quel point il faut se méfier dans leur compagnie. A ce point ? A-t-il raison ? Pourquoi a-t-il quitté la région d’Hébron, où il entretenait des relations positives avec les habitants, pour s’en aller plus au sud ? Nous ne pouvons le discerner, mais une chose est claire, il est inquiet et tombe dans le même travers qu’en Egypte, laissant entendre que Sara est sa sœur… L’homme a réellement peur, et il pense : "Assurément il n'y a point de crainte de Dieu en ce lieu, et ils me tueront à cause de ma femme" (20:11). Ce ne sont pas les années, ni même le changement du nom, qui changent un homme ; et il faudra à nouveau l’intervention divine pour le tirer de ce mauvais pas…

20  1 Abraham partit de là pour le pays du midi ; il s’installa entre Kadès et Shur, puis il séjourna à Guérar. 2 Abraham disait de Sara, sa femme : Elle est ma sœur. Abimélec, roi de Guérar, fit prendre Sara. 3 Alors Dieu vint à Abimélec dans un songe, la nuit, et lui dit : Tu vas mourir à cause de la femme que tu as prise, car elle est mariée. 4 Abimélec, qui ne s'était pas approché d'elle, répondit : Seigneur, feras-tu périr même une nation juste ? 5 Ne m'a-t-il pas dit lui-même : Elle est ma sœur ? Et elle-même m'a dit : Il est mon frère. J'ai fait cela dans l'intégrité de mon cœur et l'innocence de mes mains. 6 Dieu lui répondit, dans le songe : Je sais bien, moi aussi, que tu as fait cela dans l'intégrité de ton cœur ; c’est pourquoi je t'ai retenu de pécher contre moi, aussi je n’ai pas permis que tu la touches. 7 Maintenant, rends la femme de cet homme ; c’est un prophète, il priera pour toi et tu vivras. Mais si tu ne la rends pas, sache que tu mourras, toi et tout ce qui est à toi.
 
8 Abimélec se leva de bon matin ; il appela tous ses serviteurs et leur raconta tout cela ; et ces hommes eurent une très peur. 9 Abimélec appela Abraham et lui dit : Que nous as-tu fait ? En quoi ai-je péché contre toi, que tu aies fait venir sur moi et sur mon royaume un si grand péché ? Tu commis envers moi des actes inadmissibles. 10 Puis Abimélec dit à Abraham : Quelle intention avais-tu pour agir de la sorte ? 11 Abraham répondit : Je me disais qu’il n’y avait assurément aucune crainte de Dieu en ce lieu et qu’ils me tueraient à cause de ma femme. 12 De plus, il est vrai qu’elle est ma sœur, fille de mon père, seulement elle n'est pas fille de ma mère, et elle est devenue ma femme. 13 Lorsque Dieu m'a fait errer loin de ma famille, j’ai dit à Sara : Voici la grâce que tu me feras : Dans tous les lieux où nous irons, dis que je suis ton frère.
 
14 Abimélec prit du petit bétail et du gros bétail, des serviteurs et des servantes, et il les donna à Abraham ; il lui rendit aussi Sara, sa femme. 15 Abimélec dit : Voici, mon pays est devant toi, installe-toi où il te plaira. 16 A Sara, il dit : Je donne à ton frère mille pièces d'argent ; cela te sera un voile sur les yeux pour tous ceux qui sont avec toi ; ainsi ton honneur sera sauf. 17 Abraham pria Dieu. Dieu guérit Abimélec, sa femme et ses servantes, et celles-ci purent avoir des enfants. 18 Car l'Éternel avait frappé de stérilité toute la maison d'Abimélec, à cause de Sara, femme d'Abraham.

Par ce récit, la sagesse expose sans fard la faiblesse de l’homme, et de l’homme de foi. Et, en vérité, il est bien important de savoir que Dieu n’attend pas la perfection dans l’homme de foi, et de comprendre, avec modestie, que la foi ne transforme pas celui qui "croit Dieu" en un sur-homme qui ne connaîtrait ni crainte ni faiblesse. Ce serait mensonge que d’insinuer la pensée qu’une conversion transforme un homme pour le rendre parfait… La foi se manifeste dans l’attachement à la parole de Dieu, la fidélité et l’intégrité morale ! Et c’est bien la leçon donnée par les récits de la vie d’Abraham. Et ils ajoutent cette paix humble dans la révélation de l’intervention discrète de Dieu qui sort son serviteur du mauvais pas dans lequel il s’est mis. Comme nous l’avons vu même dans le cas de Lot, mais lui ne sut pas saisir cette opportunité… Lot, habitué à "sevir deux maîtres", ne progressa en rien, tandis qu’Abraham, qui "marche avec Dieu", reprend courage…
 
Dans ce dernier récit, nous comprenons que le croyant n’a pas à craindre à ce point les hommes qui ne partagent pas sa foi, car il se trouve en tous lieux des hommes de bonne volonté, même si leurs mœurs nous heurtent. Quel beau retournement, lorsque tout est en lumière, et que nous vooyons le croyant, réputé prophète, demander à Dieu de délivrer les gens d’Abimélec de l’épreuve qu’ils enduraient suite à son propre comportement. Et cela en connaissant lui-même une telle souffrance, car jusqu’alors Sara n’a pas pu avoir d’enfant.

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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11:00 Écrit par Eric dans ABRAHAM, Genèse 18 à 21 | Commentaires (0)