21/06/2013

Exode 19:1-8 L'Alliance du Sinaï


 

L'ALLIANCE DU SINAÏ
Exode 19 à 40


Goûtant chaque jour la Manne du désert, abreuvés de l’Eau du Rocher à Rephidim, et vainqueurs d’Amalek, expression de ce qu’il y a de vil en ce monde, les Israélites étaient aux portes de la Montagne de Dieu. Dès l’arrivée en ce lieu hautement symbolique, Jethro, beau-père de Moïse, entre en scène et un repas est donné "en la présence de Dieu" (Exode 18:12). Moïse est conduit à déléguer l’exercice de la justice car c’était un grand peuple et il ne pouvait assumer seul cette charge. Mais Dieu y avait pourvu, et Moïse va gravir la Montagne et recevoir le Loi.
 
L’enthousiasme est bien grand, et le peuple s’engagera à trois reprises à suivre les préceptes de l’Eternel : "Tout ce que l'Éternel a dit, nous le ferons" (Exode 19:8, 24:3,7). Mais le prophète ne réapparaît pas, les jours se prolongent, et bien des Israélites le pensent perdu dans la montagne ; le doute s’installe. Aaron est poussé à édifier un veau d’or, et devant l’ouvrage, ils déclarent "C'est ici ton dieu, ô Israël, qui t'a fait monter du pays d'Égypte " (Exode 32:4). Alors nous voyons la sainte colère de Moïse, mais aussi son intercession devant l’Éternel, et nous lisons alors combien l’esprit du prophète est modelé par l’Esprit de Dieu.
 
Enfin l’alliance est scellée, et le peuple construit le Tabernacle du désert, édifice hautement symbolique de l’attention de Dieu sur le peuple qu’Il a choisi, et centre de rassemblement pour les douze tribus.


 
L'ALLIANCE DE DIEU AVEC LES HOMMES
Exode 19:1 à 24:8

 
Abordant le don de la Loi, il est important de le situer dans la chronologie, afin d’en apprécier la juste place, et de souligner tout d’abord que la Promesse est intervenue avant l’Alliance. Et d’y voir quel est le Dieu Créateur et la relation qu’Il veut établir avec les humains, sa créature.
 
La promesse est le fait du libre choix de Dieu (Deutéronome 7:7-8), ce que nous lisons dans l’engagement fait à Abraham lorsqu’il quitta son pays et sa famille : "Et l'Éternel avait dit à Abram : Va-t'en de ton pays, et de ta parenté, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai ; et je te ferai devenir une grande nation, et je te bénirai, et je rendrai ton nom grand, et tu seras une bénédiction ; et je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; et en toi seront bénies toutes les familles de la terre." (Genèse 12:1-3).
 
L’Alliance intervint après que, asservis dans un monde idolâtre, la prestigieuse Egypte, les Israélites aient été appelés à en sortir, à devenir libres. Ce sont des "hommes debout" qui sortent d’Egypte, "porté sur des ailes d’aigle" (19:4). Ayant exprimé leur foi, leur confiance dans la Parole adressée par Moïse, lors du repas de la Pâque, ils apprennent à marcher avec Dieu, connaissant des moments de doute, comme chaque croyant, mais fortifiés dans les situations difficiles qu’ils rencontrent. Et ensuite ils reçoivent la Loi et s’engagent dans l’Alliance.
 
Soulignons-le, les Israélites sont sortis de l’asservissement en Egypte par la grâce de Dieu lorsqu’ils ont reçu la Parole de délivrance transmise par Moïse. Lorsque le prophète réclamait la libération du peuple, disant an nom de l’Éternel "Laisse aller mon peuple" (5:1), il s’est trouvé des chefs de famille pour mettre en réserve un agneau afin de l’immoler la nuit de départ… Expression de la Foi, avant que la Loi n’ait été donnée.
 
Nous ne saurions dès lors imaginer qu’ils pourraient être délivrés en vertu de leur pratique de la Loi… Parler de délivrance en raison de quelque mérite est un contre-sens évident pour quiconque lit la Parole de Dieu, "car vous êtes sauvés par la grâce, par la foi, et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu ; non pas sur le principe des œuvres, afin que personne ne se glorifie…" (Éphésiens 2:8-9). L’apôtre explique encore à des croyants auxquels des mauvais serviteurs expliquaient qu’ils connaîtraient la paix avec Dieu en raison de leurs œuvres : "Or c'est à Abraham que les promesses ont été faites, et à sa semence. Il ne dit pas : "et aux semences", comme parlant de plusieurs, mais comme parlant d'un seul : "et à ta semence", qui est Christ. Or je dis ceci : que la loi, qui est survenue quatre cent trente ans après, n'annule point une alliance antérieurement confirmée par Dieu, de manière à rendre la promesse sans effet. Car si l'héritage est sur le principe de loi, il n'est plus sur le principe de promesse, mais Dieu a fait le don à Abraham par promesse. Pourquoi donc la loi ? Elle a été ajoutée à cause des transgressions, jusqu'à ce que vînt la semence à laquelle la promesse est faite, ayant été ordonnée par des anges, par la main d'un médiateur. Or un médiateur n'est pas médiateur d'un seul, mais Dieu est un seul." (Galates 3:16-20).
 
Ainsi, l’Alliance scellée en Sinaï n’efface en rien la Promesse, "car les dons de grâce et l'appel de Dieu sont sans repentir" (Romains 11:29). Nous le savons, l’Alliance fut rompue unilatéralement, les prophètes en ont parlé (Jérémie 22:9), mais la Promesse demeure.


 
Dieu fait alliance avec Israël
Exode 19:1-8

Moïse monte dans la Montagne de Sinaï, il monte vers Dieu. C’est ici la première montée, une absence de courte durée semble-t-il, mais le message qu’il reçut était de la première importance. Les Israélites, conduits à reconnaître la bonté de Dieu qui les a "portés sur des ailes d’aigle" (19:4), entendent le fondement de l’Alliance qui leur est proposée.

19  1 Au troisième mois après que les fils d'Israël furent sortis du pays d'Égypte, en ce même jour, ils vinrent au désert de Sinaï : 2 ils partirent de Rephidim, et vinrent au désert de Sinaï, et campèrent dans le désert ; et Israël campa là devant la montagne. 3 Et Moïse monta vers Dieu ; et l'Éternel l'appela de la montagne, disant : Tu diras ainsi à la maison de Jacob, et tu l'annonceras aux fils d'Israël : 4 Vous avez vu ce que j'ai fait à l'Égypte, et comment je vous ai portés sur des ailes d'aigle, et vous ai amenés à moi. 5 Et maintenant, si vous écoutez attentivement ma voix et si vous gardez mon alliance, vous m'appartiendrez en propre d'entre tous les peuples ; car toute la terre est à moi ; 6 et vous me serez un royaume de sacrificateurs, et une nation sainte. Ce sont là les paroles que tu diras aux fils d'Israël.
 
7 Et Moïse vint, et appela les anciens du peuple, et mit devant eux toutes ces paroles que l'Éternel lui avait commandées. 8 Et tout le peuple ensemble répondit et dit : Tout ce que l'Éternel a dit, nous le ferons. Et Moïse rapporta à l'Éternel les paroles du peuple.

Redescendu de la montagne, Moïse s’est retrouvé auprès du peuple, leur communiquant ces mots de la part du Seigneur : "si vous gardez mon alliance, vous m’appartiendrez en propre d’entre tous les peuples…" (19:5). Une parole forte ! Non pas l’élimination des autres peuples, mais l’engagement de l’Éternel à leur conférer ce statut particulier, un privilège et une responsabilité, sous réserve de leur obéissance. Ceci étant, il ne s’agissait pas de mettre à part le peuple d’Israël sans qu’il n’y ait un objectif ; le peuple est mis à part pour être "un royaume de sacrificateurs, une nation sainte" (19:6), un peuple qui garde sa relation avec Dieu – des sacrificateurs, des prêtres – et qui demeure séparé des autres nations – car l’expression "nation sainte" signifie "nation séparée" – pour vivre suivant les préceptes de vie attendus de tous les hommes, et être ainsi témoins de Dieu sur la terre, porteurs de Sa Parole.
 
Sans doute les implications d’un tel privilège ne seront pas saisies pleinement par tous ceux qui sont "libérés pour servir Dieu" comme Zacharie, père de Jean le baptiseur l’exprimera dans sa prière : " nous accorder, étant libérés de la main de nos ennemis, de le servir sans crainte, en sainteté et en justice devant lui, tous nos jours." (Luc 1:74-75). Mais le privilège est réel.
 
Nous voyons ici le peuple s’engager sans réserve : "Tout ce que l’Éternel a dit, nous le ferons " (19:8). Les quelques semaines passées dans le désert leur ont donné l’occasion de connaître la bonté de Dieu, de connaître Dieu, mais n’était-ce pas dans le constat de leurs propres défaillances, mais aussi celui de la patience du Seigneur ? Doutes, murmures, et même rébellion de quelques-uns après une si grande délivrance ! Et une protection magnifique qui leur est rappelée, ces "ailes d’aigles…" (19:4) ! Leur engagement paraît bien léger, mais n’est-il pas écrit en vue de l’instruction de tous les hommes ? "Car toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation des écritures, nous ayons espérance." (Romains 15:4). En effet, qui peut, regardant à lui-même, prononcer des vœux, des engagements, qui devraient tenir jusqu’au bout de la route, sans une réelle crainte de n’y pas parvenir ?
 
Le propos du Seigneur Dieu est bien de se faire connaître des hommes pour qu’ils marchent avec lui, selon l’enseignement du Livre des Commencements : "Et Hénoc marcha avec Dieu" (Genèse 5:24, Hébreux 11:5). Le dernier des prophètes écrivains, Malachie, va constater la défaillance de l’ensemble de la nation, mais distinguer les hommes qui marchent avec Dieu : "Alors ceux qui craignent l’Éternel ont parlé l’un à l’autre, et l’Éternel a été attentif et a entendu. Un livre de mémoire a été écrit devant lui pour ceux qui craignent l’Éternel, pour ceux qui pensent à son nom. Ils seront à moi, mon trésor particulier, dit l’Éternel des armées, au jour que je ferai ; je les épargnerai comme un homme épargne son fils qui le sert. Quand vous serez revenus, vous verrez la différence entre le juste et le méchant, entre celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas." (Malachie 3:16-18).


 

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Exode 19:9-20:21 Le don du Décalogue


 

Le Don du Décalogue
Exode 19:9-20:21

Une deuxième fois, Moïse s’était retiré dans la montagne, seul devant Dieu (19:14). Il porte l’engagement du peuple : "Tout ce que l'Éternel a dit, nous le ferons." Nous pouvons comprendre la difficulté… Après les expériences des premières semaines dans le désert, l’homme de Dieu ne peut que ressentir combien l’engagement paraît bien audacieux ! Les Israélites seraient-ils en danger de ne pas comprendre la solennité de leur situation ? Ils connaissent pourtant leur propre état ! Auraient-ils les yeux fermés sur leurs propres faiblesses, leurs propres manquements ? La grâce de Dieu dont ils sont témoins n’obscurcirait-elle pas la rigueur de sa sainteté ?
 
Les Israélites doivent se préparer à recevoir des lignes guides pour la vie qu’ils auront à mener en tant que témoins de Dieu en ce monde. L’Éternel annonce à Moïse qu’Il sera dans la nuée "afin que le peuple entende" (19:9) les paroles qu’Il donnera son serviteur…

9 Et l'Éternel dit à Moïse : Voici, je viendrai à toi dans l'obscurité d'une nuée, afin que le peuple entende quand je parlerai avec toi, et qu'aussi ils te croient à toujours. Et Moïse rapporta à l'Éternel les paroles du peuple.
 
10 Et l'Éternel dit à Moïse : Va vers le peuple, et sanctifie-les, aujourd'hui et demain, et qu'ils lavent leurs vêtements ; 11 et qu'ils soient prêts pour le troisième jour ; car le troisième jour l'Éternel descendra, aux yeux de tout le peuple, sur la montagne de Sinaï. 12 Et tu mettras des bornes pour le peuple, à l'entour, disant : Donnez-vous garde de monter sur la montagne et d'en toucher l'extrémité. Quiconque touchera la montagne sera certainement mis à mort : 13 la main ne la touchera pas sans qu'elle soit lapidée ou transpercée ; bête, ou homme, ils ne vivront point. Quand le cor sonnera longuement, ils monteront vers la montagne.
 
14 Et Moïse descendit de la montagne vers le peuple, et sanctifia le peuple, et ils lavèrent leurs vêtements. 15 Et il dit au peuple : Soyez prêts pour le troisième jour ; ne vous approchez pas de vos femmes.

Ablutions, attention aux vêtements… Tous actes qui font prendre conscience des faits importants qui doivent se produire. Ils s’étaient engagés à respecter la Parole de l’Éternel, et ils vont connaître bientôt cette Parole. Trois jours se passent dans la préparation à un événement complètement inédit, impressionnant. Une scène bien propre à induire au lecteur la gravité requise à la lecture de la Parole de Dieu.

16 Et il arriva, le troisième jour, quand le matin fut venu, qu'il y eut des tonnerres et des éclairs, une épaisse nuée sur la montagne, et un son de trompette retentissant. Tout le peuple qui était dans le camp trembla. 17 Moïse fit sortir le peuple hors du camp à la rencontre de Dieu, et ils se tinrent au pied de la montagne. 18 Toute la montagne de Sinaï fumait parce que l'Éternel descendit en feu sur elle, et sa fumée montait comme la fumée d'une fournaise. Toute la montagne tremblait fort.

Au troisième jour des ablutions, la Montagne est enveloppée dans la nuée, l’orage gronde, et la crainte s’empare du peuple. Moïse monte alors dans la Montagne… Mais avant de poursuivre sa route vers le somment, il est averti des limites que le peuple ne pourra franchir et redescend placer des bornes avant de monter avec Aaron…

19 Et comme le son de la trompette se renforçait de plus en plus, Moïse parla, et Dieu lui répondit par une voix. 20 Alors l'Éternel descendit sur la montagne de Sinaï, sur le sommet de la montagne, et l'Éternel appela Moïse au sommet de la montagne ; et Moïse monta. 21 L'Éternel dit à Moïse : Descends, avertis solennellement le peuple, de peur qu'ils ne rompent les barrières pour monter vers l'Éternel pour voir, et qu'un grand nombre d'entre eux ne tombe. 22 Et aussi, que les sacrificateurs qui s'approchent de l'Éternel se sanctifient, de peur que l'Éternel ne se jette sur eux. 23 Et Moïse dit à l'Éternel : Le peuple ne pourra pas monter sur la montagne de Sinaï, car tu nous as solennellement avertis, en disant : Mets des bornes autour de la montagne, et sanctifie-la. 24 Et l'Éternel lui dit : Va, descends ; puis tu monteras, toi, et Aaron avec toi ; mais que les sacrificateurs et le peuple ne rompent point les barrières pour monter vers l'Éternel de peur qu'il ne se jette sur eux. 25 Et Moïse descendit vers le peuple et lui dit ces choses.

Les bornes étant placées, Moïse s’avance avec Aaron. Une voix se fait entendre, les Dix Paroles sont prononcées tandis que le peuple entend que l’Éternel parle à son serviteur (19:9). Un temps de grande émotion, de crainte même pour le peuple qui voit ce qu’il n’a jamais vu, et entend ce qu’il n’a jamais entendu.
 
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*   *

Le texte du Décalogue commence par cette affirmation de la Déité dans son absolu. Dieu est Un et Unique ! Et Il a conduit le peuple hors d’Egypte. Il a séparé les Israélites des autres peuples pour qu’ils soient témoins de Dieu. Un peuple mis à part, alors que les hommes se sont fait des dieux selon leurs propres idées. Ce sont les forces mystérieuses déifiées des religions animistes, puissances occultes supposées régir les moissons, les vagues de la mer, la puissance des vents… Ce sont aussi l’expression des convoitises et des passions des hommes ; pour l’un, la fortune, il sert "Mammon" (Matthieu 6:24), pour un autre la puissance de la guerre, et voici l’Arès des Grecs, le Mars des Latins, et pour d’autres encore le vin, et voilà les sectateurs de Dionysos, Bacchus, ou quelqu’autres folies qui enivrent les humains. Les hommes se sont faits des dieux ; le texte biblique est sans ambiguïté, il ne déclare pas l’existence intrinsèque de "dieux" mais le comportement des hommes, considérant les dévotions des hommes. Des "dieux" car des hommes s’engagent corps et âme dans le culte rendu à ces créations imaginaires, figures exprimant les motivations profondes des uns ou les craintes séculaires des autres…
 
La foi en Dieu, Un et Unique, est une réelle délivrance de l’esclavage spirituel des hommes. Ainsi est introduit le texte du Décalogue, soulignant par où commence ce qui est "vraiment la vie" (1 Timothée 6:19). Autrement dit : Je connais que le monde est crée, que le Créateur, Dieu Un et Unique, s’est révélé et qu’Il m’a donné une ligne de conduite… Il me dit que je ne peux marcher dans le route qu’Il me trace tout en poursuivant des passions qui m’en détournent… "Tu n’auras point d’autres dieux devant ma face" (20:3).

20  1 Et Dieu prononça toutes ces paroles, disant : 2 Je suis l'Éternel, ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, de la maison de servitude. 3 Tu n'auras point d'autres dieux devant ma face. 4 Tu ne te feras point d'image taillée, ni aucune ressemblance de ce qui est dans les cieux en haut, et de ce qui est sur la terre en bas, et de ce qui est dans les eaux au-dessous de la terre. 5 Tu ne t'inclineras point devant elles, et tu ne les serviras point ; car moi, l'Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui visite l'iniquité des pères sur les fils, sur la troisième et sur la quatrième génération de ceux qui me haïssent, 6 et qui use de bonté envers des milliers de ceux qui m'aiment et qui gardent mes commandements.

Ces Paroles soulignent la bonté de Dieu, mais aussi sa grandeur. La rigueur de la Loi ne s’émoussera pas avec la succession des générations ; si des fils suivent le mauvais chemin de leur père, ils connaîtront la même rigueur. Mais ce qui réjouit l’Éternel Dieu, et qui génère cet empressement à "user de bonté", c’est de voir des hommes disposés à garder sa Parole.

7 Tu ne prendras point le nom de l'Éternel, ton Dieu, en vain ; car l'Éternel ne tiendra point pour innocent celui qui aura pris son nom en vain.

Un tel comportement est générateur de désastres, car il consiste à agir comme si le Seigneur Dieu n’existait pas, n’entendait, ni ne voyait. Il n’est pas pensable d’user du Nom de l’Éternel, de citer son Nom, avec légèreté.
 
La voie tracée est de se laisser baigner dans la connaissance de sa bonté. Et dans cette ligne, Israël, porteur des "oracles de Dieu" (Romains 3:2), a reçu le Shabbat, car il s’agit d’un don de Dieu, comme nous avons lu : "Voyez que l'Éternel vous a donné le sabbat" (16:29). Et recevoir ce don, c’est avant tout le saisir, goûter ce repos de Dieu. La manne récoltée au sixième jour apportait les provisions pour ce jour de repos.

8 Souviens-toi du jour du shabbat, pour le sanctifier. 9 Six jours tu travailleras, et tu feras toute ton œuvre ; 10 mais le septième jour est le shabbat consacré à l'Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucune œuvre, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ta bête, ni ton étranger qui est dans tes portes. 11 Car en six jours l'Éternel a fait les cieux, et la terre, la mer, et tout ce qui est en eux, et il s'est reposé le septième jour ; c'est pourquoi l'Éternel a béni le jour du shabbat, et l'a sanctifié.

Le Shabbat est aussi en germe dans les "sept jours" illustrant la terre – créée initialement, "Au commencement Dieu créa les cieux et la terre" (Genèse 1:1) – qui a été modelée pour y placer l’humanité après avoir pourvu à sa subsistance. Il était annonce du repos, le repos de Dieu auquel l’homme est appelé, mais qu’il aura la liberté de rejeter (Psaume 95).
"Sept jours" dans lesquels plusieurs ont discerné les grandes ères géologiques qui transformèrent notre terre pour la rendre vivable pour l’humanité. Le texte interdit lui-même toute lecture littérale évoquant des jours de vingt-quatre heures, car ils ne pourraient être avant que le soleil ne paraisse, ce qui survint au "quatrième jour" (Genèse 1:14-19).
Evoquer la création conduit à enjoindre au respect de la structure essentielle de la société humaine, à savoir la famille – un père et une mère et leurs enfants – un commandement que souligne l’apôtre rappelant qu’il est "le premier commandement avec promesse" (Éphésiens 6:2).

12 Honore ton père et ta mère, afin que tes jours soient prolongés sur la terre que l'Éternel, ton Dieu, te donne.

Et pour terminer viennent les préceptes essentiels de la morale universelle.

13 Tu ne tueras point. 14 Tu ne commettras point adultère. 15 Tu ne déroberas point. 16 Tu ne diras point de faux témoignage contre ton prochain. 17 Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni rien qui soit à ton prochain.

Comment être "serviteur de Dieu" sans être attentif à ce qui est requis de tout homme digne de ce nom ? Voici pourquoi ces lignes devaient être incluses au Décalogue… Pensons ! Comment un homme se réclamant du Seigneur Dieu pourrait-il être heureux sans prendre en compte ces lignes guides de la vie avec Dieu ?

*
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Saisi par les manifestations de puissance, le peuple placé devant ces préceptes moraux est saisi de crainte. Nous sommes bien loin de cette parole enthousiaste et quelque peu légère : "Tout ce que l'Éternel a dit, nous le ferons" (19:8). Mais aussitôt Moïse les réconforte en leur disant "Ne craignez pas " (20:20).

18 Et tout le peuple aperçut les tonnerres, et les flammes, et le son de la trompette, et la montagne fumante ; et le peuple vit cela, et ils tremblèrent et se tinrent loin, 19 et dirent à Moïse : Toi, parle avec nous, et nous écouterons ; mais que Dieu ne parle point avec nous, de peur que nous ne mourions. 20 Et Moïse dit au peuple : Ne craignez pas ; car c'est afin de vous éprouver que Dieu est venu, et afin que sa crainte soit devant vos yeux, pour que vous ne péchiez point. 21 Et le peuple se tint loin ; et Moïse s'approcha de l'obscurité profonde où Dieu était.

Les signes impressionnants sont eux-mêmes "enseignements", pour que les Israélites réalisent l’importance de la parole qui leur est adressée, le sérieux de leur position devant l’Éternel. Ce n’est pas une religion d’homme qui est ici présentée, mais l’introduction d’un peuple dans une relation vraie avec Dieu ; et, si bénie soit-elle, elle ne s’accorde pas à la légèreté…
 
Et Moïse, malgré les manifestations de gloire et de présence, peut dire : "Ne craignez pas" ! Et ici nous lisons que la Loi n’est pas un piège. En effet il est un guide pour la vie, sachant l’homme imparfait certes, mais auquel est offerte une grâce sans limite !
 
Pour compléter le Décalogue et en expliciter les préceptes la Loi va être détaillée. Moïse va pénétrer dans la nuée et revenir ensuite vers le peuple et recueillir l’adhésion du peuple à la Loi avant de monter dans la montagne, seul, et y recevoir les Tables de la Loi et l’ordonnance touchant le Tabernacle. Il y restera quarante jours.


 

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Exode 20:22-21:36 Les termes de l'Alliance (1/3)


 

 

Les termes de l’Alliance
Exode 20:22-23:33

Dans "l’obscurité profonde" (20:21), Moïse va recevoir le texte de la Loi. Il s’éloigne quelque peu, au-delà des bornes fixées pour le peuple (19:12,23), et, là, l’Éternel lui parle : "Tu diras ainsi aux fils d’Israël…" (20:22). Le texte de l’Alliance est remarquable ; il atteste qu’elle n’est pas établie avec un peuple meilleur que les autres peuples, mais comme tous, et pouvant être touché par les souffrances qui touchent toutes les nations !
 
Avec la "connaissance du bien et du mal" (Genèse 2:17), vient la responsabilité de l’homme ; il est devenu "comme Dieu" (Genèse 3:22), il est "à son image" (Genèse 9:6). Il lui incombe dès lors de sanctionner les crimes et délits selon la justice, et c’est ici qu’Israël doit être particulièrement attentif, il s’agit d’une condition à la validité de l’alliance contractée au Sinaï. "Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, qui mettent les ténèbres pour la lumière, et la lumière pour les ténèbres, qui mettent l'amer pour le doux, et le doux pour l'amer." (Ésaïe 5:20). Mais là n’est pas l’essence de la Loi. Elle est avant tout un guide pour marcher dans le chemin qui est gage de pérennité pour l’humanité.

 
Prémice à l’exposé de l’Alliance: l’autel du sacrifice - 20:22-26

Avant la Loi vient la connaissance, la reconnaissance, de la relation à Dieu, et donc une prescription touchant l’autel. Nous voyons ici que le geste importe plus que la forme, l’autel du sacrifice peut être en terre ou un simple assemblage de pierres non taillées. Il importe de ne pas lui donner une grande apparence… Pensons à la leçon que cela nous donne…

22 Et l'Éternel dit à Moïse : Tu diras ainsi aux fils d'Israël : Vous avez vu que j'ai parlé avec vous des cieux. 23 Vous ne ferez point de dieux d'argent à côté de moi, et vous ne vous ferez pas des dieux d'or. 24 Tu me feras un autel de terre, et tu sacrifieras dessus tes holocaustes et tes sacrifices de prospérités, ton menu et ton gros bétail. En tout lieu où je mettrai la mémoire de mon nom, je viendrai à toi, et je te bénirai. 25 Et si tu me fais un autel de pierres, tu ne le bâtiras point de pierres taillées ; car si tu lèves ton ciseau dessus, tu le profaneras. 26 Et tu ne monteras point à mon autel par des degrés, afin que ta nudité n'y soit pas découverte.

Pourquoi, pensons-nous, faut-il que les sacrifices offerts ne le soient pas dans un cadre prestigieux, sur un autel de grande apparence où l’on accèderait par un escalier monumental ou une rampe fastueuse ? Nous pensons bien discerner ici la connaissance de l’homme, l’homme religieux enclin à se donner à lui-même de l’importance, à se rendre visible lui-même aux yeux du peuple, et qui alors s’expose à laisser percer sa propre vanité, sa nudité… Comprenons le sens moral de cette expression : lorsqu’un homme se donne l’apparence de la religion, il s’expose à manifester le vide de sa foi… (Matthieu 6:6).

 
Prologue pour comprendre la nature de l’Alliance - 21:1-11

Un moteur essentiel pour l’accomplissement de la vie selon le dessein divin est bien, pour un homme, de réaliser qu’il est devant Dieu. Un préalable incontournable à l’exposé des principes de l’Alliance. Le premier article doit nous arrêter car il est riche d’enseignement, nous donnant de discerner l’esprit de l’Alliance, laquelle est toute fondée sur la manifestation de la bonté, essence même de la vie de foi, comme le prophète l’exprime : "Il t'a déclaré, ô homme, ce qui est bon. Et qu'est-ce que l'Éternel recherche de ta part, sinon que tu fasses ce qui est droit, que tu aimes la bonté, et que tu marches humblement avec ton Dieu ?" (Michée 6:8)… En un verset il rappelle l’essentiel, l’essence même de la vie du croyant…

21  1 Ce sont ici les jugements que tu placeras devant eux :
 
2 Si tu achètes un serviteur hébreu, il servira six années, et, la septième, il sortira libre, gratuitement. 3 S'il est venu seul, il sortira seul ; s'il avait une femme, sa femme sortira avec lui. 4 Si son maître lui a donné une femme, et qu'elle lui ait enfanté des fils ou des filles, la femme et ses enfants seront à son maître, et lui, il sortira seul. 5 Mais si le serviteur dit positivement : J'aime mon maître, ma femme et mes enfants, je ne veux pas sortir libre ; 6 alors son maître le fera venir devant les juges, et le fera approcher de la porte ou du poteau, et son maître lui percera l'oreille avec un poinçon ; et il le servira à toujours.

Des commentateurs considèrent ici l’annonce voilée d’un plus grand, Celui qui s’est fait serviteur, le Serviteur parfait, qui a pu dire "J’aime le Père" (Jean 14:31) et qui, plus que quiconque, a pu dire "J’aime ma femme et mes enfants" (Ephésiens 5:25-32). Une lecture d’une grande profondeur.

Remarquons cette disposition touchant les années du serviteur, six années et ensuite la liberté de plein droit, et d’autre part la qualité de cette relation maître-serviteur, au point que ce dernier s’engagerait même à demeurer chez son maître disant "J’aime mon maître, ma femme et mes enfants" (21:5). D’un côté un décret divin établissant un modèle social exceptionnel, et de l’autre l’attitude heureuse du maître, un homme nanti qui conduit sa maison en veillant au bonheur de ceux qui le servent, au point que l’un d’entre eux renoncerait à sa liberté… Un modèle pour quiconque jouit des prestations de personnel, gens de maisons, ouvriers, employés !
 
Le deuxième article du code de l’Alliance est bien particulier aussi. Si le malheur atteint une famille et qu’une jeune fille devait être placée comme servante, elle se trouve sous un régime de protection sociale. Une attention au plus faible qui ne peut échapper à notre attention.

7 Et si un homme vend sa fille pour être servante, elle ne sortira point comme sortent les serviteurs. 8 Si elle déplaît aux yeux de son maître qui se l'était fiancée, il la fera racheter ; il n'aura pas le pouvoir de la vendre à un peuple étranger, après l'avoir trompée. 9 Et s'il l'a fiancée à son fils, il agira envers elle selon le droit des filles. 10 S'il en prend une autre, il ne retranchera rien pour elle à sa nourriture, à son vêtement, et à son droit conjugal. 11 Et s'il ne fait pas pour elle ces trois choses-là, elle sortira gratuitement, sans payer aucun argent.

Nous pouvons nous demander le motif de ces premières mentions au code de l’Alliance communiqué à Moïse. Nous comprendrons qu’elle donne le ton approprié à la lecture de tout ce qui suit. Le code est donné comme guide : tant les hommes du peuple que les juges en Israël sont conduits à s’attacher aux lois dans cet esprit où domine l’expression de la bonté de Dieu et l’attente d’une attitude pleine de bonté de la part des hommes.

 
Actes requérant l’intervention du juge - 21:12-22:20

Nous avons vu que l’esprit de l’Alliance conduit avant tout à des actions positives des hommes (21:1-11), ce que nous lisons encore plus loin (22:21-23:19). Mais y a-t-il un peuple au monde qui puisse ne pas prendre en considération les torts faits à autrui : vols, blessures, meurtres et autres crimes ? Ainsi nous trouvons-nous ici devant une forme de code pénal, car il appartient à l’homme d’exercer la justice, comme nous l’enseigne le récit d’après le déluge (Genèse 9:6).

Actes touchant l’intégrité physique des personnes – 21:12-36

Divers actes gravissimes conduisent à la peine de mort, à commencer par le meurtre délibéré. Mais si la mort résulte d’un accident, la responsabilité de l’auteur n’est pas engagée au même niveau ; il y a alors une voie de salut pour lui, ce sera de résider dans une des "villes de refuge" (Nombres 35:9-34).

12 12 Si quelqu'un frappe un homme, et qu'il en meure, il sera certainement mis à mort. 13 Mais s'il ne lui a pas dressé d'embûche, et que Dieu l'ait fait tomber sous ses mains, je t'établirai un lieu où il s'enfuira. 14 Et si un homme s'élève de propos délibéré contre son prochain, pour le tuer par ruse, tu l'arracheras de mon autel, pour qu'il meure.
 
15 Et celui qui frappera son père ou sa mère sera certainement mis à mort.
 
16 Si quelqu'un vole un homme et qu'il le vende, ou qu'il soit trouvé en sa main, il sera certainement mis à mort.
 
17 Celui qui maudit son père ou sa mère sera certainement mis à mort.

Dans l’article ci-dessus, nous voyons, mises en exergue, les atteintes physiques ou morales faites aux parents, des actes absolument contre nature, et des atteintes majeures à l’institution de la famille, fondement essentiel de la société. Rappelons-nous l’importance de l’article du Décalogue (20:12) souligné par l’apôtre "le premier commandement avec promesse" (Éphésiens 6:2).
 
Une autre situation est exprimée : s’emparer d’un humain et le vendre comme esclave. Et alors, la vie d’un homme ou d’une femme est pour ainsi dire terminée… Ce qu’il ou elle connaît n’est plus une vie. Nous comprendrons que ces crimes sont extrêmement significatifs, ils contribuent à la ruine de la société entière.
 
Mais la peine de mort qui s’ensuit n’est pas une vengeance, loin de là ; elle n’est que la conséquence de l’acte posé contre l’homme, contre le peuple et contre le plan de Dieu, porteur de vie ! Ainsi la peine de mort devait être citée dans la Loi de Moïse, comme elle l’est dans l’alliance avec Noé, exprimée là pour tous les hommes : "Qui aura versé le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versé ; car à l'image de Dieu, il a fait l'homme" (Genèse 9:6).
Ceci n’implique pas l’adhésion, aujourd’hui, à l’application de la peine de mort, car il faut considérer l’imperfection des hommes et les risques d’erreurs judiciaires, mais ceci signifie bien que l’exercice de la justice est une responsabilité confiée aux hommes, et cette délégation explique en quoi l’homme a été fait à l’image de Dieu.
Dans la Loi, la condamnation n’est autre qu’un système de restitution. C’est ce que nous voyons tout au long de la lecture des articles de loi, et qui est clairement lisible dans ces premiers articles. Voyons ci-dessous le paiement du chômage et la prise en charge de la guérison.

18 Si des hommes contestent entre eux, et que l'un frappe l'autre avec une pierre ou avec le poing, et qu'il ne meure pas, mais tienne le lit  : 19 s'il se lève et marche dehors sur son bâton, celui qui l'a frappé sera tenu pour quitte ; seulement, il payera son chômage, et le fera guérir complètement.
 
20 Et si quelqu'un frappe du bâton son serviteur ou sa servante, et qu'il meure sous sa main, il sera certainement vengé ; 21 seulement, s'il reste debout un jour ou deux jours, il ne sera pas vengé, car il est son argent.
 
22 Et si des hommes se querellent, et que l'un d'eux heurte une femme enceinte et qu'elle accouche sans qu'il y ait de malheur, une amende sera payée selon ce que le mari de la femme lui imposera, et il la donnera suivant la décision des juges. 23 Et s'il arrive malheur, tu donneras vie pour vie, 24 œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, 25 brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, meurtrissure pour meurtrissure.
 
26 Et si un homme frappe l'œil de son serviteur, ou l'œil de sa servante, et le lui fasse perdre, il les laissera aller libres pour l'œil ; 27 et s'il fait tomber la dent de son serviteur ou la dent de sa servante, il les laissera aller libres pour la dent.

Nous lisons ici pour la première fois l’expression "œil pour œil". Nous la retrouvons deux fois encore (Lévitique 24:17-22 et Deutéronome 19:21). Mais contrairement aux code pénaux de l’antiquité, tel le Code Hammourabi, nous ne trouvons pas l’idée de vengeance ; celle-ci est même explicitement exclue : "Les pères ne seront pas mis à mort pour les fils, et les fils ne seront pas mis à mort pour les pères : ils seront mis à mort chacun pour son péché." (Deutéronome 24:16). Et encore : "Tu ne te vengeras pas, et tu ne garderas pas rancune aux fils de ton peuple ; mais tu aimeras ton prochain comme toi-même. Moi, je suis l'Éternel." (Lévitique 19:18).

28 Et si un bœuf frappe de ses cornes un homme ou une femme, et qu'ils en meurent, le bœuf sera certainement lapidé, et sa chair ne sera pas mangée ; mais le maître du bœuf sera tenu pour non coupable. 29 Et si le bœuf frappait de ses cornes auparavant, et que son maître en ait été averti et qu'il ne l'ait pas tenu sous garde, et qu'il tue un homme ou une femme, le bœuf sera lapidé, et son maître aussi sera mis à mort. 30 Et si une indemnité lui est imposée, il donnera la rançon de sa vie selon tout ce qui lui sera imposé. 31 Soit qu'il ait frappé un fils, ou qu'il ait frappé une fille, il lui sera fait selon ce jugement. 32 Si le bœuf a frappé de ses cornes un serviteur ou une servante, le possesseur donnera à son maître trente sicles d'argent, et le bœuf sera lapidé.
 
33 Et si un homme ouvre une fosse, ou si un homme creuse une fosse, et ne la couvre pas, et qu'un bœuf ou un âne y tombe, 34 le propriétaire de la fosse donnera une compensation, il remettra l'argent au maître de la bête ; et la bête morte lui appartiendra.
 
35 Et si le bœuf d'un homme heurte le bœuf de son prochain, et qu'il en meure, ils vendront le bœuf vivant, et en partageront l'argent, et ils partageront aussi le mort. 36 Ou s'il était connu que le bœuf frappait de ses cornes auparavant, et que son maître ne l'ait pas tenu sous garde, il fera certainement compensation, bœuf pour bœuf ; et le bœuf mort lui appartiendra.

Tout à l’opposé de l’esprit de vengeance, le chemin de la sagesse est bien autre, comme l’exprime le Livre des Proverbes : "Ne dis pas : Comme il m'a fait, je lui ferai ; je rendrai à l'homme selon son œuvre." (Proverbes 24:29).


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Exode 22 L'Alliance du Sinaï (2/3)


 

Actes attentant aux biens d’autrui – 22:1-15

Pour les vols et autres indélicatesses, la Loi de Moïse conduit à une restitution majorée, peine dissuasive sans nul doute, mais aussi geste de réconciliation qui assure la paix retrouvée dans le voisinage.

22  1 Si un homme vole un bœuf, ou un mouton, et qu'il le tue ou le vende, il restituera cinq bœufs pour le bœuf, et quatre moutons pour le mouton.
 
2 Si le voleur est trouvé commettant effraction, et qu'il soit frappé et qu'il meure, il n'y aura pas coulpe de sang pour lui. 3 Si le soleil est levé sur lui, il y aura coulpe de sang pour lui : il aurait fait pleine compensation ; s'il n'avait rien eu, il aurait été vendu pour son vol. 4 Si ce qui a été volé est trouvé vivant entre ses mains, soit bœuf, soit âne, soit mouton, il fera compensation au double.
 
5 Si un homme fait brouter un champ ou une vigne, et envoie son bétail et qu'il broute dans le champ d'autrui, il fera compensation, du meilleur de son champ et du meilleur de sa vigne. 6 Si le feu sort et trouve des épines, et qu'un tas de gerbes, ou du blé sur pied, ou le champ, soit consumé, celui qui aura allumé l'incendie fera pleine compensation.
 
7 Si quelqu'un donne à son prochain de l'argent ou des objets à garder, et qu'ils soient volés de la maison de cet homme, si le voleur est trouvé, il fera compensation au double. 8 Si le voleur n'est pas trouvé, le maître de la maison sera amené devant les juges, pour jurer s'il n'a pas mis sa main sur le bien de son prochain. 9 Dans toute affaire d'infidélité touchant un bœuf, touchant un âne, touchant un mouton, touchant un vêtement, touchant toute chose perdue dont on dira : C'est cela, l'affaire des deux parties viendra devant les juges ; celui que les juges condamneront fera compensation au double à son prochain.

Il se pourrait aussi qu’il y ait soupçon de vol, alors qu’un accident serait arrivé à une bête confiée à un homme. Différents cas sont envisagés.

10 Si un homme donne à garder à son prochain un âne, un bœuf, un mouton ou une bête quelconque et que la bête meure, qu'elle se soit fait une fracture ou qu'on l'ait emmenée sans que personne l'ait vu, le serment de l'Éternel interviendra entre les deux parties, pour jurer s'il n'a pas mis sa main sur le bien de son prochain. 11 Le maître de la bête l'acceptera, et celui-là ne fera pas compensation ; 12 mais, si réellement elle lui a été volée, il fera compensation au maître ; 13 si elle a été déchirée, il l'apportera en témoignage. Il ne compensera pas ce qui a été déchiré.
 
14 Et si un homme a emprunté une bête à son prochain, et qu'elle se fasse une fracture ou qu'elle meure et que son maître n'ait pas été avec elle, il fera certainement compensation. 15 Si son maître était avec elle, il ne fera pas compensation, et si elle a été louée le prix du louage suffira.

Nous lisons bien ici combien le jugement est en relation avec le niveau de responsabilité de celui qui gardait l’animal blessé ou volé.

Fautes morales majeures – 22:16-20

Tout peut arriver au sein de ce peuple choisi pour être serviteur de l’Éternel ! Dieu a choisi Israël, mais ce choix n’est évidemment pas réciproque de la part de chaque Israélite. Des enfants naissent sans qu’ils aient choisi eux-mêmes ce cadre de vie aussi privilégié mais aussi moralement exigeant. La foi, la confiance en Dieu est personnelle. Aussi toutes les situations doivent être envisagées.

16 Et si un homme séduit une vierge non fiancée, et couche avec elle, il la prendra pour sa femme, en payant une dot. 17 Si son père refuse absolument de la lui donner, il lui pèsera de l'argent selon la dot des vierges.
 
18 Tu ne laisseras point vivre la magicienne.
 
19 Quiconque couche avec une bête sera certainement mis à mort.
 
20 Celui qui sacrifie à un dieu, si ce n'est à l'Éternel seul, sera voué à la destruction.

Ici se termine ce que nous pouvons appeler "code pénal". Il était nécessaire, assurément, mais retenons qu’il ne représente qu’une petite partie de la Parole de l’Alliance, laquelle est dans son essence même un guide de vie positif.

 
L’esprit de l’Alliance - 22:21-23:19

La vie dans le chemin de l’Alliance, la vie selon la pensée de Dieu, n’est donc pas résumée dans une forme de "code pénal" (21:12-22:20), car que serait la vie sans motivations positives, sans élans généreux, et sans pratique de la sagesse ? Nous ne le voyons que trop : une vie sans élan, limitée par les interdits et les contraintes légalistes serait bien vide. Par contre, marcher dans le chemin de Dieu est "vraiment la vie" (1 Timothée 6:19), la "vie en abondance" (Jean 10:10).

Le pauvre et l’étranger – 22:21-27 – 22:21-27

L’homme israélite est appelé à manifester la compassion, car Dieu est miséricordieux, et en être le témoin n’est pas une question de doctrine et de prédication, mais d’actes positifs ! Nous voyons dans ces clauses de l’alliance une ligne guide pour tout homme, n’oubliant pas que rien n’est ignoré du Seigneur Dieu.

21 Tu ne traiteras pas mal et tu n'opprimeras pas l'étranger ; car vous avez été étrangers dans le pays d'Égypte.
 
22 Vous n'affligerez aucune veuve, ni aucun orphelin. 23 Si, en quoi que ce soit, tu les affliges, et qu'ils crient à moi, certainement j'entendrai leur cri ; 24 et ma colère s'embrasera, et je vous tuerai par l'épée, et vos femmes seront veuves, et vos enfants orphelins.
 
25 Si tu prêtes de l'argent à mon peuple, au pauvre qui est avec toi, tu ne seras pas avec lui comme un usurier ; vous ne lui imposerez pas d'intérêt. 26 Si tu prends en gage le vêtement de ton prochain, tu le lui rendras avant que le soleil soit couché ; 27 car c'est sa seule couverture, son vêtement pour sa peau : dans quoi coucherait-il ? Il arrivera que, quand il criera à moi, je l'écouterai ; car je suis miséricordieux.

Ici est annoncée l’intervention de l’Éternel et, lorsque le peuple dans son ensemble aura moralement sombré dans le mépris de l’étranger, de la veuve et de l’orphelin, il ne restera comme issue que l’exil, ce que soulignera le prophète (Ézéchiel 22:29-31).

Le respect des dirigeants – 22:28

Une société structurée s’impose, et les personnes qui sont en charge d’autorité assument une tâche importante et pas toujours gratifiante, même dans la sphère de la foi (Hébreux 13:17, 1 Pierre 2:13).

28 Tu n'outrageras pas les juges, et tu ne maudiras pas le prince de ton peuple.

Ceci étant, soumission n’est ni approbation aveugle, ni condescendance servile. Les prophètes d’Israël n’ont pas manqué d’avertir les dirigeants défaillants, mais jamais ils n’engagèrent à la révolte.

La relation à Dieu – 22:29-31

L’Éternel Dieu a-t-il besoin de quoi que ce soit ? Manque-t-il de quelque chose ? Non, assurément ! Mais comment un homme exprimerait-il sa reconnaissance sans un geste effectif ? La dîme est annoncée, comme déjà nous le voyons dans l’histoire d’Abraham (Genèse 14:20). Cela sera précisé au Livre du Lévitique : "Et toute dîme de la terre, de la semence de la terre, du fruit des arbres, est à l'Éternel : c'est une chose sainte consacrée à l'Éternel." (Lévitique 27:30).

29 Tu ne différeras point à m'offrir de l'abondance de ton grenier et de ce qui coule de ton pressoir. Le premier-né de tes fils, tu me le donneras. 30 Tu feras ainsi de ton bœuf et de ton menu bétail : il sera sept jours avec sa mère ; le huitième jour, tu me le donneras.
 
31 Et vous me serez des hommes saints, et vous ne mangerez point de la chair déchirée aux champs ; vous la jetterez aux chiens.

Des "hommes saints", autrement dit des "hommes séparés", des hommes qui ne se permettent pas d’agir sans discernement, et certainement pas dans l’imitation de ce qui se passe parmi les nations. Ils sont appelés à se tenir loin de toute souillure, ici la chair déchirée d’une bête trouvée en chemin. Pensons au sens moral d’une telle disposition. Il est développé dans ce qui suit… L’exposé de ce qui manifeste une vie digne du Créateur.


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Exode 23 L'Alliance du Sinaï (3/3)


 

Vérité et droiture – 23:1-9

Faut-il détailler les comportements indélicats, indignes, qui se manifestent en ce monde ? Le texte le fait ! Parce qu’il s’adresse à un peuple qui n’est pas meilleur que les autres peuples de la terre, et que des actes condamnables peuvent s’y produire… Faux bruits, faux témoignages sont clairement réprouvés, mais par contre sont encouragés les soucis du prochain et du pauvre, le rejet de toute forme de corruption et le respect de l’étranger.

23  1 Tu ne feras pas courir de faux bruits. Tu ne donneras pas la main au méchant, pour être un témoin inique. 2 Tu n'iras pas après la foule, pour mal faire ; et tu ne répondras pas dans un procès en penchant du côté de la foule, pour faire fléchir le jugement. 3 Et tu ne favoriseras pas le pauvre dans son procès.
 
4 Si tu rencontres le bœuf de ton ennemi, ou son âne, égaré, tu ne manqueras pas de le lui ramener. 5 Si tu vois l'âne de celui qui te hait couché sous son fardeau, tu te garderas de l'abandonner ; tu ne manqueras pas de le délier avec lui.
 
6 Tu ne feras pas fléchir le jugement de ton indigent dans son procès. 7 Tu t'éloigneras de la parole de mensonge, et tu ne tueras pas l'innocent et le juste ; car je ne justifierai pas le méchant. 8 Et tu ne recevras pas de présent ; car le présent aveugle ceux qui voient clair, et pervertit les paroles des justes.
 
9 Tu n'opprimeras pas l'étranger ; car vous savez ce qu'est le cœur d'un étranger, car vous avez été étrangers dans le pays d'Égypte.

Ces quelques exemples exposent les situations qui éclairent la vie sociale dans laquelle doivent être manifestées la vérité, la compassion et la droiture.

L’année sabbatique et les fêtes – 23:10-19

Etant avertis de ce qui plaît à Dieu dans les comportements sociaux des hommes, les Israélites prennent alors connaissance des dispositions si heureuses de l’Alliance. Il s’agit du don du shabbat, le jour de repos hebdomadaire, complété de l’année shabbatique. Chaque septième année, la terre qui leur apporte la nourriture doit être en repos ; mais aussi, chaque septième jour de la semaine, ce sont les hommes qui jouissent du repos, le texte soulignant qu’alors "les serviteurs peuvent souffler..." Et dans cette mention, nous découvrons une notion nouvelle ! Pensons ! Si elle n’était pas exprimée, ne se trouverait-il pas un l’un ou l’autre maître pour pratiquer le shabbat lui-même tout en pressant ses domestiques davantage ? Un homme est un homme ! L’observation de règles de façon légaliste peut toujours conduire à des détournements et des abus. Le Shabbat était à vivre avant tout en esprit…

10 Pendant six années tu sèmeras ta terre, et tu en recueilleras le rapport ; 11 et la septième, tu la laisseras en jachère, et tu la laisseras inculte, et les indigents de ton peuple en mangeront, et ce qu'ils laisseront de reste, les bêtes des champs le mangeront. Tu en feras de même pour ta vigne et pour ton olivier. 12 Six jours tu feras ton ouvrage, et le septième jour tu te reposeras, afin que ton bœuf et ton âne aient du repos, et que le fils de ta servante et l'étranger respirent.
 
13 Vous prendrez garde à tout ce que je vous ai dit ; et vous ne mentionnerez pas le nom d'autres dieux ; on ne l'entendra point de ta bouche.

Tout paraît être dit, et conclu par ces mots : "Vous prendrez garde à tout ce que je vous ai dit…" Mais la parole ne s’arrête pas là. Il y a les fêtes à l’Éternel à célébrer. Des commandements ? Certes ! Mais quel privilège que de s’arrêter au cours de l’année pour célébrer la bonté de Dieu. La première citée est celle des "Pains sans levain", cette semaine au cours de laquelle il ne se trouve aucun levain dans les maisons des Israélites. Ceux-ci exprimeront ainsi leur volonté de s’écarter de toute voie qui n’honore pas l’Éternel ; ils souligneront le respect de l’Alliance, l’adhésion à la Loi de l’Éternel. Des siècles plus tard, l’apôtre, exposant la signification morale de la fête, s’exprime par ces mots : "Ôtez le vieux levain, afin que vous soyez une nouvelle pâte, comme vous êtes sans levain. Car aussi notre pâque, Christ, a été sacrifiée : c'est pourquoi célébrons la fête, non avec du vieux levain, ni avec un levain de malice et de méchanceté, mais avec des pains sans levain de sincérité et de vérité." (1 Corinthiens 5:7-8).

14 Trois fois l'an tu me célébreras une fête. 15 Tu garderas la fête des pains sans levain ; pendant sept jours, au temps fixé du mois d'Abib, tu mangeras des pains sans levain, comme je t'ai commandé, car en ce mois tu es sorti d'Égypte ; et on ne paraîtra pas à vide devant ma face ; 16 et la fête de la moisson des premiers fruits de tes travaux, de ce que tu auras semé dans le champ ; et la fête de la récolte, à la fin de l'année, quand tu recueilleras du champ les fruits de tes travaux. 17 Trois fois l'an tous tes mâles paraîtront devant la face du Seigneur, l'Éternel.

Vient l’expression de la joie des moissons : la fête des Premiers fruits et la fête de la Récolte. La première est célébrée au printemps, tombant même certaines années au cours de la semaine des Pains sans levain, alors que paraissent les premiers épis dans les champs, Les Israélites sont conduits à les offrir au Seigneur, Celui qui leur donne la terre et son produit. La fête de la Récolte, quant à elle, se célèbre à son achèvement, la fin de l’année du point de vue d’une population d’agriculteurs. Ces deux fêtes seront marquées par des rites particuliers, à savoir la présentation de la "Gerbe des Prémices", le lendemain du shabbat, et la "Fête des semaines" cinquante jours plus tard, c’est la Pentecôte (Lévitique 23:9-20).
 
La notion d’offrande étant introduite, le texte ajoute des prescriptions importantes pour en préciser le sens.

18 Tu n'offriras point le sang de mon sacrifice avec du pain levé ; et la graisse de ma fête ne passera pas la nuit jusqu'au matin.
 
19 Tu apporteras à la maison de l'Éternel, ton Dieu, les prémices des premiers fruits de ta terre.
 
   Tu ne cuiras pas le chevreau dans le lait de sa mère.

Le Livre du Lévitique donnera le rituel complet de ces célébrations, mais nous trouvons ici les éléments essentiels. Le levain tout d’abord. Il en est exclu car il représente ce qui dans l’homme doit être "racheté", comme nous le comprenons dans le rite de la Fête des Pains sans levain (12:15, 1 Corinthiens 5:7). Ainsi que nous le lisons par ailleurs, l’offrande sera consommée par les sacrificateurs au Parvis, un repas qui appartient au rite de la fête, excluant toute consommation de manière profane. Mettre à part comme offrande les prémices des récoltes exprime la reconnaissance à Dieu, une pensée qui doit accompagner tout le temps de la récolte…
 
Le texte se termine par : "Tu ne cuiras pas le chevreau dans le lait de sa mère." Etonnante assertion qui termine tout le texte de la Loi ! Et reprise deux fois dans la Torah (34:26 et Deutéronome 14:21). La consommation de viande accompagnée de crème ou de lait était commune, comme nous le voyons déjà dans le repas préparé par Abraham pour ses visiteurs (Genèse 18:7-8). Et nous lisons ici une restriction significative à cette pratique courante. Prendre un chevreau pour le cuire dans le lait de sa mère imposerait que le chevreau ne soit pas encore sevré, et qu’il soit ainsi arraché à sa génitrice… Cette prescription souligne la délicatesse requise, l’attention à la souffrance même d’un animal, et ici de la mère… Cette assertion qui clôture ici les Paroles de la Loi souligne l’essence même de l’Alliance, nous rappelant qu’elle est fondée sur la bonté. La bonté de Dieu qui en appelle à la bonté des hommes.
 
Aimer l’Alliance, s’appliquer avec bonheur à la pratique des enseignements de Dieu, se réjouir devant l’Éternel, voici sans doute la ligne simple de la vie heureuse du croyant. "Il t'a déclaré, ô homme, ce qui est bon. Qu'est-ce que l'Éternel recherche de ta part, sinon que tu fasses ce qui est droit, que tu aimes la bonté, et que tu marches humblement avec ton Dieu ?" (Michée 6:8).

 
Promesses de l’Éternel - 23:20-33

Tout est dit de l’Esprit de la Loi. Le cadre de vie proposé aux Israélites est dépeint. S’attacher à l’Alliance n’est pas seulement une forme de profession de foi, c’est un peuple marchant avec Dieu, Un et Unique, le Seigneur les conduisant. Tant qu’Israël sera attaché à l’Alliance, les ennemis seront écartés ! Les errements qui seront constatés conduiront à des souffrances, ce qu’illustrera le Livre des Juges, mais de toute manière le peuple sera conduit au pays promis, car la Promesse ne peut être abrogée. "La Loi, qui est survenue quatre cent trente ans après, n'annule point une alliance antérieurement confirmée par Dieu, de manière à rendre la promesse sans effet" (Galates 3:17). L’apôtre mettait là en contraste l’Alliance conclue au Sinaï et la Promesse faite à Abraham (enèse 12:1-3).
 
Et l’Éternel fait entendre à Moïse qu’Il sera là pour les guider dans le désert et leur ouvrir le pays ; en effet, le "messager" annoncé, présence mystérieuse dans la nuée qui les conduit, n’est autre que le Seigneur lui-même manifesté par sa Parole, car "la Parole était auprès de Dieu, et la Parole était Dieu." (Jean 1:1). Ainsi lisons-nous : "si tu écoutes attentivement sa voix…"

20 Voici, j'envoie un messager devant toi, pour te garder dans le chemin, et pour t'amener au lieu que j'ai préparé. 21 Tiens-toi attentif devant lui, écoute-le ; ne l'irrite pas ; il ne pardonnera point votre transgression, car mon nom est en lui. 22 Mais si tu écoutes attentivement sa voix, et si tu fais tout ce que je dirai, je serai l'ennemi de tes ennemis et l'adversaire de tes adversaires. 23 Car mon messager ira devant toi, et t'amènera vers l'Amoréen, et le Héthien, et le Phérézien, et le Cananéen, le Hévien, et le Jébusien, et je les exterminerai.
 
24 Tu ne te prosterneras point devant leurs dieux, et tu ne les serviras point, et tu ne feras pas selon leurs œuvres ; mais tu les détruiras absolument, et tu briseras entièrement leurs stèles. 25 Vous servirez l'Éternel, votre Dieu, et il bénira ton pain et tes eaux, et j'ôterai la maladie du milieu de toi. 26 Il n'y aura pas de femelle qui avorte, ou qui soit stérile dans ton pays ; j'accomplirai le nombre de tes jours.
 
27 J'enverrai ma frayeur devant toi, et je mettrai en déroute tout peuple contre lequel tu iras, et je ferai que tous tes ennemis tourneront le dos devant toi. 28 Et j'enverrai des frelons devant toi, et ils chasseront le Hévien, le Cananéen et le Héthien de devant toi. 29 Je ne les chasserai pas devant toi en une année, de peur que le pays ne devienne un désert et que les bêtes des champs ne se multiplient contre toi ; 30 je les chasserai peu à peu devant toi, jusqu'à ce que tu croisses en nombre, et que tu hérites le pays.
 
31 Et j'ai établi tes limites depuis la mer des Joncs jusqu'à la mer des Philistins, et depuis le désert jusqu'au fleuve ; car je livrerai entre tes mains les habitants du pays, et tu les chasseras de devant toi. 32 Tu ne traiteras point alliance avec eux, ni avec leurs dieux. 33 Ils n'habiteront pas dans ton pays, de peur qu'ils ne te fassent pécher contre moi, car tu servirais leurs dieux ; certainement ce serait un piège pour toi.

Peuple heureux s’il garde l’Alliance, et qui trouvera le pays ouvert, progressivement, suivant la croissance de sa population, car sans cela il se trouverait investi par les bêtes sauvages.
 
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Nous l’aurons bien compris : l’Alliance n’est pas un "code pénal", même si des clauses de ce type y sont mentionnées, lesquelles nécessitent l’intervention d’un juge en Israël. Elle est avant tout un "guide de vie", l’expression de comportements se référant dans les circonstances journalières à la pensée de Dieu. Elle rend compte de ce qui est au cœur du comportement d’un homme de foi, là où un juge, si avisé soit-il, ne peut atteindre, car qui peut pénétrer les intentions de l’âme sinon Dieu seul ? C’est pourquoi il est écrit  "L'Éternel regarde au cœur" (1 Samuel 16:7), et encore "Car la parole de Dieu est vivante et opérante, et plus pénétrante qu'aucune épée à deux tranchants, et atteignant jusqu'à la division de l'âme et de l'esprit, des jointures et des moelles ; et elle discerne les pensées et les intentions du cœur" (Hébreux 4:12).
 
Nous comprenons ainsi que l’attachement à l’Alliance ne procède ni de l’abstention d’actes délictueux, ni de l’accomplissement d’actes rituels ; ces derniers sont institués pour que soit ranimée ou fortifiée la foi personnelle. Le respect de l’Alliance est un engagement de cœur, sincère, dans la joie de la fidélité à Dieu.


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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