27/06/2013

Exode 30 - Expression de l'Alliance


 

L'expression de l’Alliance

 
Vivre l’Alliance est un exercice journalier, dès le commencement du jour : "Éternel ! le matin, tu entendras ma voix ; le matin, je disposerai ma prière devant toi, et j'attendrai" (Psaume 5:3). Et se poursuit jusqu’au soir : "Que ma prière vienne devant toi comme l'encens, l'élévation de mes mains comme l'offrande du soir !" (Psaume 141:2). Aussi l’Alliance est elle rappelée matin et soir par l’offrande de l’holocauste perpétuel. Et la confiance, chaque jour fortifiée, conduit à la louange*. Ainsi arrivons-nous à la présentation de l’autel des parfums et du service journalier accompli dans le Lieu saint.
* "Offrons donc, par lui, sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom." (Hébreux 13:15).
Dans ce service, il ne s’agit plus d’un rituel de mémorial, comme il en est de l’holocauste perpétuel, mais d’un mouvement de l’homme vers Dieu. Ceci conduit directement à la question de l’adhésion des fils d’Israël à l’alliance, et le dénombrement enseignera les Israélites quant à leur responsabilité personnelle d’entrer dans l’Alliance ; ils seront alors placés devant le prix de leur propre rachat. Enfin, pour terminer, les ablutions rituelles nous montreront l’état d’esprit dans lequel s’approcher de Dieu.

 
L’holocauste du matin et du soir

 
Du vêtement du grand prêtre à la cérémonie de consécration de la famille sacerdotale, le plan de Dieu est déployé et les bases sont établies pour que l’Alliance ait une expression concrète. L’attention de Dieu sur son peuple choisi est soulignée dans la composition du vêtement du grand prêtre. De même que les pains sont disposés dans le sanctuaire, les noms des douze tribus sont gravés sur les épaulières et sur les pierres du pectoral. Le grand prêtre porte aussi "Les Urim et les Thummim", exprimant symboliquement "les jugements de Dieu", ou plutôt la représentation de sa guidance du peuple, comme "la houlette et le bâton" du berger (Psaume 23:4).
 
Du côté de l’homme, une classe sacerdotale est établie, sanctifiée et préparée pour soutenir la permanence de la relation des hommes avec Dieu. Les prêtres sont là pour veiller à ce que l’Alliance ne soit pas oubliée. Et nous voici placés devant un service essentiel, confirmation de la permanence de la promesse, du maintien de l’Alliance.
 
Nous avons lu plus haut d’autres services réguliers : le remplacement hebdomadaire des pains de proposition (25:30). et l’entretien des lampes du Chandelier (27:20-21). Il s’agissait à cet endroit de maintenir, de tenir en ordre, ces symboles de la pensée de Dieu touchant l’Alliance avec son peuple, une réalité permanente, quoiqu’il advienne du peuple lui-même, quel que fut le chemin sur lequel il se trouve. L’Israélite fidèle ne peut entrer dans le sanctuaire, mais il peut connaître la présence de ces symboles et être, par la Parole de Dieu, assuré de la réalité qu’ils représentent. Même quand le Temple sera détruit, à Babylone, la foi connaîtra – sans symbole – que la pensée de Dieu demeure et que ses promesses s’accompliront.
 
Dans le service à l’autel, les holocaustes du matin et du soir, nous voyons le côté de l’homme et sa responsabilité de maintenir la mémoire de la bénédiction annoncée. Ce service visible par tout adorateur franchissant le seuil du Parvis doit ranimer la ferveur du peuple et son attachement à l’Alliance.
 
Chaque jour, la mémoire de l’Alliance devait être maintenue par l’offrande de l’holocauste journalier. Un service continuel exécuté au lever du soleil, et au couchant, lorsqu’un nouveau jour commence, suivant la manière de compter les jours selon la Bible : "Il y eût soir, il y eût matin" (Genèse 1:5).

38 Et voici ce que tu offriras sur l'autel : deux agneaux d'un an, chaque jour, continuellement ; 39 tu offriras l'un des agneaux le matin, et le second agneau tu l'offriras entre les deux soirs, 40 et un dixième de fleur de farine, pétrie avec un quart de hin d'huile broyée, et une libation d'un quart de hin de vin, pour un agneau. 41 Et tu offriras le second agneau entre les deux soirs ; tu l'offriras avec la même offrande de gâteau qu'au matin, et la même libation, en odeur agréable, un sacrifice par feu à l'Éternel.
 
42 Ce sera l'holocauste continuel en vos générations, à l'entrée de la tente d'assignation, devant l'Éternel, où je me rencontrerai avec vous pour y parler avec toi. 43 Et je me rencontrerai là avec les fils d'Israël, et la tente sera sanctifiée par ma gloire. 44 Et je sanctifierai la tente d'assignation et l'autel ; et je sanctifierai Aaron et ses fils, afin qu'ils exercent la fonction sacerdotale devant moi. 45 Et j'habiterai au milieu des fils d'Israël, et je leur serai Dieu ; 46 et ils sauront que moi, l'Éternel, je suis leur Dieu, qui les ai fait sortir du pays d'Égypte, pour habiter au milieu d'eux. Je suis l'Éternel, leur Dieu.

L’holocauste est le service par excellence, offrande d’un agneau d’un an répondant à la parole d’Abraham : "Dieu se pourvoira de l'agneau pour l'holocauste" (Genèse 22:8). En le présentant, le prêtre rappelle qu’il est répondu parfaitement à la gloire de Dieu par l’offrande du sacrifice dont Il s’est pourvu : "un holocauste, un sacrifice par feu, une odeur agréable à l'Éternel" (Lévitique 1:9). Et cet offrande est accompagnée d’un pain pétri à l’huile et d’une libation de vin, évoquant la parole de Dieu et sa joie dans l’accomplissement de son œuvre. Le prêtre emploie pour cette libation les ustensiles disposés sur la Table, avec les Pains de proposition, selon qu’il est écrit :  "mes délices étaient dans les fils des hommes" (Proverbes 8:31).
 
"Et ils sauront que moi, je les ai fait sortir d’Égypte pour habiter au milieu d’eux." Les dernières lignes de notre paragraphe nous permettent d’entrer dans cette joie de Dieu, sa joie à bénir, à apporter la paix aux hommes. Le peuple connaissait les difficultés du désert, et les connaît toujours, mais, regardant à ces services, et en tout temps à la Parole de Dieu, il peut se souvenir de jour en jour, dans la lumière comme dans les veilles de la nuit, que la pensée de Dieu est une pensée de paix. Un prophète leur dira, à la veille des grandes ruines de la déportation : "C'est pourquoi, voici, moi, je l'attirerai, et je la mènerai au désert, et je lui parlerai au cœur" (Osée 2:14).
 
En considérant ces services du Tabernacle, ils auront au cœur cette confiance que le Seigneur habite au milieu d’eux. Non dans le Tabernacle, ni dans le Temple (1 Rois 8:27), mais accompagnant son peuple pour le soutenir et le faire vivre !
 
Telle est la charge des prêtres, la charge primordiale : maintenir au cœur cette réalité de la présence de Dieu avec eux, soutenir leur foi.

 
L'autel de l'encens

 
Les hommes de foi, parmi les Israélites, auront une réelle confiance en l’habitation de Dieu au milieu d’eux : "Et toi, tu es saint, toi qui habites au milieu des louanges d'Israël" (Psaume 22:3). Et cette confiance produit la louange ! C’est la réponse du cœur qu’apporte le fidèle*.
* "Marie donc, ayant pris une livre de parfum de nard pur de grand prix, oignit les pieds de Jésus et lui essuya les pieds avec ses cheveux ; et la maison fut remplie de l'odeur du parfum." (Jean 12:3).
La louange trouve son symbolisme dans le parfum de l’encens répandu. C’est ici qu’intervient une nouvelle pièce au mobilier du Lieu saint. Une symbolique tout autre que la Table des Pains et le Chandelier, lesquels ont trait à la pensée de Dieu. Ici nous voyons le mouvement de cœur du fidèle qui a mis sa confiance en Dieu.
 
L’autel des parfum, un meuble de bois de sittim tout couvert d’or, est bien modeste dans ses dimensions : une table de moins d’un demi mètre de côté pour quelque quatre-vingt dix centimètres de haut. Il est placé dans le Lieu saint, juste devant le voile qui ferme l’entrée au Lieu très saint.

30   1 Et tu feras un autel pour faire fumer l'encens ; tu le feras de bois de sittim ; 2 sa longueur sera d'une coudée, et sa largeur d'une coudée ; il sera carré ; et sa hauteur sera de deux coudées ; ses cornes seront tirées de lui. 3 Et tu le plaqueras d'or pur, le dessus et ses parois, tout autour, et ses cornes. Et tu lui feras un couronnement d'or tout autour ; 4 et tu lui feras deux anneaux d'or au-dessous de son couronnement, sur ses deux côtés ; tu les feras à ses deux coins, et ils serviront à recevoir les barres, pour le porter par elles ; 5 et tu feras les barres de bois de sittim, et tu les plaqueras d'or. 6 Et tu le mettras vis-à-vis du voile qui est devant l'arche du témoignage, vis-à-vis du propitiatoire qui est sur le témoignage, où je me rencontrerai avec toi.
 
7 Et Aaron y fera fumer l'encens des drogues odoriférantes ; chaque matin, il le fera fumer quand il arrangera les lampes. 8 Et quand Aaron allumera les lampes, entre les deux soirs, il le fera fumer, - un encens continuel devant l'Éternel, en vos générations. 9 Vous n'y brûlerez pas d'encens étranger, ni d'holocauste, ni d'offrande de gâteau ; et vous n'y verserez pas de libation. 10 Et Aaron fera propitiation pour les cornes de l'autel une fois l'an ; il fera propitiation pour l'autel une fois l'an, en vos générations, avec le sang du sacrifice de péché des propitiations. C'est une chose très-sainte à l'Éternel.

Sur cet autel, chaque soir – c’est le moment où une nouvelle journée commence – le grand prêtre fera fumer l’encens sur cet autel lorsqu’il pénètre au sanctuaire pour arranger les lampes. Il apporte ainsi symboliquement l’expression de la reconnaissance de tout un peuple, et sa louange à Dieu.

 
Le dénombrement et le prix du rachat

 
Tout ce déploiement de symboles pourrait paraître étranger au Israélites n’appartenant pas à la famille d’Aaron, aussi était-il bien important d’établir le lien du peuple avec les Lieux saints ; et de l’établir par un geste symbolique particulièrement significatif, pour que les fils d’Israël puissent avoir à l’esprit que chacun est un "racheté" du Seigneur. Un signe aussi pour les générations à venir.

11 Et l'Éternel parla à Moïse, disant : 12 Quand tu relèveras le nombre des fils d'Israël selon leur dénombrement, ils donneront chacun une rançon de son âme à l'Éternel, lorsque tu en feras le dénombrement, afin qu'il n'y ait pas de plaie au milieu d'eux quand tu en feras le dénombrement. 13 Voici ce que donneront tous ceux qui passeront par le dénombrement : un demi-sicle, selon le sicle du sanctuaire, à vingt guéras le sicle, un demi-sicle en offrande à l'Éternel. 14 Tous ceux qui passeront par le dénombrement, depuis l'âge de vingt ans et au-dessus, donneront l'offrande de l'Éternel. 15 Le riche n'augmentera pas, et le pauvre ne diminuera pas le demi-sicle, lorsque vous donnerez l'offrande de l'Éternel pour faire propitiation pour vos âmes. 16 Et tu prendras des fils d'Israël l'argent de la propitiation, et tu le donneras pour le service de la tente d'assignation, et il sera pour les fils d'Israël un mémorial devant l'Éternel, afin de faire propitiation pour vos âmes.

La grande leçon est ce prix unique du rachat : un demi-shékel pour une âme, quelle que soit la personne, sa notoriété, son état moral, sa fortune… Ceci pour nous dire qu’il n’y a pas de différence devant Dieu, que chaque âme est au même titre précieuse pour Lui : "car l'Éternel, votre Dieu, est le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, puissant, et terrible, qui ne fait point acception de personnes…" (Deutéronome 10:17).
 
Cet argent ainsi rassemblé, les Israélites le retrouvent comme bases des ais du tabernacle, expression particulièrement parlante de la place qu’occupent les hommes dans la présence de Dieu sur le fondement du rachat*. Il se retrouve aussi au Parvis, les crochets et les tringles qui assurent la stabilité de l’enceinte.
* "Et ils s'en étonnèrent excessivement, disant entre eux : Et qui peut être sauvé ? Et Jésus, les ayant regardés, dit : Pour les hommes, cela est impossible, mais non pas pour Dieu ; car toutes choses sont possibles pour Dieu." (Marc 10:26-27).
Il y a dans ces agencements, pour tout Israélite, de quoi réfléchir. L’attachement à la Loi est le signe essentiel de la foi d’un homme, de son adhésion à la pensée de Dieu. Les Tables posées dans l’Arche nous parlent de ceux qui ont ainsi adhérer, et le Propitiatoire aspergé du sang de l’agneau montrent l’approbation de Dieu et l’entrée dans Sa présence des hommes "craignant Dieu" comme on le dit, ce qui pourrait mieux s’exprimer par "aimant marcher dans le chemin de Dieu". Les ais posés sur les bases d’argent expriment les hommes tirés de la terre et introduits dans la présence de Dieu, parés de gloire, sur le pieds de la rédemption, du rachat. Ainsi, l’homme "craignant Dieu" entre dans le sanctuaire non par ses propres mérites, mais sur le fondement du rachat, par la miséricorde de Dieu qui dit : "Je ferai grâce à qui je ferai grâce, et je ferai miséricorde à qui je ferai miséricorde" (33:19). Et il fait grâce à quiconque adhère à la révélation qu’il a reçue.

 
Les ablutions rituelles

 
Ceci étant, nous revenons à la famille sacerdotale qui illustre l’entrée dans les lieux saints et les divers services qui sont accomplis devant Dieu. Suffit-il d’être racheté pour se présenter devant Dieu ? Suffit-il même d’être consacré ? L’homme est-il constant pour se tenir sans faille sur la cime tout au long de son chemin ? Poser la question, c’est y répondre. Et pour l’aider, une symbolique est mise en place, à savoir les ablutions rituelles*. Accomplissement de forme, sans doute, mais rappel évident de la réalité que le symbole sous-tend.
* "Celui qui a tout le corps lavé n'a besoin que de se laver les pieds ; mais il est tout net…" (Jean 13:10). "Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est pas en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité." (1 Jean 1:8-9).
Ainsi une cuve de bronze fut coulée, elle est placée entre la Tente de la Rencontre et l’Autel des holocaustes, pour que les prêtres s’y lavent les mains et les pieds avant de pénétrer dans les Lieux saints ou d’assurer le service de l’autel.

17 Et l'Éternel parla à Moïse, disant : 18 Tu feras aussi une cuve de bronze, et son soubassement de bronze, pour s'y laver ; et tu la mettras entre la tente d'assignation et l'autel, et tu y mettras de l'eau ; 19 et Aaron et ses fils y laveront leurs mains et leurs pieds. 20 Quand ils entreront dans la tente d'assignation, ils se laveront avec de l'eau, afin qu'ils ne meurent pas, ou quand ils s'approcheront de l'autel pour faire le service, pour faire fumer le sacrifice fait par feu à l'Éternel. 21 Ils laveront leurs mains et leurs pieds, afin qu'ils ne meurent pas ; et ce leur sera un statut perpétuel, pour Aaron et pour sa semence, en leurs générations.

Chose remarquable : "il fit la cuve de bronze, et son soubassement de bronze, avec les miroirs des femmes qui s'attroupaient à l'entrée de la tente d'assignation" (38:8). Quel progrès lorsqu’une âme passe du regard de soi sur soi à la considération de ce qu’elle est devant Dieu, et veille alors à se présenter devant Lui comme il convient, se lavant les mains et les pieds avant de s’avancer en paix dans sa présence !
 
Telles sont les grandes leçon que nous apporte l’édification du Tabernacle, expression de la présence de Dieu auprès de l’homme – le Livre des Commencements nous en parle déjà en paraboles (Genèse 3:8, 4:6). – et même de son désir d’être avec eux dans leur cheminement (Jérémie 23:23), jusqu’à ce qu’Il les introduise dans les demeures éternelles (Zacharie 14:8-9).

 
Les parfums du sanctuaire

 
La révélation du plan rédempteur, les soins attentifs de Dieu sur les rachetés, les symboles de la réponse de Dieu quant à la responsabilité de l’homme et le don du sacrifice expiatoire, la conscience personnelle du rachat et les ablutions pour entrer dans la présence de Dieu conduisent les rachetés à goûter cette paix dans laquelle ils sont accueillis et jouir de l’atmosphère qui règne dans la présente ce Dieu.
 
C’est ainsi que le texte revient sur les parfums du sanctuaire. Ils ont été évoqués, mais que sont-ils ? En s’approchant de Dieu en vérité, le fidèle apprend à apprécier le parfum de sa présence. Le racheté goûte l’atmosphère morale et spirituelle qui y règne et peut exprimer sa joie : "Les cordeaux sont tombés pour moi en des lieux agréables ; oui, un bel héritage m'est échu." (Psaumes 16:6).

 
L’huile de l’onction
L’huile de l’onction est, avant tout autre usage, répandue sur la tête d’Aaron, le symbole du cœur de la bénédiction (29:7 et Psaume 133) et ensuite, mêlé au sang du sacrifice, sur les prêtres et le tabernacle. Et si la composition nous est précisément donnée, elle ne pouvait être préparée qu’à cette fin.
 
Cette huile précieuse est composée des aromates les plus excellents (30:22-33). La "myrrhe franche" est la sève d'un arbre d'Arabie, s'écoulant de l'arbre librement, se donnant ainsi volontairement. La "cinnamome aromatique" est une huile essentielle tirée de l’écorce du cannelier, arbre toujours vert, il reste toujours "Le Même" (Psaume 102:27). Le "roseau aromatique", autre huile essentielle, est tirée d’une sorte de roseau, plante modeste et douée d’un parfum exquis. La "casse", ou "Ketsia" est produite par un arbre majestueux également de la famille des canneliers...

22 Et l'Éternel parla à Moïse, disant : 23 Toi, prends des aromates les plus excellents : de la myrrhe franche, cinq cents sicles, et du cinnamome aromatique, moitié autant, deux cent cinquante sicles, et du roseau aromatique, deux cent cinquante, 24 et de la casse, cinq cents, selon le sicle du sanctuaire, et un hin d'huile d'olive. 25 Et tu en feras une huile pour l'onction sainte, une préparation composée, d'ouvrage de parfumeur : ce sera l'huile de l'onction sainte.
 
26 Et tu en oindras la tente d'assignation, et l'arche du témoignage, 27 et la table et tous ses ustensiles, et le chandelier et ses ustensiles, et l'autel de l'encens, 28 et l'autel de l'holocauste et tous ses ustensiles, et la cuve et son soubassement ; 29 et tu les sanctifieras, et ils seront très-saints ; quiconque les touchera sera saint. 30 Et tu oindras Aaron et ses fils, et tu les sanctifieras pour exercer la fonction sacerdotale devant moi. 31 Et tu parleras aux fils d'Israël, disant : Ce sera pour moi l'huile de l'onction sainte en vos générations ; 32 on n'en versera pas sur la chair de l'homme, et vous n'en ferez point de semblable dans ses proportions : elle est sainte, elle vous sera sainte. 33 Quiconque en composera de semblable, et en mettra sur un étranger, sera retranché de ses peuples.

Les parfums de l’huile sont en trois parts égales. La première, la myrrhe franche peut nous parler de Celui qui s'est donné lui-même (Zacharie 13:5-7, Psaume 40:6-7)*. La deuxième part est double, deux parfums en parts égales, le cinnamome aromatique et le roseau aromatique. Nous y voyons Celui qui, sans cesser d’être lui-même, s’est abaissé pour être le serviteur parfait (Ésaïe 42:2-4, Psaume 8:5)**. Et enfin, l’arbre majestueux duquel est extraite la casse annonce la gloire (Ésaïe 52:13, Psaume 110)***.
* "C'est pourquoi, en entrant dans le monde, il dit : Tu n'as pas voulu de sacrifice ni d'offrande, mais tu m'as formé un corps. Tu n'as pas pris plaisir aux holocaustes ni aux sacrifices pour le péché ; alors j'ai dit : Voici, je viens, il est écrit de moi dans le rouleau du livre - pour faire, ô Dieu, ta volonté." (Hébreux 10:5-7).
 
** "Le christ Jésus, lequel, étant en forme de Dieu, n'a pas regardé comme un objet à ravir d'être égal à mais s'est anéanti lui-même, prenant la forme d'esclave, étant fait à la ressemblance des hommes…" (Philippiens 2:5-7).   "En lui habite toute la plénitude de la déité corporellement." (Colossiens 2:9).
 
*** "Moi, je t'ai glorifié sur la terre, j'ai achevé l'œuvre que tu m'as donnée à faire ; et maintenant glorifie-moi, toi, Père, auprès de toi-même, de la gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût." (Jean 17:4-5).
L’huile de l’onction imprègne le sanctuaire comme aussi les vêtements sacerdotaux, et évoque, pour qui peut le comprendre, le bonheur et la paix intérieure que l’homme éprouve dans la présence de Dieu, comme aussi ce qui émane du Serviteur de Dieu.

 
L’encens des drogues odoriférantes
Dès qu’il a confiance et paix avec Dieu, la louange se manifeste. Non une imposition légale ou la réponse à un impératif divin – Dieu ne se présente jamais comme un potentat exigeant quelque honneur – mais une réponse spontanée à la bonté de Dieu reconnue, reçue, goûtée… Mais comment la louange peut-elle s’exprimer ? L’homme qui s’approche ne vient pas à Dieu avec fantaisie, selon les fruits de son imagination, mais dans la conscience de ce qu’il a reçu. Aussi, l’expression symbolique de la louange répond elle au don de Dieu. L’encens est composé pour représenter des réalités vécues par la foi.
 
La composition du parfum est ainsi présentée. Et ce parfum est déclaré "salé, pur, saint" pour nous dire combien il est parfaitement exempt de toute corruption.
 
Le "stacte" est une poudre fine, rouge, produite en portant la myrrhe à haute température, ce qui évoque des souffrances endurées. La coquille odorante" est un parfum très prisé dont l’origine est un coquillage vivant au fond de la mer. Le "galbanum", extrait du suc d’une plante, exhale une odeur désagréable, mais rehausse le caractère des parfums composés. L’"encens", dont le nom est devenu générique d’une classe de parfums, est originellement la résine d’un arbre du sud de l’Arabie. Cette résine se coagulle naturellement à l’air pour se transformer en poudre, une poudre qui se donne en quelque sorte...

34 Et l'Éternel dit à Moïse : Prends des drogues odoriférantes, du stacte, et de la coquille odorante, et du galbanum, - des drogues odoriférantes, et de l'encens pur : de tout, à poids égal ; 35 et tu en feras un encens composé, d'ouvrage de parfumeur, salé, pur, saint. 36 Et tu en pileras très-fin, et tu en mettras sur le devant du témoignage dans la tente d'assignation, où je me rencontrerai avec toi : ce vous sera une chose très-sainte. 37 Et quant à l'encens que tu feras, vous n'en ferez point pour vous selon les mêmes proportions : il sera, pour toi, saint, consacré à l'Éternel. 38 Quiconque en fera de semblable pour le flairer, sera retranché de ses peuples.

De tout à poids égal ! Il se trouve dans ce parfum exceptionnel l’évocation de souffrances profondes, la myrrhe passée au feu (Psaume 88:7)*, d’une solitude absolue, les profondeurs de la mer (Psaume 69:1-2)**, de la poussière de mort, l’âcre parfum du galbanum (Psaume 22:15)***, mais aussi du don parfait de l’encens qui s’écoule de l’arbre (Psaume 40:7)****.
* "Et il disait : Abba, Père, toutes choses te sont possibles ; fais passer cette coupe loin de moi ; toutefois non pas ce que je veux, moi, mais ce que tu veux, toi !" (Marc 14:36).
 
** "Et à la neuvième heure, Jésus s'écria d'une forte voix, disant : Éloï, Éloï, lama sabachthani ? ce qui, interprété, est : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?" (Marc 15:34).
 
*** "Et Jésus, ayant jeté un grand cri, expira." (Marc 15:37).
 
**** "Le Christ nous a aimés et s'est livré lui-même pour nous, comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur." (Éphésiens 5:2).
C’est ainsi dans la conscience d’un prix infini de souffrances et de douleurs que s’exhalent les parfums de la joie dans la présence de Dieu.
 
Le prophète qui appela les Israélites à sortir de Babylone l’avait bien compris lorsqu’il s’écria : "Il a été blessé pour nos transgressions, il a été meurtri pour nos iniquités ; le châtiment de notre paix a été sur lui, et par ses meurtrissures nous sommes guéris. […] L'Éternel a fait tomber sur lui l'iniquité de nous tous. Il a été opprimé et affligé, et il n'a pas ouvert sa bouche. Il a été amené comme un agneau à la boucherie, et a été comme une brebis muette devant ceux qui la tondent ; et il n'a pas ouvert sa bouche. […] Mais il plut à l'Éternel de le meurtrir ; il l'a soumis à la souffrance. S'il livre son âme en sacrifice pour le péché, il verra une semence ; il prolongera ses jours, et le plaisir de l'Éternel prospérera en sa main. Il verra du fruit du travail de son âme, et sera satisfait. Par sa connaissance mon serviteur juste enseignera la justice à plusieurs, et lui, il portera leurs iniquités." (Ésaïe 53).

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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