20/06/2013

Exode 32 L'affaire du Veau d'or


 

L'AFFAIRE DU VEAU D'OR
Exode 32 à 34

 
Les anciens avec Aaron et ses fils sont retournés au milieu du peuple alors que Moïse était monté dans la montagne. Et tandis que ce dernier recevait les Tables de la Loi et les prescriptions pour le Tabernacle, le temps passant, l’inquiétude s’est insinuée dans les esprits, et bientôt la conviction que Moïse ne reviendrait pas, qu’il devait être perdu dans la montagne couverte "d’un feu dévorant" (24:17).
 
De cette inquiétude viendra la réalisation du veau d’or. L’engagement de Moïse est alors mis en lumière lorsqu’il intercède pour le peuple, avant d’agir avec sévérité envers les responsables du désastre. La miséricorde de Dieu est éclatante lorsque l’affaire se clôture par le renouvellement de l’Alliance.
 
Avec le sentiment croissant que le conducteur ne reviendrait pas, vient l’idée d’une alternative, et voilà le veau d’or élaboré par les mains d’Aaron, le peuple l’ayant poussé à ériger une figure dont ils feraient un emblème, disant : "C'est ici ton dieu, ô Israël, qui t'a fait monter du pays d'Égypte " (32:4). Rappelons-nous que cela est écrit pour notre instruction ! Souvenons-nous combien vite des images ont rempli les lieux de culte dans la chrétienté…

 
La réalisation du veau d’or - 32:1-6

Moïse disparu ! A peine les Israélites ont-ils une certaine conviction de la mort de l’homme que nous voyons son autorité rejetée. Le décalogue à peine reçu, et l’engagement du peuple réitéré (19:8, 24:7), voilà qu’Aaron édifie une statue, une image, disant en quelque sorte : "C’est ici ton dieu, ô Israël" et que le peuple festoie, mange, boit et… se divertit !

32  1 Et quand le peuple vit que Moïse tardait à descendre de la montagne, le peuple s'assembla auprès d'Aaron, et ils lui dirent : Lève-toi, fais-nous un dieu qui aille devant nous ; car ce Moïse, cet homme qui nous a fait monter du pays d'Égypte, nous ne savons ce qui lui est arrivé. 2 Et Aaron leur dit : Brisez les pendants d'or qui sont aux oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles, et apportez-les-moi. 3 Et tout le peuple arracha les pendants d'or qui étaient à leurs oreilles, et ils les apportèrent à Aaron ; 4 et il les prit de leurs mains, et il forma l'or avec un ciseau, et il en fit un veau de fonte. Et ils dirent : C'est ici ton dieu, ô Israël ! qui t'a fait monter du pays d'Égypte. 5 Et Aaron vit le veau, et bâtit un autel devant lui ; et Aaron cria, et dit : 6 Demain, une fête à l'Éternel ! Et lendemain, ils se levèrent de bonne heure, et offrirent des holocaustes, et amenèrent des sacrifices de prospérités. Et le peuple s'assit pour manger et pour boire, et ils se levèrent pour se divertir.

Pas une larme pour le serviteur de Dieu qui les conduisit hors d’Egypte, pas un mot de reconnaissance, mais sitôt retournés à l’idolâtrie (Josué 24:14), c’est la fête et les divertissements…

 
La question traitée sur la montagne - 32:7-14

Ce qui suit est absolument remarquable, et nous faisons bien de nous y arrêter. Il s’agit de l’intercession de Moïse auprès de l’Éternel. Le texte nous laisserait entrevoir un changement des plans divins, à savoir son abandon d’Israël pour générer un nouvel Israël constitué de la seule descendance de Moïse… Un paradoxe, lorsque nous considérons le récit de la sortie d’Egypte ! Rien n’est inconnu du Seigneur Dieu, pour qui le cours des temps est comme un livre que l’on ouvre à une quelconque de ses pages. Rappelons-nous que ce récit est donné pour notre instruction ! Et il permet de comprendre ce qui est au cœur d’un serviteur de Dieu. N’est-ce pas, en fait, le serviteur qui est sondé dans cette scène ? Alors que la promesse n’est pas altérée.

7 Et l'Éternel dit à Moïse : Va, descends ; car ton peuple, que tu as fait monter du pays d'Égypte, s'est corrompu ; 8 ils se sont vite détournés du chemin que je leur avais commandé ; ils se sont fait un veau de fonte, et se sont prosternés devant lui, et lui ont sacrifié, et ont dit : C'est ici ton dieu, ô Israël ! qui t'a fait monter du pays d'Égypte. 9 Et l'Éternel dit à Moïse : J'ai vu ce peuple, et voici, c'est un peuple de cou roide. 10 Et maintenant laisse-moi faire, afin que ma colère s'embrase contre eux, et que je les consume ; et je ferai de toi une grande nation.

Voici l’épreuve du serviteur : "Je ferai de toi une grande nation " Et le serviteur répond. Mieux, il implore l’Éternel ! Voyons les axes de sa supplication, les réalités que l’homme de Dieu évoque. Malgré le veau d’or, profanation et même rébellion, le prophète peut dire : "Pourquoi ta colère s’embraserait-elle contre ton peuple ?" N’y avait-il pas de motif pour la colère divine ? Pas aux yeux du serviteur épris de la Parole de Dieu, assuré que les ressources sont toujours présentes pour l’application de la grâce. Alors il évoque le chemin parcouru depuis l’Egypte, le Nom de l’Éternel qui doit être honoré, et enfin la promesse faites à Abraham, Isaac et Israël.

11 Et Moïse implora l'Éternel, son Dieu, et dit : Pourquoi, ô Éternel, ta colère s'embraserait-elle contre ton peuple, que tu as fait sortir du pays d'Égypte, avec grande puissance et à main forte ? 15 Pourquoi les Égyptiens parleraient-ils, disant : C'est pour leur mal qu'il les a fait sortir, pour les tuer dans les montagnes, et pour les consumer de dessus la face de la terre ? Reviens de l'ardeur de ta colère, et repens-toi du mal que tu veux faire à ton peuple. 13 Souviens-toi d'Abraham, d'Isaac, et d'Israël, tes serviteurs, auxquels tu as juré par toi-même, et auxquels tu as dit : Je multiplierai votre semence comme les étoiles des cieux, et je donnerai à votre semence tout ce pays dont j'ai parlé, et ils l'hériteront pour toujours. 14 Et l'Éternel se repentit du mal qu'il avait dit qu'il ferait à son peuple.

Etonnante finale que cette parole "L’Éternel se repentit…" Comme s’il s’était trouvé une partie de bras de fer entre deux hommes ! C’était bien le prophète qui était mis l’épreuve, et sa fidélité paraît ici avec force. Il avait conscience de la grandeur de Dieu et des inépuisables ressources de la grâce, et il fut confirmé dans sa foi. Dès lors, le Seigneur ne lui parle plus d’anéantir ce peuple au cou roide. "Et il dit qu'il les eût détruits, si Moïse, son élu, ne s'était pas tenu à la brèche devant lui, pour détourner sa fureur de sorte qu'il ne les détruisît pas." (Psaume 106:23).

 
La sainte colère de Moïse - 32:15-24

La conviction de la grâce n’est pas laxisme ! Moïse ne descend pas de la montagne avec des paroles tranquillisantes qui auraient paru minimiser l’égarement du peuple ; il vient à eux rempli d’une émotion intense, et bien convaincu d’avoir à agir afin que le peuple prenne conscience de son égarement funeste.

15 Et Moïse se tourna, et descendit de la montagne, les deux tables du témoignage dans sa main : les tables étaient écrites de leurs deux côtés ; elles étaient écrites deçà et delà. 16 Et les tables étaient l'ouvrage de Dieu, et l'écriture était l'écriture de Dieu, gravée sur les tables. 17 Et Josué entendit la voix du peuple, qui jetait des cris, et il dit à Moïse : Il y a un bruit de guerre au camp ! 18 Et Moïse dit : Ce n'est pas un bruit de cris de victoire, ni un bruit de cris de défaite ; j'entends une voix de gens qui chantent en s'entre-répondant.
 
19 Et il arriva que lorsque Moïse s'approcha du camp, il vit le veau et les danses ; et la colère de Moïse s'embrasa, et il jeta de ses mains les tables, et les brisa au pied de la montagne. 20 Et il prit le veau qu'ils avaient fait, et le brûla au feu, et le moulut jusqu'à ce qu'il fut en poudre ; puis il le répandit sur la surface de l'eau, et en fit boire aux fils d'Israël.

Voici ce que l’on peut appeler une "sainte colère" ! Les Israélites vont boire de cette eau rendue amère par les cendres du veau d’or… L’amertume rend sensible la folie d’un tel égarement, une saveur conduisant à une contrition salutaire. Quant à Aaron, il ne réussit pas à amadouer Moïse lorsqu’il prétexta avoir agi sous une pression insupportable ; il doit entendre des paroles fortes. Il dévoile le processus, ses initiatives, lorsqu’il n’eût pas le courage de s’opposer à la foule. Mais encore…

21 Et Moïse dit à Aaron : Que t'a fait ce peuple, pour que tu aies fait venir sur lui un si grand péché ? 22 Et Aaron dit : Que la colère de mon seigneur ne s'embrase point ; tu connais le peuple, qu'il est plongé dans le mal. 23 Or ils m'ont dit : Fais-nous un dieu qui marche devant nous ; car ce Moïse, cet homme qui nous a fait monter du pays d'Égypte, nous ne savons ce qui lui est arrivé. 24 Et je leur ai dit : Qui a de l'or ? Ils l'ont arraché, et me l'ont donné ; et je l'ai jeté au feu, et il en est sorti ce veau.

Alors qu’Aaron "forma l'or avec un ciseau, et en fit un veau de fonte" (32:4), cette réalisation est devenue en sa bouche : "j’ai jeté l’or au feu, et il en est sorti ce veau." Le veau se serait-il formé par miracle dans le feu ? Ceci n’est pas sans interpeller le lecteur, alors que tant de demi-vérités sont prononcées en vue de masquer une part de responsabilité…

 
Exercice de la discipline - 32:25-30

Le temps est venu de remettre de l’ordre, car si le veau a été réduit en cendres, c’est dans les cœurs et les consciences que le travail doit s’opérer. Une scène terrible est devant nous, mais quelle que soit l’appréciation que nous pourrons avoir de la rigueur du glaive, pensons à la leçon morale que recèle cette action. Sous la faiblesse coupable d’Aaron, le peuple s’est cru en paix, et même fit fête et se divertit, mais la fidélité de Moïse fortifie les fidèles qui agissent alors pour le bien du peuple tout entier.

25 Et Moïse vit que le peuple était dans le désordre ; car Aaron l'avait livré au désordre, pour leur honte parmi leurs adversaires. 26 Et Moïse se tint à la porte du camp, et dit : À moi, quiconque est pour l'Éternel ! Et tous les fils de Lévi se rassemblèrent vers lui. 27 Et il leur dit : Ainsi dit l'Éternel, le Dieu d'Israël : Que chacun mette son épée sur sa cuisse ; passez et revenez d'une porte à l'autre dans le camp, et que chacun de vous tue son frère, et chacun son compagnon, et chacun son intime ami. 28 Et les fils de Lévi firent selon la parole de Moïse ; et il tomba d'entre le peuple, ce jour-là, environ trois mille hommes. 29 Et Moïse dit : Consacrez-vous aujourd'hui à l'Éternel, chacun dans son fils et dans son frère, afin de faire venir aujourd'hui sur vous une bénédiction.

Il fallait que chacun se positionne : pour l’Éternel ou non ! L’Alliance avait-elle une valeur ou pouvait-on se satisfaire de profiter des bienfaits de Dieu, à commencer par la liberté, la délivrance du joug égyptien ? L’appel de Moïse a été entendu, et Moïse retourne intercéder auprès de l’Éternel. L’homme est un vrai serviteur de Dieu qui ne s’occupe pas de sa propre situation mais recherche ce que le Seigneur cherche : le bien du peuple. Notons ceci : Aaron présentant le veau d’or déclara "faisons une fête à l’Éternel ", le veau étant pour lui une représentation de Dieu, mais pour Moïse il s’agit d’une idole… Et c’est bien la réalité ! Constituer une image pour se prosterner devant elle est, quoi que l’on dise de ce qu’elle représente, un acte d’idolâtrie. Un acte idolâtre réprimé par le Décalogue : "Tu ne te feras point d'image taillée" (20:4). Et le peuple se divertit…
 
Moïse n’édulcore pas la situation, il confesse la faute telle qu’elle est.

30 Et il arriva, le lendemain, que Moïse dit au peuple : Vous avez commis un grand péché, et maintenant je monterai vers l'Éternel : peut-être ferai-je propitiation pour votre péché. 31 Et Moïse retourna vers l'Éternel, et dit : Hélas ! ce peuple a commis un grand péché, et ils se sont fait un dieu d'or. 32 Et maintenant, si tu pardonnes leur péché... ; sinon, efface-moi, je te prie, de ton livre que tu as écrit. 33 Et l'Éternel dit à Moïse : Celui qui aura péché contre moi, je l'effacerai de mon livre. 34 Et maintenant ; va, conduis le peuple où je t'ai dit. Voici, mon messager ira devant toi : et le jour où je visiterai, je visiterai sur eux leur péché. 35 Et l'Éternel frappa le peuple, parce qu'ils avaient fait le veau qu'Aaron avait fait.

L’attachement de Moïse à la Promesse paraît inébranlable, elle est sa propre raison de vivre depuis qu’il a accepté la mission lorsqu’il vit le feu de l’Éternel dans le buisson et qu’il entendit sa Parole : "J'ai vu, j'ai vu l'affliction de mon peuple qui est en Égypte, et j'ai entendu le cri qu'il a jeté à cause de ses exacteurs ; car je connais ses douleurs. Et je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens, et pour le faire monter de ce pays-là dans un pays bon et spacieux, dans un pays ruisselant de lait et de miel, dans le lieu d'habitation du Cananéen, et du Héthien, et de l'Amoréen, et du Phérézien, et du Hévien, et du Jébusien. Et maintenant, voici, le cri des fils d'Israël est venu jusqu'à moi ; et j'ai aussi vu l'oppression dont les Égyptiens les oppriment." (3:7-9).
 
Pour Moïse, un changement dans les voies de l’Éternel serait un réel bouleversement de sa propre vie, un échec de son propre engagement ! Si cela advenait, il ne pourrait que dire "Je me suis trompé, lorsque je parlais au Pharaon " Même étant bénéficiaire, ce serait un échec cuisant de sa vie, un échec de sa foi en la Parole de l’Éternel ! Un sentiment insupportable…
 
Alors la parole est réaffirmée : "Conduis ce peuple ; mon messager ira devant toi" (32:34). Ce sont les paroles mêmes de l’engagement de l’Éternel dans l’Alliance (23:20,23), même s’il doit être ajouté que les fautes du peuple devront rencontrer leur jugement, ce qui arrive ici déjà pour les guérir de l’égarement du veau d’or.
 
Comparer Moïse et Aaron nous apporte une riche instruction. Ce dernier, nanti d’un ministère religieux, paraît être sensible à son acceptation par le peuple, et donc soumis à des préoccupations terrestres, au mieux le sentiment de devoir agir à tout prix pour l’unité du peuple, au pire, dans le souci du maintien de sa propre position de conducteur, fonction chargée d’honneur. Bienheureux serviteur qui, tel que Moïse, est conduit par la fidélité à Dieu et sa Parole, sans égard à lui-même et ses propres avantages. Ce dernier a contribué au salut de son peuple, même s’il n’en a reçu nulle marque de reconnaissance…

 

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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