27/06/2013

Exode 25:10-40 - Les Symboles de l'Alliance


 

La symbolique de l’Alliance

 
LE PROJET DU SEIGNEUR

 
L’Arche et le Propitiatoire

 
D’entrée nous voici devant un coffre pas bien grand, quatre planches latérales et un fond, du bois de sittim… La coudée valant environ du quarante-cinq centimètres, le coffret est long d’un peu plus d’un mètre pour la moitié en largeur comme en hauteur. Modeste dans ses dimensions, mais paré de gloire, étant plaqué d’or pur et nanti d’un couvercle d’or, le Propitiatoire, dont le nom hébreu "kaporeth" dérive du verbe "couvrir" ou "effacer", proche de l’expression "prix du rachat", "kopher" (Psaumes 49:8, 65:4, 79:9). Des extrémités de ce couvercle d’or sont tirées, formant une seule pièce avec lui, deux chérubins le couvrant de leurs ailes… Tout un symbole !

10 Et ils feront une arche de bois de sittim : sa longueur sera de deux coudées et demie, et sa largeur d'une coudée et demie, et sa hauteur d'une coudée et demie. 11 Et tu la plaqueras d'or pur ; tu la plaqueras dedans et dehors, et tu y feras un couronnement d'or tout autour ; 12 et tu fondras pour elle quatre anneaux d'or, et tu les mettras à ses quatre coins, deux anneaux à l'un de ses côtés, et deux anneaux à l'autre de ses côtés. 13 Et tu feras des barres de bois de sittim, et tu les plaqueras d'or ; 14 et tu feras entrer les barres dans les anneaux, aux côtés de l'arche, pour porter l'arche par elles. 15 Les barres seront dans les anneaux de l'arche ; on ne les en retirera point. 16 Et tu mettras dans l'arche le témoignage que je te donnerai. 17 Et tu feras un propitiatoire d'or pur : sa longueur sera de deux coudées et demie, et sa largeur d'une coudée et demie. 18 Et tu feras deux chérubins d'or ; tu les feras d'or battu, aux deux bouts du propitiatoire. 19 Fais un chérubin au bout de deçà, et un chérubin au bout de delà : vous ferez les chérubins tirés du propitiatoire, à ses deux bouts. 20 Et les chérubins étendront les ailes en haut, couvrant de leurs ailes le propitiatoire, et leurs faces seront l'une vis-à-vis de l'autre ; les faces des chérubins seront tournées vers le propitiatoire. 21 Et tu mettras le propitiatoire sur l'arche, par-dessus, et tu mettras dans l'arche le témoignage que je te donnerai. 22 Et je me rencontrerai là avec toi, et je parlerai avec toi de dessus le propitiatoire, d'entre les deux chérubins qui seront sur l'arche du témoignage, et te dirai tout ce que je te commanderai pour les fils d'Israël.

Ce coffret contiendra les tables de la Loi, "le Témoignage" comme il est écrit (25:21), le symbole de l’Alliance que Dieu contracta avec des hommes qui Le croient, qui ont reçu Sa parole et qui y adhèrent. La question, en effet, n’est pas de croire ou ne pas croire qu’il y a un Créateur*, mais d’adhérer à Sa pensée, car tel est le sens réel de la foi, terme dont l’étymologie inclut l’adhésion et la confiance. L’Alliance n’est pas une question de perfection – inatteignable pour l’homme – mais d’attachement à la Parole de Dieu. En effet, il se trouve, dans la figure que nous donne l’assemblage présenté, ce couvercle si remarquable posé sur l’Arche, le coffret de bois "plaqué d’or au-dedans et au dehors". Le Propitiatoire "couvre" symboliquement ceux qui sont attachés à la pensée de Dieu, ceux qui humblement, comme le dira plus tard le prophète Michée, marchent avec Dieu (Michée 6:8), comme il est dit aussi d’Abraham et des autres patriarches. Une marche, dans laquelle il se trouve bien des faux pas, mais caractérisée par une adhésion sincère à la pensée de Dieu.
* "Tu crois que Dieu est un ; tu fais bien : les démons aussi croient, et ils frissonnent." (Jacques 2:19).
En précisant que des chérubins tirés du propitiatoire étendaient leurs ailes par-dessus, le texte induit la rigueur de la sainteté et de la justice de Dieu. Interdisant l’accès au Dieu de sainteté dans le texte du Jardin d’Eden (Genèse 3:24), cette figure est associée au Trône de gloire dans l’impressionnante vision d’Ézéchiel (Ézéchiel 10). Ici, ils regardent le propitiatoire qui couvre l’arche de l’Alliance. Et que voient-ils ? Le couvercle d’or, le Propitiatoire lui-même, mais aussi, selon que nous lisons au Livre du Lévitique, le sang du sacrifice répandu sur le Propitiatoire d’année en année lors de la fête de Kippour, la fête du Grand Pardon (Lévitique 16:14).
 
Cette symbolique est extrêmement précieuse pour la famille de la foi, comme nous pouvons lire cette parole de jubilation : "Bienheureux celui dont la transgression est pardonnée, celui dont le péché est couvert !" (Psaume 32:1). La révélation est focalisée sur cette grande question : Dieu a créé l’homme libre et responsable, et quoiqu’il lui communique sa pensée, cette communication même ne peut l’amender, le rendre parfait. Mais il apprend que la ressource est apportée par Dieu lui-même, le propitiatoire évoquant le rachat, la rédemption, une réalité spirituelle dont étaient pénétrés les croyants d’entre les Israélites, comme en témoignent bien des expressions des Psaumes (Psaumes 49:15, 85:10...), ainsi que des paroles des prophètes (Ésaïe 1:18 et 27). Le croyant entre dans cette profonde réalité lorsque, lors de la "ligature d’Isaac", le texte place aux lèvres d’Abraham cette parole : "Mon fils, Dieu se pourvoira de l'agneau pour l'holocauste" (Genèse 22:8).
 
L’arche est couronnée d’or et complétée d’anneaux qui serviront à placer les barres pour le transport de l’ensemble. Le symbole essentiel de l’Alliance accompagnera la foi tout au long de sa pérégrination au désert ! Portée à bras d’homme, l’arche est enveloppée avec soin, "un drap tout de bleu" la couvrant (Nombres 4:6). Ainsi l’Israélite fidèle, sous la voûte céleste toute de bleu, discerne ce qui est au-delà du ciel qui le couvre, au-delà même des cieux des cieux (1 Rois 8:27), c’est-à-dire au troisième ciel ainsi que l’exprime la tradition hébraïque*. Le fidèle connaît ce que l’homme ne peut discerner, à savoir le propos miséricordieux de Dieu**. L’Arche contenant les précieuses Tables et couvertes du Propitiatoire est le symbole de la réponse parfaite à la sainteté de Dieu.
* Les Ecritures nous donnent à considérer le ciel, celui que nous voyons, la voûte céleste, et ce terme représente quelques fois les grands de ce monde, les autorités qui le dominent. Au-delà se trouvent les "Cieux des cieux", expression désignant le séjour des êtres célestes, les anges. Le "Troisième ciel" représente alors la présence de Dieu lui-même (2 Corinthiens 12:2"que les cieux des cieux ne peuvent contenir", ceux-ci appartenant à la création (1 Rois 8:27, Néhémie 9:6, Psaume 148:4).
 
** "Notre Dieu sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité…" (1 Timothée 2:3-4).
Une dernière parole vient encore touchant les chérubins. Elle concerne Moïse, intermédiaire choisi par Dieu pour communiquer sa Parole aux Israélites. C’est une situation unique et transitoire qui ne sera pas relayée par la famille d’Aaron, car la Loi a été donnée à Israël au commencement de son chemin, et n’est pas sujette à adaptations ou compléments, mais donnée en vue d’être accomplie. Moïse, en dehors de tout service sacerdotal confié à Aaron et à sa famille, se présentera en ce lieu pour recevoir la parole de Dieu, il la recevra devant les signes de l’Alliance, expression de la présence de Dieu au milieu du peuple. L’expression, et non la présence même de Dieu, l’Israélite le sait très bien, car "Les cieux des cieux, ne peuvent Le contenir" (1 Rois 8:27).
 
Ainsi, les fondements sont posés, le projet de Dieu conçu avant la fondation du monde (Proverbes 8:22-31) est présenté dans ces symboles dont le peuple d’Israël est le dépositaire. Dans le respect de la justice, Dieu introduira dans sa présence des hommes attachés à l’Alliance, des hommes ayant foi en la parole de Dieu, lesquels seront "couverts" quant à leur propre incapacité. C’est ici la réponse de la miséricorde aux conséquences de la responsabilité de l’homme exprimée par la parabole du jardin d’Eden duquel Adam, l’être humain, dut être écarté. Les chérubins qui, dans cette scène imagée, interdisent l’accès à Dieu en son Jardin contemplent dans le symbole placé devant nous le prix du rachat…
 
Mais la pose de ce fondement répond-elle aux besoins de l’homme "ici et maintenant"? Désirant cette paix avec Dieu, il n’a toutefois pas accès à Lui, et de plus il est soumis aux aléas de la vie qu’il mène. "Malheur à moi !" dit le jeune prophète (Ésaïe 6:5). Que de doutes, que d’inquiétudes pour celui qui réfléchit, regarde à sa propre vie, connaît sa propre personnalité*  ! D’autres symboles lui sont alors présentés, évoquant le regard que Dieu porte sur les hommes de bonne volonté (Exode 25:2).
* "La loi donc est sainte, et le commandement est saint, et juste, et bon (…) Car je prends plaisir à la loi de Dieu selon l'homme intérieur ; mais je vois dans mes membres une autre loi qui combat contre la loi de mon entendement et qui me rend captif de la loi du péché qui existe dans mes membres. Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ?" (Romains 7:12-25).

 

 
LE REGARD DE DIEU

 
Comment ce Dieu si grand opère-t-il pour que l’homme puisse prendre connaissance de ses pensées et adhérer à ce projet de la grâce ? Ce projet et trop grand pour que l’homme puisse le concevoir. Un prophète, considérant la délivrance s’approchant vers la fin de l’exil à Babylone dira de la part du Seigneur : "Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l'Éternel : car comme les cieux sont élevés au-dessus de la terre, ainsi mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées" (Ésaïe 55:8-9)*. Toute la relation de Dieu avec le peuple choisi pour être témoin de son projet pour l’homme est tracée dans ces symboles du Tabernacle. Mais, avant tout, l’homme israélite devait connaître que le projet repose sur l’action de Dieu et non pas sur ses propres efforts. Sophonie dira, peu avant la destruction du Premier Temple, témoin de cette douloureuse réalité des déficiences de l’homme, et de l’apostasie : "L'Éternel, ton Dieu, au milieu de toi, est puissant ; il sauvera ; il se réjouira avec joie à ton sujet : il se reposera dans son amour, il s'égayera en toi avec chant de triomphe" (Sophonie 3:17). Le repos du Septième Jour est signe de l’achèvement de la Création.
* Un Juif particulièrement avancé dans la connaissance des Ecritures écrira quelques siècles plus tard : "Ô profondeur des richesses et de la sagesse et de la connaissance de Dieu ! Que ses jugements sont insondables, et ses voies introuvables" (Romains 11:33).
Ainsi, avant toute évocation de gestes de dévotion, nous sommes placés devant le regard que Dieu porte sur l’homme.

 
La Table des pains

 
Le premier meuble cité est une petite table de hauteur courante, longue de quelque quatre-vingt-dix centimètres sur la moitié en largeur. Petite, mais toute plaquée d’or pur, avec un bord ouvragé posé sur la tranche du bois de sittim, et un rebord formant couronne par-dessus.

23 Et tu feras une table de bois de sittim : sa longueur sera de deux coudées, et sa largeur d'une coudée, et sa hauteur d'une coudée et demie. 24 Et tu la plaqueras d'or pur, et tu y feras un couronnement d'or tout autour. 25 Et tu y feras un rebord d'une paume tout autour, et tu feras un couronnement d'or à son rebord, tout autour. 26 Et tu lui feras quatre anneaux d'or, et tu mettras les anneaux aux quatre coins qui seront à ses quatre pieds. 27 Les anneaux seront près du rebord, pour recevoir les barres, pour porter la table. 28 Et tu feras les barres de bois de sittim, et tu les plaqueras d'or ; et avec elles on portera la table. 29 Et tu feras ses plats, et ses coupes, et ses gobelets, et ses vases, avec lesquels on fera les libations ; tu les feras d'or pur. 30 Et tu mettras sur la table le pain de proposition, devant moi, continuellement.

Le pain de proposition, douze gâteaux disposés sur la table, un par tribu (Lévitique 24:5-9), est ainsi placé pour être "continuellement devant le Seigneur". C’est un signe qui parle par lui-même, chaque Israélite attentif pouvant réaliser qu’il est continuellement sous le regard bienveillant du Seigneur. Nous remarquons aussi qu’outre le couronnement d’or, il se trouve un rebord au plateau de la table gardant les pains de tomber, en particulier lors du transport à bras d’hommes. Au-delà de cet aspect fonctionnel, il s’agit d’un second couronnement d’or qui met particulièrement en évidence combien important est que les pains demeurent sur la table, cette garantie étant une part importante du symbole.
 
La présentation de la Table des pains est complétée de plats, coupes, gobelets et vases, associant ainsi à ce regard de bonté de Dieu sur les tribus d’Israël, l’expression de la joie que représente l’aspersion de vin sur les sacrifices offerts*. Un prophète exprimera cette joie ainsi : "Il verra du fruit du travail de son âme, et sera satisfait" (Ésaïe 53:11). Et le Psalmiste comprend, lorsqu’il chante : "Il va en pleurant, portant la semence qu'il répand ; il revient avec chant de joie, portant ses gerbes" (Psaume 126:6).
* "Jésus, le chef et le consommateur de la foi, lequel, à cause de la joie qui était devant lui, a enduré la croix, ayant méprisé la honte…" (Hébreux 12:2).

 
Le Chandelier d’or, ou "Menorah"

 
Le mot hébreu "menorah" se traduit littéralement par "de la flamme" ou "provenant de la flamme", et peut de ce fait être associé à la "sheshinah" la flamme de feu ou de nuée qui parût au dessus du Tabernacle, et qui, dans la tradition d’Israël, est l’expression de la gloire de Dieu (Psaume 78:14). Mais, au fait, qu’est-ce qui, dans ces symboles de l’Alliance pourrait n’être pas un produit de la gloire de Dieu ? La gloire de sa grâce se manifeste de tant de manières envers l’homme qu’Il a créé pour faire alliance avec lui !

31 Et tu feras un chandelier d'or pur : le chandelier sera fait d'or battu ; son pied, et sa tige, ses calices, ses boutons, et ses fleurs, seront tirés de lui. 32 Et six branches sortiront de ses côtés, trois branches du chandelier d'un côté et trois branches du chandelier de l'autre côté. 33 Il y aura, sur une branche, trois calices en forme de fleur d'amandier, un bouton et une fleur ; et, sur une autre branche, trois calices en forme de fleur d'amandier, un bouton et une fleur ; ainsi pour les six branches sortant du chandelier. 34 Et il y aura au chandelier quatre calices en forme de fleur d'amandier, ses boutons et ses fleurs ; 35 et un bouton sous deux branches sortant de lui, et un bouton sous deux branches sortant de lui, et un bouton sous deux branches sortant de lui, pour les six branches sortant du chandelier ; 36 leurs boutons et leurs branches seront tirées de lui, le tout battu, d'une pièce, d'or pur. 37 Et tu feras ses sept lampes ; et on allumera ses lampes, afin qu'elles éclairent vis-à-vis de lui. 38 Et ses mouchettes et ses vases à cendre seront d'or pur. 39 On le fera, avec tous ces ustensiles, d'un talent d'or pur. 40 Regarde, et fais selon le modèle qui t'en est montré sur la montagne.

Des lampes sont allumées dans un lieu obscur, le chandelier éclairant  "vis-à-vis de lui", là où sont disposés les douze pains (40:24). Et cette lumière est portée par "Celui qui veille". L’amandier, évoqué par les calices, les boutons et les fleurs est appelé aussi "l’arbre veilleur" ou "vigilant", le premier arbre qui fleurit en Terre d’Israël ! Sa fleur paraît avant que les feuilles ne se déploient. Lorsque, jeune encore, Jérémie méditait en chemin, il vit un bâton et répondit à Dieu : "Je vois un bâton d’amandier". Il discerna l’amandier, l’arbre qui veille. Et Dieu confirme : "Tu as bien vu ; car je veille sur ma parole pour l'accomplir" (Jérémie 1:12). Le premier acte conduisant à cet accomplissement est de faire paraître la lumière, ainsi que nous le lisons au récit des commencements : "Et Dieu dit : Que la lumière soit. Et la lumière fut" (Genèse 1:3).
 
Cette lumière brillera continuellement, comme nous le lisons plus loin (Lévitique 24:3), les lampes étant commises aux soins d’Aaron, le grand prêtre chargé d’y veiller matin et soir. Nous remarquerons que le grand prêtre évoque un service particulier distinct de la fonction sacerdotale, et représente en figure une réalité qui n’est pas dépendante de l’homme*.
* "Au commencement était la Parole ; et la Parole était auprès de Dieu ; et la Parole était Dieu. Elle était au commencement auprès de Dieu. Toutes choses furent faites par elle, et sans elle pas une seule chose ne fut faite de ce qui a été fait. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. Et la lumière luit dans les ténèbres ; et les ténèbres ne l'ont pas comprise." (Jean 1:1-5).
L’Israélite sait, dès ce temps, que la lumière de Dieu est portée sur lui, et cette conviction de foi est chantée par les fidèles, tant la réalité leur est chère : "Car par devers toi est la source de la vie, en ta lumière nous verrons la lumière" (Psaume 36:9). Nous pouvons citer le Livre des Psaumes en bien des pages : la joie éprouvée dans la lumière (27:1, 89:1, 118:27), l’appel à être dans la lumière (43:3, 67:1), la confiance en cette lumière qui paraît pour les justes (97:11, 112:4). l’engagement à marcher dans cette lumière (119:105). Nul ne se trouve ici devant une révélation surprenante. Qui ne connaît la signification de "la lumière"? Mais souvenons-nous que les peuples sont asservis à des puissances ténébreuses tandis que la foi se réjouit dans la réception de cette lumière bienfaisante et porteuse de vie. Elle est la Parole de Dieu qui pénètre le cœur et l’esprit de Sa pensée. Aussi lisons-nous la parole prophétique prononcée six siècles avant notre ère : "le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière ; ceux qui habitaient dans le pays de l'ombre de la mort,... la lumière a resplendi sur eux !" (Ésaïe 9:2).
 
Zacharie, prophète d’après l’exil, lors de l’édification du second Temple, reçoit la vision du chandelier et prononce ces paroles : "Je vois, et voici un chandelier tout d'or, et une coupe à son sommet ; et ses sept lampes sur lui ; sept lampes et sept conduits pour les lampes qui sont à son sommet" (Zacharie 4:2) évoquant ainsi la provenance céleste de l’huile qui alimente les sept lampes* dont la lumière porte sur les pains de proposition.
* Jean poursuit dans cette pensée en évoquant les sept esprits de Dieu (Apocalypse 1:4, 3:1, 4:5, 5:6).

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Hormis les prêtres, nul parmi les Israélites ne sera invité à visiter le Tabernacle et considérer ces pièces de mobilier dont il vient d’être parlé, cela leur est interdit, mais cependant chacun peut prendre connaissance de leur existence, et penser à la signification de ces symboles.
 
Chaque homme de foi est ainsi porteur d’un message essentiel touchant la pensée divine, la création de l’humanité associée au projet de la grâce et l’Alliance conclue pour l’homme. Le sang répandu sur le Propitiatoire lui garantit que le prix de son rachat est payé. Et cette rédemption est au bénéfice de chacun de ceux qui adhèrent à la parole de Dieu révélée, à sa pensée, à sa Loi, ainsi que nous discernons les deux Tables dans l’Arche de l’Alliance*. Et l’image du repos de Dieu, le septième jour, est lue ainsi comme celle d’un repos à venir lorsque l’homme selon Dieu sera pleinement accompli. Le travail primordial de Dieu est d’apporter sa Lumière, comme l’indique le Chandelier qui brûle sans cesse du matin jusqu’au soir, et du soir jusqu’au matin.
* "Mais maintenant, sans loi, la justice de Dieu est manifestée, témoignage lui étant rendu par la loi et par les prophètes, la justice, dis-je, de Dieu par la foi en Jésus Christ envers tous, et sur tous ceux qui croient ; car il n'y a pas de différence, car tous ont péché et n'atteignent pas à la gloire de Dieu, étant justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est dans le christ Jésus…" (Romains 3:21-25).

 

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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