20/06/2013

Exode 24 Les quarante jours de Moïse au Sinaï


 

L’Alliance scellée
Exode 24:1-8

Sortant de la nuée où il a reçu les Paroles de l’Alliance, et avant de monter seul au Mont Sinaï, Moïse communique au peuple ce qu’il vient de recevoir.

24  1 Et il dit à Moïse : Monte vers l'Éternel, toi et Aaron, Nadab et Abihu, et soixante-dix des anciens d'Israël, et vous vous prosternerez de loin ; 2 et Moïse s'approchera seul de l'Éternel ; mais eux ne s'approcheront pas, et le peuple ne montera pas avec lui. 3 Et Moïse vint, et raconta au peuple toutes les paroles de l'Éternel, et toutes les ordonnances. Et tout le peuple répondit d'une seule voix, et dit : Toutes les paroles que l'Éternel a dites, nous les ferons.

Entendant la Parole de l’Alliance, le peuple s’engage à nouveau, comme il le fit avant même qu’elle ne fut prononcée (19:8), disant : "Toutes les paroles que l'Éternel a dites, nous les ferons." Les Israélites comprennent-ils vraiment cette Parole, sa grandeur, sa rigueur, mais surtout l’esprit qui l’anime ? La question peut être posée, mais gardons-nous de juger le peuple, car n’a-t-il pas été dit aux disciples du Christ, si bien intentionnés soient-ils : "L’esprit est prompt, mais la chair est faible." (Matthieu 26:41). Rappelons-nous toujours que le texte biblique n’est pas donné pour que nous ayons une appréciation positive ou négative sur Israël, mais que "toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction…" (Romains 15:4).
 
Moïse écrivit les "Paroles de l’Éternel" avant de dresser douze stèles et offrir des sacrifices, un cérémonial donnant de l’ampleur à la scène. Un moment impressionnant pour le peuple.

4 Et Moïse écrivit toutes les paroles de l'Éternel ; et il se leva de bon matin, et bâtit un autel au pied de la montagne, et dressa douze stèles pour les douze tribus d'Israël ; 5 et il envoya des jeunes hommes des fils d'Israël qui offrirent des holocaustes, et sacrifièrent des taureaux à l'Éternel en sacrifices de prospérités. 6 Et Moïse prit la moitié du sang et le mit dans des bassins ; et de la moitié du sang il fit aspersion sur l'autel. 7 Et il prit le livre de l'alliance, et le lut aux oreilles du peuple ; et ils dirent : Tout ce que l'Éternel a dit, nous le ferons, et nous écouterons. 8 Et Moïse prit le sang, et en fit aspersion sur le peuple, et dit : Voici le sang de l'alliance que l'Éternel a faite avec vous selon toutes ces paroles.

L’engagement bien promptement exprimé (24:3), est réitéré, le peuple ajoutant même ces mots : "Nous écouterons " (24:7). Un engagement ferme, et, pour beaucoup d’Israélites, bien sincère assurément ; mais qui peut se connaître au point de promettre ainsi une vie sans faille ?
 
Nous aurons remarqué que le texte est bref, donnant bien peu d’ampleur à la relation de cet événement exceptionnel dans la vie d’Israël ; nous pouvons bien le comprendre, car nous connaissons la suite. Dès les premières inquiétudes, lorsqu’il parût à leurs yeux que Moïse, parti dans la montagne depuis plusieurs jours, ne réapparaîtrait pas, ils poussèrent Aaron à la fabrication du veau d’or… Mais cette défaillance même sera pour la foi une occasion de puiser des forces nouvelles, car si l’homme y apprend à mieux se connaître, il connaît mieux aussi la patience de Dieu, étant témoins de sa grâce.

 

 
MOÏSE DEMEURE QUARANTE JOURS AU SINAÏ
Exode 24:9-31:18

Avant que Moïse ne soit retourné auprès du peuple pour lui faire entendre la Parole de l’Alliance, l’Éternel lui avait dit : "Monte vers l'Éternel, toi et Aaron, Nadab et Abihu, et soixante-dix des anciens d'Israël, et vous vous prosternerez de loin ; et Moïse s'approchera seul de l'Éternel ; mais eux ne s'approcheront pas, et le peuple ne montera pas avec lui." (24:1-2). Voici pour Moïse le moment de parcourir quelques pas avec les anciens d’Israël avant de s’en aller seul. Moïse restera quarante jours au Sinaï, recevant les Tables de la Loi et les instructions touchant le Tabernacle de désert, le lieu du rassemblement que les Israélites vont construire. Celui-ci sera signe de la présence de l’Éternel parmi eux, non la présence même, car le Seigneur ne peut habiter parmi les hommes. Une construction qui sera la représentation de la révélation de Dieu et du chemin ouvert à l’homme pour se présenter à Lui.


 
La montée au Sinaï
Exode 24:9-18

Avant qu’il ne se trouve pendant quarante jours dans la montagne, Moïse fait quelques pas avec des hommes responsables ainsi qu’Aaron accompagné de ses deux aînés, Nadab et Abihu (Exode 6:23). Ils reçurent une vision extraordinaire, "le ciel même en pureté" ! Et dans ce cadre furent pour ainsi dire "accueillis" par Dieu lui-même, ce dont rend compte le repas. Jamais peuple ne fut plus manifestement témoin de la grandeur de Dieu, après en avoir goûté la bonté.

9 Et Moïse et Aaron, Nadab et Abihu, et soixante-dix des anciens d'Israël montèrent ; 10 et ils virent le Dieu d'Israël, et sous ses pieds comme un ouvrage de saphir transparent, et comme le ciel même en pureté. 11 Et il ne porta point sa main sur les nobles d'entre les fils d'Israël : ils virent Dieu, et ils mangèrent et burent.

Il semble que cette séance aurait du générer une réelle "crainte de Dieu", prévenir toute dérive. Mais nous savons que cette vision ne suffit pas à compenser la faiblesse de la foi parmi le peuple. Et pourtant…
 
La vision présente la stabilité dans son absolu, "un ouvrage de saphir transparent", une pierre bleue marquée par la pureté… Quelle fut la vision de Dieu qu’ils eurent ? Nous savons que Dieu est Esprit et que nul ne peut le voir. Ce qu’ils purent voir est l’expression de sa gloire, sa grandeur et sa pureté. Ils virent ce que l’on peut connaître de Dieu et eurent conscience d’être devant le Créateur. Pensons à Ezéchiel qui vit "comme l'aspect d'une pierre de saphir, la ressemblance d'un trône ; et, sur la ressemblance du trône, une ressemblance comme l'aspect d'un homme, dessus, en haut" (Ézéchiel 1:26) ; il vit la gloire de Dieu (3:23, 8:2, 9:2, 10:4…). Moïse, Aaron et ses fils, les anciens prirent là un repas, signe de l’Alliance conclue. Rappelons-nous du pain et du vin apportés par Melchisédech lorsqu’il alla à la rencontre d’Abraham revenant d’avoir libéré Lot (Genèse 14:18).
 
Moïse prend congé d’eux et monte, accompagné de Josué. Si grand soit le prophète, la montée à la rencontre de l’Éternel ne pouvait être exposée sans que ne soit soulignée la gravité de la prise de connaissance de la révélation. Accédant à la Parole de Dieu, nous ne pouvons oublier que cette parole est donnée par Celui qui a "fait les mondes" (Hébreux 1:2), et qu’elle est destinée à guider nos vies.

12 Et l'Éternel dit à Moïse : Monte vers moi sur la montagne, et sois là ; et je te donnerai les tables de pierre, et la loi et le commandement que j'ai écrits pour les instruire. 13 Et Moïse se leva, avec Josué qui le servait ; et Moïse monta sur la montagne de Dieu, 14 et il dit aux anciens : Attendez-nous ici jusqu'à ce que nous revenions à vous ; et voici, Aaron et Hur sont avec vous : quiconque aura quelque affaire, qu'il aille à eux. 15 Et Moïse monta sur la montagne, et la nuée couvrit la montagne. 16 Et la gloire de l'Éternel demeura sur la montagne de Sinaï, et la nuée la couvrit pendant six jours ; et le septième jour il appela Moïse du milieu de la nuée. 17 Et l'apparence de la gloire de l'Éternel était comme un feu dévorant sur le sommet de la montagne, aux yeux des fils d'Israël. 18 Et Moïse entra au milieu de la nuée, et monta sur la montagne ; et Moïse fut sur la montagne quarante jours et quarante nuits.

Moïse est dans la montagne, alors qu’elle paraît comme un "feu dévorant" ; il parût aux yeux des Israélites que le prophète dût disparaître dans cette fournaise étrange, puissante, inquiétante… Mais l’homme de Dieu allait recevoir des communications de l’Éternel propres à aider le peuple dans sa marche, avant de redescendre emportant les Tables de pierre sur lesquelles était gravée la Loi.


 

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Exode 25-30 Le Tabernacle du désert (1/2)


 

Le Tabernacle du désert
Exode 25:1-30:38

C’est en de longues pages que nous est donné le descriptif du Tabernacle, du Lieu de la Rencontre avec Dieu, ces instructions s’achevant par des indications pratiques, à savoir le nom de personnes douées pour conduire l’exécution des nombreuses tâches qu’une telle œuvre impose : ouvrages de métallurgie fine, travaux de joaillerie, de menuiserie, de parfumerie et de peausserie, confection de tissus, de vêtements…
 
La Tente de la Rencontre, expression de l’Alliance, sera constituée de façon précise ; il n’y a pas de place pour l’imagination… Et nombre d’hommes et de femmes contribueront à l’ouvrage, montrant leur attachement à l’Alliance. En effet, mis à part l’argent du dénombrement, tout l’édifice sera constitué d’offrandes volontaires.

25  1 Et l'Éternel parla à Moïse, disant : 2 Parle aux fils d'Israël, et qu'ils prennent pour moi une offrande élevée. Vous prendrez mon offrande élevée de tout homme qui aura un esprit libéral.
 
3 Et c'est ici l'offrande élevée que vous prendrez d'eux : de l'or, et de l'argent, et de l'airain ; 4 et du bleu, et de la pourpre, et de l'écarlate, et du coton blanc, et du poil de chèvre ; 5 et des peaux de béliers teintes en rouge, et des peaux de taissons, et du bois de sittim ; 6 de l'huile pour le luminaire, des aromates pour l'huile de l'onction et pour l'encens des drogues odoriférantes ; 7 des pierres d'onyx, et des pierres à enchâsser pour l'éphod et pour le pectoral. 8 Et ils feront pour moi un sanctuaire, et j'habiterai au milieu d'eux. 9 Selon tout ce que je te montre, le modèle du tabernacle et le modèle de tous ses ustensiles, ainsi vous ferez.

L’exposé conduit progressivement de la révélation du dessein de Dieu aux manifestations de la louange et de la reconnaissance des hommes nourris de cette révélation. Il est très instructif de parcourir en détail ces chapitres, mais voyons-en ici les grandes lignes. Nous pouvons discerner dans ces éléments symboliques d’abord la représentation du dessein divin, et ensuite la réponse attendue de l’adorateur.

 
La représentation du dessein divin - 25:10-27:21

Partant du Lieu très saint, expression des desseins de Dieu, le lecteur est conduit progressivement vers le Parvis, espace de rencontre où l’homme s’avance auprès de son Créateur.

L’Arche d’Alliance et le Propitiatoire – 25:10-22. Dieu a créée l’homme pour que celui-ci marche heureux dans sa présence. L’Arche qui contiendra les Tables de la Loi évoque l’Alliance, le lien entre Dieu et l’homme, tandis que le Propitiatoire qui la couvre exprime la grâce de Dieu regardant à l’homme au travers du sacrifice expiatoire. Le propitiatoire sera oint du sang de l’holocauste.
La Table des pains et la Menorah – 25:23-40. La Menorah, le luminaire à sept branches, apporte sa lumière sur les douze pains disposés sur la table. Ainsi est-il rappelé à chaque Israélite que la lumière de Dieu, véritable "source de vie" (Psaume 36:9), est constamment portée sur lui.
La Tente de la Rencontre – 26:1-37. Une tente faite de quatre couvertures superposées. Tout est gloire et majesté dans ces tapis, depuis la couverture de peaux visible du parvis jusqu’au tapis brodé que l’ont voit à l’intérieur, en levant les yeux, En guise de portes, deux voiles, un à l’entrée, et l’autre mettant à part le Lieu très saint où sont l’Arche et le Propitiatoire, là où pénètre le grand prêtre, seul et une fois l’an. Les Ais, de grandes planches de bois imputrescible plaquées d’or, posés sur des socles d’argent, forment l’armature de l’édifice, expression du peuple de Dieu, peuple séparé, racheté, introduit dans la présence de Dieu…
L’Autel d’airain et le Parvis, espace de rencontre – 27:1-19. Entrant dans le parvis, l’adorateur se trouve face à l’Autel d’airain, l’autel du sacrifice. Admis en la présence de Dieu, le croyant a ainsi conscience du sacrifice expiatoire, du sacrifice de substitution, par lequel sa culpabilité a été rencontrée en justice (Hébreux 9:14).
La lumière continuelle – 27:20-21. Le premier service confié à Aaron et ses fils est l’entretien des lampes de la Menorah, le luminaire à sept branches. Il faut que chacun sache que le lumière divine brille sans discontinuer. Un fait rappelé plus d’une fois (Exode 30:8, 40:25, Lévitique 24:4, Nombres 8:3).

 
Le service sacerdotal - 28:1-29:37

L’entretien constant des lampes du luminaire introduit ceux qui en sont chargés, la famille sacerdotale. Cette tâche matérielle, comme les autres actes sacerdotaux, a un rôle hautement spirituel et manifestée par une symbolique extrêmement précise.

Les vêtements sacerdotaux – 28:1-43. Le grand prêtre paraîtra dans des vêtements hautement chargés de symboles évoquant combien est précieux pour Dieu le peuple des rachetés. Les vêtements des prêtres aussi sont décrits précisément, symboles de la pureté requise dans la présence de Dieu.
La cérémonie de consécration – 29:1-37. Aaron sera oint en vue d’exercer la fonction de grand prêtre. Et ses fils seront engagés dans un rite qui occupera une semaine afin de leur donner conscience de leur charge devant Dieu. Le chemin les conduira de la prise de conscience de la culpabilité de l’homme à la joie dans la présence de Dieu.

 
L’expression de l’Alliance - 2938:3038

Les gestes accomplis pour la mémoire de l’Alliance sont ensuite décrits.

L’holocauste du matin et du soir – 29:38-46. Le sacrifice est rôti au feu à l’autel d’airain. Ainsi, en tout temps, l’entrée au parvis se fait dans la conscience du sacrifice offert, le sacrifice de substitution.
L’autel d’or – 30:1-10. La conscience de la grâce conduit à la louange. Aussi un autel est placé dans le Lieu Saint, devant le voile, pour exprimer la louange à Dieu exprimée par les rachetés.
Le dénombrement – 30:11-16. Le peuple tout entier est concerné par l’Alliance, aussi chaque Israélite de plus de vingt ans apportera le prix de son rachat ; un demi-shekel pour une âme, quelle que soit sa notoriété, son état moral, sa fortune… Car il n’y a pas de différence devant Dieu, chaque âme est précieuse au même titre.
La cuve d’airain – 30:17-21. Autre pièce posée au Parvis, entre l’autel d’airain et le Tabernacle, la cuve est destinée aux ablutions rituelles des prêtres, pour qu’ils aient à l’esprit la solennité de leur service.
Les parfums du sanctuaire – 30:22-38. L’huile de l’onction est composée en vue de l’onction de la famille sacerdotale. L’encens des drogues odoriférantes sera offert à l’autel d’or. L’un et l’autre seront élaborés avec des essences précises, selon des proportions établies, et cela à l’usage exclusif du service sacerdotal.
Cet ensemble de prescriptions est remarquablement détaillé, car il importait que la conscience du peuple soit tenue en éveil quant à l’Alliance, et assurée de la grâce magnifique de Dieu qui a voulu établir un lien fort avec l’homme. Et ici, avec le peuple choisi, pour qu’il présente le témoignage de son dessein pour tous les hommes.


 

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Exode 31 Le Tabernacle du désert (2/2)


 

Envoi de Moïse auprès du peuple
Exode 31:1-18

Les symboles de l’Alliance sont ainsi établis. Moïse va descendre de la montagne avec des directives précises… Deux paroles lui sont adressées, l’une touchant l’œuvre à accomplir, et la seconde rappelant la finalité même de l’Alliance. Enfin, les Tables du Témoignages sont mises entre ses mains.

 
Directives pour l’oeuvre - 31:1-11

Moïse apprend que des artisans talentueux, nécessaires à l’œuvre, sont préparés, prêts à se mettre au travail : un maître d’œuvre nantis de tous les talents requis, un homme pour le seconder et des hommes capables…

31  1 Et l'Éternel parla à Moïse, disant : 2 Regarde j'ai appelé par nom Betsaleël, fils d'Uri, fils de Hur, de la tribu de Juda ; 3 et je l'ai rempli de l'esprit de Dieu, en sagesse, et en intelligence, et en connaissance, et pour toutes sortes d'ouvrages, 4 pour faire des inventions : pour travailler en or, et en argent, et en airain ; 5 pour tailler des pierres à enchâsser, et pour tailler le bois, afin d'exécuter toutes sortes d'ouvrages. 6 Et voici, j'ai donné avec lui Oholiab, fils d'Akhisamac, de la tribu de Dan ; et j'ai mis de la sagesse dans le cœur de tout homme intelligent, afin qu'ils fassent tout ce que je t'ai commandé : 7 la tente d'assignation, et l'arche du témoignage, et le propitiatoire qui sera dessus, et tous les ustensiles de la tente, 8 et la table et ses ustensiles, et le chandelier pur et tous ses ustensiles, et l'autel de l'encens, 9 et l'autel de l'holocauste et tous ses ustensiles, et la cuve et son soubassement, 10 et les vêtements de service, et les saints vêtements d'Aaron, le sacrificateur, et les vêtements de ses fils, pour exercer la fonction sacerdotale, 11 et l'huile de l'onction, et l'encens des drogues odoriférantes pour le lieu saint. Ils feront selon tout ce que je t'ai commandé.

Nous pourrions nous arrêter sur les personnes désignés, nous interroger sur leur personnalité, leurs désirs, leurs ambitions peut-être... Mais le texte nous induit avant tout à comprendre qu’avant que le travail ne soit envisagé, ces hommes étaient prêts ! Aucune ambition n’aurait pu se manifester… Celui qui donne les directives et décrit l’ouvrage a, par avance, désigné les ressources et préparé les talents.
 
Ces choses étant dites, le travail sera accompli en regardant au-delà de l’œuvre elle-même, en se nourrissant de sa finalité, la fin du travail divin : "Et mon peuple habitera une demeure de paix et des habitations sûres, et des lieux de repos tranquilles" (Ésaïe 32:18).

 
Le Shabbat - 31:12-17

Tous ces aspects de l’Alliance détaillés par leur symbolique tout au long de ces pages de la Bible et les travaux résultants, pourraient voiler la perspective de Dieu quant à l’homme. La symbolique des actes et des choses pourrait devenir le seul centre d’intérêt, conduisant à l’oubli du but de leur accomplissement et à des pratiques pour ainsi dire machinales. Ainsi, par exemple, le serpent d’airain coulé dans le désert lors de la calamité des serpents brûlants dans le désert (Nombres 21:9), conservé pendant des années, était devenu un objet de culte, une forme d’idolâtrie telle que le fidèle roi Ezéchias le fit mettre en pièce (2 Rois 18:4). Pensons à la routine qui peut s’installer dans le simple chant de cantiques, sans plus même réaliser le sens des paroles prononcées !
 
Le shabbat est évoqué pour la troisième fois. Après avoir été "donné" lors du don de la manne, le "pain du ciel" (16:29), et ensuite "institué comme loi" dans le Décalogue (20:8-11), il est présenté comme "signe d’alliance".

12 Et Éternel parla à Moïse, disant : 13 Toi, parle aux fils d'Israël, disant : Certainement, vous garderez mes sabbats, car c'est un signe entre moi et vous, en vos générations, pour que vous sachiez que c'est moi, l'Éternel, qui vous sanctifie. 14 Et vous garderez le sabbat, car il vous sera saint : celui qui le profanera sera certainement mis à mort, car quiconque fera une œuvre en ce jour-là,... cette âme sera retranchée du milieu de ses peuples. 15 Pendant six jours le travail se fera, et le septième jour est le sabbat de repos consacré à l'Éternel : quiconque fera une œuvre le jour du sabbat, sera certainement mis à mort. 16 Et les fils d'Israël garderont le sabbat, pour observer le sabbat en leurs générations, - une alliance perpétuelle. 17 C'est un signe entre moi et les fils d'Israël, à toujours ; car en six jours l'Éternel a fait les cieux et la terre, et le septième jour il s'est reposé, et a été rafraîchi.

Cette troisième mention du shabbat souligne le but de l’Alliance, rappelant le grand propos de Dieu, à savoir : amener les hommes dans son propre repos. Cela est induit dès la première page du Livre des Commencements (Genèse 2:1-3) et confirmé tout au long des Écritures. "L'œuvre de la justice sera la paix, et le travail de la justice, repos et sécurité à toujours. Et mon peuple habitera une demeure de paix et des habitations sûres, et des lieux de repos tranquilles. […] Regarde Sion, la cité de nos assemblées solennelles ! Tes yeux verront Jérusalem, une demeure tranquille, une tente qui ne sera pas transportée : ses pieux ne seront jamais arrachés, et aucune de ses cordes ne sera rompue ; mais là l'Éternel est pour nous magnifique, - un lieu de fleuves, de larges rivières : il n'y viendra aucun vaisseau à rames, aucun noble navire n'y passera." (Ésaïe 32:17-18, 33:20-21).

 
Les Tables du témoignage - 31:18

Au commencement de notre lecture, nous lisions : "Moïse entra dans la nuée, et monta sur la montagne ; et Moïse fut sur la montagne quarante jours et quarante nuits" (24:18). Cette séance dans la montagne s’achève maintenant. Tout est dit quant au Tabernacle et au service sacerdotal. Le Tables du Témoignage devant être placée dans l’Arche sont alors données à Moïse…

18 Et lorsqu'il eut achevé de parler avec Moïse sur la montagne de Sinaï, il lui donna les deux tables du témoignage, tables de pierre, écrites du doigt de Dieu.

La Loi est au centre de la relation de Dieu avec les fils d’Israël. Celui qui introduit l’homme dans l’Alliance a donné sa Parole, il a indiqué ce qui est attendu de l’homme ; en contrepartie, ceux qui sont introduit dans cette alliance expriment leur adhésion à la Loi. Cette adhésion, lorsqu’elle est vécue en vérité, est véritablement la foi. Il ne s’agit pas de prétendre être capable de l’accomplir en perfection. Qui pourrait y prétendre ? Mais Dieu annonce que sa miséricorde repose sur les hommes qui reçoivent la Parole qui leur est annoncée. De tels hommes, attachés à la Loi reposant dans l’Arche, sont "couverts" par le Saint Propitiatoire.


 

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Exode 32 L'affaire du Veau d'or


 

L'AFFAIRE DU VEAU D'OR
Exode 32 à 34

 
Les anciens avec Aaron et ses fils sont retournés au milieu du peuple alors que Moïse était monté dans la montagne. Et tandis que ce dernier recevait les Tables de la Loi et les prescriptions pour le Tabernacle, le temps passant, l’inquiétude s’est insinuée dans les esprits, et bientôt la conviction que Moïse ne reviendrait pas, qu’il devait être perdu dans la montagne couverte "d’un feu dévorant" (24:17).
 
De cette inquiétude viendra la réalisation du veau d’or. L’engagement de Moïse est alors mis en lumière lorsqu’il intercède pour le peuple, avant d’agir avec sévérité envers les responsables du désastre. La miséricorde de Dieu est éclatante lorsque l’affaire se clôture par le renouvellement de l’Alliance.
 
Avec le sentiment croissant que le conducteur ne reviendrait pas, vient l’idée d’une alternative, et voilà le veau d’or élaboré par les mains d’Aaron, le peuple l’ayant poussé à ériger une figure dont ils feraient un emblème, disant : "C'est ici ton dieu, ô Israël, qui t'a fait monter du pays d'Égypte " (32:4). Rappelons-nous que cela est écrit pour notre instruction ! Souvenons-nous combien vite des images ont rempli les lieux de culte dans la chrétienté…

 
La réalisation du veau d’or - 32:1-6

Moïse disparu ! A peine les Israélites ont-ils une certaine conviction de la mort de l’homme que nous voyons son autorité rejetée. Le décalogue à peine reçu, et l’engagement du peuple réitéré (19:8, 24:7), voilà qu’Aaron édifie une statue, une image, disant en quelque sorte : "C’est ici ton dieu, ô Israël" et que le peuple festoie, mange, boit et… se divertit !

32  1 Et quand le peuple vit que Moïse tardait à descendre de la montagne, le peuple s'assembla auprès d'Aaron, et ils lui dirent : Lève-toi, fais-nous un dieu qui aille devant nous ; car ce Moïse, cet homme qui nous a fait monter du pays d'Égypte, nous ne savons ce qui lui est arrivé. 2 Et Aaron leur dit : Brisez les pendants d'or qui sont aux oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles, et apportez-les-moi. 3 Et tout le peuple arracha les pendants d'or qui étaient à leurs oreilles, et ils les apportèrent à Aaron ; 4 et il les prit de leurs mains, et il forma l'or avec un ciseau, et il en fit un veau de fonte. Et ils dirent : C'est ici ton dieu, ô Israël ! qui t'a fait monter du pays d'Égypte. 5 Et Aaron vit le veau, et bâtit un autel devant lui ; et Aaron cria, et dit : 6 Demain, une fête à l'Éternel ! Et lendemain, ils se levèrent de bonne heure, et offrirent des holocaustes, et amenèrent des sacrifices de prospérités. Et le peuple s'assit pour manger et pour boire, et ils se levèrent pour se divertir.

Pas une larme pour le serviteur de Dieu qui les conduisit hors d’Egypte, pas un mot de reconnaissance, mais sitôt retournés à l’idolâtrie (Josué 24:14), c’est la fête et les divertissements…

 
La question traitée sur la montagne - 32:7-14

Ce qui suit est absolument remarquable, et nous faisons bien de nous y arrêter. Il s’agit de l’intercession de Moïse auprès de l’Éternel. Le texte nous laisserait entrevoir un changement des plans divins, à savoir son abandon d’Israël pour générer un nouvel Israël constitué de la seule descendance de Moïse… Un paradoxe, lorsque nous considérons le récit de la sortie d’Egypte ! Rien n’est inconnu du Seigneur Dieu, pour qui le cours des temps est comme un livre que l’on ouvre à une quelconque de ses pages. Rappelons-nous que ce récit est donné pour notre instruction ! Et il permet de comprendre ce qui est au cœur d’un serviteur de Dieu. N’est-ce pas, en fait, le serviteur qui est sondé dans cette scène ? Alors que la promesse n’est pas altérée.

7 Et l'Éternel dit à Moïse : Va, descends ; car ton peuple, que tu as fait monter du pays d'Égypte, s'est corrompu ; 8 ils se sont vite détournés du chemin que je leur avais commandé ; ils se sont fait un veau de fonte, et se sont prosternés devant lui, et lui ont sacrifié, et ont dit : C'est ici ton dieu, ô Israël ! qui t'a fait monter du pays d'Égypte. 9 Et l'Éternel dit à Moïse : J'ai vu ce peuple, et voici, c'est un peuple de cou roide. 10 Et maintenant laisse-moi faire, afin que ma colère s'embrase contre eux, et que je les consume ; et je ferai de toi une grande nation.

Voici l’épreuve du serviteur : "Je ferai de toi une grande nation " Et le serviteur répond. Mieux, il implore l’Éternel ! Voyons les axes de sa supplication, les réalités que l’homme de Dieu évoque. Malgré le veau d’or, profanation et même rébellion, le prophète peut dire : "Pourquoi ta colère s’embraserait-elle contre ton peuple ?" N’y avait-il pas de motif pour la colère divine ? Pas aux yeux du serviteur épris de la Parole de Dieu, assuré que les ressources sont toujours présentes pour l’application de la grâce. Alors il évoque le chemin parcouru depuis l’Egypte, le Nom de l’Éternel qui doit être honoré, et enfin la promesse faites à Abraham, Isaac et Israël.

11 Et Moïse implora l'Éternel, son Dieu, et dit : Pourquoi, ô Éternel, ta colère s'embraserait-elle contre ton peuple, que tu as fait sortir du pays d'Égypte, avec grande puissance et à main forte ? 15 Pourquoi les Égyptiens parleraient-ils, disant : C'est pour leur mal qu'il les a fait sortir, pour les tuer dans les montagnes, et pour les consumer de dessus la face de la terre ? Reviens de l'ardeur de ta colère, et repens-toi du mal que tu veux faire à ton peuple. 13 Souviens-toi d'Abraham, d'Isaac, et d'Israël, tes serviteurs, auxquels tu as juré par toi-même, et auxquels tu as dit : Je multiplierai votre semence comme les étoiles des cieux, et je donnerai à votre semence tout ce pays dont j'ai parlé, et ils l'hériteront pour toujours. 14 Et l'Éternel se repentit du mal qu'il avait dit qu'il ferait à son peuple.

Etonnante finale que cette parole "L’Éternel se repentit…" Comme s’il s’était trouvé une partie de bras de fer entre deux hommes ! C’était bien le prophète qui était mis l’épreuve, et sa fidélité paraît ici avec force. Il avait conscience de la grandeur de Dieu et des inépuisables ressources de la grâce, et il fut confirmé dans sa foi. Dès lors, le Seigneur ne lui parle plus d’anéantir ce peuple au cou roide. "Et il dit qu'il les eût détruits, si Moïse, son élu, ne s'était pas tenu à la brèche devant lui, pour détourner sa fureur de sorte qu'il ne les détruisît pas." (Psaume 106:23).

 
La sainte colère de Moïse - 32:15-24

La conviction de la grâce n’est pas laxisme ! Moïse ne descend pas de la montagne avec des paroles tranquillisantes qui auraient paru minimiser l’égarement du peuple ; il vient à eux rempli d’une émotion intense, et bien convaincu d’avoir à agir afin que le peuple prenne conscience de son égarement funeste.

15 Et Moïse se tourna, et descendit de la montagne, les deux tables du témoignage dans sa main : les tables étaient écrites de leurs deux côtés ; elles étaient écrites deçà et delà. 16 Et les tables étaient l'ouvrage de Dieu, et l'écriture était l'écriture de Dieu, gravée sur les tables. 17 Et Josué entendit la voix du peuple, qui jetait des cris, et il dit à Moïse : Il y a un bruit de guerre au camp ! 18 Et Moïse dit : Ce n'est pas un bruit de cris de victoire, ni un bruit de cris de défaite ; j'entends une voix de gens qui chantent en s'entre-répondant.
 
19 Et il arriva que lorsque Moïse s'approcha du camp, il vit le veau et les danses ; et la colère de Moïse s'embrasa, et il jeta de ses mains les tables, et les brisa au pied de la montagne. 20 Et il prit le veau qu'ils avaient fait, et le brûla au feu, et le moulut jusqu'à ce qu'il fut en poudre ; puis il le répandit sur la surface de l'eau, et en fit boire aux fils d'Israël.

Voici ce que l’on peut appeler une "sainte colère" ! Les Israélites vont boire de cette eau rendue amère par les cendres du veau d’or… L’amertume rend sensible la folie d’un tel égarement, une saveur conduisant à une contrition salutaire. Quant à Aaron, il ne réussit pas à amadouer Moïse lorsqu’il prétexta avoir agi sous une pression insupportable ; il doit entendre des paroles fortes. Il dévoile le processus, ses initiatives, lorsqu’il n’eût pas le courage de s’opposer à la foule. Mais encore…

21 Et Moïse dit à Aaron : Que t'a fait ce peuple, pour que tu aies fait venir sur lui un si grand péché ? 22 Et Aaron dit : Que la colère de mon seigneur ne s'embrase point ; tu connais le peuple, qu'il est plongé dans le mal. 23 Or ils m'ont dit : Fais-nous un dieu qui marche devant nous ; car ce Moïse, cet homme qui nous a fait monter du pays d'Égypte, nous ne savons ce qui lui est arrivé. 24 Et je leur ai dit : Qui a de l'or ? Ils l'ont arraché, et me l'ont donné ; et je l'ai jeté au feu, et il en est sorti ce veau.

Alors qu’Aaron "forma l'or avec un ciseau, et en fit un veau de fonte" (32:4), cette réalisation est devenue en sa bouche : "j’ai jeté l’or au feu, et il en est sorti ce veau." Le veau se serait-il formé par miracle dans le feu ? Ceci n’est pas sans interpeller le lecteur, alors que tant de demi-vérités sont prononcées en vue de masquer une part de responsabilité…

 
Exercice de la discipline - 32:25-30

Le temps est venu de remettre de l’ordre, car si le veau a été réduit en cendres, c’est dans les cœurs et les consciences que le travail doit s’opérer. Une scène terrible est devant nous, mais quelle que soit l’appréciation que nous pourrons avoir de la rigueur du glaive, pensons à la leçon morale que recèle cette action. Sous la faiblesse coupable d’Aaron, le peuple s’est cru en paix, et même fit fête et se divertit, mais la fidélité de Moïse fortifie les fidèles qui agissent alors pour le bien du peuple tout entier.

25 Et Moïse vit que le peuple était dans le désordre ; car Aaron l'avait livré au désordre, pour leur honte parmi leurs adversaires. 26 Et Moïse se tint à la porte du camp, et dit : À moi, quiconque est pour l'Éternel ! Et tous les fils de Lévi se rassemblèrent vers lui. 27 Et il leur dit : Ainsi dit l'Éternel, le Dieu d'Israël : Que chacun mette son épée sur sa cuisse ; passez et revenez d'une porte à l'autre dans le camp, et que chacun de vous tue son frère, et chacun son compagnon, et chacun son intime ami. 28 Et les fils de Lévi firent selon la parole de Moïse ; et il tomba d'entre le peuple, ce jour-là, environ trois mille hommes. 29 Et Moïse dit : Consacrez-vous aujourd'hui à l'Éternel, chacun dans son fils et dans son frère, afin de faire venir aujourd'hui sur vous une bénédiction.

Il fallait que chacun se positionne : pour l’Éternel ou non ! L’Alliance avait-elle une valeur ou pouvait-on se satisfaire de profiter des bienfaits de Dieu, à commencer par la liberté, la délivrance du joug égyptien ? L’appel de Moïse a été entendu, et Moïse retourne intercéder auprès de l’Éternel. L’homme est un vrai serviteur de Dieu qui ne s’occupe pas de sa propre situation mais recherche ce que le Seigneur cherche : le bien du peuple. Notons ceci : Aaron présentant le veau d’or déclara "faisons une fête à l’Éternel ", le veau étant pour lui une représentation de Dieu, mais pour Moïse il s’agit d’une idole… Et c’est bien la réalité ! Constituer une image pour se prosterner devant elle est, quoi que l’on dise de ce qu’elle représente, un acte d’idolâtrie. Un acte idolâtre réprimé par le Décalogue : "Tu ne te feras point d'image taillée" (20:4). Et le peuple se divertit…
 
Moïse n’édulcore pas la situation, il confesse la faute telle qu’elle est.

30 Et il arriva, le lendemain, que Moïse dit au peuple : Vous avez commis un grand péché, et maintenant je monterai vers l'Éternel : peut-être ferai-je propitiation pour votre péché. 31 Et Moïse retourna vers l'Éternel, et dit : Hélas ! ce peuple a commis un grand péché, et ils se sont fait un dieu d'or. 32 Et maintenant, si tu pardonnes leur péché... ; sinon, efface-moi, je te prie, de ton livre que tu as écrit. 33 Et l'Éternel dit à Moïse : Celui qui aura péché contre moi, je l'effacerai de mon livre. 34 Et maintenant ; va, conduis le peuple où je t'ai dit. Voici, mon messager ira devant toi : et le jour où je visiterai, je visiterai sur eux leur péché. 35 Et l'Éternel frappa le peuple, parce qu'ils avaient fait le veau qu'Aaron avait fait.

L’attachement de Moïse à la Promesse paraît inébranlable, elle est sa propre raison de vivre depuis qu’il a accepté la mission lorsqu’il vit le feu de l’Éternel dans le buisson et qu’il entendit sa Parole : "J'ai vu, j'ai vu l'affliction de mon peuple qui est en Égypte, et j'ai entendu le cri qu'il a jeté à cause de ses exacteurs ; car je connais ses douleurs. Et je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens, et pour le faire monter de ce pays-là dans un pays bon et spacieux, dans un pays ruisselant de lait et de miel, dans le lieu d'habitation du Cananéen, et du Héthien, et de l'Amoréen, et du Phérézien, et du Hévien, et du Jébusien. Et maintenant, voici, le cri des fils d'Israël est venu jusqu'à moi ; et j'ai aussi vu l'oppression dont les Égyptiens les oppriment." (3:7-9).
 
Pour Moïse, un changement dans les voies de l’Éternel serait un réel bouleversement de sa propre vie, un échec de son propre engagement ! Si cela advenait, il ne pourrait que dire "Je me suis trompé, lorsque je parlais au Pharaon " Même étant bénéficiaire, ce serait un échec cuisant de sa vie, un échec de sa foi en la Parole de l’Éternel ! Un sentiment insupportable…
 
Alors la parole est réaffirmée : "Conduis ce peuple ; mon messager ira devant toi" (32:34). Ce sont les paroles mêmes de l’engagement de l’Éternel dans l’Alliance (23:20,23), même s’il doit être ajouté que les fautes du peuple devront rencontrer leur jugement, ce qui arrive ici déjà pour les guérir de l’égarement du veau d’or.
 
Comparer Moïse et Aaron nous apporte une riche instruction. Ce dernier, nanti d’un ministère religieux, paraît être sensible à son acceptation par le peuple, et donc soumis à des préoccupations terrestres, au mieux le sentiment de devoir agir à tout prix pour l’unité du peuple, au pire, dans le souci du maintien de sa propre position de conducteur, fonction chargée d’honneur. Bienheureux serviteur qui, tel que Moïse, est conduit par la fidélité à Dieu et sa Parole, sans égard à lui-même et ses propres avantages. Ce dernier a contribué au salut de son peuple, même s’il n’en a reçu nulle marque de reconnaissance…

 

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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