05/12/2009

Jér.14:1 Un cri de détresse


 

Un cri de détresse - 14:1-9

Jérémie regarde, il voit la désolation, il souligne la détresse, il entend le cri de Jérusalem, il constate son deuil ! Et, dans son empathie pour le peuple, il fait écho de la scène et rappelle à Dieu ceux qui lui sont le plus cher, les petits d’entre le peuple.
Matthieu 18:6 : Mais si quelqu’un devait causer la chute de l’un de ces petits qui mettent leur foi en moi, il serait avantageux pour lui qu'on lui suspende une meule de moulin au cou et que l’on le noie au fond de la mer.

Les princes envoient les petits chercher de l'eau; ils vont aux citernes, ne trouvent pas d'eau et reviennent avec leurs cruches vides; dans leur honte et leur confusion ils se voilent la tête. (14:3)

Les petits, les subalternes, ceux qui font les corvées sont rentrés bredouilles, ils n’ont pu accomplir leur humble travail…Alors Jérémie s’enhardit, il clame à son Dieu :

Agis à cause de ton nom, SEIGNEUR ! … SEIGNEUR, nous connaissons notre méchanceté, la faute de nos pères ; car nous avons péché contre toi. (14:7,20)

Le prophète se range même au côté du peuple en s'incluant dans cette confession. Et il supplie !
Toi, l'espérance d'Israël, son Sauveur au temps de la détresse, pourquoi serais-tu comme un immigré dans le pays, comme un voyageur qui fait un détour pour passer la nuit ? Pourquoi serais-tu comme un homme déconcerté, comme un héros qui ne peut sauver ? Tu es pourtant parmi nous, SEIGNEUR, et ton nom est invoqué sur nous; ne nous laisse pas ! (14:8-9)


 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
Texte complet, avec notices historiques
et liens dynamiques avec les références citées, sur le site :
Que dit l'Évangile ?

 

Jér.14:10 Pas de réponse à ton cri!


 

Je ne puis répondre à ton cri ! - 14:10-16

"Ainsi parle le SEIGNEUR à ce peuple…" Ce n’est pas une réponse de grâce ! Tout au contraire. Et même Dieu dit à Jérémie :

Ne prie pas pour le bien de ce peuple. (14:10-11)

Mais le prophète ne peut se satisfaire de cette injonction. Son cœur d’homme de Dieu tremble face à la ruine du peuple ! C’est pourquoi c’est au nom de la gloire de Dieu qu’il avait fait appel à sa miséricorde, c’était l’argument ultime… Dieu ne peut répondre à sa requête. Alors Jérémie cherche des motifs à la miséricorde, parlant des faux prophètes qui endorment les consciences.

Je répondis : Ah ! SEIGNEUR Dieu, les prophètes leur disent : Vous ne verrez pas d'épée, vous n'aurez pas de famine ; mais je vous donnerai en ce lieu une paix véritable. (14:13)

Mais cette question avait été envisagée plus tôt, lorsqu’au sujet de leurs prophéties mensongères, Dieu avait averti Jérémie en lui faisant remarquer que le peuple aimait ces paroles fausses, ainsi qu’il est écrit : "et mon peuple aime qu'il en soit ainsi !" (5:31) Et d’ajouter, afin que le prophète ne l’oublie pas, et qu’aussi le peuple l’entende, que c’est une souffrance pour Dieu lui-même de voir ces âmes s’écarter de Lui pour leur malheur : Tu leur diras cette parole :

Mes yeux fondent en larmes nuit et jour, sans répit ; car la fille, mon peuple, a été frappée d'un grand désastre, d'un coup très douloureux. (14:17)

Il s’agit des yeux de Dieu ! Non que Dieu ait des yeux pour verser des larmes, mais ces mots sont dits pour que l’on comprenne la pensée du SEIGNEUR ! Dieu aime, Il veut bénir, et Il voit et éprouve la douleur de cet empêchement de bénir ! Bénir ce peuple choisi, mis à part pour la bénédiction comme il est écrit : "Ce n'est pas parce que vous surpassez en nombre tous les peuples que le SEIGNEUR s’est épris de vous et qu’il vous a choisis, car vous êtes le plus petit de tous les peuples"(Deutéronome 7:7).
 
Le SEIGNEUR s’en expliquera encore auprès de son serviteur. Ce sera sa méditation au cours du long voyage qui le mènera au bord de l’Euphrate. "En effet, comme un homme attache une ceinture à ses reins, ainsi je m'étais attaché toute la maison d'Israël et toute la maison de Juda – déclaration du SEIGNEUR – pour qu'elles soient mon peuple, mon nom, ma louange et ma splendeur. Mais ils n'ont pas écouté… Si vous n'écoutez pas, je pleurerai en secret à cause de votre orgueil ; je verserai des larmes, mes yeux fondront en larmes, parce que le troupeau du SEIGNEUR sera emmené captif." (13:11,17)
 
Voici qui conclut cette parole de Dieu : la miséricorde ne pourra être manifestée, car il n’y aura pas de retour moral du peuple. C’est une douleur pour Dieu lui-même de voir son peuple partir en exil.
Plus d'une fois dans l'Écriture nous lisons le contre-pieds de cette tristesse, à savoir la joie de Dieu lui-même pour un pécheur qui se tourne vers lui, notamment dans la parabole du fils prodigue : Luc 15:11-32.
Mais le prophète s’est-il arrêté à cette affirmation de la douleur de Dieu, privé d’occasion de bénir ce peuple qu’Il chérit ? Il semble que non…


 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
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Jér.14:17 Pourquoi sommes-nous frappés?


Pourquoi nous as-tu frappés ? - 14:17-22

C’est un véritable réquisitoire auquel se livre Jérémie devant son Dieu ! La violence de la réaction du prophète ne peut passer inaperçue. Il se met résolument au côté du peuple ; il est marqué par sa foi en la miséricorde, et peut-être aussi par ses espoirs en Josias :

As-tu donc rejeté Juda, as-tu de l'aversion pour Sion ? Pourquoi nous frappes-tu sans qu'il y ait pour nous de guérison ? Nous espérions que tout irait bien, mais il n'y a rien de bon ; un temps de guérison, mais c'est l'effroi ! (14:19)

Il exprime alors la confession pour son peuple :

SEIGNEUR, nous connaissons notre méchanceté, la faute de nos pères ; car nous avons péché contre toi. (14:20)

La confession n’a-t-elle pas été formulée ? Un renouvellement de l’alliance n’a-t-il pas été proclamé (2 Rois 23:3) ? Et ici, n’y a-t-il pas quelques Judéens, même peut-être des prêtres, qui se seraient trouvés auprès du prophète pour supplier Dieu à cause de la détresse présente ? Jérémie ne peut comprendre que ces faits ne soient prémices d’une ère de paix pour son peuple ! Il poursuit comme dans une colère contre son Dieu, en considérant le désastre dans lequel se trouve plongé le peuple, et réitère sa supplication… Et si même l’état du peuple n’ouvre pas la voie à la bénédiction, qu’au moins Dieu exalte sa propre gloire par la miséricorde !

A cause de ton nom, ne méprise pas, ne rabaisse pas le trône de ta gloire ! Souviens-toi ! Ne romps pas ton alliance avec nous ! (14:21)

Et d’ajouter avec ferveur, sous le coup d’une émotion profonde :

C'est en toi que nous mettons notre espérance ! (14:22)

La réponse de Dieu vient, plus explicite encore :

Quand Moïse et Samuel se tiendraient devant moi, je resterai insensible à l'égard de ce peuple. Chasse-le de ma vue, qu'il s'en aille ! (15:1)

Ce renvoi donne consistance à l’idée que des prêtres se seraient tournés vers Jérémie et auraient prié avec lui ! Mais Dieu voit ce qui est dans le cœur… Ce renvoi ! Une rupture douloureuse pour un homme qui devra marcher seul, dans l’opprobre, et même dans l’angoisse ! Non, Jérémie n’est pas un héros dominant ses émotions, se tenant doctement au-dessus de ce peuple ! C’est un homme sensible, épris de miséricorde, aimant le peuple et son bien, car il est formé par ce Dieu qui aime le peuple, il est Son disciple et Son serviteur… C’est pourquoi il a été choisi par Dieu pour annoncer dans les larmes cette issue dramatique pour un peuple aimé… Et il doit prononcer cette parole de renvoi !


 
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Jér.15:1 "Qu'ils sortent!"


 

Qu’ils sortent ! - 15:1-4

Terrible parole que celle-là ! La sortie de ceux qui étaient venus auprès de Jérémie est annonciatrice d’une autre sortie, d’un autre exil.

S'ils te disent alors : Où irons-nous ? Tu leur répondras… (15:2)

Les paroles qui suivent sont cinglantes, et qui s’achèvent en un rappel des annonces faites quelque vingt ans auparavant, au temps de Manassé : "Je fais venir sur Jérusalem et sur Juda un malheur tel que quiconque en entendra parler en restera abasourdi… Je délaisserai le reste de mon patrimoine…" (2 Rois 21:12,14) En effet, du patrimoine de Dieu il n’y avait plus qu’un reste ! Le royaume du Nord, était déjà en exil. Seul restait Juda ! Dieu est-il injuste en faisant peser sur ce peuple touché par la famine une sanction si sévère, en référence à ce roi infidèle depuis longtemps décédé ? Jérémie peut-il comprendre ce jugement implacable de Dieu ? Non bien sûr ! Mais lit-il, lui, dans les cœurs ? Et connaît-il les jours qui suivront Josias ? L’alliance scellée comme à nouveau par le peuple lors de cette Pâque au SEIGNEUR, un élan de ferveur, vient-elle du cœur du peuple et de ses conducteurs ? Comme nous l’avons vu, ce fût le fait de l’impulsion, voire, de la pression du roi : "Il fit adhérer tous ceux qui se trouvaient à Jérusalem et en Benjamin." (2 Chroniques 34:32) C’était l’élan du roi, et non la ferveur du peuple ! Celui-ci n’a fait que suivre… Et Dieu dit du peuple au temps de la sécheresse qui sévit :

Tu m'as délaissé, – déclaration du SEIGNEUR – tu es retourné en arrière ; alors j'étends la main sur toi et je te détruis, je suis las d'avoir du regret. Je les vanne aux portes du pays, je tue leurs enfants ; je fais disparaître mon peuple, qui n'est pas revenu de ses voies. (15:6-7)

Et de rappeler ainsi cette exclamation : "ils m'ont abandonné, moi, la source des eaux vives" (2:13). Alors Jérémie comprend ! Son faible espoir pour le peuple s’est évanoui, et il plonge dans la douleur…


 
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Jér.15:5 La douleur du prophète


La douleur du prophète - 15:5-18

Pouvons-nous imaginer le prophète, peut-être aux abords du Temple, approché par des prêtres ou quelques personnes d’entre le peuple, priant avec eux, criant à Dieu dans ce temps de famine et voyant l’impossibilité d’une réponse ? Non, mais ce qui paraissait propice à un travail dans les consciences et un retour vrai sur "les sentiers d'autrefois, le bon chemin…" (6:16), n’apporte pas de fruit… Et le SEIGNEUR qui lui dit :

Chasse-le de ma vue, qu'il s'en aille… (15:1)

Jérémie, si ardent pour le bien de son peuple, est violemment placé dans une grande solitude ! Alors monte ce cri vers Dieu :

Quel malheur pour moi, ma mère, que tu m'aies fait naître, moi, un homme de querelle et de dispute pour tout le pays ! Je n'emprunte ni ne prête, et pourtant tous me maudissent. (15:10)

Ah ! Il entravait le sommeil coupable du peuple et surtout celui de ses dirigeants ; il contrariait les prophètes de mensonge parlant de paix… Ce peuple ne préférait-il pas des paroles anesthésiantes ? En effet "mon peuple aime qu'il en soit ainsi !" (5:31) lui fut-il dit . Il se redit, comme à lui-même, les paroles du jugement de Dieu : "Le SEIGNEUR dit… malheur, détresse, pillage, exil…" (15:11-14) Et dans la douleur, il revient sur sa propre situation pour faire monter une supplication à son Dieu, rappelant ce qu’il endure pour Son Nom : "Reconnais que je supporte les outrages à cause de toi." (15:15)
 
Pourquoi donc s’est-il engagé dans le chemin du service, dans cette voie de douleur ? Cette page nous le montre.

Tes paroles se trouvaient là et je les ai dévorées ; ta parole a fait l’allégresse et la joie de mon cœur, car ton nom est invoqué sur moi, SEIGNEUR (YHWH), Dieu des Armées ! (15:16)

Cette parole de vérité qui le tient et qui fait sa joie, l’a conduit dans une grande solitude : "ta main me contraint à m'asseoir solitaire, car tu m'as rempli d'indignation" (15:17).La douleur lui brûle au-dedans, et il s’écrie encore, avec violence :

Serais-tu vraiment pour moi comme une source trompeuse, comme une eau à laquelle on ne peut pas se fier ? (15:18)

La source des eaux vives serait-elle une source trompeuse ? Comment ne pas s’arrêter, et se taire ? Déposer les armes et retourner à ses champs, cultiver tranquillement son lopin de terre ? Dire comme tant d'autres : "C'est inutilement que l'on sert Dieu !" (Malachie 3:14) Jérémie ne serait-il pas tenté d’arrêter ? Aurait-il regardé un peu en arrière, sentant sa grande douleur ? "Marche encore, Jérémie, poursuis ta route, je suis avec toi" semble lui répondre le SEIGNEUR !


 
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