01/02/2009

Esaie 1:1 : Marcher dans la lumière


 

MARCHER DANS LA LUMIERE
Le message du prophète
Esaïe 1 à 6

Quand vos péchés seraient comme l’écarlate, ils deviendraient blancs comme la neige… Si vous voulez écouter, vous mangerez ce qu’il y a de meilleur dans le pays…
Esaïe 1.18


 
PROLOGUE
Ésaïe 1

Nous entrons d’emblée dans la force du message du prophète. Aucune mention de date ! Il est en effet pour tous les temps. Aucune circonstance, aucune annonce, mais un état de la situation exprimé dans les termes les plus forts. Les cieux et la terre sont pris à témoin d’une réalité troublante… Troublante ? Inattendue ? Exceptionnelle ? Cette réalité est-elle si particulière en ce monde ? A nous de voir…

Ciel, écoute ! Terre, prête l'oreille ! – c'est le Seigneur qui parle. J'ai éduqué et élevé des fils, mais ils se sont révoltés contre moi. Le bœuf connaît son propriétaire, l'âne connaît la mangeoire où ses maîtres le nourrissent ; Israël, lui, ne connaît rien, mon peuple ne comprend rien. (1.2-3)

Un tableau désolant ! Il fallait que le prophète soit pénétré de la place qu’occupe Israël auprès de Dieu, de la grandeur des privilèges qu’il reçut lorsque Dieu bénit Abraham, le père, en bénissant sa descendance. Pénétré aussi des soins prodigués par le SEIGNEUR, alors qu’un profond laisser-aller assoupissait un peuple qui s’assimilait aux nations d’alentour, négligeant sa vocation… Un peuple qui ne comprend rien ? En effet, ce n’est pas d’effort, de zèle, de qualités morales qu’il est ici question, mais de réflexion ! N’avaient-ils pas une place spécifique à tenir dans le concert des nations, n’avaient-ils pas à y être comme une lumière au milieu des ténèbres, n’était-ce pas pour eux que fut clamé "Laisse aller mon peuple" (Exode 5.1) ? Il n’a pas d’intelligence, ce peuple qui entendit cette parole : "J'en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : j'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta descendance" (Deutéronome 30.19).
 
Un long temps de paix, que ce règne d’Ozias, mais les hauts-lieux idolâtres sont nombreux à Jérusalem et en Juda. Le roi lépreux, s’il vit encore, devait se reprocher son audace lorsqu’il pénétra dans le Temple avec un encensoir… (2 Chroniques 26.19). Et les jours se suivaient sans que le peuple se ressaisisse ! Une génération "qui n’avait pas connu la guerre…" (Juges 3.1) Pas d’élan, pas de vie, la dolence d’un parcours sans combat, et la routine du service religieux… Mais attention ! "Un peu de sommeil, un peu d'assoupissement, un peu croiser les mains en se couchant… et la pauvreté te surprendra, comme un rôdeur ; la misère, comme un soudard" (Proverbes 6.10-11).
 
Le prophète s’étend alors en des termes poignants sur les conséquences d’un tel abandon :

Quel malheur pour cette nation pécheresse, pour ce peuple chargé de fautes, pour cette engeance mauvaise, pour ces fils pervertis ! Ils ont abandonné le Seigneur, ils ont bafoué le Saint d'Israël. Ils ont déserté...(1.4-5)

Il n’y a plus de discipline capable de produire un retour sur soi ! Et il considère la situation du pays qui ruisselle de lait et de miel(Deutéronome 31.20). Certes, la ville de Jérusalem est encore préservée ! (1.8)Mais pourquoi ? N’est-ce pas dû encore et toujours à la miséricorde de Dieu, à sa longue patience ?

Si le Seigneur (YHWH) des Armées ne nous avait laissé des survivants, nous serions vite devenus comme Sodome, nous ressemblerions à Gomorrhe. (1.9)

Et la ville nommée symboliquement Sodome poursuit le service du Temple, le culte journalier, les fêtes solennelles… Mais il ne faut pas se tromper ! Rien n’est reproché quant à la manière d’accomplir les rites, ou quant à la qualité des sacrifices ; la répréhension à trait à leur état moral ! Il faut lire ce qui se passe en Juda et à Jérusalem !

Elle était remplie d'équité, la justice y séjournait, et maintenant ce sont des meurtriers !(1.21)

Nous pouvons penser à la douleur ressentie par le petit, le pauvre, la veuve, l’orphelin, l’étranger, lorsque l’autorité publique, les princes, les juges le pouvoir religieux, sont connus pour leur manque d’équité, leur manque de droiture. On y trouve jugements iniques, recherche de pots-de-vin… (1.23)Alors retentit un appel sérieux, un cri qui sera relayé par Michée (Michée 6.8) et par tous les prophètes :

Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de ma vue vos agissements mauvais, cessez de faire du mal. Apprenez à faire du bien, cherchez l'équité, redressez l'oppresseur, rendez justice à l'orphelin, défendez la veuve. (1.16-17)

Ainsi, dès la première page du livre les vraies questions sont posées : Qu’apportent à Dieu les sacrifices ? Qu’attend Dieu de l’homme ? Un comportement marqué par l’humanité, une vie digne de Lui, le bonheur simple dans le chemin tracé par la Loi, et alors, alors seulement, le culte et la louange. Mais l’homme ne l’accomplit pas ! Quel espoir reste-t-il alors, sinon la foi en la miséricorde ? Après l’expérience de l’homme, Dieu prendra tout à sa charge et accomplira son propos en bénédiction ! Tel est le message des prophètes. Ils avertissent le peuple, lui montrent les tragiques écarts de leur vie pratique, les conséquences désastreuses, et dévoilent alors qui est leur Dieu, combien Il désire leur bonheur et comment Il l’accomplira.

Venez, je vous prie, et argumentons, dit le Seigneur. Quand vos péchés seraient comme l'écarlate, ils deviendraient blancs comme la neige; quand ils seraient rouges comme le cramoisi, ils deviendraient comme la laine. (1.18)

Et de poursuivre alors en décrivant ses bienfaits :

Je te donnerai de nouveau des juges comme par le passé, et des conseillers comme au début. Après cela, on t'appellera "Ville de la justice", "Cité fidèle". (1.26)

Ici déjà, Dieu se révèle dans la force de son propos. L’homme agit, et quelque fois s’éloigne ; l’alliance est rendue caduque, mais la joie du Seigneur est d’accomplir ses promesses, et rien ne peut entraver son dessein.

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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23:00 Écrit par Eric dans Esaïe 1 à 6, LE LIVRE D'ESAIE | Commentaires (0)

Esaie 2:1 : Venez, marchons !


 

PAROLE TOUCHANT JUDA ET JERUSALEM
Ésaïe 2 à 5

Venez, marchons ! - 2.1-5

Le prophète est pénétré de ce que sera Jérusalem lorsque la bénédiction promise à Abraham sera accomplie (Genèse 18.18). Heureuse pédagogie de Dieu ! Les prophètes parlent afin d’ouvrir le regard de leurs auditeurs sur les choses qui ne se voient pas, leur rappeler le but du chemin, le dessein de Dieu.
Ouvrir le regard de la foi aux choses qui ne peuvent se voir ! Le prophète parle du règne du Messie, tandis que le Christ et les apôtres parleront de l'avenir éternel des rachetés :
"Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n'a pas encore été manifesté ; nous savons que quand il sera manifesté, nous lui serons semblables, car nous le verrons comme il est."(1 Jean 3.2)

Dans la suite des temps, la montagne de la maison du Seigneur sera établie au sommet des montagnes ; elle s’élèvera au-dessus des collines ; et toutes les nations y afflueront. Une multitude de peuples s'y rendra ; ils diront : Venez, montons à la montagne du Seigneur, à la maison du Dieu de Jacob ! Il nous enseignera ses voies, et nous suivrons ses sentiers. Car de Sion sortira la loi, de Jérusalem la parole du Seigneur. (2.2-3)

Pourquoi parler ainsi d’un temps à venir, du repos du septième jour dans lequel l’homme sera introduit pour être sans entrave enveloppé dans le repos de Dieu ? La réponse est directe : afin qu’il apprenne à vivre aujourd’hui cette perspective, dans la lumière. Ainsi l’appel retentit de la bouche d’Ésaïe :

Maison de Jacob, venez, marchons à la lumière du Seigneur ! (2.5)

Un jour de jugement - 2.6-22

Un choc alors, dans la lecture du message, tant est grand l’effroi du prophète qui met en contraste le dessein de Dieu et l’issue dramatique de la marche de son peuple ! Il faut lire cette page, y voir dépeintes les vanités de tous les temps… Des hommes se dévoient de tant de manières : accumulation de richesses, pratique de la magie, cultes idolâtres…

Entre dans les rochers et cache-toi dans la poussière, loin de la frayeur du Seigneur, de l'éclat de sa majesté ! (2.10)

lui est-il dit. Car il y a un jour de rétribution, un jour du Seigneur contre tout ce qui est hautain et orgueilleux, contre ce qui s'élève et doit être abaissé ! Ce jour là en effet, les hommes se jetteront dans les grottes des rochers et dans le profondeurs de la poussière tant l’angoisse du jugement les aura atteints(2.21)
"Les rois de la terre, les dignitaires, les chefs militaires, les riches, les puissants, tous, esclave, et hommes libres, allèrent se cacher dans les cavernes et dans les rochers des montagnes. Et ils disaient aux montagnes et aux rochers : Tombez sur nous, cachez-nous de celui qui est assis sur le trône et de la colère de l'Agneau, car le grand jour de leur colère est venu, et qui pourrait tenir debout ?" (Apoc.6.15)

Ces paroles s’achèvent en une sentence sans appel.

Laissez donc l’être humain, qui n’a qu’un souffle dans les narines : quelle valeur a-t-il ? (2.22)

 

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22:00 Écrit par Eric dans Esaïe 1 à 6, LE LIVRE D'ESAIE | Commentaires (0)

Esaïe 3:1 : Le Jour du Seigneur


 

Sur le peuple de Juda - 3.1-4.1

Ces paroles de jugement se concentrent alors sur le peuple de Juda, les auditeurs du prophète :

Le Seigneur, le Seigneur (YHWH) des Armées, écarte de Jérusalem et de Juda toute ressource et tout appui, toute ressource de pain et toute ressource d'eau. (3.1)

C’est un avertissement sévère dont le prophète donne le motif :

Car Jérusalem trébuche, Juda s'effondre, parce que leur langue et leurs agissements sont dirigés contre le Seigneur ; ils se rebellent devant sa gloire… ils se préparent un malheur. (3.8,9)

Ésaïe poursuit son réquisitoire en s’adressant aux chefs du peuple, "parce qu’ils ont dévoré la vigne !" (3.14) C’est ici un des griefs majeurs qu’évoqueront les prophètes de tous les temps : la conduite des chefs du peuple qui se servent eux-mêmes. Alors retentissent les paroles d’une plaidoirie sur le thème de la vigne, car Israël n’est-il pas comme une vigne travaillée avec soin, avec amour ?

Vous avez dévoré la vigne ! Ce sont les biens dont vous avez dépouillé le pauvre qui remplissent vos maisons ! Pourquoi donc écrasez-vous mon peuple, pourquoi broyez-vous la face des pauvres ? déclaration du Seigneur Dieu (YHWH) des Armées. (3.15)

Fini le temps des vanités, finis les abus du pouvoir, ce sera la désolation ! Un passage inéluctable, un travail incontournable du Seigneur, afin que paraisse une génération qui attende la justice et la paix que Dieu apportera en ce monde.

Le jour du Seigneur - 4.2-6

Car les messagers de Dieu, parlant bien souvent avec sévérité, ont un mandat clair de la part de Celui qui les envoie : même dans les temps les plus noirs, ils sont là pour soutenir l’espérance, faire goûter la miséricorde de Dieu, et tourner les regards vers l’accomplissement de son projet de grâce ! Alors est évoqué ce jour du Seigneur, le temps du rétablissement de toutes choses selon la pensée de Dieu, qui est paix et joie dans l’accomplissement de son propre repos !

En ce jour-là, le germe du Seigneur deviendra beauté et gloire, et le fruit du pays deviendra orgueil et splendeur pour les rescapés d'Israël. Alors celui qui restera à Sion et celui qui sera laissé à Jérusalem seront appelés saints, tous ceux qui seront inscrits pour obtenir la vie à Jérusalem. (4.2)

Le Germe(Jérémie 23.5, 33.15, Zacharie 3.8, 6.12),ce qui paraît après l’hiver sur la terre désolée afin d’y redonner vie, la bénédiction qui éclot de la part du Seigneur. Le Germe, Celui qui paraîtra après la désolation produite par l’homme, Celui par qui viennent la paix inaltérable, la joie et l’allégresse, le temps où "on n’apprendra plus la guerre" (2.5), comme nous l’avons lu plus haut. De ce temps béni, il sera question de nombreuses fois dans le livre, pour que le peuple soit nourri des paroles de miséricorde. Non, il ne peut, constatant sa culpabilité, se décourager, plonger dans la dépression, mais plutôt regarder à Dieu, se repentir et se réjouir alors en son Rédempteur, considérer sa miséricorde. Le but du prophète est de réveiller les cœurs, comme le dira Néhémie en son propre temps : "Ne vous affligez pas, car la joie du Seigneur est votre force"(Néhémie 8:10).

 

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21:00 Écrit par Eric dans Esaïe 1 à 6, LE LIVRE D'ESAIE | Commentaires (0)

Esaïe 5:1 : Q'y avait-il à faire pour ma vigne ?


 

Qu'y avait-il à faire pour ma vigne - 5.1-7

Le message sera-t-il entendu ? Le prophète poursuit sur un mode poétique, une hymne, afin que l’harmonie du discours fixe les paroles au dedans des esprits. Il proclame le chant du bien-aimé pour sa vigne.

Mon ami avait une vigne sur un coteau fertile.
Il en travailla la terre, ôta les pierres
et y planta un cépage de choix ;
il bâtit une tour au milieu d'elle,
il y creusa aussi une cuve.
Il espérait qu'elle produirait des raisins,
mais elle a produit des fruits puants !
(5.1-2)

Le fruit est bien différent de celui attendu ! Alors la question est posée :

Qu'y avait-il encore à faire à ma vigne
que je n'aie pas fait pour elle ?
Pourquoi, quand j'espérais
qu'elle produirait des raisins,
a-t-elle produit des fruits puants ?
(5.4)

Sans attendre, la ruine est annoncée.

Or la vigne du Seigneur (YHWH) des Armées, c'est la maison d'Israël, et les hommes de Juda, c'est le plant qu'il chérissait. Il espérait l'équité, et voici le crime ! La justice, et voici les cris des victimes ! (5.7)

Séquence lapidaire, plaidoyer sans appel ! L’homme nourri de la Parole de Dieu aime se souvenir avoir été créé à l’image de Dieu, et s’en prévaut volontiers, mais qu’y a-t-il ici pour refléter le Dieu de miséricorde ? Ce n’est pas faute d’avoir cru en l’existence de Dieu. C’est faute de marcher selon le modèle qu’Il donne que fond sur la terre le malheur…

Quel malheur ! - 5.8-30

Un véritable malheur pour ceux qui s’enrichissent au dépens d’autrui,

ajoutant maison à maison et joignant champ à champ… ceux qui se lèvent de bon matin afin de rechercher l'alcool, qui traînent au crépuscule, échauffés par le vin… ceux qui tirent le mal avec les liens de l'illusion… ceux qui appellent le mal bien et le bien mal… ceux qui se croient sages… Ils acquittent le coupable pour un pot-de-vin et retirent au juste sa justice ! (5.8,11,18,20,21,23)

Une sinistre litanie pour montrer combien est fou l’homme qui génère ainsi son propre malheur… "Le fou méprise l'instruction de son père" (Proverbes 15.5). Ces paroles expriment le sentiment de désolation du prophète, et, plus encore, la désolation de Dieu devant le chemin pris par tant d’humains. Elles constituent un douloureux écho à la sentence prononcée plus haut : "Quel malheur pour eux ! Car ils se préparent un malheur." (3.9) Et ce malheur est annoncé,

car ils ont rejeté la loi du Seigneur (YHWH) des Armées et bafoué la parole du Saint d'Israël. (5.24)

Notons encore qu’il ne s’agit pas d’infractions à des règles cérémonielles, mais de vies déréglées : pour les uns, ambitions coupables, pour d’autres, course aux vanités, plongeon dans la débauche, prétention inconsidérée, et pour d’autres encore, jugements iniques… Le comportement de l’homme envers son prochain et envers lui-même, voilà ce dont il est question !
 
Le jugement est annoncé, la ruine, un envahisseur, une puissance militaire implacable :

Il dresse une bannière pour les peuples lointains ; il en siffle un des extrémités de la terre, et il arrive vite, avec rapidité… Ses flèches sont aiguisées et tous ses arcs bandés ; les sabots de ses chevaux sont comme de la pierre, les roues de ses chars comme un ouragan. (5.26,28)

Avertissement sévère, paroles dures qui doivent être prononcées par ce jeune prophète ! Mais qui est-il pour parler ainsi, avec une telle assurance, devant tout le peuple et devant ses notables ? Quel est son titre ? Un seul : Envoyé du SEIGNEUR ! Et il écrit alors comment il a été engagé dans ce service. Quelques mois ou quelques années après l’événement, il revient sur ce jour mémorable où il a dit au Dieu de gloire, non sans exprimer sa crainte : "Je suis là, envoie-moi !" (6.8)

 

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19:00 Écrit par Eric dans Esaïe 1 à 6, LE LIVRE D'ESAIE | Commentaires (0)

Esaïe 6:1 : Envoi du prophète


 

L'ENVOI DU PROPHETE
Ésaïe 6

C’était peu avant la mort du roi Ozias, ce roi qui régna tant d’années dans la paix, et qui, étant sorti de son rôle, était devenu lépreux… Jotam, son fils, gouverne la maison du roi depuis quelques années tandis que son père vit dans la maison d’isolement (2 Rois 15.5). Cette année là, un jeune homme est placé devant une réalité qui échappe à beaucoup. Dieu, dans la gloire inaccessible, porte son regard sur ses créatures ; Il est prompt à répandre la bénédiction : ondées nourrissant la terre, soleil mûrissant les récoltes. Et, par-dessus tout, la lumière d’En Haut rayonne afin de dissiper les ténèbres morales… "La terre était désolation et vide, et il y avait des ténèbres… Et Dieu dit : Que la lumière soit. Et la lumière fut." (Genèse 1.2-3)Désolation et vide, c’est bien le caractère des temps que ce jeune homme traversait ! Il constatait bien ces ténèbres morales ; il était saisi par l’impureté du lieu où il se trouvait, par l’iniquité du peuple qu’il côtoyait, et cela sans s’exclure lui-même ! Et en ce temps de méditation, car la révélation qu’il reçut ne pourrait s’accorder d’un esprit dissipé, le ciel s’ouvre sur le jeune Ésaïe. Il est placé devant la gloire de Dieu ! Vision d’un trône haut et élevé, le Seigneur y étant assis…

Des seraphim se tenaient au-dessus de lui ; ils avaient chacun six ailes : deux dont ils se couvraient la face, deux dont ils se couvraient les jambes, et deux dont ils se servaient pour voler.(6.2)

Ne pouvant supporter la vision de la gloire, ils se couvraient la face, ne pouvant dévoiler les imperfections de leur marche, ils se couvraient les pieds… Et Ésaïe entendait ces voix puissantes qui clamaient :

Saint, saint, saint est le Seigneur (YHWH) des Armées ! Toute la terre est remplie de sa gloire ! (6.3)

Toute la terre… Le fait est là ! Nier le Créateur est la quête insatiable de plusieurs, mais quel esprit peut s’élever au-dessus des choses créées ? Déterminer les lois qui régissent un lieu hors du monde dans lequel il se trouve ? Le sage dit : "Seigneur (YHWH), notre Seigneur, que ton nom est magnifique sur toute la terre, toi qui te rends plus éclatant que le ciel !" (Psaume 8.1) Qui pourrait, s’interrogeant sur le monde qui l’entoure, en discerner la finalité, à moins qu’elle ne lui soit donnée par révélation ?
 
Le prophète s’écrie alors, dans un élan qui illustre le sérieux de son âme :

Quel malheur pour moi ! Je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j'habite au milieu d'un peuple aux lèvres impures, et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur (YHWH) des Armées ! (6.5)

Voir le Seigneur, non pas certes des yeux, mais dans une vision qui le transporte et le pousse à la confession de ce qu’il a conscience d’être devant le grand Dieu des cieux ! Je suis perdu ! dit-il. Mais alors, quelle réponse entend-il, cet homme jeune qui se trouve devant Dieu sans se donner de prétextes, sans avancer d’excuses ! De l’autel est porté un charbon brûlant qui purifie ses lèvres :

Ceci a touché tes lèvres : ta faute est enlevée, ton péché est expié. (6.7)

La réponse de Dieu, c’est la rédemption, le pardon, et même la sanctification. Nous sommes ici au cœur du message du prophète, au cœur aussi du message de tous les prophètes d’Israël, et qui sera aussi la conviction ferme des rescapés de l’exil, deux siècles après cette vision du jeune Ésaïe.Il faut s’arrêter sur la suite, sur cette question qu’entendit le jeune homme :

Qui enverrai-je, et qui ira pour nous ?

La réponse vient, avec simplicité :

Je suis là, envoie-moi ! (6.8)

Ésaïe connaissait-il à ce moment les longues années qui sont devant lui ? Assurément non ! Mais sa réponse est celle d’un vrai serviteur qui n’a ni but ni ambition pour lui-même, qui avance parce qu’il comprend la demande, parce qu’aussi, ayant considéré l’état du peuple, il est prêt à entrer dans le travail de Dieu… et laisser après lui d’autres le poursuivre. Non pas un ministère auquel on aime lier quelque forme d’autorité, une aura, mais un service de réveil auprès de son peuple égaré dans l’assoupissement et la quiétude des années de paix dont il jouit encore…Et le Seigneur l’envoie :

Va dire à ce peuple : Écoutez toujours, mais vous ne comprendrez rien…(6.9)

Suit un tableau désolant. Pensons-nous qu’un jugement s’abatte sur les auditeurs du prophète, tel qu’ils soient empêchés de comprendre, de voir, de se reprendre, d’être guéris ? N’est-ce pas plutôt l’annonce qu’entendant, ils ne voudront pas comprendre, ne penseront pas à se reprendre, n’aspireront pas à être guéris ? Ne préfèrent-ils pas leur course aux vanités à l’attachement aux promesses faites aux pères, à la bénédiction d’une vie avec Dieu ? Le prophète l’a bien compris : il ne peut entrevoir la fin de son travail comme un accomplissement heureux. Et il demande alors, question brûlante :

Jusqu’à quand, Seigneur ?

Et il reçoit la réponse :

Jusqu’à ce que les villes soient saccagées, sans habitants, les maisons sans hommes, et la terre saccagée, dévastée. (6.11)

A quoi bon alors ! A quoi bon s’engager dans un tel service, un travail dont on ne peut voir la fin, une œuvre promise, dès le premier jour, à un constat d’échec ? Mais pourquoi se donner tant de peine ? Ésaïe verra la débâcle d’Israël, le Royaume du Nord, et dix ans plus tard, il annoncera au roi Ézéchias que Jérusalem sera à son tour vidée de ses habitants (39.6)… Et cela après un demi siècle de labeur, à la brèche pour le SEIGNEUR ! Il ne le sait pas encore !
 
Jeune prophète, il œuvre dans son service pour le Seigneur depuis quelques mois, quelques années peut-être, lorsqu’il fait connaître par cette page les circonstances de son appel… Et il poursuit par cette parole d’espérance qu’il entendit au jour de la vision de la gloire de Dieu :

Comme le térébinthe et le chêne conservent leur souche quand ils sont abattus, sa souche donnera une descendance sainte. (6.13)

"Car si toi, tu as été coupé de l'olivier qui selon la nature était sauvage, et as été enté contre nature sur l'olivier franc, combien plus ceux qui en sont selon la nature seront-ils entés sur leur propre olivier ?"(Rom.11.24)

Tout au long de ces années de service, il ne cessera de placer ses compatriotes devant leur responsabilité, de les avertir des dangers qui les guettent, mais surtout de leur montrer qui est leur Dieu, celui qui veille sur eux, et cela, en évoquant la bénédiction à venir, le retour d’un exil qui n’a pas commencé et l’accomplissement des promesses faites aux pères ! Qui lit le livre d’Ésaïe est placé devant la miséricorde de Dieu !

 

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18:00 Écrit par Eric dans Esaïe 1 à 6, LE LIVRE D'ESAIE | Commentaires (0)