04/08/2011

Ezéchiel 37:1 La vision des ossements - Israël reprend vie


 

RENAISSANCE NATIONALE
EZECHIEL 37 à 39

 
Tout est dit, pouvons-nous penser. Les exilés ont reçu un message vraiment consolant : ils ne sont pas oubliés de Dieu, les promesses faites à leurs pères seront accomplies et un chemin est tracé dès ce jour pour les temps de l’errance parmi les nations. Mais cependant nous pouvons mesurer la désolation dans laquelle ils se trouvent, lorsqu’ils se disent les uns aux autres : "Nos ossements sont desséchés, notre espérance a péri, nous sommes retranchés !" (37:11). "Nos ossements…" La plainte est collective, les exilés se regardent les uns les autres et pensent peut-être au temps heureux des récoltes et des fêtes à l’Éternel, à leurs enfants jouaient sur les places dans la quiétude, car le passé est idéalisé lorsque le présent est douloureux… A cette peine répond une vision du prophète, une vision pour redire au peuple que l’espérance ne peut avoir péri, qu’il y a une œuvre de Dieu en vue, telle que le peuple revivra… La scène est extraordinaire ! Et à la "vision des ossements" qui concerne au premier chef le prophète et ses auditeurs en succèdent d’autres… Des visions décrivant un futur que les exilés ne connaîtront pas eux-mêmes !


La vision des ossements - 37:1-14

"Ils disent : "Nos ossements sont desséchés, notre espérance a péri, nous sommes retranchés !"" (37:11). Dans cette parole d’Ézéchiel, ces mots viennent de l’Éternel, pour montrer combien la désolation n’est pas l’intention de Dieu, mais le passage nécessaire pour un véritable retour à la vie, la vie dans la justice et l’équité, celle que le Seigneur veut pour tout homme. La parole est donc celle du Seigneur qui voit et répond en grâce, dans les termes mêmes qu’Il a entendu. A ces ossements desséchés Dieu redonne vie par la parole du prophèe, c’est là l’expression de son pouvoir, mais bien plus encore, de sa bonté.

37  1 La main de l’Éternel fut sur moi ; l’Éternel me fit sortir en esprit, et me posa au milieu de la plaine, celle-ci était remplie d’ossements.
 
2 Il me fit passer auprès d’eux, tout autour ; ils étaient fort nombreux dans la plaine, et ils étaient très secs.
 
3 Il me dit : Fils d’homme, ces ossements pourront-ils revivre ? Je répondis : Seigneur Éternel, c’est toi qui le sais ! 4 Il me dit : Parle en prophète à ces ossements. Tu leur diras : Ossements desséchés, écoutez la parole de l’Éternel. 5 Voici ce que dit le Seigneur, l’Éternel, à ces ossements : Voici, je fais venir en vous le souffle, et vous vivrez ; 6 je placerai sur vous des tendons, et je ferai venir sur vous de la chair et je vous recouvrirai de peau ; je mettrai en vous le souffle, vous vivrez, et vous saurez que je suis l’Éternel.

Dans ce songe, le prophète est lui-même interpellé. Mais peut-il connaître le plan de l’Éternel s’il ne lui est révélé ? Et il "voit" cette vie qui renaît là où il n’y avait qu’ossements, une réponse forte à la parole désespérée des exilés. "Voici, je fais venir en vous le souffle, et vous vivrez…" Et le prophète lui-même est appelé à intervenir, parler en prophète, comme pour nous dire que ce travail donnant la vie vient par la parole de Dieu communiqué, et cela peut bien éclairer le prophète lui-même, si habitué à parler sans être assuré d’être vraiment écouté, sans être autre chose qu’un "chant agréable, une belle voix, une douce mélodie" qui n’aurait aucun résultat dans les âmes (33:32).

7 Je parlai en prophète comme il m’avait été commandé. Et comme je parlais en prophète, il y eut un bruit, il y eût un frémissement, et les ossements se rapprochèrent les uns des autres. 8 Je constatai qu’il y avait sur eux des tendons ; la chair vint sur eux et la peau les recouvrit par-dessus, mais il n’y avait pas de souffle en eux.
 
9 Il me dit : Parle en prophète sur le souffle, parle en prophète, fils d’homme. Tu diras au souffle : Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Viens des quatre vents, ô souffle ! Souffle sur ces tués, et qu’ils revivent ! 10 Et je parlé en prophète selon qu’il m’avait commandé. Alors le souffle vint en eux, ils reprirent vie et se tinrent debout sur leurs jambes, une immense armée.

Souffle, vent, esprit sont en hébreu un seul et même mot, expression de la vie, ainsi que nous lisons : "Et l'Éternel Dieu forma l'homme, poussière du sol, et souffla dans ses narines une respiration de vie, et l'homme devint une âme vivante" (Genèse 2:7). Ici, ce qui était ossements secs devient des êtres "debout sur leurs jambes."

11 Il me dit : Fils d’homme, ces ossements, c’est toute la maison d’Israël. Ils disent : "Nos ossements sont desséchés, notre espérance a péri, nous sommes retranchés !" 12 C’est pourquoi parle en prophète ! Tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Voici, j’ouvrirai vos sépulcres, je vous ferai remonter de vos sépulcres, ô mon peuple, et je vous ramènerai sur la terre d’Israël ! 13 Ainsi vous saurez que je suis l’Éternel, quand j’aurai ouvert vos sépulcres, et que je vous aurai fait remonter de vos sépulcres, ô mon peuple ! 14 Je mettrai mon Esprit en vous, vous reprendrez vie, je vous ramènerai sur votre terre ; et ainsi vous saurez que c’est moi, l’Éternel, qui ai parlé et agi – déclaration de l’Éternel.

Ceux qui se voient dans les sépulcres de l’exil, l’errance dans le monde, la fin de l’espérance se trouvent revivre, se tenir debout avant de rentrer en leur pays, la terre d’Israël. Et cette œuvre est de Dieu lui-même. Il ajoute : "Je mettrai mon Esprit en vous…"  Et ce ne sera pas seulement la foi d’un homme, d’une famille, mais le rétablissement de la nation elle-même. Plus tôt, le prophète avait rendu compte du travail de Dieu dans l’âme, et ici nous en voyons le résultat collectif, des croyants attachés au Seigneur, comme "un grande troupeau".

 

Les deux nations réunies - 37:15-28

Ici encore, le prophète est pleinement engagé dans la vision, il y agit à la demande de l’Eternel ! Il s’y est vu "parlant en prophète aux ossements", et ici, assurément il y avait une vision des Judéens en exil ; mais la vision va au-delà de ses auditeurs, le prophète "voit" le rétablissement de toute la nation d’Israël, le plan divin dépasse toujours ce que l’homme peut souhaiter. Comme la grâce déborde du pardon pour introduire le croyant dans la félicité, ainsi la fin de l’errance n’est pas seulement le retour des Judéens, mais la restauration d’Israël tout entier, uni alors comme il l’était au temps de David !
 
Ézéchiel "voit" plus que des Judéens exilés, il voit le peuple tout entier, les douze tribus d’Israël… Et il doit le faire entendre par des gestes qu’il expliquera aux exilés. Il leur dira que des Israélites de toutes les tribus seront assemblés pour former un seul peuple.

15 La parole de l’Éternel vint à moi, disant : 16 Toi, fils d’homme, prends un bois, et écris dessus "A Juda, et aux Israélites, ses compagnons", et prends un autre bois, et écris dessus "A Joseph, le bois d’Éphraïm et à toute la maison d’Israël, ses compagnons." 17 Rapproche-les l’un de l’autre, que tu n’aies plus qu’un seul bois, qu’ils soient unis dans ta main. 18 Lorsque les gens de ton peuple te diront "Ne nous expliqueras-tu pas ce que cela signifie pour toi ?", réponds-leur : 19 Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Je prendrai le bois de Joseph qui est dans la main d’Éphraïm, et les tribus d’Israël, ses compagnons ; je les mettrai sur celui-ci, le bois de Juda, et je les ferai être un seul bois ; ils seront un dans ma main. 20 Les bois sur lesquels tu écriras seront dans ta main, sous leurs yeux.
 
21 Tu leur diras : Ainsi dit le Seigneur, l’Éternel : Je prendrai les fils d’Israël d’entre les nations où ils sont allés, et je les rassemblerai de toutes parts, et je les ramènerai sur leur terre. 22 Je ferai d’eux une seule nation dans le pays, dans les montagnes d’Israël ; ils auront tous un seul roi, ils ne formeront plus deux nations, ils ne seront plus divisés en deux royaumes. 23 Ils ne se rendront plus impurs avec leurs idoles, leurs horreurs et toutes leurs transgressions ; je les sauverai de tous les lieux d’habitation où ils ont péché, et je les purifierai ; et ils seront mon peuple, et moi je serai leur Dieu. 24 David, mon serviteur, sera leur roi, ils auront tous un seul berger, ils suivront mes règles, ils observeront mes prescriptions et les mettront en pratique. 25 Ils habiteront le pays que j’ai donné à Jacob, mon serviteur, celui qu’ont habité vos pères ; ils y habiteront pour toujours, eux, leurs fils et les fils de leurs fils ; David, mon serviteur, sera leur prince à toujours. 26 Je conclurai avec eux une alliance de paix ; ce sera une alliance perpétuelle avec eux ; je les établirai, je les multiplierai et j’établirai mon sanctuaire au milieu d’eux pour toujours. 27 Ma demeure sera parmi eux ; je serai leur Dieu et eux, ils seront mon peuple ; 28 ainsi les nations sauront que c’est moi, l’Éternel, qui rend Israël saint, lorsque mon sanctuaire sera au milieu d’eux pour toujours.

"David, mon serviteur, sera leur prince à toujours." (37:25). Le Berger d’Israël, le fils de David, paraîtra… Ezéchiel, par ces mots, rappelle son enseignement : "Celui auquel appartient le juste jugement" (21:32) doit paraître, et il sera le berger du troupeau (34:23-24), ainsi que Jérémie l’avait aussi annoncé par ces mots : "Voici, les jours viennent, dit l'Éternel, et je susciterai à David un Germe juste ; et il régnera en roi, et prospérera, et exercera le jugement et la justice dans le pays." (Jér.23:5).
 
"Je conclurai pour eux une alliance de paix…" Le Seigneur déclare ainsi accomplir lui-même ce qui doit être accompli pour que l’alliance puisse être scellée. Et d’ajouter "Mon sanctuaire au milieu d’eux pour toujours" établissant que l’alliance et ainsi la relation avec Dieu ne pourront être altérées. Une vision d’avenir, mais dont tout Israélite, tout homme en fait, peut jouir avant même la restauration d’Israël ; n’est-il pas déclaré à l’adresse des hommes de foi, et des Israélites dans l’errance : "je serai pour eux, un petit sanctuaire dans les pays où ils sont allés." (11:16).
 
Reprenant le cours de la vision, nous lisons encore : "ainsi les nations sauront que c’est moi, l’Éternel, qui rend Israël saint, lorsque mon sanctuaire sera au milieu d’eux pour toujours." Le peuple redeviendra ce témoin, simplement par son existence, la main de Dieu reposant en grâce sur Lui. Ce rétablissement est l’objet de l’attente de tout Israël (Actes 1:6), et celui-ci sera signe d’une bénédiction pour la terre tout entière (Romains 8:21).


 

 
 
 
Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Ezéchiel 38:1 Gog, du pays de Magog


 

La grande coalition ennemie - 38:1-39:22

Faut-il penser à une crainte persistante d’un nouveau déferlement d’armées qui réduiraient à rien, à nouveau, le royaume reconstitué ? A une telle inquiétude, le prophète répond à l’avance, montrant que le monde ne change pas et que les convoitises territoriales ne cessent pas en ce monde. Ce n’est plus de l’Assyrien ni du Babylonien qu’il s’agira, mais d’un roi venant "du fond du nord", Gog, au pays de Magog, à la tête d’une grande coalition. Des nations connues couvrant à l’époque une région étendue au nord à partir de l’Arménie.

Rosh, Meshec et Toubal, trois grandes tribus Scythes, ensuite la Perse, l’Ethiopie (Cush) et la Lybie (Puth), et encore les Cimmeriens (Gomer) et les Arméniens (Togarma).

Une puissance mythique ou une prévision visionnaire? Une coalition armée venant du nord, l’extrême nord pour les auditeurs d’alors, décidée d’en finir avec ceux qui habitent un pays apaisé...

38  1 La parole de l’Eternel vient à moi disant : 2 Toi, fils d’homme, tourne-toi vers Gog, au pays de Magog, le prince de Rosh, de Méshec et de Toubal, et parles sur lui en prophète. 3 Tu diras : Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : J’en veux à toi, Gog, prince de Rosh, de Méshec et de Toubal ! 4 Je te ferai retourner, je mettrai un anneau dans tes mâchoires ; je te ferai sortir, toi et toute ton armée, chevaux et cavaliers, tous parfaitement équipés, un grand rassemblement, avec le bouclier et l’écu, tous portant l’épée ; 5 et avec eux la Perse, Cush, et Puth, ayant tous des écus et des casques, 6 Gomer et toutes ses troupes, la maison de Togarma, du fond du nord, et toutes ses troupes, toute la multitude de peuples qui est avec toi. 7 Prépare-toi, tiens-toi prêt, toi et toute ton assemblée auprès de toi ! Tu seras leur garde. 8 Dans bien des jours tu seras visité : à la fin des années tu viendras dans le pays dont les habitants, ayant été délivrés de l’épée, ont été rassemblés d’entre une multitude de peuples, sur les montagnes d’Israël qui ont été une désolation perpétuelle ; sortis d’entre les peuples, ils habiteront tous en sécurité. 9 Tu monteras, tu viendras comme une tempête, tu seras comme une nuée pour couvrir le pays, toi et toutes tes troupes, et une multitude de peuples avec toi.
 
10 Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : En ces jours-là, des pensées te viendront au cœur et tu concevras un plan maléfique. 11 Tu diras "Je monterai à l’assaut contre un pays de villes ouvertes, j’attaquerai ceux qui sont tranquilles, qui habitent en sécurité, qui, tous, habitent là où il n’y a pas de murailles et chez qui il n’y a ni barres ni portes, 12 pour emporter un butin, me livrer au pillage." Tu porteras la main sur des lieux dévastés à nouveau habités, sur un peuple rassemblé d’entre les nations ayant du bétail et des biens, habitant au cœur du pays. 13 Sheba et Dedan, et les marchands de Tarsis et tous leurs jeunes lions te diront : "Viens-tu pour prendre du butin ? Est-ce pour piller que tu as réuni cette assemblée, pour emporter de l’argent et de l’or, pour prendre des troupeaux et des biens, pour emporter un grand butin ?"
 
14 C’est pourquoi, fils d’homme, parle en prophète ! Tu diras à Gog : Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Oui, le jour où Israël, mon peuple, habitera en sécurité, tu le sauras. 15 Alors tu viendras de ton lieu, du fond du nord, toi et de nombreux peuples avec toi, tous montés sur des chevaux, un grand rassemblement, une nombreuse armée. 16 Tu monteras contre mon peuple Israël, comme une nuée, pour couvrir le pays. Cela arrivera à la fin des jours ; je te ferai venir contre mon pays, afin que les nations me connaissent, quand je montrerai ma sainteté en toi, ô Gog, devant leurs yeux !

Cette vision de "la fin des jours" (38:16) ne peut que saisir les auditeurs, les exilés. Que peut-il se produire, alors qu’ils ressentaient vivement les invasions furieuses qui ont fini par plonger leur pays dans une ruine absolue ? Dans ces temps, en raison de la rupture de l’Alliance, les barrières ont été détruites et les armées purent sans peine investir le pays ! Mais alors, dans le cadre de l’Alliance nouvelle qui aura été conclue, que peut-il se passer ?

17 Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : N’es-tu pas celui dont j’ai parlé dans les jours d’autrefois, par mes serviteurs les prophètes d’Israël, qui, en ces jours-là, pendant des années, ont prophétisé que je te ferais venir contre eux ? 18 En ce jour-là, le jour où Gog viendra contre la terre d’Israël – déclaration du Seigneur, l’Éternel – la fureur me montera au visage. 19 Je le déclare dans ma jalousie, dans le feu de mon courroux : A coup sûr, en ce jour-là, il y aura une grande commotion sur la terre d’Israël. 20 Les poissons de la mer, les oiseaux des cieux, les bêtes des champs, tout ce qui rampe sur la terre et tous les hommes qui sont sur la face de la terre trembleront devant moi. Les montagnes seront renversées, les parois des rochers s’écrouleront, et toutes les murailles tomberont à terre. 21 J’appellerai l’épée contre lui dans toutes mes montagnes – déclaration du Seigneur, l’Éternel. Chacun tournera son épée contre son frère. 22 J’entrerai en jugement contre lui par la peste et par le sang, je ferai venir une pluie torrentielle et des grêlons, du feu et du soufre, sur lui et sur ses troupes et sur la multitude de peuples qui est avec lui. 23 Je montrerai ma grandeur et ma sainteté, je me ferai connaître aux yeux d’une multitude de nations ; ainsi, elles sauront que je suis l’Éternel.

Le texte fait état d’un ébranlement général des structures de la terre, dont la suite serait alors la bénédiction reposant sur la terre entière, la multitude des nations connaissant dès lors le Seigneur, l’Éternel. La fin des épreuves pour la nation d’Israël en laquelle seront bénies, selon la promesse faite à Abraham : "je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; et en toi seront bénies toutes les familles de la terre" (Genèse 12:3).
 
Après ce discours soulignant la protection d’Israël, le prophète reprend la parole comme s’adressant à ce chef d’armée, Gog, pour que les exilés entendent jusqu’où va la protection de Dieu, jusqu’où va sa fidélité à la promesse.
 
Le peuple d’Israël est vu comme habitant des villes ouvertes, sans portes et sans murailles, en sécurité. Et les armées du nord tombent en terre d’Israël, le nombre de leurs hommes et la quantité de leurs équipements sont telles que des mois seront nécessaires pour en effacer les traces.

39  1 Toi, fils d’homme, parle en prophète sur Gog. Tu diras : Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Voici, j’en veux à toi, Gog, prince de Rosh, de Méshec et de Toubal ! 2 Je t’entraînerai, je te conduirai, je te ferai monter du fond du nord et je te ferai venir dans les montagnes d’Israël. 3 J’abattrai ton arc de ta main gauche et je ferai tomber tes flèches de ta main droite. 4 Tu tomberas dans les montagnes d’Israël, toi et toutes tes troupes, et les peuples qui seront avec toi ; je te donnerai en pâture aux rapaces, aux oiseaux de toute sorte et aux bêtes des champs. 5 Tu tomberas dans les campagnes, car moi, j’ai parlé – déclaration du Seigneur, l’Éternel. 6 J’enverrai un feu en Magog et parmi ceux qui habitent en sécurité dans les îles ; ainsi ils sauront que je suis l’Éternel. 7  mon saint nom au milieu d’Israël, mon peuple, et je ne laissserai plus profaner mon saint nom ; ainsi les nations sauront que je suis l’Éternel, le Saint en Israël.
 
8 Tout cela vient, tout cela sera – déclaration du Seigneur, l’Éternel. C’est le jour dont j’ai parlé. 9 Alors les habitants des villes d’Israël sortiront et brûleront au feu les armes, les écus, les boucliers avec les arcs et les flèches, avec les bâtons et les lances ; ils en feront du feu pendant sept ans. 10 Ils ne ramasseront pas de bois des campagnes et n’en couperont pas dans les forêts, car c’est avec les armes qu’ils feront du feu. Ils prendront du butin de ceux qui leur avaient pris du butin, ils pilleront ceux qui les ont pillés – déclaration du Seigneur, l’Éternel.
 
11 En ce jour-là, je donnerai à Gog un lieu de sépulture en Israël : la vallée des voyageurs, à l’est de la mer ; le chemin sera fermé aux voyageurs ; c’est là qu’on ensevelira Gog et toute sa multitude ; et on l’appellera la vallée de Hamon-Gog [Vallée de la multitude de Gog]. 12 La maison d’Israël les enterrera pendant sept mois, pour purifier le pays. 13 Tout le peuple du pays les ensevelira, ce sera un renom pour eux le jour où je me glorifierai – déclaration du Seigneur, l’Éternel. 14 Et ils mettront à part des hommes pour parcourir constamment le pays. Ils enseveliront, avec l’aide de voyageurs, les corps restés à terre, pour purifier le pays ; ils se mettront à la recherche au bout des sept mois. 15 Ces voyageurs parcourront le pays ; quand l’un d’eux verra des ossements humains, il érigera près de là un repère, pour que les fossoyeurs l’ensevelissent dans la vallée de Hamon-Gog. 16 Hamona [Multitude] est aussi le nom d’une ville. C’est ainsi qu’on purifiera le pays.

A nouveau, le prophète est appelé à parler au monde entier ! Nous pouvons penser au signe ainsi donné aux exilés, ceux qui disaient "nous sommes des os desséchés", et qui sont saisis par ce déploiement de gloire et de puissance au bénéfice de leur nation…

17 Et toi, fils d’homme, ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Dis aux oiseaux de toute sorte et à tous les animaux sauvages : Rassemblez-vous, venez, réunissez-vous de toutes parts pour mon sacrifice, celui que j’offre moi-même pour vous, un grand sacrifice dans les montagnes d’Israël ! Vous mangerez de la chair et vous boirez du sang. 18 Vous mangerez la chair des héros et vous boirez le sang des princes de la terre, béliers, agneaux, boucs, taureaux, tous engraissés en Bashân. 19 Vous mangerez de la graisse à satiété et vous boirez du sang à en être enivrés, à mon sacrifice que j’offre pour vous. 20 Á ma table vous serez rassasiés de chevaux et d’attelages, de héros et de toute sorte d’hommes de guerre – déclaration du Seigneur, l’Éternel. 21 Je mettrai ma gloire parmi les nations ; toutes les nations verront les jugements que j’exercerai, et ma main que je poserai sur elles. 22 Dès ce jour, la maison d’Israël saura que je suis l’Éternel, leur Dieu.

Ces pages offrent des tableaux impressionnants ! Des armées puissantes, les Scythes sont connus et ont fait trembler l’empire Assyrien en leur temps, et ensuite une débâcle impressionnante sans qu’il y ait en terre d’Israël de villes fortifiées… Sept mois pour effacer le gros des traces laissées par cette invasion, et des hommes chargés de parcourir encore le pays pour parachever le travail. Les nations du monde sont ainsi tournées vers l’Éternel, reconnu alors par toute la terre.


 

 
 
 
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Ezéchiel 39:23 L'essence du discours


 

L'essence du discours - 39:23-29

Quelques paroles encore, de la part du Seigneur, pour redire en résumé ce qui vient d’être déployé plus largement, pour souligner qu’alors tout aura été mis en lumière, tant la responsabilité de l’homme que la gloire de la grâce dans l’accomplissement des promesses, afin que tout homme puisse constater qui est le Seigneur.

23 Ainsi, les nations sauront que c’est à cause de ses fautes que la maison d’Israël est allée en exil, parce qu’ils ont été infidèles envers moi ; c’est pour cela que je me suis détourné d’eux et que le les ai livrés à leurs ennemis, et qu’ils sont tous tombés par l’épée. 24 Je les ai traité selon leurs impuretés et selon leurs transgressions, et je me suis détourné d’eux.
 
25 A cause de cela, ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Maintenant je vais rétablir les captifs de Jacob, j’aurai compassion de toute la maison d’Israël et je serai jaloux de mon saint nom. 26 Ils resteront chargés de leur confusion et de toutes leurs infidélités envers moi, alors même qu’ils habiteront en sécurité sur leur terre et qu’il n’y aura personne pour les troubler. 27 Quand je les ramènerai d’entre les peuples, quand je les rassemblerai des pays de leurs ennemis, je montrerai ma sainteté parmi eux aux yeux d’une multitude de nations. 28 Ainsi on saura que je suis l’Éternel, leur Dieu, quand, après les avoir exilés parmi les nations, je les aurai rassemblés sur leur terre ; je n’en laisserai là-bas aucun d’entre eux. 29 Je ne me détournerai plus d’eux, car j’aurai répandu mon Esprit sur la maison d’Israël – déclaration du Seigneur, l’Éternel.

Nous pouvons nous demander pourquoi ces visions. La résurrection nationale de tout Israël n’est toujours pas arrivée, jusqu’à nos jours. Alors pourquoi parler de cela aux exilés, tout occupés à trouver le moyen de vivre au jour le jour, loin de leur terre ? Et que signifient pour nous ces pages, deux millénaires après la venue du Messie, et son rejet, selon les Ecritures, avant qu’il ne paraisse à nouveau et accomplisse "les promesses faites aux pères" (Rom.15:8) ?

Plusieurs se sont attelés à décrypter ces paroles dans la perspective de fournir un tableau de l’avenir d’Israël et du monde, une lecture que nous pouvons appeler « eschatologique » ; et il s’en trouve qui ont, à force de recherche, bâti des systèmes interprétatifs, les uns avec sincérité et d’autres avec des buts particuliers, usant des filtres déformants de leurs doctrines particulières. Est-ce là l’essence des paroles ?
 
D’autres s’immergent dans une lecture « ésotérique », tentant de discerner à travers ces paroles des éléments symboliques qui échappent au commun des mortels. Mais est-ce la manière du Seigneur Dieu d’ouvrir les Ecritures à quelques cercles de penseurs loin des petits du troupeau, des âmes à affermir, des brebis dont parle le prophète ?

L’écriture du livre s’inscrit dans l’histoire et a pour vocation d’être significative pour les auditeurs dès ce temps là, les familles judéennes exilées déjà depuis vingt-cinq à trente-cinq ans, ayant perdu leur pays, leurs maisons, leurs champs sans perspective de les recouvrer eux-mêmes, et demeurant toutefois les dépositaires des promesses.
 
Quel prix peuvent avoir ces paroles pour les exilés à Babylone ? Comment vivront-ils leur errance ? Nous pouvons venir à cette conscience d’une perte majeure due à leurs propres manquements, "chargés de confusion" (39:26) mais confiants dans la fidélité de l’Éternel à sa promesse, confiants dans sa grâce ainsi déployée. Une réponse aux cris de douleur exprimant "Nos ossements sont desséchés, notre espérance a péri, nous sommes retranchés !" (37:11).
 
Et telle n’est pas la vue de Dieu pour l’homme : il veut conduire chacun à une abondance de vie, et ici au travers d’un des temps les plus obscurs de l’histoire d’Israël. La page se termine par cette parole impressionnante, une promesse sans ombre : "Je ne me détournerai plus d’eux, car j’aurai répandu mon Esprit sur la maison d’Israël – déclaration du Seigneur, l’Éternel." Ici se dévoile – ou plutôt est rappelée – le projet divin dans son excellence : répandre son Esprit pour établir une relation forte et confiante entre sa créature et lui, non pas dans l’innocence, mais dans la connaissance de l’humain et la considération du divin, à savoir la grâce et l’amour pleinement manifestés. Une provision de force pour parcourir un chemin d’homme dans la foi.


 

 
 
 
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Ezéchiel 40:1 La bénédiction d'Israël


 

LA BENEDICTION D'ISRAËL
EZECHIEL 40 à 48

 
"La vingt-cinquième année de notre exil, au commencement de l’année, le dixième jour du mois, quatorze ans après la ruine de la ville, ce jour même la main de l’Éternel fut sur moi, et il me conduisit là-bas" (40:1).
 
Là-bas, au cœur de ce qui n’était plus que ruine ! Printemps 573 avant notre ère, vingt-cinq ans d’exil pour Ézéchiel, vingt ans qu’il parle en prophète, et quatorze déjà que le temple est détruit. Des événements proches les uns des autres, si nous les regardons après deux millénaires et demi, mais une période longue et douloureuse pour les fils d’Israël en exil ; vingt-cinq ans, c’est une tranche de vie… Quelles perspectives ont-ils, sinon leur établissement parmi les nations, la croissance de leurs enfants loin du pays et le sentiment pesant de la ruine de toute leur espérance. Sans doute ont-ils été secoués par les paroles du prophète, au moins les exilés qui lui ont prêté l’oreille, mais l’avenir dont il parle, le connaîtront-ils ? Ne faudra-t-il pas bien des générations avant de voir la nation réunie autour du Messie, sans même pouvoir imaginer alors comment cela sera. Le prophète leur a parlé en des termes qu’ils peuvent comprendre, certes, annonçant le temps de la bénédiction avec des mots qui évoquent ce qu’ils ont perdu… Mais ces paroles sont-elles à prendre littéralement ou à retenir comme annonces d’une œuvre plus remarquable encore qu’aucun mot humain ne peut dépeindre ?
 
Nous l’avons vu, de nouvelles perspectives spirituelles leur sont offertes, sans temple, sans prêtres officiants, sans fêtes solennelles à Jérusalem ; ils pourront vivre "avec l’Éternel", fondés sur sa promesse d’être pour eux "un petit sanctuaire" dans tous les pays où ils se trouveront (11:16) ; n’oublions pas la parole d’Habacuc, un demi-siècle plus tôt, disant "le juste vivra par sa foi" (Hab.2:4). Et aussi, n’avaient-ils pas ces directives communiquées par Jérémie, leur disant de s’établir là où ils seraient envoyés et d’y chercher le bien de la nation au milieu de laquelle ils se trouveraient (Jér.29:7) ? Certes il y avait bien cette promesse : "Lorsque soixante-dix ans seront accomplis pour Babylone, je vous visiterai, et j'accomplirai envers vous ma bonne parole, pour vous faire revenir en ce lieu." (Jér.29:10). Mais, nous le savons, Jérémie ne parlait pas alors du rétablissement de toute la nation, mais seulement de ce fait important que des Judéens remonteraient au pays pour y rebâtir le temple et la ville.
 
Dès après la ruine du temple et l’exil du reste de Juda, Ézéchiel commença à parler du rétablissement de la nation tout entière ; mais cet événement ne pourra être produit que par l’effusion de l’Esprit de Dieu et la venue du Messie, ainsi que d’autres prophètes en ont également abondement parlé. Revenons un instant sur ces passages touchant les "ossements qui reprennent vie", ainsi que "les bois d’Israël et de Juda réunis comme un seul bois" (37: 1-28) ; cette confirmation des promesses faites aux pères était assurément un appel à recevoir la vérité de Dieu, revenir de son désespoir, se tourner vers l’Éternel et marcher dès lors avec foi, chacun apprenant par ces paroles et ces images si fortes que Dieu ne demeure pas courroucé et que, s’ils ont rompu l’Alliance de manière unilatérale, les Promesses seront accomplies ; elles sont antérieures à la Loi puisque données à Abraham. Voilà bien un fortifiant pour la période douloureuse qu’ils traversaient.
 
Dans les pages que nous ouvrons ici, nous lisons ce déploiement du projet rédempteur de Dieu pour Israël, et nous savons que la bénédiction d’Israël sera la bénédiction pour la terre tout entière. Pourquoi et pour qui ces pages ? Le texte est daté, la quatorzième année de la ruine de Jérusalem, et donc il entre dans l’histoire directe des exilés auxquels le prophète s’adresse. En outre, le prophète n’est pas appelé explicitement à écrire un livre, mais à communiquer ces tableaux saisissants du temple et de l’établissement des douze tribus dans la terre de leurs ancêtres ; il doit déployer ses visions, les détails mêmes, aux yeux des exilés, afin qu’ils réfléchissent : "Toi, fils d’homme, décris la Maison à la maison d’Israël, afin qu’ils soient confus à cause de leurs iniquités, et fais leur mesurer le plan. S’ils sont confus de tout ce qu’ils ont fait, fais-leur connaître la forme de la Maison, sa disposition, ses issues et ses entrées, tous ses dessins, toutes ses prescriptions et toutes ses lois. Mets en la description devant leurs yeux, afin qu’ils observent tous ses dessins et toutes ses ordonnances, et qu’ils les exécutent." (43:10-11).
 
Nous pouvons ici nous demander ce que peut signifier cette exhortation à "exécuter". Il ne s’agit aucunement d’une anticipation de l’édit de Cyrus le Grand qui eût pour conséquence qu’un petit contingent monta à Jérusalem, trente-cinq années plus tard, pour rebâtir le temple. Et ce n’est pas sur les plans du livre d’Ézéchiel qu’il fut rebâti, mais il ne sera qu’une modeste réédification du temple ancien. Nous pouvons comprendre qu’il ne sera pas question pour les exilés de prendre, à Babylone, les outils du maçon, mais de prendre en compte la parole prononcée par le prophète. A eux d’en saisir l’instruction. A nous d’en comprendre aussi le sens spirituel, dans la mesure bien modeste que nous pourrons espérer atteindre. Nous ne pouvons qu’être interpellés, voire étonnés, par ces descriptions si détaillées, mais le texte d’Ézéchiel nous est donné, et nous nous attacherons à penser aux exilés qui en furent les auditeurs avant que nous en soyons lecteurs. Ils devaient, eux, avoir trouvé des leçons dans ces pages. La première, essentielle, est que ces pages soulignent la fidélité de l’Éternel à son propre dessein envers l’homme, comme il ne peut abandonner ses promesses.


La vision d’Ezéchiel - 40:1-4

Le prophète est pénétré depuis tant d’années par le sort funeste de sa nation ; aux premiers jours de son ministère, il fut "mené en esprit" à Jérusalem, encore debout, pour voir la corruption du temple et l’iniquité des princes de Juda, voir enfin la Gloire quitter le temple comme à regret pour se poser au Mont des Oliviers, à l’orient de la ville… Il a appris la ruine, il a vu les dernières colonnes de l’exil arriver à Babylone. Aujourd’hui, le voilà à nouveau "en esprit" à Jérusalem, et le paysage est transformé, purifié… Il est conduit sur une très haute montagne (Zacharie 8:3, Apoc.21:10).

40  1 La vingt-cinquième année de notre exil, au commencement de l’année, le dixième jour du mois, quatorze ans après la ruine de la ville, ce jour même la main de l’Éternel fut sur moi, et il me conduisit là-bas. 2 Dans les visions divines, il m’amena au pays d’Israël et me posa sur une très haute montagne ; au midi, il y avait comme les bâtiments d’une ville. 3 Il me conduisit là ; et voici un homme d’aspect comme l’aspect de l’airain, il avait dans sa main un cordeau de lin et une canne à mesurer, et il se tenait à la porte.
 
4 Cet homme me dit : Fils d’homme, regarde de tes yeux et écoute de tes oreilles ; applique ton cœur à tout ce que je te fais voir, car c’est afin de te le faire voir que tu as été mené ici. Déclare à la maison d’Israël tout ce que tu vois.

Porter son attention, c’est aussi appliquer son cœur à cette vision qui lui est donnée. Un homme "dont l’apparence est telle que l’airain" va le conduire dans une visite, ainsi que Jean, en son temps, sera guidé par un ange de Dieu dans la Nouvelle Jérusalem (Apoc.21:2). Un guide qui porte l’attention du prophète sur une telle somme de détails qu’il nous arrivera de nous demander quelle en est l’importance, mais qui contribueront tous à convaincre que la relation à Dieu n’est pas un tableau seulement, mais une vie. Une vie proposée et offerte ici aux exilés à Babylone.


 

 
 
 
Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Ezéchiel 40:5 Vision d'un nouveau temple


 

LE TEMPLE DE L'ETERNEL
EZECHIEL 40:5-43:11

 
Ezéchiel est prophète, il appartient aussi de la famille sacerdotale, sans toutefois avoir pu exercer sa charge, car avant qu’il en ait atteint l’âge, il a été mené en exil. Et ici, conduit dans une longue vision, il va visiter en esprit un temple nouveau, entrer par les portes au parvis extérieur, puis au parvis intérieur ; il va entrer dans la Maison même, voir les annexes, les divers espaces consacrés à l’activité sacerdotale, considérer les lieux où les sacrifices seront égorgés, traverser même les cuisines… Et il verra la Gloire de Dieu, retirée au Mont des Oliviers, investir à nouveau la Maison même. Suivra la vision extraordinaire du "fleuve de la grâce" (47:1-12), seul fondement du rassemblement de toute sa nation, les douze tribus d’Israël.


Les parvis du Temple - 40:5-49

Entrer au temple, se trouver dans la présence de Dieu, n’est pas chose commune ou légère. Il faut entrer par la porte (Jean 10:9), et ici pourrions-nous dire, par les portes, afin d’accéder au parvis extérieur pour commencer, et poursuivre ensuite au parvis intérieur, vers la Maison même.
 
Le parvis extérieur et ses portes – 40:5-27
 
Franchir par la porte cette muraille haute d’une canne, environ trois mètres quinze, est le seul moyen de s’avancer; il n’appartient pas à l’homme de déterminer le chemin... Pas un regard possible non plus, car les fenêtres, grillagées, donnaient exclusivement sur l’intérieur. Comme pour nous indiquer que nous approcher de Dieu ne peut se faire distraitement, en un instant vite dissipé par l’environnement, les activités journalières... L’on ne peut se trouver au parvis de l’Eternel avec les regards tournés vers l’extérieur, le profane, mais en recevant ceci aussi, c’est que la porte est large pour entrer puis sortir et revenir encore, une porte de dix "coudées du sanctuaires", chacune d’une coudée et une paume.

5 Une muraille extérieure entourait le temple de chaque côté. Dans la main de l’homme était une canne à mesurer de six coudées, ayant une paume de plus que la coudée ordinaire. Il mesura la largeur de la construction, une canne, et la hauteur, une canne.

La coudée commune mesure environ 45 cm, la coudée du sanctuaire y ajoute la paume, la largeur d’une main, soit environ 7,5 cm., la portant ainsi à 52,5 cm. La largeur de la porte est donc d’environ 5,25 m.

Les trois portes du parvis sont considérées l’une après l’autre, à commencer par la porte s’ouvrant vers l’occident, vers le Mont des Oliviers, à l’ouest de la ville. Celle-ci aura un statut particulier, comme nous le voyons plus loin, mais quant à leur agencement elles sont similaires, des bâtiments en soi, chacune présentant un espace d’environ 10 m. sur 30, outre les loges attenantes.
 
S’engageant dans la porte, on y franchit des marches, des "degrés", car il s’agit bien de s’élever pour monter vers Dieu.

6 Il alla à la porte qui donne sur l’orient et en monta les marches. Il mesura le seuil de la porte, une canne en largeur, une canne en largeur rien que pour le seuil. 7 Chaque loge était longue d’une canne et large d’une canne. Il y avait cinq coudées entre les loges. Le seuil de la porte, près du vestibule de la porte, à l’intérieur, avait une canne. 8 Il mesura le vestibule de la porte, à l’intérieur, une canne. 9 Il mesura le vestibule de la porte, huit coudées ; et ses piliers, deux coudées ; le vestibule de la porte était à l’intérieur. 10 Les loges de la porte qui donnait sur l’orient, trois d’un côté et trois de l’autre, toutes ayant la même dimension, et les piliers de chaque côté avaient aussi la même dimension. 11 Il mesura la largeur de l’entrée de la porte, dix coudées, et la longueur de la porte, treize coudées. 12 Devant les loges, il se trouvait, de chaque côté, une banquette d’une coudée ; chaque loge avait six coudées d’un côté comme de l’autre. 13 Il mesura la porte depuis le toit d’une loge jusqu’au toit de l’autre, il y avait une largeur de vingt-cinq coudées entre les deux entrées opposées. 14 Il fit de même pour les piliers, soixante coudées. A côté du pilier était le parvis, tout autour de la porte. 15 L’espace entre la porte d’entrée et le vestibule de la porte intérieure était de cinquante coudées. 16 Il y avait aux loges des fenêtres grillagées ainsi qu’à leurs piliers à l’intérieur de la porte, tout autour ; il y avait aussi des fenêtres dans les vestibule tout autour, vers l’intérieur ; des palmiers étaient sculptées sur les piliers.

Avant d’aller aux portes du midi et du septentrion, le conducteur, cet homme à l’aspect de l’airain, pilote le prophète dans le parvis extérieur, afin qu’il y voie les cellules qui y sont construites, lieux d’activités qui ne seront pas communiquées au prophète : pour qui, pour quoi faire, il ne le sait, mais il constate leur présence. Et ensuite les portes.

17 Il me conduisit au parvis extérieur, où se trouvaient des cellules et un dallage aménagés tout autour du parvis ; il y avait trente cellules sur le dallage. 18 Le dallage, sur le côté des portes, répondait à la longueur des portes ; c’était le dallage inférieur. 19 Il mesura la distance depuis le devant de la porte inférieure jusqu’au devant du parvis intérieur : cent coudées à l’orient et au nord.
 
20 Il mesura la longueur et la largeur de la porte du parvis extérieur qui donnait sur le nord. 21 Ses loges, trois d’un côté et trois de l’autre, ses piliers et ses vestibules avaient la même dimension qu’à la première porte, cinquante coudées de longueur et vingt-cinq de largeur. 22 Ses fenêtres, ses vestibules et ses palmiers avaient la même dimension que ceux de la porte qui donnait sur l’orient. On y montait par sept marches devant lesquelles étaient les vestibules. 23 Il y avait une porte au parvis intérieur en face de la porte du nord, et de même à l’orient. Il mesura la distance d’une porte à l’autre, cent coudées.
 
24 Et il me fit aller du côté sud, là où se trouvait la porte qui donne sur le midi. Il en mesura les piliers et les vestibules, qui avaient les mêmes dimensions. 25 Cette porte et ses vestibules avaient des fenêtres tout autour, comme les autres fenêtres. Ils avaient cinquante coudées de longueur et vingt-cinq de largeur. 26 On y montait par sept marches devant lesquelles étaient ses vestibules. Il y avait, de chaque côté, des palmiers sur ses piliers. 27 Le parvis intérieur avait une porte qui donnait sur le midi. Il mesura la distance d’une porte à l’autre, vers le midi, cent coudées.

Par quelque porte que l’on monte au temple, on accède ainsi d’abord au parvis extérieur, un espace vaste atteint à la septième marche, un espace dont la largeur est de plus de 250 m. Et entouré des signes de majesté que sont les palmiers gravés sur les piliers et les murs du lieu ; des palmiers qui peuvent rappeler au croyant la douceur des commencements, dès la sortie d’Égypte, Elim, cette oasis aux douze fontaines et soixante-dix palmiers (Exode 15:27).
 
Le parvis intérieur et ses portes – 40:28-37
 
Les sept marches franchies conduisent à une étape, mais non au but encore. A chaque porte du parvis extérieur répondait une porte du parvis intérieur, et les huit marches suivantes conduisant ainsi au parvis intérieur, là où dominait la Maison même.

28 Il me conduisit au parvis intérieur, par la porte du midi. Il mesura la porte du midi, elle avait les mêmes dimensions, 29 de même que ses loges, ses piliers et ses vestibules. Cette porte et ses vestibules avaient des fenêtres tout autour. Ils avaient cinquante coudées de long et vingt-cinq de large. 30 Il y avait, tout autour, des vestibules longs de vingt-cinq coudées et larges de cinq. 31 Ses vestibules aboutissaient au parvis extérieur ; il y avait des palmiers sur ses piliers, et huit marches pour y monter.
 
32 Il me conduisit au parvis intérieur, vers l’orient. Il mesura la porte qui avait les mêmes dimensions, 33 de même que ses loges, ses piliers et ses vestibules. Cette porte et ses vestibules avaient des fenêtres tout autour. Ils avaient cinquante coudées de long et vingt-cinq de large. 34 Ses vestibules aboutissaient au parvis extérieur. Il y avait de chaque côté des palmiers sur ses piliers, et huit marches pour y monter.
 
35 Il me conduisit vers la porte du nord. Il la mesura, elle avait la même dimension. 36 Elle avait ses loges, ses piliers et ses vestibules, et des fenêtres tout autour. Elle avait cinquante coudées de long et vingt-cinq de large. 37 Ses piliers aboutissaient au parvis extérieur. Il y avait de chaque côté des palmiers sur ses piliers, et huit marches pour y monter.

Les loges et les banquettes, sur les côtés d’un large vestibule, sont autant d’indices que le passage de la porte – l’entrée dans la présence de Dieu – n’est pas une démarche banale, qu’on y trouve des occasions de s’arrêter, de réfléchir : nous pouvons-nous y penser, sans qu’une parole ne soit dite quant à la raison précise d’une telle conception architecturale… Lieux d’arrêts, de réflexion, mais sur un chemin ouvert par une large porte !
 
Les quinze degrés menant au parvis intérieur – 40:26,31
 
Nous pouvons encore nous interroger sur ces quinze marches, sept plus huit, qui sont à gravir pour aller de la sphère des activités journalières jusqu’au lieu du culte rendu à Dieu. Certes ceci ne peut avoir qu’un sens figuré, constituer une allégorie ; il se pourrait bien que le sens en ait été perçu par ces quelques fidèles qui, à Babylone, agencèrent le cinquième recueil des Psaumes (Psaumes 107 à 150). Ils y inclurent une série de quinze Psaumes sous-titrés "Cantiques des degrés", dans laquelle nous pouvons discerner les deux étapes de la montée.
 
Les sept premiers degrés, sept psaumes où le fidèle est occupé de sa délivrance (Psaumes 120 à 126). Ils commencent par cette expression de reconnaissance, "A l’Éternel, en ma détresse, j’ai crié ; et il m’a répondu", et c’est alors le regard est tourné vers les montagnes "d’où me vient mon secours" , la marche vers la Maison et "vers toi, qui habites les cieux", pour exprimer la confiance en l’Éternel et aboutir au Semeur qui répand la semence, la parole de Dieu et son Esprit (36:27) afin de rassembler les siens : "Il va en pleurant, portant la semence qu'il répand ; il revient avec chant de joie, portant ses gerbes" (Psaume 126:6).
 
Dès le huitième cantique des degrés, là où l’on atteint le parvis intérieur, le fidèle a le regard fixé sur l’Éternel, Celui qui délivre (Psaumes 127 à 134). Les paroles se suivent : "Si l'Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent y travaillent en vain…", L’Éternel "bénira de Sion", "Il est juste" ; le fidèle s’appuie sans réserve sur les promesses, "Car l'Éternel a choisi Sion ; il l'a désirée pour être son habitation…", et se réjouit du rassemblement, "Voici, qu'il est bon et qu'il est agréable que des frères habitent unis ensemble !". Et la montée s’achève en une exhortation adressée à tous de "bénir l’Éternel".
 
La montée des marches du temple est un chemin de méditation et de louange, pour tous ceux qui viennent à la Montagne de Sion, une réalité spirituelle relevée cinq siècles plus tard : "vous êtes venus à la montagne de Sion, à la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste" (Hébreux 12:22). Les cantiques des degrés paraissent attester cette compréhension spirituelle par les exilés eux-mêmes, tandis que quelques fidèles parmi eux agençaient ce cinquième Livre des Psaumes.
 
Le lieu d’offrir, l’autel et la Maison – 40:38-49
 
Sans temple, sans qu’il y eût ni officiant, ni sacrifice, les exilés entendent ces paroles évoquant un lieu où nettoyer l’holocauste, l’offrande pour le péché ou encore le sacrifice pour le délit (Lév.1, 4 et 5) ; à eux de comprendre que l’on ne monte pas dans la présence de Dieu les mains vides. La porte est ouverte, elle est large, et on y monte avec au cœur des convictions, des pensées, un motif personnel.

38 Il y avait une cellule dont l’entrée était au milieu des piliers des portes. C’est là qu’on devait nettoyer l’holocauste. 39 Dans le portique de la porte, il y avait deux tables d’un côté et deux tables de l’autre, sur lesquelles on devait immoler l’holocauste, le sacrifice pour le péché et le sacrifice pour le délit. 40 Sur l’un des côtés, à l’extérieur, par là où l’on montait, à l’entrée de la porte du nord, il y avait deux tables ; et sur l’autre côté, vers le vestibule il y avait deux tables. 41 Quatre tables d’un côté et quatre tables de l’autre, huit tables, sur lesquelles on devait immoler. 42 Il y avait encore pour l’holocauste, quatre tables en pierre de taille, longues d’une coudée et demie, larges d’une coudée et demie et hautes d’une coudée ; on devait y poser les instruments avec lesquels on égorgeait l’holocauste et les sacrifices. 43 Des doubles crochets d’une paume étaient fixés au temple, tout autour ; et la viande offerte en présent devait être mise sur les tables.
 
44 A l’extérieur de la porte intérieure il y avait les salles des chantres, dans le parvis intérieur ; l’une était sur le côté de la porte du nord et donnait sur le midi, l’autre sur le côté de la porte orientale et donnait vers le nord. 45 Il me dit : Cette salle qui regarde vers le midi est pour les prêtres qui assurent le service du temple. 46 La salle qui donne sur le nord est pour les prêtres qui assurent le service de l’autel. Ce sont les fils de Tsadok, d’entre les fils de Lévi, qui se présentent devant l’Éternel pour assurer son service.

L’aménagement du lieu nous montre que tout est prêt pour accueillir le fidèle dans son désir de s’approcher de l’Eternel. Le sacrifice qu’il apporte sera posé sur une des quatre tables à l’entrée, pour l’immolation ; les instruments sont à disposition des officiants, un lieu est prêt pour disposer les pièces de viande après le dépeçage. Des officiants sont prêts, attendant dans l’une des salles attenantes… Retenons que le fidèle qui s’approche est accueilli. Spirituellement nous comprenons que le Seigneur n’est pas un prochain auprès duquel on s’approche avec légèreté. Il est le Créateur, celui duquel vient la vie, et il est dans l’ordre des choses de transposer cette montée vers la Maison en termes spirituels. Le psalmiste de se trompait pas en prononçant ces mots : "J'élève mes yeux vers toi, qui habites dans les cieux" (Ps.123:1).
 
L’entrée étant faite, le conducteur mesure le parvis afin que le prophète en apprécie la dimension, avant qu’il ne se place devant l’autel et le portique de la Maison.

47 Et il mesura le parvis : cent coudées de longueur et cent de large, un carré. L’autel était devant le temple. 48 Et il me conduisit dans le portique de la Maison. Il mesura les piliers du portique, cinq coudées d’un côté et cinq de l’autre. La largeur de la porte était de trois coudées d’un côté et trois coudées de l’autre. 49 Le portique avait une longueur de vingt coudées et une largeur de onze ; on y montait par des marches. Il y avait des colonnes près des piliers, une d’un côté et l’autre de l’autre.

L’autel est devant le portique de la Maison, cette Maison qui est un emblème de la proximité de Dieu, car telle est la conviction de la foi même pour un Israélite privé des signes de cette proximité, et qui peut chanter ces dernières paroles des Cantiques des degrés : "Élevez vos mains dans le lieu saint, et bénissez l'Éternel !" (Ps.134:2). N’ont-ils pas entendu, quelques années plus tôt, par la bouche du prophète : "Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel : Bien que je les aie éloignés parmi les nations, et bien que je les aie dispersés par les pays, toutefois je leur serai comme un petit sanctuaire dans les pays où ils sont venus" (11:16).


 

 
 
 
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