19/06/2013

Exode 33:1-34:9 Restauration de l'Alliance (1/2)


 

UN PEUPLE EN MARCHE
Exode 33 à Nombres 9

 
L’affaire du veau d’or est derrière, non sans qu’il n’en ait résulté de douleur pour le peuple, mais maintenant le chemin va pouvoir se poursuivre. Et l’histoire reprend pour ainsi dire au point d’avant la dérive du veau d’or, à l’énoncé des Paroles de l’Alliance. Ensuite le peuple va être occupé à une activité positive, groupant les hommes et les femmes de bonne volonté autour d’un projet commun, l’édification du Tabernacle du désert. Ensuite le départ…


 
La restauration de l’Alliance
Exode 33:1-34:28

Quoi qu’il soit survenu, le chemin va se poursuivre comme il était annoncé, et pour cela les Paroles de l’Alliance sont proclamées à nouveau, car le peuple doit réentendre ce qui fonde son lien avec l’Éternel, et constater que rien n’est ôté à ce qui a été promis. Telle est la puissance de la miséricorde. Le privilège de la promesse repose sur les hommes et les femmes qui le reçoivent personnellement.

 
Un peuple qui se relève - 33:1-17

La promesse faite à Israël (23:20-33) est rappelée ; le peuple va bien monter dans "le pays ruisselant de lait et de miel" (3:8). Cependant une distance se prend, et ce n’est plus "au milieu du peuple" que l’Éternel peut se trouver ! Il faut que chacun personnellement se détermine… L’Éternel "au milieu du peuple" pourrait paraître exempter de tout engagement personnel, tandis que la situation nouvelle met en évidence cette nécessité. Nul n’est reconnu croyant parce qu’il appartient à une assemblée, mais il ne le sera que sur base d’un réel engagement personnel.
 
Quels sont ceux qui "cherchent l’Éternel" ? Car, en réalité, si la promesse est pour le peuple, elle est au bénéfice de ceux qui ont foi en la Parole de Dieu. Quel homme peut jouir d’un don sans qu’il accepte de le recevoir ?

33  1 Et l'Éternel dit à Moïse : Va, monte d'ici, toi et le peuple que tu as fait monter du pays d'Égypte, dans le pays que j'ai promis par serment à Abraham, à Isaac, et à Jacob, disant 2 "Je le donnerai à ta semence, j'enverrai un messager devant toi et je chasserai le Cananéen, l'Amoréen, le Héthien, le Phérézien, le Hévien et le Jébusien, 3 un pays ruisselant de lait et de miel". Mais je ne monterai pas au milieu de toi, car tu es un peuple de cou roide, de peur que je ne te consume en chemin.
 
4 Et le peuple entendit cette parole fâcheuse, et mena deuil, et personne ne mit ses ornements sur soi. 5 Or l'Éternel avait dit à Moïse : Dis aux fils d'Israël : Vous êtes un peuple de cou roide ; je monterai en un instant au milieu de toi, et je te consumerai ; et maintenant, ôte tes ornements de dessus toi, et je saurai ce que je te ferai. 6 Et les fils d'Israël se dépouillèrent de leurs ornements, à la montagne de Horeb.

La fermeté de Moïse a marqué, et nous voyons des Israélites mener deuil. Les consciences sont touchées, car en effet nous ne voyons pas là de cérémonie de deuil qui soit proclamée, mais un geste spontané. Mais un vrai deuil, bien nécessaire, ne peut durer ; un vrai deuil conduit à se relever et se mettre en marche. Aussi un mouvement positif est suscité. Moïse dresse une tente, une simple tente dressée pour l’occasion. Il la nomme "tente de la rencontre" et y appelle les Israélites afin que ceux qui avaient bronché, qui se trouvaient dans le deuil, se lèvent et marchent fermement…

7 Et Moïse prit une tente, et la tendit pour lui hors du camp, loin du camp, et il l'appela la tente de la rencontre ; et il arriva que tous ceux qui cherchaient l'Éternel sortirent vers la tente de la rencontre qui était hors du camp. 8 Et il arriva que, lorsque Moïse sortit vers la tente, tout le peuple se leva, et se tint chacun à l'entrée de sa tente, et suivit des yeux Moïse, jusqu'à ce qu'il entra dans la tente. 9 Et il arriva que, comme Moïse entrait dans la tente, la colonne de nuée descendit, et se tint à l'entrée de la tente, et l'Éternel parla avec Moïse. 10 Et tout le peuple vit la colonne de nuée se tenant à l'entrée de la tente ; et tout le peuple se leva, et ils se prosternèrent, chacun à l'entrée de sa tente. 11 Et l'Éternel parlait à Moïse face à face, comme un homme parle avec son ami ; et Moïse retournait au camp ; et son serviteur Josué, fils de Nun, jeune homme, ne sortait pas de l'intérieur de la tente.

Se lever, aller à la "tente de la rencontre" dans la conscience d’être sous le regard de Dieu. La gloire leur est rendue visible afin qu’ils sachent auprès de qui ils se rendent. Quant à Josué, serviteur de Moïse (33:11), il demeure dans la tente, son temps n’est pas venu de prendre la relève de Moïse dans la conduite du peuple, mais déjà nous pouvons pressentir cet avenir.
 
Moïse avait bien entendu cette parole : "je ne monterai pas au milieu de toi, car tu es un peuple de cou roide", et il sait qu’il ne peut assumer lui-même la conduite de ce peuple. Aussi réclame-t-il d’être conduit par le Seigneur Dieu lui-même, une supplication à laquelle il est répondu. Remarquons que Moïse prend l’initiative, nous pouvons lire qu’il paraît poser ses conditions à l’Éternel. Une leçon remarquable dans cet engagement du serviteur qui connaît ses propres limites et ne milite pas pour son propre compte.

12 Et Moïse dit à l'Éternel : Regarde tu me dis : Fais monter ce peuple ; et tu ne m'as pas fait connaître celui que tu enverras avec moi ; et tu as dit : Je te connais par nom, et tu as aussi trouvé grâce à mes yeux. 13 Et maintenant, je te prie, si j'ai trouvé grâce à tes yeux, fais-moi connaître, je te prie, ton chemin, et je te connaîtrai, afin que je trouve grâce à tes yeux ; et considère que cette nation est ton peuple. 14 Et l'Éternel dit : Ma face ira, et je te donnerai du repos. 15 Et Moïse lui dit : Si ta face ne vient pas, ne nous fais pas monter d'ici ; 16 car à quoi connaîtra-t-on que j'ai trouvé grâce à tes yeux, moi et ton peuple ? Ne sera-ce pas en ce que tu marcheras avec nous ? Ainsi, moi et ton peuple, nous serons séparés de tout peuple qui est sur la face de la terre.

Un dialogue extraordinaire ! Une instruction pour le lecteur, et particulièrement pour les conducteurs spirituels. Nous avons déjà pu considérer Aaron se laissant entraîner par les volontés du peuple, peut être dans la crainte d’une révolte et un souci fédérateur, mais il cédait aux pressions de meneurs. Face à lui nous voyons Moïse pénétré de la Parole de Dieu, et attaché au bien du peuple d’Israël, dût-il lui-même s’effacer. Nous l’avons lu, il n’entend pas être béni dans sa seule descendance, lorsqu’il refusé cette proposition : "que ma colère s'embrase contre eux, et que je les consume ; et je ferai de toi une grande nation" (32:10). Un tel homme est clairement approuvé de Dieu.

17 Et l'Éternel dit à Moïse : Je ferai cela aussi dont tu as parlé ; car tu as trouvé grâce à mes yeux, et je te connais par nom.

Véritablement nous prenons ici la mesure de l’homme ; les demandes de Moïse sont agréées et l’Alliance sera renouvelée. "Je ferai ce qui tu as demandé " Ainsi pouvons-nous lire cette Parole reçue pas le serviteur de Dieu. Il a été sondé à fond, notamment lorsque la question d’abandonner Israël pour que le dessein divin s’accomplisse dans sa seule descendance. Mais l’homme de Dieu manifesta son adhésion entière à la promesse faite à Israël, nous l’avons vu intercéder avec force, exprimer son abnégation, être empreint de la façon la plus absolue par l’accomplissement de la Promesse. Et nous voyons que le Seigneur Dieu parlait avec lui "comme avec un ami" (33:11), et qu’il avait confiance d’avoir "trouvé grâce" aux yeux de l’Éternel (33:17). Nous comprenons qu’il sera écrit plus tard : "Il ne s'est plus levé en Israël de prophète tel que Moïse, que l'Éternel ait connu face à face" (Deutéronome 34:10).

 
La gloire de l’Eternel - 33:18-34:9

Une demande extraordinaire, comme seul pouvait s’y engager un homme qui marche dans la droiture. Moïse s’enhardit, demandant de voir la gloire de l’Éternel, non pas seulement de loin dans les signes de la nuée et du feu, mais de près. Il demande ce qui est impossible, voir Dieu en gloire. Impossible ! Mais cependant il reçoit une réponse…

18 Et Moïse dit : Fais-moi voir, je te prie, ta gloire. 19 Et il dit : Je ferai passer toute ma bonté devant ta face, et je crierai le nom de l'Éternel devant toi ; et je ferai grâce à qui je ferai grâce, et je ferai miséricorde à qui je ferai miséricorde. 20 Et il dit : Tu ne peux pas voir ma face, car l'homme ne peut me voir et vivre. 21 Et l'Éternel dit : Voici un lieu près de moi, et tu te tiendras sur le rocher ; 22 et il arrivera, quand ma gloire passera, que je te mettrai dans la fente du rocher, et je te couvrirai de ma main jusqu'à ce que je sois passé ; 23 puis je retirerai ma main, et tu me verras par derrière ; mais ma face ne se verra pas.

Vraiment, nous voyons combien près de Dieu se trouve un homme tel que Moïse ! Non sans que l’autorité de l’Éternel ne soit toutefois soulignée, à savoir son droit de faire grâce, d’exercer la miséricorde… Mais voir Dieu est impossible, ainsi que Jean l’a écrit : "Personne ne vit jamais Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l'a fait connaître." (Jean 1:18). Ainsi est préparé un lieu où Moïse pourra se tenir lorsqu’il aura gravi la montagne.
 
Auparavant, il taillera deux nouvelles pierres pour que l’Éternel y grave les paroles de la Loi.

34  1 Et l'Éternel dit à Moïse : Taille-toi deux tables de pierre comme les premières, et j'écrirai sur les tables les paroles qui étaient sur les premières tables que tu as brisées. 2 Et sois prêt au matin, et monte au matin sur la montagne de Sinaï, et tiens-toi là devant moi, sur le sommet de la montagne. 3 Et personne ne montera avec toi, et même personne ne sera vu sur toute la montagne, et ni le menu ni le gros bétail ne paîtra devant cette montagne.
 
4 Et Moïse tailla deux tables de pierre comme les premières, et se leva de bon matin, et monta sur la montagne de Sinaï, comme l'Éternel le lui avait commandé, et prit en sa main les deux tables de pierre.

Et arrive ce qui était annoncé. La gloire de l’Éternel se manifeste avec une autorité souveraine, et nous lisons l’expression conjuguée de la grâce et de la justice.

5 Et l'Éternel descendit dans la nuée, et se tint là avec lui, et cria le nom de l'Éternel. 6 Et l'Éternel passa devant lui, et cria : L'Éternel, l'Éternel ! Dieu, miséricordieux et faisant grâce, lent à la colère, et grand en bonté et en vérité, 7 gardant la bonté envers des milliers de générations, pardonnant l'iniquité, la transgression et le péché, et qui ne tient nullement celui qui en est coupable pour innocent, qui visite l'iniquité des pères sur les fils, et sur les fils des fils, sur la troisième et sur la quatrième génération !

La rigueur de la Loi ne s’émoussera pas avec la succession des générations ; si des fils suivent le mauvais chemin de leur père, ils connaîtront la même rigueur, comme nous le lisons déjà dans les paroles du Décalogue (20:6). Mais soulignons ces proclamations de la grâce et de la miséricorde, le dessein divin exposé avec profusion d’expressions.

8 Et Moïse se hâta, et s'inclina jusqu'à terre, et se prosterna, 9 et dit : Si j'ai trouvé grâce à tes yeux, Seigneur, que le Seigneur marche, je te prie, au milieu de nous ; car c'est un peuple de cou roide ; et pardonne nos iniquités et nos péchés, et prends-nous pour héritage.

Moïse qui a bien retenu que le peuple est "de cou roide" (32:9) saisit ce moment pour réitérer sa demande expresse, sachant que ce ne sera que sur le pied de la miséricorde, du pardon, qu’elle pourra se concrétiser.

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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