29/01/2009

Esaïe 49:1 Réponse de la foi (1)


 

RÉPONSE DE LA FOI
Esaïe 49.1 à 50.3

Cette page s'ouvre sur un hymne de confession et de reconnaissance, expression d’un retour à la foi et au service pour lequel Israël a été mis à part.
 
Encore à Babylone, la joie est déjà éprouvée par les fils d’Israël qui ont retrouvé la confiance envers le Seigneur. Leurs yeux sont ouverts, et se manifeste alors l’assurance que les promesses anciennes ne sont pas oubliées ! Les perspectives immédiates, la campagne militaire de Cyrus et la perspective de la chute prochaine de la puissance chaldéenne, ne sont pas même évoquées. Ce qui réchauffe ces cœurs, ce sont les promesses de Dieu, la mission du peuple qui se poursuivra, et l’aboutissement du plan divin.


Cantique de reconnaissance - 42.1-6

Nous assistons à un réel retour sur soi. Les paroles mettent en contraste la grandeur de la mission assignée au peuple et la reconnaissance des abandons qui conduisirent à l’exil :

Et il m'a dit : Tu es mon serviteur, Israël, c'est en toi que je serai glorifié. Et moi, j'ai dit : C'est pour rien que je me suis fatigué, c'est pour le chaos, la futilité, que j'ai épuisé ma force. (49.3-4)
Israël, mis à part pour le service : 41.8, 44.1,21 et 45.4
Mis à part pour faire briller la réalité du seul Dieu créateur, ce peuple chantre du monothéisme a eu de mauvais bergers disant avant l’exil : "A quoi bon ! Moi, j’aime les étrangers, je veux les suivre" (Jérémie 2.25). C’est ici une conversion, un demi-tour, le dos tourné à ce vers quoi le peuple aspirait, la voie des nations. Des Judéens en reconnaissent aujourd’hui la vanité ! Confession et confiance se rejoignent ici, car la parole de Dieu a été entendue. Le prophète ne vient-il pas de rappeler que le Seigneur est toujours "pour" son peuple ? Au point que le chantre de ce cantique ajoute :

Assurément, mon droit est auprès du Seigneur et ma récompense auprès de mon Dieu. (49.4)

La foi regarde au Seigneur, et fait écho aux paroles prononcées tout au long de l’appel entendu :
Cette strophe des versets 1 à 5 répond au chapitre 41. Comparons en particulier 49.1 à 41.1-7 ainsi que 49.5 à 41.15.
Maintenant le Seigneur parle… pour ramener à lui Jacob, pour qu'Israël soit rassemblé auprès de lui.
(49.5)

Un "maintenant" qui répond à un autre : "Maintenant, ainsi parle le Seigneur… N'aie pas peur, car j'ai assuré ta rédemption. je t'ai appelé par ton nom : tu es à moi !" (43.1) Il y a des promesses ! Et la foi se souvient, reconnaît son Dieu : "Aura-t-il dit, et ne fera-t-il pas ? aura-t-il parlé, et ne l'accomplira-t-il pas ?" (Nombres 23.19) Elle entend ces paroles qui venaient d’être prononcées : "Moi, le Seigneur (YHWH), je t'ai appelé pour la justice et je te prends par la main, je te préserve pour faire de toi l'alliance du peuple, la lumière des nations" (42.6-9).

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Esaïe 49:6 Réponse de la foi (2)


 

Nouvelles paroles d’encouragement - 49.6-13

Comme en écho à ces louanges, le prophète poursuit, apportant une nouvelle dimension à leur service ! Les Judéens ont à l’esprit le rassemblement d’Israël. Auraient-ils pu oublier les paroles du prophète Ezéchiel une vingtaine d’années auparavant ? Mais ici le prophète leur rappelle le caractère universaliste du service assigné :

C'est peu de chose que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob et pour ramener les restes d'Israël : j'ai fait de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu'aux extrémités de la terre. (49.6)

C’est pour cette mission que le peuple, si souvent indocile, de cou roide, est préservé : "je te prends par la main, je te préserve pour faire de toi l'alliance du peuple, la lumière des nations" (42.6). Le Seigneur n’avait-il pas dit à Abraham : "En toi seront bénis toutes les familles de la terre" (Genèse 12.3).
 
Nous pouvons mesurer le retour au Seigneur de ces âmes vivifiées par la confiance en Dieu, la découverte de la réalité des promesses, et la foi dans la venue du Messie qui établira un royaume de lumière pour l’humanité tout entière ! Le prophète se tourne à nouveau vers son peuple méprisé, pour que brille davantage encore la grandeur de son appel :

Voici ce que dit le Seigneur, le rédempteur, le Saint d'Israël, à celui qui est méprisé, à la nation abhorrée, à l'esclave des dominateurs : des rois verront et ils se lèveront, des princes et ils se prosterneront, à cause du Seigneur, qui est digne de confiance, du Saint d'Israël, qui t'a choisi. Ainsi parle le Seigneur : Au temps de la faveur je t'ai répondu et au jour du salut je t'ai secouru ; je te préserve pour faire de toi l'alliance du peuple, pour relever le pays et pour distribuer les patrimoines dévastés ; pour dire aux prisonniers : Sortez ! Et à ceux qui sont dans les ténèbres : Paraissez !
(49.7-8)

Ces paroles vont jusqu’à l’exaltation dans la vision des Israélites qui reviendront de l’Orient lointain (49.12) :
Le verset 12 cite une région appelée Sinim, ce qui fut interprété "Orient lointain" par les traducteurs de la LXX, la Bible en grec (3e au 1er siècle avant notre ère).
Ciel, pousse des cris de joie ! Terre, sois dans l'allégresse ! Montagnes, éclatez en cris de joie ! Car le Seigneur console son peuple, il a compassion de ses pauvres. (49.13)


Les consolations de Sion - 49.14-26

Sion, expression de la présence de Dieu au milieu des hommes, est alors évoqué, célébré dans la continuité des expressions de désolation des Lamentations (Lamentations 1.1-2, 5.18).

Sion disait : Le Seigneur m'a abandonnée, le Seigneur m'a oubliée ! Une femme oublie-t-elle son nourrisson ? N'a-t-elle pas compassion du fils qui est sorti de son ventre ? Quand elle l'oublierait, moi je ne t'oublierais pas. Je t'ai gravée sur les paumes de mes mains ; tes murailles sont constamment devant moi. Tes fils accourent ; ceux qui t'ont rasée et réduite en ruines sortiront de toi. Lève les yeux et regarde tout autour: tous se rassemblent, ils viennent vers toi… (49.14-18)

C’est un dialogue de toute beauté qui est ici composé par le prophète ; une scène où s’entre-répondent le Seigneur et la ville désolée alors que paraissent, en pensée, les colonnes d’Israélites :
Et tu te diras : Qui me les a donnés ? Car j'étais privée d'enfants, j'étais stérile. J'étais exilée, répudiée : qui les a élevés ? J'étais restée seule : ceux-ci, où étaient-ils ?(49.21)
Et la réponse vient du Seigneur Dieu :
Je lèverai ma main vers les nations, j'élèverai ma bannière vers les peuples ; ils ramèneront tes fils dans leurs bras, ils porteront tes filles sur leurs épaules… Pour conclure par ces mots : ainsi tu sauras que je suis le Seigneur (YHWH), et ceux qui m'espèrent ne seront pas honteux. (49.22-23).

 

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05:00 Écrit par Eric dans Esaïe 49 et 50, LE LIVRE D'ESAIE | Commentaires (0)

Esaïe 50:1 Réponse de la foi (3)


 

Paroles aux résistants - 50.1-11

Mais cette confiance n’est pas de tous ! Il faut penser à la situation de ces Judéens qui entendaient les rumeurs de guerre et prenaient connaissance du nom de cet homme prodigieux qui menait ses troupes exercées sur les terres de l’Empire. Parmi ces enfants et petit-enfants de déportés, des hommes de Dieu discernaient les temps, confiants dans les annonces des prophètes qui avaient annoncé la fin de l’exil ! Mais étaient-ils compris de tous ? Quels sentiments ces messages pouvaient-ils produire en ces hommes nés à Babylone, sans souvenir personnel de la terre de leurs parents, cette terre dévastée qu’ils n’avaient jamais vue ? Leur vie s’était faite à Babylone…
 
En ces jours, les bruits se répandaient dans la capitale de l’empire ! Et l’on attendait qu’ils se précisent. On attendait l’improbable courrier venant des lignes du front, des combats… Que faire ? Les citoyens de Babylone ne se précipitaient-ils pas auprès de leurs dieux, ne criaient-ils pas à leurs idoles ? Et après tout, dans ces temps de guerre, ne fallait-il pas se montrer citoyen ?
 
Certes des voix confiantes se faisaient entendre dans les communautés de l’exil, mais comment pouvait être perçues les paroles du prophète présentant comme une bénédiction, une marque de la sollicitude du Seigneur, l’appel à quitter Babylone, sa maison, le lieu de la naissance… Pour plusieurs, ce pourrait être l’indifférence, la confiance dans la prospérité de leurs entreprises, la reproduction des "A quoi bon !" de leurs pères. Pour d’autres un certain espoir du recouvrement des biens perdus lors de l’exil, espoir bien mince après un demi-siècle d’abandon ; et après tout, n’avaient-ils pas leurs habitations, leurs relations, leurs affaires à Babylone ? Mais pour la foi s’ouvrait le chemin que prit Abraham en son temps : Le Seigneur dit à Abram : "Va, pour toi même, de ton pays, du lieu de tes origines et de la maison de ton père, vers le pays que je te montrerai" (Genèse 12.1). Seul l’attachement à Dieu, à sa Parole, peut déterminer une telle disposition, une adhésion renouvelée au grand plan de Dieu…
 
Mais des "Pourquoi ?" se font entendre ! Pourquoi s’en aller en Judée, quitter le pays où ils sont nés, où ils sont établis ? Retourner… si ce mot avait même quelque sens pour eux ? Nous pouvons penser aux raisonnements ! "Quitter Babylone ! Mais alors pourquoi le Seigneur aurait-il permis cet exil ? Pouvons-nous même croire que Dieu avait fait des promesses à notre peuple, n’était-ce pas un rêve, une illusion, alors que nous sommes ici, que nos pères y sont nés ?" L’homme de Dieu s’écrie alors :

C'est à cause de vos fautes que vous avez été vendus et c'est à cause de vos transgressions que votre mère a été répudiée. (50.1)

Immédiatement une parole vient de la part de Dieu, une réponse et une flèche pour la conscience :

Je suis venu ! Pourquoi n'y avait-il personne ? Mon bras est-il donc trop court pour libérer ? N'ai-je pas assez de force pour délivrer ? (50.2)

Dieu est puissant, il aurait pu ôter toute vie, plonger le peuple tout entier dans les ténèbres profondes…
 
Un appel vibrant à écouter le Seigneur trouve ici sa place. Nous avons lu la réponse forte de Judéens qui ont écouté, qui ont reçu les paroles du prophète. Nous avons lu ce dernier cri à l’égard de ceux qui ne veulent pas entendre. Nous avons entendu cette réplique à ceux d’entre eux qui affirment leur incrédulité, qui refusent de porter foi au message de miséricorde :

J’ai appelé, pourquoi personne n’a-t-il répondu ?
(50.2)

Alors nous trouvons une page riche entre toutes, évoquant le Serviteur à venir, Celui dont il est dit : "Il ne brisera pas le roseau qui ploie, il n'éteindra pas la mèche qui vacille" (42.3).L’homme de Dieu parle alors, il dévoile ses propres dispositions, et celles de tout homme envoyé par le Seigneur pour adresser Sa Parole :

Le Seigneur Dieu m'a donné le langage des disciples, pour que je sache soutenir par une parole celui qui est épuisé ; chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille, pour que j'écoute à la manière des disciples. Le Seigneur Dieu m'a ouvert l'oreille, et moi, je ne me suis pas rebellé et je ne me suis pas dérobé. J'ai livré mon dos à ceux qui me frappaient et mes joues à ceux qui m'arrachaient la barbe ; je ne me suis pas détourné des insultes et des crachats. (50.4-6)

Il ne s’est pas rebellé, mais a affaire aux rebelles ! Sa détermination est forte, "son visage comme du granit." Il provoque même :

Qui veut m'accuser ? Comparaissons ensemble ! Qui s'oppose à mon droit ? Qu'il s'avance vers moi ! Le Seigneur Dieu viendra à mon secours : qui me condamnera ? (50.8-9)

C’est en prophète que l’homme parle, mettant en contraste la miséricorde de Dieu et la vanité de ceux qui ne veulent pas écouter ; et il décrit l’issue de leur détermination. Il dit aux premiers :

Qui parmi vous craint le Seigneur, en écoutant son serviteur ? Quiconque marche dans les ténèbres et manque de clarté, qu'il mette sa confiance dans le nom du Seigneur et qu'il s'appuie sur son Dieu ! (50.10)
Si l’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il demande à Dieu qui donne à tous généreusement et sans faire de reproche, et elle lui sera donnée.(Jacques 1.5)

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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02:00 Écrit par Eric dans Esaïe 49 et 50, LE LIVRE D'ESAIE | Commentaires (0)