18/06/2013

Nombres 13 Les envoyés au pays de Canaan (1/3)


 

ENTRER PAR LA FOI DANS LE PAYS PROMIS
Nombres 13 à 15

 
Avec ces lignes, nous voyons qu’il y a un prix à payer pour jouir de la bénédiction promise. Le pays ruisselant de lait et de miel est devant les Israélites, mais pour en jouir il faut aller droit avec foi… Le peuple, manquant de confiance, de foi, tourna dans le désert jusqu’à ce qu’une nouvelle génération se soit levée. Mais les promesses demeurent. Le peuple entrera au pays "ruisselant de lait et de miel" (Exode 3:8). Car nous lisons non "Si vous entrez", mais "Quand vous serez entrés dans le pays de votre habitation, que je vous donne…" (15:2) !
 
Cette question interpelle aujourd’hui encore… Aux Hébreux, l’auteur de l’épître s’exprime dans ces termes bien sérieux : "… il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, et qui ont goûté du don céleste, et qui sont devenus participants de l'Esprit Saint, et qui ont goûté la bonne parole de Dieu et les miracles du siècle à venir, et qui sont tombés, soient renouvelés encore à la repentance, crucifiant pour eux-mêmes le Fils de Dieu et l'exposant à l'opprobre" (Hébreux 6:4-6). Ainsi proposons-nous de lire cette page avec à l’esprit cette question : comment goûter aujourd’hui la bonne main de notre Dieu ?


 
Les envoyés en Canaan
Nombres 13:1-34

Le peuple est conduit vers le nord-est du Sinaï, dans le Désert de Paran. Des observateurs vont aller plus au nord encore, au-delà du Désert de Tsin, au sud du pays de Canaan... Les observations qu’ils firent et les sentiments qu’ils y éprouvèrent conduiront le peuple à une grande inquiétude, voire une rébellion. Et toute cette génération va végéter dans le désert durant trente-huit années. Ce n’est pas une tentative de monter en Canaan qui y changera quelque chose… Mais dans cette situation si pénible, deux hommes vont émerger par leur foi en la Parole de Dieu, ce sont Josué et Caleb.


 
L’envoi - 13:1-21

L’envoi d’observateur était une nécessité, car se pouvait-il que la foi n’eusse pas été mise à l’épreuve, afin que chacun ait pu se positionner personnellement ? Car en effet le mouvement peut être collectif, comme cette marche vers le pays promis, mais la foi, la confiance dans l’Alliance, est toujours personnelle…
 
Le peuple est arrivé à Kadès, une importante oasis au cœur du désert de Paran. De là douze observateurs, un par tribu, montent vers Hébron quelque deux cent kilomètres au nord, traversant le désert de Tsin.

13  1 Après cela, le peuple partit de Hatséroth, et il campa au désert de Paran.
 
2 L'Éternel parla à Moïse, disant : 3 Envoie des hommes, et ils reconnaîtront le pays de Canaan que je donne aux fils d'Israël ; vous enverrez un homme pour chaque tribu de ses pères, tous des princes parmi eux. 4 Et Moïse les envoya du désert de Paran, selon le commandement de l'Éternel. Tous ces hommes étaient des chefs des fils d'Israël.
 
5 Ce sont ici leurs noms. Pour la tribu de Ruben, Shammua, fils de Zaccur ; 6 pour la tribu de Siméon, Shaphath, fils de Hori ; 7 pour la tribu de Juda, Caleb, fils de Jephunné ; 8 pour la tribu d'Issacar, Jighal, fils de Joseph ; 9 pour la tribu d'Éphraïm, Osée, fils de Nun ; 10 pour la tribu de Benjamin, Palti, fils de Raphu ; 11 pour la tribu de Zabulon, Gaddiel, fils de Sodi ; 12 pour la tribu de Joseph, pour la tribu de Manassé, Gaddi, fils de Susi ; 13 pour la tribu de Dan, Ammiel, fils de Guemalli ; 14 pour la tribu d'Aser, Sethur, fils de Micaël ; 15 pour la tribu de Nephthali, Nakhbi, fils de Vophsi ; 16 pour la tribu de Gad, Gueuël, fils de Maki. 17 Ce sont là les noms des hommes que Moïse envoya pour reconnaître le pays.
 
   Et Moïse appela Osée, fils de Nun, Josué.

Parmi les princes envoyés se trouve Osée, fils de Nun. Son nom est dérivé du verbe hébreu pour "être sauvé." Moïse change le nom de celui qui a combattu contre Amalek et l’a accompagné dans la montagne, il lui donne ce nom de Josué, autrement dit "L’Éternel est Sauveur". Une parole de foi et de sagesse. Celui qui sera à la tête lors de l’entrée au pays porte désormais un nom à l’allure d’étendard pour Israël comme pour toutes les nations. Ce nom sera porté plus tard par le Grand prêtre à la tête des Israélites remontant de Babylone pour restaurer Jérusalem (Aggée 1:1), et plus tard encore par le Messie, celui qui ouvre l’accès à la Jérusalem céleste…

18 Moïse les envoya pour reconnaître le pays de Canaan, et leur dit : Montez de ce côté, par le midi ; vous gravirez la montagne 19 et vous verrez le pays, ce qu'il est, et le peuple qui l'habite, s'il est fort ou faible, s'il est en petit ou en grand nombre ; 20 et quel est le pays où il habite, s'il est bon on mauvais ; et quelles sont les villes dans lesquelles il habite, si c'est dans des camps ou dans des villes murées ; 21 et quel est le pays, s'il est gras ou maigre, s'il y a des arbres ou s'il n'y en a pas. Ayez bon courage, et prenez du fruit du pays. Or c'était le temps des premiers raisins.

La mission est claire. Les observateurs devaient prendre connaissance des habitants, des villes et du pays lui-même, de sa luxuriance… Et ramener un témoignage qui rendrait compte des termes de la promesse : "un pays ruisselant de lait et de miel." Autrement dit, répondre à cette interrogation : la promesse de l’Éternel est-elle crédible ? Et voir aussi les obstacles à envisager. Ne fallait-il pas que les Israélites réalisent la fidélité de l’Éternel tout en connaissant que la voie de la foi n’est pas un parcours tranquille sur une route plane ?


 
L’expédition - 13:22-34

L’équipée monte par le midi, jusqu’à Hébron, "Hébron bâtie sept ans avant Tsoan d'Égypte". Etonnante remarque ! Pourquoi donc cette mention de Tsoan, une capitale de la Basse-Egypte, et le rappel de l’antériorité de la construction d’Hébron ? Rien ne permet de dégager une conclusion, sans doute. Mais notons toutefois que c’est principalement de Tsoan, plus connue sous le nom de Tanis, que sortirent les Israélites (Psaume 78:12,43). Là ils se sont trouvés sous l’emprise du Pharaon, ils y étaient taillables et corvéables. De l’autre côté, ce qui est devant eux, c’est Hébron, le lieu d’habitation d’Abraham, l’homme de foi (Genèse 35:27). Ils retournent ainsi aux sources de leur nation ; ils reviennent à la foi, ils sont appelés à "marcher avec Dieu" ; et cette vie est primordiale, la marche normale d’un homme, avant que ne soit introduit le désordre en ce monde et notamment l’oppression des puissants sur les faibles, comme cela se vivait à Tsoan et qui n’a pas changé aujourd’hui… C’est ce que nous pouvons discerner dans ces mots qui suivent l’expression de la création : "Et la terre était désolation et vide, et il y avait des ténèbres sur la face de l'abîme." (Genèse 1:2).
 
Ainsi, les Israélites montaient vers ces réalités anciennes de la vie de foi. Hébron, modeste cité des patriarches, était moralement antérieure à Tsoan, ville puissante d’un monde sans Dieu.

22 Et ils montèrent et reconnurent le pays, depuis le désert de Tsin jusqu'à Rehob, quand on vient à Hamath. 23 Et ils montèrent par le midi, et vinrent jusqu'à Hébron ; là étaient Akhiman, Shéshaï et Thalmaï, enfants d'Anak. Hébron avait été bâtie sept ans avant Tsoan d'Égypte.
 
24 Ils allèrent jusqu'au torrent d'Eshcol, et coupèrent de là un sarment avec une grappe de raisin et ils le portèrent à deux au moyen d'une perche, ainsi que des grenades et des figues. 25 On appela ce lieu-là torrent d'Eshcol, à cause de la grappe que les fils d'Israël y coupèrent. 26 Et ils revinrent de la reconnaissance du pays au bout de quarante jours.
 
27 Ils retournèrent et arrivèrent auprès de Moïse et d'Aaron, et de toute l'assemblée des fils d'Israël, au désert de Paran, à Kadès ; et ils leur rendirent compte, ainsi qu'à toute l'assemblée, et leur montrèrent le fruit du pays. 28 Ils racontèrent à Moïse, et dirent : Nous sommes allés dans le pays où tu nous as envoyés ; et vraiment il est ruisselant de lait et de miel, et en voici le fruit.

Quelle découverte ! Un pays recelant des trésors, tant la nature y est généreuse ! La grappe de raisins requérant deux hommes pour être transportée en rend témoignage. Le lieu où ils la récoltèrent, près du torrent, portera désormais ce nom de "Torrent d’Eschol", c'est-à-dire "Torrent de la Grappe". Un torrent, une eau vive pour ces Israélites qui se trouvaient dans ce lieu désertique de Paran, venant du delta du Nil… Le témoignage est absolument clair, le pays est véritablement "Un pays ruisselant de lait et de miel", cependant il y a un "Mais"

29 Seulement, le peuple qui habite dans le pays est fort, et les villes sont fortifiées, très-grandes ; et nous y avons vu aussi les enfants d'Anak. 30 Amalek habite le pays du midi ; et le Héthien, le Jébusien et l'Amoréen habitent la montagne ; et le Cananéen habite le long de la mer et sur le rivage du Jourdain. 31 Caleb fit taire le peuple devant Moïse, et dit : Montons hardiment et prenons en possession, car nous sommes bien capables de le faire. 32 Mais les hommes qui étaient montés avec lui, dirent : Nous ne sommes pas capables de monter contre ce peuple, car il est plus fort que nous. 33 Et ils décrièrent devant les fils d'Israël le pays qu'ils avaient reconnu, disant : Le pays par lequel nous avons passé pour le reconnaître est un pays qui dévore ses habitants, et tout le peuple que nous y avons vu est de haute stature. 34 Et nous y avons vu les géants, fils d'Anak, qui est de la race des géants ; et nous étions à nos yeux comme des sauterelles, et nous étions de même à leurs yeux.

Les géants, des gens de haute taille, comme il s’en trouve lorsqu’on parcourt les nations de la terre (voir aussi Genèse 6:4, le seul passage avec celui-ci où le mot "nephilim", "géants" est utilisé). La peur des dix observateurs conduit à une image grandiloquente, lorsqu’ils se comparent à des sauterelles. Telle paraît la dans un monde tel que le nôtre, lorsque la foi perd son ardeur.
 
Et sans cette vue de la foi, il paraît que ce pays luxuriant "dévore ses habitants" ! Ainsi font-ils observer que ce pays si riche ne peut éviter la convoitise des peuples environnants, les habitants des régions désertiques qui l’entourent. Et l’on ne peut nier la réalité de cette pensée, car elle rejoint une réelle expérience largement établie dans l’histoire d’Israël. Lisons parmi d’autres textes : "Et il arrivait que, quand Israël avait semé, Madian montait, et Amalek et les fils de l'orient ; et ils montaient contre lui. Et ils campaient contre eux, et détruisaient les produits du pays jusqu'à ce que tu viennes à Gaza, et ils ne laissaient point de vivres en Israël, ni mouton, ni bœuf, ni âne. Car ils montaient, eux et leurs troupeaux et leurs tentes ; ils venaient nombreux comme des sauterelles ; et eux et leurs chameaux étaient sans nombre ; et ils venaient dans le pays pour le ravager. Et Israël fut très-appauvri à cause de Madian ; et les fils d'Israël crièrent à l'Éternel." (Juges 6:3-6). Ainsi les observateurs estiment-ils que la nation sera en danger de disparaître petit à petit, "dévorée par ses habitants" (Lévitique 26:37-38) !
 
Et l’histoire nous montrera le peuple privé du pays, jusqu’à l’exil à Babylone, mais ce n’est pas le fait de la convoitise des nations voisines. Les sages parmi le peuple, conduits pas les prophètes, souligneront que cette épreuve vient de l’abandon de la foi. Et telle est la question posée ici, lorsque Josué et Caleb contemplent du regard de la foi le pays promis, tandis que les Dix ne regardent que le pays… Enviable, mais tellement inaccessible.


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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