06/08/2011

Ezéchiel 7:1 L'imminence de la fin


 

L’imminence de la fin - 7:1-27

Annoncer la fin, pour la terre d’Israël, c’est faire l’aveu que nul réveil ne se produira plus en Judée. Et pensons, ici, au dernier réveil, au dernier retour à l’Éternel, sous Josias. Le roi s’est tourné vers le Seigneur avec vérité, mais qu’en était-il de ses fils, de ses proches et de son peuple ? Sitôt le roi tué à la bataille contre les armées égyptiennes, la ruine morale se précise, Juda se précipitant dans les errements du père de Josias, le roi Manassé, lequel "les fit errer en les induisant à faire le mal plus que les nations que l'Éternel avait détruites devant les fils d'Israël" (2 Rois 21:9).

7  1 La parole de l’Éternel vint à moi, disant : 2 Quant à toi, fils d’homme, voici ce que dit le Seigneur, l’Éternel, à la terre d’Israël : C’est la fin !… La fin vient sur les quatre extrémités du pays. 3 Maintenant, la fin vient sur toi ; j’enverrai sur toi ma colère, je te jugerai selon tes voies et je ferai tomber sur toi toutes tes abominations. 4 Mon œil n’aura pas compassion de toi, je n’épargnerai personne, car je ferai retomber sur toi tes voies ; tes abominations seront au milieu de toi, ainsi vous saurez que je suis l’Éternel.
 
5 Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Un malheur, un malheur unique ! Il arrive ! 6 La fin vient ; elle vient, la fin ! Elle s’éveille contre toi ; elle va arriver ! 7 L’issue arrive, habitant du pays ! Le temps arrive, il approche le jour, le jour de terreur ! Plus de cris joyeux dans les montagnes ! 8 Maintenant, je suis près de répandre sur toi ma fureur, j’irai jusqu’au bout de ma colère contre toi, je te jugerai selon tes voies, je ferai retomber sur toi ce qui convient à tes voies ; tes abominations seront au milieu de toi. 9 Mon œil n’aura pas de compassion, je n’épargnerai personne ; je ferai retomber sur toi ce qui convient à tes voies : tes abominations seront au milieu de toi, ainsi vous saurez que c’est moi, l’Éternel, qui frappe.

"Plus de cris joyeux dans les montagnes !" Il y a là, dans ce texte si porteur de souffrances, une évocation tellement heureuse de ce qu’a pu être la vie des Israélites considérant "le lait et le miel" de leur pays, le bonheur et la paix dont ils pouvaient jouir, et dont ils s’étaient privés eux-mêmes. Il y a bien à méditer sur cette situation en la transposant aux jours d’aujourd’hui.
 
Au temps d’Ézéchiel, il n’y avait plus qu’un cri : "La fin vient ! Il est là, le jour !" … La foule bruyante, la vie d’un peuple heureux, tout cela a pris fin. Le "bâton", le "bâton de la méchanceté" est en route. Alors que l’on achète et que l’on vend, celui qui aurait vendu sa terre avec la confiance de la retrouver un jour, comme celui qui l’aurait achetée, ne pourront ni l’un ni l’autre en jouir…
Rappelons-nous cette disposition sociale exceptionnelle de la loi de Moïse. La vente d’un champ, le patrimoine d’une famille, n’était en fait que la vente du rapport du champ jusqu’à l’année du Jubilé, laquelle survenait tous cinquante ans (Lév.25). Ainsi, en cette année du Jubilé toutes les familles ayant dû vendre leurs champs les retrouvaient libre de tout droit. Ainsi les familles ayant dû vendre sont dans l’attente de cette année pour recouvrer leur patrimoine.
Hors ville, les cris heureux dans les montagnes, et au marché, en ville, "la foule bruyante" jouissant de l’abondance des biens qui s’achètent et se vendent… Tout cela aura disparu, sans retour. Ce pays ruisselant de lait et de miel, une bénédiction divine, sera un lieu de désolation…

10 Il est là, le jour ! Il arrive ! L’issue vient ! Le bâton fleurit ! L’arrogance s’épanouit ! 11 La violence se dresse pour servir de bâton à la méchanceté : plus rien d’eux, plus rien de leur abondance, plus rien de leur foule bruyante, plus de magnificence sur eux ! 12 Il arrive, le temps ; il approche, le jour ! Que l’acheteur ne se réjouisse pas et que le vendeur ne mène pas deuil, car une colère ardente éclate contre toute la foule bruyante. 13 Non, le vendeur ne rentrera pas en possession de ce qu’il a vendu, fût-il encore parmi les vivants ; car la vision contre toute la multitude ne sera pas retirée, et personne ne pourra se porter garant pour lui, dans l’iniquité de sa vie. 14 On sonne de la trompette, tout est prêt, mais personne ne marche au combat car ma colère ardente éclate contre toute la multitude. 15 L’épée au dehors, la peste et la famine au-dedans ! Celui qui est aux champs mourra par l’épée, celui qui est dans la ville, la famine et la peste le dévoreront. 16 Leurs réchappés s’échappent, ils sont sur les montagnes comme les colombes des vallées ; tous gémissent, chacun pour son iniquité. 17 Toutes les mains tombent, tous les genoux faiblissent comme de l’eau. 18 Ils se ceignent de sacs et un frémissement les saisit ; tous les visages sont couverts de honte, toutes leurs têtes seront rasées. 19 Ils jetteront leur argent dans les rues, leur or deviendra une souillure ; ni leur argent ni leur or ne pourront les délivrer au jour de la colère de l’Éternel, ils ne pourront ni rassasier leur âme, ni remplir leurs entrailles, car c’est la pierre d’achoppement sur laquelle ils ont trébuché, la cause de leur iniquité.

A Jérusalem, une "foule bruyante" ! Nous lisons en Jérémie que malgré l’exil de nombre d’Israélites, parmi ceux qui ont pu rester au pays jusque là, il n’y a pas de repentance, pas de deuil… Loin de s’humilier, le peuple est encore bercé d’une douce illusion, nul semble-t-il, ne paraît vouloir revenir sur soi-même et examiner ses voies. Il faut se souvenir des paroles de Jérémie touchant le Temple, son existence étant pour eux comme un talisman, une protection, un prétexte à leur confiance de n’être pas détruits… Le prophète, quinze années avant Ézéchiel, avertissait : "Ne mettez pas votre confiance en des paroles de mensonge, disant : C'est ici le temple de l'Éternel, le temple de l'Éternel, le temple de l'Éternel !" (Jérémie 7:4). Faute d’écouter, il arrivera ce temps où ceux qui auront pu fuir dans les montagnes, échappant à la mort, seront tous "gémissant chacun pour leur iniquité" (7:16). Tous, ils auront trébuché sur la pierre d’achoppement, à cause de leur iniquité.

20 De leur belle parure ils ont fait leur orgueil, et ils y ont mis les images de leurs abominations, de leurs horreurs. Aussi j’en ferai pour eux une souillure ; 21 je la livrerai en pillage aux étrangers, et comme butin aux méchants de la terre, afin qu’ils la profanent. 22 Je me détournerai d’eux, on profanera mon trésor ; des bandits y pénétreront et le profaneront.

"De leur belle parure, ils ont fait leur orgueil" C’était déjà la conclusion confiée à Jérémie lorsqu’il a vu l’état de la ceinture de lin, toute neuve, qu’il avait eu à porter sur les rives de l’Euphrate : "Car, comme une ceinture s'attache aux reins d'un homme, ainsi je me suis attaché toute la maison d'Israël et toute la maison de Juda, dit l'Éternel, pour être mon peuple, et un renom, et une louange, et un ornement ; mais ils n'ont pas écouté" (Jér.13:11, voir aussi Esaïe 28:1 et 61:3) ; Ézéchiel reviendra encore à cette triste réalité (16:15, 20:15).
 
La désolation s’arrêtera-t-elle à la ville, à ses habitants ? Non, c’est le temple, le centre de gloire donné à Israël, qui sera profané et détruit, car à quoi pourrait-il encore servir s’il n’y a plus un peuple pour s’y rassembler, s’y réjouir ? Aussi est-il ajouté : "on profanera mon trésor !" Le lieu très saint, au cœur du temple, sera dévasté. Le prophète reviendra sur cette question vers la fin des quatre cent trente jours qu’il passera dans sa maison.
 
Le drame se prépare : "fabrique la chaîne !" La chaîne se prépare, celle qui retiendra captifs les rangs de l’exil à venir.

23 Fabrique la chaîne ! Le pays est comble de jugements sanguinaires, la ville est pleine de violence. 24 Je ferai venir les plus mauvaises des nations pour qu’elles s’emparent de leurs maisons ; je mettrai fin à l’orgueil des puissants et leurs sanctuaires seront profanés. 25 Le dénouement arrive ! Ils voudraient la paix, mais ils ne la trouveront pas. 26 Il arrive calamité sur calamité, une nouvelle succède à une nouvelle ; ils demandent des visions au prophète, mais la loi fait défaut au prêtre et le conseil aux anciens. 27 Le roi prend le deuil, les princes se revêtent d’atterrement, les mains du peuple du pays sont saisies d’épouvante. Je les traiterai selon leur voie, je les jugerai de leurs propres jugements, et ils sauront que je suis l’Éternel.

Pouvons-nous douter que les derniers habitants de Jérusalem espéraient la paix ? Cet espoir de paix est bien commun, et de faux prophètes se font bien voir, ils sont appréciés, alors qu’ils les tranquillisent. Jérémie en était témoin, parlant, lui, à contre courant ; il dira : "Et où sont vos prophètes qui vous prophétisaient, disant : Le roi de Babylone ne viendra point contre vous, ni contre ce pays ?" (Jér.37:19). Et aussi : "Tes prophètes ont vu pour toi la vanité et la folie, et ils n'ont pas mis à découvert ton iniquité pour détourner ta captivité ; mais ils ont vu pour toi des oracles de vanité et de séduction." (Lam.2:14). Il y aura un temps ou ils mèneront deuil, mais ce temps n’est pas encore venu.


 

 
 
 
Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Ezéchiel 8:1 Vision de la gloire à Jérusalem


 

LA GLOIRE QUITTE LE TEMPLE
EZECHIEL 8 à 11

 
Cela fait quatorze mois déjà que le prophète Ézéchiel est dans sa maison, face à la scénographie qu’il mit en place, signe des jours qui ne manqueront pas d’arriver. La brique ornée de tours et de terrasses d’assaut, la ville de Jérusalem, et la poêle de fer, image d’un implacable état de siège établi par un envahisseur que nulle résistance ne pouvait entraver. Signe étonnant… Des anciens sont assis devant Ézéchiel, car le signe du jeune prophète a fini par éveiller l’attention… Et pour ceux qui s’illusionnaient pensant que le Temple leur était un talisman garant de leur paix, une nouvelle vision sera donnée qui établira que la maison de l’Éternel sera vidée du symbole qu’elle représente.
 
Le prophète sera transporté à Jérusalem, entrant en vision dans la Maison de l’Éternel ; il y verra ce qui s’y passe : une idolâtrie inimaginable, une audace extrême de la part de responsables du peuple. Et alors, Celui qui avait pour propos de veiller sur le peuple choisi donne ce signe fort : la gloire de l’Éternel, symbolisée par cette nuée qui la couvrit lors de son inauguration la quittera définitivement (1 Rois 8:10-11). Non pas en un coup, brutalement, mais par étapes. Quittant le Lieu très saint (9:3), là où sont l’Arche d’alliance et les chérubins d’or, la nuée s’arrête au seuil de la Maison (10:4), puis à la Porte orientale du parvis (10:19) pour enfin se trouver au Mont des Oliviers, à l’est de la ville (11:23).
 
Rappelons-nous l’inauguration du Tabernacle dans le désert (Exode 33:9), puis celle du Temple à Jérusalem, lorsque la Nuée remplit le lieu : "Et il arriva que, comme les prêtres sortaient du lieu saint, la nuée remplit la maison de l'Éternel ; ils ne pouvaient pas s'y tenir pour faire le service, à cause de la nuée, car la gloire de l'Éternel remplissait la maison de l'Éternel." (1 Rois 8:10-11). Une période révolue, aujourd’hui, et non dans un geste de vengeance, bien au contraire.
 
A chaque étape, c’est un retrait douloureux, la Gloire se retire comme à regret, et à chaque fois un commentaire est confié au prophète, une voix évoquant l’indignité du lieu, les abandons du peuple choisi. Mais à l’inévitable malheur qui touche le peuple, répondent des paroles réconfortantes pour la foi. Privé de cette marque concrète de la bienveillance divine, les fidèles éparpillés dans le monde apprendront que si le signe n’est plus, la bienveillance divine demeure, l’Éternel se tenant auprès de chaque fidèle, étant pour lui "un petit sanctuaire". La foi s’en trouvera grandie, car ce qui la fera vivre ne sera plus axée sur une représentation, mais se vivra intimement dans la conscience de la bonté du Dieu Tout-puissant. Alors sera plus manifeste encore ce que le prophète Habacuc clamait dans la perspective du désastre quatre-vingts ans plus tôt : "Le juste vivra par sa foi" (Habacuc 2:4).


Vision de la gloire à Jérusalem - 8:1-4

La sixième année de l’exil, au 5e jour du 6e mois, les anciens étant auprès de lui, Ezéchiel revoit la “Gloire de l’Eternel” telle qu’il l’avait vue auprès du Kédar : "La gloire du Dieu d'Israël était là ; son aspect était tel que je l’avais vu dans la vallée" (8:4). C’est la troisième fois que cette vision lui est donnée : au bord du Kédar (1:1), dans la vallée (3:23) et maintenant dans sa maison, après ces longs mois de silence et d’écoute de l’Éternel.

8  1 La sixième année, au sixième mois, le cinquième jour du mois, j’étais assis dans ma maison, les anciens de Juda étant assis devant moi, lorsque la main du Seigneur, l’Éternel, tomba sur moi.
 
2 Je regardai, et il y avait comme l’aspect d’un feu – du feu à partir de ce qui paraissait ses reins vers le bas, et l’aspect d’un rayonnement à l’apparence de l’airain luisant de ses reins jusqu’en haut. 3 Il étendit la forme d’une main et me prit par les boucles de ma chevelure. L’Esprit m’éleva entre la terre et les cieux et me transporta, dans les visions de Dieu, à Jérusalem, à l’entrée de la porte intérieure qui donne sur le nord, là où était l’idole de jalousie qui provoque à la jalousie. 4 La gloire du Dieu d’Israël était là ; son aspect était tel que je l’avais vue dans la vallée.

Voici le prophète, en vision, face à une scène de contradiction forte, d’une part le Gloire de l’Éternel, d’autre part l’idolâtrie exercée dans l’enceinte même du Temple à Jérusalem. Que peut-il se passer ? Des voix fortes de colère ? La descente du feu du ciel pour anéantir l’idole ? La réponse, nous le savons, rend compte du libre arbitre donné à l’homme par le Créateur. Si l’Éternel a choisi son peuple (Deut.7:6-7), lui a confié ses oracles (Exode 20, Rom.3:2), l’a établi serviteur et témoin (Ésaïe 41:8, 43:10), le peuple est libre de prendre sa propre route, et nous voyons ici que la Gloire va se retirer. Et de ce retrait qu’Ézéchiel constatera en vision, il en aura aussi l’explication…


 

 
 
 
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Ezéchiel 8:5 Vision du temple profané


 

Vision du Temple profané - 8:5-18

La vision d’Ézéchiel est-elle l’expression d’une réalité cachée au peuple de Jérusalem, sont-ce des faits qu’il ignore ? Oh que non ! Ces choses sont bien connues à Jérusalem ! Jérémie en a parlé en termes clairs, disant : "Ils ont placé leurs horreurs dans la maison sur laquelle mon nom est invoqué, la rendant ainsi impure" (Jér.32:34). Une idole, et même plusieurs, et soixante-dix anciens de la maison d’Israël  répandant devant ces idoles "une épaisse nuée d’encens !" (8:11). Parmi eux un nommé Yaazania, fils de Shaphân, le propre frère d'Ahiqam, un homme qui protégea Jérémie (26:24).

5 Et il me dit : Fils d’homme, lève tes yeux vers le nord. Et je levai mes yeux vers le nord ; et voici, au nord de la porte de l’autel, cette idole de jalousie, à l’entrée. 6 Et il me dit : Fils d’homme, vois-tu ce qu’ils font, les grandes abominations que la maison d’Israël commet ici, pour que je m’éloigne de mon sanctuaire ? Mais tu verras encore d’autres grandes abominations.
 
7 Alors il me conduisit à l’entrée du parvis. Je vis un trou dans le mur. 8 Il me dit : Fils d’homme, perce le mur, je te prie. Je perçai le mur, et une ouverture apparut. 9 Il me dit : Entre, et regarde les abominations funestes qu’ils commettent ici. 10 J’entrai, et je regardai ; il y avait toutes sortes d’images de reptiles et de bêtes – des horreurs – et toutes les idoles de la maison d’Israël étaient gravées sur le mur, tout autour. 11 Soixante-dix des anciens de la maison d’Israël se tenaient devant elles, et au milieu d’eux se tenait Yaazania, fils de Shaphân, chacun son encensoir à la main ; un épaisse nuée d’encens s’élevait. 12 Il me dit : As-tu vu, fils d’homme, ce que les anciens de la maison d’Israël font dans les ténèbres, chacun dans sa salle ornée d’images ? Car ils disent : L’Éternel ne nous voit pas, l’Éternel a abandonné le pays. 13 Et il me dit : Tu verras encore d’autres grandes abominations qu’ils commettent.

Le ton est donné. Nous voyons ici les pratiques idolâtres, l’homme pense avoir pris sa destinée en main et, faute d’avoir écouté les avertissements des prophètes, faute d’écouter Jérémie qui leur parle au nom de l’Éternel, l’appelant à revenir à Lui, ils transforment leur crainte d’hommes en pratiques superstitieuses. Il en est ainsi en tout temps. Se soumettre à Dieu en s’engageant dans une pratique d’équité et de justice, est une à contre courant de l’âpre poursuite d’ambitions douteuses, la soif de domination ou de licence ; et déclarer que "Dieu n’est pas" produit un sentiment de vide, vertige dans lequel s’engouffre bien souvent la superstition. Et ici, pour se justifier, ainsi que d’autres aujourd’hui proclament "Dieu et mort", ces hommes religieux affirment : "L’Éternel ne nous voit pas, l’Éternel a abandonné le pays" (8:12). Fiers de leur apparence d’intelligence, ils feront de ces mots l’expression majeure de la rébellion contre l’Éternel (9:9).
 
D’autres choses à voir ? Les voici. Des célébrations idolâtres des peuples d’alentour, Thammouz, une idole mésopotamienne assignée à la végétation, le disque solaire, Râ, porté au sommet du panthéon égyptien ; Jérémie évoquera, lui, le culte à la Reine des cieux, appelée Astarté… (Jér.7:18, 44:17-25) Toutes les pratiques idolâtres des peuples d’alentour paraissent meilleures que de se tourner vers l’Éternel.

14 Ensuite il me mena à l’entrée de la porte de la Maison de l’Éternel, celle du nord. Il y avait là des femmes assises là, qui pleuraient Thammouz. 15 Il me dit : Vois-tu, fils d’homme ? Tu verras encore d’autres abominations plus grandes que celles-là. 16 Puis il me fit entrer au parvis intérieur de la Maison de l’Éternel, à l’entrée du temple de l’Éternel, entre le vestibule et l’autel. Il y avait là environ vingt-cinq hommes, le dos tourné au temple de l’Éternel, et leurs faces vers l’orient ; et ils se prosternaient vers l’orient devant le soleil.
 
17 Et il me dit : As-tu vu, fils d’homme ? Est-ce peu de chose pour les gens de la maison de Juda de commettre les abominations qu’ils commettent ici ? Ils continuent à me provoquer à colère en remplissant le pays de violence. Les voilà qui approchent avec des rameaux de nez ! 18 Moi aussi j’agirai avec fureur, mon œil n’aura pas compassion, je n’épargnerai personne ; quand ils crieront à mes oreilles à haute voix, je ne les écouterai pas.

Enivrés des senteurs de rameaux aromatiques portés à leur nez (8:17), ils s’enorgueillissent de leurs pratiques idolâtres sous le slogan "L’Éternel nous a abandonné". A côtés de ces rites douteux, que se passe-t-il dans le pays de Juda ? Se déclarant libre des préceptes divins, ils s’illusionnent disant : "L’Éternel ne vous voit pas"… Et ils couvrent le pays de violence !


 

 
 
 
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Ezéchiel 9:1 Le sceau de Dieu sur les hommes pieux


 

Le sceau sur ceux qui craignent - 9:1-11

"Je n’épargnerai personne" (8:18). Dieu est-il injuste ? Ne voit-il pas ceux qui souffrent au cœur du désastre ? Le prophète, assurément, ne peut le penser, et d’ailleurs cela lui est confirmé dans la vision elle-même. Sans doute "voit-il" en ces six hommes armés le symbole des agents de la destruction imminente, mais ceux-ci sont retenus jusqu’à ce qu’un "homme vêtu de lin" soit intervenu pour ceux qui "soupirent et gémissent", car ceux-ci sont connus de l’Éternel. Cet homme, dans la vision, est au milieu des hommes en arme, lesquels sont retenus jusqu’à ce qu’il ait accompli sa mission…

9  1 Puis je l’entendis crier à pleine voix : Approchez, châtiments de la ville, chacun son arme de destruction à la main !
 
2 Alors six hommes arrivèrent par la porte Haute qui donne sur le nord, chacun son arme de mort à la main. Il y avait au milieu d’eux un homme vêtu de lin, portant une écritoire de scribe à la ceinture. Ils vinrent se placer près de l’autel d’airain. 3 La gloire du Dieu d’Israël s’éleva de dessus le chérubin sur lequel elle était, et se dirigea vers le seuil de la Maison. L’Éternel cria à l’homme vêtu de lin, qui avait l’écritoire de scribe à la ceinture, 4 lui disant : Passe au milieu de la ville, au milieu de Jérusalem, et trace un "Thau" sur le front des hommes qui soupirent et gémissent à cause de toutes les abominations qui s’y commettent. 5 Et à ceux-là il dit, moi l’entendant : Passez après lui dans la ville et frappez ; que votre œil n’ait pas de compassion, n’épargnez personne. 6 Tuez, détruisez vieillards, jeunes gens, jeunes filles, femmes et petits enfants ; mais laissez hors d’atteinte quiconque aura sur lui la marque, et commencez par mon sanctuaire. Ils commencèrent par les anciens qui étaient devant la Maison. 7 Il leur dit : Rendez la Maison impure et remplissez ses parvis de vos victimes ! Sortez ! Ils sortirent et frappèrent dans la ville.
 
8 Comme ils frappaient et que je demeurais dehors, je tombai face contre terre et je m’écriai : Ah, Seigneur Éternel, détruiras-tu tout le reste d’Israël en versant ta fureur sur Jérusalem ? 9 Il me répondit : L’iniquité de la maison d’Israël et de Juda est excessivement grande, le pays est rempli de sang et la ville est pleine de perversion, car ils disent : L’Éternel a abandonné le pays, l’Éternel ne voit rien. 10 Moi aussi, mon œil n’aura pas compassion, je n’épargnerai personne, je ferai retomber leur voie sur leur tête. 11 L’homme vêtu de lin et portant l’écritoire à la ceinture fit son rapport : J’ai fait comme tu m’as ordonné.

Avant que le désastre ne s’abatte sur la ville, ceux qui "soupirent et gémissent" en raison de la dépravation morale qui les entourent sont marqués au front du "Taw", le signe qui les distingue parce qu'ils sont connus de l’Éternel et marchent dans ses voies. Le pays sera abandonné, mais le regard de Dieu ne cessera de se porter ainsi sur les fidèles où qu’ils pourront se trouver, emportés par le vent de l’exil. Malachie, près de deux siècles plus tard, le rappellera, parlant au Nom de l’Éternel : "Et ils seront à moi, mon trésor particulier, dit l'Éternel des armées, au jour que je ferai ; et je les épargnerai comme un homme épargne son fils qui le sert." (Mal.3:17). Nous sommes ici devant une réalité constante, celle du regard de Dieu, comme il sera écrit plusieurs siècles plus tard : "Toutefois le solide fondement de Dieu demeure, ayant ce sceau : Le Seigneur connaît ceux qui sont siens" (2 Tim.2:19).
 
Si le jugement est porté par une main d’homme – "six" est en effet le nombre de l’homme – celui qui est vêtu de lin et qui passe le premier dans la ville, avant la tourmente, qui est-il ? Nous le voyons ici mettant le sceau de Dieu sur les fidèles, ainsi que nous pouvons lire aussi, dans un autre contexte : "un ange montant de l'orient, ayant le sceau du Dieu vivant", scellant les milliers des douze tribus d’Israël (Apoc.7:2). Une autre vision, une autre conflagration, mais non sans analogie avec ce que nous lisons ici.
 
Quand le prophète voit les six hommes en action, frappant Jérusalem, il est saisi d’effroi, étreint par cette pensée que tout Israël est ainsi touché, que tout s’écroule… Nous voyons ici un homme vraiment attaché aux promesses de l’Eternel et à son peuple, ne se réjouissant en aucune manière de voir le malheur toucher même les méchants de son peuple, souffrant de l’abandon, du dénuement de ses frères… Il en est ainsi de tous les prophètes de l’Éternel, car Dieu ne conduire à cette tâche que des hommes attachés aux promesses et entrant sincèrement dans ses pensées.
 
Et cette souffrance est vraie, tandis qu’il voit la Gloire de l’Éternel se dissocier du temple, s’en aller, alors qu’Israël a clairement montré qu’il ne veut plus de l’Alliance. L’Éternel ne s’impose pas, il quitte le lieu de toute son attention, cette vigne soignée, comme Ésaïe en avait parlé dans cette image sublime de la "Vigne", disant de la part de l’Éternel : "J'ôterai sa haie, et elle sera broutée ; j'abattrai sa clôture, et elle sera foulée aux pieds" (Ésaïe 5:5). Le royaume du Nord s’en est allé depuis longtemps, mais aujourd’hui c’est Juda. Au temps du roi Ezéchias (726-697), la clôture avait été maintenue face à l’Assyrien, mais aujourd’hui cette protection lui est ôtée…


 

 
 
 
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Ezéchiel 10:1 La gloire quitte le temple


 

La gloire quitte le Temple, elle se tient au parvis - 10:1-8

La vision continue montrant le lien fort entre l’homme vêtu de lin et le symbole de la Gloire de l’Éternel. Il est envoyé par celui qui se trouve sur le trône, au-dessus du firmament, et nous pouvons comprendre que les paroles prononcées viennent de Dieu lui-même, disant : "Remplis tes mains de charbons ardents…". Et tandis que le feu est près d’être jeté sur la ville, la nuée apparaît dans le Temple, cette nuée qui y parût lors même de son inauguration (1 Rois 8:10-11), comme elle couvrait le Tabernacle tout au long de la traversée du désert, manifestation de la gloire et emblème de la protection de Dieu pour son peuple.

10  1 Je regardai. Sur le firmament qui était au-dessus de la tête des chérubins il y avait comme du lapis-lazuli ; on voyait au-dessus d’eux quelque chose dont l’aspect ressemblait à un trône. 2 Il dit à l’homme vêtu de lin : Entre dans le tourbillon sous les chérubins, remplis tes mains de charbons ardents pris d’entre les chérubins, et jettes-les sur la ville. Et il y alla sous mes yeux. 3 Les chérubins se tenaient à droite de la Maison quand l’homme entra, et la nuée remplit le parvis intérieur. 4 La gloire de l’Éternel s’éleva de dessus le chérubin allant sur le seuil de la Maison ; la Maison fut remplie de la nuée et le parvis fut rempli de la splendeur de la gloire de l’Éternel. 5 Le bruit des ailes des chérubins se fit entendre jusqu’au parvis extérieur, pareil à la voix du Dieu Tout-puissant lorsqu’il parle. 6 Ainsi, lorsqu’il eût ordonné à l’homme vêtu de lin, ayant dit "Prends du feu à l’intérieur du tourbillon entre les chérubins", il entra et se tint près des roues. 7 Alors le chérubin étendit sa main entre les chérubins, vers le feu qui était entre les chérubins, et il en prit, et le mit dans les mains de l’homme vêtu de lin. Il le prit et sortit. 8 Quant aux chérubins, une forme de main d’homme apparaissait sous leurs ailes.

Une "forme de main d’homme", car le feu ardent sera produit par l’homme, et nous pouvons comprendre les armées babyloniennes. La protection divine s’étant retirée, après que les chefs du peuple aient rompu unilatéralement l’Alliance, le feu atteint la ville. Dans le désastre, les hommes pourront évoquer la main de l’homme, la puissance babylonienne, mais le prophète sait que derrière cette main d’homme il y a ce grand fait que l’Éternel ne constitue plus un barrage face aux envahisseurs.


La gloire à la porte orientale - 10:9-22

Le prophète, toujours attentif, contemple cette extraordinaire figure qu’il voit ici pour la troisième fois. Il est frappé de l’éclat brillant de la Gloire, comme une chrysolithe, pierre précieuse dont la couleur rappelle l’or, outre les caractères soulignés précédemment : la mobilité absolue des roues, la vigilance sans limite des yeux partout, la puissance du "tourbillon", la sainteté, l’intelligence, la puissance et la capacité de vision symbolisée par les quatre faces… Que sont les attributs extraordinaires des puissants rois de Babylone à côté du "Vivant", le Seigneur de toute la terre, ainsi que chante le psalmiste : "Élève-toi, ô Dieu, au-dessus des cieux, et que ta gloire soit au-dessus de toute la terre" (Psaume 108:5).

9 Je regardai. Il y avait quatre roues près des chérubins, une roue auprès de chaque chérubin ; l’aspect de ces roues avait l’éclat d’une pierre de chrysolithe. 10 Par leur aspect, toutes se ressemblaient, chaque roue paraissait être au milieu d’une autre roue. 11 Quand elles se déplaçaient, elles allaient sur chacun de leurs quatre côtés ; elles ne viraient pas en se déplaçant ; elles allaient dans la direction où la tête regardait, sans virer en se déplaçant. 12 Tout leur corps, leur dos, leurs mains et leurs ailes étaient pleins d’yeux tout autour, de même que les roues, leurs roues à eux quatre. 13 Quant aux roues, j’entendis qu’on les nommait "Tourbillon" ! 14 Chacun avait quatre faces : la première face était celle d’un chérubin, la seconde celle d’un homme, la troisième celle d’un lion et la quatrième celle d’un aigle. 15 Et les chérubins s’élevèrent. C’était le Vivant que j’avais vu près du Kebar. 16 Quand les chérubins se déplaçaient, les roues allaient à côté d’eux ; quand les chérubins déployaient leurs ailes pour s’élever de la terre, les roues, à leur côté, ne viraient pas. 17 Quand ils s’arrêtaient, elles s’arrêtaient, quand ils s’élevaient, elles s’élevaient avec eux, car l’esprit du Vivant était en elles.

L’Esprit du Vivant parcourait ainsi le monde, comme il est écrit : "L'Esprit de Dieu planait sur la face des eaux" (Genèse 1:2). Nous en avons un exemple, lorsque Jérémie avait été appelé à témoin quant à ce qui se passait à Jérusalem : "Courez çà et là par les rues de Jérusalem, et regardez et sachez et cherchez dans ses places si vous trouvez un homme, s'il y a quelqu'un qui fasse ce qui est droit, qui cherche la fidélité, et je pardonnerai à la ville. Et s'ils disent "L'Éternel est vivant", en cela même, ils jurent faussement" (Jér.5:2).
 
Nous voyons ici un nouveau pas dans ce repli progressif de la présence spirituelle de l’Éternel au milieu de son peuple.

18 Et la gloire de l’Éternel se retira du seuil de la Maison et se tint au-dessus des chérubins. 19 Les chérubins déployèrent leurs ailes et s’élevèrent de terre sous mes yeux. Quand ils partirent, les roues étaient auprès d’eux. Ils s’arrêtèrent à l’entrée de la porte orientale de la Maison de l’Éternel ; et la gloire du Dieu d’Israël était sur eux, en-haut. 20 C’était le Vivant que j’avais vu sous le Dieu d’Israël, près du Kebar ; et je sus que c’étaient des chérubins. 21 Chacun avait quatre faces et quatre ailes, et sous les ailes ce qui ressemblait à des mains d’homme. 22 Leurs faces ressemblaient à celles que j’avais vues près du Kebar ; elles avaient le même aspect, c’étaient eux-mêmes. Ils allaient chacun droit devant soi.

"Quand ils partirent…" Le prophète ne peut quitter du regard cette vision extraordinaire, le "Vivant", manifestation de Dieu lui-même, tel qu’il l’a vu près du Kédar. L’équipage se trouve maintenant à la porte orientale du Temple…


 

 
 
 
Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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