22/06/2013

Exode 12:1-20 Le Repas Pascal (1/2)


 

L'EXPERIENCE DU DESERT

Je vous ai portés sur des ailes d’aigle et je vous ai fait venir à moi.
Exode 19:4 

"Je vous ai portés sur des ailes d’aigle et je vous ai fait venir à moi" (Exode 19:4). Une parole en exergue pour exprimer l’essence des expériences du désert. En effet, les pleurs d’une nation taillable et corvéable à merci par le puissant pharaon ont été entendus, et c’est là, lorsque le Seigneur Dieu apporte la délivrance, que commence l’apprentissage des hommes. Voici qui illustre la conversion, le commencement de la nouvelle vie, ce qui est "vraiment la vie" (1 Timothée 6:19). Ayant saisi la proclamation ""Laisse aller mon peuple" (Exode 5:1), le croyant, saisissant la grâce, réalise la réalité de Dieu et la vérité de son message de libération : il peut vivre dans le chemin tracé par le Créateur, se détournant résolument de l'assujettissement à la puissance de "ce qui est dans le monde" (1 Jean 2:16) pour "servir le Dieu vivant et vrai" (1 Thessaloniciens 1:9).
 
Certes la vie avec Dieu, délivré du cadre parfois douloureux imposé par les puissants, n’est pas un parcours aisé. La foi vacille bien souvent, mais le cœur se fortifie. Tel est le chemin des Israélites dans le désert.
 
Recevoir la parole de Moïse, ce prophète exceptionnel, était déjà une épreuve en soi. Lorsqu’au nom de l’Éternel, il clame au pharaon : « Laisse aller mon peuple » (Exode 5:1), l’étau du servage se resserre dramatiquement ; le peuple alors plonge dans la crainte, et la crainte, mauvais conseillère, conduit à des mouvements de rébellion contre Moïse… Mais un jour, ou plutôt une nuit, une grande activité se manifeste dans les maisons des Israélites. L’agneau pascal est consommé, et là commence en réalité le désert, la rupture avec la terre de Goshen, une région de riches pâturages et en cultures vivrières – que de fois ne regretteront-ils pas les concombres et les melons d’Egypte. Vient alors la traversée de la Mer des Joncs et le cantique de délivrance. La fin des poursuites, la liberté, mais aussi une nouvelle vie dans cette terre désertique qui mène à Sinaï. Là ils vont apprendre ce qu’est la confiance en Dieu, et cela n’ira pas sans difficulté. Il y aura les oasis luxuriantes, telles Elim, mais aussi l’inquiétude touchant la nourriture et la boisson. Et ils connaîtront le délice de la Manne et les eaux rafraîchissantes sortant du rocher frappé. Mais ces expériences seront toujours à renouveler, car il y a toujours des combats à mener.
 
Le peuple va être conduit au pied du Mont Sinaï. Remarquons qu’avant le don de la Loi et l’instauration du service sacerdotal, avant l’alliance contractée, Israël est un peuple sauvé par la grâce de Dieu, délivré du pouvoir du pharaon. Il connaît les soins de Dieu en consommant la Manne chaque jour, et en jouissant du repos hebdomadaire du Shabbat ; il a connu des combats et réalisé les délivrances opérées par l’Éternel… Mais lorsque Moïse est au Sinaï pendant quarante jours, l’inquiétude gagne et un Veau d’or est érigé. L’homme qui leur imprima la confiance avait disparu, et ils ressentent le besoin d’emblèmes, de signes visibles ! Et Aaron se laisse entraîner dans ce chemin. Une catastrophe qui sera suivie de bien d’autres. Mais Moïse intercède, véritablement rempli de la pensée de Dieu, authentiquement prophète ; en effet, le Seigneur voit toute circonstance avant qu’elle ne se soit présentée – pourrait-il en être autrement ! – et une voie de guérison est toujours présentée !
 
Peu après, les hommes envoyés en éclaireurs reviendront du pays « ruisselant de lait et de miel », et livreront un rapport en demi-teinte… Trop beau pour être accessible, dirent la majorité d’entre eux, alors qu’ils ne sont que deux pour y croire. C’est le découragement, et l’aveu d’un manque de confiance dans la parole de Dieu prononcée par Moïse ! Et toute une génération mourra dans le désert.
 
Errer dans le désert, suivant sans doute la colonne de nuée, mais sans perspective à court terme, ne tarde pas à pousser à la rébellion contre ceux qui, à leurs yeux, les ont menés dans ce désert sous le prétexte d’un avenir radieux ! C’est la contradiction de Coré et de ses associés contre Moïse et Aaron. Des familles sont englouties dans les profondeurs de la terre.
 
Les années passent. Vient alors le dernier tournant, lorsque d’Etsion Guéber, sur le golf d’Akkaba, le peuple monte droit au nord vers Canaan par la route qui traverse Moab. Moïse est fatigué de ce peuple rebelle et frappe deux fois le rocher pour en faire venir l’eau, mais il devait parler seulement, le rocher ne devait être frappé qu’une seule fois… Et il ne conduira pas le peuple en Canaan ! Mort de Marie, et d’Aaron peu après. Pour le peuple, quelques mois paisibles, dans l’approche de Moab, mais ils sont alors confrontés à l’opposition du roi de ce peuple qui leur est pourtant apparenté. Il mandate un prophète cupide, Balaam, mais celui-ci ne peut que souligner l’avenir radieux d’Israël ; et il finit par induire le peuple d’Israël à heurter l’Éternel par le désordre moral qui s’installe au sein du peuple choisi… Cet épisode ne se termine pas sans mal.
 
La fin de la traversée du désert est venue. Un dernier discours de Moïse, avant qu’il ne monte au Mont Nebo d’où il parcourt du regard ce pays promis où il ne rentrera pas, et est enseveli par Dieu lui-même. Deux tribus et la moitié d’une troisième ont demandé de ne pas monter au pays promis, mais leurs hommes accompagneront le peuple dans la traversée du Jourdain sous la conduite de Josué. Il y a de la place dans le pays, mais les peuples de Canaan leur feront la guerre… Chaque génération doit apprendre le combat, « pour savoir s'ils écouteraient les commandements de l'Éternel, qu'il avait commandés à leurs pères par Moïse » (Juges 3:4),

 

 
LA SORTIE D'EGYPTE
De Ramsès à l'oasis d'Elim
Exode 12 à 15


Soutenue par les plaies qui se sont abattues sur l’Egypte, la parole de l’Eternel communiquée au Pharaon par Moïse et Aaron est enfin entendue. Le Pharaon est contraint de laisser aller la descendance d’Israël, laquelle il avait soumis à un dur servage. Mais il ne peut s’agir d’une débandade, d’une simple opportunité. Le peuple qui quitte l’Egypte doit être conscient de la situation, il doit comprendre la grâce qui lui est faite et de son appel à une nouvelle vie, il doit réaliser que dorénavant il aura à marcher avec Dieu.
 
Ainsi, avant que le premier pas ne soit fait, dans toutes les familles des Israélites, une célébration doit être accomplie. Un agneau gardé pendant trois jours à cette fin est sacrifié, et un repas bien particulier a lieu. Ce repas exprime la foi des Israélites, la confiance de chaque chef de famille dans la délivrance qui s’accomplit, et fonde un mémorial qui sera reproduit d’année en année. Le repas pris à la hâte est immédiatement suivi du départ ; l’Egypte, dans tout ce qu’elle représente, est dorénavant derrière eux. Le peuple choisi par l’Éternel pour son service est en marche.

 

 
LE REPAS DE LA PÂQUE
Exode 12:1-28

L’Eternel a vu la douleur du peuple et envoyé Moïse dire au Pharaon, par la bouche d’Aaron : "Laisse aller mon peuple !" (Exode 5:1). Un peuple soumis jusque là à une rude servitude, mais choisi pour porter les oracles de Dieu (Romains 3:2), et être ainsi serviteur de l’Éternel, un maître débonnaire comme l’exprime la louange de David (2 Samuel 22:36, Psaume 18:35) et le souligne la parole de Jésus (Matthieu 11:29, 21:5). Soulignons ici que le peuple n’est pas "élu" entre d’autres peuples en vertu de quelque mérite particulier, mais "choisi" selon le libre choix de Dieu, ainsi qu’il est écrit : "Ce n'est pas parce que vous étiez plus nombreux que tous les peuples, que l'Éternel s'est attaché à vous et vous a choisis ; car vous êtes le plus petit de tous les peuples…" (Deutéronome 7:7).

12  1  L'Éternel parla à Moïse et à Aaron dans le pays d'Égypte, disant : 2 Ce mois-ci sera pour vous le commencement des mois ; il sera pour vous le premier des mois de l'année. 3 Parlez à toute l'assemblée d'Israël, disant : Au dixième jour de ce mois, vous prendrez chacun un agneau par maison de père, un agneau par maison. 4 Et si la maison est trop peu nombreuse pour un agneau, que lui et son voisin le plus rapproché de sa maison, le prennent, selon le nombre des âmes ; vous compterez pour l'agneau d'après ce que chacun peut manger.

Ce n’est pas le nouvel-an tel que célébré à l’époque – celui-ci était fêté à l’automne – et pourtant ce mois du printemps sera déclaré "le commencement des mois". Car c’est alors que commence la nouvelle vie du peuple d’Israël. Fini l’assujettissement. Un petit peuple, jusque-là écrasé, se lève et se met en marche dans le chemin tracé par l’Eternel ! Dans chaque maison des Israélites, le regard est porté sur "l’agneau", signe dont la force est ressentie par tout fils d’Abraham, car il est écrit : "Mon fils, Dieu se pourvoira de l'agneau pour l'holocauste" (Genèse 22:8). Et c’est ainsi, en considérant le don de Dieu, que le repas du départ sera célébré, la célébration de "la pâque", c’est-à-dire du "passage", car, est-il expliqué plus loin, cette nuit-là passera sur l’Egypte un jugement, source d’une grande douleur, à moins qu’un signe de foi ne soit manifeste et épargne du jugement tous ceux qui seront dans la maison. Manifestation de grâce, et signe de libération d’un joug inflexible.

 
L'Agneau immolé - 12 :5-13
 
La nuit du départ, avant le don de la Loi, avant même les premiers pas dans le désert, nous voyons un peuple qui se prépare à une longue route, tenant compte des plus faibles et des enfants qui seront du voyage. Il faut plusieurs jours pour aller de la terre de Goshen au pays de Canaan, la terre promise à Israël. Ils ne peuvent connaître alors l’errance au désert qui durera quarante années.
 
Ce qu’il faut remarquer avant toute autre chose, c’est qu’il n’y a pas de grand rassemblement autour de Moïse, pas de large manifestation. La célébration a lieu dans chaque maison des Israélites. Il s’agit ici avant tout d’un engagement du chef de famille, marqué par des gestes explicites, à commencer par la mise à part d’un agneau qui sera sacrifié "entre les deux soirs", entre le coucher du soleil et la nuit le plus noire. Chaque maison doit être marquée, signalée, comme pour dire à tous "nous partons", "nous nous engageons dans une nouvelle vie" ! Le linteau et les poteaux de l’entrée sont badigeonnés du sang de l’agneau, l’agneau immolé dont ils goûteront la chair rôtie au feu. Un signe d’adhésion, de confiance, de foi dans la parole de l’Éternel.

5 Vous aurez un agneau sans défaut, mâle, âgé d'un an ; vous le prendrez d'entre les moutons ou d'entre les chèvres ; 6 et vous le tiendrez en garde jusqu'au quatorzième jour de ce mois ; et toute la congrégation de l'assemblée d'Israël l'égorgera entre les deux soirs. 7 Et ils prendront de son sang, et en mettront sur les deux poteaux et sur le linteau de la porte, aux maisons dans lesquelles ils le mangeront ; 8 et ils en mangeront la chair cette nuit-là ; ils la mangeront rôtie au feu, avec des pains sans levain, et des herbes amères. 9 Vous n'en mangerez pas qui soit à demi cuit ou qui ait été cuit dans l'eau, mais rôti au feu : la tête, et les jambes, et l'intérieur. 10 Et vous n'en laisserez rien de reste jusqu'au matin ; et ce qui en resterait jusqu'au matin, vous le brûlerez au feu. 11 Et vous le mangerez ainsi : vos reins ceints, vos sandales à vos pieds, et votre bâton en votre main ; et vous le mangerez à la hâte. C'est la pâque de l'Éternel. 12 Et je passerai par le pays d'Égypte cette nuit-là, et je frapperai tout premier-né dans le pays d'Égypte, depuis l'homme jusqu'aux bêtes, et j'exercerai des jugements sur tous les dieux de l'Égypte. Je suis l'Éternel. 13 Et le sang vous sera pour signe sur les maisons où vous serez ; et je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous, et il n'y aura point de plaie à destruction au milieu de vous, quand je frapperai le pays d'Égypte.

L’agneau étant rôti, s’agira-t-il de prendre ce repas comme un festin enrichi de mets délicats. Que du contraire ! Le pain sera sans levain, et la viande sera préparée avec des herbes amères. Pas question non-plus de s’asseoir et de se congratuler comme en repas festif ! C’est debout qu’ils le prendront, prêts à partir, "les sandales aux pieds et le bâton à la main". Ce n’est pas peu de choses que ce geste ! Il fallait une conviction profonde pour quitter d’un geste une vie de servage afin de s’engager dans une marche avec l’Éternel vers un nouvel horizon. Une manifestation de foi en la parole de Dieu communiquée par ses envoyés ! La conviction qu’ils s’en vont vers un pays où ils jouiront de liberté, pourront marcher selon leur vocation, se tenir sur le chemin de Dieu. Mais avec la liberté, il y a la responsabilité…
 
En chemin, dans le désert, ils apprendront bien des choses sur eux-mêmes, ils constateront plus d’une fois qu’ils ne méritent pas ce qui leur est promis, mais toutes ces fois ils constateront la débonnaireté de Dieu… Non le laxisme, car la justice de Dieu n’est pas un vain mot, mais la bonté qui, sans jamais se départir de la justice, ne peut rencontrer d’empêchement…

 
Institution du mémorial - 12 :14-20
 
Le départ dans le chemin de la foi est d’une telle importance – il s’agit en fait d’une re-naissance, d’une nouvelle vie – qu’il faudra régulièrement repenser à ce départ. Aussi un mémorial est institué. D’année en année, il y aura lieu de se remémorer cette nuit, ces instants où, dans un geste de foi, la nouvelle vie a commencé. Et ce repas de la pâque pris dans la simplicité de la famille sera suivi d’une semaine bien particulière, ils ne mangeront durant ces jours nul pain levé, rien que du pain azyme ; c’est la "Fête des Pains sans levain", laquelle commence par un grand rassemblement et se termine pareillement, au septième jour.

14 Et ce jour-là vous sera en mémorial, et vous le célébrerez comme une fête à l'Éternel ; vous le célébrerez en vos générations comme un statut perpétuel.
 
15 Pendant sept jours vous mangerez des pains sans levain : dès le premier jour, vous ôterez le levain de vos maisons ; car quiconque mangera du pain levé, du premier jour au septième jour, cette âme-là sera retranchée d'Israël. 16 Et le premier jour vous aurez une sainte convocation, et le septième jour une sainte convocation ; il ne se fera aucune œuvre en ces jours-là ; seulement ce que chacun mangera, cela seul se fera par vous.
 
17 Et vous garderez la fête des pains sans levain, car en ce même jour j'ai fait sortir vos armées du pays d'Égypte ; et vous garderez ce jour-là en vos générations, comme un statut perpétuel. 18 Le premier mois, le quatorzième jour du mois, au soir, vous mangerez des pains sans levain, jusqu'au vingt et unième jour du mois, au soir. 19 Pendant sept jours il ne se trouvera point de levain dans vos maisons ; car quiconque mangera de ce qui est levé, cette âme-là sera retranchée de l'assemblée d'Israël, étranger ou Israélite de naissance. 20 Vous ne mangerez rien de levé ; dans toutes vos habitations vous mangerez des pains sans levain.

Devant la sévérité de cette injonction touchant la célébration de cette semaine, nous pourrions nous demander pourquoi ! Mais considérons la grâce de Dieu, sa bonté envers ces familles libérées. S’ils oubliaient la libération dont ils jouissent en vérité, qu’adviendrait-il d’eux ? Dans le cours des activités quotidiennes et soumis aux tracas de la vie, la foi tend à se dissoudre. Et que resterait-t-il alors, sinon l’oubli des délivrances passées, voire l’abandon de l’alliance. Et celle-ci se traduit alors par une attitude de mépris touchant le mémorial institué. Quelle importance dirions-nous de manger du pain azyme et non du pain levé pendant cette courte période de l’année ? Pour un Israélite, une telle question est déjà le chemin de l’abandon ! Car la foi, lorsqu’elle réalise les délivrances, la bonté de Dieu, ses desseins de grâce, ne se pose pas de telles questions, elle se réjouit de manifester pratiquement son attachement à l’Éternel.
Les manifestations cérémonielles étaient importantes en Israël dans leur propre contexte, et ne sont pas le fait de la vie chrétienne. Cependant il est deux signes majeurs qui sont essentiels : le baptême attestant de l’appartenance à une famille chrétienne, et le repas de la Cène. Ce dernier est la commémoration d’une délivrance plus grande encore que celle des Israélites quittant l’Egypte, une demande faite par le Seigneur lui-même : "Faites ceci en mémoire de moi" (Luc 22:19). Et les disciples y ont répondu en se réunissant chaque premier jour de la semaine, jour de la résurrection (Actes 20:7).
La question du levain doit être abordée. Que peut représenter de s’abstenir de la nourriture commune ainsi, pendant sept jours ? Nous lisons que, ayant quitté l’Egypte à la hâte, les Israélites n’ont pas pu attendre que le pain soit levé… Rappel de circonstance donc ? Pas seulement. Derrière ce fait, nous pouvons comprendre qu’il n’eût pas été bon de s’attarder, de prendre le temps de penser… Qu’auraient été ces pensées dans un moment aussi critique ? L’occasion d’hésitations, de mises en doute, d’étouffement du vrai mouvement de foi qui s’était manifesté !
 
La première mention du levain se trouve lors du repas préparé par Abraham au passage des trois hommes dans lesquels nous pouvons discerner une forme d’apparition de l’Éternel et des deux anges qui agirent à Sodome (Genèse 19:3). Le repas se fit sans levain. Et du levain, il ne pouvait en être présent dans les sacrifices offerts l’Éternel (Lévitique 2:4). Image donc de ce qui vient de l’homme, de l’imperfection, et même d’avantage, lorsque nous lisons la parole de l’apôtre : "Ôtez le vieux levain, afin que vous soyez une nouvelle pâte, comme vous êtes sans levain. Car aussi notre pâque, Christ, a été sacrifiée" (1 Corinthiens 5:7). Et voici la clé de cette célébration, image de la vie du croyant libéré pour marcher selon Dieu, délivré en vertu du sacrifice de Christ, l’agneau de Dieu.


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
ACCEDER
AU SITE

 
 

Exode 12:21-28 Le Repas Pascal (2/2)


 

La nuit du départ - 12 :21-28
 
L’enseignement étant donné, voici le moment de mettre la parole en pratique. Il s’agit d’un appel à la foi de tous les Israélites, car il en fallait pour croire à la grâce exercée pour quiconque aura reçu la parole touchant l’agneau et aura appliqué son sang à l’entrée de la maison. Le geste posé par le chef de famille, sa foi personnelle donc, est au bénéfice de tous ceux qui sont à l’abri de sa maison, alors même que sa foi pourrait n’être pas partagée par tous, et qu’elle ne pourrait être comprise par les petits enfants. Mais toutes les âmes qui sont dans la maison sont "mises à part" et engagées dans la voie qui mènera au pays "ruisselant de lait et de miel".
Nous voyons ici combien, à côté du principe que la foi est une relation personnelle avec Dieu, la famille est un principe fondamental aux yeux du Créateur. La famille toute entière est conduite hors d’Egypte en vertu de la foi du chef de famille. Nous lisons ce même principe dans les écrits de l’apôtre : "Car le mari incrédule est sanctifié par la femme, et la femme incrédule est sanctifiée par le frère (son mari) ; puisque autrement vos enfants seraient impurs ; mais maintenant ils sont saints." (1 Corinthiens 7:14). "Saints", entendons-nous : ce terme signifie "mis à part", il n’induit pas autre chose que l’affirmation d’une place particulière au regard de Dieu, et n’ôte en rien la responsabilité personnelle de chaque homme face à la rédemption offerte.
Le moment était venu de mettre en pratique les directives touchant le départ, et notamment la préparation du repas pascal. Un nouveau malheur devait atteindre l’Egypte, la "dixième plaie" (Exode 11) afin que soit établi que la parole de Dieu devait être entendue. Pour les Israélites, la foi manifestée par l’application du sang de l’agneau à l’entrée de la maison était l’abri de leurs familles.

21 Et Moïse appela tous les anciens d'Israël, et leur dit : Tirez à part et prenez du menu bétail selon vos familles, et égorgez la pâque. 22 Et vous prendrez un bouquet d'hysope, et vous le tremperez dans le sang qui sera dans le bassin ; et du sang qui sera dans le bassin, vous aspergerez le linteau et les deux poteaux ; et nul d'entre vous ne sortira de la porte de sa maison, jusqu'au matin. 23 Car l'Éternel passera pour frapper les Égyptiens ; et il verra le sang sur le linteau et sur les deux poteaux, et l'Éternel passera par-dessus la porte, et ne permettra pas au destructeur d'entrer dans vos maisons pour frapper.
 
24 Vous garderez cela comme un statut pour toi et pour tes enfants, à toujours. 25 Lorsque vous serez entrés dans le pays que l'Éternel vous donnera, comme il l'a dit, il arrivera que vous garderez ce service. 26 Et quand vos enfants vous diront : Que signifie pour vous ce service ? 27 il arrivera que vous direz : C'est le sacrifice de la pâque à l'Éternel, qui passa par-dessus les maisons des fils d'Israël en Égypte, lorsqu'il frappa les Égyptiens et qu'il préserva nos maisons. Et le peuple s'inclina, et ils se prosternèrent.
 
28 Et les fils d'Israël s'en allèrent, et firent comme l'Éternel l'avait commandé à Moïse et à Aaron ; ils firent ainsi.

Ce jour était exceptionnel. Les Israélites en avaient fini d’être des serfs taillables et corvéables à merci. Ils allaient entreprendre une nouvelle vie, en lien avec l’Éternel, le Créateur des cieux et de la terre, une vie "d’hommes debout". Ils ne passaient pas d’un esclavage à un autre, d’un assujettissement à un nouveau, mais entraient dans la vraie vie, celle que Dieu a voulue pour l’homme. Ils étaient appelés à saisir "ce qui est vraiment la vie" (1 Timothée 6:19). Et la commémoration de ce départ fournissait aux chefs de famille l’occasion de répondre aux questions de leurs enfants, et leur rappeler d’année en année quelle est leur propre vocation…
 
Cette nuit, dès que l’agneau fut immolé et le sang appliqué à l’entrée de la maison, le repas fut rapide, pris à la hâte en tenue de voyage… Expression de détermination qui ne laisse pas le temps aux doutes, aux mises en question. Ils laissaient derrière eux la richesse de l’Egypte, mais aussi leur propre assujettissement…
 
Comment ne pas lire ici ce qui est le fait du départ dans la vie de foi de tout homme dont les yeux se sont ouverts aux réalités éternelles, dont la vie est transformée ? Et cela ne peut que se constater… "Car eux-mêmes racontent de nous quelle entrée nous avons eue auprès de vous, et comment vous vous êtes tournés des idoles vers Dieu, pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des cieux son Fils qu'il a ressuscité d'entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient" (1 Thessaloniciens 1:9-10).

 
Célébrations relevées dans la Bible hébraïque
 
Lors de la sortie d’Egypte, la foi des Israélites dans la parole prononcée par Moïse s’est exprimée, et c’est un peuple "debout", délivré déjà dans son esprit de l’assujettissement, qui se préparait au départ en prenant le repas de la Pâque. Une image très forte des premiers pas dans la foi, pour quiconque se tourne vers Dieu "pour servir le Dieu vivant et vrai" (1 Thessaloniciens 1:9).
 
Ce n’est pas sans raison qu’il fut demandé aux Israélites de répéter d’année en année "le repas pascal", célébrant ainsi en famille ce mémorial au cours duquel chacun était conduit à repenser son appel et induire des questions aux plus jeunes. Et après le repas pris dans la soirée – le commencement du jour selon la lecture biblique, "il y eût soir, il y eût mâtin" (Genèse 1:5) – lorsque le jour paraît, vient une grande célébration pour le peuple tout entier. C’est la "Fête des Pains sans levain" qui s’étend sur sept jours. Au septième jour, vient en clôture une nouvelle invitation à une cérémonie publique (Lévitique 23:5-7, Nombres 28:16-25).
 
Le texte biblique a retenu quelques célébrations particulières de cette fête annuelle.
Au désert de Sinaï, après le don de la Loi (Nombres 9:1-14)
Un an après la sortie d’Egypte, le peuple célèbre la Pâque et les Pains sans levain autour du Tabernacle. Deux dispositions importantes sont mentionnées. D’une part, les Israélites doivent recevoir les étrangers qui souhaitent célébrer la Pâque, et d’autre part, ceux qui ne pourraient célébrer la Pâque au premier mois sont appelés à le faire au second mois.
A l’entrée en Canaan, à Guilgal (Josué 5:10-12). Pour la première fois, le pain sans levain fut préparé avec du blé du pays. La manne cessa dès lors. C’est une nouvelle étape de la vie...
Sous le roi Ezéchias (2 Chroniques 30).
Alors que le royaume du nord est en plein marasme politique et spirituel, Ezéchias, roi de Juda, appelle tous les Israélites à célébrer la Pâque. Les prêtres n’étant pas en mesure de célébrer la Pâque au premier mois, la fête est organisée au deuxième mois. Des messagers sont envoyés dans tout le pays, et notamment au nord où ils sont mal reçus. Mais des Israélites de toutes les tribus se rassemblèrent à Jérusalem pour la célébration ; il y eût une grande joie lors de ce réveil spirituel.
Sous le roi Josias (2 Rois 23, 2 Chroniques 35:1-19)
Alors que le Temple était fermé, signe d’une ruine spirituelle gravissime, un jeune roi se lève, engage des travaux de restauration et fait reprendre le service sacerdotal. Le Livre de la Loi est alors retrouvé ! C’est dire l’état spirituel du peuple. Mais la fidélité et le dynamisme de ce jeune roi conduit à un nouveau réveil spirituel. La Pâque est célébrée avec joie. Un dernier sursaut de la foi avant le déclin que pleura le prophète Jérémie avec tous les fidèles.
Au retour de Babylone (Esdras 6:19-22)
Rebâtir le Temple n’a pas été œuvre aisée. Non tant par l’importance de la tâche, mais du fait de l’opposition, des pressions venant des notables non-Israélites de la contrée. Mais les prophètes Aggée et Zacharie ont ranimé la foi. Les travaux abandonnés pendant des années ont abouti et le Second Temple a été inauguré une vingtaine d’années après la sortie de Babylone. La Pâque est alors célébrée avec joie ; l’expression d’une vraie renaissance.

 
Célébration avant la Passion du Christ - Luc 22 :14-46
 
La nuit précédant la crucifixion (Mat.26:17-25, Marc 14:12-21, Luc 22:7-20, Jean 13:31-14:31), Jésus prend le repas de la Pâque avec ses disciples. Un repas d’une exceptionnelle importance comme nous le lisons à ces mots : "J’ai fort désiré de manger cette pâque avec vous, avant que je souffre". La sortie d’Egypte, la mise à l’abri de la puissance du Pharaon… cette délivrance est signe d’une autre libération, non d’une puissance humaine, mais de l’emprise de ce qui éloigne de Dieu. Ainsi ce moment est essentiel, car il conduit de la figure annonciatrice à l’accomplissement de l’œuvre de rédemption

La coupe qui clôture le repas pascal – Luc 22:14-18

Jésus "reçoit" une coupe, la dernière du repas, celle qui le clôture. Il l’accepte et évoque le royaume de Dieu qui doit venir avant de la faire circuler de mains en mains afin que chacun des convives y prennent part. Nous voyons ici une coutume bien établie, la dernière coupe du repas de la Pâque est un geste de communion et d’espérance, ou mieux un signe de communion dans l’espérance.

14 Et quand l'heure fut venue, il se mit à table, et les douze apôtres avec lui. 15 Et il leur dit : J'ai fort désiré de manger cette pâque avec vous, avant que je souffre ; 16 car je vous dis que je n'en mangerai plus jusqu'à ce qu'elle soit accomplie dans le royaume de Dieu. 17 Et ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : Prenez ceci et le distribuez entre vous, 18 car je vous dis que je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu'à ce que le royaume de Dieu soit venu.

Par les paroles prononcées, le Seigneur a fait état de la restauration d’Israël, selon la promesse maintes fois rappelées par les prophètes, une promesse qui sera confirmée encore par les apôtres et notamment par Jean, lorsqu’il rendra compte de ce qui lui fut révélé : "Le royaume du monde de notre Seigneur et de son Christ est venu, et il régnera aux siècles des siècles" (Apocalypse 11:15, voir aussi 12:10). Par cette coupe passée de main en main, le repas de la Pâque s’est achevé.

La deuxième coupe – Luc 22:20

Ensuite vient un geste distinct, nouveau. Nouveau, car il est hors de toute tradition. Ici, Jésus prend l’initiative et, dans ce geste, institue un autre repas composé d’un seul pain partagé entre tous et d’une coupe qui passe de main en main, un geste simple de mémorial.

19 Puis il prit du pain; après avoir rendu grâces, il le rompit et le leur donna, en disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. 20 Il fit de même avec la coupe, après le souper, en disant : Cette coupe est la alliance nouvelle en mon sang, qui est répandu pour vous.

Jésus dit "Ceci est mon corps" et ensuite "Ceci est mon sang". Soulignons la simplicité du geste. Paul, dans la nécessité d’en écrire aux Corinthiens (1 Corinthiens 11:16,20-26), confirme cette sobriété du geste et des paroles, montrant ainsi comment était reçu et mis en pratique le repas du mémorial de la mort de Jésus, ce dont les Actes des apôtres rendent aussi témoignage, lorsqu’il est écrit : "Et le premier jour de la semaine, lorsque nous étions assemblés pour rompre le pain…" (Actes 20:7). Et Paul atteste qu’n prenant part à la Cène, le croyant prenait bien une portion de pain (1 Corinthiens 11:26). Lorsque le Seigneur est au milieu de ses disciples, et qu’il dit "Ceci est mon corps, mon sang", nul ne pouvait se méprendre ; il y avait là, devant eux, d’un côté Jésus en personne et de l’autre ce qui allait être le symbole de son corps dans lequel il allait souffrir, et le symbole de sa vie donnée pour prix de notre rédemption, le prix de l’alliance nouvelle, car "le sang c’est la vie" (Genèse 9:4). "Christ étant venu… est entré une fois pour toutes dans les lieux saints avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle" (Hébreux 9:11-12).

 
Une troisième coupe – Luc 22:39-46

Après le repas de la Pâque, prise une dernière fois avant que ne vienne le règne du Messie, et après l’institution de la Cène, repas de mémorial de la rédemption pour les croyants aujourd’hui, vient une troisième coupe, la part exclusive de Jésus. Cette coupe est le jugement divin qu’Il allait endurer en sacrifice expiatoire.

39 Et sortant, il s'en alla, selon sa coutume, à la montagne des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent. 40 Et quand il fut en ce lieu-là, il leur dit : Priez que vous n'entriez pas en tentation. 41 Et il s'éloigna d'eux lui-même environ d'un jet de pierre, et s'étant mis à genoux, il priait, 42 disant : Père, si tu voulais faire passer cette coupe loin de moi ! Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite. 43 Et un ange du ciel lui apparut, le fortifiant. 44 Et étant dans l'angoisse du combat, il priait plus instamment ; et sa sueur devint comme des grumeaux de sang découlant sur la terre. 45 Et s'étant levé de sa prière, il vint vers les disciples, qu'il trouva endormis de tristesse ; 46 et il leur dit : Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous, et priez afin que vous n'entriez pas en tentation.

L’heure, cette heure connue du Seigneur, était venue. Un mystère est près d’être révélé, à savoir comment Dieu, saint et juste, pourra résoudre l’énigme de la grâce annoncée par les prophètes : c’est dans le respect de sa sainteté et de sa justice qui les fautes des hommes peuvent être effacées (Ésaïe 1:18, Michée 7:9). Celui dont Dieu s’est pourvu avant que l’homme ait été créé (1 Pierre 1:19-20), celui qui est annoncé dans le sacrifice offert par Abraham (Genèse 22:8) et évoqué par tous les sacrifices offerts (Hébreux 10:4,8), a reçu la coupe du jugement (Ésaïe 53:5).
 
Il est "l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde !" (Jean 1:29), celui qui est annoncé par le sacrifice offert par les Israélites, chacun dans sa maison, lors du repas de la Pâque. "Un agneau sans défaut, mâle, âgé d'un an… toute la congrégation de l'assemblée d'Israël l'égorgera entre les deux soirs… et ils en mangeront la chair cette nuit-là ; ils la mangeront rôtie au feu, avec des pains sans levain

 

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
ACCEDER
AU SITE

 
 

Exode 12:29-13:16 Le départ de la terre de Goshen


 

LA TRAVERSEE DE LA MER
Exode 12:29-15:21

 
De la ville de Ramsès, dans le Delta du Nil, à l’oasis d’Elim, dans le désert, le récit nous présente la réalité de la nouvelle vie avec Dieu. La rupture morale inévitable d’avec le monde ambiant, aux parfums souvent délétères, suivi de la route inattendue, lorsque le peuple s’en va vers le sud, à l’opposé du pays promis, ce qui pouvait instiller le doute, et un retour au nord qui induit le Pharaon à revenir sus sa parole… Mais, pour les hommes qui s’engagent dans la Mer, c’est la délivrance, car l’ennemi est vaincu. La libération est célébrée, le cantique de Moïse, mais aussitôt viennent les contraintes de la nouvelle vie avec Dieu ; il faut apprendre la marche par la foi, connaître les eaux amères de Mara, mais aussi le bois qui les rend douces, avant de goûter la félicité de l’oasis d’Elim, ses fontaines et ses palmiers…

 
Départ des Israélites - 12:29-13:16
 
Tandis que le repas de la Pâque s’achevait dans les maisons, la pression était montée en Egypte ; le malheur s’était abattu sur le pays, la mort touchant les premiers-nés. Et, de nuit, la parole est lancée : "Sortez du milieu de mon peuple !". Et même le peuple d’Egypte pousse les Israélites à s’en aller. Ces familles taillables et corvéables, dans la souffrance, poussées dehors.

29 Et il arriva, au milieu de la nuit, que l'Éternel frappa tout premier-né dans le pays d'Égypte, depuis le premier-né du Pharaon, qui était assis sur son trône, jusqu'au premier-né du captif qui était dans la maison de la fosse, et tout premier-né des bêtes. 30 Et le Pharaon se leva de nuit, lui et tous ses serviteurs, et toute l'Égypte ; et il y eut un grand cri en Égypte, car il n'y avait pas de maison où il n'y eût un mort. 31 Et il appela Moïse et Aaron de nuit, et dit : Levez-vous, sortez du milieu de mon peuple, tant vous que les fils d'Israël, et allez-vous-en, servez l'Éternel, comme vous l'avez dit ; 32 prenez votre menu bétail et votre gros bétail, comme vous l'avez dit, et allez-vous-en, et bénissez-moi aussi. 33 Et les Égyptiens pressaient le peuple, pour le renvoyer du pays en hâte ; car ils disaient : Nous sommes tous morts. 34 Et le peuple prit sa pâte avant qu'elle fût levée, ayant leurs huches liées dans leurs vêtements sur leurs épaules. 35 Les fils d'Israël firent selon la parole de Moïse ; ils demandèrent aux Égyptiens des objets d'argent, des objets d'or et des vêtements. 36 Et l'Éternel fit que le peuple trouva faveur aux yeux des Égyptiens, qui accordèrent leurs demandes ; et ils dépouillèrent les Égyptiens.

Un départ marquant : alors qu’ils furent exploités, les Israélites partent avec de grands biens, une forme de restitution pour les abus dont ils furent victime. Mais ils ne pouvaient s’attarder, ils ne pouvaient attendre que la pâte préparée fût levée. Ils cuisent ainsi leur pain sans levain, car ils ne pourraient en recuire qu’à l’étape… Et quand pourront-ils s’arrêter en paix ?
 
Les pains sans levain ! Un fait mémorable, un signe plus important qu’il n’y paraît, car il évoque la précipitation du départ, mais aussi la détermination de la foi lors d’un nouveau départ, le commencement d’une nouvelle vie. De cela ils auront à se souvenir, cela leur sera salutaire, car le temps tend à émousser les grands moments de la vie, à en ternir l’éclat… Or, cette mise en route d’Israël est bien une image du changement de cap, de la conversion donc, d’une âme qui s’engage dans le chemin de la vie avec Dieu.

37 Et les fils d'Israël partirent de Ramsès pour Succoth, environ six cent mille hommes de pied, les hommes faits, sans les petits enfants ; 38 et aussi un grand amas de gens monta avec eux, et du menu et du gros bétail, des troupeaux en très-grand nombre. 39 Et ils cuisirent en gâteaux sans levain la pâte qu'ils avaient emportée d'Égypte ; car elle n'avait pas levé, parce qu'ils avaient été chassés d'Égypte et n'avaient pu tarder ; ils ne s'étaient pas fait non plus de provisions.

Les Israélites sont dès lors en route, une errance qui durera quarante années alors que le chemin vers Canaan était de quelques jours seulement. Et, fait troublant pour eux, ils sont conduits vers le sud, le long de la Mer rouge, alors qu’ils se trouvaient principalement à l’est du delta du Nil, et sur la voie qui menait en quelques jours au pays de Canaan, au nord-est.

Six-cent mille hommes ! Cela peut représenter plus de trois millions d’âmes, en comptant les femmes et les enfants. Le nombre est impressionnant, surtout en considérant qu’il de la descendance de ces soixante-dix qu’était la famille de Jacob en Egypte (Genèse 46:27) quatre générations plus tôt (Genèse 3:16, Exode 6:16,18,20). Mais il est bien écrit "Et les fils d'Israël fructifièrent et foisonnèrent, et multiplièrent, et devinrent extrêmement forts ; et le pays en fut rempli" (Exode 1:7). Qu’en penser ? Cela imposerait que chaque homme ait en moyenne entre neuf et dix descendants mâles ayant atteint l’âge de procréer. Il pourrait s’agir ici d’une amplification bien commune aux récits anciens, mais il faut reconnaître que la tradition la plus ancienne que nous connaissions, celle de la Bible grecque des LXX, note également ce nombre de six cent mille hommes.
 
Quatre cent trente ans ! Pour ce qui concerne le nombre des années en Egypte, il est utile de considérer ce texte plus ancien des LXX : "Or, le séjour que les fils d’Israël avaient fait tant dans la terre d’Égypte que dans celle de Chanaan, avait duré quatre cent trente ans" (Exode 12:40, Bible des LXX). C’est bien la lecture qu’en faisait l’apôtre Paul lorsqu’il note que ce nombre d’années représente la période qui va du don de la promesse à Abraham à l’année de la sortie d’Egypte : "Or c'est à Abraham que les promesses ont été faites, et à sa semence… Or je dis ceci : que la loi, qui est survenue quatre cent trente ans après, n'annule point une alliance antérieurement confirmée par Dieu, de manière à rendre la promesse sans effet." (Galates 3:16-17). Ce sont ainsi quelque deux siècles que dura le séjour des Israélites en Egypte, une durée qui permet de comprendre que c’est la quatrième génération qui traversa la Mer des Joncs (Genèse 3:16).

40 Et l'habitation des fils d'Israël qui avaient habité en Égypte (La Bible des LXX indique : tant dans la terre d’Egypte que dans celle de Canaan), fut de quatre cent trente ans. 41 Et il arriva, au bout de quatre cent trente ans, il arriva, en ce même jour, que toutes les armées de l'Éternel sortirent du pays d'Égypte. 42 C'est une nuit à garder pour l'Éternel, parce qu'il les a fait sortir du pays d'Égypte ; cette nuit-là est à garder pour l'Éternel par tous les fils d'Israël, en leurs générations.

Quatre cent trente ans après le don de la promesse à Abraham (Galates 3:16-17), la quatrième génération descendant de Jacob, alias Israël, le patriarche, le peuple est sorti d’Egypte et entame une nouvelle vie, la vie avec Dieu, "ce qui est vraiment la vie" ( Timothée 6:19). Cette nuit est à garder ! Il fallait absolument ne pas oublier cette grande délivrance, car le chemin pourra être long et plus difficile qu’imaginé, la lassitude pourra s’envahir du corps et de l’esprit, les "pourquoi" pourront s’infiltrer dans les pensées… Alors, tenir en mémoire le point de départ, regarder à ce que l’on a fui, est un exercice salutaire pour se garder d’abandonner la route, pour ressentir au plus profond de son être ce que représente de marcher dans la vraie vie, la vie de la foi. Ainsi les Israélites sont appelés à célébrer d’année en année cette réalité du départ, de la sortie d’Egypte, ce jour mémorable où ils ont emporté à la hâte leur pâte à pain non levée… Une exhortation souvent répétée, soulignant ainsi combien ce travail de mémoire est salutaire (Exode 12:14-20, 12:39, 13:6-7, 23:15, 29:2, 34:18, Lévitique 23:6-8, Nombres 28:16-25, Deutéronome 16:1-8).
 
Une nuit à garder ! Car nous comprenons combien il serait dangereux de laisser s’estomper la mémoire des jours d’engagement dans la vie de la foi !
 
Ainsi est établi le double mémorial, la Pâque célébrée en famille et les sept jours des Pains sans levain. Célébrations de cette nuit où Dieu conduisit le peuple choisi pour lui donner une nouvelle vie, lui donner de laisser derrière lui la servitude afin de marcher d’être des hommes "debout" dans la conscience de créatures de Dieu, et peut-être le sentiment d’avoir été créé à l’image de Dieu !

43 Et l'Éternel dit à Moïse et à Aaron : C'est ici le statut de la Pâque : Aucun étranger n'en mangera ; 44 mais tout esclave, homme acheté à prix d'argent, tu le circonciras ; alors il en mangera. 45 L'habitant et l'homme à gages n'en mangeront point. 46 Elle sera mangée dans une même maison ; tu n'emporteras point de sa chair hors de la maison, et vous n'en casserez pas un os. 47 Toute l'assemblée d'Israël la fera. 48 Et si un étranger séjourne chez toi, et veut faire la Pâque à l'Éternel, que tout mâle qui est à lui soit circoncis ; et alors il s'approchera pour la faire, et sera comme l'Israélite de naissance ; mais aucun incirconcis n'en mangera. 49 Il y aura une même loi pour l'Israélite de naissance et pour l'étranger qui séjourne parmi vous. 50 Et tous les fils d'Israël firent comme l'Éternel avait commandé à Moïse et à Aaron ; ils firent ainsi.
 
51 Et il arriva, en ce même jour, que l'Éternel fit sortir les fils d'Israël du pays d'Égypte, selon leurs armées.

Mais avant le mémorial de la délivrance, le peuple d’Israël doit reconnaître l’autorité divine. La famille est la cellule fondamentale de l’humanité selon le propos divin, et ainsi chaque foyer doit reconnaître son lien à Dieu en "sanctifiant" son premier-né. Il s’agira donc de présenter un sacrifice particulier lors de la naissance du premier-né. Quant aux animaux aussi, car tout appartient au Créateur, il s’agira de sanctifier le premier-né.

13  1 Et l'Éternel parla à Moïse, disant : 2 Sanctifie-moi tout premier-né, tout ce qui ouvre la matrice parmi les fils d'Israël, tant des hommes que des bêtes ; il est à moi.
 
3 Et Moïse dit au peuple : Souvenez-vous de ce jour, auquel vous êtes sortis d'Égypte, de la maison de servitude, car l'Éternel vous en a fait sortir à main forte ; et on ne mangera point de pain levé. 4 Vous sortez aujourd'hui, au mois d'Abib. 5 Et quand l'Éternel t'aura fait entrer dans le pays du Cananéen, du Héthien, de l'Amoréen, du Hévien, et du Jébusien, qu'il a juré à tes pères de te donner, pays ruisselant de lait et de miel, il arrivera que tu feras ce service en ce mois-ci. 6 Pendant sept jours tu mangeras des pains sans levain, et le septième jour il y aura une fête à l'Éternel. 7 On mangera pendant les sept jours des pains sans levain ; et il ne se verra point chez toi de pain levé, et il ne se verra point de levain chez toi, dans tous tes confins. 8 Et tu l’expliqueras à ton fils, en ce jour-là, disant : C'est à cause de ce que l'Éternel m'a fait quand je sortis d'Égypte. 9 Et cela te sera un signe sur ta main, et un mémorial entre tes yeux, afin que la loi de l'Éternel soit en ta bouche, car l'Éternel t'a fait sortir d'Égypte à main forte. 10 Et tu garderas ce statut en sa saison, d'année en année.

L’autorité de Dieu sur les familles des hommes, et la nouvelle naissance du peuple sont ici intimement liées. L’Éternel a rappelé son autorité par la mort des premiers-nés en Egypte, un peuple qui vivait dans l’ignorance de son Dieu ; quant à Israël, appelé à être serviteur de Dieu en ce monde, il se devait de reconnaître cette autorité dans ce geste de reconnaissance touchant les premiers-nés. Et aussi, chaque année, ils mangeront des pains sans levain pendant sept jours, le levain symbolisant ce qui s’oppose à Dieu pour apporter la ruine, ainsi que Paul écrira à propos de ce levain "qui fait monter la pâte toute entière" (Galates 5:9).

11 Et il arrivera, quand l'Éternel t'aura fait entrer dans le pays du Cananéen, comme il l'a juré à toi et à tes pères, et qu'il te l'aura donné, 12 que tu consacreras à l'Éternel tout ce qui ouvre la matrice, et tout ce qui ouvre la portière des bêtes qui t'appartiendront : les mâles seront à l'Éternel. 13 Et tout premier fruit des ânes, tu le rachèteras avec un agneau ; et si tu ne le rachètes pas, tu lui briseras la nuque. Et tout premier-né des hommes parmi tes fils, tu le rachèteras.
 
14 Et quand ton fils t'interrogera à l'avenir, disant : Qu'est-ce que ceci ? alors tu lui diras : À main forte l'Éternel nous a fait sortir d'Égypte, de la maison de servitude. 15 Et il arriva, quand le Pharaon s'obstinait à ne pas nous laisser aller, que l'Éternel tua tous les premiers-nés dans le pays d'Égypte, depuis le premier-né des hommes jusqu'au premier-né des bêtes ; c'est pourquoi je sacrifie à l'Éternel tout ce qui ouvre la matrice, les mâles, et je rachète tout premier-né de mes fils.

Les "pains sans levain" et l’offrande de sacrifice lors de la naissance d’un premier-né seront donc des signes assurant la pérennité du souvenir et la transmission du flambeau aux générations (13:8 et 14). Les bases indispensables de la fidélité à l’Alliance.

16 Et ce sera un signe sur ta main et un fronteau entre tes yeux, car à main forte l'Éternel nous a fait sortir d'Égypte.

Un signe, un fronteau… Plus tard des bandelettes portant des versets de la Bible seront portées sur des vêtements de prière, mais ici sans nul signe visible, nous voyons ici la réalité morale du service de mémoire, lequel est d’une toute autre nature que les gestes symboliques qui finissent souvent par s’accomplir par simple tradition.
 
Le regard du racheté doit être celui de l’homme conscient de l’opération de Dieu envers lui, et ses actes marqués par cette réalité qui donne sens à sa vie. Le regard du croyant ne peut être celui de l’homme asservi, car il est "debout" dans la conscience de la vie avec Dieu et conséquent dans toutes ses actions.


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
ACCEDER
AU SITE

 
 

Exode 13:17-15:22 Traversée de la Mer des Joncs


 

De la terre de Goshen à la Mer Rouge - 13:17-14:14
 
Deux réalités sont ici devant nous, celle du monde oppresseur face à celle du peuple libéré. D’une part, le Pharaon vaincu ; moralement il n’a plus le ressort pour maintenir le peuple d’Israël en Egypte, mais son cœur n’est pas changé… D’autre part, les Israélites qui ont à parcourir leurs premiers pas d’hommes libres. Mais pourront-ils résister aux difficultés du chemin ? Et surtout à leur future situation dans le pays promis, là où ils devront faire preuve de fidélité au milieu des peuples de Canaan ! Alors l’Éternel les guide dans une voie propre à les former, les fortifier. Et ici nous pouvons penser que la pédagogie divine prend soin de ceux qui s’engagent dans le chemin de la nouvelle vie.
 
Plutôt que de monter le long de la Grande Mer, la Méditerranée, par le chemin le plus court, les Israélites sont conduits vers le sud, le long de la Mer rouge, avant qu’ils ne soient conduits face à la Mer des Joncs, le lieu de la traversée. Un grand détour.

17 Et il arriva, quand le Pharaon laissa aller le peuple, que Dieu ne les conduisit pas par le chemin du pays des Philistins, qui est pourtant proche ; car Dieu dit : De peur que le peuple ne se repente lorsqu'ils verront la guerre, et qu'ils ne retournent en Égypte. 18 Et Dieu fit faire un détour au peuple par le chemin du désert de la mer des Joncs ; et les fils d'Israël montèrent en ordre de bataille hors du pays d'Égypte.
 
19 Et Moïse prit les os de Joseph avec lui, car il avait expressément fait jurer les fils d'Israël, disant : Certainement Dieu vous visitera ; et vous ferez monter mes os d'ici avec vous.

Ce n’est pas un voyage exploratoire ! Le départ est définitif, et d’ailleurs un signe majeur l’atteste : ils emportent un cercueil bien précieux qui les relie aux patriarches, les dépositaires de la promesse qui s’accomplit pour eux. Ce sont les os de Joseph, emportés conformément à sa demande : "Et Joseph fit jurer les fils d'Israël, disant : Certainement Dieu vous visitera, et vous ferez monter d'ici mes os." (Genèse 50:25). Cet Israélite qui fut conduit le premier en Egypte afin de leur ménager un lieu de repos au cœur d’une terrible période de famine, a laissé ce message de foi, de confiance, en leur donnant cette directive. N’était-il pas envoyés par Dieu en Egypte pour "conserver la vie par une grande délivrance" (Genèse 45:7). Et à ce titre, le peuple si nombreux qui se trouve là, marchant le long de la Mer Rouge, lui doit en quelque sorte d’exister…
 
Le peuple est conduit par une colonne de nuée le jour, et de feu la nuit. Ce sont les étapes de Succoth et d’Etham, plus au sud encore, avant le retour au "lieu où poussent les joncs" – Pi-Hahiroth – sur les berges de la Mer des Joncs.

20 Et ils partirent de Succoth, et campèrent à Etham, à l'extrémité du désert. 21 Et l'Éternel allait devant eux, de jour dans une colonne de nuée pour les conduire par le chemin, et de nuit dans une colonne de feu pour les éclairer, afin qu'ils marchassent jour et nuit : 22 la colonne de nuée ne se retira point, le jour, ni la colonne de feu, la nuit, de devant le peuple.

14  1 Et l'Éternel parla à Moïse, disant : 2 Dis aux fils d'Israël qu'ils retournent en arrière et qu'ils campent devant Pi-Hahiroth, entre Migdol et la mer ; devant Baal-Tsephon, vis-à-vis, vous camperez près de la mer. 3 Et le Pharaon dira des fils d'Israël : Ils sont embarrassés dans le pays, le désert les a enfermés. 4 Et j'endurcirai le cœur du Pharaon, et il les poursuivra : et je serai glorifié dans le Pharaon et en toute son armée ; et les Égyptiens sauront que je suis l'Éternel. Et ils firent ainsi.

Et voici le peuple entre la mer et une tour de guet – Migdol – face à Baal-Tsephon, un lieu appelé d’un nom phénicien, sur la rive orientale des actuels lacs Amer, jusqu’où, alors, s’étendait la Mer Rouge. Ce retour vers Pi-Hahiroth pouvait paraître l’aveu d’une erreur d’itinéraire, mais pourtant la colonne de nuée était bien devant les Israélites. Et nous lisons que ce détour était fait pour que soit révélé le cœur du Pharaon. Laisser partir le peuple, il y fut bien contraint du fait de la douleur qui s’est répandue dans le pays et dans sa maison… Son état d’esprit n’en a pas été changé ; en effet, après avoir laissé partir le peuple, il manifeste toujours ce grand cynisme propre à tous ceux que le pouvoir enivre et aveugle…

5 Et il fut rapporté au roi d'Égypte que le peuple s'était enfui ; et le cœur du Pharaon et de ses serviteurs fut changé à l'égard du peuple, et ils dirent : Qu'avons-nous fait de laisser aller Israël, pour qu'il ne nous servît plus ? 6 Et il attela son char, et prit son peuple avec lui. 7 Et il prit six cents chars d'élite, et tous les chars de l'Égypte, et des capitaines sur tous. 8 Et l'Éternel endurcit le cœur du Pharaon, roi d'Égypte, et il poursuivit les fils d'Israël. Et les fils d'Israël sortaient à main levée. 9 Et les Égyptiens les poursuivirent ; et tous les chevaux, les chars du Pharaon, et ses cavaliers et son armée, les atteignirent campés près de la mer, près de Pi-Hahiroth, devant Baal-Tsephon.

Le demi-tour opéré à Etham, et l’approche des armées du Pharaon génèrent le doute et la contestation, et sans aucun doute l’expression en est heureuse, car une réponse peut alors être donnée, et elle est forte !

10 Et le Pharaon s'approcha, et les fils d'Israël levèrent leurs yeux, et voici, les Égyptiens marchaient après eux : et les fils d'Israël eurent une grande peur, et crièrent à l'Éternel ; 11 et ils dirent à Moïse : Est-ce parce qu'il n'y avait pas de sépulcres en Égypte, que tu nous as emmenés pour mourir dans le désert ? Que nous as-tu fait, de nous avoir fait sortir d'Égypte ? 12 N'est-ce pas ici la parole que nous te disions en Égypte, disant : Laisse-nous, et nous servirons les Égyptiens ? Car il nous vaut mieux servir les Égyptiens que de mourir dans le désert. 13 Et Moïse dit au peuple : Ne craignez point ; tenez-vous là, et voyez la délivrance de l'Éternel, qu'il opérera pour vous aujourd'hui ; car les Égyptiens que vous voyez aujourd'hui, vous ne les verrez plus, à jamais. 14 L'Éternel combattra pour vous, et vous, vous demeurerez tranquilles.

Quel enseignement ! Ils peuvent ici comprendre que leur délivrance ne vient pas d’un changement d’esprit de ceux qui les tenaient asservis, mais de l’Éternel qui leur fait des promesses fermes, leur disant "qu’il ne verraient plus jamais les Egyptiens", ils ne seraient plus menacés par leur armée prête ici à les asservir à nouveau. Hélas, nous voyons ici cette promptitude à clamer qu’il est préférable de servir les Egyptiens que de mourir dans le désert…
 
Et d’apprendre que l’Éternel combat pour eux, et qu’ils peuvent demeurer tranquilles. De la tranquillité d’esprit, l'empreinte de la foi.


 
Traversée de la Mer des Joncs - 14 :15-31
 
La tâche de Moïse est bien difficile ; il est placé entre l’Éternel qui conduit et le peuple qui marche vers un avenir inconnu ; ce peuple si fragile, porté à réclamer et plus rassuré par ce qu’ils connaissaient, le dur labeur dont ils étaient chargés, que par l’annonce d’un avenir plein d’incertitudes pour eux… L’aller et le retour le long de la Mer Rouge, jusqu’à se trouver entre les armées du Pharaon et la Mer, ne fut pas pour apporter la quiétude.
 
Moïse est pris à partie, ce qui exige de lui une force morale exceptionnelle ; il crie à Dieu alors qu’il connaît que l’Ange de Dieu conduit, et que le peuple est en passe d’être délivré définitivement de la puissance du Pharaon.
 
La foi du peuple est éprouvée, mais aussi l’endurance du serviteur, celui-ci confronté à la pression des Israélites, et ceux-là se trouvant hors du cadre asservissant mais connu, donc rassurant, dans lequel ils sont nés. Une parole sévère est adressée à Moïse : "Que cries-tu à moi ?" Et, averti de ce qui allait se passer, il reçoit les paroles à transmettre. "Parle aux fils d’Israël, et qu’ils marchent !"

15 Et l'Éternel dit à Moïse : Que cries-tu à moi ? Parle aux fils d'Israël, et qu'ils marchent. 16 Et toi, lève ta verge, et étends ta main sur la mer, et fends-la ; et que les fils d'Israël entrent au milieu de la mer à sec. 17 Et moi, voici, j'endurcirai le cœur des Égyptiens, et ils entreront après eux ; et je me glorifierai dans le Pharaon et en toute son armée, en ses chars et en ses cavaliers ; 18 et les Égyptiens sauront que je suis l'Éternel, quand je serai glorifié dans le Pharaon, en ses chars et en ses cavaliers.

La marche reprend, l’Ange de Dieu qui conduit le peuple se place alors à l’arrière, de là où vient l’ennemi. C’est sous la conduite de l’Envoyé de Dieu – traduction du terme "Ange" – que le peuple parcourt ces premières étapes. Jusque-là, le peuple a appris qu’il a, en l’Éternel, un Guide, mais il va apprendre ici qu’il trouve en Lui un Protecteur. La leçon est essentielle. Le croyant est délivré pour connaître la liberté et marcher dans le chemin de la foi, mais il doit savoir aussi qu’il est protégé. Ce sont là deux manifestations complémentaires de la grâce. Pourrions-nous penser que Dieu libère sans vouloir mener jusqu’au bout le racheté (1 Corinthiens 1:8) ? Mais de quelle protection s’agit-il pour le croyant ? Serait-il épargné des aléas de la vie sur la terre et des persécutions ? Telle n’est pas la réalité. Mais si le corps est mortel, dans la douleur même le croyant est soutenu dans son âme, dans sa foi.
 
Pour Israël, la protection manifestée par l’Envoyé de Dieu s’interposant entre le peuple et son exacteur est un signe majeur…

19 Et l'Ange de Dieu, qui allait devant le camp d'Israël, partit, et s'en alla derrière eux ; et la colonne de nuée partit de devant eux et se tint derrière eux ; 20 et elle vint entre le camp des Égyptiens et le camp d'Israël ; pour les uns, elle fut une nuée et des ténèbres, et pour les autres elle éclairait la nuit ; et l'un n'approcha pas de l'autre de toute la nuit. 21 Et Moïse étendit sa main sur la mer : et l'Éternel fit aller la mer toute la nuit par un fort vent d'orient, et mit la mer à sec, et les eaux se fendirent ; 22 et les fils d'Israël entrèrent au milieu de la mer à sec ; et les eaux étaient pour eux un mur à leur droite et à leur gauche. 23 Et les Égyptiens les poursuivirent, et entrèrent après eux, tous les chevaux du Pharaon, ses chars et ses cavaliers, au milieu de la mer. 24 Et il arriva, sur la veille du matin, que l'Éternel, dans la colonne de feu et de nuée, regarda l'armée des Égyptiens, et mit en désordre l'armée des Égyptiens. 25 Et il ôta les roues de leurs chars et fit qu'on les menait difficilement. Et les Égyptiens dirent : Fuyons devant Israël, car l'Éternel combat pour eux contre les Égyptiens.

Un fort vent d’orient ! Le peuple se met en marche face à ce vent qui dessèche le sol de la Mer des Joncs – un espace de faible profondeur sans doute, ainsi que nous pouvons le déduire des joncs qui le couvraient – mais qui en temps normal interdit le passage à l’autre rive. Le peuple fait la traversée, et lorsqu’il est passé, les flots recouvrent l’espace et arrêtent la progression des armées égyptiennes.

26 Et l'Éternel dit à Moïse : Étends ta main sur la mer, et les eaux retourneront sur les Égyptiens, sur leurs chars et sur leurs cavaliers. 27 Et Moïse étendit sa main sur la mer : et, vers le matin, la mer reprit sa force ; et les Égyptiens s'enfuirent à sa rencontre ; et l'Éternel précipita les Égyptiens au milieu de la mer. 28 Et les eaux retournèrent et couvrirent les chars et les cavaliers de toute l'armée du Pharaon qui était entrée après eux dans la mer ; il n'en resta pas même un seul. 29 Et les fils d'Israël marchèrent à sec au milieu de la mer, et les eaux étaient pour eux un mur à leur droite et à leur gauche. 30 Et l'Éternel délivra en ce jour-là Israël de la main des Égyptiens, et Israël vit les Égyptiens morts sur le rivage de la mer. 31 Et Israël vit la grande puissance que l'Éternel avait déployée contre les Égyptiens ; et le peuple craignit l'Éternel, et ils crurent à l'Éternel, et à Moïse son serviteur.

La délivrance ! Un moment de grâce particulier pour ce peuple craintif et prompt à douter. Ce jour-là les fils d’Israël ont connu la grandeur de l’Éternel et la qualité du prophète qui leur a été envoyé !


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
ACCEDER
AU SITE

 
 

Exode 15:1-21 Les cantiques de Moïse et de Myriam


 

Les Cantiques de Moïse et de Myriam - 15 :1-21
 
La connaissance d’une si grande délivrance produit la louange à l’Éternel. C’est en chœur que les fils d’Israël chantent avec Moïse !
 
Un véritable enthousiasme, au sens étymologique du terme ! Goûtant la délivrance, le peuple se sent lié à Dieu, et pour ainsi dire "en Dieu"… Ainsi prononce-t-il ces paroles : "je lui préparerai une habitation !" La joie éprouvée les conduit à cette déclaration remarquable dans laquelle nous ne devons certes pas comprendre l’idée d’une maison qui lui serait construite… Retenons les paroles de Salomon lors de l’inauguration du Temple de Jérusalem : "Mais Dieu habitera-t-il vraiment sur la terre ? Voici, les cieux, et les cieux des cieux, ne peuvent te contenir ; combien moins cette maison que j'ai bâtie !" (1 Rois 8:27). Mais le sens moral est clair. Le peuple, saisi par la bonté de Dieu, exprime la pensée de vivre avec Dieu, auprès de Dieu… Ceci n’est pas sans rappeler les paroles de l’apôtre dans un contexte bien évidemment fort différent : "Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l'Esprit de Dieu habite en vous ?" (1 Corinthiens 3:16, voir aussi 6:19 et Éphésiens 2:21).
 
Nous lisons ainsi dans ce cantique ce désir de marcher dans la communion, avec Dieu – lui faire une habitation pour qu’Il puisse être toujours avec eux comme il a manifesté l’être lors de la traversée de la mer et de la débâcle de l’armée du Pharaon.

15  1 Alors Moïse et les fils d'Israël chantèrent ce cantique à l'Éternel, et parlèrent, disant :
 
   Je chanterai à l'Éternel, car il s'est hautement élevé ; il a précipité dans la mer le cheval et celui qui le montait.
2 Jah est ma force et mon cantique, et il a été mon salut. Il est mon Dieu, et je lui préparerai une habitation, - le Dieu de mon père, et je l'exalterai.
3 L'Éternel est un homme de guerre ; l'Éternel est son nom.
4 Les chars du Pharaon, et son armée, il les a jetés dans la mer ; l'élite de ses capitaines a été enfoncée dans la mer des Joncs.
5 Les abîmes les ont couverts ; ils sont descendus dans les eaux profondes, comme une pierre.
6 Ta droite, ô Éternel ! s'est montrée magnifique en force ; ta droite, ô Éternel ! a écrasé l'ennemi.
7 Et dans la grandeur de ta majesté, tu as détruit ceux qui s'élevaient contre toi ; tu as lâché ta colère, elle les a dévorés comme du chaume.
8 Et par le souffle de tes narines, les eaux se sont amoncelées ; les courants se sont dressés comme une muraille ; les abîmes sont devenus solides au cœur de la mer.
9 L'ennemi disait : Je poursuivrai, j'atteindrai, je partagerai le butin ; mon âme sera assouvie d'eux ; je tirerai mon épée, ma main les exterminera.
10 Tu as soufflé de ton souffle, la mer les a couverts ; ils se sont enfoncés comme du plomb dans les eaux magnifiques.
11 Qui est comme toi parmi les dieux, ô Éternel ? Qui est comme toi, magnifique en sainteté, terrible en louanges, opérant des merveilles ?
12 Tu as étendu ta droite, la terre les a engloutis.
13 Tu as conduit par ta bonté ce peuple que tu as racheté ; tu l'as guidé par ta force jusqu'à la demeure de ta sainteté.
14 Les peuples l'ont entendu, ils ont tremblé ; l'effroi a saisi les habitants de la Philistie.
15 Alors les chefs d'Édom ont été épouvantés ; le tremblement a saisi les forts de Moab ; tous les habitants de Canaan se sont fondus.
16 La crainte et la frayeur sont tombées sur eux : par la grandeur de ton bras ils sont devenus muets comme une pierre, jusqu'à ce que ton peuple, ô Éternel, ait passé, jusqu'à ce qu'ait passé ce peuple que tu t'es acquis.

Après avoir évoqué, aux premiers versets du cantique, l’idée de bâtir une habitation pour le Seigneur Dieu, vient la confiance d’être approché de "la demeure de la sainteté de Dieu". Il y a une réelle conscience du rachat, et une réelle joie dans cette confiance jusqu’à dépasser les termes de la promesse, le cantique n’évoquant pas même le pays "ruisselant de lait et de miel", mais s’attachant à un lien indéfectible avec l’Éternel, "à toujours et à perpétuité".

17 Tu les introduiras et tu les planteras sur la montagne de ton héritage, le lieu que tu as préparé pour ton habitation, ô Éternel ! le sanctuaire, ô Seigneur ! que tes mains ont établi.
18 L'Éternel régnera à toujours et à perpétuité.
19 Car le cheval du Pharaon est entré dans la mer, avec son char et ses cavaliers, et l'Éternel a fait retourner sur eux les eaux de la mer ; et les fils d'Israël ont marché à sec au milieu de la mer.

La joie est grande, l’élévation de la pensée atteint aux desseins du Seigneur Dieu pour l’éternité ! Ensuite, les femmes aussi expriment leur joie et leur reconnaissance autour de Marie, la sœur de Moïse, qui leur répond en des termes bien sobres touchant la grande délivrance qu’elles goûtent ensemble.

20 Et Marie, la prophétesse, sœur d'Aaron, prit un tambourin en sa main, et toutes les femmes sortirent après elle, avec des tambourins et en chœurs ;
21 et Myriam leur répondait : Chantez à l'Éternel, car il s'est hautement élevé ; il a précipité dans la mer le cheval et celui qui le montait.

Il est remarquable de lire comment le dessein de Dieu est développé, et exprimé avec confiance dans les paroles du "Cantique de Moïse". Soulignons ce grand mouvement de cœur qui conduit, en goûtant la délivrance, à désirer ardemment vivre avec Dieu, si grand et si bon, qui les a "rachetés", ceci exprimé en parlant de lui établir une habitation. Quelques jours plus tard, face aux eaux amères de Marra, ce seront des murmures à l’adresse de Moïse… Pour une partie du peuple, ce sera fini déjà de reconnaître l’action de l’Éternel Dieu, pour se tourner avec doute vers l’homme Moïse…
 
Ainsi le peuple retardera l’avènement de ses aspirations spirituelles en laissant s’insinuer le doute, en oubliant les leçons de la grande délivrance qu’ils ont pourtant goûté avec élan dans l’expression de ce cantique.


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
ACCEDER
AU SITE