03/12/2009

Jérémie. Le roi Sédécias


 

DIX ANS DE SURSIS
597-588
 
Avant le dernier siège de Jérusalem
(Jérémie 24, 27-29, 50-51)

 
LE ROYAUME DE SEDECIAS

La restauration sous Josias est loin maintenant ; il y a déjà onze années que ce roi fidèle mourut à Megiddo lorsque le Pharaon poursuivait sa course vers la Syrie ! Quatre années plus tard, en 605, Karkemish fut conquise par Nabuchodonosor, c’était la consécration de la puissance babylonienne… L’Egypte renaissante, celle du percement du canal du Nil à la Mer Rouge et dont les navires parcouraient le monde, a dû abandonner ses visées territoriales au nord. De puissance internationale, l’Égypte est réduite au rang d’un royaume convoité par plus puissant qu’elle. Perdant ses zones d'influence en Canaan et Syrie, elle réussit juste à arrêter les Babyloniens à Gaza. L’Égypte, refuge pour nombre de Judéens (44:26), pour combien de temps le sera-t-elle encore ?
 
Le Royaume de Juda quant à lui, est assujetti à Nabuchodonosor ! Un royaume bien affaibli après la déportation de Joïakîn et de milliers de Judéens, charpentiers et forgerons.

[A la place de Joïakîn,] le roi de Babylone investit de la royauté Mattania, son oncle, et il changea son nom en Sédécias. Sédécias avait vingt et un ans lorsqu'il devint roi ; il régna onze ans à Jérusalem. Le nom de sa mère était Hamoutal, fille de Jérémie, de Libna. Il fit ce qui déplaisait au Seigneur, exactement comme l’avait fait Joïaqim.
(2 Rois 24:17-19)

La vie de Sédécias n’avait pas commencé sous des auspices bien favorables. A la mort de Josias, son père, il avait onze ans, et vit son frère Joakhaz élevé sur le trône. Trois mois plus tard Joakhaz fut destitué et emmené prisonnier en Egypte. Son demi-frère Joïaqim, élevé à la royauté, vassal du Pharaon, poursuivit-il l’œuvre de leur père ? Non, l’œuvre de Josias est pour ainsi dire anéantie. Certes, le Temple est objet d’attention, et même un lieu de ferveur pour quelques-uns, mais les idoles réinvestirent rapidement les rues de Jérusalem et les villes de Juda (44:17).
 
A l’âge de quatorze ans, lors du premier siège de Jérusalem, Mattania – le futur Sédécias – dut bien prendre conscience de la puissance de Babylone. N’a-t-il pas vu des jeunes princes s’en aller comme otage ? Daniel et d’autres… A-t-il été sensible à ce qui restait de crainte de Dieu parmi le peuple, lorsque fut décrété un jour de jeûne, un an après ce premier siège de Babylone ? Comment a-t-il vécu ces années où il vit Joïaqim, à peine revenu de Babylone, rejeter effrontément la parole du prophète, jetant au feu le livre des paroles de Jérémie ? Et si même il ne l’a vu de ses yeux, il ne put l’ignorer ! Comme il ne put ignorer la fin abominable de Joïaqim, despote que nul ne pleura (22:18). Sa dépouille jetée au ravin, sans égard ! L’ensevelissement d’un âne ! Et son neveu, Joïakîn, à peine plus jeune que lui, parti dans les colonnes de l’exil… Parti avec les artisans, les techniciens, les hommes jugés utiles au grand roi Chaldéen !
 
Et que fut le règne de Sédécias ? Pauvre roi oscillant entre des pressions contradictoires ! Entre la tentation d’une coalition rebelle et l’empressement à montrer sa soumission à Babylone. Entre le sentiment de devoir écouter Jérémie, et sa lâcheté lorsque les princes décident de le jeter en prison…
 
*
* *

Et Jérémie ? Voilà trente ans qu’il est à la brèche ! Il avait vu le bâton d’amandier, le bois qui veille, et était pleinement convaincu : Dieu veille sur sa parole pour l’accomplir ! Cela tient au cœur du prophète, c’est pour cela qu’il vit, pour cela qu’il marche, pour cela qu’il parle et souffre… Mais il n’est pas au bout du chemin ! Le sait-il ? Le chaudron bouillant est prêt à se déverser du nord… Lors du périple à l'Euphrate avec la ceinture de lin, s’il y eût des témoins, ils ont pu se moquer du prophète… Mais aujourd’hui, il avait vu de ses yeux le déversement brûlant ! Et ce n’est pas fini ! Car Dieu ne lui a pas parlé d’une épreuve seulement, mais de déraciner, de démolir, de détruire, de renverser ! Le désastre annoncé n'en est qu'à sa deuxième phase, après la prise de pouvoir de Nabuchodonosor, en 605, et la déportation qui vient d’avoir lieu en cette année 597…
 
Que doit-il faire pour les Juifs exilés, et pour ceux restés au pays, et pour ceux qui ont fui en Egypte ? C'est une nouvelle situation pour le prophète. Vers qui doit-il aller, à qui doit-il parler ? Fera-t-il un choix, déterminera-t-il lui-même les priorités ? Non. Dans le plan de Dieu, ce n’est pas l’homme qui trace les routes…


 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
Texte complet, avec notices historiques
et liens dynamiques avec les références citées, sur le site :
Que dit l'Évangile ?

 

Jér.24:1 Deux corbeilles de figues


 

DEUX CORBEILLES DE FIGUES
Jérémie 24

Jérémie relate lui-même ce qui détermine ses actions et ses paroles au service d’un peuple aujourd’hui partagé entre les Judéens à Babylone et ceux en Judée. Il explique sans emphase ce qui est placé devant lui : "Le Seigneur me fit voir deux corbeilles de figues…" Une vision ? A moins que deux corbeilles ne se trouvassent effectivement là, devant le Temple ? Qu’il s’y trouve des corbeilles, ou qu’une image vienne à l’esprit du prophète, ou encore qu’il s’agisse d’un songe de la nuit, dans aucun cas cela ne pouvait venir à un esprit distrait, mais à un esprit préoccupé, un esprit qui s’interroge, un esprit qui ressent vivement le besoin d’une réponse. Et Jérémie, assurément, pense aux exilés de Babylone comme aux Judéens parmi lesquels il se trouve… La question est posée : "Que vois-tu, Jérémie ?" Un dialogue s’installe alors, clair, simple, entre le Seigneur et son serviteur :

Le Seigneur me dit : Que vois-tu, Jérémie ? Je répondis : Des figues. Les bonnes figues sont très bonnes, et les mauvaises sont très mauvaises ; on ne peut les manger tant elles sont mauvaises. (24:3)

Nous pouvons lire avec intérêt cette même question conduisant à la réflexion devant Dieu en Amos 7:8 et 8:2 ; Zacharie 4:2 et 5:2.

Il a vu juste ! Les figues bonnes sont très bonnes, quant aux autres, il n’y a pas de doute non plus.

Ainsi parle le Seigneur, le Dieu d'Israël : Comme ces bonnes figues, ainsi je regarderai favorablement les exilés de Juda que j'ai envoyés de ce lieu dans le pays des Chaldéens. Je veillerai à leur bonheur, et je les ramènerai dans ce pays ; je les bâtirai, je ne raserai pas ; je les planterai, je ne déracinerai pas. (24:5-6)

Il vaut la peine de s’arrêter sur de telles paroles. Dans la débâcle d’un peuple rebelle, Dieu – le seul Dieu, Dieu sur toutes choses – lie son nom au nom de son peuple Israël. Et affirme : Je regarderai favorablement les exilés de Juda. La victoire de Nabuchodonosor, sa puissance et l’exil de Juda sont des actes publics, chacun peut les constater et la science historique nous les confirme, mais Jérémie est introduit dans les choses qui ne peuvent se voir si elles ne sont révélées. Exil n’est pas rejet, mais discipline, formation de disciples, le chemin par lequel des hommes vont entrer dans la connaissance du Seigneur. Et "connaissance" n'est pas seulement connaître l'existence et la toute-puissance de Dieu, pour cela la création à elle seule est éloquente, mais cela signifie accéder à sa pensée, laquelle Il veut nous révéler. Connaissance est aussi proximité, présence dans le lieu de la bénédiction, ce lieu fermé si Dieu n’en ouvrait l’accès (Genèse 3:24) ! N’est-ce pas ce que Moïse a exprimé dans son cantique, sitôt le peuple sorti d’Égypte :

Tu les amèneras et tu les planteras dans la montagne de ton patrimoine, au lieu que tu as préparé pour y habiter, Seigneur ; au sanctuaire, Seigneur, que tes mains ont établi. (Exode 15:17)

Introduire l’homme dans sa présence est la finalité de l’œuvre de la création elle-même, et son aboutissement, selon ces paroles prononcées en Juda quelque décennies plus tôt, au temps de la jeunesse du roi Josias :

En ton sein, le Seigneur, ton Dieu, est un héros sauveur ; il fera de toi se plus grande joie ; il gardera le silence dans son amour ; il poussera des cris d’allégresse à ton sujet. (Sophonie 3:17)

Ces paroles de Sophonie expriment le côté de Dieu, son but et sa joie, tandis que les paroles à Jérémie présentent l’opération de Dieu dans l’homme :

Je leur donnerai un cœur pour qu'ils sachent que je suis le Seigneur (YHWH). Ils seront mon peuple, et moi, je serai leur Dieu, s'ils reviennent à moi de tout leur cœur. (24:7)

De tout leur cœur ! Non une effusion sentimentale, mais un engagement conscient dans une voie que l’on sait devoir suivre ; un engagement de l’homme dans la voie de la sagesse !
Le cœur, pour les peuples sémites et donc dans leurs diverses langues, est le siège de toute l’activité consciente, aussi bien intellectuelle qu’affective. Sagesse du cœur et intelligence sont synonymes.
Ici, Dieu s’engage en disant : "Je donnerai". Un propos non soumis aux méandres de l’histoire de l'humanité, mais une œuvre au résultat assuré, une promesse ferme, le résultat du travail de Dieu. La débâcle de Juda, n’est pas synonyme d’abandon, car la défaite de l’homme n’est pas une défaite de Dieu !
 
L’autre panier maintenant ! Les figues que l’on ne peut manger ! Ce sont des paroles sévères entre toutes !

Quant aux mauvaises figues qu'on ne peut manger tant elles sont mauvaises, ainsi parle le Seigneur : C'est ainsi que je traiterai Sédécias, roi de Juda, ses princes et le reste de Jérusalem, ceux qui sont restés dans ce pays et ceux qui habitent en Egypte. Je ferai d'eux un sujet de terreur, un malheur, pour tous les royaumes de la terre, un sujet d'outrage, de fable, de raillerie et de malédiction dans tous les lieux où je les bannirai. J'enverrai parmi eux l'épée, la famine et la peste, jusqu'à ce qu'ils aient disparu de la terre que je leur avais donnée, ainsi qu'à leurs pères. (24:8-9).

Il n’y a dans ce panier rien qui puisse réjouir ! Non pas que tous les hommes qui restent à Jérusalem et en Juda soient réprouvés, mais globalement, ceux qui restent en Judée courent à la ruine. Terrible entrée en matière pour Jérémie, tandis que commence le règne de Sédécias ! Le chemin est tracé. Le temps n’est plus d’espérer que soit différée l’épreuve de l’exil, mais d’accepter la sentence et de porter un regard de foi sur le travail de Dieu !
 
Ainsi nous voyons Jérémie adresser aux exilés des messages encourageants, leur rappeler le plan salvateur fondé sur la venue du Messie, et, de l’autre côté, prononcer avertissements sur avertissements à Sédécias et aux nations, les mauvais voisins (12:14) qui manifestent des velléités de révolte contre le roi de Babylone. Quant aux réfugiés en Egypte, ils auront à apprendre la précarité de leur abri.


 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
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Jér.29:1 Lettre de Jérémie aux exilés (1/2)


 

LETTRE DE JEREMIE AUX EXILES
Jérémie 29

Les paniers de figues sont à l’esprit de Jérémie lorsqu’une occasion se présente d’adresser un message aux exilés. Pour une raison quelconque assurément bien en relation avec sa vassalité, Sédécias envoie une mission auprès de Nabuchodonosor. Parmi les hommes envoyés se trouvent Elhasça, un des fils de Shaphân, scribe qui fut au service de Josias, et Guemaria, fils de Hilqiya, grand-prêtre sous Josias. Ces deux notables ont la confiance de Jérémie et il les charge d'une lettre destinée aux exilés. Ce sera le premier contact de Jérémie avec les déportés à Babylone ; nous devrions la situer au début de l’exil, soit fin 597 ou début 596.


Lettre de Jérémie - 29:4-23

Courte lettre, mais combien instructive ! La corbeille de figues bonnes à manger, la racine du peuple qui sera restauré est là, à Babylone ! Ainsi Celui qui veille sur eux leur adresse par Jérémie les encouragements dont ils ont bien besoin. Les exilés y sont exhortés à vivre au milieu des étrangers dans l’attente patiente de l’intervention de Dieu.

Bâtissez des maisons et habitez-les ; plantez des jardins et mangez-en le fruit. Mariez-vous et engendrez des fils et des filles ; mariez vos fils et donnez vos filles en mariage, pour qu'elles mettent au monde des fils et des filles ; multipliez-vous là où vous êtes et ne diminuez pas. (29:5-6)

Les circonstances sont adverses. Ils ont tout perdu, leurs maisons et leurs champs. Les familles sont divisées. Mais le fait même de cette lettre, du chemin de vie qui leur est présenté de la part de leur Dieu, leur fournit un gage de cette grande et précieuse réalité : Dieu a son regard sur eux ! Et les relations avec la population qui les entoure doivent être positives. Ils sont appelés à être un peuple séparé, mais non opposé, un peuple étranger, mais veillant à la paix autour d’eux, "car dans sa paix sera votre paix" (29:7) est-il écrit ! Enseignement fondamental pour le peuple de Dieu disséminé dans un monde qui n’est pas le sien.
1 Timothée 2:1-3 : "J'encourage donc, en tout premier lieu, à faire des requêtes, des prières, des supplications et des actions de grâces pour tous les humains, pour les rois et pour tous ceux qui occupent une position d’autorité, afin que nous puissions mener une vie paisible et tranquille, en toute piété et en toute dignité. Cela est beau et agréé de Dieu, notre Sauveur…"

Ombre au tableau : les faux prophètes ! Une réalité permanente. Car, pour le croyant, il n’y a ni temps ni lieux où ne se manifestent des hommes qui s’emparent des images de la foi pour les traduire en religion d’homme pour leur propre satisfaction, faisant d’elle un boulevard pour l’accession à leurs ambitions personnelles. A Jérusalem déjà, notamment au temps de Joïaqim, ces gens étaient de connivence en se disant les uns aux autres : "J'ai fait un rêve ! J'ai fait un rêve !" (23:25) Et ils séduisaient le peuple. Ces personnes ne se sont pas trouvé désarmées par le fait de l’exil qui, en toute logique devait anéantir leurs fausses annonces de paix ! Le discours mensonger se coule dans le gouffre de la crédulité, car le peuple "aime qu'il en soit ainsi !" (5:31) Ils continuent à Babylone même, et le prophète avertit sévèrement avec un leitmotiv : avant tout, mettre en garde.

Ne vous laissez pas tromper par vos prophètes, ceux qui sont parmi vous, ni par vos devins ; ne prêtez pas attention aux rêves que vous faites ! (29:8)

Il rappelle ce message que Jérusalem et Juda ont pu entendre en l’an 605, huit ans avant la déportation :

Mais ainsi parle le Seigneur : Dès que soixante-dix ans seront écoulés pour Babylone, j'interviendrai pour vous et je réaliserai à votre égard ma bonne parole en vous ramenant en ce lieu. Je connais, moi, les plans que je prépare à votre intention – déclaration du Seigneur – non pas des plans de malheur, mais des plans de paix, afin de vous donner un avenir et un espoir. (29:10-11)

Quand cette lettre est lue à Babylone, le compte à rebours de la puissance chaldéenne est passé de soixante-dix à cinquante-huit ans.
Cette durée sépare l’intronisation de Sédécias de la proclamation de l’édit de Cyrus établissant la possibilité offerte de remonter à Jérusalem.
Les exilés reçoivent ici une parole de consolation qui a pu être ressentie comme une véritable révélation à beaucoup d’auditeurs désolés : les pensées de leur Dieu ne sont pas sanction, rejet, abandon, mais des plans de paix, afin de vous donner un avenir et un espoir. C’était leur dire : "ne jugez pas des circonstances dans leurs effets immédiats, dans l’apparence d’une impasse, car Je suis là ; J’ai permis, parce que Je veux vous conduire à des rivages que vous ne pourriez atteindre si Je ne prenais le gouvernail…"


 
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"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
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Jér.29:12 Lettre de Jérémie aux exilés (2/2)


 

LETTRE DE JEREMIE AUX EXILES (suite)

Alors, vous m'invoquerez, et vous pourrez partir; vous me prierez, et je vous entendrai. Vous me rechercherez et vous me trouverez, car vous me chercherez de tout votre cœur. Je me laisserai trouver par vous – déclaration du Seigneur – et je rétablirai votre situation ; je vous rassemblerai de toutes les nations et de tous les lieux où je vous ai bannis, – déclaration du Seigneur – et je vous ramènerai en ce lieu d'où je vous ai exilés. (29:12-14)
Psaume 107:28-30 : "Dans la détresse, ils crièrent au Seigneur, et il les fit sortir de leur désarroi. Il arrêta, calma la tempête, et les flots se turent. Ils se réjouirent de ce qu’ils s’étaient apaisés et il les conduisit au port désiré."

La clé n’est-elle pas dans ces paroles ? Quitter l'idée d'une attente illusoire de prospérité qui devrait résulter d’une profession de foi, d’un attachement religieux ou d’une quelconque forme de superstition… Au contraire, s’engager dans une foi adulte et responsable, un réel engagement de vie. Avoir foi, c’est obéir ! C'est être attaché à la pensée de Dieu, la rechercher pour la mettre en pratique !
Le terme même de "foi" trouve sa racine étymologique dans le mot "fidélité". Marcher par la foi est bien autre chose que de croire seulement…
Luc 11:9-13 : "Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira… à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t’il l’Esprit saint à ceux qui le lui demandent ! "
Jacques 1:5 : Si l’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu qui donne à tous généreusement et sans faire de reproche, et elle lui sera donnée !
Le prophète n’avait-il pas exhorté, au temps de Josias ? "Ne mettez pas votre confiance dans les paroles mensongères : C'est ici le temple du Seigneur, le temple du Seigneur, le temple du Seigneur !" (7:4) L’objet de la fausse confiance leur sera ôté, pour qu’ils s’attachent à Celui que le prophète appelle : "Seigneur, espérance d'Israël" (17:13).
Matthieu 24:2 : "En vérité, je vous dis, il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée."
Et un jour leurs fils ou les fils de leurs fils entendront l’appel : "Sortez de Babylone, fuyez d’entre les Chaldéens ! Avec des cris de joie annoncez-le, faites le entendre…" (Ésaïe 48:20)
L’appel cité, Livre d’Ésaïe chapitres 40 à 48, a été écrit vers la fin de l’exil, à Babylone. Ces pages sont adressées aux exilés de Juda ; elles constituent une exhortation à se préparer à monter à Jérusalem lorsque Cyrus en promulguera l’invitation.
C’est la conclusion de l'important discours qui commence par ces mots : "Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. Parlez au cœur de Jérusalem, criez-lui que son combat est terminé, qu’elle s’est acquittée de sa faute, qu’elle a déjà reçu du Seigneur le double pour tous ses péchés. Quelqu’un crie : Dans le désert, frayez le chemin du Seigneur ! Aplanissez une route pour notre Dieu dans la plaine aride ! … Alors la gloire du Seigneur se dévoilera, et tous la verront ensemble – c’est la bouche du Seigneur qui parle." (Ésaïe 40:1-5)
 
Mais, en ces temps du début de l’exil, tandis que nombre de leurs frères demeuraient encore à Jérusalem, Jérémie peut craindre que les déportés soient séduits ! Il leur communique alors la vision du panier de mauvaises figues (29:17). Il avertit de la ruine à venir, souligne les mensonges des faux prophètes, exhorte les déportés à ne pas se bercer d’illusions, à ne pas tourner un regard d’envie vers leurs frères qui sont demeurés à Jérusalem et en Juda :

Voici ce que dit le Seigneur …, à vos frères qui ne sont pas allés avec vous en exil ; ainsi parle le Seigneur (YHWH) des Armées : J'envoie parmi eux l'épée, la famine et la peste, et je les rendrai semblables à des figues éclatées qui ne peuvent être mangées tant elles sont mauvaises. (…) parce qu'ils n'ont pas écouté mes paroles, – déclaration du Seigneur – eux à qui j'ai envoyé mes serviteurs, les prophètes, à qui je les ai envoyés, inlassablement ; vous n'avez pas écouté – déclaration du Seigneur. (29:16-19)

C'est pour leur faire comprendre : "Je suis avec vous pour vous bénir ! Ne vous égarez pas à soupirer après un passé révolu !"
 
Deux faux prophètes sont cités : un certain "Achab, fils de Qolaya, et Sédécias, fils de Maaséya, le propre frère du grand-prêtre qui officie à Jérusalem sous le nom de "Sophonie, fils de Maaséya", homonyme du prophète, mais loin d’être un homme de Dieu… Combien est séduisante leur parole disant : "le temps de l’exil ne sera pas long" ! C’est sur ce thème qu’ils combattent Jérémie (29:28). Et, pour leurs auditeurs, ceux qui aiment les paroles douces et lénifiantes, quelle importance leur immoralité, bien dans la droite ligne des fils d’Eli au temps du jeune Samuel (1 Samuel 2:22)… La main de Dieu interviendra pour les faire taire car, pour ce peuple en difficulté, les faux espoirs ne sont-ils pas générateurs de désespérance ? Leur comportement, leurs infamies...

Je le sais et j'en suis témoin – déclaration du Seigneur. (29:23)

Et Dieu agit ! Son bras, pour faire taire les faux prophètes, sera le service de police de Babylone. Dans le cadre de leur mission de maintient de l'ordre, ils ne laisseront pas se propager parmi les exilés des pensées de retour, un ferment de révolte contre l'autorité du roi…
 
Cette missive ne fut pas sans réactions. Un auditeur parmi les déportés envoya lettres sur lettres à Jérusalem pour que l’on y sévisse contre Jérémie…


 
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Jér.29:24 Suites de la lettre de Jérémie


Suites du courrier - 29:24-32

Par ses multiples lettres au grand-prêtre Sophonie, Shemaya, à Babylone, le met en demeure de réagir contre le prophète :

Tu as été établi afin d’exercer une surveillance dans la maison du Seigneur et que tu fasses mettre aux entraves et au carcan tout homme qui délire et fait le prophète. (29:26)

C’était effectivement une prérogative des responsables du Temple, souvenons-nous de Pashhour qui jeta Jérémie au bloc (20:2). Dans sa lettre, Shémaya invective le grand-prêtre : Pourquoi donc n'as-tu pas rabroué Jérémie l'Anatotite, qui fait le prophète parmi vous ? (29:27)
 
Jérémie est convoqué. "Sophonie, le prêtre, lut cette lettre à Jérémie, le prophète" (29:29). Simple lecture, semble-t-il. Le grand-prêtre ne paraît pas s’engager personnellement dans cette affaire. Ce qui se passe à Babylone est bien loin pour ceux de Jérusalem !
 
Jérémie, quant à lui, quitte le Temple sans une parole. Il est rare d’ailleurs qu’il réponde lorsqu’on l’accable. Pour lui, en toute logique, c’est vis à vis de ce Shemaya à Babylone que les choses doivent se passer, car c’est là que se trouvent ceux qui risquent de l’écouter, car cet homme aussi se présente comme prophète. Alors, il leur écrit une nouvelle lettre, leur exprimant, de la part de son Dieu :

Je vais faire rendre des comptes à Shemaya de Néhélam et à ses descendants; aucun des siens n'habitera au milieu de ce peuple, et il ne verra pas le bien que je ferai à mon peuple, – déclaration du Seigneur – Car il a appelé à la subversion contre le Seigneur. (29:32).

Dieu, le Dieu de miséricorde, regarde au troupeau, et aux faibles du troupeau.

Mon peuple était un troupeau de moutons perdus ; leurs bergers les égaraient, ils les faisaient tourner en rond dans les montagnes ; ils allaient de montagne en colline, oubliant le lieu de leur repos. (50:6)

Jérémie est toujours à la tâche ! Par ses missives, il veut convaincre les déportés du fait que le temps de la puissance de Babylone est déterminé, afin que, pénétré que Dieu est au-dessus de toutes ces circonstances, ils vivent leur déportation dans la paix et la confiance autant qu'il leur est possible ! Et, à Jérusalem, il avertit encore et encore de la vanité de s'opposer à cette puissance ; il lutte contre les illusions de délivrances… Le travail de Jérémie ne s'arrête pas !


 
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