21/06/2013

Exode 17 Rephidim. L'Eau du Rocher et le Combat


 

REPHIDIM
L'EAU DU ROCHER ET LE COMBAT

Exode 17:1-16

 
Le peuple quitte le désert de Sin pour atteindre Horeb, nom dérivé du verbe hébreu "désoler", cette grande zone montagneuse où se trouve le Sinaï. Les voilà en un lieu auquel sera donné le nom de Rephidim, "Lieu de repos". Moïse le renomma Massa et Meriba, "Tentation et Conflits", associant ainsi le repos, l’arrêt dans la marche, à la tentation et aux confilts ! Le peuple s’était arrêté pour un repos qui n’est pas celui que Dieu procure, un repos marqué par le doute, car ils n’y trouvèrent pas d’eau, qui fut générateur de souffrances.
 
Le manque de confiance en l’Éternel conduisit à la contestation de Moïse et aux murmures. Et lorsque Moïse, dans la crainte d’être lynché, crie à l’Éternel, il reçoit ce signe remarquable lorsque, ayant frappé le rocher avec son bâton, l’eau en jaillit, "l’eau du rocher" !
 
Le peuple était allé fort loin dans l’expression du doute, allant jusqu’à clamer cette question "L’Éternel est-il vraiment au milieu de nous ?" Survint alors Amalek, expression manifeste du combat entre doute et confiance, entre incrédulité et foi. Nous comprenons ainsi le nom de Rephidim, changé par Moïse en Massa et Mériba. Le "peuple choisi" (Deutéronome 7:6) s’arrêtant dans sa course s’est rendu vulnérable, perdant la confiance en Dieu et s’engageant dans la contestation… Mais l’Éternel veille, et il se trouve parmi le peuple des combattants de la foi.


 
L'Eau du Rocher - 17:1-7

"Il n’y avait point d’eau". Une réelle épreuve assurément. Ce n’est autre que l’exercice d’une foi toute jeune ayant besoin de se fortifier. Mais la difficulté engendre la contestation, autrement dit l’affirmation que Moïse s’est trompé, ou plutôt qu’il les a trompés ! Après la contestation ce sont les murmures, et ensuite la révolte…

17  1 Toute la communauté des Israélites partit du désert de Sin, selon leurs traites, d'après le commandement de l'Éternel, et ils campèrent à Rephidim ; et il n'y avait point d'eau à boire pour le peuple. 2 Et le peuple contesta avec Moïse, et ils dirent : Donnez-nous de l'eau pour que nous buvions. Et Moïse leur dit : Pourquoi contestez-vous contre moi ? Pourquoi tentez-vous l'Éternel ? 3 Et là, le peuple eut soif d'eau ; et le peuple murmura contre Moïse, et dit : Pourquoi nous as-tu fait monter d'Égypte, pour nous faire mourir de soif, moi, et mes enfants, et mon bétail ? 4 Et Moïse cria à l'Éternel, disant : Que ferai-je à ce peuple ? Encore un peu, et ils me lapideront. 5 Et l'Éternel dit à Moïse : passe devant le peuple et prends avec toi des anciens d'Israël ; et prends dans ta main ton bâton avec lequel tu as frappé le fleuve, et va. 6 Voici, je me tiens là devant toi, sur le rocher, en Horeb ; et tu frapperas le rocher, et il en sortira des eaux, et le peuple boira. Et Moïse fit ainsi devant les yeux des anciens d'Israël. 7 Et il appela le nom du lieu Massa et Meriba, à cause de la contestation des fils d'Israël, et parce qu'ils avaient tenté l'Éternel, en disant : L'Éternel est-il au milieu de nous, ou n'y est-il pas ?

Ils avaient été jusqu’à "tenter l’Eternel". Dans leur réclamation, nous pouvons comprendre qu’ils estimaient que si l’Éternel était avec eux, nulle difficulté ne devait survenir… Mais qu’en serait-il de la foi si elle devenait talisman, sans que la confiance ne doive se manifester ? Et si la superstition pervertissait la marche responsable de la foi ? Et ils mettaient Dieu en demeure de répondre à leur attente, un réel défi exprimé de manière fort violente. Et pourtant, ne faisaient-ils pas journellement l’expérience des soins de Dieu ? N’avaient-ils pas vécu Mara et ensuite Elim ? Ne jouissaient-ils pas de la Manne et du Shabbat ? Mais ils se sont laissé aller à un repos bien différent de la paix du Shabbat…
 
Moïse est ici en difficulté ! Il craint même se faire lapider….. Il "crie à l’Éternel". C’est ici sa seule ressource, mais la réponse est impressionnante. A Mara, Dieu montra à Moïse un bois, celui qui rendit saine les eaux ; ici, en Horeb, il va user de son bâton, comme il le fit lorsqu’il frappa le Nil et le pays d’Egypte (Exode 7:20, 9:23, 10:13), et encore quand il le brandit sur le rivage de la Mer des Joncs, laquelle s’ouvrit en une voie inattendue pour la sortie d’Egypte (Exode 14:16). Et maintenant, à Rephidim, l’eau sort du rocher… La grâce une fois encore manifestée.
 
Alors que le peuple s’était arrêté, et que ce repos n’avait été que les prémices de murmures, jusqu’à la provocation, "Tentation et Conflits", l’eau s’écoule du rocher dès qu’il fut touché par le bâton de Moïse ; un don de Celui qui est "la source des eaux vives" (Jérémie 2:13), telle celle que nous voyons "sortant de dessous le seuil de la maison" dans la vision du temple (Ezéchiel 47:1-12) ou encore "le fleuve d'eau vive… sortant du trône de Dieu et de l'Agneau" s’écoulant au cœur de la Jérusalem céleste (Apocalypse 22:1).
 
Que s’est-il passé ? Que signifie ce doute : "L'Éternel est-il au milieu de nous, ou n'y est-il pas ?" Que penser d’une telle scène ? Pourrions-nous penser que ce n’est que là, dans le désert, que la foi ait si vite succombé ?
 
Alors vient un récit qui illustre la nature du combat, car vivre de foi est un réel combat dans ce monde ! Si l’Éternel n’était intervenu, le repos de Rephidim eût pu mener à une grande défaite… "Un peu de sommeil, un peu d'assoupissement, un peu croiser les mains pour dormir..., et ta pauvreté viendra comme un voyageur, et ton dénuement comme un homme armé." (Proverbes 6:9-11).


 
Le combat contre Amalek - 17:8-16

Revenons encore à cette contestation : parmi ce peuple délivré de l’asservissement en Egypte, goûtant journellement la Manne, se sont élevées des voix provocantes pour clamer : "L'Éternel est-il au milieu de nous, ou n'y est-il pas ?" Alors surgit une bande armée. Amalek, ce peuple pillard du midi de la Terre d’Israël (Nombres 13:30, Juges 6:3, 1 Samuel 15:7, 27:8), tomba sur ceux qui traînaient à l’arrière "lorsque tu étais las et harassé, et ne craignit pas Dieu" (Deutéronome 25:18). A Rephidim, là où d’aucuns étaient déjà lassés et pensaient à s’arrêter dans la marche de la foi, là guettait le danger.

8 A Rephidim, Amalek s’en vint faire la guerre contre Israël.

Un récit pour ainsi dire intemporel. L’argument du surgissement de ces pillards est manifestement le fait des murmures et de la contestation à l’encontre de Moïse, et particulièrement cette parole audacieuse marquant le doute quant à la réalité de la présence de l’Éternel avec eux.
 
Moïse envoie Josué, "qui le servait" (Exode 24:13), pour qu’il se choisisse des hommes et les mène au combat. Cet homme qui s’appelait Osée, "Salut", est nommé Josué, "L’Eternel sauve" (Nombres 13:17), un signe dans ce combat mené contre Amalek. Quant à Moïse, il monte sur la montagne, le "bâton de Dieu" à la main, accompagné d’Aaron et de Hur, homme sage de la tribu de Juda (Exode 24:14), aïeul de Bethsaleël, l’homme qui construira le Tabernacle (Exode 31:2, 1 Chroniques 2:18).
 
Pour le prophète, son propre bâton, avec lequel tant de prodiges se sont manifestés, est le "bâton de Dieu". Et sur la montagne, il lève la main, portant le bâton. Ainsi le bâton est bien visible, réel "étendard" donnant courage et force aux combattants, ranimant la foi de ces hommes qui assuraient par leur combat la protection du peuple tout entier, à commencer par ceux qui trainaient à l’arrière…

9 Alors Moïse dit à Josué : Choisis-nous des hommes, et sors, combats contre Amalek ; demain je me tiendrai sur le sommet de la colline, le bâton de Dieu dans ma main. 10 Josué fit comme Moïse lui avait dit pour combattre Amalek, tandis que Moïse, Aaron, et Hur montèrent au sommet de la colline. 11 Et il arrivait, lorsque Moïse élevait sa main, qu'Israël avait le dessus ; et quand il reposait sa main, Amalek avait le dessus.
 
12 Mais les mains de Moïse étaient pesantes ; et ils prirent une pierre, et la mirent sous lui, et il s'assit dessus ; et Aaron et Hur soutenaient ses mains, l'un deçà, et l'autre delà ; et ses mains furent fermes jusqu'au coucher du soleil. 13 Et Josué abattit Amalek et son peuple au tranchant de l'épée.

Par leur foi, les combattants ont secouru les plus faibles en foi, étant soutenus eux-mêmes lorsque leur regard était porté sur le "bâton de Dieu" dans la main de Moïse, l’étendard de la foi (Esaïe 13:2). Une réelle consolation pour ceux qui s’étaient laissé surprendre et conduits dans le doute et les murmures. Un symbole retenu par la foi, comme nous lisons cette parole : "Même quand je marcherais par la vallée de l'ombre de la mort, je ne craindrai aucun mal ; car tu es avec moi : ta houlette et ton bâton, ce sont eux qui me consolent" (Psaume 23:4). Et encore : "Tu as donné une bannière à ceux qui te craignent, pour la déployer à cause de la vérité, afin que tes bien-aimés soient délivrés" (Psaume 60:4-5).

14 Et l'Éternel dit à Moïse : Écris ceci pour mémorial dans le livre, et fais-le entendre à Josué, que j'effacerai entièrement la mémoire d'Amalek de dessous les cieux. 15 Et Moïse bâtit un autel, et appela son nom : YHWH-Nissi ("L'Eternel est mon étendard") ; 16 et il dit : Parce que Jah a juré, l'Éternel aura la guerre contre Amalek de génération en génération.

"De génération en génération." Car chaque génération devra apprendre le combat, choisir sa route : soit la confiance, la foi, soit l’ignorance de la voie de Dieu, la méconnaissance de ce qui "vraiment la vie" (1 Timothée 6:19). De façon répétée tout au long de l’histoire d’Israël, Amalek paraîtra comme l’ennemi face à ceux en qui la confiance en l’Éternel s’émousse ; et de représenter ainsi le danger qui guette celui qui se laisse détourner de la foi (Nombres 24:17-20, Deutéronome 25:17-19). Nous aurons compris que le combat contre Amalek n’est autre que le combat intérieur entre le doute et la foi. Un combat à mener jusqu'à bout (Hébreux 3:6,14, 6:11, 12:1). Mais ce combat prendra fin, comme Paul l’écrit pour lui-même : "j'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi…" (2 Timothée 4:7). C’est aujourd’hui que le combat se mène…
 
La puissance pour ce combat se trouve dans la confiance, elle appartient à celui qui regarde au "bâton de Dieu", celui qui discerne l’étendard déployé sur la montagne. Les combattants ont bu l’eau du rocher, ils sont confiants dans la grâce de Dieu ; ils regardent à l’étendard, la bannière, le signe de sa puissance.
 
Les sages en Israël ne pourront oublier la leçon : "N'endurcissez pas votre cœur comme à Meriba, comme au jour de Massa, dans le désert, Où vos pères m'ont tenté, éprouvé, et ont vu mes œuvres." (Psaume 95:8-9, lire aussi 78:15-16, 105:41, 114:8). Un secours pour la foi qui fut repris par le prophète lorsqu’il exhortait les Israélites en exil à remonter à Jérusalem et y rebâtir le Temple : "Sortez de Babylone, fuyez du milieu des Chaldéens, avec une voix de chant de joie ! Déclarez et faites entendre ceci, portez-le jusqu'au bout de la terre ; dites : L'Éternel a racheté son serviteur Jacob ! Et ils n'ont pas eu soif, quand il les fit marcher dans les déserts ; du rocher il a fait jaillir pour eux les eaux ; il a fendu le rocher, et les eaux ont coulé." (Ésaïe 48:20-21).
 
Les sages parmi les Israélites ont reçu la leçon spirituelle de ce récit, et Paul élevé dans cette sagesse la transmet en ces mots : "ils ont tous mangé la même nourriture spirituelle, ils ont tous bu le même breuvage spirituel ; ils buvaient en effet à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher c’était le Christ. (1 Corinthiens 10:3-4).


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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