01/02/2009

Esaïe 21 : L'Aurore des Nations


 

L’AURORE DES NATIONS
Après le temps des ténèbres,
l'aurore d'un jour nouveau.

Esaïe 21 à 27

C'est lui, notre Dieu ! Nous avons mis notre espérance en lui et il nous a sauvés. C'est le Seigneur, en qui nous avons espéré : soyons dans l'allégresse, réjouissons-nous de son salut !
Ésaïe 25.9


 
PLACE AU GUETTEUR !
Ésaïe 21

C'est une vision pour un temps lointain qui est donnée à Ésaïe vers la fin du règne d'Ézéchias. Ces lignes annoncent un temps désastreux, une conflagration porteuse d'effroi parmi les nations, bien au-delà des désastres vécus sous les coups de la puissance assyrienne.
 
Il faut se reporter au temps de Merodâk-Baladân. Fort de sa victoire sur les armées de Sargon II, roi d’Assyrie, Merodâk-Baladân régnait à Babylone et cherchait des alliés dans sa quête d’indépendance. Il envoya des émissaires à Ézéchias, juste relevé de maladie. Lors de cette maladie au cours de laquelle il craignit de mourir, Ésaïe lui avait fait savoir de la part de Dieu qu'il vivrait encore quinze années, et, qui plus est, qu’il conserverait son trône jusqu’au bout : le roi d'Assyrie ne pourrait l'atteindre, la ville de Jérusalem serait protégée…
 
Mais ce roi attaché à son Dieu de façon si forte, si belle, n’est pas à l’abri des efforts de séduction. Il reçut avec honneur ces hommes envoyés par l'ennemi du roi d'Assyrie ! (39.1-8, 2 Rois 20.12-19)
 
A peine ces hommes eurent-ils quitté Ézéchias, qu’Ésaïe fait irruption dans la salle d'audience du roi… "Ésaïe, le prophète, vint ensuite trouver le roi Ézéchias et lui dit : Qu'ont dit ces hommes-là ? D'où venaient-ils ? Ézéchias répondit : Ils sont venus d'un pays lointain, de Babylonie. … Ecoute la parole du Seigneur ! Les jours viennent où l'on emportera à Babylone tout ce qui est dans ta maison, tout ce que tes pères ont amassé jusqu'à ce jour; il n'en restera rien, dit le Seigneur. On prendra de tes fils, qui seront sortis de toi, que tu auras engendrés, et ils seront des eunuques dans le palais du roi de Babylone." Ezéchias répondit à Ésaïe : "La parole du Seigneur, que tu as prononcée, est bonne ; car, ajouta-t-il, il y aura paix et sécurité pendant ma vie." (39.3,5-6,8)
 
Il est difficile de placer un bémol sur une vie telle que celle d'Ézéchias, cependant nous lisons ici une parole qui atteste d’une certaine limitation de son champ de vision ! Il paraît satisfait d’entendre qu'il connaîtra durant sa vie paix et sécurité, alors que le prophète lui montre l'inconséquence de son geste auprès des émissaires du roi de Babylone, à savoir l'étalage de tous ses trésors. L’attitude du prophète est tout autre. Loin de penser que ces maux dont il parle sont pour d’autres après lui, Ésaïe souffre de la désolation à venir ; il sait qu'elle viendra. Souvenons-vous de la réponse qui fut donnée à sa question : "Jusqu'à quand, Seigneur ? Dieu ne lui répondit-il pas : Jusqu'à ce que les villes soient saccagées, sans habitants…" (6.11) Et cette désolation l’oppresse tandis qu’il avertit sans relâche.
 
Lorsque le prophète pénètre au palais du roi, il a devant lui cette vision de Babylone, agent cruel de la désolation de Jérusalem…


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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31/01/2009

Esaïe 21:1 : Sur le désert de la mer


 

Sentence sur le désert de la mer - 21.1-10

S'élève alors une sentence sur la ville appelée le désert de la mer… Paroles d'Ésaïe ? Texte postérieur, datant de l'exil à Babylone ? Peut-être des paroles du fils d'Amots, actualisées lors de l'exil, car le cri douloureux qui monte est produit par la vision des armées de Cyrus, le vengeur, "l'Oint du Seigneur" (45.1)

"Oint du Seigneur". Certes Cyrus est bien appelé Berger et Oint, et on pourrait y voir un messie, ce terme étant une traduction du mot "oint". Il faut toutefois remarquer qu'il n'était pas envoyé pour régner au nom du Seigneur, quoiqu'il permit le retour des Israélites à Jérusalem. La mention d'oint doit être nuancée, car nous voyons même le roi de Damas, Hazaël, un ennemi d'Israël, oint par le prophète Élie (1 Rois 19.15).

De fait, qu'importe le nom de l’auteur de ces lignes ! Nous lisons sa confiance en la miséricorde de Dieu envers Israël. Babylone, l'agent d'une dévastation sans frein connaîtra une désolation sans rémission… Mais cette désolation de la ville honnie réjouit-elle l'écrivain ? Absolument pas, il tremble devant le flot furieux des violences à venir… et même sur celles qui atteindront son ennemi !
 
Le "désert de la mer" désigne la Basse-Mésopotamie, la Babylonie qui s’étend depuis la grande ville jusqu'aux embouchures des deux fleuves. C'est donc bien de l'exil de Juda qu'il s'agit, une épreuve immense, car le sujet de la fierté de tout Israël, le lieu vers lequel se tournent les regards de la foi, Jérusalem, est désolée, sans habitants. Un désert pour les exilés loin de leur patrie, un lieu d'épreuve. Mais voyons l'aspect constructif de la situation, il est aussi un lieu de réflexion, un espace de méditation et de retour sur soi tel que, lorsque tout est perdu, on retrouve l'essentiel. Le Seigneur ne dit-il pas, au temps même de la jeunesse d’Ésaïe, par une autre bouche : "Je la mènerai au désert, et je lui parlerai au cœur " (Osée 2.16). Et dans le désastre même, un contemporain de l’exil ajoutait cette parole de confiance : "Ainsi parle le Seigneur : Il a trouvé grâce dans le désert, le peuple qui a survécu à l'épée ; Israël marche vers la tranquillité." (Jérémie 31.2). Et encore, vers la fin de l’exil, cette parole d'espérance : "Je mettrai un chemin dans le désert, et des fleuves dans la terre aride… pour faire boire mon peuple, celui que j'ai choisi. Le peuple que je me suis façonné dira ma louange." (43.19-21). )
 
La vision du prophète concerne la chute de la cité glorieuse et idolâtre, la vision effroyable d'une désolation commençant par la prise de pouvoir des Mèdes et des Perses sur la ville (21.2). Le prophète est saisi d'effroi, tandis qu'à Babylone, dans l’indifférence et à l’abri de ses puissantes fortifications, les princes mangent et boivent (21.5)... Un guetteur est appelé, un homme posté sur un lieu élevé d'où il voit dans le lointain…

Car ainsi m'a parlé le Seigneur : va, place le guetteur ; qu'il annonce ce qu'il voit !(21.6)

Ce guetteur, assurément le prophète lui-même, le voyant, a le regard fixé sur des armées qui s'avancent, fortes, redoutables, jusqu'à ce qu'il crie :

Elle est tombée, elle est tombée, Babylone ! (21.9)

"Tout à coup Babylone est tombée, elle est brisée !"(Jér.51.8)
"Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la Grande !" (Apoc.18.2)

Israël, mon blé battu!
 
Suit alors une adresse à Israël, ou aux exilés plus tard, dans des termes manifestant l'attention de Dieu sur son peuple :

Vous qui avez été battus comme du grain sur son aire, ce que j'ai appris du Seigneur (YHWH) des Armées, Dieu d'Israël, je vous l'ai dit. (21.10)

Peuple battu comme du grain… Peuple passé par de grandes tribulations, une épreuve intense… "Ce peuple plongé dans la douleur et qui verra se lever la lumière, celle qui paraîtra au temps du soir, lorsque les ombres s'étendent" (Zacharie 14.7). L’aurore pour le peuple affligé.

 

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23:00 Écrit par Eric dans Esaïe 21 à 27, LE LIVRE D'ESAIE | Commentaires (0)

Esaïe 21:11 : Où en est la nuit ?


 

Sentence sur Douma, en Arabie - 21.11-12

La nuit d'Israël ne durera pas toujours ; ce cri de la chute de Babylone est le premier rayon d’une aube nouvelle. Et la vision se poursuit lorsque le prophète tourne son regard vers les populations qui investirent le pays d'Israël vidé de ses habitants suite aux grandes déportations du temps de Nabuchodonosor.
 
Le guetteur, de son poste, entend un appel venant de Douma, ville de Séïr, en Idumée.
Seïr, montagnes d'Edom, c'est-à-dire l'Idumée au Sud-Est de la Mer Morte. Le chef-lieu de la région est Botsra (Jér.49.22).
Sentinelle, où en est la nuit ? Garde, où en est la nuit ? (21.11)

Sa réponse est en araméen, le langage des communications avec les étrangers :
Comparer Jérémie 10.11, également écrit en aréméen dans la Bible hébraïque à propos du témoignage que doivent rendre les Israélites aux nations : "Vous leur direz : Les dieux qui n'ont pas fait le ciel et la terre disparaîtront de la terre et de dessous le ciel."
Le matin vient, et aussi la nuit. Si vous voulez vous enquérir, enquérez-vous ; revenez, venez… (21.12)

Un appel aux gens de Douma, à supposer qu’ils s’enquièrent… La scène est ici toute fictive, un procédé littéraire et quasi théâtral pour faire entendre aux fils d’Israël que le Seigneur voit toutes choses.
 
Le matin d'Israël, le retour d’exil, sera un crépuscule pour ces tribus Édomites… A l'aurore d'un jour nouveau pour Israël répondra la nuit envahissant les nations qui contribuèrent à sa désolation. Lors de l'exil sous Nabuchodonosor, tandis que le pays de Juda était vidé de ses habitants, leurs terres furent occupées par les Édomites. "Ainsi parle le Seigneur Dieu : Lorsque tout le pays se réjouira, je ferai de toi un lieu dévasté. A cause de la joie que tu as éprouvée parce que le patrimoine de la maison d'Israël était dévasté, je te traiterai de la même manière ; tu deviendras un lieu dévasté, région montagneuse de Seïr, toi, ainsi qu'Edom tout entier; ainsi on saura que je suis le Seigneur (YHWH)" (Ézéchiel 35.14-15).
 
Avec l'annonce de cette nuit, le guetteur invite : "Si vous voulez vous enquérir…" Une invitation à se tourner vers le Dieu d'Israël ?


Sentence contre l'Arabie - 21.13-17

Le tableau s’amplifie encore de la vue prophétique de ces fuyards dans le nord-ouest de la péninsule arabique. Les habitants de Téma, oasis de la région, se portent au secours de ceux qui sont en fuite, les caravanes de cette importante route commerciale sont arrêtées…

Car ainsi m'a parlé le Seigneur : Encore une année comme les années d'un salarié, et toute la gloire de Qédar disparaîtra. (21.16)

Jérémie en parle également : "Sur Qédar et les royaumes de Hatsor, que battit Nabuchodonosor, roi de Babylone. Ainsi parle le Seigneur : Envahissez Qédar, et ravagez les fils de l'orient !… qu'on crie sur eux : Effroi de tous côtés…" (Jérémie 49.28-29). Quoique la portée de cette prophétie dépasse largement les circonstances historiques du temps où elles furent prononcées, il n'est pas sans intérêt d’apprendre que les chroniques babyloniennes font état d'incursions guerrières dans le nord-ouest de la péninsule arabique vers l'an 599.
 
Cette vision ne pouvait toutefois pas être comprise au temps d'Ésaïe, fils d'Amots, car alors l'ennemi était assyrien. Fut-elle prononcée par Ésaïe ? Peut-être, mais plus vraisemblablement par un disciple du prophète au temps de l’exil… Annonce précise d’un événement, ou procédé littéraire pour exposer par un exemple le cours des choses en ce monde, lorsque le Messie paraîtra pour commencer son règne !


 

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22:00 Écrit par Eric dans Esaïe 21 à 27, LE LIVRE D'ESAIE | Commentaires (0)

Esaie 22:1 : Sur la vallée de la vision


 

 

SENTENCE SUR LA VALLEE DE LA VISION
Ésaïe 22.1-14

En 704, le roi Sennacherib monte sur le trône d’Assyrie. Un monarque qui en impose par sa détermination, son intelligence, ses qualités de bâtisseur et d’esthète. Dès le début de son règne, il assure son autorité en envoyant ses armées aux quatre coins de l’empire, afin de juguler les velléités d’insubordination des royaumes vassaux. Il risquait de perdre une main d’œuvre abondante, servile, tout à son service ! En vingt-cinq ans de règne, il fera de Ninive une capitale prestigieuse : temples, palais, remparts, rues, adductions d'eau, jardins publics… Dans le domaine culturel, on lui connaît l’extension de la bibliothèque que commença son père. Et pour lui-même, il se fit construire un palais exceptionnel, baptisé "Le palais sans rival."
 
Les mouvements de rébellion les plus proches de Ninive sont matés en premier, tant à l’est qu’à l’ouest, et aussi ceux du nord, la révolte des Kassites, et encore Babylone. Ensuite, ce roi puissant s’occupe des petits royaumes de Syrie et de Phénicie, tandis que dans le mouvement de rébellion, Juda n'était pas en reste ; nous le constatons à la lecture de ce message qu'Ézéchias fit parvenir au roi d'Assyrie à Lakish, la grande ville fortifiée du nord de la Judée, assiégée par les armées assyriennes : "J'ai péché ! Éloigne-toi de moi. Ce que tu m'imposeras, je le supporterai" (2 Rois 18.14). Face à ce monarque puissant, qu’est le petit royaume de Juda ? Et qu’est Ezéchias, son roi ? Certes, le commencement de son règne est marqué par la ferveur après le règne désastreux d’Achaz. Dès son accession au trône, ce fut une rupture morale, le retour à la foi ancestrale : réparation du Temple, restauration du service sacerdotal, appel des Israélites du nord pour un retour au Seigneur. Mais qu’est Juda devant l’Assyrie ? Et pourtant, ce roi pieux ressentait difficilement la subordination à l’Assyrie idolâtre… et des tentatives d’alliances furent faites avec d’autres nations idolâtres…
 
Lorsque Sennachérib paraît, le roi Ezéchias règne depuis un quart de siècle. Vingt-cinq ans de paix, marqués par le réveil religieux, mais aussi, avec les années, la baisse de la garde, l’établissement… Ne fut-il pas flatté, quelque dix ans auparavant, lors de la venue des émissaires de Merodak-Baladân, roi de Babylone, farouche ennemi des rois d’Assyrie ? Toute la richesse assemblée en ces temps de paix est déployée devant eux, mais cette prospérité va échapper, et les trésors du roi, et la richesse du Temple… Un large dépouillement au bénéfice du roi d’Assyrie qui se fait menaçant !
 
La situation n’en est pas encore là. La paix semble régner encore, Sennachérib s’occupe de Babylone et des nations septentrionales, puis encore de la Cilicie à l’est… Un répit ! Mais s’en rend-on compte à Jérusalem ? Peut-être ! Ézéchias s'investit dans la fortification de sa ville. Des maisons sont détruites pour en utiliser les pierres à renforcer les murailles (22.10). Des arsenaux sont agencés. De grands travaux d’adduction d’eau sont en cours ; c'est alors que fut construit ce fameux tunnel, conduisant les eaux de la source de Guihôn jusqu’au dedans des murs, au réservoir de Siloé (22.11). L’opulence des temps, l’intelligence des travaux du roi, les relations politiques avec d’autres nations exaltent les sentiments de sécurité, de confiance… mais aussi une idée d’impunité, le sentiment que nul malheur ne pourrait les atteindre !


Avertissements à Jérusalem - 22.1-14

Nous entendons alors un homme en alerte ! C’est Ésaïe, fils d’Amots qui parle :

Car c'est un jour de panique, d'écrasement et de consternation, pour le Seigneur Dieu (YHWH) des Armées, dans la vallée de la vision : murs démantelés, appels au secours vers la montagne. (22.5)

Et pourtant Jérusalem ne croit pas au désastre… Ces paroles sont prononcées dans un temps d’euphorie, un temps que l’on dirait béni tant l’existence y paraît favorable. La paix et la prospérité font de Jérusalem une ville insouciante :

Ville bruyante, pleine de tumulte, une cité en liesse. (22.2)

Parler plus à contre-courant qu’Ésaïe ne le fait n’est pas possible ! Mais peut-il en être autrement ? Ne faut-il pas avertir ? A quoi tient la paix de la cité en liesse ? C’est bien la sagesse qui conduit le prophète, la connaissance du Dieu juste qui ne peut apporter sa caution à un peuple qui se détourne de Lui. Ce laisser-aller conduit au constat suivant : la paix de Jérusalem n’est plus qu’un sursis car le roi d’Assyrie et ses armées sont occupés sous d’autres cieux, traitant d’autres insubordinations, d’autres velléités d’indépendance… Mais le tour devra venir sur Jérusalem ! Un court répit sans doute, mais le temps n’est vraiment pas à se laisser aller à l’insouciance ! Certes, compromis par sa volonté d’indépendance, le roi Ezéchias est avisé, on travaille activement pour protéger la ville, la rendre imprenable… Et le peuple de la cité a confiance dans ces préparatifs. D’ailleurs, que peut-il lui arriver, à elle, la ville sur laquelle repose le Nom du Seigneur ?
 
Les avertissements du prophète sont sérieux ! Il évoque la désolation qui ne manquera pas d'arriver sur la ville… Non que la désolation soit pour l’immédiat, mais la réalité est bien celle-là… Et il s’émeut :

Car c’est un jour de panique, d’écrasement et de consternation pour le Seigneur Dieu (YHWH) des Armées… (22.5)

Le prophète est témoin des travaux du roi, de la fortification des murailles, des travaux d’adduction d’eau (22.10-11)… et ce peuple ne regarde pas à son Dieu ! Et même, il paraît peu conscient du danger, et audacieux :

Mangeons et buvons, car demain nous mourrons !(22.13)

Une réplique pleine d’ironie au prophète qui avertit du danger ! Le prophète voit de ses yeux tant les préparatifs militaires du roi, que la légèreté manifeste du peuple. Il voit aussi du regard intérieur, du regard de la foi, nourri par son attachement à Dieu… Il voit les armées en mouvement, la désolation à venir…
 
Oui, le prophète marche réellement à contre-courant, il en appelle au sérieux, à la responsabilité, mais a-t-il seulement des auditeurs ? Et un homme de la cour d’Ézéchias devra être personnellement averti.

 

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21:00 Écrit par Eric dans Esaïe 21 à 27, LE LIVRE D'ESAIE | Commentaires (0)

Esaïe 22:15 : Avertissements à Shebna


 

Avertissements à Shebna - 22.15-25

Même dans la Maison du Roi, à sa cour, parmi ses ministres se rencontre cette désinvolture que donne l’assurance d’une position acquise, d’un rôle public assuré. La charge d’intendant de la maison du roi est confiée à Shebna, mais ce personnage est plus occupé du prestige de sa fonction, et de sa propre gloire, que de la responsabilité qui lui incombe.
 
Une véritable diatribe est prononcée sur cet homme qui profite de sa position pour s’enrichir de façon éhontée. Ezéchias ne le voit-il pas ? La gouvernance est difficile ! Si droit et juste Ézéchias fut-il, la fonction royale n’est pas à l’abri des courtisans ! Un serviteur indélicat est ici sous le feu des paroles du prophète.

On se creuse un tombeau sur la hauteur, on se taille une demeure dans le roc.(22.16)

Est-ce le temps de s’occuper de sa propre grandeur quand le danger menace ?

Je t’arracherai de ton poste, il t’arrachera de ta fonction(22.19)

Ésaïe ne peut admettre cette corruption, il faut qu’il intervienne… Nous voyons ici l’autorité de l’homme de Dieu, prophète depuis plus de cinquante ans ! C’est un voyant qui pressent les difficultés à venir et s’acharne à ce qu’il y ait auprès du roi un premier ministre digne d’assumer une telle fonction. Et il semble avoir été écouté, car nous voyons son collègue Eliaquim, fils de Hilkiya, établi intendant à la place de Shebna. Eliaqim est même appelé, de la part de Dieu : "Mon serviteur"(22.20). Shebna ne sera plus qu’un scribe lors du siège de Jérusalem (2 Rois 18.18), l’intendance lui aura donc été ôtée.
 
Pourquoi ces paroles particulières touchant un homme ? Le Seigneur s’occupe de tout un peuple, et pour cela veille à ce que les charges importantes soient confiées à des personnes qui en soient dignes. Comme c’est manifestement le cas de cet Eliaquim, fils de Hilqiya…

Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David : quand il aura ouvert, personne ne pourra fermer ; quand il aura fermé, personne ne pourra ouvrir. Je l’enfoncerai comme un piquet dans un lieu sûr… (22.22-23)

Je te donnerai les clefs du royaume des cieux ; ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux ; et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux.(Matt.16:19)

Ces mots sont d’une force extrême, exprimant l’ampleur de la charge du serviteur auprès du descendant de David ! Il y a donc, pour les jours qui sont près d’arriver, un serviteur sur lequel le roi pourra, avec assurance, placer sa confiance ; un homme qui ne saisira pas l’opportunité d’une fonction officielle pour se servir lui-même, un homme dont l’avis est empreint de sagesse… Jusqu’au jour où il n’y aura plus un tel rempart au désastre,

alors le fardeau qui était sur lui sera détruit. (22.25)

Une protection jusqu’au jour désigné de la ruine à venir…
 
Avec la fin de cette page, nous passons à un autre tableau, évocation des conditions plus générales de la région, des nations voisines, mais pour revenir ensuite sur la condition de Juda.

 

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20:00 Écrit par Eric dans Esaïe 21 à 27, LE LIVRE D'ESAIE | Commentaires (0)