02/12/2009

Jér.27:1 Le joug du roi de Babylone


Le joug pour les ambassadeurs - 27:1-15

La quatrième année de Sédécias, des messagers des rois de la région sont à Jérusalem.
L’unité du texte des chapitres 27 et 28, l’unité de la scène elle-même, et la mention "la même année" en 28:1 conduisent à dater l’ensemble de la quatrième année de Sédécias (28:1).
L’initiative pourrait venir du Pharaon Psammétique II, l’Égypte entretenant des contacts privilégiés avec les Phéniciens. Mais en tout état de cause, ce sont les petits royaumes de la région, écrasés par Nabuchodonosor, qui envoyèrent des messagers à Sédécias. Alors, Jérémie est envoyé au palais du roi…

Ainsi m'a parlé le Seigneur : Fais-toi des liens et des barres de joug et mets-les sur ton cou. Tu en enverras au roi d'Edom, au roi de Moab, au roi des Ammonites au roi de Tyr et au roi de Sidon, par l'intermédiaire des messagers qui sont venus à Jérusalem auprès de Sédécias, roi de Juda. (27:2-3)

Jérémie se dirige vers le palais, portant des jougs de bêtes de trait, des pièces qui ne peuvent passer inaperçu. Spectacle singulier que ce prophète ainsi harnaché, sans crainte du ridicule. De prédicateur et signe, il est devenu mime dans un geste saisissant. Il a dû susciter bien des questions sur son passage : "Voyez comme il est ! Que lui arrive-t-il encore ? Que va-t-il faire ainsi auprès du roi ?" Et sitôt entré dans la maison du roi, il affirme l’autorité du Créateur :

C'est moi qui ai fait la terre, les humains et les bêtes qui sont sur la terre par ma grande puissance, par mon bras étendu, et je donne la terre à qui me convient. (27:5, comparer 9:25-26 et 18:7-10).

En ce début de l’année 593, ces royaumes partagent un sort commun, ils sont assujettis au roi de Babylone et le resteront. Tel est leur lot !

Moi, j'ai livré tous ces pays à Nabuchodonosor, roi de Babylone, mon serviteur; je lui ai même livré les animaux sauvages, pour qu'ils lui soient soumis. Toutes les nations lui seront soumises, à lui, à son fils et à son petit-fils, jusqu'à ce que le temps de son pays vienne aussi et que des nations puissantes et de grands rois le soumettent (27:6-7).

Le temps assigné par le Seigneur quant à la puissance de Babylone est déterminé ! Il est donc vain de tenter une rébellion… Ainsi est-il dit aux messagers des nations et aux oreilles de Sédécias :

Placez votre cou sous le joug du roi de Babylone… (27:12-15).

Et aussi les jougs sont remis aux envoyés des rois. Seul reste au prophète un joug qu’il porte pour s’en aller au Temple…


 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
Texte complet, avec notices historiques
et liens dynamiques avec les références citées, sur le site :
Que dit l'Évangile ?

 

Jér.27:16 Jérémie portant le joug


Jérémie portant le joug - 27:16-22

Jérémie, portant son joug de bête de trait, avertit le peuple à l’égard des prêtres et des faux prophètes. Il clame à qui peut l’entendre :

C'est le mensonge qu'ils vous annoncent en prophètes. Ne les écoutez pas, soumettez-vous au roi de Babylone, et vous vivrez. Pourquoi cette ville deviendrait-elle une ruine ? (27:16-17).

C'est une flèche dans les consciences ! Car n’ont-ils pas affaire à Celui qui veut la paix, Celui qui leur parla d’un pays ruisselant de lait et de miel, un pays où ils habiteraient en sécurité : "Mettez mes prescriptions en pratique, observez mes règles et mettez les en pratique : vous habiterez en sécurité dans le pays. Le pays donnera son fruit, vous mangerez à satiété, et vous y habiterez en sécurité" (Lévitique 25:18-19). Pourquoi ne sont-ils pas en sécurité ? Pourquoi la prospérité n’est-elle pas leur part ? Pourquoi la désolation ? Pourquoi la ruine alors que vous avez affaire à Celui qui veut votre bonheur ? La question doit être retournée : Pourquoi ce peuple se laisse-t-il mener par ceux qui le conduisent au désastre ?
 
Quel déclin brutal que celui des officiants du Temple ! Ce Temple rénové, purifié, qui connût un lustre nouveau ; ces officiants qui retrouvèrent leurs charges et les revenus qui s’y attachaient… Dès la mort de Josias, l’élan religieux devint source de profit, prétexte de gloire pour les responsables du culte, héritiers bien peu dignes du mouvement initié par le roi ! Le mouvement du réveil s’est mué en système, les serviteurs se sont mués en "pasteurs qui se repaissent eux-mêmes !" (Ézéchiel 34:2)
 
Une guerre ouverte se livre entre Jérémie et les dirigeants ! Il avait déjà eu affaire au grand-prêtre à l’occasion de la lettre aux déportés. Mais cela ne pouvait l’arrêter. Quand son Dieu l’envoie, il marche, il parle, sans égard au danger qu’il encourt. Pourtant il n’est pas homme insensible à la douleur ; nous avons entendu ses cris à Dieu, ses questionnements, et nous l’entendrons encore ! Mais de voir le peuple entraîné vers de si grandes épreuves suscite en lui une angoisse telle qu’il ne peut se taire, qu’il doit avertir, exhorter… Nous l’avions vu dans sa supplication, disant à Dieu : "Toi, l'espérance d'Israël, son Sauveur au temps de la détresse, pourquoi serais-tu comme un immigré dans le pays, comme un voyageur qui fait un détour pour passer la nuit ?" (14:8) Mais le peuple s’attendait-il encore à ce Dieu qui pourtant ne cesse de leur faire entendre qu’Il veut son bonheur ?
 
Il est loin le jeune prophète qui avait revêtu les attributs de sa consécration, jusqu’à ce qu’il coupe la chevelure de son nazaréat (7:29), et le témoin accomplissant deux aller-retour de plus de six cents kilomètres avec la ceinture de lin (13:1-11). Il avait accepté le célibat, l’opprobre et le rejet de sa famille (20:10), la spoliation de son patrimoine et même l’emprisonnement (20:2)… Qu’avait-il encore à perdre ? Voilà déjà trente-quatre ans qu’il parle au nom du Seigneur. Et ses avertissements paraissent vains ! C’est désormais un homme affranchi par l’expérience qui revendique l’autorité de Dieu ! L’ironie et même la provocation pointent dans cette exclamation :

S'ils sont prophètes et si la parole du Seigneur est avec eux, qu'ils intercèdent donc auprès du Seigneur (YHWH) des Armées pour que les objets qui sont restés dans la maison du Seigneur, dans la maison du roi de Juda et dans Jérusalem, ne s'en aillent pas à Babylone. (27:18)

Et de poursuivre, à propos des ustensiles du Temple :

Ils seront emportés à Babylone et ils y resteront jusqu'au jour où j'interviendrai pour eux, – déclaration du Seigneur – où je les ferai monter et revenir en ce lieu. (27:22)


 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
Texte complet, avec notices historiques
et liens dynamiques avec les références citées, sur le site :
Que dit l'Évangile ?

 

Jér.28:1 Le joug brisé


 

Le joug brisé - 28:1-17

Le prophète annonçant la ruine, harnaché de son joug qui capte le regard et frappe l'esprit, pouvait-il s’attendre au sommeil de l’ennemi ? Une réaction devait intervenir pour briser l’image, casser le témoignage… Hanania, fils d’Azzour, nanti du titre de prophète, proclame avec force à la face de Jérémie et devant tout le peuple :

Ainsi parle le Seigneur (YHWH) des Armées, le Dieu d'Israël : Je brise le joug du roi de Babylone ! Encore deux années, et je ramène en ce lieu tous les objets de la maison du Seigneur… Et je ramène en ce lieu – déclaration du Seigneur – Jékonia, fils de Joïaqim, roi de Juda, et tous les exilés de Juda… (28:2-4)

Soulignons une fois de plus l’absence de tout débat, l'évitement d’une confrontation inutile face à la mauvaise foi, lorsque les dirigeants se mettent d’accord pour tromper.

Le prophète Jérémie dit : Qu'il en soit ainsi ! Que le Seigneur fasse ainsi ! Que le Seigneur réalise les paroles que tu as dites en prophète… Seulement écoute, je te prie, cette parole que je te dis, à toi et à tout le peuple… si un prophète annonce que tout ira bien, c'est quand viendra ce qu'il a annoncé qu'il sera reconnu comme un prophète vraiment envoyé par le Seigneur. (28:6-9)

Hanania prophétise la paix, mais sur quoi fonde-t-il ses propos ? Il le sait bien lui-même… Sa colère éclate, joignant le geste à ses paroles de mensonge :

le prophète Hanania prit la barre de dessus le cou du prophète Jérémie et il la brisa… (28:10)

Ce qui suit nous interpelle :

Et le prophète Jérémie passa son chemin. (28:11)

Pas un mot, pas un geste, les débris du joug restent là, témoins de la scène, témoins silencieux de deux paroles qui s’opposent. A l’arrogance de celui qui prophétise ce que l’on aime entendre, s’oppose la dignité du prophète qui parle la vérité de Dieu. De la part de Jérémie, que vaudraient des efforts pour convaincre ? Derrière les mots d’Hanania, y a-t-il ignorance sincère ou parti pris trompeur ? Quant aux faux prophètes, nous pouvons les imaginer satisfaits d’eux-mêmes : autorité du geste, gloriole du dernier mot face au gêneur, adulation des courtisans… Scène si commune dans les cercles cultivant l'autoritarisme et le culte des dirigeants…
 
Jérémie s’en est allé dignement. Ce n’est qu'envoyé par le Seigneur qu’il retourne au Temple : "Va, tu diras à Hanania…" Le silence de la méditation dans la présence de Dieu confère l’autorité, la marche dans l'obéissance confère la puissance…

Tu peux briser des barres de bois, tu les remplaceras par des barres de fer. (28:13)

Ces jougs de bois te paraissaient-ils faibles, Hanania ? Sache que le joug dont ces bois sont signe, nul ne pourra le briser ! Et d’ajouter pour affirmer l’autorité du roi de Babylone à laquelle nul ne pourra se soustraire :

je lui ai même livré les animaux sauvages. (28:14)

Il a reçu le pouvoir sur ce qui est indompté ! Cette parole sera prononcée à Nabuchodonosor lui-même. Daniel, lui parlant de l’étendue de sa domination, évoquera les bêtes des champs : "O roi, tu es le roi des rois, car le Dieu du ciel t’a donné la royauté, la puissance, la force et la gloire. Il t’a livré les hommes, les animaux sauvages et les oiseaux du ciel, où qu’ils habitent, et il t’a fait dominer sur eux tous ; c’est toi qui es la tête d’or." (Daniel 2:37-38)
 
Jérémie ajoute à l’adresse personnelle du faux prophète l’annonce de sa mort dans l’année, prononçant le titre de sa condamnation :

Ecoute, je te prie, Hanania ! Le Seigneur ne t'a pas envoyé, et toi, tu incites ce peuple à mettre sa confiance dans un mensonge. (28:15)

Ce peuple trompé n’aspirait-il pas à la paix ? "On espérait que tout irait bien, mais il n'y a rien de bon ; un temps de guérison, mais c'est l'effroi !" (8:15). Et les faux prophètes ne les aveuglaient-ils pas : "Tout ira bien, tout ira bien !, disent-ils, et rien ne va !" (6:14, 8:11) ? Car ils n’abandonnaient pas leurs abominations ! Jérémie ne les avertissait-il pas depuis plus de trente années : "Si vous réformez vos voies et vos agissements, si vous agissez selon l'équité les uns envers les autres, si vous n'opprimez pas l'immigré, l'orphelin et la veuve, si vous ne répandez pas en ce lieu de sang innocent, si vous ne suivez pas d'autres dieux, pour votre malheur, alors je vous laisserai demeurer en ce lieu, dans le pays que j'ai donné à vos pères depuis toujours et pour toujours" (7:5-7).Quand l’annonce faite à Hanania se réalisa (28:6-9), lorsque "le prophète Hanania mourut cette année-là, au septième mois" (28:17), le peuple a-t-il compris qu’il y avait un prophète du Seigneur parmi eux ? Rien de moins sûr…


 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
Texte complet, avec notices historiques
et liens dynamiques avec les références citées, sur le site :
Que dit l'Évangile ?

 

Jér.50 et 51 Oracles touchant Babylone


 

ORACLES TOUCHANT BABYLONE
Jérémie 50 et 51

La scène des jougs est devant nous, soulignant l’implacable puissance du roi de Babylone et sa domination sur Juda et ses voisins. "Nabuchodonosor, roi de Babylone, mon serviteur" disait Jérémie au nom du Seigneur affirmant de sa part aux ambassadeurs et à Sédécias : J’ai livré tous ces pays en sa main. (27:6)En 593, l'année même de cette scène des jougs, la quatrième année de son règne, Sédécias se rendait à Babylone ; acte d’allégeance volontaire dans la crainte, ou convocation de Nabuchodonosor ? Se rendait-il à Babylone avant ou après la visite des ambassadeurs à Jérusalem ? Cela n'est pas précisé. Mais Sédécias, homme craintif, manquant d’assurance, pourrait bien avoir entrepris ce voyage après cette réunion visant à une rébellion contre le pouvoir babylonien !
 
Une visite pour convaincre Nabuchodonosor de sa fidélité… et se rassurer lui-même !
 
À cette occasion, Jérémie confie une lettre importante à un ministre de la suite royale, Seraya, fils de Nériya, le propre frère de Baruch, le fidèle compagnon du prophète.

Ordre donné par Jérémie, le prophète, à Seraya, fils de Nériya, fils de Mahséya, lorsqu'il se rendit à Babylone avec Sédécias, roi de Juda, la quatrième année du règne de celui-ci – Seraya était grand intendant. Jérémie écrivit dans un livre tout le malheur qui devait arriver à Babylone, toutes ces paroles qui sont écrites sur Babylone. Jérémie dit à Seraya : Lorsque tu arriveras à Babylone, tu veilleras à lire toutes ces paroles… (51:59?61)


 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
Texte complet, avec notices historiques
et liens dynamiques avec les références citées, sur le site :
Que dit l'Évangile ?

 

Jér.50:1 Lettre touchant Babylone (1/4)


 

Lettre concernant Babylone - 50:1-46

Une lettre de plusieurs pages, tant la douleur est grande ! Des visions de désastre concernant cette nation forte et orgueilleuse qui étend sa puissance sur un large empire, mais dont les temps sont dans les mains du Tout-Puissant. Le prophète voit venir le temps de Cyrus, certes, mais il voit plus loin encore ! Car il n’est pas appelé à raconter l’histoire à venir ; son propos est de déployer avec force le cours inéluctable de la justice divine.
 
Un plan rapproché et un plan lointain
 
Soixante-dix années, le temps assigné à la puissance babylonienne… Mais le prophète ne compte plus les années, il est pour ainsi dire transporté à l’échéance, il voit l'armée des Mèdes et des Perses conquérir la ville, il voit aussi la destruction de Babylone – destruction qui s’accomplira bien plus tard – et dans cette désolation il discerne la juste sentence de ce qu’elle représente, symbole de confusion et d’idolâtrie.
Babylone, dont Cyrus fit la capitale de son empire perdit par la suite de son importance pour être laissée aux sables du désert, un repère de chacals (50:39, 51:37), vers la fin du deuxième siècle de notre ère, telle qu’on peut la voir encore aujourd’hui. Outre ce fait historique, Babylone demeure le symbole de l’idolâtrie et de la corruption.

Annoncez-le parmi les nations, faites-le entendre, dressez une bannière ! Faites-le entendre, ne le cachez pas ! Dites : Babylone est prise ! Bel est couvert de honte, Merodak est terrifié ! Ses statues sont couvertes de honte, ses idoles sont terrifiées ! Car du nord une nation l'envahit, elle réduit son pays en un lieu dévasté, il n'y a plus d'habitants ; depuis les humains jusqu'aux bêtes, tout s'en est allé. (50:2?3)

Fallait-il dire ces choses sans exposer plus avant la pensée de Dieu, sans dire que cette suprématie du roi de Babylone n’était qu’une étape vers un accomplissement dont il ne put avoir conscience ? Non, il fallait clamer avec force, dans l’indignation même afin que nul n’oublie, que s’il donne une gloire si grande à un homme, un simple mortel, cet homme, même appelé serviteur de Dieu (25:9, 27:6, 43:10) n’est que l’agent de Dieu. Non un homme qui se met au service, mais un homme employé au service, mercenaire de Dieu sans le savoir, intervenant sans comprendre dans le cours d’un plan qui le dépasse. La gloire que recherche Nabuchodonosor, laquelle le fait courir et qui aussi l’enivre, n’est prêtée que pour un temps. Daniel, otage princier dès la première année du grand roi de Babylone, expose cette vanité de la gloire qui se ternit en un instant et ne se recouvre que si cela convient au Tout-Puissant : "Ta royauté subsistera pour toi quand tu sauras que c’est le ciel qui est le maître. Aussi, ô roi, puisse mon conseil te plaire ! Mets un terme à tes péchés par la justice et à tes fautes par la compassion envers les pauvres, et ta tranquillité se prolongera" (Daniel  4:26-27). Cette scène du livre de Daniel est à lire en entier ! Elle donne à comprendre ce que valent les choses qui passent : "Futilité complète, dit Qohéteth ("le prédicateur"), futilité complète, tout n’est que futilité !" (Ecclésiaste 1:2, 12:8) Futilité ! C’est bien ce que signifie le terme hébreu original : souffle léger, peu de chose !
 
Cette lettre écrite par Jérémie fait se superposer constamment le plan qui aujourd’hui est historique, celui de la chute de Babylone, et, comme en projection du premier, le plan messianique. Au premier plan l’échéance des soixante-dix années de Babylone, tandis qu’en fond se déploie le rétablissement promis à tout Israël. Pouvait-il en être autrement ? Juda s’en va en exil, mais les Dix tribus l’ont devancé sous les coups du roi d’Assyrie ! Et Dieu n’a-t-il pas parlé de salut pour le peuple tout entier ? La désolation de l’Assyrie vaincue sert de modèle à la chute de Babylone, mais celle-ci conduit le regard du prophète au temps du rétablissement des douze tribus !
 
Ézéchiel, dont le service à Babylone commencera quelques mois après la lecture de cette lettre, aura également en vue le rétablissement final de tout Israël, et cela dès les premiers jours de son service. Et se suivront dans son livre les oracles messianiques comme la scène majestueuse des ossements qui reprennent vie (Ézéchiel 37), la vue du Temple nouveau et celle des douze tribus disposées dans le pays de la promesse (Ézéchiel 40 à 48). De même Daniel comprit "le nombre d’années qui devait s’accomplir sur les ruines de Jérusalem, d’après la parole du Seigneur qui était parvenue à Jérémie, le prophète : soixante-dix années" (Daniel 9:2) ; et il exposa, dans cette page de son livre, une confession vraie, profonde. Daniel aussi fut conduit de ce plan rapproché – l’échéance annoncée par Jérémie – au plan grandiose du rétablissement d’Israël :

Soixante-dix semaines ont été fixées sur ton peuple et sur ta ville sacrée, pour faire cesser la transgression et mettre fin aux péchés, pour faire l’expiation de la faute et amener la justice pour toujours, pour sceller vision et prophète et pour conférer l’onction à un "très-sacré". (Daniel 9:24)
Soixante-dix semaines : il s'agit ici plutôt de "septaines", de périodes de sept ans, soit soixante-dix fois sept années.

Et que dire de Zacharie qui, au milieu des Juifs remontés de Babylone, encourageant à la construction du Second Temple, est saisi de visions annonçant le rétablissement du peuple tout entier : "Tout comme vous avez été malédiction parmi les nations, maison de Juda et maison d’Israël, de même je vous sauverai, et vous serez bénédiction. N’ayez pas peur, prenez courage !" (Zacharie 8:13). Un engagement de Dieu, rappel de la promesse faite à Abraham en qui seront bénies toutes les nations de la terre.
Genèse 22:17-18 : "Je te bénirai, et je multiplierai ta descendance comme les étoiles du ciel et comme le sable qui est au bord de la mer. Ta descendance prendra possession de villes de tes ennemis. Toutes les nations de la terre se béniront par ta descendance, parce que tu m’as écouté."


 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
Texte complet, avec notices historiques
et liens dynamiques avec les références citées, sur le site :
Que dit l'Évangile ?