22/06/2013

Exode 15:22-27 Les eaux de Mara et les fontaines d'Elim


 

MARA ET ELIM
Exode 15:22-27

 
Le peuple est sorti d’Egypte, et nous pouvons comprendre combien la joie remplissait les cœurs, cette joie chantée par Moïse dans ce cantique auquel firent écho Myriam et les femmes qui "sortirent après elle". Mais faut-il penser que la démarche de la foi annule les aléas de la vie humaine, les difficultés du chemin ? Le croyant est-il en paix et heureux, épargné d’épreuves selon la mesure de sa foi ? Laisser entendre une telle idée serai induire de bien grandes erreurs de jugement et générer de grandes désillusions. Les joies de la foi sont d’une toute autre nature.
 
Telle est une des leçons que nous donnent les étapes de Mara et d’Elima, les premières haltes qui suivirent le rassemblement au-delà de la Mer des Joncs. Après trois journées de marche dans le désert, sans nul point d’eau où se désaltérer, voici enfin un puits… Mais les eaux sont amères, et la déception bien grande ! Immédiatement viennent les murmures, la contestation, la colère !

22 Et Moïse fit partir Israël de la mer des Joncs, et ils sortirent vers le désert de Shur ; et ils marchèrent trois jours dans le désert, et ne trouvèrent point d'eau. 23 Et ils vinrent à Mara ; mais ils ne pouvaient boire des eaux de Mara car elles étaient amères : c'est pourquoi son nom fut appelé Mara. 24 Et le peuple murmura contre Moïse, disant : Que boirons-nous ? 25 Et il cria à l'Éternel ; et l'Éternel lui enseigna un bois, et il le jeta dans les eaux, et les eaux devinrent douces.

Est-ce un piège que de conduire le peuple, par la colonne de feu ou de nuée qui montrait le chemin, dans ce désert aride, et devant ce puits aux eaux amères ? Que non ! Il s’agit d’apporter au peuple l’expérience de la grâce. Les murmures sont forts, mais la réponse n’en est que plus sensible et propre à être retenue. Des murmures répréhensibles ? Sans doute ! Mais Dieu attend-il la perfection dans l’homme ? Ne vient-il pas plutôt au devant des faiblesses des hommes pour répandre sa grâce, faire connaître sa patience, sa bonté et son dessein d’amour ? Il n’y a pas de répréhension dans ce passage, mais une directive donnée à Moïse placé dans une situation à laquelle il pouvait s’attendre. Et un enseignement salutaire.
 
Un bois jeté dans les eaux… Et elles sont rendues propres à la consommation. Qu’est-donc ce bois ? Celui désigné par l’Éternel à Moïse ; lequel accomplit le geste indiqué. Comment un Israélite pouvait-il comprendre ce qu’était ce bois ? Le bois jeté dans le puits n’est pas récupéré pour un autre usage, car le geste marque ici la foi, et non le commencement d’un rite superstitieux. Il restera dans les mémoires, du fait même de l’écriture de la scène, mais il faudra bien longtemps avant que l’on puisse comprendre…
 
Le bois plongé dans les eaux amères peut nous parler aujourd’hui, lorsque nous considérons l’amertume profonde attachée à la croix du Calvaire, comme il est écrit "Maudit quiconque est pendu au bois" (Galates 3:13, Deutéronome 21:23). Considérant le chemin de l’Homme Christ Jésus, le croyant dans la douleur peut considérer la souffrance qui toucha son Seigneur avant lui, et y trouver la consolation.
 
Tant Moïse qu'Israël sont éprouvés à Mara. Pour le peuple, c’est le doute et déjà les murmures, trois jours après la traversée de la Mer, et le prophète élève un cri, car il se trouve face à une vraie colère tournée contre lui sans avoir la réponse… La leçon de Mara est alors donnée, claire, encourageante.

26 Là il lui donna un statut et une ordonnance, et là il l'éprouva, et dit : Si tu écoutes attentivement la voix de l'Éternel, ton Dieu, et si tu fais ce qui est droit à ses yeux, et si tu prêtes l'oreille à ses commandements, et si tu gardes tous ses statuts, je ne mettrai sur toi aucune des maladies que j'ai mises sur l'Égypte, car je suis l'Éternel qui te guérit.

Notons que, dans la référence à l’Egypte, il n’est pas parlé des dix plaies, mais de "maladies", et nous comprenons que celui qui écoute la parole du Seigneur et la pratique sera gardé des maladies de l’esprit qui pourraient l’atteindre, il sera gardé des murmures ou de l’irritation devant Dieu (Exode 23:25, Jacques 5:14-15). La leçon apportée lorsque la colonne de feu conduisit le peuple à Mara permet alors de goûter véritablement un temps de paix ; alors que l’éducation de l’esprit se fait dans l’épreuve, elle conduit à goûter en vérité ce que sera l’aboutissement du dessein divin : introduire les fidèles dans la paix, la quiétude (Matthieu 11:28). Ainsi, le peuple ayant goûté des eaux de Mara rendues saines est conduit à Elim.

27 Puis ils vinrent à Élim, où il y avait douze fontaines d'eau et soixante-dix palmiers ; et ils campèrent là, auprès des eaux.

Douze fontaines, pour nous dire qu’il y a un lieu pour chacun, pour chacune des douze tribus, et un lieu où siège chacun des soixante-dix anciens (Exode 24:1).

 

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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