21/06/2013

Exode 16:22-36 Le don du Shabbat


 

Le don du Shabbat - 16:22-31

Avec la Manne vient l’expérience pratique du Shabbat, le repos avec Dieu. Peu de jours après la sortie d’Égypte, le lieu de servitude, le lieu du « non-repos », Dieu donne à Israël la conscience du repos dans lequel Il veut introduire les hommes, et ainsi, leur donnant chaque matin une provision journalière, il apporte chaque sixième jour de la semaine une double part, afin qu’au septième jour ils puissent jouir du repos.

22 Et il arriva que, le sixième jour, ils recueillirent du pain au double, deux omers pour chacun ; et tous les principaux de l'assemblée vinrent et le rapportèrent à Moïse. 23 Et il leur dit : C'est ici ce que l'Éternel a dit : Demain est le repos, le Shabbat consacré à l'Éternel ; faites cuire ce que vous avez à cuire, et faites bouillir ce que vous avez à faire bouillir, et tout le surplus serrez-le pour vous, pour le garder jusqu'au matin. 24 Et ils le serrèrent jusqu'au matin, comme Moïse l'avait commandé ; et cela ne pua point, et il n'y eut point de vers dedans. 25 Et Moïse dit : Mangez-le aujourd'hui, car aujourd'hui est le Shabbat consacré à l'Éternel ; aujourd'hui vous n'en trouverez point aux champs. 26 Six jours vous en recueillerez, mais au septième jour est le Shabbat ; il n'y en aura point en ce jour-là. 27 Et il arriva, le septième jour, que quelques-uns du peuple sortirent pour en recueillir, et ils n'en trouvèrent point. 28 Et l'Éternel dit à Moïse : Jusques à quand refuserez-vous de garder mes commandements et mes lois ?

Nous voyons ici la difficulté de croire et, en particulier, de s’en remettre avec confiance à la parole de Dieu ; nous lisons ici la patience de la grâce, et alors la vue s’éclaire et le cœur se réjouit en Dieu… Tout est don dans le Shabbat et la Manne. Et il est donné ici non à un peuple élu sur quelques critères, mais choisi (Deutéronome 7:7, 10:15) pour être témoin de Dieu, comme il sera rappelé lors de l’exil à Babylone (Esaïe 43:10), une mission difficile, exigeante. Nous lisons ici des pages de pédagogie, la formation des témoins, l’apprentissage de la vie de la foi.

29 Voyez que l'Éternel vous a donné le Shabbat ; c'est pourquoi il vous donne au sixième jour du pain pour deux jours. Que chacun reste chez lui ; que personne ne sorte du lieu où il est, le septième jour. 30 Et le peuple se reposa le septième jour.

Un don de Dieu, un geste de sa grâce… Et de cette grâce, les Israélites devront se souvenir, en conserver le mémorial. Ainsi, quelques semaines plus tard, le Shabbat sera écrit dans la Loi, la quatrième parole du Décalogue (Exode 20:8-11). Le peuple, témoin de Dieu, y est naturellement conduit à exprimer sa reconnaissance car ils ont appris que le Seigneur veille sur eux et qu’ils peuvent vivre dans la confiance en Lui. Mais aussi, le repos annonce l’avenir de paix préparé pour les hommes ; il y a un repos de Dieu, une fin au travail de Dieu, lorsque l’homme sera convié à jouir de ce repos (Matthieu 11:28, Sophonie 3:17) ; nous l’apprenons par ce peuple témoin, serviteur de Dieu, appelé à l’anticiper de semaine en semaine.


 
La Manne - 16:31-36

Sortis d’Egypte, les Israélites ne pouvaient connaître cette nourriture étrange. D’aucuns évoquent à propos de la Manne une concrétion qui apparait sur des feuilles d’arbustes dans le désert, mais il s’agit là d’une gomme et non d’un grain que l’on peut moudre ou piller (Nombres 11:8) ; et de plus nous ne pouvons pas envisager l’apparition naturelle de la quantité requise pour tout un peuple. Le récit nous place devant un acte miraculeux pour qu’il nous serve d’instruction. "Qu’est-ce cela ?", en hébreu "Man hou ?", dirent les Israélites, et cette question a donné son appellation "Manne".

31 Et la maison d'Israël appela le nom de cela Manne. Et elle était comme de la semence de coriandre, blanche, et avait le goût d'un gâteau au miel.

Une petite graine aromatique, dont le goût évoque le miel, et qui, préparée, permettait la confection de pain à la saveur de gâteaux à l’huile (Nombres 11:7-8). Du miel, comme la parole de Dieu donné au prophète Ezéchiel : "Et il me dit : Fils d'homme, mange ce que tu trouves ; mange ce rouleau, et va, parle à la maison d'Israël. Et j'ouvris ma bouche, et il me donna à manger ce rouleau. Et il me dit : Fils d'homme, nourris ton ventre et remplis tes entrailles de ce rouleau que je te donne. Et je le mangeai, et il fut dans ma bouche doux comme du miel." (Ézéchiel 3:1-3, voir aussi Apocalypse 10:9-10). Nous pouvons penser que cette allégorie touchant le miel était dans la pensée des Israélites bien avant le prophète, induisant à l’esprit le sens spirituel de la Manne du désert.
 
La Manne est un tel emblème des soins prodigués par l’Éternel que le souvenir doit en être gardé fidèlement pour les générations à venir.

32 Et Moïse dit : Voici la parole que l'Éternel a commandée : Qu'on en remplisse un omer pour le garder pour vos générations, afin qu'elles voient le pain que je vous ai fait manger dans le désert, lorsque je vous ai fait sortir du pays d'Égypte. 33 Et Moïse dit à Aaron : Prends une cruche, et mets-y plein un omer de Manne, et pose-la devant l'Éternel, pour la garder pour vos générations. 34 Comme l'Éternel l'avait commandé à Moïse, Aaron la posa devant le témoignage pour être gardée. 35 Et les fils d'Israël mangèrent la Manne quarante ans, jusqu'à ce qu'ils entrèrent dans un pays habité ; ils mangèrent la Manne jusqu'à leur arrivée à la frontière du pays de Canaan. 36 Or l'omer est la dixième partie de l'épha.

Le vase contenant la Manne est placée "devant l’Éternel", et devait donc être posé dans le Lieu Très Saint du Tabernacle du désert dès qu’il sera construit, et du Temple ensuite, pour se trouver par la suite dans l’Arche d’Alliance avec les Tables de la Loi et le bâton d’Aaron qui avait bourgeonné (Hébreux 9:4). Par ces signes, l’homme attaché à l’Alliance associe la manifestation de la grâce de Dieu et la reconnaissance de son autorité aux préceptes de la Loi.
 
Mais malgré la présence de ce mémorial de la bonté de Dieu, l’homme se lassera progressivement, la Manne ne lui suffira plus et bientôt au sein du peuple se lèveront des hommes qui l’évoqueront disant : "notre âme est dégoutée de ce pain misérable" (Nombres 21:5). Mais en réalité, ce grain mystérieux a pour la foi "la saveur du miel", et le pain qu’il en fait a la douceur d’un "pain à l’huile", procurant à l’âme la joie et l’allégresse (Jérémie 15:16). Belle image de la joie du croyant qui ne se lasse pas de ce grand fait que Dieu a parlé à l’homme, lui donnant à considérer son dessein, à savoir la paix et le repos pour tout homme (Matthieu 11:28).


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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