21/06/2013

Exode 19:1-8 L'Alliance du Sinaï


 

L'ALLIANCE DU SINAÏ
Exode 19 à 40


Goûtant chaque jour la Manne du désert, abreuvés de l’Eau du Rocher à Rephidim, et vainqueurs d’Amalek, expression de ce qu’il y a de vil en ce monde, les Israélites étaient aux portes de la Montagne de Dieu. Dès l’arrivée en ce lieu hautement symbolique, Jethro, beau-père de Moïse, entre en scène et un repas est donné "en la présence de Dieu" (Exode 18:12). Moïse est conduit à déléguer l’exercice de la justice car c’était un grand peuple et il ne pouvait assumer seul cette charge. Mais Dieu y avait pourvu, et Moïse va gravir la Montagne et recevoir le Loi.
 
L’enthousiasme est bien grand, et le peuple s’engagera à trois reprises à suivre les préceptes de l’Eternel : "Tout ce que l'Éternel a dit, nous le ferons" (Exode 19:8, 24:3,7). Mais le prophète ne réapparaît pas, les jours se prolongent, et bien des Israélites le pensent perdu dans la montagne ; le doute s’installe. Aaron est poussé à édifier un veau d’or, et devant l’ouvrage, ils déclarent "C'est ici ton dieu, ô Israël, qui t'a fait monter du pays d'Égypte " (Exode 32:4). Alors nous voyons la sainte colère de Moïse, mais aussi son intercession devant l’Éternel, et nous lisons alors combien l’esprit du prophète est modelé par l’Esprit de Dieu.
 
Enfin l’alliance est scellée, et le peuple construit le Tabernacle du désert, édifice hautement symbolique de l’attention de Dieu sur le peuple qu’Il a choisi, et centre de rassemblement pour les douze tribus.


 
L'ALLIANCE DE DIEU AVEC LES HOMMES
Exode 19:1 à 24:8

 
Abordant le don de la Loi, il est important de le situer dans la chronologie, afin d’en apprécier la juste place, et de souligner tout d’abord que la Promesse est intervenue avant l’Alliance. Et d’y voir quel est le Dieu Créateur et la relation qu’Il veut établir avec les humains, sa créature.
 
La promesse est le fait du libre choix de Dieu (Deutéronome 7:7-8), ce que nous lisons dans l’engagement fait à Abraham lorsqu’il quitta son pays et sa famille : "Et l'Éternel avait dit à Abram : Va-t'en de ton pays, et de ta parenté, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai ; et je te ferai devenir une grande nation, et je te bénirai, et je rendrai ton nom grand, et tu seras une bénédiction ; et je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; et en toi seront bénies toutes les familles de la terre." (Genèse 12:1-3).
 
L’Alliance intervint après que, asservis dans un monde idolâtre, la prestigieuse Egypte, les Israélites aient été appelés à en sortir, à devenir libres. Ce sont des "hommes debout" qui sortent d’Egypte, "porté sur des ailes d’aigle" (19:4). Ayant exprimé leur foi, leur confiance dans la Parole adressée par Moïse, lors du repas de la Pâque, ils apprennent à marcher avec Dieu, connaissant des moments de doute, comme chaque croyant, mais fortifiés dans les situations difficiles qu’ils rencontrent. Et ensuite ils reçoivent la Loi et s’engagent dans l’Alliance.
 
Soulignons-le, les Israélites sont sortis de l’asservissement en Egypte par la grâce de Dieu lorsqu’ils ont reçu la Parole de délivrance transmise par Moïse. Lorsque le prophète réclamait la libération du peuple, disant an nom de l’Éternel "Laisse aller mon peuple" (5:1), il s’est trouvé des chefs de famille pour mettre en réserve un agneau afin de l’immoler la nuit de départ… Expression de la Foi, avant que la Loi n’ait été donnée.
 
Nous ne saurions dès lors imaginer qu’ils pourraient être délivrés en vertu de leur pratique de la Loi… Parler de délivrance en raison de quelque mérite est un contre-sens évident pour quiconque lit la Parole de Dieu, "car vous êtes sauvés par la grâce, par la foi, et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu ; non pas sur le principe des œuvres, afin que personne ne se glorifie…" (Éphésiens 2:8-9). L’apôtre explique encore à des croyants auxquels des mauvais serviteurs expliquaient qu’ils connaîtraient la paix avec Dieu en raison de leurs œuvres : "Or c'est à Abraham que les promesses ont été faites, et à sa semence. Il ne dit pas : "et aux semences", comme parlant de plusieurs, mais comme parlant d'un seul : "et à ta semence", qui est Christ. Or je dis ceci : que la loi, qui est survenue quatre cent trente ans après, n'annule point une alliance antérieurement confirmée par Dieu, de manière à rendre la promesse sans effet. Car si l'héritage est sur le principe de loi, il n'est plus sur le principe de promesse, mais Dieu a fait le don à Abraham par promesse. Pourquoi donc la loi ? Elle a été ajoutée à cause des transgressions, jusqu'à ce que vînt la semence à laquelle la promesse est faite, ayant été ordonnée par des anges, par la main d'un médiateur. Or un médiateur n'est pas médiateur d'un seul, mais Dieu est un seul." (Galates 3:16-20).
 
Ainsi, l’Alliance scellée en Sinaï n’efface en rien la Promesse, "car les dons de grâce et l'appel de Dieu sont sans repentir" (Romains 11:29). Nous le savons, l’Alliance fut rompue unilatéralement, les prophètes en ont parlé (Jérémie 22:9), mais la Promesse demeure.


 
Dieu fait alliance avec Israël
Exode 19:1-8

Moïse monte dans la Montagne de Sinaï, il monte vers Dieu. C’est ici la première montée, une absence de courte durée semble-t-il, mais le message qu’il reçut était de la première importance. Les Israélites, conduits à reconnaître la bonté de Dieu qui les a "portés sur des ailes d’aigle" (19:4), entendent le fondement de l’Alliance qui leur est proposée.

19  1 Au troisième mois après que les fils d'Israël furent sortis du pays d'Égypte, en ce même jour, ils vinrent au désert de Sinaï : 2 ils partirent de Rephidim, et vinrent au désert de Sinaï, et campèrent dans le désert ; et Israël campa là devant la montagne. 3 Et Moïse monta vers Dieu ; et l'Éternel l'appela de la montagne, disant : Tu diras ainsi à la maison de Jacob, et tu l'annonceras aux fils d'Israël : 4 Vous avez vu ce que j'ai fait à l'Égypte, et comment je vous ai portés sur des ailes d'aigle, et vous ai amenés à moi. 5 Et maintenant, si vous écoutez attentivement ma voix et si vous gardez mon alliance, vous m'appartiendrez en propre d'entre tous les peuples ; car toute la terre est à moi ; 6 et vous me serez un royaume de sacrificateurs, et une nation sainte. Ce sont là les paroles que tu diras aux fils d'Israël.
 
7 Et Moïse vint, et appela les anciens du peuple, et mit devant eux toutes ces paroles que l'Éternel lui avait commandées. 8 Et tout le peuple ensemble répondit et dit : Tout ce que l'Éternel a dit, nous le ferons. Et Moïse rapporta à l'Éternel les paroles du peuple.

Redescendu de la montagne, Moïse s’est retrouvé auprès du peuple, leur communiquant ces mots de la part du Seigneur : "si vous gardez mon alliance, vous m’appartiendrez en propre d’entre tous les peuples…" (19:5). Une parole forte ! Non pas l’élimination des autres peuples, mais l’engagement de l’Éternel à leur conférer ce statut particulier, un privilège et une responsabilité, sous réserve de leur obéissance. Ceci étant, il ne s’agissait pas de mettre à part le peuple d’Israël sans qu’il n’y ait un objectif ; le peuple est mis à part pour être "un royaume de sacrificateurs, une nation sainte" (19:6), un peuple qui garde sa relation avec Dieu – des sacrificateurs, des prêtres – et qui demeure séparé des autres nations – car l’expression "nation sainte" signifie "nation séparée" – pour vivre suivant les préceptes de vie attendus de tous les hommes, et être ainsi témoins de Dieu sur la terre, porteurs de Sa Parole.
 
Sans doute les implications d’un tel privilège ne seront pas saisies pleinement par tous ceux qui sont "libérés pour servir Dieu" comme Zacharie, père de Jean le baptiseur l’exprimera dans sa prière : " nous accorder, étant libérés de la main de nos ennemis, de le servir sans crainte, en sainteté et en justice devant lui, tous nos jours." (Luc 1:74-75). Mais le privilège est réel.
 
Nous voyons ici le peuple s’engager sans réserve : "Tout ce que l’Éternel a dit, nous le ferons " (19:8). Les quelques semaines passées dans le désert leur ont donné l’occasion de connaître la bonté de Dieu, de connaître Dieu, mais n’était-ce pas dans le constat de leurs propres défaillances, mais aussi celui de la patience du Seigneur ? Doutes, murmures, et même rébellion de quelques-uns après une si grande délivrance ! Et une protection magnifique qui leur est rappelée, ces "ailes d’aigles…" (19:4) ! Leur engagement paraît bien léger, mais n’est-il pas écrit en vue de l’instruction de tous les hommes ? "Car toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation des écritures, nous ayons espérance." (Romains 15:4). En effet, qui peut, regardant à lui-même, prononcer des vœux, des engagements, qui devraient tenir jusqu’au bout de la route, sans une réelle crainte de n’y pas parvenir ?
 
Le propos du Seigneur Dieu est bien de se faire connaître des hommes pour qu’ils marchent avec lui, selon l’enseignement du Livre des Commencements : "Et Hénoc marcha avec Dieu" (Genèse 5:24, Hébreux 11:5). Le dernier des prophètes écrivains, Malachie, va constater la défaillance de l’ensemble de la nation, mais distinguer les hommes qui marchent avec Dieu : "Alors ceux qui craignent l’Éternel ont parlé l’un à l’autre, et l’Éternel a été attentif et a entendu. Un livre de mémoire a été écrit devant lui pour ceux qui craignent l’Éternel, pour ceux qui pensent à son nom. Ils seront à moi, mon trésor particulier, dit l’Éternel des armées, au jour que je ferai ; je les épargnerai comme un homme épargne son fils qui le sert. Quand vous serez revenus, vous verrez la différence entre le juste et le méchant, entre celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas." (Malachie 3:16-18).


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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