02/12/2009

Jérémie : Sédécias, dernier roi avant l'exil


 

CINQ ANNEES DU REGNE DE SEDECIAS
592-588

Le geste de Séraya lisant à Babylone l’oracle qu’écrivit Jérémie, et jetant aussitôt le rouleau du livre dans les eaux de l’Euphrate relève du dernier acte public du prophète à l’adresse des déportés. Bientôt, pour lui, ce sera la prison et une restriction drastique de ses mouvements ! Bientôt, suite aux mouvements de rébellion qui se développent en Syrie et en terre d’Israël, Nabuchodonosor y mènera à nouveau des campagnes militaires. La circulation des armées limitera les communications entre Jérusalem et Babylone.
 
Mais nul ne peut anticiper ces choses. Des faux prophètes continuent à parler de paix tant à Jérusalem qu’à Babylone ! Comment n’être pas poussé à avertir, encourager et exhorter les déportés ? Leur désir est grand de retrouver leurs maisons et leurs champs, et pour beaucoup certainement, le Temple lui-même. Désir oh combien compréhensible ! Nombreux sont ceux qui préféreraient ne pas entendre le message des soixante-dix années, et ne pas tenir compte de la lettre envoyée par Jérémie à leur adresse : "Bâtissez des maisons et habitez-les ; plantez des jardins et mangez-en le fruit (29:5-6). Les rumeurs vont bon train, et ceux qui regardent aux hommes politiques aimeraient compter sur une puissance plus clémente. Pourquoi le Pharaon ne tiendrait-il pas tête au roi de Babylone, et n’étendrait-il pas son aile protectrice sur le petit royaume de Juda ?
 
Le Seigneur est-il étranger à leur devenir ? Le destin d'un peuple choisi par Dieu se forge-t-il dans les négociations politiques ? Non, la question est avant tout d’ordre moral. Ils ne pourront détourner d’eux le jugement annoncé, la ruine sans retour, car qu’en est-il de l’état moral de Juda, cette corbeille de figues si mauvaises que l’on ne pouvait les manger ? Des réponses sont données, l’une vient de Babylone, et l'autre se fait entendre à Jérusalem même, là où règne Sédécias.
 
Nous serions bien tentés de dire : Hélas, pauvre Sédécias ! Après le règne éclair de son neveu, il se trouve à la tête d’un royaume ruiné… Qui est là pour le guider ? Jérémie est à Jérusalem, certes, mais Sédécias se trouve entouré de vieux routiers de la politique, des hommes qui furent proches de Joïaqim, roi despote exploitant son peuple pour son seul profit. N’avait-il pas, en vrai tyran, construit ses palais en faisant peser sur le peuple le tribut réclamé par Nabuchodonosor ? Et les notables de son royaume ne se privaient pas de poursuivre dans cette funeste voie.
 
Combien ce peuple devait aspirer à la justice, la justice sociale exceptionnelle ordonnée dans la Loi de Moïse. Jérémie le leur rappelle :

Ainsi parle le Seigneur, le Dieu d'Israël : J'ai conclu une alliance avec vos pères, le jour où je les ai fait sortir de l'Égypte, de la maison des esclaves ; je leur ai dit : Au bout de sept ans, chacun de vous renverra libre son frère hébreu, celui qui se vend à toi ; il te servira six ans, puis tu le renverras libre de chez toi (34:13-14 ; Exode 21:2).

Il dut le leur rappeler comme il dut retracer pour eux les fondements mêmes de la justice :

Ainsi parle le Seigneur : Agissez selon l'équité et la justice ; délivrez de la main de l'oppresseur celui qu'on dépouille ; n'exploitez pas l'immigré, l'orphelin et la veuve; n'usez pas de violence et ne répandez pas de sang innocent en ce lieu… (22:3 ; Exode 22:22)

Ezéchiel lui-même devra faire ce terrible constat :

Tels sont les princes d’Israël : chacun use de sa force chez toi, pour répandre du sang. Chez toi, on fait peu de cas d’un père ou d’une mère. Au milieu de toi, on commet des aces d’oppression contre l’immigré. Chez toi, on exploite l’orphelin et la veuve… Le peuple du pays se livre à l’oppression, commet des spoliations, exploite le pauvre et le déshérité, opprime l’immigré contre toute justice. (Ézéchiel 22:6-7,29)

Dieu avait donné à Israël "une loi grande et magnifique, à cause de sa justice" (Ésaïe 42:21). N’est-ce pas la clé de la Loi, que d’agir selon la pensée de Dieu ; aimer son frère n’est-ce pas ainsi que l’on montre son obéissance au Seigneur ? Mais ici, la convoitise est manifeste, les pasteurs se paissent eux-mêmes… Jusqu’à ce que l’épreuve se précise ! Le peuple devait bien soupirer après la justice et le juste jugement, aspirer après ce temps duquel il est dit : "Le jugement reviendra à la justice, et tous ceux qui on le cœur droit le suivront" (Psaume 94:15) Jérémie est témoin et parle disant :

Jugez avec équité dès le matin, délivrez de la main de l'oppresseur celui qu'on dépouille… (21:12)

Et Sédécias face à cela ? Faible devant les princes, il tentera d’agir, mais sans succès ; il consulte bien Jérémie, à plus d’une reprise, ouvertement d’abord puis à l’insu de ses ministres… Mais au fond, une seule chose lui tient vraiment au cœur : son règne ! Mais a-t-il seulement quelque pouvoir ? Aux princes, il dira quelques années plus tard : "le roi ne peut rien contre vous" (38:5).


 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
Texte complet, avec notices historiques
et liens dynamiques avec les références citées, sur le site :
Que dit l'Évangile ?

 

Exil à Babylone. L'appel d'Ezéchiel


 

LE PROPHETE EZECHIEL

Le peuple de Jérusalem est averti par Jérémie, mais les déportés aussi ont besoin de la parole d’un prophète ! Journellement, pour ainsi dire. Car ils peuvent s’illusionner à propos des bruits qui leurs parviennent de Jérusalem ! Le Seigneur met donc à part un jeune prêtre, Ézéchiel, pour que ce peuple ne soit pas livré à ses seules appréciations, et surtout qu'il ne soit pas subjugué par de mauvais bergers… Un relais est donc assuré. Le travail de Dieu se poursuit. N’avait-Il pas dit que Juda n’est pas oublié de Lui ?


L’appel du prophète – L'an 593

La cinquième année de la déportation de Joïakîn, et la cinquième du règne de Sédécias, Ézéchiel se lève à Babylone. Premier tableau : la vision de la gloire qui marquera la vocation du prophète jusqu’au bout de son service.

La trentième année, le cinquième jour du quatrième mois, comme j'étais parmi les exilés, près du fleuve Kebar, le ciel s’ouvrit, et j’eux des visions divines. Le cinquième jour du mois – c'était la cinquième année de la déportation du roi Joïakîn – la parole du Seigneur parvint à Ézéchiel, fils de Bouzi, le prêtre, au pays des Chaldéens, près du fleuve Kebar ; c’est là que la main du Seigneur fut sur lui. (Ézéchiel 1:1-3)   

La date de cette vision est connue, le cinquième jour du quatrième mois de la cinquième année de la déportation, l’année qui suit la lecture à Babylone de la lettre de Jérémie qui fut ensuite jetée dans l’Euphrate. Mais pourquoi la référence à une trentième année ? La raison n’est pas donnée ; ce n’est toutefois pas une année quelconque ! C’est l’année même de la découverte du rouleau de la Loi dans le Temple ! L’année de cette Pâque proclamée par Josias "telle qu’on n’avait pas célébré une Pâque comme celle-là en Israël depuis les jours de Samuel, le prophète" (2 Chr.35:18). L'année de la reprise du service des prêtres au Temple ; une référence majeure pour le jeune prophète qui est prêtre lui-même. Quel chemin parcouru depuis ! Les treize dernières années de Josias ont été suivies, dès sa mort, d’une dérive de dix-sept ans… La puissance ôtée à Juda dès l’an 605, année de la chute de Karkemish, une première grande déportation en 597, et maintenant les déportés travaillant pour le roi de Babylone, notamment à Thel-Abib, auprès du fleuve Kebar, un canal de dérivation de l’Euphrate destiné à l’irrigation de la plaine, un lieu de lourds travaux : l'entretien des digues.
 
Et que voit Ézéchiel au quatrième mois de l’an 592 ? L’extraordinaire vision de la Gloire du Seigneur !

Je regardai… Il y avait comme un éclat étincelant sortant du milieu d’elle, du milieu du feu… l’aspect de la ressemblance de la gloire du Seigneur. Quand je le vis, je tombai face contre terre et j’entendis quelqu’un qui parlait… c’était l'aspect de la ressemblance de la gloire du Seigneur (Ézéchiel 1:.4-28).

Vient ensuite la scène du rouleau du livre écrit en dedans et en dehors. Il y était écrit : Lamentations, plaintes, gémissements ! Et il mange ce rouleau… "doux dans sa bouche comme du miel" (Ézéchiel 2:9-3:3).
 
Ainsi, le jeune prophète reçoit la parole de Dieu en vue de la faire entendre :

Va, homme, vers la maison d'Israël, et tu leur diras mes paroles (Ézéchiel 3:4).  Il est établi guetteur pour la maison d’Israël ! (Ézéchiel 3:17)

Et nous le voyons assis auprès des déportés conduit à un geste surprenant. Pendant plus d’une année, il se couchera en silence, devant une maquette sommaire de Jérusalem, une simple brique, le guetteur devient lui-même signe pour les déportés, leur donnant à comprendre le sort de la ville, la venue des armées qui assiègeront la ville… Trois cent quatre-vingt dix jours pour Israël et quarante jours pour Juda, un jour par année de patience de Dieu.
On ne peut établir avec assurance la signification précise des années déclarées "années d’iniquité" auxquelles correspondent les jours assignés à Ézéchiel. Notons que 390 + 40 années, correspond à la durée du royaume d’Israël depuis le temps de Samuel, lorsque Israël demanda d’avoir un roi comme les autres nations, jusqu’à la destruction de Jérusalem. Nous ne pouvons toutefois pas entrer dans des supputations sur la période représentée, et notamment ces 40 années pour Juda.

Ezéchiel : La gloire de Dieu quitte le Temple


 

La gloire du Seigneur quitte le Temple - 592

L’année suivante, à quelques jours de la fin des quatre cent trente jours, la gloire du Seigneur lui apparaît à nouveau, dans une vision du Temple de Jérusalem. Et que voit-il dans le Temple, tandis que règne Sédécias ?

La gloire du Dieu d'Israël était là ; son aspect était tel que je l’avais vu dans la vallée. (Ézéchiel 8:4)

Et ensuite ? Une idole, et même plusieurs, et soixante-dix anciens de la maison d’Israël  répandant devant ces idoles "un épais nuage d’encens !" (Ézéchiel 8:11) Parmi eux un nommé "Yaazania, fils de Shaphân." Le propre frère d'Ahiqam, qui protégea Jérémie (26:24)… Ces choses sont connues à Jérusalem ! Jérémie y fera une claire allusion :

Ils ont placé leurs horreurs dans la maison sur laquelle mon nom est invoqué, la rendant ainsi impure. (32:34)

Et des hommes "soupirent et gémissent" à cause de ces abominations. Ils sont connus de Dieu, marqués au front du "TAW", le signe qui les distingue parce qu'ils sont connus du Seigneur (Ézéchiel 9:4), parce qu’ils marchent avec leur Dieu !
"TAW", dernière lettre de l'alphabet hébreu, signe dont la graphie ancienne serait proche de la forme d'une croix. Le mot "TAW" qui la désigne signifie "marquer", "désigner".
Dans ce temps où des actes indignes se produisent dans la ville, et où, avec audace, certains sont engagés dans un chemin de profanation, des espoirs quant à l’avenir de Juda sont entretenus par de faux prophètes à Babylone. Un fait majeur se produit dont Ézéchiel est le témoin privilégié, une vision certes, mais hautement significative. Il voit la gloire de Dieu quitter le Temple, se retirer au Parvis puis à la porte du parvis, et, en une dernière étape, quitter la ville pour s’en aller au mont des Oliviers, "la montagne qui est à l’est de la ville" (Ézéchiel 11:23). C’est une scène empreinte de majesté que ce retrait progressif de la Gloire de Dieu, dont la lenteur impressionnante souligne la gravité. Cette nuée de gloire couvrit le mont Horeb lors du don de la Loi (Exode 19:9), reposa sur la Tente d’assignation au désert (Exode 40:34) et emplit le Temple de Salomon lors de son inauguration (1 Rois 8:10-13). Et ici, c’est la fin, l’expression forte de la rupture de l’alliance, une chose effroyable pour les hommes pieux d’Israël, ceux qui sont marqués du "TAW", et une terrible réalité pour les déportés, ceux du moins qui espéraient toujours un retour à Jérusalem. La gloire du Seigneur s’est retirée. Une phase nouvelle pour Israël, le peuple est "installé dans l'errance" jusqu’au temps du rétablissement de toutes choses… Et pourquoi, dira-t-on ? Ézéchiel reviendra encore sur les causes d’un tel jugement, parlant tant de Juda que des Dix Tribus.

Voici encore ce qu’elles m’on fait : elles ont rendu mon sanctuaire impur, le même jour, et elles ont profané mes sabbats. Tout en immolant leurs fils à leurs idoles, elles sont allées le même jour dans mon sanctuaire pour le profaner. C’est là ce qu’elles ont ait au beau milieu de ma maison.
(Ézéchiel 23:38-39)

Par la suite, le prophète ne cessera d’annoncer la ruine complète de Jérusalem, sa désolation sous les coups de Nabuchodonosor, avertissant ainsi, à Babylone, les anciens qui viennent auprès de lui interroger le Seigneur (Ézéchiel 8:1, 14:1, 20:1). Il fallait qu’ils assument leur avenir devant Dieu sans nourrir quelque rêve chimérique d’un retour prochain à Jérusalem. Il fallait qu’ils se tournent vers Dieu qui prend garde à son peuple dispersé et leur redonnera, au temps convenable, ce qu’ils avaient perdu. Et Dieu s’engage, pourrions-nous dire :

Ainsi parle le Seigneur Dieu : Même si je les ai éloignés parmi les nations, si je les ai dispersés dans tons les pays, j’ai été pour eux, un peu, un sanctuaire dans les pays où ils sont venus.
(Ézéchiel 11:16)


 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
Texte complet, avec notices historiques
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Que dit l'Évangile ?

 

Ezéchiel : Signes de l'errance


 

Le signe de l’errance

Ézéchiel parcourt maintenant la ville avec un bagage de déporté, signe de l’errance de son peuple (Ézéchiel 12:1-6). Errance, oui, mais une errance qui prendra fin.

Car ainsi dit le Seigneur Dieu : J’agirai envers toi comme tu as agi, toi qui as méprisé l’adjuration en rompant l’alliance. Mais moi, je me souviendrai de l’alliance que j’ai faite avec toi aux jours de ta jeunesse et l’établirai pour toi une alliance perpétuelle. (Ézéchiel 16:59-60)

Allant ainsi, portant son bagage à la vue des déportés, ce message les atteint tous afin que nul ne s’illusionne quant aux possibilités pour cette génération d’un retour au pays ! Dans quelle ville, d’ailleurs, rentreraient-ils ? Jérusalem s’enfonce dans la folie, se détournant toujours davantage de "la Source des eaux vives" (2:13).


Campagne de Nabuchodonosor - 591

Près d’une année s’est passée depuis la vision de la gloire quittant le Temple. Les anciens sont à nouveau réunis autour d’Ézéchiel (Ézéchiel 20:1) ; une fois de plus, ils sont venus consulter le Seigneur. Le prophète revient alors sur l’histoire de son peuple depuis la sortie d’Égypte, pour rappeler la patience de Dieu et le chemin suivi par Israël… Nabuchodonosor n’a pas encore envoyé ses armées qu’Ézéchiel élabore une représentation de cette marche du roi de Babylone… Une figure dessinée en terre pour frapper les esprits des anciens :

Toi, homme, trace deux chemins pour qu’arrive l’épée du roi de Babylone […] Inscris un signe, inscris-le à l’entrée du chemin qui conduit à une ville. Tu tracera un chemin pour que l’épée arrive à Rabba-des Ammonites et en Juda, à Jérusalem, ville fortifiée (Ézéchiel 21:24-25).

Cette annonce est sans appel. Sept années se sont écoulées depuis la déportation, et aucun retour ne peut encore être envisagé, car les armées de Nabuchodonosor vont reprendre la route…


 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
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Ezéchiel : annonce de la chute de Jérusalem


 

Annonce du siège de Jérusalem - 589

Deux ans plus tard, les armées de Nabuchodonosor sont en chemin…

La neuvième année, le dixième jour du dixième mois, la parole du Seigneur me parvint : Homme, mets par écrit pour toi la date de ce jour, de ce jour même ! Le roi de Babylone met tout son poids contre Jérusalem en ce jour même. Propose une parabole à la maison rebelle ; tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Prépare la marmite, prépare-la et verses-y de l'eau… (Ézéchiel 24:1-3)

Dernier acte ! "Le chaudron bouillant" (1:13-16) est prêt pour qu’il soit déversé sur Jérusalem. C’est le 10 Teveth, le dixième jour du dixième mois. Dans un an exactement, le siège de Jérusalem commencera.
 
A nouveau, Ézéchiel doit être un signe pour les déportés, alors qu’il connaît une circonstance bien douloureuse. Son épouse décède inopinément, et contre toute attente, le prophète ne peut mener deuil.

Homme, je te prends d’un seul coup les délices de tes yeux. Tu ne te lamenteras pas, tu ne pleureras pas, tes larmes ne couleront pas. Soupire en silence, ne porte pas le deuil des morts, attache ta parure sur ta tête, mets tes sandales aux pieds, ne te couvre pas la moustache, et ne mange pas le pain des autres. J’avais parlé au peuple le matin et ma femme mourut le soir. Le lendemain matin, je fis ce qui m’avait été ordonné. (Ézéchiel 24:16-18)

La peine est là, grande assurément, mais combien singulière est l’attitude du prophète ! Il ne mène pas deuil , ce qui suscite naturellement bien des remarques, et on ne manque pas de le lui faire remarquer : "Ne nous expliqueras-tu pas ce que signifie pour nous ce que tu fais ?" (Ézéchiel 24:19) Le comportement est étrange, mais la réponse est forte. Le prophète leur fait savoir que, dans la dureté de leur cœur, ils ne mèneront pas deuil lorsque la ville sera détruite, lorsque leurs frères auront péri :

vous ne vous lamenterez pas et vous ne pleurerez pas ; mais vous pourrirez dans vos fautes et vous gémirez entre vous. (Ézéchiel 24:23)

Ainsi, cet étrange comportement du prophète devait annoncer une autre étrangeté : la dureté de cœur des exilés ! Ils pleureront sur eux-mêmes, sur la fin de l'illusion du retour à Jérusalem, mais ne mèneront pas deuil sur leurs frères qui mourront lors du dernier et effroyable siège la ville sainte. Et dans l'ensemble, ils ne se détourneront pas de leurs voies impies. Toutefois, parmi les déportés, il s’en trouveront qui se tourneront vers le Seigneur en vérité, des rescapés. Une parole est adressé pour Ézéchiel lui-même.

Quant à toi, fils d’homme, assurément, le jour où je leur enlèverai leur force, leur gaieté et leur splendeur… ce jour-là le rescapé viendra vers toi pour te le faire entendre. Ce jour là, ta bouche s’ouvrira, avec le rescapé : tu parleras, tu ne seras plus muet ; tu seras pour eux un présage, et ainsi ils sauront que je suis le Seigneur (YHWH).
(Ézéchiel 24:5-27)

Avant d’exprimer qu’il parlera à plusieurs, le texte dit "le" réchappé car un retour vers Dieu est individuel. Des réchappés viendront vers lui, alors le prophète leur parlera et ils se tourneront vers le Seigneur… Mais le siège de Jérusalem, ce siège si long et si douloureux, ne fait que commencer…

 

 

La suite est en préparation
Objectif : mars 2010

 
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