17/03/2013

Genèse 12:1 L'appel d'Abraham


 

LES PATRIARCHES


 
Les patriarches nous donnent des pages essentielles pour la foi. Il ne s’agit pas seulement de quelques récits dont la réalité peut être mise en doute, quoiqu’un fonds historique est reconnu quant aux personnages eux-mêmes et que les circonstances que ces hommes traversèrent sont plausibles en ces temps reculés du début du second millénaire avant notre ère. Il s’agit d’une famille exceptionnelle au sujet de laquelle ces pages édifiantes ont été contées de génération en génération, jusqu’à ce qu’elles soient consignées au Livre de la Genèse, le "Livre des Commencements" qui fournit au croyant les éléments essentiels de sa relation à Dieu. Il nous semble que là se trouve le motif qui conduisit à l’écriture de ces pages de la Genèse ; elles fondent la foi des croyants tout au long de l’histoire, à commencer par celle des Israélites tournés vers le pays promis à Abraham, et responsables de tenir ferme l’Alliance établie pour eux.
 
Ainsi est consignée la mémoire du grand dessein de Dieu, et la mission assignée au peuple choisi pour être serviteur et témoin, dépositaire des oracles divins (Romains 3:2). Une mission particulière confié à un peuple chargé du message universel du Créateur. Ainsi Abram, "père élevé", verra son nom changé en Abraham, "père d’une multitude", passant du cercle de sa propre famille à la figure emblématique qu’il donne pour tous les croyants, une multitude. Pareillement le nom de Saraï, "ma princesse", ainsi que pouvait l’appeler son mari, devient Sara "princesse", emblème universel d’élévation.


 
ABRAHAM, Ami de Dieu
Le Seigneur dit à Abram : Va pour toi,
de ta terre, de ta parenté, et de la maison de ton père,
vers la terre que je te ferai voir…
Genèse 12:1

 
Dans ces pages, nous trouvons bien au-delà de l’histoire de l’homme, les grands jalons de la foi dans la réalité de chaque croyant, les grands principes qui règlent la vie d’un croyant, appelé à marcher selon ses propres convictions, bien au-delà de l’adhésion à quelque tradition religieuse, si honorable soit-elle. Deux fois Abraham entendra un appel exceptionnel. "Va pour toi !" entendra-t-il de la part de l’Éternel, et il ira ne sachant où cela le mènerait, mais assuré que l’appel de Dieu est la priorité à poursuivre. Au premier appel (12:1), il quitte sa famille, et la seconde qu’il entend "Va pour toi !", ce sera pour donner son fils à Dieu (22:2). Les marques de l’absolu de la foi dans un homme dont les faiblesses seront rappelées, mais qui toujours reviendra sur le chemin, avec l’aide du Seigneur Dieu…
 
Dès l’appel initial entendu, la réponse est donnée, non des paroles mais l’engagement sur une route inconnue… Et Abram sort de la ville où son père s’était établi, Harran, ville importante de haute Mésopotamie à hauteur de la frontière syro-turque actuelle. Dès lors il se trouvera étranger dans le pays qui lui est promis…


 
L’Appel d’Abram
Genèse 12 et 13

Un appel extraordinaire qui induit un véritable engagement dans le chemin de la foi. Il est adressé non à un surhomme mais à un homme faillible, soumis aux aléas de la vie de tous les humains. Mais cet homme fait un choix de vie essentiel, il se réfère à Dieu, l’Unique. A côté de lui, nous voyons un autre homme, un croyant lui aussi, mais qui suit le premier. Leurs voies respectives montrent toute la différence entre la foi personnelle d’Abram et l’adhésion sincère de Lot à un principe de vie. S’il est un texte fondateur essentiel, c’est bien celui de l’appel d’Abraham !

 
"Va pour toi !" - 12:1-8
 
L’appel d’Abraham, nous le lisons couramment ainsi dans nos bibles : "L'Éternel avait dit à Abram : Va-t'en de ton pays, et de ta parenté, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai ; et je te ferai devenir une grande nation et je te bénirai, et je rendrai ton nom grand, et tu seras une bénédiction ; et je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; et en toi seront bénies toutes les familles de la terre" (12:1-3). Sur ce texte reviendront les prophètes, mais aussi les apôtres de Jésus, parce qu'il fonde la voie de tout homme qui entend l’appel de Dieu, de tout homme qui a foi en Dieu, l'Unique, et se met en marche (Actes 3:25, 7:1-7 ; Hébreux 11:8-10). Il est important de voir en cette parole la profondeur du message qui nous est adressé.
 
Mais l’appel lui-même est plus significatif encrore. Ci-dessus, nous avons lu la traduction classique, cependant l’expression en hébreu se traduit plus précisément de la façon suivante :

12  1 Le Seigneur dit à Abram : Va pour toi, de ta terre, de ta parenté et de la maison de ton père, vers la terre que je te ferai voir ; 2 je te ferai devenir une grande nation et je te bénirai, et je rendrai ton nom grand, et tu seras une bénédiction ; 3 je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; en toi seront bénies toutes les familles de la terre.

Et cette expression "Va pour toi", laquelle se prononce en hébreu "lech-lecha", est absolument significative ! En effet, nous y découvrons une invitation à entreprendre un voyage personnel : "Va pour toi", autrement dit prenant sur soi d'avancer sur la base de ta propre conviction. Dans ce voyage entrepris par le croyant, il y a une décision personnelle mue par la conviction que tel est le chemin, le chemin qui donne sens à sa vie, la réponse positive à Celui dont on sait qu'Il a créé l'humanité et lui a confié une mission, un route à parcourir. Et dans la situation d'Abram, habitant au milieu d'un peuple idolâtre, le choix était lourd de sens, car il s’agit d’une rupture ; non avec les personnes – il demeurera forcément en contact avec bien des gens qui ne partagent pas sa foi au Dieu Unique – mais avec le courant de pensée dominant.
 
Et nous pouvons alors comprendre qu’il ne s’agit pas ici d’adhésion à un groupe, à une communauté de croyance, à une église, mais le cheminement personnel de la foi… Certes un chemin où le croyant n'est pas seul, il y cotoie d’autres croyants, mais où il avance avec sa propre conviction.
 
Ces mots signifient à la fois "Va pour toi" et "Va vers toi". Ce qui est aussi une invitation au voyage intérieur, à l’introspection, et cette invitation détermine pour celui qui y répond un "futur" radicalement différent de la route poursuivie jusque là. Une nouvelle vie ! Là se trouve le secret de "la vie en abondance" promise par Jésus (Jean 10:10). C’est exactement ce qu’Abraham fut appelé à faire : laisser derrière lui son passé et son présent afin de plonger dans l’inconnu du lendemain. D’un lendemain à l’écoute de Dieu. "Par la foi, Abraham, étant appelé, obéit pour s'en aller au lieu qu'il devait recevoir pour héritage ; et il s'en alla, ne sachant où il allait" (Hébreux 11:8). "Et l'écriture a été accomplie qui dit : Et Abraham crut Dieu, et cela lui fut compté à justice ; et il a été appelé ami de Dieu" (Jacques 2:23, 2 Chroniques 20:7, Ésaïe 41:8).
 
Ainsi Abraham est le "modèle du croyant", car en effet "ceux qui sont sur le principe de la foi, ceux-là sont fils d'Abraham" (Galates 3:7).
 
Fils d’Abraham ! Combien d’hommes sur la terre ne se réclament-ils pas de ce titre prestigieux, et il s’en trouve beaucoup qui le disent justement. Mais attention ! Ce titre n’est pas déterminé par l’ascendance généalogique, car la qualité de "fils" est marquée par l’adhésion véritable aux valeurs morales et spirituelles du "père" ! Non pas l’adhésion à un groupement ou une église, si valable soit-elle, mais la prise de conscience de l’appel de Dieu, le "Va pour toi", l’engagement personnel devant Dieu, la prise en compte de Sa parole…
 
Pourquoi, pensons-nous, est-il écrit personnellement à Timothée ? Et que veut dire cette exhortation : "Toutefois le solide fondement de Dieu demeure, ayant ce sceau : Le Seigneur connaît ceux qui sont siens, et : Qu'il se retire de l'iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur" (2 Timothée 2:19). C’est au sein d’une communauté chrétienne devenue, déjà, une grande maison – ce n’est pas ici un titre de gloire – que Timothée doit se démarquer lui-même, manifester la réalité de sa foi et son engagement personnel dans le chemin du Seigneur… Ainsi, la vraie question est : Quelle est ma vraie condition, lorsque je réalise que Dieu me voit ? Suis-je sur le chemin, ai-je saisi l’appel qu’il me fait entendre : "Va pour toi !  Va vers le pays que je te montrerai !"
 
Abram répondit à l'appel. Arrivé en cette terre étrangère, ayant foi dans les promesses qu'il reçut de Dieu, il entend à nouveau cette promesse, car Dieu accompagne son serviteur. Celui-ci élève un autel pour exprimer la louange.

4 Et Abram s’en alla, comme l’Éternel lui avait dit ; et Lot s’en alla avec lui. Et Abram était âgé de soixante-quinze ans lorsqu’il sortit de Harran. 5 Et Abram prit Saraï sa femme, et Lot, fils de son frère, et tout le bien et les gens qu’ils avaient acquis à Harran, et ils sortirent pour aller au pays de Canaan, et ils arrivèrent au au pays de Canaan. 6 Abram traversa le pays jusqu’au lieu de Sichem, jusqu’au térébinthe de Moré. 7 Les Cananéens était alors dans le pays. L’Éternel apparut à Abram et dit : Je donnerai ce pays à ta descendance. Abram bâtit là un autel à l'Éternel qui lui était apparu. 8 Puis il leva le camp pour se rendre dans la montagne, à l'est de Béthel ; il dressa sa tente, ayant Béthel à l'occident et Aï à l'orient. Il bâtit là un autel à l'Éternel et invoqua le nom de l'Éternel.

Sichem, quelque soixante kilomètres au nord de Jérusalem. Abram a pris la route en ayant à l’esprit la promesse de posséder le pays, et il s’y trouve au milieu des Cananéens. Ainsi le temps n’est pas venu de jouir de la promesse, mais celle-ci lui est confirmée, et le croyant Abram exprime sa confiance en dressant l’autel de Sichem… Et plutôt que de s’établir à Sichem, y bâtir une maison, il poursuit sa route et se trouve alors entre Béthel et Aï, cinquante kilomètre plus au sud. Sa tente dressée, il bâtit un nouvel autel, exprimant sa confiance et son attachement en celui qui l’a appelé en ces lieux.
 
Abram commence ainsi un périple qui le conduira partout dans le pays. Il demeura étranger et s’y trouvera plus d’une fois dans la crainte, mais veillera à entretenir des relations de bon voisinage dans les lieux où il résidera. Le Seigneur Dieu "ne lui donna pas d'héritage dans ce pays, pas même où poser son pied, et il lui promit de le lui donner en possession, et à sa postérité après lui, alors qu'il n'avait pas d'enfant." (Actes 7:5). Et si ce fut une réelle difficulté pour lui, les années venant, il marcha avec Dieu jusqu’au bout…

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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23:00 Écrit par Eric dans ABRAHAM, Genèse 12 à 17 | Commentaires (0)

Genèse 12:9 Abraham, sous le regard de Dieu


 

 

Abram craintif, mais sous le regard de Dieu - 12:9-13:4
 
Un parcours paisible, penserions-nous ! Oh, que non ! L’homme de Dieu est en ce monde comme tout autre, il connaît la réalité de la condition humaine, il doit lui aussi faire face aux aléas de l’existence. Lorsque la famine touche le pays, il conduit sa "maison" dans le chemin que prennent les autres tribus du pays. L’archéologie rend compte de ces temps de sécheresse occasionnant des migrations de tribus cananéennes vers l’Egypte nourricière, redevable des eaux du Nil qui ne peuvent tarir.
 
Et nous voyons que la foi n’a pas transformé notre homme en un surhomme. Il craint se trouver au milieu de ce peuple étranger, et use de stratagèmes tant son inquiétude est grande. Déclarer son épouse comme ne l’étant pas, une ruse face au danger, était la mettre elle-même en danger d’une grande humiliation… Sans que le Seigneur Dieu paraisse, il sortira Abram, fautif, de cette situation délicate…

9 Abram repartit, se rendant par étapes dans le midi. 10 Il y eut une famine dans le pays ; Abram descendit en Égypte pour y séjourner, car la famine pesait sur le pays. 11 Il arriva, comme il était près d’entrer en Égypte, qu’il dit à Saraï, sa femme : Voici, je sais que tu es une femme belle de visage ; 12 et il arrivera que lorsque les Égyptiens te verront, ils diront : C’est sa femme ; et ils me tueront, et te laisseront vivre. 13 1 Dis, je te prie, que tu es ma soeur, afin qu’il m’arrive du bien en considération de toi, et que mon âme vive à cause de toi.
 
14 Lorsque Abram arriva en Égypte, les Égyptiens virent sa femme, qu’elle était fort belle. 15 Les princes du pharaon la virent aussi, et en firent l’éloge auprès du pharaon ; alors la femme fut emmenée dans la maison du pharaon. 16 Quant à Abram, on le traita bien à cause d’elle ; il eut du menu et du gros bétail, des ânes, des serviteurs et des servantes, des ânesses et des chameaux. 17 Mais l’Éternel frappa le pharaon et sa maison de grandes plaies, à cause de Saraï, femme d’Abram. 18 Alors le pharaon appela Abram, et dit : Qu’est-ce que tu m’as fait ? Pourquoi ne m’as-tu pas déclaré qu’elle était ta femme ? 19 Pourquoi as-tu dit : Elle est ma soeur, de sorte que je l’ai prise pour ma femme ; et maintenant, voici ta femme : prends-la, et va-t'en. 20 Le pharaon donna ordre à ses gens à son sujet, et ils le renvoyèrent, lui, et sa femme, et tout ce qui était à lui.

Ce n’est pas sans honte sans doute que l’homme de Dieu quitte alors l’Egypte ! Mais il peut méditer la protection dont il fut l’objet. Sans doute réalise-t-il l’erreur faite plus tôt en quittant le pays promis, mais la famine était là, et il a suivi la démarche commune des tribus de Canaan… La peur ou le désespoir le gagnent-elles ? Non, il n’a pas devant lui une religion faite de préceptes légaux et de censeurs prêts à juger et faire apparaître un Dieu courroucé… Il connaît assez le Seigneur Dieu pour avoir confiance.

13  1 Abram monta d'Égypte vers le midi, lui, et sa femme, et tout ce qui lui appartenait. Lot l’accompagnait. 2 Abram était très riche en troupeaux, en argent et en or. 3 Il se rendit par étapes du midi jusqu'à Béthel, jusqu'au lieu où était sa tente au commencement, entre Béthel et Aï, 4 au lieu où il avait précédemment fait un autel ; là Abram invoqua là le nom de l'Éternel.

Aussitôt sorti d’Egypte, Abram reprend la marche là où il l’avait laissée, près de la ville de Luz qui sera appelée Béthel par Jacob, bien plus tard. Un temps perdu, sans doute, une parenthèse dans sa course, mais une expérience qui sera tournée positivement, car il reprend la route, sa route…

 

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22:00 Écrit par Eric dans ABRAHAM, Genèse 12 à 17 | Commentaires (0)

Genèse 13:5 Abraham et Lot


 

 

Abram et Lot, deux choix de vie - 13:5-18
 
Bientôt une nouvelle difficulté paraît : des disputes entre ses bergers et ceux de Lot. Leurs troupeaux étaient trop importants pour cheminer ensemble. Ici, l’homme de Dieu se montre à la hauteur. Poursuivre ensemble dans un climat de disputes n’eût pas été heureux. "Il ne faut pas que l'esclave du Seigneur conteste, mais qu'il soit doux envers tous, propre à enseigner, ayant du support…" (2 Timothée 2:24).
 
Lot, son neveu, doit prendre sa vie en main, "aller pour lui-même" (Genèse 12:1), aussi Abram lui laisse le choix de sa destination. Jusque là, Lot suivait son oncle, marchait dans ses traces ; il voyant sa démarche, ses erreurs peut-être, mais aussi sa confiance en Dieu. Pourquoi prend-il une route si différente ? Il avait commencé dans la foi, accompagnant Abram, et dès qu’il s’est trouvé responsable de lui-même, du choix de son chemin, Lot s’approche de Sodome et finit par s’y établir, s’y faire une place… La voie de la foi avait-elle si peu de prix pour lui ? Pensons à la question des troupeaux, de la place nécessaire pour la pâture, qu’en est-il à Sodome ? N’y avait-il pas d’autres troupeaux en concurrence dans les prairies voisines de la ville ? Lot ne manquait pas d’une certaine connaissance de Dieu, et même il est dit qu’il se lamentait du comportement des gens qu’il avait rejoint… Mais nous voyons ici qu’il n’avait fait que suivre Abram, un homme, et n’avait pas déterminé pour lui-même de marcher dans la voie de l’Éternel.

5 Lot, qui accompagnait Abram, avait du menu et du gros bétail, ainsi que des tente. 6 Le pays ne leur permettait plus d’habiter ensemble ; leurs biens étaient si condidérables qu’ils ne pouvaient plus habiter ensemble. 7 Il y eut querelle entre les bergers des troupeaux d’Abram et les bergers des troupeaux de Lot. Le Cananéen et le Phérézien habitaient alors dans le pays. 8 Abram dit à Lot : Qu’il n’y ait pas, je te prie, de contestation entre moi et toi, entre mes bergers et tes bergers ; nous sommes frères ! 9 Tout le pays n’est-il pas devant toi ? Sépare-toi de moi, je te prie. Si tu prends la gauche, j’irai à droite, et si tu prends la droite, j’irai à gauche.
 
10 Lot leva les yeux et vit toute la plaine du Jourdain, entièrement irriguée. Avant que l’Éternel anéantisse Sodome et Gomorrhe, c’était comme le jardin de l’Éternel, comme l’Égypte, jusqu’à Tsoar. 11 Lot choisit donc pour lui toute la plaine du Jourdain et partit vers l’orient. C’est ainsi qu’ils se séparèrent l’un de l’autre. 12 Abram habita dans le pays de Canaan, et Lot habita dans les villes de la plaine et dressa ses tentes jusqu’à Sodome. 13 Or les hommes de Sodome étaient mauvais, de grands pécheurs devant l’Éternel.

Assurément, Lot est attaché à une réelle moralité. Pierre écrit à son propos qu’il était "accablé par la conduite débauchée de ces hommes pervers, car ce juste qui habitait parmi eux, les voyant et les entendant, tourmentait de jour en jour son âme juste à cause de leurs actions iniques…" (2 Pierre 2:7-8). Mais la différence entre l’oncle et le neveu nous donne une instruction très forte qui illustre la différence entre adhérer à une “religion-morale” et s’engager dans une “vie de foi”. La plaine du Jourdin est séduisante du fait de sa luxuriance, mais au bout il se trouve Sodome.
 
Seul avec Sara et ses serviteurs, Abram poursuit sa route. Et alors Dieu lui parle à nouveau, confirmant sa promesse. Quoique non sans relations avec ses voisins, l’homme ne s’établit pas, il demeure moralement et mentalement étranger. Et il médite la promesse qui lui est faite.

14 Après que Lot se fut séparé de lui, l'Éternel dit à Abram : Lève les yeux, et regarde du lieu où tu es, vers le nord, vers le midi, vers l'orient et vers l'occident ; 15 tout le pays que tu vois, je te le donnerai, à toi et à ta descendance, pour toujours ; 16 je rendrai ta descencance nombreuse comme la poussière de la terre, en sorte que, si quelqu'un pouvait compter les grains de poussière de la terre, ta descendance serait ainsi comptée. 17 Lève-toi, et parcours le pays de long en large ; je te le donnerai. 18 Abram déplaça ses tentes ; il vint s’installer aux térébinthes de Mamré, à Hébron. Il bâtit là un autel à l'Éternel.

Ayant quitté Béthel, Abram parcourt ainsi le pays sans en revendiquer quelque portion, mais gardant au cœur la promesse de l’Éternel. Ses pérégrinations le conduisent alors aux chênes de Mamré, en un lieu qui portera plus tard le nom d’Hébron, à trente kilomètres au sud de Jérusalem. Hébron recevra ce nom du fait qu’Abraham est appelé "Ami de Dieu" (2 Chroniques 20:7, Jacques 2:23). Le lieu du troisième autel cité dans la vie d’Abraham.


 

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21:00 Écrit par Eric dans ABRAHAM, Genèse 12 à 17 | Commentaires (0)

Genèse 14:1 Melchisedec


 

 

Melchisédec
Genèse 14

Si l’homme est faillible, il n’est pas sans force. Lorsqu’une circonstance dramatique l’atteint, nous le voyons partir au combat ; et lorsqu’il en revient, nous comprenons ce qui fait l’essence de sa vie, sa motivation profonde, et cela lors d’une rencontre énigmatique avec un personnage exceptionnel, Melchisédec. Bien des siècles après l’écriture de cette page, l’auteur de l’épître aux Hébreux écrira, parlant de Melchisédec, "A ce sujet, nous avons beaucoup à dire, et des choses difficiles à expliquer, d'autant que vous êtes devenus lents à comprendre." (Hébreux 5:11). Il nous faut peser, au livre des Psaumes, la seule référence faite, dans toute la Bible, à ce Melchisédec ; elle exprime à quel point la figure qu’il nous donne est fondamentale, et nous fait voir qu’elle était bien comprise dès ces temps reculés de l’histoire d’Israël. Le psalmiste proclame au sujet du Messie : "Tu es prêtre pour toujours, selon l'ordre de Melchisédec." (Psaume 110:4, Hébreux 5:6).

 
Au secours de Lot - 14:1-16
 
C’est une aventure exceptionnelle, étrange et forte qui donne occasion de révéler l’intensité des relations établies entre Dieu et Abram, "son ami" (2 Chroniques 20:7, Jacques 2 :23, voir aussi Jean 15:15).
 
Lot pouvait-il trouver la paix à Sodome ? Le voilà pris dans les combats du monde, non qu’il y ait pris part, mais qui pouvait le distinguer des autres habitants de Sodome ? Le tableau nous montre une palette de petits royaumes, des alliances et des guerres ; le roi d’Elam en particulier avait des prétentions sur la contrée, peut-être pour s’assurer le contrôle de la route menant au sud de l’Arabie, au Yemen actuel, d’où venaient des produits de luxe tels l’encens, les pierres précieuses et l’or. Peu importent les motifs, nous savons combien les guerres et autres désastres marquent l’humanité, apportant souffrances et désolations sur les justes comme sur tous les hommes. Lot avait trouvé son confort à Sodome, et il est emporté dans la tourmente qui touche la ville impie…

14  1 En leurs jours, Amraphel, roi de Shinhar, Arioc, roi d’Ellasar, Kedor-Laomer, roi d’Élam, et Tidhal, roi de Goyim, 2 firent la guerre à Béra, roi de Sodome, Birsha, roi de Gomorrhe, Shineab, roi d’Adma, Shéméber, roi de Tseboïm, et au roi de Béla, c’est-à-dire Tsoar. 3 Tous ceux-ci se liguèrent dans la vallée de Siddim, c’est-à-dire la Mer Salée. 4 Pendant douze ans, ils avaient été asservis à Kedor-Laomer, mais, la treizième année, ils s’étaient révoltés. 5 La quatorzième année, Kedor-Laomer et les rois qui étaient avec lui vinrent et battirent les Rephaïm à Ashteroth-Karnaïm, les Zuzim à Ham, les Émim dans la plaine de Kiriathaïm 6 et les Horiens dans leur montagne de Séhir, jusqu’au chêne de Paran, qui est près du désert. 7 Puis ils s’en retournèrent, et arrivèrent à En-Mishpath, c’est-à-dire Kadès, et battirent les Amalékites dans toute leur contrée, ainsi que les Amoréens qui habitaient à Hatsatson-Thamar. 8 Alors le roi de Sodome, le roi de Gomorrhe, le roi d’Adma, le roi de Tseboïm et le roi de Béla, c’est-à-dire Tsoar, se mirent en campagne ; ils se rangèrent en ordre de bataille contre eux, dans la vallée de Siddim, 9 contre Kedor-Laomer, roi d’Élam, Tidhal, roi des Goyim, Amraphel, roi de Shinhar, et Arioc, roi d’Ellasar : quatre rois contre cinq. 10 La vallée de Siddim était pleine de puits de bitume ; dans leur fuite, les rois de Sodome et de Gomorrhe y tombèrent ; et les autres s’enfuirent dans la montagne. 11 Les vainqueurs prirent tous les biens de Sodome et de Gomorrhe, avec leurs vivres, et s'en allèrent. 12 Ils prirent aussi Lot, fils du frère d'Abram, et ses biens, et ils s'en allèrent ; car Lot habitait Sodome.
 
13 Un rescapé vint et le rapporta à Abram, l'Hébreu, qui demeurait aux térébinthes de Mamré, l'Amoréen, frère d'Eshcol et d'Aner : ceux-ci étaient alliés d'Abram. 14 Dès qu’Abram apprit que son frère avait été emmené captif, et il arma ses hommes exercés, trois cent dix-huit hommes nés dans sa maison, et poursuivit les rois jusqu'à Dan. 15 Il divisa sa troupe, et se jeta sur eux de nuit, lui et ses serviteurs ; il les battit et les poursuivit jusqu'à Hoba, à l’est de Damas. 16 Il ramena tout les biens, et ramena aussi Lot, son frère, avec ses biens, ainsi que les femmes et les gens.

Si extraordinaire que soit l’histoire, elle nous montre l’état d’esprit attendu du croyant, l’esprit d’Abram. Lui qui a choisi de parcourir le pays de long en large, sans s’y établir vraiment, ne raisonne pas pour juger son neveu ; celui-ci est dans la tourmente, alors il court pour le secourir. Peut-être aurions-nous pensé que Lot était en faute, qu’il a récolté ce qu’il a semé… et aurions-nous conclu que nous n’y pouvions rien ! Ou plus brutalement nous serions-nous exclamé "Suis-je, moi, le gardien de mon frère ?" (4:9). Abram a appris la tourmente que vivait son frère et, sans tergiverser, il court le délivrer. Et il reçoit ensuite une marque d’approbation extraordinaire…

 

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20:00 Écrit par Eric dans ABRAHAM, Genèse 12 à 17 | Commentaires (0)

Genèse 15:1 "Je suis ton bouclier"


 

 

Abraham, témoin de Dieu
Genèse 15 à 17

Abram, homme de foi, a confiance en Dieu et n’hésite pas à marquer son attachement au Dieu Très-haut ; et il entretient des rapports simples avec les hommes. Mais il est moralement séparé, comme nous le voyons dans sa rencontre avec le roi de Sodome, après qu’il ait libéré Lot emmené en captivité. Ne dit-il pas avec force à ce roi : "pour que tu ne puisses pas dire : Moi, j’ai enrichi Abram !" (14:23). Le Seigneur va alors lui parler dans une vision, lui faire entendre une parole de communion : "Je suis ton bouclier et ta très grande récompense !" (15:1).
 
Mais qu’en est-il de la promesse d’une descendance ? L’homme de foi ne saurait être un être parfait, sans faiblesse – à quoi servirait une icône, un modèle parfait, pour celui qui lit ou écoute le récit ? Aussi voyons-nous les questionnements, et les circonstances qui mèneront à la naissance d’Israël, l’homme pensant venir au secours du Seigneur Dieu pour qui puissent s’accomplir ses promesses. Y a-t-il là raison à quelque courroux de Dieu ? Non. Il y aura des conséquences à cette faiblesse de la foi, mais le Seigneur Dieu confirmera sa promesse, et même donnera un signe, la circoncision, qui sera de génération en génération une affirmation des Israélites de la confiance qu’ils ont dans la promesse divine. Et Dieu change les noms d’Abram et Saraï en Abraham et Sara. Et, en passant pourrions-nous dire, l’Éternel intervient pour atténuer les conséquences du manque de foi en ramenant la servante auprès de sa maîtresse, par la première apparition de l’Ange de l’Éternel dans l’Ecriture, au "Puits de Lakaï-Roï", le "Puits du Vivant qui me voit". Il voit ma peine, il voit ma marche...

 
"Je suis ton bouclier" - 15:1-21
 
"Après cela", c’est-à-dire la scène extraordinaire d’Abram face à Melchisédec, et le refus de toute transaction avec le roi de Sodome, nous pouvons bien comprendre la solitude de l’homme de foi. Il a exprimé sa ferveur, mais aussi son renoncement… Alors Abram se retrouve devant Dieu dans un songe. Il y reçoit la confirmation de la promesse, mais aussi une promesse de protection "Je suis ton bouclier".

15  1 Après cela, la parole de l'Éternel parvint à Abram dans une vision, disant : Abram, ne crains point ; moi, je suis ton bouclier et ta récompense sera très grande. 2 Abram dit : Seigneur Éternel, que me donneras-tu ? Je m'en vais sans enfants, et l'héritier de ma maison, c'est Éliézer de Damas. 3 Abram dit : Voici, tu ne m'as pas donné de postérité ; voici, c’est celui qui est né dans ma maison qui sera mon héritier. 4 Et la parole de l'Éternel lui parvint : Celui-ci ne sera pas ton héritier, mais bien celui qui sortira de tes entrailles. 5 Il le mena dehors et dit : Contemple les cieux, et compte les étoiles, si tu peux les compter. Il lui dit : Ainsi sera ta descendance. 6 Et il crut l'Éternel ; et il lui compta cela à justice.

Nous voyons en Abram un homme de foi, mais aussi un homme qui réfléchit. Il peut se réjouir sincèrement, de l’affirmation "je suis ton bouclier et ta récompense sera très grande", il le fait sans qu’il y ait le moinde doute en lui, il l’a prouvé face à Melchisédec. Mais à ce mot de récompense, il est bien normal qu’il réagisse ! Il se souvient de la mention d’une descendance… "Je te ferai devenir une grande nation" (12:2). Et il n’a pas d’enfant !
 
Et nous lisons la foi pour ainsi dire inébrenlable d’Abram, une foi reconnue par ces mots : "Et il crut l'Éternel ; et il lui compta cela à justice". Une affirmation clé, plusieurs fois reprise par la suite (Romains 4:3, Galates 3:6, Jacques 2:23), nous montrant l’essence même de la vie pour un Israélite, à savoir la foi, la confiance dans le Dieu Très-haut. Ce récit est avant tout un enseignement, une parole transmise pour déterminer les principes de vie de tout Israélite, au-delà des pratiques rituelles de la Loi, le shabbat, les offrandes journalières et les fêtes solennelles, lesquelles sont des temps et occasions de mémoire, un support de la foi, et non un but en soi, car qu’apporte au Seigeur l’offrande d’un sacrifice si le cœur n’est pas engagé envers Lui ? (Esaïe 1:11, Jérémie 6:20, Osée 6:6…)
 
A ce stade de l’histoire, il marche seul avec Saraï et sa maison. Ceci étant, l’homme de foi, retenant la promesse qu’il a reçue, se pose la question de son accomplissement. L’Éternel répond. Vient cette parole : "Je t’ai fait sortir d’Ur des Chaldéens…" Quand Abram a-t-il entendu l’appel "Va pour toi ?" (12:1) ? Est-ce à Ur des Chaldéens, tout au sud, ou à Harran au nord de la Mésopotamie ? La question demeure, mais une chose est certaine : tandis qu’Abram était encore à Ur, l’Éternel avait le dessein de le mener en Canaan. En route avec son père et ses frères d’abord, suivi par Lot seulement ensuite.
 
L’Eternel donne à Abram un signe. Celui-ci est invité à présenter un sacrifice d’animaux, et, après lui avoir parlé, le Seigneur enverra le feu du ciel sur les bêtes offertes.

7 Il lui dit : Je suis l'Éternel, c’est moi qui t'ai fait quitter Ur des Chaldéens afin de te donner ce pays-ci en possession. 8 Abram répondit : Seigneur Éternel, à quoi connaîtrai-je que je le posséderai ? 9 1 Il lui dit : Prends une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et un jeune pigeon. 10 1 Il prit tous ces animaux, les partagea par le milieu, et mit les moitiés en face l’une de l'autre, mais il ne partagea pas les oiseaux. 11 Les oiseaux de proie s’abattirent sur les bêtes mortes, mais Abram les chassa.
 
12 Comme le soleil se couchait, un profond sommeil tomba sur Abram ; et voici, une frayeur, une grande obscurité, tomba sur lui. 13 L'Éternel dit à Abram : Sache certainement que ta descendance séjournera dans un pays qui n'est pas le leur ; ils seront asservis et opprimés pendant quatre cents ans. 14 Mais je jugerai, moi, la nation qui les aura asservis, et après cela ils sortiront avec de grands biens. 15 Toi, tu iras en paix vers tes pères, tu seras enterré après une bonne vieillesse. 16 A la quatrième génération ils reviendront ici, car l'iniquité des Amoréens n'est pas encore venue à son comble.
 
17 Quand le soleil fut couché, l’obscurité devint profonde ; alors, une fournaise fumante et un brandon de feu passèrent entre les pièces des animaux. 18 En ce jour-là, l'Éternel conclut une alliance avec Abram, disant : Je donne ce pays à ta descendance, depuis le fleuve d'Égypte jusqu'au grand fleuve, le fleuve Euphrate : 19 le pays des Kéniens, des Keniziens, des Kadmoniens, 20 des Héthiens, des Phéréziens, des Rephaïtes, 21 des Amoréens, des Cananéens, des Guirgasiens et des Jébusiens.

Réaffirmation d’une descendance, proclamation de l’accomplissement, mais aussi annonce d’un accomplissement après plusieurs siècles… Mais aussi l’établissement de la descendance d’Abraham dans le pays de Canaan à la quatrième génération. Et le récit exprime que les douze fils de Jacob moururent en Egypte, mais il se trouva de leurs descendants directs dans la troupe conduite par Moïse. Le texte biblique nous éclaire quant à ces quatre cent ans ; il s’agit en fait du temps qui allait s’écouler entre le don de la promesse à Abraham (12:1) et la sortie d’Egypte, et donc le don de la Loi (Galates 3:17). Quatre siècles d’oppression ? Pas vraiment. Une faiblesse du texte au sens ou nous concevrions l’écriture de l’histoire, mais dans ces textes fondateurs de la foi, ce n’est pas l’histoire et les chronologies qui sont à l’esprit, mais les principes soutenant la foi… Les questions qui se posaient alors, et plus tard, pouvaient concerner l’esclavage en Egypte, le temps écoulé entre Abraham et l’établissement du peuple en Canaan…
 
Une espérance bien lointaine pour Abraham ? Certes, mais l’illlustration de la foi dans celui qui fut pour nombre de générations le modèle à suivre afin d’en être réellement un "enfant". Car ces pages du livre fondateur ne sont pas un livre d’histoire, fut-elle appelée "sainte", mais l’enseignement de la pensée de Dieu et l’exhortation à l’aimer et la suivre, à "garder sa parole" (1 Jean 2:5), e t se réjouir de l’espérance sans douter de son accomplissement, comme les croyants dont l’apôtre parlera des siècles plus tard en évoquant "tous ceux qui aiment son apparition" (2 Timothée 4:8).

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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19:00 Écrit par Eric dans ABRAHAM, Genèse 12 à 17 | Commentaires (0)