10/05/2013

Lévitique 23 - Les Fêtes à l'Eternel


 

Les Fêtes à l'Eternel
Lévitique 23

 
1 Le SEIGNEUR dit à Moise : 2 Parle aux Israelites ; tu leur diras: Les rencontres festives du SEIGNEUR, celles que vous convoquerez, sont des convocations sacrées. Voici quelles sont mes rencontres festives.

Avant tout, il est rappelé le SABBAT, institution donnée à Israël pour que chaque Israélite réalise la bonté de Dieu, et en soit le témoin... Ensuite, il est donné à Israël sept célébrations majeures. Les sept fêtes à l'Eternel qui sont autant d'occasion pour Israël de se souvenir de la bonté de Dieu, célébrer les délivrances, se réjouir des bénédictions à l'occasion des récoltes et annoncer l'ére nouvelle, messianique, qui va venir.

 
SHABBAT, le repos du 7e jour

3 Pendant six jours on travaillera ; mais le septième jour, il y aura sabbat, repos sabbatique, convocation sacrée. Vous ne ferez aucun travail : c'est un sabbat pour le SEIGNEUR, dans tous vos lieux d'habitation.

Sept célébrations majeures sont demandées par le Seigneur à son peuple Israël ! Peuple choisi pour être le témoignage de Dieu. Après avoir rappelé le sabbat, le septième jour de la semaine – jour du repos – il est question de sept célébrations faites chaque année.

 
LES SEPT FETES A L ETERNEL

4 Voici les rencontres festives du SEIGNEUR, les convocations sacrées, que vous convoquerez au temps fixe.

Des fêtes célébrées une fois l'an. Lorsque Dieu parla à Moïse, à la sortie de l'Egypte, il dit que le mois en cours, ce mois d'Abib, serait pour eux le commencement des mois. Non que ce soit le début de l'année civile... Mais ce grand commencement du peuple d'Israël est cette sortie d'Egypte, et son privilège sera de s'arrêter de ses travaux pour se réjouir dans le rappel de la grande délivrance. Suite alors un calendrier précis qui accompagel'époque des récoltes en Israël, jusqu'à la fête de CHAVOUOT au cours de laquelle est célébré le don de la Loi à Israël.
 
Lorsque le nouvel an civil arrive, Israël va faire de grandes célébrations qui évoquent un ère nouvelle. Le son de la trompette se fait entendre au premier jour du nouvel an, suivi de la fête du grand pardon, un temps de recuillement, et de la fête des cabanes. Pendant huit jours les Israélites vont dormir dans des cabanes, hors de leur maison, pour se souvenir du chemin parcouru par la grâce de Dieu...

 
PESSAH - La pâque

5 Le quatorzième jour du premier mois, à la tombée du soir, il y aura la Pâque pour le SEIGNEUR.

Le mois d’Abib n’est pas le premier mois de l’année civile, mais pourtant il est appelé le "premier mois"… Il commence à la première lune du printemps. C'est la commémoration de la SORTIE D'EGYPTE ! Les Israélites, au quatorzième jour de ce mois, sont sortis d’Egypte ! Une nouvelle vie commence, ils sont passé de l’esclavage à la libération, pour mener une nouvelle vie avec Dieu ! Pour être un peuple "témoin" de Dieu !
 
Bien des années après la sortie d’Égypte, tandis que la fête se célébrait, Jésus était avec ses disciples, leur parlant de sa mort. Ce qu’il enseigna est à lire dans les Evangiles (Matthieu 26.17-35, Marc 14.12-31, Luc 22.7-38, Jean 13-17).
 
Le souvenir de la sortie d’Égypte, c’est aussi l’annonce de l’Agneau de Dieu offert en sacrifice : "Notre pâque, Christ, a été sacrifiée…" (1 Corinthiens 5:7)
 
Christ, par le don de lui-même, et sa mort à la croix, apporte la libération. Recevoir cette réalité de la mort de Christ pour sauver l’homme, c’est commencer une nouvelle vie… "Si quelqu'un est en Christ, c'est une nouvelle création : les choses vieilles sont passées ; voici, toutes choses sont faites nouvelles…" (2 Corinthiens 5:17).

 
Les Pains sans levain

 
En fait, PESSAH et les Pains sans levain sont intimement liés, au point que par la mention d'une des fêtes on évoque en pratique ces sept jours commençant par le repas pascal dans chaque famille et se poursuivant durant sept jours.
 
Les "pains sans levain" se célébrait, parmi les Israélites, pendant une semaine, dès la célébration de la Pâque. Les Israélites sortirent d’Égypte ayant des réserves de pain qui n’avaient pas "levés", et ainsi, chaque Israélite ôte tout levain et tout pain levé de sa maison. Durant sept jours au lieu du pain habituel, ils consomment du pain sans levain.

6 Le quinzième jour de ce mois, il y aura la fête des Pains sans levain pour le SEIGNEUR. Pendant sept jours, vous mangerez des pains sans levain. 7 Le premier jour, il y aura pour vous convocation sacrée : vous ne ferez aucun travail servile. 8 Vous présenterez au SEIGNEUR, pendant sept jours, des offrandes consumées par le feu. Le septième jour, il y aura convocation sacrée : vous ne ferez aucun travail servile.

Le levain est, dans toute l’Ecriture, signe de la faiblesse ou plus clairement du mal dans l’homme… Oter le levain est alors signe d'un changement de vie. Pour l’Israélite, souvenir de la sortie d’Égypte, et pour le chrétien, expression de sa vie, et de son désir de marcher "en nouveauté de vie"
 
"Ôtez le vieux levain, afin que vous soyez une nouvelle pâte, comme vous êtes sans levain. Car aussi notre pâque, Christ, a été sacrifiée : c'est pourquoi célébrons la fête, non avec du vieux levain, ni avec un levain de malice et de méchanceté, mais avec des pains sans levain de sincérité et de vérité." (1 Corinthiens 5.7-8)

 
La fête des prémices

 
C’est le commencement de la récolte ! Une première gerbe est apportée au prêtre, pour célébrer ce moment heureux de la vie du pays. Cela se passe au cours des PAINS SANS LEVAIN, le lendemain du shabat (voir verset 15) Une gerbe est présentée à Dieu… Mais il n'y a pas de grande célébration à Jérusalem, pas de "convocation sacrée".

9 Le SEIGNEUR dit à Moise : 10 Parle aux Israelites ; tu leur diras : Quand vous serez entrées dans le pays que je vous donne et que vous y ferez la moisson, vous apporterez au prêtre une gerbe, les prémices de votre moisson. 11 Il dédiera rituellement la gerbe devant le SEIGNEUR, pour que vous soyez agrées ; le prêtre la dédiera rituellement le lendemain du sabbat. 12 Le jour ou vous dédierez rituellement la gerbe, vous offrirez en holocauste au SEIGNEUR un agneau d'un an sans défaut, 13 avec son offrande végétale, de deux dixièmes de fleur de farine pétrie à l'huile, en offrande consumée par le feu pour le SEIGNEUR, comme une odeur agréable, et sa libation d'un quart de hin de vin. 14 Vous ne mangerez ni pain, ni grain rôti, ni blé nouveau jusqu'au jour même ou vous apporterez le présent de votre Dieu. C'est une prescription perpétuelle, pour toutes vos genérations, dans tous vos lieux d'habitation.

Une fête solennelle, une célébration au Temple, mais pas de grande réunion de tout le peuple ! Le lendemain du shabat, le premier jour de la semaine ! Le jour de la résurrection du Seigneur Jésus ! La résurrection du Seigneur s’est passé presque incognito du monde… Le Seigneur apparût à quelques uns de ses disciples... (Matthieu 28.1-10, Marc 16.1-18, Luc 23.1-49, Jean 20.1-31).
 
Et nous lisons dans une épître : "Mais maintenant Christ a été ressuscité d'entre les morts, prémices de ceux qui sont endormis." (1 Corinthiens 15:20).

La Pâque de l'an 29

Jeudi soir. Le repas "familial" de PESSAH fut célébré par le Seigneur avec ses disciples la nuit qu'il fut livré (Jean 13.1).
 
Vendredi. Dans la journée qui suivait avait lieu une grande célébration au Temple (Lév.3.7), pour laquelle les prêtres devaient êtres "purs" (Jean 18.28), car seuls les prêtres qui étaient "purs" consommaient des pièces des sacrifices offerts (Lév.6.11)... Mais qu'est-ce qu'une purification rituelle pour un coeur aveuglé par la haine ? Et en ce temps eût lieu la crucifixion. C'était la veille d'un shabat, et il fallait, pour que ce jour soit respecté, que les corps des condamnés soient retirés des croix (Jean 19.31), alors on hâta la mort des condamnées, mais Jésus avait déjà - de lui-même - rendu son esprit... (Luc 23.46) Le corps de Jésus est déposé dans le sépulcre neuf que Joseph d'Arimathée avait creusé pour lui-même (Matthieu 27.57)
 
Samedi. Le shabat se passe, le corps de Jésus repose dans la tombe de Joseph d'Arimathée
 
Dimanche. Le SHABAT se passe , et voici le lendemain, le premier jour de la semaine c'était ce jour qu'était présentée la gerbe des prémices. C'est la jour de la résurrection du Seigneur ! (Jean 20.1). C'est ainsi que les chrétiens prirent rapidement l'habitude de se réunir au Premier jour de la semaine (Actes 20.7, 1 Corint.16.2) et que ce jour fut appelé "La journée dominicale", le Dimanche (Apoc.1.10).

 
CHAVOUOT - La fête de la récolte

 
La Pâque a été célébrée, la fête des prémices a lieu le lendemain du sabbat au cours de la semaine des pains sans levain… et ensuite on attend sept semaines, pour arriver à la fin de la récolte… Cela nous conduit à la Pentecôte, la fête de la récolte, qui est aussi la commémoration du don de la Torah… (le don de la Loi à Moïse, dans le désert)

15 Depuis le lendemain du sabbat, depuis le jour ou vous apporterez la gerbe qu'on dédie rituellement, vous compterez sept semaines entières. 16 Vous compterez cinquante jours, jusqu'au lendemain du septième sabbat ; vous présenterez alors au SEIGNEUR une offrande végétale nouvelle. 17 De vos lieux d'habitation vous apporterez deux pains, pour les dédier rituellement; ils seront de deux dixièmes de fleur de farine, levés et cuits : ce sont les premiers pains pour le SEIGNEUR. 18 En plus de ces pains, vous présenterez en holocauste au SEIGNEUR sept agneaux d'un an sans défaut, un taureau et deux béliers, avec leur offrande végétale et leur libation en offrande consumée par le feu, comme une odeur agréable pour le SEIGNEUR. 19 Vous offrirez un bouc en sacrifice pour le péché, et deux agneaux d'un an en sacrifice de paix. 20 Le prêtre les dédiera rituellement devant le SEIGNEUR, en plus des premiers pains qu'on dédie rituellement et des deux agneaux ; ils seront consacres au SEIGNEUR et seront pour le prêtre. 21 Ce jour même, vous proclamerez une convocation; il y aura pour vous convocation sacrée : vous ne ferez aucun travail servile. C'est une prescription perpétuelle, pour toutes vos générations, dans tous vos lieux d'habitation.

Et il faut considérer un fait tout à fait particulier : deux pains avec du levain sont présentés devant le SEIGNEUR ! Certes, ils ne sont pas offerts en sacrifice, mais ils sont présentés comme l’avait été la gerbe des prémices… Pains avec du levain, dans lequel le croyant peut se reconnaître... (1 Jean 1.9-10). Pourquoi deux pains ? Ce n'est pas l'expression des deux royaumes, car l'institution des fêtes est antérieure à la scission du Royaume de Salomon. Dans les choses qui concernent le culte, nous voyons les douze tribus, comme il y avait douze pains placés chaque semaine dans le Temple, sur la Table des pains de proposition (Exode 25.23). Nous sommes enclins à nous tourner vers l'accomplissement de la Pentecôte : la Bonne Nouvelle offerte aux Juifs et aux non-Juifs, selon qu'il est écrit :
 
"Mais maintenant, dans le christ Jésus, vous qui étiez autrefois loin, vous avez été approchés par le sang du Christ. Car c'est lui qui est notre paix, qui des deux en a fait un et a détruit le mur mitoyen de clôture, ayant aboli dans sa chair l'inimitié, la loi des commandements qui consiste en ordonnances, afin qu'il créât les deux en lui-même pour être un seul homme nouveau, en faisant la paix…" (Éphésiens 2:13-15)

 
La Pentecôte de l'an 29

Cette année là, tandis que beaucoup de Juifs étaient venus à Jérusalem pour la fête, un grand événement s’est produit. Des Juifs venus de tous horizons, parlant chacun leur langue, Juifs de Jérusalem et Juifs de la diaspora, entendent des paroles étonnantes, et qui plus est, chacun entend dans sa propre langue. C'était le début de la matinée que cet homme "du commun", un pécheur galiléen prononçait des paroles extraordinaires, à savoir la résurrection de Jésus de Nazareth... Et le sens de la Croix du Calvaire, pour les appeler ensuite à se tourner vers Dieu en vérité... Et un grand nombre le firent. Ces hommes galiléens qui avaient peu d'instruction mais qui accompagnèrent Jésus dès le commencement de son ministère, sont nanti d'une puissance de parole impressionnante... Car cela venait de leur être donné (Actes 2:1-4).

 
De la Moisson au Nouvel-An

22 Quand vous ferez la moisson de votre pays, tu ne moissonneras pas ton champ jusqu'au bord, et tu ne ramasseras pas ce qui reste il glaner. Tu abandonneras cela au pauvre et il l'immigre. Je suis le SEIGNEUR (YHWH), votre Dieu.

Dieu prend soin de son peuple, et ce pays ruisselant de lait et de miel est riche, les moissons peuvent y être abondantes. Comment réagir à cette bonté de Dieu ? Le chemin de prendre comme modèle ce Dieu si bon... Alors, l'Israélite qui célèbe des fêtes de reconnaissance à Dieu doit aussi manifester de la miséricorde. Les champs produisent-ils du bon grain ? Alors laissons en partage avec ceux qui sont démunis. Et même avant la moisson, l'Israélite doit être magnanime, non âpre au gain. Ainsi celui qui passe par ses champs est libre de prendre à la main du grain du champ auprès duquel il passe : "Si tu entre dans le blés de ton prochain, tu pourras coeuillir des épis à la mains, mais tu ne passera pas la faucille dans les blés de ton prochain." (Deutéronome 23.25, Matthieu 12.1-2).
 
Un bel exemple de cette disposition touchant la glanure se trouve au livre de Ruth. Une étrangère, démunie, qui se trouve dans le champ de Boaz à Bethléem, à glaner pour sa subsistance, y est encouragée (Ruth 2.1-7)
 
Mais la glanure dit encore autre chose, introduisant la nouvelle ère, le rétablissement d'Israël : "Il arrivera en ce jour-là que l'Éternel battra au fléau depuis le courant du fleuve jusqu'au torrent d'Égypte, et vous serez rassemblés un à un, fils d'Israël !" (Esaïe 27.12).
 
Le travail de Dieu dans l'âme est individuel, il n'y a pas de conversion de masse...

 
ROCH HASHANA – Nouvel an, fête du Shofar.

 
Le shofar, la corne de bélier, sonne ! C’est l’annonce d’une année nouvelle. L’annonce en quelque sorte d’une nouvelle ère.

23 Le SEIGNEUR dit il Moise : 24 Dis aux Israélites : Le premier jour du septième mois, il y aura pour vous repos sabbatique d'évocation et d'acclamation, convocation sacrée. 25 Vous ne ferez aucun travail servile, et vous présenterez au SEIGNEUR des offrandes consumées par le feu.

Le son de la corne de bélier évoque l'avènement du Messie, la délivrance et le rétablissement d'Israël tout entier, selon les promesses faites aux Pères. Mais il faut dès lors être prêt...

 
YOM KIPPOUR – Le Grand Pardon

 
Ce jour est particulièrement important ! Un rituel complexe s’y attache, un rituel dont le sens est réellement important pour tous.

26 Le SEIGNEUR dit il Moise: 27 Le dixième jour de ce septième mois, il y aura le jour de l'Expiation. Il y aura pour vous convocation sacrée : vous vous priverez et vous présenterez au SEIGNEUR des offrandes consumées par le feu. 28 Vous ne ferez aucun travail ce jour même, car c'est le jour de l'Expiation, le jour ou l'expiation doit être faite sur vous devant le SEIGNEUR, votre Dieu. 29 Quiconque ne se privera pas ce jour même sera retranche de son peuple. 30 Quiconque travaillera ce jour même, je le ferai disparaître du sein de son peuple. 31 Vous ne ferez aucun travail. C'est une prescription perpétuelle, pour toutes vos générations, dans tous vos lieux d'habitation. 32 Ce sera pour vous un sabbat, un repos sabbatique, et vous vous priverez; le neuvième jour du mois, au soir, vous ferez votre sabbat, d'un soir à l'autre.

Ce jour, les péchés du peuple étaient "portés" symboliquement sur un bouc qui étaient envoyé au désert, le "bouc émissaire" (Lévitique 16). De cette manière le peuple pouvait comprendre l’intention du SEIGNEUR : ne plus se souvenir des péchés ! Il y avait en parallèle un bouc offert en sacrifice sur l’autel, dans lequel nous discernons que quelqu’un s’est sacrifié pour que Dieu puisse ne plus prendre en compte nos fautes ! Par ailleurs, ce jour là, le grand prêtre pénétrait dans le Saint des Saints, ce qu’il ne pouvait faire qu’une fois l’an, ce jour là… Le Saint des Saints, image du ciel même, n’était pas accessible… mais le chemin qui mène à Dieu est ouvert aujourd’hui… (Hébreux 10:19-22)

 
SOUCCOT – La fête des Cabanes

 
Arrivés en Terre d’Israël, le peuple de Dieu est appelé à se souvenir de la traversée d’Égypte, et à regarder la bénédiction apportée par le SEIGNEUR !

33 Le SEIGNEUR dit il Moïse : 34 Dis aux Israelites : Le quinzième jour du septième mois, il y aura la fête des Huttes pour le SEIGNEUR - pendant sept jours. 35 Le premier jour, il y aura convocation sacrée : vous ne ferez aucun travail servile. 36 Pendant sept jours, vous présenterez au SEIGNEUR des offrandes consumées par le feu. Le huitième jour, il y aura pour vous convocation sacrée; vous présenterez au SEIGNEUR des offrandes consumées par le feu; c'est une assemblée solennelle: vous ne ferez aucun travail servile.
 
37 Telles sont les rencontres festives du SEIGNEUR que vous convoquerez, les convocations sacrées, pour présenter au SEIGNEUR des offrandes consumées par le feu, des holocaustes, des offrandes végétales, des sacrifices et des libations, selon l'ordre de chaque jour, 38 outre les sabbats du SEIGNEUR, vos dons, vos vœux, toutes les offrandes volontaires que vous donnerez au SEIGNEUR.
 
39 Le quinzième jour du septième mois, quand vous récolterez les produits du pays, vous célébrerez la fête du SEIGNEUR - pendant sept jours: le premier jour il y aura un repos sabbatique, le huitième jour il y aura un repos sabbatique. 40 Le premier jour, vous prendrez du fruit de beaux arbres, des branches de palmiers, des rameaux d'arbres touffus et de saules des oueds; et vous vous réjouirez devant le SEIGNEUR, votre Dieu, pendant sept jours. 41 Vous célébrerez chaque année cette fête pour le SEIGNEUR pendant sept jours. C'est une prescription perpétuelle, pour toutes vos générations. Vous la célébrerez le septième mois. 42 Vous habiterez pendant sept jours dans des huttes; tous les autochtones en Israël habiteront dans des huttes, 43 afin que toutes vos générations sachent que j'ai fait habiter les Israelites dans des huttes quand je les ai fait sortir d'Egypte. Je suis le SEIGNEUR (YHWH), votre Dieu.
44 C'est ainsi que Moïse parla des rencontres festives du SEIGNEUR aux Israelites.

Un temps de grande fête qui évoque la délivrance et annonce le règne du Messie ! Un règne qui s’étendra à la terre tout entière… C’est le "repos de Dieu" duquel le Seigneur parlait. L'année 28 ou 29, le Seigneur s'est rendu en secret à Jérusalem. Et à la dernière journée de cette fête qui dure une semaine, il s'est manifesté publiquement pour adresser un message merveilleux :
 
Et en la dernière journée, la grande journée de la fête, Jésus se tint là et cria, disant : "Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive ; celui qui croit en moi, selon ce qu'a dit l'écriture, des fleuves d'eau vive couleront de son ventre" (Jean 7:37-38).

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Exode 12 - La Pâque (1/2) - Institution du repas pascal


 

PESSAH - LA PÂQUE
Exode 12:1-28

L’Eternel a vu la douleur du peuple et envoyé Moïse dire au Pharaon, par la bouche d’Aaron : "Laisse aller mon peuple !" (Exode 5:1). Un peuple soumis jusque là à une rude servitude, mais choisi pour porter les oracles de Dieu (Romains 3:2), et être ainsi serviteur de l’Éternel, un maître débonnaire comme l’exprime la louange de David (2 Samuel 22:36, Psaume 18:35) et le souligne la parole de Jésus (Matthieu 11:29, 21:5). Soulignons ici que le peuple n’est pas "élu" entre d’autres peuples en vertu de quelque mérite particulier, mais "choisi" selon le libre choix de Dieu, ainsi qu’il est écrit : "Ce n'est pas parce que vous étiez plus nombreux que tous les peuples, que l'Éternel s'est attaché à vous et vous a choisis ; car vous êtes le plus petit de tous les peuples…" (Deutéronome 7:7).

12  1  L'Éternel parla à Moïse et à Aaron dans le pays d'Égypte, disant : 2 Ce mois-ci sera pour vous le commencement des mois ; il sera pour vous le premier des mois de l'année. 3 Parlez à toute l'assemblée d'Israël, disant : Au dixième jour de ce mois, vous prendrez chacun un agneau par maison de père, un agneau par maison. 4 Et si la maison est trop peu nombreuse pour un agneau, que lui et son voisin le plus rapproché de sa maison, le prennent, selon le nombre des âmes ; vous compterez pour l'agneau d'après ce que chacun peut manger.

Ce n’est pas le nouvel-an tel que célébré à l’époque – celui-ci était fêté à l’automne – et pourtant ce mois du printemps sera déclaré "le commencement des mois". Car c’est alors que commence la nouvelle vie du peuple d’Israël. Fini l’assujettissement. Un petit peuple, jusque-là écrasé, se lève et se met en marche dans le chemin tracé par l’Eternel ! Dans chaque maison des Israélites, le regard est porté sur "l’agneau", signe dont la force est ressentie par tout fils d’Abraham, car il est écrit : "Mon fils, Dieu se pourvoira de l'agneau pour l'holocauste" (Genèse 22:8). Et c’est ainsi, en considérant le don de Dieu, que le repas du départ sera célébré, la célébration de "la pâque", c’est-à-dire du "passage", car, est-il expliqué plus loin, cette nuit-là passera sur l’Egypte un jugement, source d’une grande douleur, à moins qu’un signe de foi ne soit manifeste et épargne du jugement tous ceux qui seront dans la maison. Manifestation de grâce, et signe de libération d’un joug inflexible.

 
L'Agneau immolé - 12 :5-13
 
La nuit du départ, avant le don de la Loi, avant même les premiers pas dans le désert, nous voyons un peuple qui se prépare à une longue route, tenant compte des plus faibles et des enfants qui seront du voyage. Il faut plusieurs jours pour aller de la terre de Goshen au pays de Canaan, la terre promise à Israël. Ils ne peuvent connaître alors l’errance au désert qui durera quarante années.
 
Ce qu’il faut remarquer avant toute autre chose, c’est qu’il n’y a pas de grand rassemblement autour de Moïse, pas de large manifestation. La célébration a lieu dans chaque maison des Israélites. Il s’agit ici avant tout d’un engagement du chef de famille, marqué par des gestes explicites, à commencer par la mise à part d’un agneau qui sera sacrifié "entre les deux soirs", entre le coucher du soleil et la nuit le plus noire. Chaque maison doit être marquée, signalée, comme pour dire à tous "nous partons", "nous nous engageons dans une nouvelle vie" ! Le linteau et les poteaux de l’entrée sont badigeonnés du sang de l’agneau, l’agneau immolé dont ils goûteront la chair rôtie au feu. Un signe d’adhésion, de confiance, de foi dans la parole de l’Éternel.

5 Vous aurez un agneau sans défaut, mâle, âgé d'un an ; vous le prendrez d'entre les moutons ou d'entre les chèvres ; 6 et vous le tiendrez en garde jusqu'au quatorzième jour de ce mois ; et toute la congrégation de l'assemblée d'Israël l'égorgera entre les deux soirs. 7 Et ils prendront de son sang, et en mettront sur les deux poteaux et sur le linteau de la porte, aux maisons dans lesquelles ils le mangeront ; 8 et ils en mangeront la chair cette nuit-là ; ils la mangeront rôtie au feu, avec des pains sans levain, et des herbes amères. 9 Vous n'en mangerez pas qui soit à demi cuit ou qui ait été cuit dans l'eau, mais rôti au feu : la tête, et les jambes, et l'intérieur. 10 Et vous n'en laisserez rien de reste jusqu'au matin ; et ce qui en resterait jusqu'au matin, vous le brûlerez au feu. 11 Et vous le mangerez ainsi : vos reins ceints, vos sandales à vos pieds, et votre bâton en votre main ; et vous le mangerez à la hâte. C'est la pâque de l'Éternel. 12 Et je passerai par le pays d'Égypte cette nuit-là, et je frapperai tout premier-né dans le pays d'Égypte, depuis l'homme jusqu'aux bêtes, et j'exercerai des jugements sur tous les dieux de l'Égypte. Je suis l'Éternel. 13 Et le sang vous sera pour signe sur les maisons où vous serez ; et je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous, et il n'y aura point de plaie à destruction au milieu de vous, quand je frapperai le pays d'Égypte.

L’agneau étant rôti, s’agira-t-il de prendre ce repas comme un festin enrichi de mets délicats. Que du contraire ! Le pain sera sans levain, et la viande sera préparée avec des herbes amères. Pas question non-plus de s’asseoir et de se congratuler comme en repas festif ! C’est debout qu’ils le prendront, prêts à partir, "les sandales aux pieds et le bâton à la main". Ce n’est pas peu de choses que ce geste ! Il fallait une conviction profonde pour quitter d’un geste une vie de servage afin de s’engager dans une marche avec l’Éternel vers un nouvel horizon. Une manifestation de foi en la parole de Dieu communiquée par ses envoyés ! La conviction qu’ils s’en vont vers un pays où ils jouiront de liberté, pourront marcher selon leur vocation, se tenir sur le chemin de Dieu. Mais avec la liberté, il y a la responsabilité…
 
En chemin, dans le désert, ils apprendront bien des choses sur eux-mêmes, ils constateront plus d’une fois qu’ils ne méritent pas ce qui leur est promis, mais toutes ces fois ils constateront la débonnaireté de Dieu… Non le laxisme, car la justice de Dieu n’est pas un vain mot, mais la bonté qui, sans jamais se départir de la justice, ne peut rencontrer d’empêchement…

 
Institution du mémorial - 12 :14-20
 
Le départ dans le chemin de la foi est d’une telle importance – il s’agit en fait d’une re-naissance, d’une nouvelle vie – qu’il faudra régulièrement repenser à ce départ. Aussi un mémorial est institué. D’année en année, il y aura lieu de se remémorer cette nuit, ces instants où, dans un geste de foi, la nouvelle vie a commencé. Et ce repas de la pâque pris dans la simplicité de la famille sera suivi d’une semaine bien particulière, ils ne mangeront durant ces jours nul pain levé, rien que du pain azyme ; c’est la "Fête des Pains sans levain", laquelle commence par un grand rassemblement et se termine pareillement, au septième jour.

14 Et ce jour-là vous sera en mémorial, et vous le célébrerez comme une fête à l'Éternel ; vous le célébrerez en vos générations comme un statut perpétuel.
 
15 Pendant sept jours vous mangerez des pains sans levain : dès le premier jour, vous ôterez le levain de vos maisons ; car quiconque mangera du pain levé, du premier jour au septième jour, cette âme-là sera retranchée d'Israël. 16 Et le premier jour vous aurez une sainte convocation, et le septième jour une sainte convocation ; il ne se fera aucune œuvre en ces jours-là ; seulement ce que chacun mangera, cela seul se fera par vous.
 
17 Et vous garderez la fête des pains sans levain, car en ce même jour j'ai fait sortir vos armées du pays d'Égypte ; et vous garderez ce jour-là en vos générations, comme un statut perpétuel. 18 Le premier mois, le quatorzième jour du mois, au soir, vous mangerez des pains sans levain, jusqu'au vingt et unième jour du mois, au soir. 19 Pendant sept jours il ne se trouvera point de levain dans vos maisons ; car quiconque mangera de ce qui est levé, cette âme-là sera retranchée de l'assemblée d'Israël, étranger ou Israélite de naissance. 20 Vous ne mangerez rien de levé ; dans toutes vos habitations vous mangerez des pains sans levain.

Devant la sévérité de cette injonction touchant la célébration de cette semaine, nous pourrions nous demander pourquoi ! Mais considérons la grâce de Dieu, sa bonté envers ces familles libérées. S’ils oubliaient la libération dont ils jouissent en vérité, qu’adviendrait-il d’eux ? Dans le cours des activités quotidiennes et soumis aux tracas de la vie, la foi tend à se dissoudre. Et que resterait-t-il alors, sinon l’oubli des délivrances passées, voire l’abandon de l’alliance. Et celle-ci se traduit alors par une attitude de mépris touchant le mémorial institué. Quelle importance dirions-nous de manger du pain azyme et non du pain levé pendant cette courte période de l’année ? Pour un Israélite, une telle question est déjà le chemin de l’abandon ! Car la foi, lorsqu’elle réalise les délivrances, la bonté de Dieu, ses desseins de grâce, ne se pose pas de telles questions, elle se réjouit de manifester pratiquement son attachement à l’Éternel.
Les manifestations cérémonielles étaient importantes en Israël dans leur propre contexte, et ne sont pas le fait de la vie chrétienne. Cependant il est deux signes majeurs qui sont essentiels : le baptême attestant de l’appartenance à une famille chrétienne, et le repas de la Cène. Ce dernier est la commémoration d’une délivrance plus grande encore que celle des Israélites quittant l’Egypte, une demande faite par le Seigneur lui-même : "Faites ceci en mémoire de moi" (Luc 22:19). Et les disciples y ont répondu en se réunissant chaque premier jour de la semaine, jour de la résurrection (Actes 20:7).
La question du levain doit être abordée. Que peut représenter de s’abstenir de la nourriture commune ainsi, pendant sept jours ? Nous lisons que, ayant quitté l’Egypte à la hâte, les Israélites n’ont pas pu attendre que le pain soit levé… Rappel de circonstance donc ? Pas seulement. Derrière ce fait, nous pouvons comprendre qu’il n’eût pas été bon de s’attarder, de prendre le temps de penser… Qu’auraient été ces pensées dans un moment aussi critique ? L’occasion d’hésitations, de mises en doute, d’étouffement du vrai mouvement de foi qui s’était manifesté !
 
La première mention du levain se trouve lors du repas préparé par Abraham au passage des trois hommes dans lesquels nous pouvons discerner une forme d’apparition de l’Éternel et des deux anges qui agirent à Sodome (Genèse 19:3). Le repas se fit sans levain. Et du levain, il ne pouvait en être présent dans les sacrifices offerts l’Éternel (Lévitique 2:4). Image donc de ce qui vient de l’homme, de l’imperfection, et même d’avantage, lorsque nous lisons la parole de l’apôtre : "Ôtez le vieux levain, afin que vous soyez une nouvelle pâte, comme vous êtes sans levain. Car aussi notre pâque, Christ, a été sacrifiée" (1 Corinthiens 5:7). Et voici la clé de cette célébration, image de la vie du croyant libéré pour marcher selon Dieu, délivré en vertu du sacrifice de Christ, l’agneau de Dieu.


 
La nuit du départ - 12 :21-28
 
L’enseignement étant donné, voici le moment de mettre la parole en pratique. Il s’agit d’un appel à la foi de tous les Israélites, car il en fallait pour croire à la grâce exercée pour quiconque aura reçu la parole touchant l’agneau et aura appliqué son sang à l’entrée de la maison. Le geste posé par le chef de famille, sa foi personnelle donc, est au bénéfice de tous ceux qui sont à l’abri de sa maison, alors même que sa foi pourrait n’être pas partagée par tous, et qu’elle ne pourrait être comprise par les petits enfants. Mais toutes les âmes qui sont dans la maison sont "mises à part" et engagées dans la voie qui mènera au pays "ruisselant de lait et de miel".
Nous voyons ici combien, à côté du principe que la foi est une relation personnelle avec Dieu, la famille est un principe fondamental aux yeux du Créateur. La famille toute entière est conduite hors d’Egypte en vertu de la foi du chef de famille. Nous lisons ce même principe dans les écrits de l’apôtre : "Car le mari incrédule est sanctifié par la femme, et la femme incrédule est sanctifiée par le frère (son mari) ; puisque autrement vos enfants seraient impurs ; mais maintenant ils sont saints." (1 Corinthiens 7:14). "Saints", entendons-nous : ce terme signifie "mis à part", il n’induit pas autre chose que l’affirmation d’une place particulière au regard de Dieu, et n’ôte en rien la responsabilité personnelle de chaque homme face à la rédemption offerte.
Le moment était venu de mettre en pratique les directives touchant le départ, et notamment la préparation du repas pascal. Un nouveau malheur devait atteindre l’Egypte, la "dixième plaie" (Exode 11) afin que soit établi que la parole de Dieu devait être entendue. Pour les Israélites, la foi manifestée par l’application du sang de l’agneau à l’entrée de la maison était l’abri de leurs familles.

21 Et Moïse appela tous les anciens d'Israël, et leur dit : Tirez à part et prenez du menu bétail selon vos familles, et égorgez la pâque. 22 Et vous prendrez un bouquet d'hysope, et vous le tremperez dans le sang qui sera dans le bassin ; et du sang qui sera dans le bassin, vous aspergerez le linteau et les deux poteaux ; et nul d'entre vous ne sortira de la porte de sa maison, jusqu'au matin. 23 Car l'Éternel passera pour frapper les Égyptiens ; et il verra le sang sur le linteau et sur les deux poteaux, et l'Éternel passera par-dessus la porte, et ne permettra pas au destructeur d'entrer dans vos maisons pour frapper.
 
24 Vous garderez cela comme un statut pour toi et pour tes enfants, à toujours. 25 Lorsque vous serez entrés dans le pays que l'Éternel vous donnera, comme il l'a dit, il arrivera que vous garderez ce service. 26 Et quand vos enfants vous diront : Que signifie pour vous ce service ? 27 il arrivera que vous direz : C'est le sacrifice de la pâque à l'Éternel, qui passa par-dessus les maisons des fils d'Israël en Égypte, lorsqu'il frappa les Égyptiens et qu'il préserva nos maisons. Et le peuple s'inclina, et ils se prosternèrent.
 
28 Et les fils d'Israël s'en allèrent, et firent comme l'Éternel l'avait commandé à Moïse et à Aaron ; ils firent ainsi.

Ce jour était exceptionnel. Les Israélites en avaient fini d’être des serfs taillables et corvéables à merci. Ils allaient entreprendre une nouvelle vie, en lien avec l’Éternel, le Créateur des cieux et de la terre, une vie "d’hommes debout". Ils ne passaient pas d’un esclavage à un autre, d’un assujettissement à un nouveau, mais entraient dans la vraie vie, celle que Dieu a voulue pour l’homme. Ils étaient appelés à saisir "ce qui est vraiment la vie" (1 Timothée 6:19). Et la commémoration de ce départ fournissait aux chefs de famille l’occasion de répondre aux questions de leurs enfants, et leur rappeler d’année en année quelle est leur propre vocation…
 
Cette nuit, dès que l’agneau fut immolé et le sang appliqué à l’entrée de la maison, le repas fut rapide, pris à la hâte en tenue de voyage… Expression de détermination qui ne laisse pas le temps aux doutes, aux mises en question. Ils laissaient derrière eux la richesse de l’Egypte, mais aussi leur propre assujettissement…
 
Comment ne pas lire ici ce qui est le fait du départ dans la vie de foi de tout homme dont les yeux se sont ouverts aux réalités éternelles, dont la vie est transformée ? Et cela ne peut que se constater… "Car eux-mêmes racontent de nous quelle entrée nous avons eue auprès de vous, et comment vous vous êtes tournés des idoles vers Dieu, pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des cieux son Fils qu'il a ressuscité d'entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient" (1 Thessaloniciens 1:9-10).

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Exode 12 - La Pâque (2/2) - Célébrations de la Pâque


 

Célébrations relevées dans la Bible hébraïque
 
Lors de la sortie d’Egypte, la foi des Israélites dans la parole prononcée par Moïse s’est exprimée, et c’est un peuple "debout", délivré déjà dans son esprit de l’assujettissement, qui se préparait au départ en prenant le repas de la Pâque. Une image très forte des premiers pas dans la foi, pour quiconque se tourne vers Dieu "pour servir le Dieu vivant et vrai" (1 Thessaloniciens 1:9).
 
Ce n’est pas sans raison qu’il fut demandé aux Israélites de répéter d’année en année "le repas pascal", célébrant ainsi en famille ce mémorial au cours duquel chacun était conduit à repenser son appel et induire des questions aux plus jeunes. Et après le repas pris dans la soirée – le commencement du jour selon la lecture biblique, "il y eût soir, il y eût mâtin" (Genèse 1:5) – lorsque le jour paraît, vient une grande célébration pour le peuple tout entier. C’est la "Fête des Pains sans levain" qui s’étend sur sept jours. Au septième jour, vient en clôture une nouvelle invitation à une cérémonie publique (Lévitique 23:5-7, Nombres 28:16-25).
 
Le texte biblique a retenu quelques célébrations particulières de cette fête annuelle.
Au désert de Sinaï, après le don de la Loi (Nombres 9:1-14)
Un an après la sortie d’Egypte, le peuple célèbre la Pâque et les Pains sans levain autour du Tabernacle. Deux dispositions importantes sont mentionnées. D’une part, les Israélites doivent recevoir les étrangers qui souhaitent célébrer la Pâque, et d’autre part, ceux qui ne pourraient célébrer la Pâque au premier mois sont appelés à le faire au second mois.
A l’entrée en Canaan, à Guilgal (Josué 5:10-12). Pour la première fois, le pain sans levain fut préparé avec du blé du pays. La manne cessa dès lors. C’est une nouvelle étape de la vie...
Sous le roi Ezéchias (2 Chroniques 30).
Alors que le royaume du nord est en plein marasme politique et spirituel, Ezéchias, roi de Juda, appelle tous les Israélites à célébrer la Pâque. Les prêtres n’étant pas en mesure de célébrer la Pâque au premier mois, la fête est organisée au deuxième mois. Des messagers sont envoyés dans tout le pays, et notamment au nord où ils sont mal reçus. Mais des Israélites de toutes les tribus se rassemblèrent à Jérusalem pour la célébration ; il y eût une grande joie lors de ce réveil spirituel.
Sous le roi Josias (2 Rois 23, 2 Chroniques 35:1-19)
Alors que le Temple était fermé, signe d’une ruine spirituelle gravissime, un jeune roi se lève, engage des travaux de restauration et fait reprendre le service sacerdotal. Le Livre de la Loi est alors retrouvé ! C’est dire l’état spirituel du peuple. Mais la fidélité et le dynamisme de ce jeune roi conduit à un nouveau réveil spirituel. La Pâque est célébrée avec joie. Un dernier sursaut de la foi avant le déclin que pleura le prophète Jérémie avec tous les fidèles.
Au retour de Babylone (Esdras 6:19-22)
Rebâtir le Temple n’a pas été œuvre aisée. Non tant par l’importance de la tâche, mais du fait de l’opposition, des pressions venant des notables non-Israélites de la contrée. Mais les prophètes Aggée et Zacharie ont ranimé la foi. Les travaux abandonnés pendant des années ont abouti et le Second Temple a été inauguré une vingtaine d’années après la sortie de Babylone. La Pâque est alors célébrée avec joie ; l’expression d’une vraie renaissance.

 
Célébration avant la Passion du Christ - Luc 22 :14-46
 
La nuit précédant la crucifixion (Mat.26:17-25, Marc 14:12-21, Luc 22:7-20, Jean 13:31-14:31), Jésus prend le repas de la Pâque avec ses disciples. Un repas d’une exceptionnelle importance comme nous le lisons à ces mots : "J’ai fort désiré de manger cette pâque avec vous, avant que je souffre". La sortie d’Egypte, la mise à l’abri de la puissance du Pharaon… cette délivrance est signe d’une autre libération, non d’une puissance humaine, mais de l’emprise de ce qui éloigne de Dieu. Ainsi ce moment est essentiel, car il conduit de la figure annonciatrice à l’accomplissement de l’œuvre de rédemption

La coupe qui clôture le repas pascal – Luc 22:14-18

Jésus "reçoit" une coupe, la dernière du repas, celle qui le clôture. Il l’accepte et évoque le royaume de Dieu qui doit venir avant de la faire circuler de mains en mains afin que chacun des convives y prennent part. Nous voyons ici une coutume bien établie, la dernière coupe du repas de la Pâque est un geste de communion et d’espérance, ou mieux un signe de communion dans l’espérance.

14 Et quand l'heure fut venue, il se mit à table, et les douze apôtres avec lui. 15 Et il leur dit : J'ai fort désiré de manger cette pâque avec vous, avant que je souffre ; 16 car je vous dis que je n'en mangerai plus jusqu'à ce qu'elle soit accomplie dans le royaume de Dieu. 17 Et ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : Prenez ceci et le distribuez entre vous, 18 car je vous dis que je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu'à ce que le royaume de Dieu soit venu.

Par les paroles prononcées, le Seigneur a fait état de la restauration d’Israël, selon la promesse maintes fois rappelées par les prophètes, une promesse qui sera confirmée encore par les apôtres et notamment par Jean, lorsqu’il rendra compte de ce qui lui fut révélé : "Le royaume du monde de notre Seigneur et de son Christ est venu, et il régnera aux siècles des siècles" (Apocalypse 11:15, voir aussi 12:10). Par cette coupe passée de main en main, le repas de la Pâque s’est achevé.

La deuxième coupe – Luc 22:20

Ensuite vient un geste distinct, nouveau. Nouveau, car il est hors de toute tradition. Ici, Jésus prend l’initiative et, dans ce geste, institue un autre repas composé d’un seul pain partagé entre tous et d’une coupe qui passe de main en main, un geste simple de mémorial.

19 Puis il prit du pain; après avoir rendu grâces, il le rompit et le leur donna, en disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. 20 Il fit de même avec la coupe, après le souper, en disant : Cette coupe est la alliance nouvelle en mon sang, qui est répandu pour vous.

Jésus dit "Ceci est mon corps" et ensuite "Ceci est mon sang". Soulignons la simplicité du geste. Paul, dans la nécessité d’en écrire aux Corinthiens (1 Corinthiens 11:16,20-26), confirme cette sobriété du geste et des paroles, montrant ainsi comment était reçu et mis en pratique le repas du mémorial de la mort de Jésus, ce dont les Actes des apôtres rendent aussi témoignage, lorsqu’il est écrit : "Et le premier jour de la semaine, lorsque nous étions assemblés pour rompre le pain…" (Actes 20:7). Et Paul atteste qu’n prenant part à la Cène, le croyant prenait bien une portion de pain (1 Corinthiens 11:26). Lorsque le Seigneur est au milieu de ses disciples, et qu’il dit "Ceci est mon corps, mon sang", nul ne pouvait se méprendre ; il y avait là, devant eux, d’un côté Jésus en personne et de l’autre ce qui allait être le symbole de son corps dans lequel il allait souffrir, et le symbole de sa vie donnée pour prix de notre rédemption, le prix de l’alliance nouvelle, car "le sang c’est la vie" (Genèse 9:4). "Christ étant venu… est entré une fois pour toutes dans les lieux saints avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle" (Hébreux 9:11-12).

 
Une troisième coupe – Luc 22:39-46

Après le repas de la Pâque, prise une dernière fois avant que ne vienne le règne du Messie, et après l’institution de la Cène, repas de mémorial de la rédemption pour les croyants aujourd’hui, vient une troisième coupe, la part exclusive de Jésus. Cette coupe est le jugement divin qu’Il allait endurer en sacrifice expiatoire.

39 Et sortant, il s'en alla, selon sa coutume, à la montagne des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent. 40 Et quand il fut en ce lieu-là, il leur dit : Priez que vous n'entriez pas en tentation. 41 Et il s'éloigna d'eux lui-même environ d'un jet de pierre, et s'étant mis à genoux, il priait, 42 disant : Père, si tu voulais faire passer cette coupe loin de moi ! Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite. 43 Et un ange du ciel lui apparut, le fortifiant. 44 Et étant dans l'angoisse du combat, il priait plus instamment ; et sa sueur devint comme des grumeaux de sang découlant sur la terre. 45 Et s'étant levé de sa prière, il vint vers les disciples, qu'il trouva endormis de tristesse ; 46 et il leur dit : Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous, et priez afin que vous n'entriez pas en tentation.

L’heure, cette heure connue du Seigneur, était venue. Un mystère est près d’être révélé, à savoir comment Dieu, saint et juste, pourra résoudre l’énigme de la grâce annoncée par les prophètes : c’est dans le respect de sa sainteté et de sa justice qui les fautes des hommes peuvent être effacées (Ésaïe 1:18, Michée 7:9). Celui dont Dieu s’est pourvu avant que l’homme ait été créé (1 Pierre 1:19-20), celui qui est annoncé dans le sacrifice offert par Abraham (Genèse 22:8) et évoqué par tous les sacrifices offerts (Hébreux 10:4,8), a reçu la coupe du jugement (Ésaïe 53:5).
 
Il est "l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde !" (Jean 1:29), celui qui est annoncé par le sacrifice offert par les Israélites, chacun dans sa maison, lors du repas de la Pâque. "Un agneau sans défaut, mâle, âgé d'un an… toute la congrégation de l'assemblée d'Israël l'égorgera entre les deux soirs… et ils en mangeront la chair cette nuit-là ; ils la mangeront rôtie au feu, avec des pains sans levain

 

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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09/05/2013

Lévitique 16 - Yom Kippour, le grand pardon


 

YOM KIPPOUR - Le Jour du Grand Pardon
Le bouc pour Azazel

Lévitique 16
 

Le dixième jour du septième mois

 
Après le Jour du Chofar, la jour du retentissement des trompettes, le Nouvel An pour le peuple d’Israël, vient Yom Kippour, le Jour du Grand Pardon, et ce jour est particulièrement important ! Une année vient de s’achever, et vient une nouvelle…
 
Il y a, ce jour, un grand rassemblement du peuple… Un rassemblement annuel est toujours un travail de mémoire, tandis que les occupations et les soucis journaliers peuvent altérer la conscience de l a bonne main de Dieu sur eux. Et dans ce rituel, nous voyons le rappel plein de force de la nécessité d’une purification pour entrer dans la présence de Dieu, mais nous y voyons aussi l’intention de Dieu d’apporter la suprême ressource pour purifier et introduire des hommes dans sa présence, alors que nul n’est capable par lui-même d’en acquérir le mérite…
 
Le peuple choisi par Dieu n’est pas un peuple plus parfait que les autres peuples, et bien des choses sont à reprocher dans sa marche… Comment Dieu peut-il encore attacher son Nom à ce peuple défaillant ? Sur quelle base peut-Il maintenir son Alliance (Deut.7:7-13). La question est posée… Et la célébration spécifique de la fête du Grand Pardon y répond ! Une célébration dont le sens touche aux fondements des relations de Dieu avec l’homme. Pensons donc ! Ce peuple en relation avec Dieu par l’Alliance du Sinaï n’est pas un peuple parfait et pourtant Dieu maintient cette Alliance, « Car les dons de grâce et l'appel de Dieu sont sans repentir. » (Rom.11:29). Comment le peut-Il au regard de sa justice ?
 
Lorsque nous mettons en relation la responsabilité de l’homme créé et la rigueur de la sainteté de Dieu, comment assembler ces deux regards, comment sortir de ce dilemme ? Le peuple ne peut manifester la perfection devant Dieu, la fidélité absolue à la Loi… Alors vient cette célébration de Yom Kippour, le Jour du Grand Pardon. Depuis le premier jour de l’an, le jour où retentit le son du Chofar, la corne de bélier, le peuple se prépare à la célébration du dixième jour…

Le SEIGNEUR dit à Moïse : Le dixième jour de ce septième mois, il y aura le jour du Grand Pardon. Il y aura pour vous convocation sacrée: vous vous priverez et vous présenterez au SEIGNEUR des offrandes consumées par le feu. Vous ne ferez aucun travail ce jour même, car c'est le jour du Grand Pardon, le jour où le Grand Pardon doit être fait sur vous devant le SEIGNEUR, votre Dieu. (Lévitique 23:27-28)

Que dit Dieu, le Juge suprême, à propos des péchés accumulés tout au long d’une année ? Telle est la question… Et, les prescriptions de la Loi étant en instruction pour tous les hommes, cette question transposée devient : « Que dit Dieu des péchés des hommes, tandis que son désir est de les approcher de Lui, et de pouvoir les déclarer ‘ses enfants ‘ ? »

 
La cérémonie de Yom Kippour

Le Grand Prêtre, Aaron d’abord et son successeur par la suite, entre au parvis, devant la Tente d’Assignation, avec un taureau, sacrifice pour le péché qu’il offrira pour lui-même et sa maison, et deux boucs qui lui auront été présentés par la communauté des Israélites…

Il prendra les deux boucs et les placera devant l’ÉTERNEL (YHWH), à l'entrée de la Tente d’Assignation. Aaron tirera au sort les deux boucs : un sort pour l’ÉTERNEL et un sort pour AZAZEL. Aaron présentera le bouc sur lequel est tombé le sort pour l’ÉTERNEL, et l’offrira en sacrifice pour le péché. Quant au bouc sur lequel est tombé le sort pour AZAZEL, on le placera vivant devant l’ÉTERNEL, afin de faire l’expiation sur lui et de l’envoyer dans le désert pour AZAZEL. (Lévitique 16:7-10)

Acte 1.  La première action est le rituel de sanctification cérémonielle du Grand Prêtre, offrant en sacrifice le taureau, lequel est brûlé sur l’autel de l’holocauste. Ayant offert ce sacrifice, il entre alors dans le Lieu très saint, le Saint des Saints avec du sang du taureau et aussi un encensoir ayant des braises tirées de l’autel de l’holocauste sur lesquelles brûle de l’encens. Il oint du sang du sacrifice le saint Propitiatoire couvrant l’Arche d’Alliance. C’est ici le seul événement de l’année où un Prêtre entre cérémoniellement en ce lieu qui est l’expression symbolique de la présence de Dieu au milieu de peuple choisi.

Celui qui accomplit le rituel du Grand Pardon descend symboliquement du ciel.

Acte 2.  Le bouc pour l’ÉTERNEL est sacrifié sur l’autel. Le Grand Prêtre, de retour sur le parvis, offre en sacrifice le bouc pour le péché du peuple. Le bouc sur lequel est tombé le sort pour l’ÉTERNEL. Avec le sang de ce second sacrifice, il entre à nouveau dans le Lieu Très Saint pour en faire aspersion au dessus et devant le saint Propitiatoire couvrant l’Arche d’Alliance. Il en sort pour sanctifier l’autel de l’holocauste et l’ensemble du sanctuaire par l’aspersion du sang des animaux immolés, le taureau et le bouc.

Le sacrifice offert pour le peuple ouvre symboliquement l’accès à la présence de Dieu.

Un sacrifice offert, tel que l’accès au ciel est ouvert ! Voyons cette présence de Dieu inaccessible, une réalité enseignée par le récit du Jardin d’Eden, l’homme en étant chassé, et l’accès gardé par des chérubins (Gen.3:24).
 
 
Acte 3. A ce stade du rituel, le service n’est pas achevé ! La Tente d’Assignation est purifiée, certes, mais le peuple se sent-il libre d’y accéder ? Ici intervient le second bouc, le bouc pour AZAZEL.

Et quand il aura achevé de faire propitiation pour le Lieu Saint, et pour la Tente d'Assignation, et pour l'Autel, il présentera le bouc vivant. Et Aaron posera ses deux mains sur la tête du bouc vivant, et confessera sur lui toutes les iniquités des fils d'Israël et toutes leurs transgressions, selon tous leurs péchés ; il les mettra sur la tête du bouc, et l'enverra au désert par un homme qui se tiendra prêt ; et le bouc portera sur lui toutes leurs iniquités dans une terre inhabitée ; et l'homme laissera aller le bouc dans le désert. (Lévitique 16:20-22)

Que signifie le geste, et que signifie le terme ? Nous le lisons : toutes les fautes des Israélites sont confessées, et portés symboliquement du le bouc qui sera conduit au désert et n’en reviendra pas !

Dieu veut et peut les effacer les fautes, les péchés, les iniquités des hommes.

Acte 4.  Le service s’achève alors par divers actes, le Grand Prêtre qui les vêtements de la cérémonie, l’homme qui a conduit le bouc au désert procède à des ablutions rituelles et les restes des animaux offerts sur l’autel, le taureau et le bouc, sont brûlés hors du camp.
 
Épilogue.  Le texte relatif au cérémonial s’achève alors sur une conclusion significative :

Et ceci sera pour vous un statut perpétuel : au septième mois, le dixième jour du mois, vous affligerez vos âmes, et vous ne ferez aucune œuvre, tant l'Israélite de naissance que l'étranger qui séjourne au milieu de vous ; car, en ce jour-là, il sera fait propitiation pour vous, afin de vous purifier : et vous serez purs de tous vos péchés devant l'Éternel. Ce sera pour vous un sabbat de repos, et vous affligerez vos âmes ; c'est un statut perpétuel. (Lévitique 16:29-31)

Par ce cérémonial, le peuple se remémorait l’intention du SEIGNEUR : ne plus se souvenir des péchés ! Et il apprend que les exigences de la sainteté sont maintenues… Les prophètes n’auront de cesse de présenter la responsabilité des hommes, sans jamais omettre les intentions de Dieu : introduire chaque homme dans une relation vraie avec Lui, et lui donner de goûter la paix et le bonheur ! (Ézéchiel 18:24, 1 Tim.2:4).

Venez, et plaidons ensemble, dit l'Éternel : Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige ; s'ils sont rouges comme l'écarlate, ils seront comme la laine. (Ésaïe 1:18)
 
Il aura encore une fois compassion de nous, il mettra sous ses pieds nos iniquités ; et tu jetteras tous leurs péchés dans les profondeurs de la mer. (Michée 7:19)

Le bouc pour AZAZEL ne reviendra pas, les péchés qu’il porte symboliquement sont oubliés pour toujours !
 
Peuvent-ils avoir conscience que seul peut accomplir ce geste de rassembler autour de l’Eternel quelqu’un qui vient du Ciel, comme le Grand Prêtre sortait du Lieu Très Saint pour y renter à nouveau en exprimant la réception du peuple par Dieu par le symbole de l’acceptation du sang du bouc offert à l’Éternel en sacrifice pour les péchés du peuple. C’est déjà ce que pressent celui qui dit : "Mon fils, Dieu se pourvoira de l'agneau pour l'holocauste." (Genèse 22:8).

 
Le Bouc pour AZAZEL

Le mot "AZAZEL" trouve sa seule utilisation dans ce cérémonial de la fête du Grand Pardon, aussi, faute de parallèles, les linguistes ne peuvent fournir une traduction certifiée. Toutefois la racine « ‘azoz » répond au verbe "se montrer puissant" tandis que le suffixe « El » fait référence à Dieu, la déité dans son sens absolu. Expression différente donc de YHWH, transcrit par l’Éternel ou Yahweh dans bien les Bibles en français, qui représente le nom de relation de Dieu avec son peuple, selon (Exode 3:13-14). Ainsi, le bouc chargé des fautes des Israélites est destiné à se trouver face à la puissance de Dieu, juste et saint.
 
Cette puissance de Dieu est la résolution de l’immense paradoxe qui fait se rencontrer la grande miséricorde et la rigueur de la justice :

L'Éternel est lent à la colère, et grand en bonté, pardonnant l'iniquité et la transgression, et qui ne tient nullement pour innocent, qui visite l'iniquité des pères sur les fils, sur la troisième et sur la quatrième génération. (Nombres 14:18)

Et ce cérémonial reproduit d’année en année n’est pas sans être médité et compris par les fidèles. Son précieux message, la "bonne nouvelle", leur est connue dès le commencement de leur attachement à Dieu : Dieu juste et saint est puissant pour accueillir auprès de Lui, dans le respect de sa sainteté et de sa justice, des hommes incapables de mériter cette part !
 
Cette puissance de Dieu qu’exprime le Grand Pardon est l’objet de leur méditation comme nous le lisons au Livre des Psaumes.

La bonté et la vérité se sont rencontrées, la justice et la paix se sont entre-baisées. (Psaumes 85:10)

Les fidèles sont pétris de cette bonne nouvelle de l’intention du Dieu rédempteur. C'est ce qu'exprime l'auteur du Livre de Job, mettant ces paroles dans la bouche du personnage central de son livre :

Et moi, je sais que mon rédempteur est vivant, et que, le dernier, il sera debout sur la terre. (Job 19:25)

Et lorsque la conscience de cette réalité s’émousse, leur esprit est réveillé par la parole des prophètes…

Car c'est ici l'alliance que j'établirai avec la maison d'Israël, après ces jours-là, dit l'Éternel : Je mettrai ma loi au dedans d'eux, et je l'écrirai sur leur cœur, et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple ; et ils n'enseigneront plus chacun son prochain, et chacun son frère, disant : Connaissez l'Éternel ; car ils me connaîtront tous, depuis le petit d'entre eux jusqu'au grand, dit l'Éternel ; car je pardonnerai leur iniquité, et je ne me souviendrai plus de leur péché. (Jérémie 31:33-34)

A la fin de l’exil à Babylone, tandis que la conscience du pardon est rendue d’autant plus sensible que les abandons furent patents et la sanction sévère, lorsque s’ouvre à eux la perspective d’un rétablissement de la nation, un prophète annonce cette grande réalité du fondement en justice du Grand Pardon, précisant la parole essentielle de la foi : "Dieu se pourvoira de l'agneau pour l'holocauste (Genèse 22:8) :

Il a été blessé pour nos transgressions, il a été meurtri pour nos iniquités ; le châtiment de notre paix a été sur lui, et par ses meurtrissures nous sommes guéris… Il plut à l'Éternel de le meurtrir ; il l'a soumis à la souffrance. (Ésaïe 53:5,10)

Voici cette Puissance de Dieu : la prise en compte des fautes des hommes – lesquelles doivent recevoir leur propre sanction, le jugement divin – tandis que le peuple, est agréé de Dieu, selon le décret de sa miséricorde. Et Dieu les conduit à se rappeler cette grande réalité, lors du Grand Pardon, lorsqu’il reconduit d’année en année son Alliance avec le peuple qu’Il a choisi pour être son serviteur sur la terre, sans oublier les étrangers qui vivent au milieu d'eux (Lév.16:29). Chaque commencement d’année, en Israël, est un rappel de la bonne nouvelle !
 
Pour comprendre ce terme, un homme hébreu nous vient en aide. Saul de Tarse, l'apôtre Paul, grand connaisseur de la langue et du texte bibliques, exprime avec force, en langue grecque ce qu’est cette puissance de Dieu, autrement dit ce que représente le mot AZAZEL. Et il dit :

Car je n'ai pas honte de l'évangile, car il est « puissance de Dieu » en salut à quiconque croit, et au Juif premièrement, et au Grec. (Romains 1:16)

Nous nous trouvons devant la réponse au paradoxe du plan divin  "L'Éternel est lent à la colère et grand en puissance, et il ne tiendra nullement le coupable pour innocent" (Nahum 1:3). Ce paradoxe sur lequel Jésus-Christ lève le voile au cours de son ministère :

Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos. (Matthieu 11:28)

 

La lecture chrétienne de Yom Kippour

Aucun raisonnement, aucune construction théologique… Simplement la lecture des Écritures, et en particulier de l’Épître aux Hébreux !
 
Gardons-nous de penser à quelque rupture, à quelque abandon des enseignements de la Torah après la Croix ! Le Seigneur n’a-t-il pas dit qu’il venait "accomplir la Loi" ? (Matt.5:17-18). Ainsi la Croix accomplit ce qui était annoncé, et la foi des fidèles, celle que l’on trouve déjà dans les Psaumes en écho aux paroles des prophètes, se trouve fortifiée dans la pleine révélation de la pensée de Dieu. Ce qui était pressenti, et compris par les croyants, se trouve pleinement révélé :

Dieu ayant autrefois, à plusieurs reprises et en plusieurs manières, parlé aux pères par les prophètes, à la fin de ces jours-là, nous a parlé dans le Fils… (Hébreux 1:1-2)

Et l’épître aux Hébreux poursuit en détaillant ces « accomplissements », traitant en particulier de la signification de la célébration de Yom Kippour. L’épître présente la réalité dont la célébration était une ombre (Hébreux 9:6-10:18).
 
Tout d’abord, nous discernons le Christ, descendant des cieux, comme le fait en figure le Grand Prêtre sortant du Tabernacle pour sacrifier le bouc pour l’Éternel (Lév.16:18). L’œuvre de la rédemption ne pouvait être opérée que par Celui qui est venu du ciel (Héb.4:14, mais aussi Prov.30:4, Jean 1:1, 3:10-16, Eph 4:8-10, Phil.2.6-7) et qui, en y étant remonté, est devenu le précurseur et le garant des rachetés, de ceux qui peuvent se tenir, par grâce, dans la présence de Dieu (Héb.7:26-27).

Mais le Christ a paru comme grand prêtre des biens qui sont apparus ; il a traversé le tabernacle plus grand et plus accompli, qui n'est pas fabriqué par des mains humaines, c'est-à-dire qui n'est pas de cette création ; il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, non pas avec du sang de boucs ou de taurillons, mais avec son propre sang. C'est ainsi qu'il a obtenu une rédemption éternelle. En effet, si le sang de boucs et de taureaux, ou la cendre d'une génisse qu'on répand sur ceux qui ont été souillés, consacrent de manière à purifier la chair, combien plus le sang du Christ – qui par l'Esprit éternel s'est offert lui-même à Dieu, sans défaut – purifiera-t-il notre conscience des œuvres mortes, pour que nous rendions un culte au Dieu vivant ! (Hébreux 9:11-14)

L’épître se poursuit alors dans la contemplation de l’œuvre accomplie une fois pour toutes, et conclut en citant encore une parole du Livre des Psaumes qui établit la signification de tous les sacrifices de la Première Alliance, ombre du sacrifice unique en vertu duquel la justice de Dieu est rencontrée, donnant ainsi le fondement de ses voies en miséricorde.

La loi, en effet, est l’ombre des biens à venir et non pas l'image même de ces choses ; c'est pourquoi elle ne peut jamais, par les mêmes sacrifices qu'on présente perpétuellement, année après année, porter à leur accomplissement ceux qui s'en approchent. Sinon, n'aurait-on pas cessé d'en présenter, puisque ceux qui prennent part à ce culte auraient été purifiés une fois pour toutes et n'auraient plus eu aucune conscience des péchés ? Au contraire, par ces sacrifices, on rappelle année après année le souvenir des péchés.   Car il est impossible que du sang de taureaux et de boucs ôte les péchés. C'est pourquoi, en entrant dans le monde, il dit : "Tu n'as voulu ni sacrifice, ni offrande, mais tu m'as formé un corps ; tu n'as agréé ni holocaustes, ni sacrifices pour le péché. Alors j'ai dit : Je viens – dans le livre-rouleau il est écrit à mon sujet – pour faire, ô Dieu, ta volonté." [Psaume 40:6-8] Il dit d'abord : Tu n'as voulu et tu n'as agréé ni sacrifices, ni offrandes, ni holocaustes, ni sacrifices pour le péché qui pourtant sont offerts selon la loi.  Puis il dit : Je viens pour faire ta volonté. Il supprime donc le premier pour établir le second. C'est en vertu de cette volonté que nous sommes consacrés par l'offrande du corps de Jésus-Christ, faite une fois pour toutes. (Hébreux 10:1-10)

Ainsi, quand le Grand Prêtre entre dans le Lieu Très Saint pour la seconde fois, avec le sang du bouc offert en sacrifice sur l’autel, il atteste de l’ouverture de cet accès à Dieu pour ceux pour lesquels le sacrifice a été offert. Et l’épître de conclure par cette exhortation :

Ainsi donc, frères, nous avons l'assurance d'un libre accès au sanctuaire par le sang de Jésus, accès qu'il a inauguré pour nous comme un chemin nouveau et vivant au travers du voile, c'est-à-dire de sa chair, et nous avons un grand prêtre institué sur la maison de Dieu. Approchons-nous donc d'un cœur sincère, avec une pleine foi, le cœur purifié d'une mauvaise conscience et le corps lavé d'une eau pure. (Hébreux 10:19-22)

Et le Bouc pour AZAZEL ?   Il a été envoyé au désert pour y être soumis à la Puissance de Dieu en jugement, dans la solitude la plus absolue, ombre d’un désert infiniment plus prégnant, la solitude absolue de la Croix. Ce qui se passa dans le désert, ce que fit l’homme tandis qu’il conduisait le Bouc pour AZAZEL, nous n’en lisons rien, de même qu’à la Croix. Pas un mot touchant l’incommunicable, la douleur infinie du sacrifice, les trois heures de ténèbres éloquentes par l’absolu du silence…

Et quand la sixième heure fut venue, il y eut des ténèbres sur tout le pays jusqu'à la neuvième heure. Et à la neuvième heure, Jésus s'écria d'une forte voix, disant : Éloï, Éloï, lama sabachthani ? ce qui, interprété, est : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? (Marc 15:33-34, Psaume 22:1)

Voici cette puissance de Dieu : la prise en compte de toute faute, de toute iniquité des hommes – celles-ci ayant reçu leur propre sanction, le jugement divin – tandis que l’homme est appelé à recevoir le don de la grâce, selon le décret de sa miséricorde.

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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