18/06/2013

Nombres 14 Les envoyés au pays de Canaan (2/3)


 

Le peuple face à ses responsabilités
Nombres 14:1-45

Les observateurs ont fait entendre leurs voix… Chacun doit savoir pour lui-même dans quel sens il veut aller. Les douze sont unanimes pour souligner la magnificence du pays, mais dix d’entre eux sont convaincus de son inaccessibilité. Seuls Caleb et Josué ont confiance, ils goûtent la bénédiction promise. Ont-ils négligé cette vue inquiétante de ce peuple redoutable qui l’occupe ? Non, ils les ont vu tout comme les autres, mais la promesse de Dieu les assure… Telle est la question pour chaque Israélite : "Ai-je foi dans la parole de Dieu ?" Une question pour tout croyant relativement à la vie réelle, car c’est là le but de cette page de la Bible, comme de toutes les autres (Romains 15:4).


 
Les murmures du peuples - 14:1-10

Le premier mouvement est clair. Pleurs et murmures, mise en question de la sortie d’Egypte prononcée en des termes bien forts, jusqu’à exprimer l’idée de retourner dans ce pays où ils souffraient une bonne année plus tôt… Déjà oubliés les bienfaits de l’Éternel, la traversée de la Mer des Joncs, la Manne, l’Eau du rocher ! Oublié l’enthousiasme de l’édification du Tabernacle… Et cela hors de toute épreuve vécue, seulement par le doute installé dans l’âme touchant le pays promis, reconnu pourtant comme "ruisselant de lait et de miel".

14  1 Toute l'assemblée éleva sa voix, et jeta des cris ; le peuple pleura cette nuit-là. 2 Tous les fils d'Israël murmurèrent contre Moïse et contre Aaron ; et toute l'assemblée leur dit : Oh, si nous étions morts dans le pays d'Égypte ! Ou si nous étions morts dans ce désert ! 3 Et pourquoi l'Éternel nous fait-il venir dans ce pays, pour y tomber par l'épée, pour que nos femmes et nos petits enfants deviennent une proie ? Ne serait-il pas bon pour nous de retourner en Égypte ? 4 Et ils se dirent l'un à l'autre : Établissons un chef, et retournons en Égypte. 5 Et Moïse et Aaron tombèrent sur leurs faces devant toute la congrégation de l'assemblée des fils d'Israël.
 
6 Et Josué, fils de Nun, et Caleb, fils de Jephunné, qui étaient d'entre ceux qui avaient reconnu le pays, déchirèrent leurs vêtements 7 et parlèrent à toute l'assemblée des fils d'Israël, disant : Le pays par lequel nous avons passé pour le reconnaître est un très-bon pays ; 8 si l'Éternel prend plaisir en nous, il nous fera entrer dans ce pays-là et nous le donnera, un pays qui ruisselle de lait et de miel. 9 Seulement, ne vous rebellez pas contre l'Éternel, et ne craignez pas le peuple du pays, car ils seront notre pain. Leur protection s'est retirée de dessus eux, et l'Éternel est avec nous ; ne les craignez pas. 10 Et toute l'assemblée parla de les lapider avec des pierres. Et la gloire de l'Éternel apparut à tous les fils d'Israël à la tente d'assignation.

Peut-être serons-nous étonnés de cette parole touchant la protection retirée au peuple du pays, les géants. Nous comprendrons à la lecture du livre de Josué qu’effectivement ces peuples feront des pactes pour faire la guerre à Israël, mais ils ne prévaudront pas.
 
La question posée est vraiment celle de la confiance en Dieu. Il faut la manifestation de la gloire – comprenons par cela la nuée reposant sur la tente d’assignation – pour mettre en arrêt ce mouvement de rébellion. Mais ce n’est pas le retour à la confiance…


 
L’intercession de Moïse - 14:11-38

L’Éternel parle à Moïse en des termes sans équivoque : le peuple méprise l’Éternel, et il ne Le croit pas… Le ferment de la ruine ! Les mots sont forts, mais ce dont les Israélites sont ici accusés est bien commun de nous jours ! A ces paroles, Moïse répond avec une sagesse remarquable. Il fait état de ce que les Egyptiens et les Cananéens pourraient les uns et les autres comprendre en cas de désastre. Dans son intercession il revendique la gloire de Dieu…

11 Et l'Éternel dit à Moïse : Jusques à quand ce peuple-ci me méprisera-t-il et jusques à quand ne me croira-t-il pas, après tous les signes que j'ai faits au milieu de lui ? 12 Je le frapperai de peste, et je le détruirai ; et je ferai de toi une nation plus grande et plus forte que lui.
 
13 Et Moïse dit à l'Éternel : Mais les Égyptiens en entendront parler ; or, par ta force tu as fait monter ce peuple du milieu d'eux, 14 et ils le diront aux habitants de ce pays qui ont entendu que toi, Éternel, tu étais au milieu de ce peuple, que toi, Éternel, tu te faisais voir face à face, que ta nuée se tenait sur eux et que tu marchais devant eux dans une colonne de nuée, le jour, et dans une colonne de feu, la nuit. 15 Si tu fais périr ce peuple comme un seul homme, les nations qui ont entendu parler de toi, parleront, disant : 16 Parce que l'Éternel ne pouvait pas faire entrer ce peuple dans le pays qu'il leur avait promis par serment, il les a tués dans le désert. 17 Maintenant, je te prie, que la puissance du Seigneur soit magnifiée, comme tu as parlé, disant : 18 L'Éternel est lent à la colère, et grand en bonté, pardonnant l'iniquité et la transgression, et qui ne tient nullement celui qui en est coupable pour innocent, qui visite l'iniquité des pères sur les fils, sur la troisième et sur la quatrième génération. 19 Pardonne, je te prie, l'iniquité de ce peuple, selon la grandeur de ta bonté, et comme tu as pardonné à ce peuple depuis l'Égypte jusqu'ici.

Le sage connaît la bonté de Dieu. Loin de lui de se plaire à voir punir ou se réjouir d’un désastre ; il n’est pas tel Jonas qui aurait été satisfait de la destruction de Ninive. Nous voyons ainsi la sagesse de la foi. Les conséquences d’un écart sont inévitables, et parfois douloureuses, mais la foi regarde à la bonté de Dieu, laquelle trouve toujours un chemin ; c’est ainsi que tout sage, tel Moïse, considère celui qui s’est engagé dans un chemin qui ne peut être approuvé : non en minimisant les faits, mais en faisant appel à la grâce, car il en est le témoin. Ceci étant, nous voyons ici que l’homme ne saurait être gardé des conséquences de ses propres actes, qu’il lui faut assumer ses choix ; car autrement il n’y aurait ni liberté ni grâce, mais une situation de laxisme favorable à la superstition : "si j’invoque Dieu, si je fais telle offrande, si je m’engage dans tel pèlerinage, je serai protégé…" Un comportement bien étranger à la réalité de la vie de foi.

20 Et l'Éternel dit : J'ai pardonné selon ta parole. 21 Mais, aussi vrai que je suis vivant, toute la terre sera remplie de la gloire de l'Éternel ! 22 Car tous ces hommes qui ont vu ma gloire, et mes signes, que j'ai faits en Égypte et dans le désert, et qui m'ont tenté ces dix fois, et qui n'ont pas écouté ma voix ; 23 s'ils voient le pays que j'avais promis par serment à leurs pères ! Aucun de ceux qui m'ont méprisé ne le verra. 24 Mais mon serviteur Caleb, parce qu'il a été animé d'un autre esprit et qu'il m'a pleinement suivi, je l'introduirai dans le pays où il est entré, et sa semence le possédera. 25 Or l'Amalékite et le Cananéen habitent dans la vallée : demain tournez-vous, et partez pour le désert, vous dirigeant vers la mer Rouge.

La parole est dite. Celui qui ne veut pas voir ce que l’Éternel a réalisé pour lui ne verra pas d’autres actes plus grands encore ! Une sanction ? Ou la conséquence de sa propre disposition de cœur ? Toujours est-il que celui qui croit, fût-il seul comme Caleb ou Josué, connaîtra ce que le Seigneur a promis.

26 Et l'Éternel parla à Moïse et à Aaron disant : 27 Jusques à quand supporterai-je cette méchante assemblée qui murmure contre moi ? J'ai entendu les récréminations des fils d'Israël qu'ils murmurent contre moi. 28 Dis-leur : Je suis vivant, dit l'Éternel, si je ne vous fais comme vous avez parlé à mes oreilles... ! 29 Vos cadavres tomberont dans ce désert. Et tous ceux d'entre vous qui ont été dénombrés, selon tout le compte qui a été fait de vous, depuis l'âge de vingt ans et au-dessus, vous qui avez murmuré contre moi... 30 si vous entrez dans le pays touchant lequel j'ai levé ma main pour vous y faire habiter, excepté Caleb, fils de Jephunné, et Josué, fils de Nun ! 31 Mais vos petits enfants, eux dont vous avez dit qu'ils seraient une proie, je les ferai entrer, et ils connaîtront le pays que vous avez méprisé. 32 Et quant à vous, vos cadavres tomberont dans ce désert. 33 Vos fils seront paissant dans le désert quarante ans, et ils porteront la peine de vos prostitutions, jusqu'à ce que vos cadavres soient consumés dans le désert. 34 Selon le nombre des jours que vous avez mis à reconnaître le pays, quarante jours, un jour pour une année, vous porterez vos iniquités quarante ans, et vous connaîtrez ce que c'est que je me sois détourné de vous. 35 Moi, l'Éternel, j'ai parlé ; si je ne fais ceci à toute cette méchante assemblée qui s'est assemblée contre moi ! Ils seront consumes dans ce désert, et ils y mourront.
 
36 Et les hommes que Moïse avait envoyés pour reconnaître le pays, et qui revinrent et firent murmurer contre lui toute l'assemblée en décriant le pays, 37 ces hommes qui avaient décrié le pays, moururent de plaie devant l'Éternel. 38 Mais d'entre les hommes qui étaient allés pour reconnaître le pays, Josué, fils de Nun, et Caleb, fils de Jephunné, vécurent.

Oui, ces hommes avaient masqué leur manque de confiance derrière le souci louable pour leurs familles, clamant : "Et pourquoi l'Éternel nous fait-il venir dans ce pays, pour y tomber par l'épée, pour que nos femmes et nos petits enfants deviennent une proie ?" (14:3). Ne fallait-il pas paraître honorable ? Ils ont reçu la réponse. La réalité à laquelle ils devaient prendre attention n’était-elle pas l’héritage qu’ils laisseront à leurs enfants ? Leur bonheur n’eut-il pas été de transmettre leur propre foi à leurs enfants, leur confiance en Dieu, en les menant au pays promis ? Certes, ces enfants seront bien conduits vers le pays, mais après la longue traversée du désert, un lieu d’épreuves dont les enfants auraient pu être épargnés… Une leçon toujours actuelle !


 
Une guerre bien vaine - 14:39-45

La parole de l’Eternel est communiquée au peuple, et elle est entendu... Mais elle n’est pas comprise! L’état moral n’est pas changé. Alors des Israélites prennent eux mêmes les affaires en main...

39 Et Moïse dit ces choses à tous les fils d'Israël, et le peuple mena très-grand deuil. 40 Et ils se levèrent de bon matin et montèrent sur le sommet de la montagne, disant : Nous voici ! Nous monterons au lieu dont l'Éternel a parlé, car nous avons péché. 41 Et Moïse dit : Pourquoi transgressez-vous ainsi le commandement de l'Éternel ? Cela ne réussira point. 42 Ne montez pas, car l'Éternel n'est pas au milieu de vous, afin que vous ne soyez pas battus devant vos ennemis ; 43 car l'Amalékite et le Cananéen sont là devant vous, et vous tomberez par l'épée ; car vu que vous vous êtes détournés de l'Éternel, l'Éternel ne sera pas avec vous. 44 Toutefois ils s'obstinèrent à monter sur le sommet de la montagne ; mais ni l'arche de l'alliance de l'Éternel ni Moïse ne bougèrent du milieu du camp. 45 Et les Amalékites et les Cananéens qui habitaient cette montagne-là descendirent, les battirent et les taillèrent en pièces jusqu'à Horma.

Ce récit ne montre-t-il pas quel est le bon combat à mener ? La vraie question était ici la question de la foi. C’est par la foi qu’ils allaient entrer dans le pays promis, et non par la force des armes. Nous pouvons constater les désastres produits par une imitation de la foi, des guerres menées au nom de grands principes qui masquent les vraies motivations, et aussi des disputes de mots autour de lectures de la parole de Dieu en exploitant des textes pour justifier des positions douteuses (Philippiens 1:15, 1 Timothée 1:4, 6:4-5, 2 Timothée 2:14, Tite 3:9).
 
Dans un contexte que l’on jugerait fort différent, l’apôtre nous éclaire. Ne pouvons-nous pas constater une analogie de situations, à la manière de l’enseignement d’une parabole ? "Au reste, mes frères, fortifiez-vous dans le Seigneur et dans la puissance de sa force ; revêtez-vous de l'armure complète de Dieu, afin que vous puissiez tenir ferme contre les artifices du diable : car notre lutte n'est pas contre le sang et la chair, mais contre les principautés, contre les autorités, contre les dominateurs de ces ténèbres, contre la puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes. C'est pourquoi prenez l'armure complète de Dieu, afin que, au mauvais jour, vous puissiez résister, et, après avoir tout surmonté, tenir ferme." (Éphésiens 6:10-13).


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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