02/01/2012

Esdras 1:1 Montée à Jérusalem après l'exil


 

RETOUR D'EXIL
Esdras 1 à 6

 
La puissance babylonienne était à sa fin, des fidèles parmi les Judéens pressentaient que "quelque chose" devait se passer. Plusieurs étaient interpellés par cette parole du prophète Jérémie, qu’il prononça plus d’un demi-siècle plus tôt, touchant les soixante-dix années de puissance du royaume de Nabuchodonosor et le retour annoncé de l’exil : "Dès que soixante-dix ans seront écoulés pour Babylone, j'interviendrai pour vous et je réaliserai à votre égard ma bonne parole en vous ramenant en ce lieu. Je connais, moi, les plans que je prépare à votre intention – déclaration du Seigneur – non pas des plans de malheur, mais des plans de paix, afin de vous donner un avenir et un espoir." (Jérémie 29:10-11). En effet, la puissance de Babylone s’était manifestée par l’abaissement de l’Assyrie, dès les années et la victoire babylonienne à Karkemish sur le Pharaon, venu porter secours au dernier roi d’Assyrie en l’an 605 ; c’était près de soixante-dix ans auparavant…
 
Certes, après plus d’un demi-siècle d’exil, les familles judéennes s’étaient établies en Babylonie et plusieurs y avaient même fondé des commerces. Ils n’avaient pas eu tort de prendre la parole de Jérémie au pied de la lettre, cette parole leur enjoignant à accepter leur situation d’exilés : "Bâtissez des maisons et habitez-y ; plantez des jardins et mangez-en les fruits ; prenez des femmes et engendrez des fils et des filles, et prenez des femmes pour vos fils, et donnez vos filles à des maris, et qu'elles enfantent des fils et des filles ; et multipliez-vous là et ne diminuez pas." (Jérémie 29:5-6). Mais plusieurs avaient oublié la suite du discours, cette parole citée plus haut touchant le retour à Jérusalem…
 
Ce n’étaient que les plus âgés qui avaient connu Jérusalem, et seulement dans leurs plus jeunes années ; mais il se trouvait parmi eux des fidèles qui ont conservé le souvenir des temps passés, de la grandeur de quelques uns de leurs rois, et surtout de la joie vécue au cours des rassemblements, en particulier ces journées de la Pâque et des Pains sans levain, comme aussi la fête des Tentes, Succot, durant laquelle ils habitaient hors de leurs maisons pour se souvenir des bienfaits de Dieu. Dans ces cabanes, à la fin des moissons, ils pouvaient contempler les champs qui avaient produit ce qui garnissait leurs greniers. Souvenir aussi des jours de shabbat, lesquels étaient chômés en terre d’Israël, jours de repos et de paix pour quiconque voulait bien le considérer… Le souvenir embellit souvent un passé perdu, mais le sérieux devant Dieu reconnaît les multiples appels des prophètes, alors que le peuple était occupé à ses propres affaires et négligeait la Loi donnée par l’Éternel.
 
Voici qu’un homme s’était levé, menant la puissante armée des Mèdes et des Perses. Il conquiert un empire, étant accueilli comme libérateur en toute province où il établissait le pouvoir de Mèdes… Cyrus le Grand, homme de principe, adorateur de Dieu, fidèle à l’enseignement de Zarathoustra, mûrissait des principes humanitaires remarquables… Des prophètes parmi les Judéens ne se sont pas trompés, lorsqu’ils ont compris que cet homme était "l’oint de l’Eternel" (Ésaïe 44:28, 45:1) qui permettrait aux Judéens de retrouver leur pays, et ils ont explicitement cité son nom.
 
Un appel pressant est alors proclamé parmi les exilés : "Sortez de Babylone" (Ésaïe 48:20) ! En effet, loin de Jérusalem, ils sont dans un désert moral, et plusieurs sont disposés à écouter la voix de celui qui crie : "Dans le désert, préparez le chemin de l'Éternel, aplanissez dans le lieu stérile une route pour notre Dieu." (Ésaïe 40:3). Mais tous les Judéens ne sont pas disposés, nous pouvons bien le réaliser ; plusieurs sont bien établis dans cette terre étrangère, nombreux sont ceux qui y sont nés et n’ont jamais connu le "pays d’Israël", ses coutumes ancrées dans la fidélité à la Loi de Moïse, la joie des fêtes où l’on se retrouvait à Jérusalem… Mais le désert moral de Babylone est bien une réalité, alors une voix s’élève pour appeler les indécis, les exhorter, les secouer…
 
"Ho, quiconque a soif, venez aux eaux ! Et vous qui n'avez pas d'argent, venez, achetez et mangez ; oui, venez, achetez sans argent et sans prix du vin et du lait. Pourquoi dépensez-vous l'argent pour ce qui n'est pas du pain, et votre labeur pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez-moi attentivement, et mangez ce qui est bon ; et que votre âme jouisse à plaisir des choses grasses. Inclinez votre oreille et venez à moi ; écoutez, et votre âme vivra : et je ferai avec vous une alliance éternelle, les grâces assurées de David." (Ésaïe 55:1-3)


 

 
MONTEE A JERUSALEM
ESDRAS 1:1-3:7

 
Après le décès de Darius le Mède qui régna deux ans sur Babylone, dès la conquête de la ville, Cyrus accéda au trône des Mèdes et des Perses, et proclama l’édit des "Droits de l’Homme" qui reconnaissait à tous le droit de pratiquer la religion de son choix, et autorisait chacun des exilés, de quelque nation qu’il soit, à retourner en son propre pays. L’édit particulier touchant les Judéens nous apporte un fait supplémentaire : Cyrus reconnaît Dieu, l’Unique. En effet, n’est-il pas empreint de la croyance des Mèdes nourrie de l’enseignement de Zarathoustra ! Celui-ci prêchait Dieu, unique créateur qui appelait les hommes à pratiquer ce qui est bien ; il nommait l’Unique du nom de Ahura Mazda, ou, sous sa forme contractée, Ormuzd.

Que le roi Cyrus ait conscience de Dieu, l’Unique, sans être attaché à la Loi, est manifestement une réalité envisageable pour un Israélite ; et le prophète qui cita son nom, affirmant de la part du Seigneur Dieu qu’il était "son berger" (Ésaïe 44:28) confirme cette pensée. Rappelons-nous que le peuple d’Israël est "mis à part" non pour être le peuple destiné à croire en l’Éternel, mais afin d’être dépositaire des Oracles de Dieu (Romains 3:2) : ainsi, la nation d’Israël était établie "serviteur de Dieu", ce que le prophète exhortant à quitter Babylone n’a pas manqué de souligner avec force : "Et toi, Israël, mon serviteur, Jacob, que j'ai choisi, semence d'Abraham mon ami, toi que j'ai pris des bouts de la terre et appelé de ses extrémités, et à qui j'ai dit : Tu es mon serviteur, je t'ai choisi et je ne t'ai pas rejeté..." (Ésaïe 41:8-9). Quant aux autres hommes, ils sont appelés redevables à Dieu de pratiquer la justice et rechercher la bonté en honorant le Créateur, selon les paroles que nous trouvons dans le Livre de la Genèse, dans les prescrits donnés à Noé, ce que les Juifs appellent les "Lois nohaides", confirmées d’ailleurs par les apôtres lors de la grande réunion de Jérusalem, au cours de laquelle la question de la Loi de Moïse a été débattue (Actes 15:20,29).


L’édit de Cyrus - Esd.1:1-11

Cyrus engage fermement les Judéens à s’en aller bâtir la maison de l’Éternel ; et même, il parla des ustensiles du temple profanés deux années plus tôt par Belshatsar, régnant alors sur Babylone au nom du roi Nabonide (Daniel 5:3-4). Ces ustensiles, pris par Nabuchodonosor lors de la destruction du temple devaient être remis aux responsables d’entre les Judéens, afin d’être employés à nouveau dans le temple de Jérusalem. Ainsi, la parole de Jérémie s’accomplissait : "Car ainsi dit l'Éternel des armées, le Dieu d'Israël, touchant les ustensiles qui restent dans la maison de l'Éternel, et dans la maison du roi de Juda, et à Jérusalem : Ils seront emportés à Babylone, et ils seront là jusqu'au jour où je m'en occuperai, dit l'Éternel, et où je les ferai remonter et revenir dans ce lieu." (Jérémie 27:21-22).
 
A cette parole de Cyrus, il y eût un véritable écho, un engagement de nombre de familles, un réel enthousiasme…

1  1 Et la première année de Cyrus, roi de Perse, afin que fût accomplie la parole de l'Éternel dite par la bouche de Jérémie, l'Éternel réveilla l'esprit de Cyrus, roi de Perse. Il fit une proclamation dans tout son royaume, et la publia aussi par écrit : 2 Ainsi dit Cyrus, roi de Perse : L'Éternel, le Dieu des cieux, m'a donné tous les royaumes de la terre, et il m'a chargé de lui bâtir une maison à Jérusalem, en Juda. 3 Quiconque d'entre vous appartient à son peuple, que son Dieu soit avec lui ! Qu'il monte à Jérusalem, qui est en Juda, et qu'il bâtisse la maison de l'Éternel, le Dieu d'Israël – lui est Dieu - à Jérusalem. 4 A tous ceux qui restent, quelque soit le lieu où ils séjournent en immigrés, que les gens du lieu leur fournissent de l'argent, de l'or, des biens et du bétail, avec des offrandes volontaires pour la maison de Dieu qui est à Jérusalem.
 
5 Alors les chefs de famille de Juda et de Benjamin, les prêtres et les lévites, tous ceux dont Dieu éveilla l'esprit, montèrent pour bâtir la maison de l'Éternel qui est à Jérusalem. 6 Tous ceux qui les entouraient leur apportèrent de l’aide sous forme d’objets d'argent et d'or, de biens, de bêtes et de riches présents, outre toutes les offrandes volontaires. 7 Le roi Cyrus rendit les objets de la maison de l'Éternel, que Nabuchodonosor avait fait sortir de Jérusalem et placés dans la maison de son dieu. 8 Cyrus, roi de Perse, les fit sortir par Mitredath, le trésorier, qui en fit le compte pour Sheshbatsar, le prince de Juda. 9 En voici le nombre : trente plats d'or, mille plats d'argent, vingt-neuf couteaux, 10 trente coupes d'or, quatre cent dix coupes d'argent de second ordre et mille autres objets. 11 Tous les objets d'or et d'argent étaient au nombre de cinq mille quatre cents. Sheshbatsar fit monter le tout en même temps que montaient les exilés de Babylone à Jérusalem.

Sheshbatsar est le nom chaldéen de Zorobabel, fils de Shealthiel, descendant du roi Joïaqîn. Ce nom chaldéen, utilisé ici, disparaitra ensuite, car lors de l’œuvre à Jérusalem, c’est sous son nom hébreu de Zorobabel, autrement dit "Né à Babylone", que l’homme va être appelé. Le nom de Sheshbatsar ne réapparaît que dans la lettre écrite par les notables du pays, accusant les Judéens de vouloir se soulever contre le roi Darius Ier (5:14,16).

Nous le lisons ici, tous ne montèrent pas à Jérusalem, mais beaucoup, demeurant en Babylonie, vont apporter des dons afin d’aider à cette œuvre de reconstruction. L’élan paraît toucher toute la communauté, même si nous savons que nombre de famille demeureront sur la terre de l’exil. Soulignons qu’il n’y a pas d’esprit de jugement dans ces pages, chacun semblant considérer que le choix de tout quitter pour monter à Jérusalem est personnel et ne justifie nulle contrainte. Les dons sont ainsi acceptés, et, nous pouvons en être convaincus, des relations seront entretenues entre les communautés de la diaspora et le centre reconstruit dans la ville "à laquelle l’Éternel a attaché son nom" (1 Rois 8:44, Ézéchiel 48:35).
 
Nous pouvons penser à l’effervescence à Babylone et dans la province, tandis que nombre de familles se préparaient à se rendre dans la terre dévastée de leurs pères. Quelques-uns parmi les plus âgés avaient le souvenir du temple et de la ville, étant toutefois fort jeunes au moment de leur déportation, mais la plupart n’en savaient que ce qu’il leur en avait été dit. Et ils allaient redresser l’autel de l’Éternel et le Temple, y porter les objets sacrés emportés par Nabuchodonosor.


 

 
 
 
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Esdras 2:1 Liste des exilés remontés à Jérusalem


 

Liste des exilés remontés à Jérusalem – Esd.2:1-70

Après avoir cité les noms des responsables de ce remarquable convoi, le nom de chaque famille est mentionné, le peuple d’abord, les prêtres, lévites et serviteurs ensuite, et pour finir les familles qui ne purent établir leur généalogie.
 
Le premier chef cité est ici le descendant de la famille royale, Sheshbatsar, le prince de Juda (Esdras 1:8), sous le nom hébreu de Zorobabel, signifiant "né à Babylone". Le second, Jéshua, est de la famille sacerdotale. Il était petit-fils du grand prêtre Séraïa mis à mort à Ribla par Nébuzaradan lors de la prise de Jérusalem (2 Rois 25.18-21).

2  1 Voici ceux de la province qui remontèrent de la captivité de ceux qui avaient été transportés, lesquels Nabuchodonosor, roi de Babylone, avait exilés à Babylone, et qui retournèrent à Jérusalem et en Juda, chacun en sa ville. 2 Ils allèrent avec Zorobabel, Jéshua, Néhémie, Seraïa, Reélaïa, Mardochée, Bilshan, Mispar, Bigvaï, Rehum, Baana.
 
Nombre des hommes du peuple d'Israël :
 
3 Les fils de Parhosh, deux mille cent soixante-douze ; 4 les fils de Shephatia, trois cent soixante-douze ; 5 les fils d'Arakh, sept cent soixante-quinze ; 6 les fils de Pakhath-Moab, des fils de Jéshua et de Joab, deux mille huit cent douze ; 7 les fils d'Élam, mille deux cent cinquante-quatre ; 8 les fils de Zatthu, neuf cent quarante-cinq ; 9 les fils de Zaccaï, sept cent soixante ; 10 les fils de Bani, six cent quarante-deux ; 11 les fils de Bébaï, six cent vingt-trois ; 12 les fils d'Azgad, mille deux cent vingt-deux ; 13 les fils d'Adonikam, six cent soixante-six ; 14 les fils de Bigvaï, deux mille cinquante-six ; 15 les fils d'Adin, quatre cent cinquante-quatre ; 16 les fils d'Ater, de la famille d'Ézéchias quatre-vingt-dix-huit ; 17 les fils de Bétsaï, trois cent vingt-trois ; 18 les fils de Jora, cent douze ; 19 les fils de Hashum, deux cent vingt-trois ; 20 les fils de Guibbar, quatre-vingt-quinze ; 21 les fils de Bethléhem, cent vingt-trois ; 22 les hommes de Netopha, cinquante-six ; 23 les hommes d'Anathoth, cent vingt-huit ; 24 les fils d'Azmaveth, quarante-deux ; 25 les fils de Kiriath-Arim, de Kephira et de Beéroth, sept cent quarante-trois ; 26 les fils de Rama et de Guéba, six cent vingt et un ; 27 les hommes de Micmas, cent vingt-deux ; 28 les hommes de Béthel et d'Aï deux cent vingt-trois ; 29 les fils de Nebo, cinquante-deux ; 30 les fils de Magbish, cent cinquante-six ; 31 les fils de l'autre Élam, mille deux cent cinquante-quatre ; 32 les fils de Harim, trois cent vingt ; 33 les fils de Lod, de Hadid et d'Ono, sept cent vingt-cinq ; 34 les fils de Jéricho, trois cent quarante-cinq ; 35 les fils de Senaa, trois mille six cent trente.

Les gens du peuple ayant une généalogie bien établie sont au nombre d’un peu plus de vingt-cinq mille. Suit alors la classe sacerdotale, près de quatre mille trois cent et les lévites chargés des services de la maison de l’Éternel, parmi lesquels il faut compter les chantres, les portiers et autres serviteurs, à savoir les Néthiniens, appellation qui dérive de Nathan, qui signifie "donner", et serviteurs de Salomon.

36 Prêtres : les fils de Jedahia, de la maison de Jéshua, neuf cent soixante-treize ; 37 les fils d'Immer, mille cinquante-deux ; 38 les fils de Pashkhur, mille deux cent quarante-sept ; 39 les fils de Harim, mille dix-sept.
 
40 Lévites : les fils de Jéshua et de Kadmiel, d'entre les fils d'Hodavia, soixante-quatorze.
 
41 Chantres : les fils d'Asaph, cent vingt-huit.
 
42 Fils des portiers : les fils de Shallum, les fils d'Ater, les fils de Talmon, les fils d'Akkub, les fils de Hatita, les fils de Shobaï, en tout cent trente-neuf.
 
43 Nethiniens : les fils de Tsikha, les fils de Hasupha, les fils de Tabbaoth, 44 les fils de Kéros, les fils de Siaha, les fils de Padon, 45 les fils de Lebana, les fils de Hagaba, les fils d'Akkub, 46 les fils de Hagab, les fils de Shamlaï, les fils de Hanan, 47 les fils de Guiddel, les fils de Gakhar, les fils de Reaïa, 48 les fils de Retsin, les fils de Nekoda, les fils de Gazzam, 49 les fils d'Uzza, les fils de Paséakh, les fils de Bésaï, 50 les fils d'Asna, les fils de Meünim, les fils de Nephusim, 51 les fils de Bakbuk, les fils de Hakupha, les fils de Harkhur, 52 les fils de Batsluth les fils de Mekhida, les fils de Harsha, 53 les fils de Barkos, les fils de Sisera, les fils de Thamakh, 54 les fils de Netsiakh, les fils de Hatipha.
 
55 Fils des serviteurs de Salomon : les fils de Sotaï, les fils de Sophéreth, les fils de Peruda, 56 les fils de Jaala, les fils de Darkon, les fils de Guiddel, 57 les fils de Shephatia, les fils de Hattil, les fils de Pokéreth-Hatsebaïm, les fils d'Ami.
 
58  Tous les Nethiniens et les fils des serviteurs de Salomon, trois cent quatre-vingt-douze.

Un bémol, ici, lorsque nous comptons le nombre de lévites, en ce compris les serviteurs qui leur furent donnés, les Néthiniens. Moins de sept-cent cinquante personnes, alors que les sacrificateurs, la seule famille d’Aaron, étaient au nombre de quatre-mille trois cent. Il faut dire que la vie des Lévites ne fut pas toujours gratifiante au cours de l’histoire ; ils vivaient des prémices apportées par un peuple dont la fidélité n’a pas été à la mesure de leur appel comme "peuple choisi" par l’Éternel, et combien de fois ils durent alors vivre de leurs propres travaux des champs lorsque le Temple et la dîme étaient négligés par les Israélites. Nous pouvons bien penser aux traces que laissèrent ces années et comprendre combien l’engagement dans la vie de Lévite pouvait manquer d’attrait au vu de l’expérience, qu’elle requérait un solide engagement personnel. Aussi, pour ces sept cent qui prirent le chemin de Jérusalem, la démarche de foi n’en est que plus remarquable.
 
Autre difficulté : des personnes se présentèrent comme étant d’Israël, mais ne purent établir leur filiation. Certains, parmi eux, étaient des prêtres…

59 Voici ceux qui montèrent de Thel-Mélakh, de Thel-Harsha, de Kerub-Addan, d'Immer et qui ne purent pas faire connaître leur famille et leur ascendance pour établir qu’ils étaient d'Israël : 60 les fils de Delaïa, les fils de Tobija, les fils de Nekoda, six cent cinquante-deux.
 
61 Des fils des prêtres, les fils de Hobaïa, les fils d'Hakkots, les fils de Barzillaï, qui prit une femme d'entre les filles de Barzillaï, le Galaadite, et fut appelé de leur nom. 62 Ils cherchèrent leurs inscriptions généalogiques mais ne les trouvèrent pas. Ils furent exclus, comme profanes, de la sacrificature. 63 Et le Thirshatha leur dit qu'ils ne devaient point manger des choses très-saintes, jusqu'à ce qu’un prêtre soit là pour consulter les urim et les thummim.

Nul ne fut rejeté, et nous pouvons bien souligner cette belle réalité ; cependant les prêtres ne purent être reçu comme tels, car la fonction sacerdotale résulte d’un décret divin, et il fallait, pour trancher la question qu’un grand prêtre puisse intervenir par le très sacré "jugement des urim et des thummim" (Nombres 27:21). En effet, pour les circonstances les plus difficiles, le grand prêtre pouvait solennellement jeter le sort, en quelque sorte, au moyen de pierres particulières, nommés "lumières et perfections", disposées dans son vêtement d’officiant, plus précisément dans la grande poche qu’était le "pectoral", pièce de son vêtement qui couvrait le cœur (Exode 28:30, Lévitique 8:8). La sainteté de la fonction ne pouvait être altérée par une quelconque disposition d’hommes, fusse même dans un esprit de mansuétude.
 
Cette longue énumération aboutit à une synthèse suivie immédiatement des gestes accomplis par plusieurs des chefs de famille lors de leur arrivée à Jérusalem.

64 La congrégation réunie était de quarante-deux mille trois cent soixante personnes, 65 sans compter leurs serviteurs et leurs servantes, au nombre de sept mille trois cent trente-sept. Parmi eux se trouvaient deux cents chanteurs et chanteuses. 66 Ils avaient sept cent trente-six chevaux, deux cent quarante-cinq mulets, 67 quatre cent trente-cinq chameaux, et six mille sept cent vingt ânes.
 
68 Plusieurs chefs de famille, lors de leur arrivée à la maison de l'Éternel à Jérusalem, firent des dons volontaires pour la maison de Dieu, pour qu’elle soit rétablie sur son emplacement. 69 Ils donnèrent au fonds des travaux, selon leurs moyens, soixante et un mille drachmes d'or, cinq mille mines d'argent et cent tuniques sacerdotales.
 
70 Les prêtres et les lévites, les gens du peuple, les chantres, les portiers et les Nethiniens, s’installèrent dans leurs villes ; tout Israël se trouva dans ses villes.

Ainsi, avant de se rendre sur le lieu du patrimoine de leurs pères, nous voyons ces dons produits par une grande noblesse de cœur, de la part de plusieurs des chefs de famille. Ils avaient tout quitté à Babylone, vendant sans doute autant que possible les biens qu’ils ne pouvaient emporter. Dans ce dépouillement, ils soulignèrent la réelle motivation de leur démarche, modèle d’un engagement spirituel exemplaire.


 

 
 
 
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22:00 Écrit par Eric dans Esdras 1 à 6, ESDRAS ET NEHEMIE | Commentaires (0)

Esdras 3:1 Rétablissement du culte


 

Rétablissement du culte – Esd.3:1-7

Un foisonnement de vie ! Les familles judéennes arrivent enfin au pays, une marche de plusieurs centaines de kilomètres… Au septième mois de l’année, ils sont enfin à Jérusalem. Le livre ne parle pas de la fête du Nouvel An, célébrée au premier jour de ce septième mois, ni de la fête du Grand Pardon, Yom Kippour, qui la suit, mais tout est prêt pour célébrer Succot, la fête des Tentes.
 
"Le quinzième jour de ce septième mois, la fête des tentes sera célébrée à l'Éternel pendant sept jours… Pendant sept jours vous présenterez à l'Éternel un sacrifice fait par feu… quand vous aurez recueilli le rapport de la terre, vous célébrerez la fête de l'Éternel pendant sept jours : le premier jour il y aura repos, et le huitième jour il y aura repos. Vous habiterez sept jours dans des tentes ; tous les habitants en Israël habiteront dans des tentes, afin que vos générations sachent que j'ai fait habiter les fils d'Israël dans des tentes, lorsque je les fis sortir du pays d'Égypte. Moi, je suis votre Dieu." (Lévitique 23:34-43).
 
C’est la dernière des fêtes de l’année religieuse, une célébration des bienfaits de l’Éternel. Une fête heureuse, un temps de joie durant lequel les Israélites étaient conduits à se souvenir du chemin parcouru, le chemin du désert sans doute, mais aussi de toutes les années qui suivirent, dans un pays "ruisselant de lait et de miel" (Exode 3:8). Nous pouvons bien nous arrêter sur cette qualification du pays, et regarder, dans la vie d’Israël, ce qui a la saveur du lait et du miel, et nous verrons alors les privilèges dont ils furent comblés, même si ce bonheur prit une couleur d’ennui, lorsqu’ils convoitèrent la gloire des nations d’alentour. La manne du désert, avec son "goût d'un gâteau au miel" leur apparut bien vite comme "un pain misérable" dont ils s’étaient dégoutés (Exode 16:31, Nombres 21:5).
 
Mais en ces jours, la délivrance de l’exil était au cœur des migrants revenus au pays ; et la fête des tentes a été célébrée dans une grande émotion.

3  1 Le septième mois arriva, et les Israélites étaient dans leurs villes. Alors, le peuple s'assembla à Jérusalem, comme un seul homme. 2 Jéshua, fils de Jotsadak, avec ses frères les prêtres, et Zorobabel, fils de Shealthiel, et ses frères, se levèrent et bâtirent l'autel du Dieu d'Israël, pour y offrir des holocaustes, selon ce qui est écrit dans la loi de Moïse, homme de Dieu. 3 Ils rétablirent l'autel sur ses assises, malgré la terreur des peuples de ces contrées, et ils offrirent là des holocaustes à l'Éternel, les holocaustes du matin et du soir. 4 Ils célébrèrent la fête des tentes, comme il est écrit, et, jour après jour, les holocaustes, en nombre adéquat, selon l'ordonnance pour chaque jour. 5 Après cela ils offrirent l’holocauste continuel, ceux des nouvelles lunes et de tous les jours solennels de l'Éternel qui étaient sanctifiés, et ceux de tous ceux qui offraient une offrande volontaire à l'Éternel. 6 Dès le premier jour du septième mois, ils commencèrent à offrir des holocaustes à l'Éternel. Cependant, les fondations du temple de l'Éternel n'étaient pas encore posés. 7 Ils donnèrent de l'argent aux tailleurs de pierres et aux charpentiers, des vivres et des boissons et de l'huile aux Sidoniens et aux Tyriens, pour amener des bois de cèdre du Liban à la mer de Japho, suivant l'autorisation qu'ils avaient de Cyrus, roi de Perse.

Dans l’enthousiasme du retour et la joie de la restauration de l’autel des holocaustes, il est un élan partagé : celui de la louange à Dieu, à l’Éternel qui n’oublie aucune de ses promesses, ainsi que l’a maintes fois répété le prophète Jérémie. Celui-ci prononça plus d’une fois au nom du Seigneur ces paroles : "Et il arrivera qu'après que je les aurai arrachés, je leur ferai de nouveau miséricorde et je les ferai retourner chacun à son héritage et chacun dans son pays" (Jérémie 12:15, lire aussi 23:3, 30:3).
 
Ce mouvement des premiers jours en terre d’Israël ne peut être oublié, car il exprime ce que les Judéens remontés de Babylone avaient au cœur, ayant été soutenu par les paroles de foi et de confiance que nous pouvons lire, après qu’ils les aient entendues, dans la deuxième partie du Livre d’Ésaïe ; ces paroles prononcées par un ou des prophètes dont nous ne connaissons par le nom, et qui se leva, ou se levèrent, vers la fin des soixante-dix ans de puissance de Babylone annoncées par Jérémie (Jér.25:11, 29:10), lorsque s’avançait le chef de l’armée des Mèdes et des Perses. Accomplissement d’une annonce pleine de force : "Voici, je réveille contre eux les Mèdes, qui n'estiment pas l'argent, et, quant à l'or, n'y prennent pas de plaisir" (Ésaïe 13:17).
 
En passant, soulignons ce que nous trouvons ici, dans la parole de Dieu, cet écrit à propos d’un peuple d’entre les nations. Devenu roi des Mèdes et des Perses, Cyrus II devient aussi le garant de ce rétablissement du Temple et de la ville de Jérusalem. Ce n’est pas la gloire pour Israël, mais les Judéens remontés dans leur pays sont conscients de la grâce et de la fidélité de Dieu. Cette reconnaissance les pousse aux pas suivants à accomplir, à savoir la reconstruction du Temple.


 

 
 
 
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21:00 Écrit par Eric dans Esdras 1 à 6, ESDRAS ET NEHEMIE | Commentaires (0)

Esdras 3:8 Reconstruction du Temple de Jérusalem


 

LA RECONSTRUCTION DU TEMPLE
ESDRAS 3:8-4:5 et 4:24

 
Il ne se passe que six mois après l’arrivée à Jérusalem avant que les travaux de reconstruction ne commencent. Dès la fête de Succot, lors du retour, des dispositions avaient été prises pour cette reconstruction : appel de tailleurs de pierre et de charpentiers, acquisition de bois de cèdre au Liban, comme il en avait été au temps de Salomon (1 Rois 5:1-10). Et le travail fut entrepris, mais bien vite le découragement survint, et il faudra l’intervention du Seigneur par le moyen d’Aggée et Zacharie, une quinzaine d’années plus tard, pour que les dirigeants et le peuple reprennent courage et se remettent au travail. Il ne faudra alors que quatre ans pour que le Second Temple soit achevé, vingt ans après le retour de Babylone, et cela alors que des ennemis avaient envoyé une lettre au roi Darius Ier pour qu’il fasse arrêter les travaux. Ainsi au plus fort de l’opposition, la foi s’est manifestée. Le travail se poursuivant, les Judéens furent confirmés dans leur entreprise par le chef de l’empire. Le Temple est inauguré et la Pâque, souvenir de la sortie d’Égypte, est alors célébrée avec une grande joie.
 
Vingt années de crainte, de découragement, mais aussi de foi, de travail et d’accomplissement.


Commencement des travaux – Esd. 3:8-13

L’année 535 commence de la plus belle manière, dans l’enthousiasme, dans la foi, sans que nul ne paraisse penser aux oppositions possibles. En effet, ils avaient l’aval du roi, et même d’avantage, étant pratiquement mandatés par lui pour la construction du Temple. Nous voyons se lever "comme un seul homme" les préposés à la direction des travaux.
 
Ce travail est sacré, et nous voyons les prêtres et les lévites célébrer avec force louanges à Dieu la pose des fondations du Second Temple.

8 La seconde année de leur arrivée à la maison de Dieu à Jérusalem, au deuxième mois, Zorobabel, fils de Shealthiel, Jéshua, fils de Jotsadak, avec le reste de leurs frères les prêtres et les lévites, et tous ceux qui étaient venus de la captivité à Jérusalem, commencèrent ; et ils établirent les lévites, depuis l'âge de vingt ans et au-dessus, pour surveiller l'œuvre de la maison de l'Éternel. 9 Et Jéshua et ses fils et ses frères, Kadmiel et ses fils qui étaient Judéens se tinrent là comme un seul homme pour surveiller ceux qui travaillaient à la maison de Dieu, avec les fils de Hénadad, leurs fils et leurs frères, les lévites.
 
10 Lorsque ceux qui bâtissaient posèrent les fondations du temple de l'Éternel, on fit assister les prêtres en tenue sacerdotale, avec les trompettes, et les lévites, fils d'Asaph, avec les cymbales, afin de louer l'Éternel selon les directives de David, roi d'Israël. 11 Ils s'entre-répondaient en louant et en célébrant l'Éternel par le chœur : "Car il est bon, car sa bonté envers Israël demeure à toujours." Et tout le peuple lança une grande acclamation en louant l'Éternel, parce qu'on posait les fondations de la maison de l'Éternel. 12 Beaucoup parmi les prêtres, les lévites et les chefs de famille âgés qui avaient vu la première maison pleuraient à haute voix pendant que l’on posait sous leurs yeux les fondations de cette maison ; et beaucoup d’autres, en revanche, faisaient retentir des acclamations de joie. 13 Le peuple ne pouvait distinguer les acclamation de joie d’avec les pleurs, car le peuple lançait une grande clameur qui s’entendait au loin.

Les fondations du temple sont posées. Une joie pure pour ces familles qui assument un tel engagement. Ce sont des hommes qui ont un projet ! Mais à quel prix ? Il leur a fallu d’abord rompre les amarres, quitter leur maison de Babylone. Ils ont laissé derrière eux, sans perspective de retour, leur maisons, leurs champs peut-être, des amis, des proches, pour un projet fou de reconstruction. Fou, car qui d’entre eux avaient connu le pays, les assemblées solennelles, les grandes réjouissances ? Seuls les aînés pouvaient avoir quelques images retenues de leur enfance. C’est la joie de l’alliance, célébrée par les prophètes et chantées dans les psaumes, qui les motive ! Il nous faut lire ces pages extraordinaires, les paroles que ces Judéens entendirent à Babylone, avant qu’ils ne prirent le chemin de Jérusalem, ces paroles consignées en fin du Livre d’Ésaïe (Esaïe 40 à 66), prononcées par des prophètes qui parlèrent deux siècles après l’homme Ésaïe, dans le même esprit que lui, et disant alors : "Sortez de Babylone" (Ésaïe 48:20).
 
Ici, nous voyons se confondre les pleurs des uns et la joie des autres, un hymne à la fidélité de l’Éternel lorsqu’ils purent mesurer cette bonté de Dieu, l’accomplissement de la promesse du retour, face à la ruine produite par l’abandon de l’alliance. La ville désolée reprenait vie, une vie nourrie des perspectives prophétiques et rattachée à son passé, à ses racines !


 

 
 
 
Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Esdras 4:1 Opposition des habitants du pays


 

Opposition des habitants du pays – Esd.4:1-5,24

Très vite une réaction vient des habitants du pays, ces populations déportées de diverses contrées dès le temps de Tiglath-Piléser III (745-727), roi d’Assyrie fondateur de l’empire, de Salmanasar V (727-722) et de Sargon II (722-705). Le royaume d’Israël, les dix tribus du nord, dont la capitale était Samarie, fut asservi en son temps à l’Assyrie. De rébellion en rébellion de Samarie, la colère de l’Assyrien conduit à la destruction de la capitale et la déportation des habitants au-delà de l’Assyrie, dans la contrée des Mèdes (2 Rois 15:29, 18:11). La région de Samarie fut alors occupée par d’autres populations, à commencer par des gens venant du nord de l’Assyrie, c’était alors la fin du huitième siècle. Ces populations ne tardèrent pas "à craindre l’Éternel tandis qu’ils servaient leurs dieux" (2 Rois 17:24-33), pénétrés de cette idée que chaque région avait ses dieux, et qu’il convenait de les honorer.
 
Le trouble produit par la venue de cette colonie de Judéens, modeste et entreprenante, conduit à des réactions de la population. Leurs chefs abordent alors les bâtisseurs à Jérusalem en se revendiquant de l’Éternel et en faisant référence au règne d’Assarhaddon, roi d’Assyrie (680-669).

4  1 Les adversaires de Juda et de Benjamin apprirent que ceux de l’exil bâtissaient le temple de l'Éternel, le Dieu d'Israël. 2 Ils s'approchèrent de Zorobabel et des chefs de familles et leur dirent : Nous bâtirons avec vous, car, comme vous, nous recherchons votre Dieu, et nous lui offrons des sacrifices depuis les jours d'Asarhaddon, roi d'Assyrie, qui nous a fait monter ici. 3 Mais Zorobabel, Jéshua et les autres chefs de famille leur répondirent : Ce n’est pas votre affaire de bâtir avec nous une maison à notre Dieu ; nous seuls bâtirons pour l'Éternel, le Dieu d'Israël, ainsi que nous l'a commandé le roi Cyrus, roi de Perse. 4 Alors le peuple du pays se mit à décourager le peuple de Juda et à l’intimider pour l’empêcher de bâtir ; 5 ils soudoyèrent contre eux des conseillers pour faire échouer leur projet, pendant tous les jours de Cyrus, roi de Perse, et jusqu'au règne de Darius, roi de Perse.

Ici se trouve une parenthèse, les versets 6 à 23, dans laquelle le rédacteur du livre rend compte d’une autre marque d’opposition des habitants du pays, un demi siècle plus tard ; celle-ci a lieu non lors de la construction de la Maison de Dieu à Jérusalem, mais au début de la reconstruction de la muraille de la ville, et cela au temps d’Assuérus, mieux connu sous le nom de Xerxès Ier (486-465), successeur de Darius Ier (521-486). Cette insertion non chronologique résulte manifestement de l’intention de regrouper les manifestations de contestations qui se manifestaient encore après la construction du Second Temple, et l’appui répété des rois de Perse ; voyons l’attitude du roi Artaxerxès relevée ci-après (Esdras 6:14), un demi-siècle après l’achèvement du Temple.

24 Dès lors l’ouvrage de la maison de Dieu à Jérusalem fut interrompu. Il fut interrompu jusqu'à la deuxième année du règne de Darius, roi de Perse.

Le travail était à peine commencé lorsque le découragement survint ; comme nous le lisons, Cyrus (536-529) régnait encore… Les Judéens, arrivés en 535, ayant célébré leur établissement en terre d’Israël avec joie autour de l’autel à l’Éternel restauré, se sont mis rapidement au travail de reconstruction, mais il ne dût y avoir que quelques mois de travail effectif, peut-être une année ou deux, et l’entreprise s’est arrêtée. Gardons-nous de donner une appréciation négative, mais tirons-en l’enseignement. La joie des commencements et la force développée pour entreprendre étaient bien réelles, mais pouvaient-ils s’attendre à une telle opposition, sourde d’abord et violente ensuite, ayant entre leurs mains l’édit si favorable de Cyrus ?
 
Mais, par ailleurs, pourquoi n’avoir pas accepté la proposition des habitants du pays, alors que ces personnes se réclamaient de Dieu ? Racisme ? Sectarisme ? Nombreux sont sans doute ceux qui seraient tentés de le penser. Mais voyons ce réveil religieux des Judéens remontés de Babylone : avec leurs faibles moyens, ils étaient retournés à la foi de leurs pères, à la pratique de la Loi. Et celle-ci prescrivait de se tenir séparés dans le culte rendu à Dieu, ce qui n’était pas rejet de l’étranger, mais fidélité à l’alliance, au choix de Dieu qui fit du peuple d’Israël son serviteur.
 
Cela veut-il dire que les étrangers seraient exclus a priori ? Nous pouvons lire : "Et les fils de l'étranger qui s'attachent à l'Éternel pour le servir et pour aimer le nom de l'Éternel, pour être ses serviteurs, - quiconque observe le sabbat pour ne pas le profaner, et ceux qui tiennent ferme mon alliance, je les ferai venir à ma montagne sainte, et je les rendrai joyeux dans ma maison de prière : leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel, car ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples." (Ésaïe 56:6-7). Mais la pensée des habitants du pays n’était pas celle-là… Leur proposition n’était pas ni un engagement de foi ni un geste vraiment amical ; et leurs intentions furent manifestes lorsque, sur le refus, ils entreprennent de "faire échouer le projet."
 
La vie est difficile ! Se réjouir dans un œuvre de foi produit en ce monde l’incompréhension et l’opposition. Le travail eût été une œuvre profane, un accord eût pu se trouver, mais le fait de vivre en marge de la société civile produit des frictions, voire un contexte d’opposition qui peut mener à la haine, comme il se produit tous les jours en ce monde. Hélas, ici, les pressions faillirent réussirent, et des hommes de foi tels Joshua et Zorobabel eux-mêmes paraissent avoir baissé les bras. Mais le Seigneur veille…


Opposition des habitants du pays – Esd.4:1-5,24

Très vite une réaction vient des habitants du pays, ces populations déportées de diverses contrées dès le temps de Tiglath-Piléser III (745-727), roi d’Assyrie fondateur de l’empire, de Salmanasar V (727-722) et de Sargon II (722-705). Le royaume d’Israël, les dix tribus du nord, dont la capitale était Samarie, fut asservi en son temps à l’Assyrie. De rébellion en rébellion de Samarie, la colère de l’Assyrien conduit à la destruction de la capitale et la déportation des habitants au-delà de l’Assyrie, dans la contrée des Mèdes (2 Rois 15:29, 18:11). La région de Samarie fut alors occupée par d’autres populations, à commencer par des gens venant du nord de l’Assyrie, c’était alors la fin du huitième siècle. Ces populations ne tardèrent pas "à craindre l’Éternel tandis qu’ils servaient leurs dieux" (2 Rois 17:24-33), pénétrés de cette idée que chaque région avait ses dieux, et qu’il convenait de les honorer.
 
Le trouble produit par la venue de cette colonie de Judéens, modeste et entreprenante, conduit à des réactions de la population. Leurs chefs abordent alors les bâtisseurs à Jérusalem en se revendiquant de l’Éternel et en faisant référence au règne d’Assarhaddon, roi d’Assyrie (680-669).

4  1 Les adversaires de Juda et de Benjamin apprirent que ceux de l’exil bâtissaient le temple de l'Éternel, le Dieu d'Israël. 2 Ils s'approchèrent de Zorobabel et des chefs de familles et leur dirent : Nous bâtirons avec vous, car, comme vous, nous recherchons votre Dieu, et nous lui offrons des sacrifices depuis les jours d'Asarhaddon, roi d'Assyrie, qui nous a fait monter ici. 3 Mais Zorobabel, Jéshua et les autres chefs de famille leur répondirent : Ce n’est pas votre affaire de bâtir avec nous une maison à notre Dieu ; nous seuls bâtirons pour l'Éternel, le Dieu d'Israël, ainsi que nous l'a commandé le roi Cyrus, roi de Perse. 4 Alors le peuple du pays se mit à décourager le peuple de Juda et à l’intimider pour l’empêcher de bâtir ; 5 ils soudoyèrent contre eux des conseillers pour faire échouer leur projet, pendant tous les jours de Cyrus, roi de Perse, et jusqu'au règne de Darius, roi de Perse.

Ici se trouve une parenthèse, les versets 6 à 23, dans laquelle le rédacteur du livre rend compte d’une autre marque d’opposition des habitants du pays, un demi siècle plus tard ; celle-ci a lieu non lors de la construction de la Maison de Dieu à Jérusalem, mais au début de la reconstruction de la muraille de la ville, et cela au temps d’Assuérus, mieux connu sous le nom de Xerxès Ier (486-465), successeur de Darius Ier (521-486). Cette insertion non chronologique résulte manifestement de l’intention de regrouper les manifestations de contestations qui se manifestaient encore après la construction du Second Temple, et l’appui répété des rois de Perse ; voyons l’attitude du roi Artaxerxès relevée ci-après (Esdras 6:14), un demi-siècle après l’achèvement du Temple.

24 Dès lors l’ouvrage de la maison de Dieu à Jérusalem fut interrompu. Il fut interrompu jusqu'à la deuxième année du règne de Darius, roi de Perse.

Le travail était à peine commencé lorsque le découragement survint ; comme nous le lisons, Cyrus (536-529) régnait encore… Les Judéens, arrivés en 535, ayant célébré leur établissement en terre d’Israël avec joie autour de l’autel à l’Éternel restauré, se sont mis rapidement au travail de reconstruction, mais il ne dût y avoir que quelques mois de travail effectif, peut-être une année ou deux, et l’entreprise s’est arrêtée. Gardons-nous de donner une appréciation négative, mais tirons-en l’enseignement. La joie des commencements et la force développée pour entreprendre étaient bien réelles, mais pouvaient-ils s’attendre à une telle opposition, sourde d’abord et violente ensuite, ayant entre leurs mains l’édit si favorable de Cyrus ?
 
Mais, par ailleurs, pourquoi n’avoir pas accepté la proposition des habitants du pays, alors que ces personnes se réclamaient de Dieu ? Racisme ? Sectarisme ? Nombreux sont sans doute ceux qui seraient tentés de le penser. Mais voyons ce réveil religieux des Judéens remontés de Babylone : avec leurs faibles moyens, ils étaient retournés à la foi de leurs pères, à la pratique de la Loi. Et celle-ci prescrivait de se tenir séparés dans le culte rendu à Dieu, ce qui n’était pas rejet de l’étranger, mais fidélité à l’alliance, au choix de Dieu qui fit du peuple d’Israël son serviteur.
 
Cela veut-il dire que les étrangers seraient exclus a priori ? Nous pouvons lire : "Et les fils de l'étranger qui s'attachent à l'Éternel pour le servir et pour aimer le nom de l'Éternel, pour être ses serviteurs, - quiconque observe le sabbat pour ne pas le profaner, et ceux qui tiennent ferme mon alliance, je les ferai venir à ma montagne sainte, et je les rendrai joyeux dans ma maison de prière : leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel, car ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples." (Ésaïe 56:6-7). Mais la pensée des habitants du pays n’était pas celle-là… Leur proposition n’était pas ni un engagement de foi ni un geste vraiment amical ; et leurs intentions furent manifestes lorsque, sur le refus, ils entreprennent de "faire échouer le projet."
 
La vie est difficile ! Se réjouir dans un œuvre de foi produit en ce monde l’incompréhension et l’opposition. Le travail eût été une œuvre profane, un accord eût pu se trouver, mais le fait de vivre en marge de la société civile produit des frictions, voire un contexte d’opposition qui peut mener à la haine, comme il se produit tous les jours en ce monde. Hélas, ici, les pressions faillirent réussirent, et des hommes de foi tels Joshua et Zorobabel eux-mêmes paraissent avoir baissé les bras. Mais le Seigneur veille…


 

 
 
 
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