10/10/2011

Daniel 1:1 Le Livre de Daniel


 

DANIEL ET SES COMPAGNONS
DANIEL 1

 
La mort du fidèle roi Josias lors d’un combat contre le Pharaon – un combat qu’il n’aurait jamais dû entreprendre – a plongé le royaume de Juda dans une spirale d’épreuves à la mesure du déclin moral qui s’y déclara (2 Rois 23:29). Joakhaz, deuxième fils de Josias, désigné roi par les notables de Juda, est rapidement démis par le Pharaon, lequel désigna Elïakim, fils aîné de Josias, dont il change le nom en Joïaqim, signe d’assujettissement. Mais le monde est en train de basculer, et, tandis que le Pharaon veut prendre sa part des dépouilles de l’empire assyrien, il est vaincu par Nabuchodonosor à Karkemish, au nord de la Syrie actuelle. A peine roi, ce dernier prend possession de la terre d’Israël, désirant faire de Juda un royaume vassal et réduire ainsi la zone d’influence du Pharaon à son seul pays.
 
En 605, Le roi Joïaqim est conduit à Babylone, d’où il reviendra après un acte de soumission à Nabuchodonosor (2 Rois 24:1-7), et des jeunes gens nobles et instruits sont menés à la cour du roi de Babylone comme signe et gage de la soumission de Juda. Que purent penser, ressentir, ces jeunes gens quittant ainsi brutalement leur famille, leur pays, leurs coutumes ? C’est sans doute la question la plus intéressante de ces récits, car elle illustre la situation de tout croyant aujourd’hui, ayant à vivre dans un monde qui lui est étranger.
 
C’est donc d’une situation historique avérée que vient l’histoire de Daniel et de ses compagnons ; un récit édifiant qui nous montre, entre autres choses, comment se comporter dans un monde semé d’embûches, dans un climat délétère qui pourrait paraître trop puissant pour la résistance de jeunes gens peu préparés à un tel cadre de vie.  Nous voyons qu’il n’y a aucune action pour tenter de corriger l’incorrigible, à savoir le climat de la cour du roi, mais la foi personnelle de ces jeunes gens brille de tout son éclat, alors que les épreuves ne manquent pas en raison même de leur fidélité à Dieu, et malgré les gestes d’apaisement réitérés venant de Daniel ; cet homme de foi n’a-t-il pas calmé la colère du roi à l’égard de personnages pour la plupart idolâtres, et sans doute, pour certains, plongés à satiété dans le climat corrompu de la cour royale.

1  1 La troisième année du règne de Joïaqim, roi de Juda, Nabuchodonosor, roi de Babylone, vint à Jérusalem, et l’assiégea. 2 Le Seigneur lui livra Joïaqim, roi de Juda, et une partie des ustensiles de la maison de Dieu. Il les emmena au pays de Shinéar dans la maison de ses dieux : il fit porter les objets dans le trésor de ses dieux.

3 Le roi ordonna à Ashpenaz, chef de ses ministres, d’amener, d’entre les Israélites de la descendance royale et de familles de dignitaires, 4 des jeunes gens sans défaut corporel, beaux de visage et instruits en toute sagesse, ayant des connaissances et entendus en science, qui fussent aptes à se tenir dans le palais du roi ; à ceux-ci on apprendrait les lettres et la langue des Chaldéens. 5 Le roi leur assigna pour chaque jour une portion des mets délicats du roi et du vin qu’il buvait, pour les élever pendant trois années, au bout desquelles ils se tiendraient devant le roi. 6 Il y avait parmi eux, d’entre les Judéens, Daniel, Hanania, Mishaël et Azaria. 7 Le chef des ministres leur imposa des noms : à Daniel celui de Belteshatsar, à Hanania celui de Shadrac, à Mishaël celui de Méshac et à Azaria celui d’Abed-Nego.

Les jeunes gens reçurent de nouveaux noms, ce qui exprime qu’ils doivent prendre du recul d’avec leur nation pour être plus fermement des gens de la cour royale de Babylone, sans que l’on puisse voir là quelque animosité contre les jeunes hébreux, et nous pourrions même dire que c’est bien le contraire. Mais pour eux, enfreindre les interdits alimentaires et transiger avec la sobriété requise d’un Hébreu, ce serait un signe d’abandon de l’Éternel lui-même, un abandon de l’Alliance.

Tenons bien compte du fait que les interdits alimentaires sont un signe de l’alliance d’Israël, mais, selon la sagesse des Juifs, les nations ne sont pas tenues par cette règle. Les nations sont appelées à respecter les "Lois Noahides" (ou "de Noé"), des normes de justice et d’équité auxquelles s’ajoutent un seul interdit alimentaire, à savoir l’interdit de consommer du sang ou des viandes d’animaux qui n’ont pas été saignés : "Tout ce qui se meut, qui est vivant, vous sera pour nourriture ; comme l'herbe verte, je vous donne tout. Seulement, vous ne mangerez pas la chair avec sa vie, c'est-à-dire son sang" (Genèse 9:3-4). Ceci, nous le retrouvons dans les prescriptions aux chrétiens : "qu'ils s'abstiennent des souillures des idoles, et de la fornication, et de ce qui est étouffé, et du sang" (Actes 15:20). Par ailleurs, la modération quant aux boissons fortes – autre demande des jeunes Hébreux – parcourt toute l’Ecriture, non comme une loi explicite – sinon dans le service sacerdotal (Lévitique 10:9) – mais est un chemin de sagesse car : "le vin est moqueur, la boisson forte est tumultueuse, et quiconque s'y égare n'est pas sage." (Proverbes 20:1).

Les jeunes gens considèrent avec raison qu’ils se souilleraient en acceptant le bon traitement dont ils devraient être bénéficiaires. Et ainsi ils suscitent bien naturellement de l’incompréhension… Mettons-nous à la place de l’intendant !

8 Daniel arrêta dans son cœur de ne pas se souiller avec les mets délicats du roi et le vin qu’il buvait, et il supplia le chef des ministres de ne pas l’obliger à se souiller. 9 Dieu accorda à Daniel faveur et compassion de la part du chef des ministres ; 10 Le chef des ministres dit à Daniel : Je crains le roi, mon seigneur, qui a fixé ce que vous devez manger et boire ; pourquoi vous trouverait-il moins bonne mine qu’aux autres jeunes gens de votre âge ? Vous me feriez risquer ma tête devant le roi. 11 Alors Daniel dit à l’intendant auquel le chef des ministres avait confié la surveillance de Daniel, Hanania, Mishaël et Azaria : 12 Nous sommes tes serviteurs, mets-nous à l’épreuve pendant dix jours et qu’on nous donne des légumes à manger et de l’eau à boire ; 13 ensuite on regardera en ta présence notre mine et la mine des jeunes gens qui mangent les mets délicats du roi, et tu agiras avec tes serviteurs d’après ce que tu verras. 14 Il leur accorda ce qu’ils lui demandaient et les mit à l’épreuve dix jours. 15 Au bout de dix jours, ils avaient meilleure mine et étaient mieux portants que tous les jeunes gens qui mangeaient les mets délicats du roi. 16 Dès lors l’intendant ôta de leur repas les mets délicats et le vin, et leur donna des légumes.

17 Et à ces jeunes gens, aux quatre, Dieu donna de la connaissance et du discernement dans toutes les lettres et dans toute la sagesse ; Daniel avait de l’intelligence en toute vision et dans les songes. 18 Au terme fixé par le roi pour les leur amener, le chef des ministres les conduisit à Nabuchodonosor. 19 Le roi s’entretint avec eux, et entre eux tous il n’en fut trouvé aucun comme Daniel, Hanania, Mishaël et Azaria. Ils se tinrent donc devant le roi. 20 Sur tous les sujets qui réclamaient de la sagesse et de l’intelligence, et sur lesquels le roi les interrogeait, il les trouva dix fois supérieurs à tous les mages et les enchanteurs qui étaient dans tout son royaume. 21 Telle fut la vie de Daniel jusqu’à la première année du roi Cyrus.

Il faut remarquer la bonne disposition de l’intendant, et cela reflète bien ce qui nous trouvons tous les jours dans la société des hommes ; mais il y a de l’incompréhension face à la fidélité telle que celle de Daniel et ses compagnons. Pourquoi se privent-ils ainsi de ce qui paraît bien objectivement un privilège ? Par la suite, nous verrons un autre esprit, celui-là tout aussi courant : la jalousie. Et le désir de demeurer fidèle peut conduire quelques fois à un véritable opprobre, voire la persécution. Mais, par contre, il n’y a dans le chef de Daniel et de ses compagnons, aucun esprit de jugement à l’encontre de ceux qui les entourent.
 
Le rédacteur poursuit en écrivant : "Telle fut la vie de Daniel". Il nous montre ainsi la constance d’un engagement dans le chemin de la foi ; un jeune homme ayant ainsi fondé sur le roc ses principes de vie (Matthieu 7:24-25). Dans la fraîcheur d’un réel attachement à l’Éternel, à l’âge où il faut choisir son chemin, il avait "arrêté dans son cœur de ne pas se souiller avec les mets délicats du roi et le vin qu’il buvait" (1:8). Un modèle, assurément.
 
Regardant aux circonstances exceptionnelles, aux délivrances extraordinaires, n’oublions toutefois pas que ce récit édifiant nous conduit dans le merveilleux. Bien des croyants ont manifesté une grande fidélité à toutes les époques de l’histoire, et aujourd’hui encore, car en certaines contrées la persécution n’a pas cessé ; nombreux sont ceux qui traversent des épreuves terribles et qui ne connaissent pas de délivrances extraordinaires. C’est pourquoi il est écrit : "Mais je vous dis à vous, mes amis : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui après cela ne peuvent rien faire de plus ; mais je vous montrerai qui vous devez craindre : craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter dans la géhenne : oui, vous dis-je, craignez celui-là." (Luc 12:4-5). Là, nous sommes devant les réalités de la vie. Le récit de Daniel illustre en des termes frappants, et touchants, l’approbation divine des hommes qui expriment leur confiance en lui, "Si quelqu'un me sert, qu'il me suive ; et où je suis, moi, là aussi sera mon serviteur : si quelqu'un me sert, le Père l'honorera" (Jean 12:26), mais il n’est pas une promesse de protection de la vie des croyants.


 

 
 
 
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23:00 Écrit par Eric dans Daniel 1 à 6, LE LIVRE DE DANIEL | Commentaires (0)

Daniel 2:1 Le Colosse aux pieds d'argile (1/3)


 

LE COLOSSE AUX PIEDS D'ARGILE
DANIEL 2

 
S’il est une figure célèbre, c’est bien le « Colosse aux pieds d’argile. » Un songe extraordinaire qui précipita Nabuchodonosor dans un trouble majeur. Cette vision est un résumé saisissant des quatre empires qui se succéderont, à commencer par Babylone, symbole de la puissance des nations de la terre, image forte, aussi, de l’idolâtrie du monde, depuis la Babel de la Genèse jusqu’à la puissance appelée Babylone la Grande (Genèse 11:9, Apocalypse 14:8).

Il fallait que le royaume de Nabuchodonosor soit bien affaibli pour qu’en termes si clairs sa fin soit annoncée. Durant le règne du grand roi, les exilés n’osaient pas même prononcer une parole qui parut défier sa puissance, et l’on trouve même dans la Bible une expression « codée » permettant de citer le pouvoir sans prononcer son nom, la mention de « Shéshac » pour évoquer « Babel » (Jérémie 25:26, 51:41).

Ce récit édifiant trouve sa place ici, répondant à l’engagement de foi, à la fidélité de Daniel et de ses compagnons. Il faut ici rappeler que la foi n’est pas la peur de Dieu, dans l’ignorance, mais la connaissance de Dieu et l’adhésion volontaire au projet divin pour l’homme, dans la confiance en ce fait que chacun est sous Son regard. Cette réalité est soutenue par l’avenir messianique, la pierre venant du ciel achevant ainsi le cours du « temps des nations » (Ézéchiel 30:3, Luc 21:24), le temps de la responsabilité de l’homme. Ainsi, ce tableau partant du « colosse aux pieds d’argile » trouve sa place en écho direct du précédant, celui de la foi, celui de la fidélité.


Le songe de Nabuchodonosor - 2:1-13

Les trois années de formation à la cour du roi de Babylone ne sont pas achevées qu’une circonstance exceptionnelle va faire sortir de l’ombre le jeune Daniel. Il n’est pas connu, il n’appartient pas au corps des "mages, enchanteurs, magiciens et chaldéens", ces derniers étant probablement les dépositaires des pratiques religieuses spécifiquement babyloniennes, c’est-à-dire chaldéennes, à savoir l’astrologie.

2  1 La deuxième année de son règne, Nabuchodonosor fit des songes. Son esprit fut troublé, et son sommeil le quitta. 2 Le roi fit appeler des mages, des enchanteurs et des magiciens, des chaldéens, pour exposer au roi ses songes. Ils vinrent et se présentèrent devant le roi. 3 Le roi leur dit : J’ai eu un songe et mon esprit est troublé, parce que je voudrais comprendre ce songe. 4a Les Chaldéens répondirent au roi, en langue araméenne :

4b Ô roi, vis à jamais ! Dis le songe à tes serviteurs, et nous en donnerons l’interprétation. 5 Le roi répondit et dit aux chaldéens : La chose est par moi prononcée : si vous ne me faites pas connaître le songe et son interprétation, vous serez mis en pièces et vos maisons seront réduites en tas d’immondices ; 6 mais, si vous me dites le songe et son interprétation, vous recevrez de ma part des dons, des présents et de grands honneurs. Indiquez-moi donc le songe et son interprétation. 7 Ils répondirent pour la seconde fois et dirent : Que le roi dise le songe à ses serviteurs et nous en indiquerons l’interprétation. 8 Le roi reprit et dit : Je sais très certainement que vous voulez gagner du temps, parce que vous voyez que la chose est par moi décrétée ; 9 si vous ne me faites pas connaître le songe, il y aura une seule et même sentence pour vous, car vous avez préparé une parole mensongère et perverse pour la dire devant moi en attendant que les temps changent. Aussi dites-moi le songe et je saurai que vous pouvez m’en donner l’interprétation. 10 Les chaldéens répondirent au roi : Il n’est personne sur la terre qui puisse faire ce que demande le roi demande ; c’est pourquoi aucun roi, quelque grand et puissant qu’il fût, n’a demandé chose pareille d’aucun mage, enchanteur ou chaldéen ; 11 ce que demande le roi est difficile, il n’y a personne qui puisse le dire au roi, sinon les dieux, dont la demeure n’est pas parmi les êtres charnels.

Ici, curieusement, le texte des Massorètes ne reprend pas en langue hébraïque, et ce sera ainsi jusqu’à la fin du chapitre 7. Il ne doit pas y avoir d’autre raison que le fait que les Massorètes n’auraient pas eu de texte hébreu à disposition pour cette portion importante du livre de Daniel, et que, dans leur fidélité à la mission de conservation des textes bibliques qu’ils se sont donnée, ils n’entreprirent pas eux-mêmes une traduction en langue hébraïque.

12 Là-dessus, le roi entra dans une violente colère. Il ordonna de faire disparaître tous les sages de Babylone. 13 Le décret fut promulgué, les sages devaient être mis à mort, et l’on vient chercher Daniel et ses compagnons pour les mettre à mort.

Le récit fait état d’une demande exorbitante… Mais, pensons, le roi se trouve animé d’une immense émotion, ce songe le trouble mais il n’en connaît pas la signification. Communiquant sa vision, il ne manquerait pas d’entendre des interprétations, mais comment pourrait-il s’y fier ? Il est le mieux placé pour pressentir l’opportunisme des courtisans. Nabuchodonosor, un potentat intelligent, exige et menace, et la menace est alors mise à exécution, et avec zèle, car elle touche même ces jeunes gens qui sont au début de leur formation dans les sciences et les coutumes des Chaldéens. Ici intervient Daniel.


 

 
 
 
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Daniel 2:14 Le Colosse aux pieds d'argile (2/3)


 

L’intervention de Daniel - 2:14-30

C’est un homme très jeune qui se trouve face à cette situation périlleuse. Et il ne craint pas de demander une entrevue au roi pour obtenir un délai… Il sait ce qu’il fera de ce temps, car il sait en qui il a mis sa confiance !

14 Alors Daniel répondit avec prudence et avec sens à Arioc, chef des gardes du roi, qui était sorti pour mettre à mort les sages de Babylone. 15 Il dit à Arioc, le grand officier du roi : Pourquoi ce décret du roi est-il si rigoureux ? Alors Arioc exposa l’affaire à Daniel. 16 Alors Daniel se rendit auprès du roi et le pria de lui accorder un délai pour donner au roi l’interprétation. 17 Ensuite Daniel rentra chez lui et informa Hanania, Mishaël et Azaria, ses compagnons, 18 pour implorer la compassion du Dieu des cieux au sujet de ce mystère, afin qu’on ne fisse pas disparaître Daniel et ses compagnons avec le reste des sages de Babylone.

Une supplication s’élève vers Dieu, quatre jeunes gens sont unis dans cette demande, ce qui rappelle cette parole qui sera prononcée bien plus tard : "Je vous dis encore que si deux d’entre vous sont d’accord sur la terre pour une chose quelconque, quelle que soit la chose qu’ils demanderont, elle sera faite pour eux par mon Père qui est dans les cieux ; car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux." (Matthieu 15:19-20). Les ressources de la foi sont universelles, ici la prière ; seul varie le cadre dans lequel elles se manifestent.

19 Alors le mystère fut révélé à Daniel dans une vision, pendant la nuit. Alors Daniel bénit le Dieu des cieux. 20 Daniel dit : Béni soit le nom de Dieu, d’éternité en éternité ! La sagesse et la puissance sont à lui, 21 c’est lui qui change les temps et les circonstances, qui renverse les rois et établit les rois, qui donne la sagesse aux sages et la connaissance à ceux qui ont de l’intelligence. 22 C’est lui qui révèle ce qui est profond et caché, qui connaît ce qui est dans les ténèbres, et la lumière demeure avec lui. 23 Toi, Dieu de mes pères, je te célèbre et je te loue pour la sagesse et la force que tu m’as données, car tu m’as fait connaître ce que nous t’avons demandé, nous ayant fait connaître l’affaire du roi.

24 Après cela Daniel se rendit auprès d’Arioc à qui le roi avait ordonné de faire périr les sages de Babylone. Il alla lui dire : Ne fais pas disparaître les sages de Babylone ; conduis-moi devant le roi, et je donnerai au roi l’interprétation. 25 Alors Arioc fit entrer Daniel en hâte devant le roi, et lui parla ainsi : J’ai trouvé un homme, des fils de la captivité de Juda, qui fera connaître au roi l’interprétation. 26 Le roi demanda à Daniel, qu’on appelait Belteshatsar : Peux-tu me faire connaître le songe que j’ai vu et son interprétation ? 27 Daniel répondit devant le roi : Le mystère que le roi demande, les sages, les enchanteurs, les devins, les augures, n’ont pu l’indiquer au roi ; 28 mais il y a un Dieu dans les cieux qui révèle les mystères et qui a fait connaître au roi Nabuchodonosor ce qui arrivera à la fin des jours. Ton songe et les visions de ta tête, sur ton lit, les voici ! 29 Toi, ô roi, des pensées te sont venues, sur ton lit, touchant ce qui doit arriver ci-après, et celui qui révèle les secrets te fait savoir ce qui va arriver. 30 Et quant à moi, ce n’est pas par quelque sagesse qui soit en moi plus qu’en tous les vivants, que ce mystère m’a été révélé, mais c’est afin que l’interprétation soit donnée au roi et que tu connaisses les pensées de ton cœur.

Comparons Arioc, l’officier du roi, et Daniel, le jeune croyant. L’un déclare "j’ai trouvé un homme…", tandis que l’autre donne toute la gloire à Dieu !
 
Nous pouvons souligner quelques traits de l’attitude de Daniel :
La prière est un acte de confiance, ici manifestée à un degré extraordinaire (Hébreux 4:16).
Il intercède pour que les sages de Babylone ne soient pas mis à mort, et pourtant nous pouvons comprendre qu’ils sont idolâtres pour la plupart, des étrangers à la famille de la foi. Ainsi voyons-nous qu’il n’y a pas de sectarisme en Daniel.
Il donne publiquement gloire à Dieu seul, ne se mettant aucunement en avant lui-même.
Nous comprenons bien ici la parole de Jérémie, le prophète, lorsqu’il écrivait aux exilés de la première transportation, à la fin du règne de Joïaqim : "Et cherchez la paix de la ville où je vous ai transportés, et priez l'Éternel pour elle ; car dans sa paix sera votre paix" (Jérémie 29:7). Et celle d’Ézéchiel : "C'est pourquoi dis : Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel : Bien que je les aie éloignés parmi les nations, et bien que je les aie dispersés par les pays, toutefois je leur serai comme un petit sanctuaire dans les pays où ils sont venus" (Ézéchiel 11:16).


 

 
 
 
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21:00 Écrit par Eric dans Daniel 1 à 6, LE LIVRE DE DANIEL | Commentaires (0)

Daniel 2:31 Le Colosse aux pieds d'argile (3/3)


 

Le Colosse aux pieds d’argile - 2:31-45

La vision d’un colosse dont les matériaux soulignaient la gloire, la richesse et la force, mais qui s’écroula lorsqu’une pierre en frappa les pieds, des pieds illustrant la faiblesse du colosse tout entier. Et pourtant, quelle image de puissance donnent ces empires qui mènent le monde, aujourd’hui comme hier !

31 Ô roi, tu as eu une vision, celle d’une grande statue ; cette statue était immense et d’une splendeur extraordinaire, elle était debout devant toi et son aspect était terrible. 32 La tête de cette statue était d’or pur, sa poitrine et ses bras d’argent, son ventre et ses cuisses d’airain, 33 ses jambes de fer, ses pieds en partie de fer et en partie d’argile. 34 Tu regardais lorsqu’une pierre se détacha sans qu’aucune main n’ait agi ; elle frappa les pieds de fer et d’argile de la statue et les broya ; 35 alors furent broyés ensemble le fer, l’argile, l’airain, l’argent et l’or et ils devinrent comme la balle de l’aire d’été ; le vent les emporta et l’on n’en retrouva nulle trace. Mais la pierre qui avait frappé la statue devint une grande montagne et remplit toute la terre.

36 C’est là le songe, et nous en donnerons l’interprétation au roi.

37 Toi, ô roi, tu es le roi des rois auquel le Dieu des cieux a donné le royaume, la puissance, la force et la gloire. 38 Il t’a livré les hommes, les animaux sauvages et les oiseaux du ciel, où qu’ils habitent, et il t’a fait dominer sur eux tous. Toi, tu es cette tête d’or. 39 Après toi s’élèvera un autre royaume, inférieur au tien, puis un troisième, d’airain, qui dominera sur toute la terre. 40 Il y aura un quatrième royaume, solide comme le fer ; de même que le fer broie et écrase tout, il broiera et écrasera comme le fer brise tout. 41 Et comme tu as vu les pieds et les orteils en partie d’argile de potier et en partie de fer, le royaume sera divisé, mais il y aura en lui de la dureté du fer, selon que tu as vu le fer mêlé avec de l’argile grasse. 42 Et de même que les orteils étaient en partie de fer et en partie d’argile, le royaume sera en partie fort et en partie fragile. 43 Tu as vu le fer mêlé avec de l’argile grasse, parce qu’ils se mêleront par des alliances humaines, mais ils ne s’attacheront pas l’un à l’autre, de même que le fer ne se mêle pas avec l’argile.

Quoique la leçon touche toutes les puissances du monde, il n’est pas question ici de l’Assyrien, car le tableau commence avec cette puissance qui laisse aux Judéens un goût si amer, cet empire ayant scellé le sort de Jérusalem, la ville qui doit être "foulée aux pieds jusqu'à ce que les temps des nations soient accomplis" (Luc 21:24). Ce temps des nations court depuis la ruine de Jérusalem jusqu’à l’avènement du Messie. Quatre empires sont évoqués dans cette image saisissante :
La vision commence avec le royaume de Nabuchodonosor lui-même, l’empire de Babylone, la tête d’or.
Lui succède alors l’empire Médo-Perse, le torse et les bras en argent.
L’empire Grec est établi par après, en quelques années, par Alexandre le Grand, et il domina sur toute la terre (2:39).
Nous lisons que le dernier cité ira jusqu’à la fin de la puissance des hommes, l’empire Romain, une administration inégalée, jusqu’à ce qu’une pierre le touche là où il est faible, les pieds de fer et d’argile.
Une remarquable "ligne des temps" est ainsi devant nous, couvrant tout ce qui est appelé "le temps des nations".

44 Aux jours de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, et ce royaume ne passera pas sous la domination d’un autre peuple ; il broiera et détruira tous ces royaumes, mais lui, il subsistera à toujours. 45 Ainsi, tu as vu la pierre se détacher de la montagne sans l’action d’aucune main, et elle a broyé le fer, l’airain, l’argile, l’argent et l’or. Le grand Dieu a fait connaître au roi ce qui doit arriver dans la suite. Le songe est sûr et son interprétation est digne de foi.

La vision est extraordinaire, une simple pierre, un objet de peu d’apparence, apparaît dans sa faiblesse et prévaut sur toute la puissance du monde. Et cela, car rien ne peut entraver l’accomplissement de la pensée de Dieu, à savoir d’établir son propre royaume. De cela les fidèles judéens ont entendu parler à plus d’une reprise par leurs prophètes. Cette vision est bien propre à soutenir la foi en Dieu, le Tout-Puissant qui a décrété que le pouvoir serait conféré aux hommes pour un temps : "Tu n'aurais aucun pouvoir contre moi, s'il ne t'était donné d'en haut" (Jean 19:11).


L’élévation de Daniel et de ses compagnons - 2:46-49

Qu’un homme ait pu déclarer quel était ce son songe, et en donner si fidèlement l’interprétation, ne pouvait produire que l’étonnement et la confiance. Une histoire bien semblable à celle de Joseph, établi vice-roi d’Égypte (Genèse 41:44).

46 Alors le roi Nabuchodonosor tomba face contre terre, prosterné devant Daniel, et il ordonna de lui présenter une offrande et des parfums. 47 Le roi dit à Daniel : En vérité, votre Dieu est le Dieu des dieux, le Seigneur des rois et le révélateur des mystères, puisque tu as pu révéler ce mystère. 48 Alors le roi éleva Daniel en dignité et lui fit beaucoup de grands dons ; il l’établit gouverneur sur toute la province de Babylone, et grand intendant de tous les sages de Babylone. 49 Daniel pria le roi de remettre l’administration de la province de Babylone à Shadrac, Méshac et Abed-Nego. Et Daniel était à la cour du roi.

Ainsi, Daniel devint gouverneur de la province de Babylone… Et il n’oublie pas ses trois compagnons auxquels furent confiés des postes importants dans le gouvernement de cette même province.
 
Dans ce récit du "Colosse aux pieds d’argile", outre la vision elle-même, nous voyons une indication très forte de la vie d’un croyant, étranger dans ce monde.
Il est traité comme tout homme ; en effet, la menace de mort toucha Daniel comme les autres hommes appelés par le roi.
Le croyant se préoccupe de la vie de tous, ainsi, Daniel demande que tous soient épargnés ; il n’y a pas de sectarisme
Il rend gloire explicitement à Dieu, réfutant ainsi justifier de quelque paroles flatteuse de la part du roi.
Il n’oublie pas ses compagnons, avec lesquels il avait partagé son soucis et présenté sa prière à Dieu.

 

 
 
 
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Daniel 3:1 La fournaise ardente (1/2)


 

LA FOURNAISE ARDENTE
DANIEL 3

 
Le récit de la fournaise ardente, l’épreuve de croyants, est encore un encouragement à la fidélité. Se gardant de tout subterfuge, les trois amis agissent avec audace mais sans provocation, ils ne replient pas leur bannière attendant un jour meilleur. Et ainsi, sans force face au pouvoir abusif d’un homme, ils se trouvent dans l’opprobre. Mais ils ne sont pas laissés seuls, car un homme "semblable à un fils de Dieu" se trouve au milieu d’eux… Assurément, les Israélites dispersés dans la diaspora étaient ainsi fortifiés par de tels récits, confortés dans le fait qu’ils ne sont pas oubliés, mais qu’ils demeurent sous le regard de Dieu.


La statue d’or - 3:1-7

La fond de ce récit est l’ivresse du pouvoir, l’orgueil qui envahit les puissants jusqu’à ce qu’ils oublient n’être que des humains. Et le moteur qui fait agir ceux qui les courtisent est l’insidieuse jalousie des hommes et le rejet de tous ceux qui ne sont pas des suiveurs de leurs fantasmes. Pensons au contraste donné par l’attention de Daniel à l’attention au prochain, fut-il idolâtre, remarqué dans le récit précédant.

3  1 Le roi Nabuchodonosor fit une statue d’or haute de soixante coudées et large de six. Il la dressa dans la plaine de Doura, dans la province de Babylone. 2 Le roi Nabuchodonosor fit convoquer les satrapes, les intendants, les gouverneurs, les hauts magistrats, les trésoriers, les conseillers, les légistes, et toutes les autorités des provinces pour la dédicace de la statue qu’avait dressée le roi Nabuchodonosor. 3 Alors les satrapes, les intendants, les gouverneurs, les hauts magistrats, les trésoriers, les conseillers, les légistes, et toutes les autorités des provinces s’assemblèrent pour la dédicace de la statue que le roi Nabuchodonosor avait dressée. Ils prirent place devant la statue que Nabuchodonosor avait dressée.

4 Le héraut cria avec force : Voici ce qui vous est ordonné, gens de tous peuples, nations et langues : 5 Aussitôt que vous entendrez le son du cor, de la flûte, de la cithare, de la sambuque, du psaltérion, de la musette, et toute espèce de musique, vous vous prosternerez et vous adorerez la statue d’or que le roi Nabuchodonosor a dressée. 6 Quiconque ne se prosternera pas pour l’adorer sera jeté à l’instant même dans une fournaise ardente.

7 C’est pourquoi, au moment même où tous les peuples entendirent le son du cor, de la flûte, de la cithare, de la sambuque, du psaltérion, et toute espèce de musique, les gens de tous les peuples, nations et langues, se prosternèrent pour adorer la statue d’or qu’avait dressée le roi Nabuchodonosor.

Jusqu’où peuvent être conduites des foules, jusqu’à quels actes, jusqu’à quels silences, si elles sont conduites avec adresse ? Que de folies de potentats se manifestent au grand jour sans que l’opinion publique ne s’en préoccupe ! Ne suffit-il pas de les gaver "de pain et de jeux", comme la Rome décadente ? Un vieux démon qui ressurgit sans cesse, si tant est qu’il se fasse quelques fois plus discret, qu’il se vive un état de grâce où la justice a ses droits…


La fidélité des compagnons de Daniel - 3:8-23

Le croyant est encouragé à n’être pas un suiveur, car il a d’autres pensées que le jour qui passe. Mais se distinguer du courant général n’est jamais sans danger, et il se trouve toujours des opportunistes prêts à dénoncer ceux qui ne suivent pas le courant, particulièrement s’il s’y greffe quelque jalousie… Ce fanatisme est bien caractérisé ici par le caractère religieux de la provocation ; que de crimes perpétrés au nom d’une cause religieuse, qu’elle fut chrétienne, déiste ou même athée…

8 Aussitôt après des chaldéens vinrent accuser les Juifs. 9 Ils prirent la parole et dirent au roi Nabuchodonosor : 10 Ô roi, vis à jamais ! Ô roi, tu as donné ordre que tout homme qui entendrait le son du cor, de la flûte, de la cithare, de la sambuque, du psaltérion, de la musette, et toute espèce de musique, se prosterne et adore la statue d’or, 11 et que quiconque ne se prosternerait pas pour l’adorer serait jeté dans une fournaise ardente. 12 Or il y a des hommes juifs que tu as établis sur les services de la province de Babylone, Shadrac, Méshac et Abed-Nego, ces hommes ne tiennent aucun compte de ton ordre, ô roi ! Ils ne servent pas tes dieux et n’adorent pas la statue d’or que tu as dressée !

13 Alors Nabuchodonosor, irrité et furieux, donna ordre d’amener Shadrac, Méshac et Abed-Nego. Et ces hommes furent menés devant le roi. 14 Nabuchodonosor prit la parole et leur demanda : Est-il vrai, Shadrac, Méshac et Abed-Nego, que vous ne servez pas mes dieux et n’adorez pas la statue d’or que j’ai dressée ? 15 Maintenant, pour le moment où vous entendrez le son du cor, de la flûte, de la cithare, de la sambuque, du psaltérion, de la musette, et toute espèce de musique, tenez-vous prêts à vous prosterner et adorer la statue que j’ai faite ! Si vous ne l’adorez pas, à l’instant même vous serez jetés dans la fournaise ardente. Quel est le Dieu qui vous délivrera de ma main ?

16 Shadrac, Méshac et Abed-Nego répondirent au roi Nabuchodonosor : Il n’est pas nécessaire que nous te répondions sur ce sujet, 17 car s’il en est ainsi, notre Dieu que nous servons peut nous délivrer de la fournaise ardente, et il nous délivrera de ta main, ô roi ! 18 Et sinon, sache quand même, ô roi, que nous ne servirons pas tes dieux et que nous n’adorerons pas la statue d’or que tu as dressée.

19 Alors Nabuchodonosor fut rempli de fureur et son visage changea envers Shadrac, Méshac et Abed-Nego. Il ordonna de chauffer la fournaise sept fois plus qu’on n’était accoutumé de le faire, 20 puis il ordonna à quelques hommes parmi les plus vaillants de son armée, de lier Shadrac, Méshac et Abed-Nego, et de les jeter dans la fournaise ardente. 21 Ils furent donc liés revêtus de leurs vêtements de corps, de leurs tuniques, leurs manteaux et tous leurs vêtements, et jetés dans la fournaise ardente. 22 Comme, sur l’ordre rigoureux du roi, la fournaise avait été extrêmement chauffée, les flammes tuèrent les hommes qui y avaient jeté Shadrac, Méshac et Abed-Nego ; 23 et ces trois hommes, Shadrac, Méshac et Abed-Nego, tombèrent liés dans la fournaise ardente.

"Quel est le Dieu qui vous délivrera de ma main ?" L’aveuglement du pouvoir, comme il se présente souvent, mais exprimé ici dans des termes extrêmes… Le roi reçoit une réponse de foi présentée en deux volets ; d’abord "Dieu est puissant pour nous délivrer" et ensuite "Que nous soyons délivré ou non n’y fait rien, nous ne nous prosternerons pas !". Les jeunes gens ne rendent pas l’Éternel tributaire de leur parole, car ils ne peuvent anticiper ses intentions, mais ils connaissent son pouvoir d’une part, et leur engagement de foi de l’autre.


 

 
 
 
Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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