31/01/2009

Esaïe 28:1 : Le Jour du Seigneur


 

 

LE JOUR DU SEIGNEUR
Oracles sur les nations

Esaïe 28 à 35

Car ainsi parle le Seigneur Dieu, le Saint d'Israël : C'est en faisant demi-tour et en vous reposant que vous seriez sauvés, c'est dans la tranquillité et la confiance que serait votre force. Mais vous ne l'avez pas voulu !
Ésaïe 30.15

 

 
AVERTISSEMENTS
Ésaïe 28

Quel malheur ! (28.1)

Expression de la douleur du prophète qui avertit "jusqu’à ce que les villes soient saccagées, sans habitants…" (6.11) Le prophète est étreint de cette vision de l’avenir d’un peuple qui refuse d’écouter, qui se moque des appels qui lui sont adressés, qui n’est pas même sensible aux promesses de bénédiction prononcées. Un peuple auquel le prophète dit et redit encore : "Vous ne le voulez-pas" (30.15), hormis quelques uns, "le reste de son peuple" (28.5).
 
Les pages que nous abordons sont pour ainsi dire martelées par cette exclamation : "Quel malheur !" Le constat d’un refus d’entendre et la vision des conséquences qui ne tarderont pas d’arriver, même si il y aura pour Jérusalem un prolongement de la patience de Dieu, avant que la ville connaisse le désastre ultime, la destruction du Temple !
 
Ésaïe ressent ces choses, mais sa peine est sublimée par la vision de la miséricorde, l’ancre proposée à ceux qui marchent dans les sentiers anciens de la foi d’Abraham, de la fidélité de David. Dieu fera pour son peuple, et pour la terre entière, une œuvre de rétablissement, bien au delà de ce qu’aurait été la soumission d’Israël, car Il est fidèle à ses promesses. Des fils d’Israël connaîtront ce bonheur, "ils verront le Roi, dans sa beauté !" (33.17)
 
Le prophète est à Jérusalem, probablement aux abords du Temple, sans doute ses pieds foulent-ils le parvis ! (28.14) Il va invectiver les prêtres et les faux prophètes qui officient en ces lieux… Mais d’abord il capte l’attention de son auditoire. Il évoque la ruine de Samarie, une ville qui suscite méfiance et horreur, car ce Royaume du Nord s’est mué en ennemi de Juda. Le prophète annonce le désastre prochain de cette ville orgueilleuse, enivrée de sa gloire comme de vin… L’annonce de sa destruction capte l’auditoire de Jérusalem, mais elle est loin de réjouir le prophète. C’est une complainte qui s’élève de la bouche du prophète : "Quel malheur !" (28.1), dit-il à son propos…


L’ivresse des dirigeants - 28.1-13

Elle sera foulée aux pieds, la couronne orgueilleuse des ivrognes d'Ephraïm. (28.3).

Une tempête destructrice la fera tomber dans la poussière ! En effet, les armées assyriennes ne tarderont pas à s’avancer au Royaume du Nord. Déjà une première défaite avait conduit les habitants de Nephtali, au nord du pays, en exil en Mésopotamie (2 Rois 15.29)… C’est maintenant d’une ruine complète qu’il s’agit. Le siège de Samarie durera trois années, non pas un siège rigoureux, sans doute, car la ville a tenu longtemps, mais lorsque, à la mort de Salmanazar V, l’impétueux Sargon II prendra la direction des armées assyriennes, il ne fera qu’une bouchée de cette ville rebelle : "à peine dans la main, aussitôt avalée" (28.4).
 
Certes, ces choses sont encore à venir, Samarie s’enivre toujours de sa gloire comme de vin… Nous nous situons donc au règne du dernier roi d’Israël, un faible successeur du puissant roi Omri. Le roi Osée a été installé sur le trône par le roi d’Assyrie Tiglath-Piléser, mais il s’est révolté à son tour, rejetant sa vassalité envers l’Assyrie, et fomentant des alliances contre son suzerain… A Jérusalem, Achaz, le roi impie, est à la fin de son règne de profanation…
La ruine de Samarie est proche, mais il n’est pas pensable que le roi Ezéchias régnât déjà, car dès le commencement de son règne, nous le voyons rétablir dans sa pureté le culte au Seigneur.
La parole touchant les Dix Tribus est sans appel. Il n’est pas question d’un réveil, d’une restauration même partielle ! La parole du prophète conduit directement de la ruine de Samarie à l’aube des temps messianiques. Entre cette année de la ruine, en 721 avant notre ère, et la restauration à venir de tout Israël, il n’est plus de trace historique significative. Ésaïe met en contraste la gloire factice de Samarie, une fleur fanée, et la glorieuse couronne qui sera posée par le Seigneur sur les réchappés de l’exil, ces Israélites qui auront traversé l’épreuve dans la foi.

En ce jour-là, le Seigneur (YHWH) des Armées sera une couronne de beauté et un diadème de splendeur pour le reste de son peuple. Il sera un souffle d'équité sur celui qui est assis pour juger, et la vaillance pour ceux qui repoussent la guerre jusqu'aux portes de la ville. (28.5-6)

Tableau idyllique, expression nouvelle d’un avenir promis, tant de fois rappelé, présentation du Seigneur lui-même, dans son plan de miséricorde… Mais l’auditoire à Jérusalem semble accroché au récit de la ruine de son ennemi… La leçon paraît bien ne pas les concerner. Ce qui captive les esprits, la bonne nouvelle pour eux, c’est la défaite de Samarie, devenue ennemie… Brutalement, le prophète prononce des paroles provocantes ! Il parle de Samarie, mais c’est pour avertir les Judéens. Un doigt accusateur pointe les dirigeants de Juda, "prêtres et (faux) prophètes" (28.7), qui s’enivrent et se moquent, tournent en ridicule ses avertissements. Et le prophète alors parodie leur comportement, répétant leurs paroles de mépris afin d’annoncer leur avenir :

A qui veut-il enseigner la connaissance ? A qui veut-il faire comprendre la leçon ? Est-ce à des enfants qui viennent d'être sevrés, qui viennent de quitter le sein de leur mère ? (28.9)

Cette mise en scène trouve sa conclusion : faute d’écouter les messages de Dieu, il leur sera parlé par l’intervention d’une nation étrangère, un peuple qui parle une autre langue, une langue qui leur sera obscure ! Dieu leur avait dit :

Voici le repos ! Laissez se reposer celui qui est épuisé ! Voici la trêve ! Mais ils n'ont pas voulu écouter. (28.12)

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Esaïe 28:14 : La pierre angulaire


 

La pierre angulaire - 28.14-20

Après cette parodie et l’illustration de la prétention du pouvoir religieux de son temps, le prophète s’enhardit en apostrophant les dirigeants politiques. Vers où se tournent-ils pour trouver un appui ?

Ecoutez donc la parole du Seigneur, insolents, vous qui dominez sur ce peuple de Jérusalem ! Vous dites : Nous avons conclu une alliance avec la mort, nous avons fait un pacte avec le séjour des morts ; quand le déferlement destructeur passera, il ne nous atteindra pas… (28.14-15)

Ces princes de Juda ne manquent pas d’audace. Un pacte avec la mort ! Ils prétendent conjurer le danger par une alliance profane, une délégation n’est-elle pas partie vers le Pharaon (30.2) ? Ils ont conscience des temps qu’ils traversent, du danger qui les guette tandis que le Roi d’Assyrie établit son autorité sur un territoire toujours plus étendu, … "un déferlement destructeur". Mais quel pacte pourrait être de quelque valeur, si solide qu’il paraisse, lorsque l’homme se détourne du Tout Puissant ? Quelle folie pour ce peuple, invoquant le Dieu des cieux dans ses liturgies, et se flattant dans ses ruses :

Nous avons le mensonge pour abri et la fausseté pour cachette. (28.15)

Le chemin pour Israël, pour quiconque se réclame de Dieu, n’est-il pas plutôt "équité et justice", autrement dit "conduite morale" et "jugement juste" ! (28.17)Le prophète Michée, contemporain d’Ésaïe, ne décrit-il pas le chemin, lui aussi : "Il t’a fait connaître, ô humain, ce qui est bon ; et qu’est-ce que le Seigneur réclame de toi, si ce n’est que tu agisses selon l’équité, que tu aimes la fidélité, et que tu marches modestement avec ton Dieu ?" (Michée 6.8)
 
Bien à l’inverse des arrangements humains, à l’opposé d’une marche sans Dieu édulcorée de célébrations formelles, il y a une voie à suivre, un appui à rechercher, un rocher qui ne peut faire défaut.

Ainsi parle le Seigneur Dieu : J'ai mis pour fondement en Sion une pierre, une pierre éprouvée, une pierre angulaire de prix, solidement fondée ; celui qui la prendra pour appui n'aura pas à se hâter. (28.16)

"La pierre angulaire, la pierre de grand prix" la pièce maîtresse d’une nouvelle construction, qui n’est autre que le Rocher d’Israël, "l’abri sûr" (28.16) :

Car le Seigneur se lèvera comme au mont Peratsim, il s'agitera comme dans la vallée de Gabaon, pour faire son oeuvre, son oeuvre étrange, pour accomplir son travail, son travail extraordinaire. (28.21)

Face à l’homme qui s’agite, aux religieux qui poursuivent formellement les rites ancestraux, il y a un chemin de repos pour l’âme : l’attente confiante du travail de Dieu. Ainsi sont rappelés les événements qui assurèrent la puissance de David lorsqu’il fut élevé à la royauté (2 Sam.5.17-25 et 1 Chr.14.8-17). Peratsim : une brèche, une brèche qui évoque la défaite des ennemis. Gabaon ou Guéba, lieu de la défaite des Philistins devant David en cette victoire de Peratsim. Ce travail extraordinaire est le rétablissement d’Israël lors de l’avènement du roi, Fils de David !

Tout le pays sera broyé... - 28.21-29

Maintenant, ne vous montrez pas insolents, de peur que vos liens ne soient resserrés, car la destruction de tout le pays est décidée. Je l'ai appris du Seigneur Dieu (YHWH) des Armées. (28.22)

Face à l’insolence des dirigeants, le prophète clame ce qu’il a à dire ! Il a devant lui, de façon immédiate, la ruine de Samarie, mais le Seigneur l’a averti : tout le pays sera détruit. Ceci nous ramène au jour où, jeune encore, il eût la vision de la gloire qui détermina sa vocation… Dès ce jour il connaissait la ruine de tout son peuple, la désolation de toutes ses villes. N’est-il pas appelé à parler jusqu’à ce que le pays soit tout à fait abandonné ? (6.11) Ainsi il peut affirmer en vérité : "Je l’ai appris du Seigneur Dieu !"
 
Suit alors une parabole. Les armées passent et repassent comme le fléau qui bat le grain… Mais le désastre à venir sera plus profond que ces coups répétés. Au bout du compte, le grain passe dans la meule… et il n’est plus !

On doit broyer le blé pour avoir du pain. (28.28)

Et d’ajouter, en conclusion :

Cela aussi vient du Seigneur (YHWH) des Armées ; ses projets sont étonnants, ses ressources sont grandes ! (28.29)

 

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07:00 Écrit par Eric dans Esaïe 28 à 35, LE LIVRE D'ESAIE | Commentaires (0)

Esaïe 29:1 : Désolation et Restauration


 

DÉSOLATION ET RESTAURATION
Ésaïe 29


"Quel malheur !" s’écrie alors le prophète. La ville semble avoir tout oublié… Elle s’inscrit dans les jeux politiques du monde comme toute autre nation. Elle poursuit la célébration du Seigneur, mais, dans ses liturgies, prononce de belles paroles par des lèvres exemptes de toute foi… Ce comportement conduit à la ruine, c’est là l’essentiel de l’avertissement du prophète. Certes on pourra voir Jérusalem épargnée à la fin du règne d’Ezéchias, mais il n’est pas question de dates, d’annonces de l’histoire. Le prophète avertit les hommes des conséquences de leur comportement tout en soulignant la fidélité de Dieu à ses promesses. Et il tourne les regards vers le temps du rétablissement, le règne du Messie ! Si le prophète parle et reparle de l’avenir rayonnant de cette ville au centre du monde sur lequel Dieu veut établir sa bénédiction, son enseignement doit toucher la conscience de ses auditeurs.

Quel malheur pour Ariel ! - 29.1-8

Quel malheur pour Ariel, Ariel, la cité contre laquelle David a dressé son camp ! Ajoutez année à année, laissez les fêtes accomplir leur cycle, et je réduirai Ariel ; il y aura des plaintes et des gémissements ; et la ville sera pour moi comme un « ariel ». Je dresserai mon camp tout autour de toi, je te cernerai par des postes armés, j'élèverai contre toi des ouvrages de siège. (29.1-3)
Ariel, parfois traduit "Lion de Dieu", est aussi un terme utilisé pour le foyer d’un autel sacrificiel. C’est bien dans ce dernier sens que nous pouvons comprendre la parole du prophète.
La noble cité conquise par David connaîtra, tout comme Samarie, l’épreuve d’un état de siège… Le prophète venait de parler de Peratsim (28.21), et il revient encore sur les temps du commencement, dans la vigueur de la foi de David, dans la force d’une jeune nation. Mais aujourd’hui, qu’ont-ils fait de la Cité de David ? Qu’ont-ils fait du patrimoine qu’il leur a laissé ? C’est la question ! Et Dieu leur dit : Jérusalem sera pour moi comme un Ariel, une fournaise ! La situation morale y est telle que le Seigneur interviendra pour abaisser son orgueil et sa suffisance, pour que cessent ces réjouissances délictueuses dans l’oubli de mon Nom. David a conquis cette ville pour en faire un haut lieu de la terre, afin que s’y accomplisse le propos de Dieu ! Au lieu de la gaieté sans foi, de la suffisance impie, il y aura l’inquiétude, la peur !

Tu seras abaissée, ta parole viendra de la terre, tes paroles seront plus basses que la poussière ; ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre, et c'est de la poussière que tu chuchoteras ta parole. (29.4)

Alors seulement, Dieu pourra agir par une délivrance subite, inattendue. Les armées assiégeantes seront vaincues par un malheur subit. Le Seigneur fera ainsi valoir son autorité. Et il y aura pour Jérusalem un signe de cet accomplissement. Peu après que Sennachérib ait menacé Jérusalem, son armée campant aux abords du Delta du Nil sera ravagée par la peste. On dénombra quelque cent quatre-vingt-cinq mille morts, ce qui déterminera une retraite lamentable (2 Rois 19.35). confirmée par les annales assyriennes. Mais au-delà d’un événement aujourd’hui historique, il faut retenir la leçon morale et le propos ultime de Dieu.

 

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06:00 Écrit par Eric dans Esaïe 28 à 35, LE LIVRE D'ESAIE | Commentaires (0)

Esaïe 29:9 : Pourquoi être loin du Seigneur?


 

Pourquoi se tenir loin du Seigneur ? - 29.9-16

Cette fresque prophétique donnée, les hommes de Jérusalem peuvent s’interroger sur le pourquoi des choses dites ! Alors le prophète poursuit son discours.
 
Le peuple s’est enivré, il ne discerne plus la pensée de son Dieu. Ils ont le Livre mais ne peuvent lire ! Des mots que l’on parcourt sans en discerner le sens… Ils rendent bien culte, mais dans la torpeur de mots répétés sans plus en discerner la sens, une liturgie reproduite sans conscience, des cantiques psalmodiés comme la modulation de sons sans paroles.

Le Seigneur dit : Ainsi, quand ce peuple s'approche de moi, il me glorifie de la bouche et des lèvres, mais son cœur est loin de moi, et la crainte qu'il a de moi n'est qu'un commandement appris des hommes. (29.13)

Dieu interviendra par des signes étonnants. La sagesse n’est plus entendue ! Un jour, les raisonneurs auront la bouche fermée, "la sagesse des sages s’y perdra" (29.14). Ceux qui prétendent connaître en perdront la parole !
 
Le prophète va au delà de l’apparence, il parle des motifs du cœur, des motifs non avouables qui relèvent de l’incrédulité sous le couvert des traditions ancestrales. Sous ce couvert, ils sont loin du Seigneur !

Quel malheur pour ceux qui se terrent loin du Seigneur afin de cacher leurs projets ! Leurs œuvres se font dans les ténèbres, et ils disent : Qui nous voit ? Qui nous connaît ? (29.15)

L’homme se croit caché… Les sages l’avaient déjà écrit en montrant cette dérobade au regard de Dieu : "L'homme et sa femme allèrent se cacher parmi les arbres du jardin pour ne pas être vus par le Seigneur Dieu" (Genèse 3.8). Et le seul moyen n’est-il pas de se persuader qu’il n’y a pas de Créateur ?

Quelle perversité que la vôtre ! Le potier doit-il être considéré comme l'argile, pour que l'ouvrage dise de l'ouvrier: Il ne m'a pas fait ? Pour que le pot dise de son potier : Il n'a pas d'intelligence ? (29.16)

Un procédé toujours actuel, comme le dit Qohéleth : "Ce qui a été, c’est ce qui sera ; ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera : il n’y a rien de nouveau sous le soleil !" (Ecclésiaste 1.9)

Le plan de miséricorde - 29.17-24

L’homme s’élève, mais qu’en sera-t-il lorsque le Seigneur interviendra, lorsqu’il se lèvera pour établir sa gloire ?

Ne s’en faut-il pas d’un bref instant ? (29.17)

Mépris de Dieu, négation même de son Être, appropriation par l’homme de ce que le Seigneur lui a confié… Rien cependant n’altère son plan de grâce afin que la miséricorde éclate et produise la joie des rachetés.
 
En ce temps là, "les sourds entendront les paroles du livre ; de l’obscurité et des ténèbres, les yeux des aveugles verront" (29.18). Dieu sera connu. Il y aura "une joie débordante" (29.19), la violence et l’iniquité ne seront plus (29.20-21). Les hommes, alors, ayant vu les œuvres de Dieu, au lieu "d’honorer des lèvres" (29.13), lui rendront hommage.
Et Jésus dit : Moi, je suis venu dans ce monde pour un jugement : afin que ceux qui ne voient pas, voient ; et que ceux qui voient deviennent aveugles.(Jean 9.39)
Je vous parlé ainsi pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète.(Jean 15.11)

Car, lorsque ses enfants verront au milieu d'eux l’œuvre de mes mains, ils reconnaîtront mon nom pour sacré ; ils reconnaîtront la sainteté du Saint de Jacob et ils redouteront le Dieu d'Israël ; ceux dont l'esprit s'égarait connaîtront l'intelligence, et ceux qui médisent recevront l'instruction. (29.23-24)

 

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05:00 Écrit par Eric dans Esaïe 28 à 35, LE LIVRE D'ESAIE | Commentaires (0)

Esaïe 30:1 : L'appui dans le danger


 

L’APPUI DANS LE DANGER
Ésaïe 30 à 32

Les difficultés vont se préciser pour Juda. L’Assyrien est insatiable, il construit son Empire, l’étend, s’assure l’hégémonie sur toute la région ! Alors il faut du secours… Et le prophète va à nouveau parler, mais il sait qu’il ne sera pas entendu. Alors il gravera ses paroles dans un livre. Le livre, "un témoin perpétuel" (30.8). Mais d’abord le discours, une complainte sur ceux qui ne veulent pas s’appuyer sur le Seigneur !


Un crocodile au repos ! - 30.1-7

Quel malheur pour les fils rebelles ! Déclaration du Seigneur. Ils s'engagent dans des projets qui ne viennent pas de moi, ils concluent des traités que je n'ai pas inspirés, pour accumuler péché sur péché ! Ils descendent en Égypte sans m'interroger. (30.1-2)

Il était inévitable que parmi les notables de Juda, aux temps du roi Ézéchias, un courant pro-égyptien se soit manifesté. Certes, ce roi pieux, se démarqua complètement de son père Achaz et laissa un souvenir excellent, comme nous le lisons au livre des Chroniques. Nous serions bien enclins à y voir un "saint homme" que l’on doit vénérer ! Mais existe-t-il un croyant si parfait ? Ézéchias, un homme ayant une vraie foi en son Dieu, est aussi imprégné par l’esprit de son temps. Après l’avoir vu à l’œuvre en restaurant le Temple et rétablissant le service sacerdotal, nous le voyons, après quatorze années de règne, aux prises avec l’ambassade de Merodak-Baladân. Il est sensible aux approches du Roi de Babylone, ennemi des Assyriens. Sensible sans doute à ce qui paraît une juste résistance à cette puissance inquiétante, cruelle, qu’est le Royaume de Sargon II, le destructeur de Samarie ! Mais il y a un pas entre la résistance à un oppresseur, et les alliances profanes. Un pas que de ses ministres voudraient faire…

Ils descendent en Egypte sans m'interroger, pour se réfugier dans la forteresse du pharaon et chercher un abri à l'ombre de l'Égypte ! (30.2)

Ils vont en Egypte, seule puissance jugée capable d’appuyer une sécession. Nous voyons les émissaires traversant le Néguev, chargés de présents pour les dirigeants d’un peuple qui ne sera d’aucune aide…

Ils portent à dos d'ânes leurs richesses, et sur la bosse des chameaux leurs trésors à un peuple qui ne leur sera d'aucune aide ! (30.6)

"Rahav au repos !" (30.7) Monstre marin (51.9) ou Crocodile, le Nil en est peuplé. L’Égypte ne bougera pas pour ce peuple qui sollicite son aide ! Une exclamation du prophète, un mot lapidaire destiné à se fixer dans les esprits. Qu’est-ce que la puissance de l’Égypte face à l’autorité de Dieu ? Que pourrait-elle apporter à Juda ? L’auteur du livre de Job, met ces mots aux lèvres de Job dans la fournaise de l’épreuve : Dieu ne retire pas sa colère ; devant lui s’effondrent les appuis de Rahav ! (Job.9.13 ; voir aussi 26.12) Si Dieu n’intervient, que sont les propos des hommes ?
Il ne fut pas confondre Rahav, le Crocodile, sobriquet par lequel le prophète désigne l’Égypte, avec Rahab, la prostituée de Jéricho.


Un peuple qui ne veut pas écouter - 30.8-22

Les émissaires sont en route, ils ne peuvent entendre le prophète, mais ils pourront lire ses paroles. "Ecris cela devant eux !" (30.8). Ecrire, pour que cela serve de témoignage quand l’inutilité de leur démarche sera constatée… Et le manque de foi est censuré avec une force peu commune. Derrière la crainte de l’Assyrien, les motifs sont bien ceux de l’incrédulité, de l’éloignement du Seigneur.

Car c'est un peuple rebelle, ce sont des fils renégats, des fils qui ne veulent pas écouter la loi du Seigneur, qui disent aux voyants : Ne voyez pas ! – et aux visionnaires : N'ayez pas pour nous de visions exactes, parlez-nous avec complaisance, ayez des visions chimériques ! Détournez-vous du chemin, écartez-vous du sentier, ôtez de notre présence le Saint d'Israël ! (30.9-10).

On n’aime pas les paroles qui interpellent, celles qui dérangent. Les paroles complaisantes sont mieux reçues… Mais ce n’est pas en fermant les yeux que l’on conjurera le danger ! Ceci étant, l’auditoire est en droit de demander au prophète : As-tu une solution de rechange ? Qui va nous protéger de l’Assyrien ? Le prophète alors montre cette voie royale dont ils ne voulaient pas : Car ainsi parle le Seigneur Dieu, le Saint d'Israël :

C'est en faisant demi-tour et en vous reposant que vous seriez sauvés, c'est dans la tranquillité et la confiance que serait votre force. Mais vous ne l'avez pas voulu ! (30.15)

Et Dieu ne force pas son intervention, c’est pourquoi nous lisons :

C’est pourquoi le Seigneur attend pour faire grâce. (30.18)

 

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03:00 Écrit par Eric dans Esaïe 28 à 35, LE LIVRE D'ESAIE | Commentaires (0)