30/01/2009

Esaïe 36 : Le Roi Ezéchias


 

LE ROI EZECHIAS
Les épreuves de la foi
Esaïe 36 à 39

Je protégerai cette ville pour la sauver, à cause de moi et à cause de David, mon serviteur
Ésaïe 37.35

Le règne du Roi Ézéchias

Avant d’aborder ces pages relatant des interventions du prophète dans la vie du roi Ézéchias, il n’est pas sans intérêt de les situer dans l’histoire. Ceci impose de poser quelques repères chronologiques.
Pour cette analyse des dates, nous retenons ce qui suit :
1°) La chronologie assyrienne étant clairement attestée, il convient de s’y référer, tant pour les dates des règnes successifs des rois d’Assyrie que pour la datation des événements cités.
2°) Le texte biblique peut contenir des erreurs de transcriptions, il s’en trouve quelques unes, rares mais incontestables, toutefois les faits relatés ne peuvent être incohérents.

Le chapitre 18 du Second Livre des Rois fournit des informations précieuses :
  • Ézéchias monte sur le trône en la 3ème année d’Osée, roi d’Israël, et donc avant la chute de Samarie et l’exil consécutif des Dix Tribus.
  • La chute de Samarie a lieu au cours de la 4ème année du règne d’Ézéchias. Les annales assyriennes datent cet événement en l’an 721. Le règne d’Ézéchias commence donc en 726 ou 725, cette latitude de date étant due à l’écart entre les calendriers de référence.
  • La campagne de Sennachérib, roi d’Assyrie, contre Juda, et notamment le siège de la ville de Lakish dans la plaine du pays est datée, en 2 Rois 18.13, de la 14ème année du règne d’Ézéchias, ce qui serait 712/711. Or le règne de Sennachérib ne commence qu’en 704 et les chroniques assyriennes datent cette campagne de l’an 701. Retenant cette date, nous devons lire en 2 Rois 18 : la 24ème année du roi.
Le Second Livre des Chroniques, aux chapitres 29 et 30, fait état de la purification du Temple dès la première année d’Ézéchias, soit en 726. Dès l’approche de la Pâque, cette même année, il envoie des messagers vers les tribus du Royaume du Nord pour inviter à la célébration de la fête à Jérusalem (2 Chroniques 30.1), ceci a lieu tandis qu’Osée régnait à Samarie. Son royaume est alors fort affaibli, il n’a pas les moyens d’empêcher la circulation des émissaires du roi de Juda. Il faut d’ailleurs voir dans ce fait la miséricorde de Dieu : avant la consommation de la ruine de Samarie, les Israélites entendent encore un appel à venir au Seigneur !
 
Dans la présentation de l’activité des émissaires parcourant Juda et Israël, il est fait état d’Israélites envoyés en exil (2 Chroniques 30.6). Qui sont ces Israélites envoyés en exil sous la férule du roi d’Assyrie ? S’il s’agissait de l’exil consécutif à la ruine de Samarie, sous Sargon II, en 721, nous aurions une incohérence historique majeure d’avec le Livre des Rois. Mais il n’en est rien ! Nous devons prendre en considération l’exil des Israélites de la région nord du pays, le terre de Nephtali. Cet exil date de l’an 732, lorsqu’il fut ordonné par Tiglath-Pileser à la suite de sa victoire sur Damas et Samarie, tandis que le roi Achaz régnait à Jérusalem.
 
L’événement fut très sensible à l’époque, et les Israélites ne peuvent l’avoir oublié. Ésaïe l’évoqua y discernant le début de la ruine de la nation tout entière. Evénement marquant que nous voyons d’ailleurs en filigrane lorsque le prophète annonce le temps du rétablissement d’Israël lors de la venue du Messie :

Si le passé a réduit à peu de chose le pays de Zabulon et le pays de Nephtali, l'avenir donnera de la gloire à la route de la mer, à l'autre côté du Jourdain, au territoire des nations. Le peuple qui marche dans les ténèbres a vu une grande lumière. (8.23-9.1)

Une autre question se pose encore, à savoir l’année de la visite de l’ambassade de Merodak-Baladân. Ce prince chaldéen conquit par les armes son indépendance de l’Assyrie ; il régna de 722 à 710, année où il fut chassé par Sargon II. Par la suite, il tenta de reprendre le pouvoir en 703, mais il n’y tint pas un mois ; Sennachérib, le fils de Sargon, mit fin définitivement à ses ambitions.
 
Ésaïe permet de situer l’année de la visite des émissaires de Merodak-Baladân, à savoir peu après qu’Ézéchias se soit relevé d’une maladie qui faillit l’emporter. Lors de cette maladie, Ésaïe lui assura qu’il vivrait encore 15 ans. Sachant qu’il régna durant 29 ans, nous pouvons donc considérer ces événements de la 14ème année de son règne, et trouvons confirmation du fait que nous ne pouvons pas retenir cette 14ème année pour l’incursion de Sennachérib en Juda. L’ambassade date donc de 712 ou 711, alors que Merodak-Baladân était établi depuis sept années sur le trône de Babylone.
 
Dernière question ! Pourquoi, alors, ces événements majeurs de la vie d’Ézéchias ne sont-ils pas consignés dans l’ordre chronologique par l’éditeur du Livre d’Ésaïe ? Nous sommes amenés à penser qu’il s’agit de deux textes distincts, placés chacun dans une perspective d’édification appropriée.
 
Le premier texte, les chapitres 36-37, qui a trait à l’invasion de Juda par le roi Sennachérib en l’an 701, devrait être lu comme une confirmation morale des messages du prophète Ésaïe tout au long de son ministère, et développés jusqu’au chapitre 35. Une expression de la permanence du regard de Dieu sur son peuple. Les manifestations de piété et la confiance en Dieu du roi Ézéchias montrent ainsi le chemin de la foi pour toutes les générations qui devaient se succéder.
 
Les chapitres 38-39, la maladie d’Ézéchias et la visite des émissaires de Merodak-Baladân, relatent des scènes antérieures de onze ans années. Ce texte pourrait trouver sa place en cet endroit, du fait qu’il y est annoncé l’exil à Babylone :

Les jours viennent où l’on emportera à Babylone tout ce qui est dans ta maison, tout ce que tes pères ont amassé jusqu’à ce jour ; il n’en restera rien, dit le Seigneur. (39.6)

Cette page, et cette parole même, sont bien propres à rappeler aux exilés que leur situation, si pénible, et leur espérance qui paraissait anéantie, ne sont pas la fin d’un rêve, d’une illusion, mais une étape, douloureuse certes, vers l’accomplissement des promesses. Leurs circonstances ne sont pas fortuites, car elles étaient annoncées, et l’avenir n’est donc pas compromis. En effet, celui qui a annoncé le désastre a également annoncé le rétablissement ! "L’éditeur du Livre d’Ésaïe" aurait placé cette page d’histoire pour introduire les appels à sortir de Babylone :

Sortez de Babylone, fuyez d’entre les Chaldéens ! (48.20)

Cette dernière partie du Livre d’Ésaïe paraît bien avoir été écrite tout à la fin de l’exil par un homme de Dieu, ou plusieurs, voire l’éditeur lui-même. Lors de ces années exceptionnelles, des hommes de Dieu militaient parmi les exilés, les induisant à sortir de Babylone en saisissant l’ouverture donnée par l’édit libératoire de Cyrus.
 
Nous pouvons ainsi considérer trois phases majeures dans la vie du roi Ézéchias :
  • Jérusalem purifiée. Les premières années du roi Ézéchias sont consacrées à cette œuvre de foi, le retour au Seigneur.
  • Ézéchias éprouvé. Vers le milieu de son règne, Ézéchias est éprouvé par la maladie. Une maladie qui eût pu le conduire à la mort. En cette période, une ambassade du roi Merodak-Baladân est reçue par le roi.
  • Jérusalem menacée. Les dernières années du roi. Temps de douleur pour Juda, le pays est envahi. Ces événements mettent en évidence la foi d’Ézéchias et montrent la patience de Dieu qui épargne Jérusalem.


 

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18:00 Écrit par Eric dans Esaïe 36 à 39, LE LIVRE D'ESAIE | Commentaires (0)

Esaïe 36 : Ezéchias - Jérusalem purifiée


 

Jérusalem purifiée
2 Rois 18.1-16
2 Chr.29 à 31

C’était un homme remarquable, ce roi qui montait sur le trône en 726, à Jérusalem. Ézéchias était fils du roi Achaz, de sinistre mémoire. Ce dernier s’était rendu vassal du roi d’Assyrie et lui versait donc le tribut. Il faut dire qu’il avait des ennemis dans le chef des rois de Damas et de Samarie ! Mais en se prosternant devant Tiglath-Piléser, il s’est aussi tourné vers les idoles des nations. Le Livre des Chroniques, tout à la fois expression de l’histoire et appréciation spirituelle d’une vie, souligne jusqu’où ce roi est allé :

Achaz rassembla les objets de la maison de Dieu et les mit en pièces. Il ferma les portes de la maison du Seigneur, il se fit des autels dans tous les coins de Jérusalem et il fit des hauts lieux dans chacune des villes de Juda afin d’offrir de l’encens à d’autres dieux ! (2 Chroniques 28.24-25)

Cet homme offrit de ses enfants en sacrifice aux idoles ! Pensons, des frères ou demi-frères d’Ézéchias ! Nous pouvons nous représenter ainsi les conditions dans lesquelles le jeune roi Ézéchias, âgé de vingt-cinq ans, pris place sur le trône de son défunt père…
 
Dès le commencement de son règne, dans les limites de son pouvoir, il entreprend de grandes réformes religieuses. Un temps de renouveau s'ouvre sur Jérusalem et Juda, et même sur ceux que le cœur y porte d’entre les Dix Tribus. Les autels d'idoles sont détruits, le Temple, dégradé par les travaux d'Achaz, est restauré. Le service y est à nouveau assuré. Et la pureté du culte est recherchée ! Nous le constatons notamment par ce geste du roi qui fit détruire le "Serpent de bronze" conservé depuis l'affaire des serpents dans le désert (Nombres 21.8-9) et devenu objet d’une vénération quasi idolâtre, "car jusqu’alors les Israélites lui avaient offert de l’encens" (2 Rois 18.4).
 
Et vint la célébration de la Pâque !

Un peuple nombreux se réunit à Jérusalem pour fêter la fête des Pains sans levain au deuxième mois : ce fut une immense assemblée. Ils supprimèrent les autels qui étaient dans Jérusalem et ils supprimèrent tous les encensoirs en les jetant dans l’oued Cédron. Ils immolèrent ensuite la Pâque le quatorzième jour du deuxième mois… .. Il y eût une grande joie à Jérusalem… (2 Chroniques 30.13-15,26)

Cette célébration fut l'occasion d'un élan exceptionnel :

Lorsque tout cela fut terminé, tous les gens d'Israël qui étaient présents partirent pour les villes de Juda; ils brisèrent les pierres levées, abattirent les ashéras et démolirent les hauts lieus et les autels de tout Juda et Benjamin ainsi que dans Ephraïm et Manassé. Puis tous les Israélites revinrent dans leurs villes, chacun dans sa propriété. (2 Chroniques 31.1)

Une période mémorable, un temps de retour au Seigneur. Ézéchias lui-même est un modèle pour tous les temps, car loin d’être suscité au cours de la période de gloire d’Israël, il anima un réveil spirituel dans une période de faiblesse, après des années d’infidélité. Et même il le fit tandis que le pays était vassal du Roi d’Assyrie ! Mais si ce souvenir est heureux, il faut aussi poursuivre l’histoire et constater qu’un tel réveil n’a pas souvent d’effet dans la durée. Chaque génération doit se réveiller pour elle-même, comme l’exprime aussi le Livre de Juges, évoquant le maintient de peuples antagonistes dans le pays d’Israël : "ce fut uniquement pour que les générations des Israélites connaissent et apprennent la guerre, ceux qui ne l’avaient pas connue auparavant" (Juges 3.2)

 

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16:00 Écrit par Eric dans Esaïe 36 à 39, LE LIVRE D'ESAIE | Commentaires (0)

Esaïe 36:00 : Jérusalem menacée


 

JÉRUSALEM MENACÉE
Ésaïe 36 et 37

Ézéchias semble s’être bien installé au cœur de sa ville fortifiée. Des richesses, des alliés, la puissance aussi pour une si petite nation ! Et ce retour au Seigneur qu’il initia ne justifie-t-il pas une protection constante de la part de son Dieu ? Le danger était grand de s’endormir quant à la foi. Mais un réveil se produira dans des circonstances bien dramatiques !
 
En ce temps là, l'Assyrie poursuit son expansion, visant notamment à réduire la rébellion d’une alliance soutenue par l’Égypte qui regroupait Juda, Edom, Moab et Ammon. En 711, les armées de Sargon II avancent depuis Khorsabad, nouvelle capitale de l’Empire, vers Karkemish sur l’Euphrate, ville gardienne de la voie commerciale qui conduit en Égypte. Ses armées progressent alors vers le sud, le long de la Mer. Ashdod, une des cinq villes des Philistins, est conquise et annexée à l’Empire. A Jérusalem, c'est l'inquiétude, voire l’angoisse. La route de l'Egypte est fermée et l'Assyrien est aux portes… En 710, des nouvelles dramatiques : Merodak-Baladân, l’ami de Babylone, est vaincu par le Roi d’Assyrie et se réfugie plus au sud, en Elam. Il n’est plus d’aucun secours pour personne. Sargon poursuit ainsi sa politique d’hégémonie sur la région. Il ne sera jamais rassasié de pouvoir ! Et d’ailleurs, le sentiment de puissance ne produit-il pas une émotion grisante jamais satisfaite… dans quelque domaine que ce soit ? Pour Jérusalem, l’étau se resserre !
 
En 705, Sargon II s’éteint, et son fils Sennachérib (705-681) monte sur le trône. Il intervint dans une nouvelle guerre à Babylone, quand Merodak-Baladân y reprit le pouvoir en un sursaut éphémère, un mois de règne avant que ne s’évaporent définitivement ses rêves de grandeur ! Le temps de Babylone n’est pas encore… Merodak-Baladân fuit en sa retraite élamite, il n’en sortira plus.
 
Sennachérib n’eût de cesse de poursuivre la politique de son père. Il avait bien compris que l’écrasement définitif des tentatives de rébellion passait par des transplantation de populations et ainsi, parmi d’autres exils, il acheva le repeuplement de la Samarie. Les annales assyriennes font déjà état de la transplantation en Samarie de quelques tribus arabes au cours de l’année 715, sous Sargon II, mais en 703 la politique de déportations prend de l’ampleur. La Samarie se gonfle d’habitants de la ville de Kouta, au Nord-Est de la Mésopotamie, de même que des populations originaires de Hamath, à l’est de la Mésopotamie, et de Sepharvaïm, ville d’Anatolie, (2 Rois 17.31, 18.34, 19.13). Ces populations mélangées, absorbant sans doute de pauvres familles israélites demeurés au pays, constituent la population des Samaritains.
 
Pour Juda et Ézéchias, de nouveaux troubles s’annoncent. L’Égypte de la XXVème dynastie, des rois nubiens, est indépendante quoique bien affaiblie. Elle tente de constituer des alliances contre l’Empire assyrien et porte ainsi ombrage au roi Sennachérib et à ses rêves de grandeur ! Et Ézéchias s’engage à son tour dans cette voie de rébellion. La quatrième année de son règne, Sennachérib engage une campagne militaire vers le sud, prenant la route qui longe la Grande Mer, la Mer Méditerranée, en vue d’assurer à l’Empire le contrôle de l’accès à l’Égypte. Nous sommes en 701.


 

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15:00 Écrit par Eric dans Esaïe 36 à 39, LE LIVRE D'ESAIE | Commentaires (0)

Esaïe 36:1 : La campagne de Senanchérib


 

La campagne de Sennachérib - 36.1-37.7

Sennachérib, roi d’Assyrie, attaqua toutes les villes fortes de Juda… (36.1)

Ses armées avançant vers l’Égypte assiègent Lakish, grande forteresse judéenne dans la plaine, protégée par une double muraille. La prise de la ville, sous la direction de Sennachérib en personne, fut si difficile que la victoire en est mémorable, au point d’être représentée sur un bas-relief du palais de Sennachérib. Au moment où commence l’histoire relatée au livre du prophète, le siège de Lakish est toujours en cours.
 
Dans un premier temps, le roi Ézéchias envoie un messager au roi d’Assyrie, lui déclarant : "J’ai péché ! Eloigne-toi de moi. Ce que tu m’imposeras, je le supporterai !" (2 Rois 18.14). L’imposition de l’Assyrien est impressionnante ! Ézéchias vide des trésors et même dépouille le Temple, mettant en pièce les portes et les linteaux du Temple "qu’il avait plaqués d’or" (2 Rois 18.16). Sans tenir aucun compte de sa parole, Sennachérib poursuit ses opérations militaires à Lakish, et il devient certain pour Ézéchias qu’il ne s’arrêtera pas là ! "Ézéchias, voyant que Sennachérib était venu et qu’il se préparait à attaquer Jérusalem, tint conseil … Il devint fort ; il rebâtit la muraille… Il parla au peuple en disant : Soyez forts et courageux…" (2 Chroniques 32.1-8)
 
Réveil de foi, sens des responsabilités, regard vers le Rocher d’Israël ! Le roi fait face maintenant, s’attendant au pire tout en regardant au Seigneur.
 
De son côté, voulant peut-être s’épargner un siège et un assaut de Jérusalem plus éprouvants encore que ce qu’il endura à Lakish, le roi d’Assyrie tente des pourparlers, ou plutôt des insinuations et menaces propres à conduire Ézéchias à lui ouvrir sans combattre la ville de Jérusalem.

Une guerre psychologique
 
Le roi d'Assyrie envoya de Lakish à Jérusalem, vers le roi Ézéchias, le chef d'intendance, avec une puissante armée. Celui-ci se plaça à l'aqueduc du réservoir supérieur, sur la route du Champ du Teinturier. (36.2)

Le discours de l’envoyé du roi d’Assyrie ne manque pas de mépris ! En substance, aux ministres accourus à la muraille de la cité, il clame une apostrophe à l’adresse du roi :

En quoi donc as-tu mis ta confiance ? (36.4)

En l’Égypte ? Dans ton Dieu ?
 
On ne peut nier que tout en manifestant sa confiance en Dieu le roi Ézéchias ait tenté de s’assurer des protections politiques et fût même tenté par une rébellion... L’ambassadeur affirme :

Tu as mis ta confiance dans le soutien de l'Egypte, ce roseau cassé qui pénètre et transperce la main de quiconque s'appuie dessus : tel est le Pharaon, le roi d'Egypte, pour tous ceux qui mettent leur confiance en lui. (36.6)

Le prophète Ésaïe n’avait-il pas maintes fois averti quant au chemin meilleur que des alliances étrangères ? Souvenons-nous de ces invectives lorsqu’un convoi traversait le Néguev : "ils portent à dos d'ânes leurs richesses, et sur la bosse des chameaux leurs trésors à un peuple qui ne leur sera d'aucune aide ! Car le secours de l'Égypte n'est que futilité et néant ; c'est pourquoi je l'ai appelée 'Rahav au repos', 'Crocodile au repos'." (30.6-7)
 
La confiance en Dieu que manifeste Ézéchias n’est pas ignorée de l’Officier d’intendance de Sennachérib ! N’est-il pas depuis quelques temps en Juda avec son armée et n’a-t-il pas entendu quelques prisonniers ou autres otages ? Il fait flèche de tout bois et exploite les bruits parvenus jusqu’à lui selon la compréhension qu’il peut en avoir :

Peut-être me diras-tu : C'est dans le Seigneur (YHWH), notre Dieu, que nous avons mis notre confiance ! Mais n'est-ce pas justement ses hauts lieux et ses autels qu'Ézéchias a supprimés, en disant à Juda et à Jérusalem : C'est devant cet autel que vous vous prosternerez ! (36.7)

Et poursuivant sa harangue, il ajoute :

C'est le Seigneur (YHWH) qui m'a dit : Attaque ce pays et détruis-le. (36.10)

Eliaqim, Shebna et Yoah, ministres d’Ézéchias, ont bien compris la pression dont ils font l’objet, et tentent de préserver la foule qui écoute près de la muraille, demandant que l’entretien se poursuive en araméen. Peu nombreux étaient en effet les Judéens parlant araméen, langue commune des échanges commerciaux et diplomatiques dans la région. La guerre psychologique est entamée, et l’officier de Sennachérib y excelle ! Il touche les ministres du roi sur leur propre terrain en affirmant que le dieu des Israélites ne peut être plus puissant que les dieux des autres nations vaincues par l’Assyrien. Peut-il comprendre qu’il y a un seul Dieu, et que les idoles ne sont rien ?
 
Une réponse digne
 
Face à ce flot d’arrogance impie, la réponse est vraiment digne :

Ils gardèrent le silence ; ils ne lui répondirent pas un mot, car le roi avait donné cet ordre : Vous ne lui répondrez pas. (36.21)

Toutefois, pour Ézéchias et les hommes qui l’entourent c’est l’émoi ! L’étau se resserre… Une activité fébrile alors ? Peut-être, mais dans la bonne direction. Ézéchias va au Temple et fait quérir le prophète Ésaïe ! La désolation ! Déjà conscients de n’être plus qu’un reste retranché à Jérusalem, ils vivent la menace présente. Mais ils reprennent alors, à leur compte, cette parole de David (1 Sam.17.45), disant :
Le Dieu vivant a été outragé ! (37.4)

La réponse du prophète vient du Seigneur lui-même :

N'aie pas peur des paroles que tu as entendues, de ces injures que les serviteurs du roi d'Assyrie ont proférées contre moi. J'envoie sur lui un souffle : sur une nouvelle qu'il recevra, il retournera dans son pays, et je le ferai tomber par l'épée dans son pays. (37.6)

 

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14:00 Écrit par Eric dans Esaïe 36 à 39, LE LIVRE D'ESAIE | Commentaires (0)

Esaïe 37:8 : De nouvelles menaces


 

De nouvelles menaces - 37.8-38

Les envoyés du roi d’Assyrie rendent compte de leur mission. Jusque là, la campagne militaire est couronnée de succès ; Lakish est prise, et voilà l’armée devant la ville de Libna. Mais d’autres nouvelles arrivent à Sennachérib, des informations bien plus importantes au plan stratégique : le grand vizir d’Égypte, roi de Nubie (Koush), s’est mis en campagne pour lui faire la guerre ! Pas question donc, devant cette menace, de se détourner vers Jérusalem ! Il faut que ses armées avancent vers l’Égypte. Jérusalem attendra donc, mais son sort est décidé… Sennachérib fait écrire et porter aux Judéens une lettre menaçante, et un réel outrage au Seigneur : "Il parlait du Dieu de Jérusalem comme des dieux des autres peuples de la terre, qui sont l’œuvre de mains humaines" (2 Chroniques 32.19). Une lettre de inquiétante accompagnée d’un message à Ézéchias :

Que ton Dieu, en qui tu mets ta confiance, ne te trompe pas en disant : Jérusalem ne sera pas livrée au roi d'Assyrie ! (37.10)

La lettre déployée dans le Temple
 
Les messagers arrivent à Jérusalem, la lettre est remise au roi… Mais pas un échange de propos ! La question est trop importante, il n’y a rien à dire aux messagers, et d’ailleurs ceux-ci n’attendent aucune réponse ! Ézéchias connaît la puissance de l’Assyrie, il sait que ses menaces ne sont pas des mots en l’air. Alors il se rend à nouveau au Temple et adresse à Dieu des paroles de croyant, des paroles d’un homme qui connaît le Seigneur, le Dieu unique fondateur des mondes.

Seigneur (YHWH) des Armées, Dieu d'Israël, qui es assis sur les keroubim, c'est toi seul qui es Dieu pour tous les royaumes de la terre, c'est toi qui as fait le ciel et la terre. Seigneur, tends l'oreille et entends ! Seigneur, ouvre les yeux et vois ! Ecoute toutes les paroles que Sennachérib a envoyées pour outrager le Dieu vivant ! Il est vrai, Seigneur, que les rois d'Assyrie ont réduit en ruines tous les pays et leur propre pays, en jetant leurs dieux au feu – en fait, ceux-là n'étaient pas des dieux, mais l’œuvre de mains humaines, du bois et de la pierre – et ils les ont anéantis. Maintenant, Seigneur, notre Dieu, sauve-nous de la main de Sennachérib ; que tous les royaumes de la terre sachent ainsi que, toi Seul, tu es le Seigneur (YHWH) ! (37.16-20)
Les keroubim ou chérubins. Il y a ici une allusion au Saint des Saints, lieu du Temple où nul ne peut entrer, sinon le Grand Prêtre une fois l’an, et qui exprime la présence de Dieu au milieu de son peuple. Le seul meuble du lieu est l’Arche d’Alliance, un coffre en acacia recouvert d’un couvercle d’or, le Saint Propitiatoire, duquel est tirée une double figure angélique, les chérubins dont il est dit à Moïse : C’est là que je te rencontrerai ; je parlerai avec toi d’au-dessus du propitiatoire, d’entre les deux chérubins placés sur l’Arche du Témoignage (Exode 25.22).

 

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12:00 Écrit par Eric dans Esaïe 36 à 39, LE LIVRE D'ESAIE | Commentaires (0)