04/12/2009

Jér.13:1 La ceinture de lin


 

LA CEINTURE DE LIN
Jérémie 13:1-27

L’alliance est rompue, les prêtres sont hostiles, les gens d’Anatoth veulent la mort de Jérémie… Dans ces conditions, comment parler à ce peuple ? Les paroles ne s’envolent-elles pas ? Alors des gestes doivent être posés, des gestes forts que l’on ne peut oublier, des gestes qui frappent l’imagination, des gestes dont on parle et qui soutiennent les paroles, des gestes qui font que les paroles restent à l’esprit !
 
Le travail de Jérémie prend ici un tournant, il n’est plus seulement un prédicateur, mais il pose des actes, et ceux-ci mêmes sont porteurs du message !
Ce passage est difficile à dater, la scène date d'avant Nabuchodonosor et aurait pu se passer même au temps de Josias, dans la jeunesse du prophète, toutefois l’adresse au Roi et à la Reine dans la suite de cette portion ne peut concerner Josias, ainsi nous la présentons au début du règne de Joïaqim.
Le prophète devient lui-même un signe de Dieu pour le peuple. "Avez-vous vu Jérémie ? Savez-vous qu’il est parti au loin, vers le nord ? Tiens , il est revenu ! Le revoilà, ce discoureur !" Sujet des conversations, objet de contestation, cible de dérision peut-être ! Mais qu’importe ! Le message n’en est que plus percutant. Jérémie n’a plus rien à perdre maintenant, car il a tout perdu ! Tout perdu ? Certes, il n’y a plus pour lui de patrimoine à Anatoth, mais il possède un trésor précieux, c’est un homme qui marche avec Dieu, qui parle avec son Dieu. C’est ce qui lui reste, et ne pourra lui être ravi ! Jérémie se nourrit de la Parole de Dieu, ta parole a fait l’allégresse et la joie de mon cœur.(15:16) ; il se désaltère à la Source des eaux vives, il ne peut ressentir la soif.


La ceinture portée à l’Euphrate - 13:1-14

Pas de lopin de terre à cultiver, pas de maison à garder… Dieu l’envoie dans un long périple ; un périple tel que des commentateurs du livre le déclarent impensable, une sorte de fiction, un Euphrate qui ne serait pas l’Euphrate mais un quelconque torrent à quelques lieues de Jérusalem, et d’autres parlent d’un songe… Bien sûr, la distance est grande de Jérusalem à l’Euphrate… Mais pourquoi donc nier ce qui est écrit ?
 
Revenons au prophète. Comment vivra-t-il ce périple ? Comprend-il ce que Dieu lui fait faire ? Ne serait-il pas plus utile qu’il demeure à Jérusalem ou qu’il parcourre les villes de Juda pour prêcher et prêcher encore ? Il va être seul acteur d’une pièce en trois actes, des actes posés l’un après l’autre, et chacun sans connaître le suivant ; pour ne recevoir qu’à la fin le sens de l’action !
 
Plus de six cents kilomètres parcourus quatre fois ! Non pas dans des steppes sans chemin tracé, certes, car plusieurs routes caravanières montent vers le nord, les échanges commerciaux sont nombreux dans cette contrée.
 
S’est-il joint à une caravane de marchands ? A-t-il monté un dromadaire ? Il lui eût fallu alors une bonne semaine pour atteindre l’Euphrate ; l’eût-il fait à pieds, seul, c’est alors le trajet d’un bon mois… Mais Jérémie est entièrement consacré à son service, peu importe le temps qui passe, s’il se met en route pour son Dieu !
 
Dieu lui parle, et sans qu’il ne pose une seule question, il accomplit chaque acte, un à la fois !
 
Acte 1 : L'achat.

Ainsi m'a parlé le SEIGNEUR : Va t'acheter une ceinture de lin ; tu la passeras à tes reins, mais tu ne la mettras pas dans l'eau. J'achetai la ceinture… (13:1-2)

Et il achète la ceinture dont il n’a pas besoin ! Pas une question…
 
Acte 2 : Première marche jusqu’à l’Euphrate.

La parole du SEIGNEUR me parvint une deuxième fois : Prends la ceinture… va vers l'Euphrate et, là, cache-la dans la fente d'un rocher. J'allai et je la cachai près de l'Euphrate, comme le SEIGNEUR me l'avait ordonné. (13:3-5)

Que pensait-il au cours de ce périple ? Pas un mot ne nous est dit, mais pouvons-nous penser que son esprit ne fût tourné vers cette longue et douloureuse marche que feront un jour les exilés de Juda ?
 
Acte 3 : Nouvelle marche, un trajet connu cette fois !

Longtemps après, le SEIGNEUR me dit : Va vers l'Euphrate et là, prends la ceinture que je t'avais ordonné d'y cacher… (13:6-7)

Le bilan ? Une ceinture achetée, gardée neuve pour la plonger dans les eaux de l’Euphrate et la reprendre ensuite complètement gâtée ! Dans ce trajet de retour, Jérémie a pu méditer en portant cette ceinture ! Il était ici signe de Dieu, expression même des relations du SEIGNEUR avec son peuple ! Le SEIGNEUR qui s’était attaché ce peuple devenu rebelle…

En effet, comme un homme attache une ceinture à ses reins, ainsi je m'étais attaché toute la maison d'Israël et toute la maison de Juda – déclaration du SEIGNEUR – pour qu'elles soient mon peuple, mon nom, ma louange et ma splendeur. Mais ils n'ont pas écouté. (13:11)

Ainsi Jérémie revient avec cette ceinture rendue inutile tant elle était gâtée. Il n’en sera plus parlé. Cette scène demeurera-t-elle entre Dieu et le prophète ? Assurément, le but du périple était atteint. Jérémie est pénétré de ce que Dieu a fait pour ce peuple rebelle ; un peuple choisi, comme est choisie une ceinture neuve, chargé d’un témoignage, appelé "mon serviteur" : "Mais toi, Israël, mon serviteur, Jacob, que j'ai choisi, descendance d'Abraham mon ami !" (Ésaïe 41:8) Jérémie est convaincu qu’il n’y a eu, de la part de son Dieu, que patience et support. Il sait que l’issue fatale de Juda est due au peuple lui-même et à ses mauvais pasteurs. Il puisera dans la communion avec son Dieu la force d’annoncer, dans la douleur de l’anticipation, son terrible message.
 
Et maintenant, place à une autre mise en scène, à laquelle cette fois des spectateurs vont réagir…


 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
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Que dit l'Évangile ?

 

Jér.13:15 Des cruches brisées


 

Les cruches brisées - 13:15-27

Une parole qui paraîtra saugrenue dans son cadre, de par l’évidence du propos :

Ainsi parle le SEIGNEUR, le Dieu d'Israël : Toutes les outres sont faites pour être remplies de vin. (13:12)

"Avec quelles paroles vient-il encore, ce messager de malheur ! Jérémie, de quoi nous parles-tu ! Nous connaissons bien ces choses que tu dis !" Ce sera la réaction des auditeurs, mais la question touche au vin que contiennent les outres… Les contenants ne sont-ils pas les habitants de Juda, et le vin, ces temps où la tête leur tournera lorsque les tourments s’abattront sur eux…

Ainsi parle le SEIGNEUR : C'est d'ivresse que je remplis tous les habitants de ce pays, les rois qui sont assis sur le trône de David, les prêtres, les prophètes et tous les habitants de Jérusalem. (13:13)

La vue de l’Euphrate, ses longues marches n’ont-elles pas oppressé le prophète, lui faisant ressentir dans tous ses membres la douleur de l’avenir du peuple auquel il parle depuis vingt ans déjà ? Il prononce alors un discours ardent, brûlant, un appel à écouter enfin. Ecouter afin de repousser ce jugement, ces ténèbres qui se profilent et qui, au soir, font paraître les montagnes plus proches…

Ecoutez, prêtez l'oreille ! Ne soyez plus hautains ! – c’est le SEIGNEUR qui parle. Donnez gloire au SEIGNEUR, votre Dieu, avant qu'il ne fasse venir les ténèbres, avant que vos pieds ne viennent se heurter aux montagnes du crépuscule. (13:15-16)

Le jour s’estompe pour le royaume, un dernier mouvement face aux puissants, l’attente de la lumière quand il n’y a plus qu’une annonce de ténèbres… L’angoisse peut produire un tel sursaut, mais ce n’est qu’après un retour sur soi-même, dans la reconnaissance de sa propre responsabilité qu’au temps d’un autre crépuscule poindra la lumière : "Ce sera un jour unique, connu du SEIGNEUR, il ne sera ni jour ni nuit ; mais vers le soir la lumière paraîtra. En ce jour là, des eaux vives sortiront de Jérusalem" (Zacharie 14:7-8). Pour les auditeurs de Jérémie, c’est le temps d’une obscurité profonde qui s’annonce, un temps de désolation :

Si vous n'écoutez pas, je pleurerai en secret à cause de votre orgueil ; je verserai des larmes, mes yeux fondront en larmes, parce que le troupeau du SEIGNEUR sera emmené captif. (13:17)

Tristesse de Dieu, tristesse du prophète ! Rappelons-nous la complainte : "Sur les montagnes je veux pleurer et gémir, sur les pâturages du désert prononcer une complainte ; car ils sont brûlés, personne n'y passe, on n'y entend plus les troupeaux ; depuis les oiseaux du ciel jusqu'aux bêtes, tout s'en est allé" (9:9). Le prophète et son Dieu sont à l’unisson. Nous y voyons que le jugement n’est pas le dessein de Dieu, son but ultime. Ce jugement, ce sont ses voies de sagesse pour que s’opère un véritable retour et s’acquière alors la connaissance d’un "amour fort comme la mort" (Cantique des Cantiques.8:6), la connaissance de Dieu, du Dieu de miséricorde. Il est nécessaire que le jugement s’exécute afin que la conscience s’aiguise quant au bonheur de marcher avec Lui.
 
Le Roi et la Reine-Mère, la Grande Dame comme elle était nommée, sont appelés à la barre : "asseyez-vous par terre !" (13:18) Il n’y aura pas d’issue au midi du pays, vers l’Égypte, lorsque du chaudron bouillant venant du nord s’écoulera la dévastation. Et le prophète voit ce qui n’est pas encore :

Tout Juda est exilé, il est exilé tout entier. Lève les yeux et regarde ceux qui viennent du nord. Où est le troupeau qui t'a été donné, le petit bétail qui faisait ta splendeur ? (13:19-20)

Et quand la douleur viendra, peut-être demandera-t-on :

Pourquoi cela m'arrive-t-il ? (13:22)

La réponse sera sans appel :

Voilà ton lot, la part qui t'est mesurée par moi – déclaration du SEIGNEUR – parce que tu m'as oublié et que tu as mis ta confiance dans le mensonge. (13:22,25)

Combien d’exhortations faudra-il encore ? Le désastre est imminent…

Quel malheur pour toi, Jérusalem, qui n'es pas pure ! Combien de temps tarderas-tu encore ? (13:27)

Jérémie n’a pas fini son travail, et d’ailleurs l’achèvera-t-il ? Son service prendra bien fin, mais le travail se poursuivra, car ce n’est pas son travail, c’est le travail de Celui qui l’a envoyé. Le prophète intervient un temps comme Sophonie avant lui et bientôt Ézéchiel, à Babylone, et d’autres ensuite, jusqu’à l’aboutissement du travail de Dieu : En ton sein, le SEIGNEUR, ton Dieu est un héros sauveur ; il fera de toi sa plus grande joie ; il gardera le silence dans son amour ; il poussera des cris d’allégresse à ton sujet. (Sophonie 3:17-18)
 
Alors ce sera le repos de Dieu ! Des hommes heureux sous Son regard paternel, selon le grand dessin de la création du ciel et de la terre…
 
En attendant, le service continue, Jérémie est à la tâche !


 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
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Que dit l'Évangile ?

 

Jér.18:1 Le vase du potier


 

LE VASE DU POTIER
Jérémie 18-20

Il n’y a pas de service sans préparation. Ce ne sont pas les études qui préparent aux charges d’un travail effectif, mais le silence de la méditation ! Dans sa jeunesse, Jérémie s’est laissé pénétrer par les grandes réalités qu’il vivait, nourri de la Parole de son Dieu, dans le souvenir des promesses faites aux pères… Le bâton d’amandier, le chaudron fumant, et plus tard cette ceinture neuve qui fut gâtée, temps de réflexion prolongé jusqu’à l’Euphrate…
 
En ce jour-ci, c’est une visite au potier que son Dieu met au programme :

Descends chez le potier; là, je te ferai entendre mes paroles. (18:2)

Nous sommes témoins de ces entretiens privés, de la méditation du prophète dans la solitude avant qu’il ne soit envoyé vers le peuple. Suivent alors les instructions, le prononcé du discours, la réaction du peuple ou de ses chefs… Et ensuite le retour du prophète dans la présence de Dieu, pour y puiser consolations et forces nouvelles…


Le travail du potier - 18:1-17

Le vase formé d’argile offre une vue de l’œuvre de la création tout entière, lorsque Dieu conçut l’humanité, lorsqu’il créa l’homme, l’être humain, et lui donna le souffle de vie, âme vivante de l’être formé pour entrer en relation avec le Dieu Vivant (Genèse 2:7).
Le Dieu vivant : Deut.5:26 ; Psaume 42:2 ; Jér.10:10…
La méditation du prophète est ici empreinte de l’universalité du plan divin, et il fait allusion aux nations, à quelque nation que ce soit. A propos de Juda, la question est posée :

Ne puis-je pas agir envers vous comme ce potier, maison d'Israël ? – déclaration du SEIGNEUR. (18:6)

Bâtir et planter, c’est l’œuvre de Dieu, mais aussi, comme le potier, réduire le vase gâté en une masse d’argile, pour le travailler à nouveau, car si le vase est ici brisé, le plan de Dieu, comme celui du potier, est de réaliser son dessein… Remarquons ce point demeuré sous silence : comment le vase fut-il gâté ?
Matthieu 13:28 : C’est un ennemi qui a fait cela.
La scène du potier ne pouvait représenter cet aspect de la réalité, car celui qui gâte le travail de Dieu, c’est le "serpent ancien" (Genèse 3) et ses mauvais ouvriers, les pasteurs "qui se repaissent eux-mêmes" ! (23:2 et Ézéchiel 34:2) Jérémie est pénétré de la conséquence de ce travail gâté : malgré les soins du potier, le vase doit être détruit.
 
Les appels pourtant n’ont pas manqué :

Ainsi parle le SEIGNEUR : je façonne un malheur pour vous, je prépare un plan contre vous. Que chacun de vous revienne de sa voie mauvaise ! Réformez vos voies et vos agissements ! Mais ils disent : A quoi bon ? Nous suivrons nos pensées, chacun de nous agira selon l'obstination de son cœur mauvais. (18:11-12)

Est-ce seulement ce peuple qui parle ainsi ? Cette réflexion n’est-elle que de ce temps là ? Elle sera entendue aussi après le retour de l’exil : "C'est inutilement que l’on sert Dieu : qu’avons-nous gagné à assurer son service et à marcher la mine sombre à cause du SEIGNEUR" (YHWH) des Armées ? (Malachie 3:14) Quel était donc le profit attendu qui fait dire "c’est inutilement…" ? Gardons-nous de penser que ce discours fait état des rites religieux, de leur qualité, de leur abondance.
Jean 4:23-24 : Mais l'heure vient – c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car tels sont les adorateurs que le Père cherche. Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l'adorent, l'adorent en esprit et en vérité.
Si nous pensions à des périodes de jeûne, nous pourrions lire : "Quand vous avez jeûné, quand vous vous êtes lamentés… est-ce vraiment pour moi, que vous avez tant jeûné ?" (Zacharie 7:5) Si notre attention était portée sur des liturgies soignées, flattant le regard et l’esprit, nous serions surpris d’apprendre : "Car je n'ai rien dit à vos pères, je ne leur ai donné aucun ordre, le jour où je les ai fait sortir d'Égypte, au sujet des holocaustes et des sacrifices" (7:22).
 
Mais qu’est-ce alors que ce service ? La réponse est explicite : "Il t'a fait connaître, ô humain, ce qui est bon ; et qu’est-ce que le SEIGNEUR réclame de toi, si ce n’est que tu agisses selon l’équité, et que tu aimes la fidélité, et que tu marches modestement avec ton Dieu ?" (Michée 6:8) Croire Dieu, n’est-ce pas plutôt écouter, entrer dans la pensée du SEIGNEUR et se laisser conduire dans le champ de Son travail ; ouvrier de la première ou de la dernière heure, certes, mais prenant la place qu'Il nous assigne sans prétendre "travailler pour Dieu", car que peut ajouter un homme à la gloire divine ? C’est là le sens du Décalogue qui se résume ainsi : aimer Dieu et son prochain.
1 Jean 2:10 : Celui qui aime son frère demeure dans la lumière, et il n'y a point en lui d'occasion de chute.
1 Jean 4:21 : Celui qui aime Dieu, aime aussi son frère.

Se défait-on de l'eau fraîche qui vient de loin ? (18:14)

Combien est présent le danger de sombrer dans la lassitude, le découragement et les "à quoi bon" quand le chemin est celui du désert, de la solitude… Cette question est forte, à ne pas oublier, comme aussi cette autre : Mon bras est-il donc trop court pour libérer ? N'ai-je pas assez de force pour délivrer ? (Ésaïe 50:2)Mon peuple m'a oublié. Il a oublié son Berger.
Cet oubli est un thème dont la récurrence doit être soulignée : 2:32; 3:21; 13:25; 15:15; 23:27; 50:6

On les a fait trébucher dans leurs voies, dans les routes d'autrefois, pour qu'ils suivent des sentiers et des voies non frayés. (18:15)

Ce "on" porte à l’arrière-plan ceux qui induisent au mal pour mettre en évidence la tristesse du SEIGNEUR lui-même qui n’a plus d’autre voie pour son peuple que l’épreuve de l’exil.


 
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"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
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Jér.18:18 Une prière de Jérémie


 

Prière de Jérémie - 18:18-23

Jérémie prend maintenant la parole ! Il a vu ce qu’illustre l’acte du potier, il a compris, et s’il reçoit ce message, il ressent aussi la peine que lui coûte sa propre mission. Il connaît les bruits, les complots, les menaces.

Venez, préparons un plan contre Jérémie ! Car la loi ne fera pas défaut au prêtre, ni le conseil au sage, ni la parole au prophète. Venez, frappons-le par la langue, et ne prêtons pas attention à toutes ses paroles ! (18:18)

Pourquoi s’en prendre à lui ? Ne veut-il pas le bien du peuple en l’avertissant, n’est-il pas à la brèche devant son Dieu, souhaitant le bien pour ce peuple rebelle :

Souviens-toi que je me suis tenu devant toi pour parler en leur faveur et détourner d'eux ta fureur. (18:20)

Un paradoxe : Jérémie espère que le mal qu’il annonce n’arrive pas tandis que le peuple, qui ne veut rien entendre, fomente des complots contre lui s’écriant :

C’est en vain que l’on sert Dieu ! (18:20)

Y a-t-il une réponse de Dieu à ce cri douloureux ? "Jérémie, en effet, retire-toi, ne parle plus, ce n’est plus la peine…" Non, la réponse est : "Jérémie, poursuis !"
Va acheter une cruche chez un potier, et prends avec toi des anciens du peuple et des anciens des prêtres. (19:1)

Le prophète tait sa peine ! A la parole de son Dieu il marche ! Il achète un vase au potier… Jérémie prédicateur, devenu signe pour son Dieu, est maintenant acteur, une scène doit être présentée pour frapper les esprits.


 
Prière de Jérémie - 18:18-23

Jérémie prend maintenant la parole ! Il a vu ce qu’illustre l’acte du potier, il a compris, et s’il reçoit ce message, il ressent aussi la peine que lui coûte sa propre mission. Il connaît les bruits, les complots, les menaces.

Venez, préparons un plan contre Jérémie ! Car la loi ne fera pas défaut au prêtre, ni le conseil au sage, ni la parole au prophète. Venez, frappons-le par la langue, et ne prêtons pas attention à toutes ses paroles ! (18:18)

Pourquoi s’en prendre à lui ? Ne veut-il pas le bien du peuple en l’avertissant, n’est-il pas à la brèche devant son Dieu, souhaitant le bien pour ce peuple rebelle :

Souviens-toi que je me suis tenu devant toi pour parler en leur faveur et détourner d'eux ta fureur. (18:20)

Un paradoxe : Jérémie espère que le mal qu’il annonce n’arrive pas tandis que le peuple, qui ne veut rien entendre, fomente des complots contre lui s’écriant :

C’est en vain que l’on sert Dieu ! (18:20)

Y a-t-il une réponse de Dieu à ce cri douloureux ? "Jérémie, en effet, retire-toi, ne parle plus, ce n’est plus la peine…" Non, la réponse est : "Jérémie, poursuis !"
Va acheter une cruche chez un potier, et prends avec toi des anciens du peuple et des anciens des prêtres. (19:1)

Le prophète tait sa peine ! A la parole de son Dieu il marche ! Il achète un vase au potier… Jérémie prédicateur, devenu signe pour son Dieu, est maintenant acteur, une scène doit être présentée pour frapper les esprits.


 
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Jér.19:1 Jérémie jeté en prison


 

Le vase brisé, la nuit au bloc - 19:1-15

C’est la première fois que nous voyons Jérémie convoquer les anciens. Jusque là, il allait aux portes du Temple ou dans les rues de Jérusalem et des villes de Juda. Il s’adressait aux passants. Les années passent, et il acquiert au moins l’autorité de l’âge, même si l’on ne veut pas l’écouter… Nous pouvons penser à ce déplacement des anciens, des gens importants, des notables. Ils ont un certain pouvoir… et plusieurs avaient déjà déclaré que le prophète méritait la mort. N'eût-il pas mieux convenu qu'il s'en aille dans quelque retraite, au moins quelques temps ? Mais ce n’était pas le chemin…
 
Le lieu de la convocation : Hinnom, vallon longeant Jérusalem au sud et à l’ouest de la ville, juste sous ses remparts. L’atelier du potier n’est pas loin. C’est aussi un lieu d'abomination, la vallée où est dressée la statue de Moloch.
Voir aussi 7:31-32 et 2 Rois 23:10.

Tu briseras ensuite la cruche, sous les yeux des hommes qui seront allés avec toi, et tu leur diras : Ainsi parle le SEIGNEUR (YHWH) des Armées : C'est ainsi que je briserai ce peuple et cette ville, comme on brise une poterie qui ne peut plus être réparée. (19:10-11)

Un geste significatif, des paroles fortes… Nous ne lisons pas la réaction des anciens. D'ailleurs, pouvaient-ils réagir tandis que leur regard embrassait à la fois le vase brisé et l’abominable idole où l’on jetait au feu des enfants offerts en sacrifice…
 
Sitôt le geste accompli et les paroles dites, Jérémie s’en va, franchit la porte de la ville et se rend au Temple ! L’avertissement donné aux anciens doit être entendu de tous avant que ces derniers n’aient l’occasion d’en déformer le sens.

Jérémie revint du topheth, où le SEIGNEUR l'avait envoyé parler en prophète. Puis il se tint dans la cour de la maison du SEIGNEUR. (19:14)

Bravant l’opposition croissante, il parle, il ne peut se taire.
 
Mais au Temple, les prêtres veillent, et le temps n’est plus aux complots et aux seules menaces (26:8). Il y a consensus pour s’opposer à lui ! Et ainsi Pashhour, le premier intendant de la Maison de Dieu passe aux actes.

Pashhour frappa Jérémie, le prophète, et le mit aux entraves à la Porte Haute de Benjamin, dans la maison du SEIGNEUR. (20:2)

Les entraves ! Des "ceps", instrument de supplice où les mains et les pieds sont enserrés. Jérémie ne dit pas un mot sur le moment. Mais le lendemain, le prophète libéré adresse à Pashhour des paroles sévères ! Il ne faiblit pas ! Il est là de la part du SEIGNEUR ! Mais est-il pour autant un surhomme qui peut tout supporter sans éprouver la douleur ?


 
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