05/12/2009

Jér.7 Temps de restauration


 

TEMPS DE RESTAURATION
622-629
 
Au temps de Josias
(Jérémie 7 à 10, 14 et 15)

 
LE LIVRE DE LA LOI RETROUVE
L'année 622

C’est un tout grand moment de l’histoire de Juda que celui-ci : le livre de la Loi est retrouvé !
Pour parcourir ces événements de la dix-huitième année du roi Josias, nous lisons au livre des Rois : 2 Rois 22:8 à 23:13, le texte écrit au plus près des événements. La même scène figure en 2 Chroniques 34:8 à 35:19, texte écrit après le retour de l’exil à Babylone.
Voilà six années déjà que Josias a entrepris de purifier Jérusalem et Juda ! Et le Temple, après ces années, n’est toujours pas restauré !
Notons que le Temple n’est pas vraiment bien grand… "Soixante coudées de longueur, vingt de largeur" (1 Rois 6:2), environ trente mètres sur dix, flanqué de chambres latérales sur trois niveaux autour du corps principal du bâtiment…
Les lévites demeurent dans leurs villages, à leurs champs, et les prêtres pareillement… Il semble que le roi soit bien seul et qu'il manque de moyens pour accomplir ce qu’il a vraiment à cœur… Mais les travaux avancent… Le Temple est ouvert, le grand-prêtre reprend en quelque sorte possession des lieux, il parcourt les locaux : le Lieu Saint et le Lieu Très Saint, ensuite les chambres latérales… Et voilà qu’un rouleau de parchemin se trouve là ! Perplexité ! Le rouleau est pris en main et il apparaît que c’est le rouleau du livre de la Loi ! Soulignons-le : c’est déjà la sixième année des travaux de purification de Juda !
 
Il y a lieu d’en parler au commanditaire des travaux ! Alors le grand-prêtre Hilqiya confie le rouleau à Shaphân, le scribe, lequel le porte au roi tout en rendant compte de sa propre mission ; il s'était rendu au Temple pour payer les ouvriers. "Shaphân, le scribe, dit encore au roi : Hilqiya, le prêtre, m'a donné un livre. Et Shaphân le lut à haute voix devant le roi." (2 Rois 22:10) Jusque là pas d’émotion… Mais lorsque Josias entendit les paroles du Livre, il bondit littéralement ! Ce n’est plus un enfant, il a vingt-six ans ; voilà dix ans déjà que, jeune encore, il s’était tourné vers le SEIGNEUR (YHWH), le Dieu de David, son aïeul ! Il a lancé les travaux… et voilà son engagement confirmé et béni par cette découverte. Mais la lecture du Livre est loin d’engendrer la satisfaction ! Elle produit dans cette âme sincère la stupeur, et une vive réaction. "Lorsque le roi entendit les paroles du livre de la loi, il déchira ses vêtements. Le roi donna cet ordre à Hilqiya, le prêtre, à Ahiqam, fils de Shaphân, à Akbor, fils de Michée, à Shaphân, le scribe, et à Asaya, serviteur du roi : Allez consulter le SEIGNEUR pour moi, pour le peuple et pour tout Juda, au sujet des paroles de ce livre qu’on a trouvé ; car grande est la fureur du SEIGNEUR. Elle s'est enflammée contre nous, parce que nos pères n'ont pas écouté les paroles de ce livre ; ils n’ont pas agi selon tout ce qui est écrit pour nous." (2 Rois 22:11-13)
 
Chant de triomphe ? Congratulations pour cette confirmation du travail du roi ? Accents triomphants ? Rien de tout cela ! La lecture de la Parole montre la situation dans laquelle se trouvait Juda. Josias comprend mieux que jamais, combien le peuple, son peuple, s’est éloigné de Dieu. Et, remarquons-le, ce ne sont pas des lévites ou des prêtres chargés de garder la Parole de Dieu qui sont au comble de l’émotion… Mais le jeune roi ! Il veut consulter le SEIGNEUR… Sophonie n’est peut-être plus là, Jérémie s’est déjà fait entendre, mais il n’est pas pris au sérieux… trop jeune… Il y a cependant des ressources. Il y a toujours une ressource dans le chemin du SEIGNEUR. Une prophétesse, une femme pleine de sagesse et de discernement… Les cinq émissaires du roi, des notables, s’en vont donc par les ruelles de Jérusalem jusqu’à la maison d’Houlda.
 
"Elle leur dit : Ainsi parle le SEIGNEUR, le Dieu d'Israël : Dites à l'homme qui vous a envoyés vers moi : Ainsi parle le SEIGNEUR, le Dieu d'Israël : Je fais venir sur ce lieu et sur ses habitants un malheur, toutes les paroles du livre qu'a lu le roi de Juda" (2 Rois 22:15-16). Nous devons lire la suite de ce passage ! Des paroles circonstanciées et sévères touchant l’état du peuple – "ils m’ont abandonné, dit le SEIGNEUR." Le message d’Houlda est sans appel, conforme à la parole de Sophonie, en phase avec les avertissements du jeune Jérémie… Ce ne sont pas les avertissements qui manquent, mais sont-ils seulement écoutés ? Josias écoute ! Houlda avait souligné : "Parce que ton cœur a été touché, parce que tu t'es humilié devant le SEIGNEUR en entendant ce que j'ai dit contre ce lieu et contre ses habitants… je te réunirai à tes pères, tu seras recueilli en paix dans ton tombeau, et tes yeux ne verront pas tout le malheur que je ferai venir sur ce lieu." (2 Rois 22:19-20)
 
Recevant rapport de ses émissaires, Josias réagit vivement : rassemblement des anciens, réunion de tout le peuple pour entendre les paroles du livre retrouvé dans le Temple, et proclamation d’un renouvellement de l’alliance par le roi lui-même. "Le roi se tenait sur l’estrade et, devant le SEIGNEUR, il conclut l’alliance en s’engageant à suivre le SEIGNEUR et à observer ses commandements, ses préceptes et ses prescriptions de tout son cœur et de toute son âme, afin de réaliser les paroles de cette alliance, écrites dans ce livre ; et tout le peuple adhéra à l’alliance." (2 Rois 23:3)
 
Il s’ensuit la destruction des hauts-lieux idolâtres, et avant tout de l’Ashère, l’image idolâtre qui se trouvait dans le Temple ! Ceci nous laisse entendre ce que valaient les premiers travaux de réfection de la Maison de Dieu ! Il y a dix ans déjà que le roi s’est tourné vers Dieu et six qu’il milite pour un retour au SEIGNEUR… Les travaux de réfection sont en cours, mais il fallut l’intervention personnelle du roi pour que le travail avance…
 
Les événements paraissent se succéder vivement maintenant, et la purification s’étend hors de Jérusalem et même jusqu’aux villes de la Samarie… Le roi ne s’arrête pas là ! Les prêtres doivent reprendre leur service. Et la fête de la Pâque est célébrée ! Cette fête qui célèbre la sortie d’Égypte, qui fut inaugurée le jour même du départ du peuple pour le pays ruisselant de lait et de miel. Pays qu'ils avaient fini par vouer aux idoles, ayant préféré imiter les nations voisines… Le roi donna cet ordre à tout le peuple : "Célébrez la Pâque pour le SEIGNEUR, votre Dieu, comme il est écrit dans ce livre de l’alliance. On n’avait pas célébré une telle Pâque depuis les jours où les juges gouvernaient Israël, pendant tous les jours des rois d’Israël et des rois de Juda. C’est seulement la dix-huitième année du roi Josias qu’on célébra cette Pâque pour le SEIGNEUR à Jérusalem." (2 Rois 23:21-23)
 
L’élan du roi fortifié par la lecture du Livre retrouvé, la célébration grandiose de la fête au SEIGNEUR, l’engagement du peuple… N’est-ce pas un grand tournant dans l’histoire de Juda ? A la lecture de cette page, nous comprenons combien la célébration fut impressionnante, tant la ferveur du roi était grande ! Une question se pose toutefois : Le peuple a suivi, mais se sont-ils amendés ? Ou ne font-ils que suivre le roi au Temple, comme ils avaient suivi les rois précédents dans leurs célébrations idolâtres et sur les hauts-lieux dédiés aux Ashères et aux Baals ?
 
Le peuple réalise-t-il que Dieu n’est pas sensible aux grandes manifestations, à la grandeur des services religieux, mais "Il regarde au cœur" (1 Samuel 16:7) ? Est-ce tout de changer de cap et de dire bien fort, à la suite de conducteurs religieux : "Le Temple, le Temple du SEIGNEUR" (7:4) et de se donner bonne conscience par la possession du texte de "la Loi du SEIGNEUR" (8:8) ? Ces grandes proclamations sont-elles garantes d’un avenir digne et paisible si le cœur n’est pas amendé, si l'homme ne réalise pas qu'il est sous le regard de son Créateur ?
 
Que le Parvis du Temple fut noir de monde n'était pas surprenant ! L’événement était extraordinaire, un fait nouveau, du jamais vu pour cette génération… et la foule a pu clamer d’une seule voix le renouvellement de l’alliance. Mais le livre des Chroniques souligne combien ce mouvement était dû au seul roi et à son fort ascendant sur le peuple : "Le roi se tenait debout à sa place, et, devant le SEIGNEUR, il conclut l’alliance… Il fit adhérer tous ceux qui se trouvaient à Jérusalem et en Benjamin…" (2 Chroniques 34:31-32)
 
Quant à Jérémie, ses annonces de désastre paraissent bien déplacées après cet événement ! Que raconte donc ce jeune homme discourant aux portes du Temple ? Ces questions, on pouvait bien se les poser après avoir "vécu" ce grand mouvement public initié par Josias ! Jérémie n’aurait-il pas dû chanter en chœur avec le peuple qui avait renouvelé l’alliance avec son Dieu ? Et peut-être reprendre sa place dans sa famille et participer aux tâches sacerdotales ?


 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
Texte complet, avec notices historiques
et liens dynamiques avec les références citées, sur le site :
Que dit l'Évangile ?

 

Jér.7:1 Discours du Temple


 

DISCOURS DU TEMPLE
Jérémie 7 à 10

Jérémie ne pourrait aller plus à contre-courant ! Le peuple est conduit par un roi fidèle, les hauts-lieux dédiés aux idoles sont abattus, la restauration du Temple s’accélère, la Pâque vient d'être célébrée comme jamais elle ne le fut… Et le prophète annonce un désastre !

Tiens-toi à la porte de la maison du SEIGNEUR pour y proclamer cette parole : Ecoutez la parole du SEIGNEUR, vous tous, gens de Juda qui entrez par ces portes pour vous prosterner devant le SEIGNEUR. (7:2)

Jérémie doit parler aux foules qui franchissent le seuil du Temple !
Le temple demeurera toujours un objet de fierté, comme nous lisons à propos du Second Temple, embelli par Hérode le Grand, en Marc 13:1-2 : "Maître, regarde, quelles pierres et quels bâtiments ! Et Jésus, répondant, lui dit : Tu vois ces grands bâtiments ? il ne sera point laissé pierre sur pierre qui ne soit jetée à bas !"
Il s’adresse à ceux qui passent, ceux qui montent au parvis comme on franchit le seuil d’une église ou d’un quelconque lieu de culte… Au temps où nous sommes arrivés, le Temple a retrouvé un peu de son lustre d’antan, la réparation des brèches progresse, les artisans et ouvriers sont au travail, et chacun peut s’enorgueillir de cette nouvelle vie du sanctuaire… Ces travaux tranchaient sur ce qui s’était produit au cours du siècle passé. Ceux-là furent signes de profanation ou de ruine. Achaz, vers les années 730, s’étant encouru à Damas pour se prosterner devant le roi d’Assyrie, en revint avec le modèle d’un autel impressionnant qu’il vit dans un temple d’idole, et en fit construire la copie pour remplacer l’autel des holocaustes au SEIGNEUR ! (2 Rois 16:10-15) Ézéchias, son fils, bisaïeul de Josias, roi fidèle, face aux menaces d’une puissance conquérante, a dû dépouiller le temple pour en donner l’or au roi d’Assyrie (2 Rois 18:16), mais cette situation est révolue, le Temple est en voie de restauration; et Jérémie, décidément "prophète de malheur", doit avertir le peuple d’un désastre en vue… A contre-courant ! Comme il le sera tout au long de sa vie ! Réfléchissons un instant à la manière dont un tel prédicateur serait reçu en notre temps, aux abords d’un grand édifice religieux, avertissant de la part de Dieu, parlant des jugements devant concerner la planète entière… L’écouterait-on ? Le laisserait-on seulement parler ?

Bible, Evangile, Dieu, Jésus, Christ, Evangile, Prophète, Israël, Loi de Moïse, Jérémie, Foi, Eternité, Vie, Royaume, Salut, Rédemption, Réconciliation, Adoption

Jér.7:2 "Le Temple de l'Eternel"


 

Le Temple du SEIGNEUR ! - 7:1-15

Des croyants fervents, mais aussi des chalands, de ceux qui hier allaient vers les hauts-lieux idolâtres à la suite du roi Manassé et de son fils Amôn, se rendent aujourd'hui au Temple ! Et on pouvait entendre cette foule disant :

C'est ici le Temple du SEIGNEUR, le Temple du SEIGNEUR, le Temple du SEIGNEUR ! (7:4)

Oui, des gens montent au Temple, chacun avec ses propres sentiments, sa propre vérité… Il suffit de penser à la réalité des personnes qui fréquentent un office religieux… L'un s'y rend avec foi, l'autre par habitude, un troisième par convenance… Dieu seul connaît ce qui est dans un homme.
Jean 2:24-25 : Mais Jésus lui, ne se fiait pas à eux, parce qu'il les connaissait tous et parce qu’il n'avait pas besoin qu’on lui présente un témoignage sur l’homme : lui-même connaissait ce qui était dans l'homme.
Comment vivent-ils leur pratique journalière ? Sont-ils justes avec leurs prochains, et particulièrement les plus faibles : la veuve, l’orphelin, l’étranger ? Car, que vaut une pratique religieuse s'il n'y a pas de crainte de Dieu (7:5?6) ? Que sont les édifices religieux et que sont les grandes célébrations, si l’on ne vit pas dans la conscience du regard de Dieu auquel rien n’échappe, qui plus est lorsque la piété des uns devient objet de lucre pour d'autres ?
Jean 2:15-16 : Il fit un fouet de cordes et les chassa tous hors du temple, avec les moutons et les bovins ; il dispersa la monnaie des changeurs, renversa les tables et dit aux vendeurs de colombes : Enlevez tout cela d’ici ! Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce !

Est-elle à vos yeux une caverne de bandits, cette maison sur laquelle mon nom est invoqué ? Cela, je l'ai vu moi-même ! – déclaration du SEIGNEUR. (7:11)

Il lui fallait bien du courage pour prononcer son discours ! Dire au peuple que ce Temple allait être détruit ! Ce Temple qui faisait leur fierté et leur confiance… Clamer ces choses aux oreilles d'une foule habituée aux paroles tranquillisantes de leurs prêtres et de leurs faux prophètes (5:31) !

Mais vous mettez votre confiance dans des paroles mensongères, qui ne servent à rien. Pourriez-vous donc voler, assassiner, commettre l'adultère, faire de faux serments, offrir de l'encens au Baal, suivre d'autres dieux que vous ne connaissez pas, puis venir vous tenir debout devant moi dans cette maison sur laquelle mon nom est invoqué, et dire : Nous sommes délivrés ! – pour commettre toutes ces abominations ? (7:8-10)

Ces faux prophètes qui proclament des paroles de mensonge, nous les voyons à l’œuvre ! La conscience cautérisée, comme lorsqu’on se targue d’être les plus purs, tandis que dans le journalier, on tolère ou même pratique la méchanceté… Dix ans après ces événements, Jérémie s’écriera au Nom du SEIGNEUR, à cause de ces faux prophètes : "Mon cœur est brisé au dedans de moi, tous mes os frémissent… Car le pays est rempli d'adultère ; le pays est en deuil à cause de la malédiction, les pâturages du désert sont desséchés… Prophètes et prêtres se livrent à la profanation ; même dans ma maison j'ai trouvé le mal qu'ils font – déclaration du SEIGNEUR." (23:9-11)
 
Mais aujourd’hui, aux temps de Josias, en ces moments d’élan, Jérémie comprend-il ? Réalise-t-il la gravité de la situation de ce peuple ? N’espère-t-il pas que sa parole puisse être entendue, que le peuple se repente afin que n’arrive pas le terrible jugement ? N’est-il pas pénétré tout à la fois de la miséricorde de Dieu et de l’ampleur du désastre annoncé comme lorsqu’il disait : Mes entrailles ! Mes entrailles ! Je souffre de toutes les fibres de mon cœur ! Mon cœur frémit, je ne peux pas garder le silence… (4:19 et suivants) Hélas ! Pas d’espoir, ses supplications sont vaines :

Quant à toi, ne prie pas pour ce peuple, n’élève pour eux ni cri ni prière, n'intercède pas auprès de moi, car je ne t'entendrai pas. (7:16)

Une réalité effroyable : le Dieu de miséricorde a créé l’homme libre de ses choix, et la situation est telle que seul un traumatisme national peut conduire à un salutaire retour, à un vrai retour au SEIGNEUR, afin qu’Il puisse bénir, chérir, conduire ses brebis aux verts pâturages, aux eaux paisible (Psaume 23:2), comme lorsque s’élèvera la grande confession dont parlera Zacharie après le retour d’exil (Zacharie 12:10-14), ce temps de retour sur soi que représente la fête du Grand Pardon, au septième mois (Lévitique 23:27-29).


 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
Texte complet, avec notices historiques
et liens dynamiques avec les références citées, sur le site :
Que dit l'Évangile ?

 

Jér.7:16 Ne prie pas pour ce peuple!


 

Ne prie pas pour ce peuple ! - 7:16-34

Jérémie peut-il comprendre qu’il n’y a plus d’autre chemin ? Il est épris de la bonté de Dieu. Son cœur le porte à intercéder. Pourquoi ne prierait-il pas ? Pourquoi des supplications pour ce peuple seraient-elles inutiles ? Comprend-il que ses prières ne peuvent ôter au peuple sa propre responsabilité, ne peuvent lui éviter de se trouver devant Dieu ! Si le malheur doit venir, c’est pour que le retour à Dieu s’opère, c’est en vue de la bénédiction ! Et ainsi il est dit à Jérémie, plus d'une fois : "Ne prie pas pour ce peuple ! (11:14 ;14:11 ;15:1) Et ici, comme à chacune de ses interrogations, Dieu répond ! Et il l’invite à regarder par lui-même ce qui se passe : "Va voir, Jérémie, regarde de tes yeux…".

Ne vois-tu pas ce qu'ils font dans les villes de Juda et dans les rues de Jérusalem ? Les fils ramassent du bois, les pères allument le feu, les femmes pétrissent la pâte pour faire des gâteaux à la reine du ciel. (7:17-18)

Ils célèbrent la Reine du ciel !
Ce titre se rapporte à une idole phénicienne, Astarté, appelée aussi "l'horreur des Sidoniens" (2 Rois 23:13). Cette même divinité féminine réapparaît dans d'autres nations païennes, comme la Semiramis des Babyloniens, l'Astarté assyrienne, l'Isis des Egyptiens, l'Aphrodite des Grecs, le Vénus des Romains. Chacune de ces déesses était adorée comme la Reine des Cieux. Voir 44:17-25.
Que faire alors ? Rappeler la pensée de Dieu, souligner sa volonté de bénir, oser ouvrir la bouche en sachant qu’ils n’écouteront pas ! Surtout ne pas laisser ce peuple sans un message rappelant de la part de Dieu sa volonté de bénir, son but d’avoir autour de Lui des hommes qui se trouvent bien sous son regard :

Voici plutôt l'ordre que je leur ai donné : Ecoutez-moi ! Alors je serai votre Dieu, et vous, vous serez mon peuple. Suivez bien la voie que je vous prescris, afin que vous soyez heureux. (7:23)

Goûter sa bonté, ses soins, en un lieu exempt de larmes… Dans ces pages marquées d’une alternance d’instructions au prophète et de paroles qu’il doit prononcer, nous avançons dans la compréhen-sion de l’état effroyable du peuple après des décennies d’idolâtrie… Et le prophète sait qu’il n’y aura pas de retour du peuple :

Si tu leur dis tout cela, ils ne t'écouteront pas ; si tu cries vers eux, ils ne te répondront pas. (7:27)

Plus de gloire ! Il coupe sa chevelure, expression de sa consécration de Nazir de Dieu, cette chevelure qui atteste son engagement, selon l'Écriture : Pendant tous les jours du vœu de son naziréat, le rasoir ne passera pas sur sa tête. (Nombres 6:5) Ce signe ne sert à rien face à un peuple indifférent aux appels de son Dieu :

Coupe ta chevelure de nazir et jette-la ! Sur les pistes du désert entonne une complainte ! Car le SEIGNEUR rejette et délaisse la génération qui a provoqué sa colère. (7:29)

Le roi Josias recherche le SEIGNEUR, mais il ne semble pas encore en mesure d’exercer son autorité face à l'abominable courant idolâtre qui sévit à Jérusalem tandis qu'à Topheth brûle toujours le feu pour les sacrifices humains offerts à Moloch (7:32, 2 Rois 23:10).


 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
Texte complet, avec notices historiques
et liens dynamiques avec les références citées, sur le site :
Que dit l'Évangile ?

 

Jér.8:1 Un égarement continuel


 

Un égarement continuel - 8:1-7

Dieu placera devant eux le chemin de la vie, comme il est écrit : "Regarde, j'ai placé aujourd'hui devant toi la vie et le bonheur, la mort et le malheur." (Deutéronome.30:15) C’est un sujet de méditation pour tous les temps ! Mais quel est leur choix ? Entendent-ils seulement l'annonce du désastre ?

La mort sera préférable à la vie pour tout le reste de ce peuple mauvais, dans tous les lieux où je les aurai bannis – déclaration du SEIGNEUR (YHWH) des Armées. (8:3)

Vient ensuite le message à proclamer à la porte du Temple : Tu leur diras : Ainsi parle le SEIGNEUR :

Tombe-t-on sans se relever ? Se détourne-t-on sans revenir ? (8:4)

Quel encouragement ! Il y a toujours un retour possible pour celui qui s’est égaré.
Luc 15:11-32 : … le plus jeune fils convertit en argent tout ce qu’il avait et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en vivant dans la débauche… ton frère que voici était mort, et il a repris vie, il était perdu, et il a été retrouvé !
Mais Dieu regarde avec attention, Il écoute, et la question est là :

Pourquoi donc ce peuple de Jérusalem se montre-t-il rebelle par une continuelle infidélité ? Ils persistent dans la tromperie, ils refusent de revenir. Je suis attentif, j'écoute : ils ne parlent pas comme ils devraient ; aucun ne regrette son mal et ne dit : Qu'ai-je fait ? (8:5-6)

Et ils osent se targuer d'être les dépositaires de la Loi du SEIGNEUR ! N’ont-ils pas proclamé le renouvellement de l’alliance il y a quelques mois ?


 
Extrait du livre
"LE PROPHETE JEREMIE, l'homme en son temps"
Texte complet, avec notices historiques
et liens dynamiques avec les références citées, sur le site :
Que dit l'Évangile ?