21/06/2013

Exode 20:22-21:36 Les termes de l'Alliance (1/3)


 

 

Les termes de l’Alliance
Exode 20:22-23:33

Dans "l’obscurité profonde" (20:21), Moïse va recevoir le texte de la Loi. Il s’éloigne quelque peu, au-delà des bornes fixées pour le peuple (19:12,23), et, là, l’Éternel lui parle : "Tu diras ainsi aux fils d’Israël…" (20:22). Le texte de l’Alliance est remarquable ; il atteste qu’elle n’est pas établie avec un peuple meilleur que les autres peuples, mais comme tous, et pouvant être touché par les souffrances qui touchent toutes les nations !
 
Avec la "connaissance du bien et du mal" (Genèse 2:17), vient la responsabilité de l’homme ; il est devenu "comme Dieu" (Genèse 3:22), il est "à son image" (Genèse 9:6). Il lui incombe dès lors de sanctionner les crimes et délits selon la justice, et c’est ici qu’Israël doit être particulièrement attentif, il s’agit d’une condition à la validité de l’alliance contractée au Sinaï. "Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, qui mettent les ténèbres pour la lumière, et la lumière pour les ténèbres, qui mettent l'amer pour le doux, et le doux pour l'amer." (Ésaïe 5:20). Mais là n’est pas l’essence de la Loi. Elle est avant tout un guide pour marcher dans le chemin qui est gage de pérennité pour l’humanité.

 
Prémice à l’exposé de l’Alliance: l’autel du sacrifice - 20:22-26

Avant la Loi vient la connaissance, la reconnaissance, de la relation à Dieu, et donc une prescription touchant l’autel. Nous voyons ici que le geste importe plus que la forme, l’autel du sacrifice peut être en terre ou un simple assemblage de pierres non taillées. Il importe de ne pas lui donner une grande apparence… Pensons à la leçon que cela nous donne…

22 Et l'Éternel dit à Moïse : Tu diras ainsi aux fils d'Israël : Vous avez vu que j'ai parlé avec vous des cieux. 23 Vous ne ferez point de dieux d'argent à côté de moi, et vous ne vous ferez pas des dieux d'or. 24 Tu me feras un autel de terre, et tu sacrifieras dessus tes holocaustes et tes sacrifices de prospérités, ton menu et ton gros bétail. En tout lieu où je mettrai la mémoire de mon nom, je viendrai à toi, et je te bénirai. 25 Et si tu me fais un autel de pierres, tu ne le bâtiras point de pierres taillées ; car si tu lèves ton ciseau dessus, tu le profaneras. 26 Et tu ne monteras point à mon autel par des degrés, afin que ta nudité n'y soit pas découverte.

Pourquoi, pensons-nous, faut-il que les sacrifices offerts ne le soient pas dans un cadre prestigieux, sur un autel de grande apparence où l’on accèderait par un escalier monumental ou une rampe fastueuse ? Nous pensons bien discerner ici la connaissance de l’homme, l’homme religieux enclin à se donner à lui-même de l’importance, à se rendre visible lui-même aux yeux du peuple, et qui alors s’expose à laisser percer sa propre vanité, sa nudité… Comprenons le sens moral de cette expression : lorsqu’un homme se donne l’apparence de la religion, il s’expose à manifester le vide de sa foi… (Matthieu 6:6).

 
Prologue pour comprendre la nature de l’Alliance - 21:1-11

Un moteur essentiel pour l’accomplissement de la vie selon le dessein divin est bien, pour un homme, de réaliser qu’il est devant Dieu. Un préalable incontournable à l’exposé des principes de l’Alliance. Le premier article doit nous arrêter car il est riche d’enseignement, nous donnant de discerner l’esprit de l’Alliance, laquelle est toute fondée sur la manifestation de la bonté, essence même de la vie de foi, comme le prophète l’exprime : "Il t'a déclaré, ô homme, ce qui est bon. Et qu'est-ce que l'Éternel recherche de ta part, sinon que tu fasses ce qui est droit, que tu aimes la bonté, et que tu marches humblement avec ton Dieu ?" (Michée 6:8)… En un verset il rappelle l’essentiel, l’essence même de la vie du croyant…

21  1 Ce sont ici les jugements que tu placeras devant eux :
 
2 Si tu achètes un serviteur hébreu, il servira six années, et, la septième, il sortira libre, gratuitement. 3 S'il est venu seul, il sortira seul ; s'il avait une femme, sa femme sortira avec lui. 4 Si son maître lui a donné une femme, et qu'elle lui ait enfanté des fils ou des filles, la femme et ses enfants seront à son maître, et lui, il sortira seul. 5 Mais si le serviteur dit positivement : J'aime mon maître, ma femme et mes enfants, je ne veux pas sortir libre ; 6 alors son maître le fera venir devant les juges, et le fera approcher de la porte ou du poteau, et son maître lui percera l'oreille avec un poinçon ; et il le servira à toujours.

Des commentateurs considèrent ici l’annonce voilée d’un plus grand, Celui qui s’est fait serviteur, le Serviteur parfait, qui a pu dire "J’aime le Père" (Jean 14:31) et qui, plus que quiconque, a pu dire "J’aime ma femme et mes enfants" (Ephésiens 5:25-32). Une lecture d’une grande profondeur.

Remarquons cette disposition touchant les années du serviteur, six années et ensuite la liberté de plein droit, et d’autre part la qualité de cette relation maître-serviteur, au point que ce dernier s’engagerait même à demeurer chez son maître disant "J’aime mon maître, ma femme et mes enfants" (21:5). D’un côté un décret divin établissant un modèle social exceptionnel, et de l’autre l’attitude heureuse du maître, un homme nanti qui conduit sa maison en veillant au bonheur de ceux qui le servent, au point que l’un d’entre eux renoncerait à sa liberté… Un modèle pour quiconque jouit des prestations de personnel, gens de maisons, ouvriers, employés !
 
Le deuxième article du code de l’Alliance est bien particulier aussi. Si le malheur atteint une famille et qu’une jeune fille devait être placée comme servante, elle se trouve sous un régime de protection sociale. Une attention au plus faible qui ne peut échapper à notre attention.

7 Et si un homme vend sa fille pour être servante, elle ne sortira point comme sortent les serviteurs. 8 Si elle déplaît aux yeux de son maître qui se l'était fiancée, il la fera racheter ; il n'aura pas le pouvoir de la vendre à un peuple étranger, après l'avoir trompée. 9 Et s'il l'a fiancée à son fils, il agira envers elle selon le droit des filles. 10 S'il en prend une autre, il ne retranchera rien pour elle à sa nourriture, à son vêtement, et à son droit conjugal. 11 Et s'il ne fait pas pour elle ces trois choses-là, elle sortira gratuitement, sans payer aucun argent.

Nous pouvons nous demander le motif de ces premières mentions au code de l’Alliance communiqué à Moïse. Nous comprendrons qu’elle donne le ton approprié à la lecture de tout ce qui suit. Le code est donné comme guide : tant les hommes du peuple que les juges en Israël sont conduits à s’attacher aux lois dans cet esprit où domine l’expression de la bonté de Dieu et l’attente d’une attitude pleine de bonté de la part des hommes.

 
Actes requérant l’intervention du juge - 21:12-22:20

Nous avons vu que l’esprit de l’Alliance conduit avant tout à des actions positives des hommes (21:1-11), ce que nous lisons encore plus loin (22:21-23:19). Mais y a-t-il un peuple au monde qui puisse ne pas prendre en considération les torts faits à autrui : vols, blessures, meurtres et autres crimes ? Ainsi nous trouvons-nous ici devant une forme de code pénal, car il appartient à l’homme d’exercer la justice, comme nous l’enseigne le récit d’après le déluge (Genèse 9:6).

Actes touchant l’intégrité physique des personnes – 21:12-36

Divers actes gravissimes conduisent à la peine de mort, à commencer par le meurtre délibéré. Mais si la mort résulte d’un accident, la responsabilité de l’auteur n’est pas engagée au même niveau ; il y a alors une voie de salut pour lui, ce sera de résider dans une des "villes de refuge" (Nombres 35:9-34).

12 12 Si quelqu'un frappe un homme, et qu'il en meure, il sera certainement mis à mort. 13 Mais s'il ne lui a pas dressé d'embûche, et que Dieu l'ait fait tomber sous ses mains, je t'établirai un lieu où il s'enfuira. 14 Et si un homme s'élève de propos délibéré contre son prochain, pour le tuer par ruse, tu l'arracheras de mon autel, pour qu'il meure.
 
15 Et celui qui frappera son père ou sa mère sera certainement mis à mort.
 
16 Si quelqu'un vole un homme et qu'il le vende, ou qu'il soit trouvé en sa main, il sera certainement mis à mort.
 
17 Celui qui maudit son père ou sa mère sera certainement mis à mort.

Dans l’article ci-dessus, nous voyons, mises en exergue, les atteintes physiques ou morales faites aux parents, des actes absolument contre nature, et des atteintes majeures à l’institution de la famille, fondement essentiel de la société. Rappelons-nous l’importance de l’article du Décalogue (20:12) souligné par l’apôtre "le premier commandement avec promesse" (Éphésiens 6:2).
 
Une autre situation est exprimée : s’emparer d’un humain et le vendre comme esclave. Et alors, la vie d’un homme ou d’une femme est pour ainsi dire terminée… Ce qu’il ou elle connaît n’est plus une vie. Nous comprendrons que ces crimes sont extrêmement significatifs, ils contribuent à la ruine de la société entière.
 
Mais la peine de mort qui s’ensuit n’est pas une vengeance, loin de là ; elle n’est que la conséquence de l’acte posé contre l’homme, contre le peuple et contre le plan de Dieu, porteur de vie ! Ainsi la peine de mort devait être citée dans la Loi de Moïse, comme elle l’est dans l’alliance avec Noé, exprimée là pour tous les hommes : "Qui aura versé le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versé ; car à l'image de Dieu, il a fait l'homme" (Genèse 9:6).
Ceci n’implique pas l’adhésion, aujourd’hui, à l’application de la peine de mort, car il faut considérer l’imperfection des hommes et les risques d’erreurs judiciaires, mais ceci signifie bien que l’exercice de la justice est une responsabilité confiée aux hommes, et cette délégation explique en quoi l’homme a été fait à l’image de Dieu.
Dans la Loi, la condamnation n’est autre qu’un système de restitution. C’est ce que nous voyons tout au long de la lecture des articles de loi, et qui est clairement lisible dans ces premiers articles. Voyons ci-dessous le paiement du chômage et la prise en charge de la guérison.

18 Si des hommes contestent entre eux, et que l'un frappe l'autre avec une pierre ou avec le poing, et qu'il ne meure pas, mais tienne le lit  : 19 s'il se lève et marche dehors sur son bâton, celui qui l'a frappé sera tenu pour quitte ; seulement, il payera son chômage, et le fera guérir complètement.
 
20 Et si quelqu'un frappe du bâton son serviteur ou sa servante, et qu'il meure sous sa main, il sera certainement vengé ; 21 seulement, s'il reste debout un jour ou deux jours, il ne sera pas vengé, car il est son argent.
 
22 Et si des hommes se querellent, et que l'un d'eux heurte une femme enceinte et qu'elle accouche sans qu'il y ait de malheur, une amende sera payée selon ce que le mari de la femme lui imposera, et il la donnera suivant la décision des juges. 23 Et s'il arrive malheur, tu donneras vie pour vie, 24 œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, 25 brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, meurtrissure pour meurtrissure.
 
26 Et si un homme frappe l'œil de son serviteur, ou l'œil de sa servante, et le lui fasse perdre, il les laissera aller libres pour l'œil ; 27 et s'il fait tomber la dent de son serviteur ou la dent de sa servante, il les laissera aller libres pour la dent.

Nous lisons ici pour la première fois l’expression "œil pour œil". Nous la retrouvons deux fois encore (Lévitique 24:17-22 et Deutéronome 19:21). Mais contrairement aux code pénaux de l’antiquité, tel le Code Hammourabi, nous ne trouvons pas l’idée de vengeance ; celle-ci est même explicitement exclue : "Les pères ne seront pas mis à mort pour les fils, et les fils ne seront pas mis à mort pour les pères : ils seront mis à mort chacun pour son péché." (Deutéronome 24:16). Et encore : "Tu ne te vengeras pas, et tu ne garderas pas rancune aux fils de ton peuple ; mais tu aimeras ton prochain comme toi-même. Moi, je suis l'Éternel." (Lévitique 19:18).

28 Et si un bœuf frappe de ses cornes un homme ou une femme, et qu'ils en meurent, le bœuf sera certainement lapidé, et sa chair ne sera pas mangée ; mais le maître du bœuf sera tenu pour non coupable. 29 Et si le bœuf frappait de ses cornes auparavant, et que son maître en ait été averti et qu'il ne l'ait pas tenu sous garde, et qu'il tue un homme ou une femme, le bœuf sera lapidé, et son maître aussi sera mis à mort. 30 Et si une indemnité lui est imposée, il donnera la rançon de sa vie selon tout ce qui lui sera imposé. 31 Soit qu'il ait frappé un fils, ou qu'il ait frappé une fille, il lui sera fait selon ce jugement. 32 Si le bœuf a frappé de ses cornes un serviteur ou une servante, le possesseur donnera à son maître trente sicles d'argent, et le bœuf sera lapidé.
 
33 Et si un homme ouvre une fosse, ou si un homme creuse une fosse, et ne la couvre pas, et qu'un bœuf ou un âne y tombe, 34 le propriétaire de la fosse donnera une compensation, il remettra l'argent au maître de la bête ; et la bête morte lui appartiendra.
 
35 Et si le bœuf d'un homme heurte le bœuf de son prochain, et qu'il en meure, ils vendront le bœuf vivant, et en partageront l'argent, et ils partageront aussi le mort. 36 Ou s'il était connu que le bœuf frappait de ses cornes auparavant, et que son maître ne l'ait pas tenu sous garde, il fera certainement compensation, bœuf pour bœuf ; et le bœuf mort lui appartiendra.

Tout à l’opposé de l’esprit de vengeance, le chemin de la sagesse est bien autre, comme l’exprime le Livre des Proverbes : "Ne dis pas : Comme il m'a fait, je lui ferai ; je rendrai à l'homme selon son œuvre." (Proverbes 24:29).


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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