18/06/2013

Nombres 11 La charge du conducteur (1/2)


 

 

LES ANNEES DU DESERT
Nombres 11 à 21


L’alliance scellée, la Tente de la Rencontre dressée, le camp d’Israël organisé, et voilà le peuple d’Israël en chemin pour ce parcours qui aurait pu être de quelques jours seulement. Les étapes ont un nom, les unes sans doute un nom de lieu, les autres furent nommées en raison de ce qui s’y était passé. Les premières désignations rencontrées seront "Tabhéra" et "Kibrot-Hattaava", soit "Brûlant" et "Tombeau du désir" et l’on y discerne le souvenir de défaillances. Un poids pour Moïse ! Et un peu plus tard, comme il est temps de s’enquérir du lieu où les Israélites seront conduits par l’Eternel, douze observateurs seront envoyés. Tous rendront compte de la beauté et de la luxuriance de la terre promise, mais seuls Josué et Caleb manifesteront la confiance en l’Eternel. Et alors commence l’errance, quarante années au désert.
 
L’occasion de s’arrêter et de réfléchir… Voyons la sagesse de ces livres où l’homme est décrit tel qu’il est, et où le sage s’arrête sur ce qui survient dans sa propre communauté, sans regarder au-delà et sans générer le mépris de l’étranger, de l’autre, de l’infidèle… Que du contraire ! N’avons-nous pas lu que l’étranger qui désirerait célébrer la Pâque était convié à la pratiquer comme tout Israélite de naissance.
 
Nous avons ici un aspect essentiel de l’Alliance. Israël n’est pas "élu", un peuple qui serait justifiable d’honneurs particuliers, mais "choisi" selon la volonté divine, pour que ses oracles soient portés en ce monde par un peuple "serviteur et témoin de Dieu" (Deutéronome 7:6-7, Romains 3:2), afin que tout homme puisse discerner l’universalité du dessein divin.
 
En chemin, il y aura des plaintes, des murmures et des contestations, même de la part de Myriam et Aaron, et plus encore des rebellions comme celle d’un certain Coré. Mais la grâce se manifeste ; pour ce peuple qui demande des signes, la bonté de Dieu sera représentée par le sacrifice de la génisse rousse et la disposition de l’eau lustral.
 
Et encore des rebellions ! Et Moïse perd un peu le contrôle lorsqu’il frappe le rocher deux fois pour en faire couler l’eau, alors qu’il ne fallait plus que lui parler depuis qu’à Réphidim le "rocher spirituel" avait été frappé une fois… La parole est dite : Moïse n’entrera pas au pays promis. Mais avant cela, déjà l’entrée au pays se profile-t-elle lorsque le peuple est conduit au nord vers les plaines de Moab…
 
Les années passent et l’entrée au pays paraît imminente. Aaron est "recueilli vers ses pères". Toujours entre doute et foi, le peuple poursuit son chemin ; il remporte des victoires mais subit aussi de grandes défaites morales, et ici interviennent les serpents… Nouvelle intervention de Moïse qui est conduit à fondre le "serpent d’airain", nouvelle leçon pour Israël : ils apprennent, dans ce signe du serpent, pièce d’airain tirée du feu, que la mort est vaincue et qu’un regard à ce serpent d’airain passé par le feu redonne vie à celui qui était en passe de mourir…

LA CHARGE DU CONDUCTEUR
Nombres 11 et 12

 
La vie au désert n’est pas facile, pour nous rappeler que la vie de la foi n’est pas un parcours tranquille. Elle demande de revenir sans cesse à ses propres critères, à ses propres objectifs, car elle se déroule dans le monde, un cadre bien souvent étranger à ses propres valeurs. La foi est sans cesse à l’épreuve, et les pages que nous lisons n’édulcorent pas cette réalité ; tout au contraire, elles sont écrites pour l’enseignement des croyants. Ce livre, objet de l’attention d’un peuple, de sa ferveur, n’en fait pas le panégyrique, mais expose les réalités de l’humain pour dégager des préceptes de sagesse. Nous lisons ici les premiers pas du peuple après la conclusion de l’Alliance de l’Éternel. Et ce sont des défaillances… Un regard particulier est posé sur le conducteur du peuple, Moïse. Nous voyons son humanité, sa bonté selon Dieu, comme nous l’avons lu dans les pages de l’Exode déjà. Et nous comprenons qu’une telle tâche de conduire le peuple n’est pas confiée à un surhomme, mais à un homme de foi qui peine quelques fois sous le poids de la charge.
 
Déjà, lorsqu’encore jeune, il voulut combattre pour la justice et qu’il en advint la mort d’un Egyptien, les Israélites témoins prirent peur, et il ne resta à Moïse que la fuite ; et lorsqu’au Buisson ardent, il reçut l’appel pour s’en aller parler au Pharaon, il répondit à Dieu : "Qui suis-je, moi…" (Exode 3:11). Et il connût les craintes et les reproches des Israélites, lorsque ceux-ci subirent le durcissement de leur condition en réponse aux appels au Pharaon : "Laisse aller mon peuple…" (Exode 5:1). Le peuple est délivré, la mer traversée, et bien vite Moïse doit faire face aux doléances du peuple, car les eaux de Mara étaient amères… Et au Sinaï, ce sera l’affaire du veau d’or… Aaron même fit mine d’avoir vu le veau d’or émerger du feu où il avait fait fondre l’or… Moïse combat pour le peuple devant Dieu ; il est tellement attaché à la Promesse qu’il ne peut envisager, fut-ce un instant, qu’elle soit rompue au bénéfice de sa seule descendance… Dans l’ordonnancement du texte, nous voyons les nouvelles difficultés, si tôt après l’engagement du peuple en Sinaï, et ces moments de ferveur tellement heureux lors de l’édification du Tabernacle.
 
Notons l’actualité de ces pages, en lisant : "Obéissez à vos conducteurs et soyez soumis, car ils veillent pour vos âmes, comme ayant à rendre compte ; afin qu'ils fassent cela avec joie, et non en gémissant, car cela ne vous serait pas profitable" (Hébreux 13:17). C’est pourquoi nous lisons ces pages avec le regard tourné vers le conducteur…


 
Plaintes à Tabhéra
Nombres 11:1-3

Le peuple se plaignait ! Dès la première marche après la longue halte au Sinaï… C’est ainsi que le texte le présente, et assurément dans un objectif d’instruction pour les générations qui le lisent.

11  1 Et il arriva comme le peuple se plaignait que cela fut mauvais aux oreilles de l'Éternel ; et l'Éternel l'entendit, et sa colère s'embrasa, et le feu de l'Éternel brûla parmi eux et dévora au bout du camp. 2 Le peuple cria à Moïse, et Moïse pria l'Éternel, et le feu s'éteignit. 3 On appela le nom de ce lieu Tabhéra, parce que le feu de l'Éternel avait brûlé parmi eux.

Nous pouvons nous interroger sur ce feu qui embrasa l’extrémité du camp d’Israël, et envisager la foudre ou toute autre forme d’incendie, mais plus utile est de constater l’effet désastreux de se plaindre, surtout lorsque une telle bénédiction est apportée gratuitement, à savoir le commencement d’une nouvelle vie ; la délivrance de l’oppression du pharaon, l’eau vivifiante du rocher et la manne récoltée chaque matin. Les plaintes sont des feux qui brûlent dans l’âme jusqu’à la détruire.
 
Et ce campement sera appelé "Tabhéra", c’est-à-dire "Brûlant", pour qu’en un mot celui qui se plaint dans le chemin se rappelle qu’il expose son âme à une réelle brûlure…
 
A peine achevés les combats du Sinaï, à savoir l’intercession pour le peuple qui s’était fabriqué un veau d’or, une religion faite d’une rapide célébration avant de se divertir, voici le serviteur de Dieu à nouveau à l’œuvre. C’est ici une leçon pour chaque génération des hommes. L’épisode semble amorcer un cycle "plaintes et désastres, appel au secours, intercession du prophète et apaisement avant une nouvelle occasion de plaintes", mais l’homme de Dieu devra faire face à d’autres situations, plus graves encore…


 
Convoitise et pleurs à Kibrot-Hattaava
Nombres 11:4-35

"Kibrot-Hattaava", c’est le "Tombeau du désir", autrement dit le sépulcre de la convoitise… Car nous sommes ici au-delà des plaintes (11:1). Des hommes regardent en arrière, vers l’Egypte, en considérant les ressources du pays, son poisson, ses fruits et légumes, tout en oubliant la dure réalité qu’ils y connaissaient à peine une année plus tôt…
 
Et sont cités ici en premier "ceux qui accompagnaient Israël." Ce sont ces personnes qui sortirent d’Egypte avec Israël (Exode 12:38).

Pour désigner ces personnes, la traduction courante est “le ramassis”, mais nous devons réfuter une telle mention à cause du caractère absolument péjoratif et dégradant du terme. La racine du mot hébreu qui les désigne est utilisée simplement pour l’assortiment d’un magasin, un groupement d’articles (1 Chroniques 26:15,17, Néhémie 12:25), ce qui rend compte de la diversité des origines de ces personnes, issues de tribus de diverses provenances et aussi Egyptiens blessés par le dur régime des Pharaons. Et ils sont inclus au "peuple de Dieu". Lisons : "Vous vous tenez tous aujourd'hui devant l'Éternel, votre Dieu, vos chefs, vos tribus, vos anciens, et vos magistrats, tout homme d'Israël, vos enfants, vos femmes, et ton étranger qui est au milieu de ton camp, ton coupeur de bois aussi bien que ton puiseur d'eau ; afin que tu entres dans l'alliance de l'Éternel, ton Dieu, et dans son serment, que l'Éternel, ton Dieu, fait aujourd'hui avec toi ; afin qu'il t'établisse aujourd'hui pour être son peuple, et pour qu'il soit ton Dieu, ainsi qu'il te l'a dit, et ainsi qu'il a juré à tes pères, à Abraham, à Isaac, et à Jacob." (Deutéronome 29:10-13). Annonce d’un autre accomplissement : "Car c'est lui qui est notre paix, qui des deux en a fait un et a détruit le mur mitoyen de clôture…" (Éphésiens 2:14). Dénigrer ces étrangers eût été une offense à la Loi qui enjoint clairement l’accueil des étrangers qui désirent accompagner Israël (Exode 12:48).

Sans doute, ces personnes étaient-elles plus fragiles face aux difficultés du désert, car elles se sont séparées de leur peuple, elles ont laissé leurs familiers pour aller avec Israël, et ainsi pouvons-nous comprendre qu’elles aient été les premières à manifester la nostalgie de l’Egypte. Et lorsque nous voyons poindre cette nostalgie parmi eux, il est aussitôt signalé les Israélites épris des mêmes sentiments, les uns et les autres pleurants de concert cette Egypte qu’ils avaient fuie…

4 Ceux qui accompagnaient Israël s'éprirent de convoitise, et les fils d'Israël aussi se mirent encore à pleurer, et dirent : Qui nous fera manger de la chair ? 5 Il nous souvient du poisson que nous mangions en Égypte pour rien, des concombres, et des melons, et des poireaux, et des oignons, et de l'ail ; 6 et maintenant notre âme est asséchée ; il n'y a rien, si ce n'est cette manne devant nos yeux.

La perspective du pays "ruisselant de lait et de miel" (Exode 3:8), l’Alliance et le Shabbat, l’Eau du rocher et la Manne qu’ils récoltent chaque jour laissent leurs âmes asséchées… C’est le journalier qui envahit leurs âmes !

7 Et la manne était comme la graine de coriandre, et son apparence comme l'apparence du bdellium. 8 Le peuple se dispersait et la ramassait ; et ils la broyaient sous la meule ou la pilaient dans le mortier ; et ils la cuisaient dans des pots, et en faisaient des gâteaux ; et son goût était comme le goût d'un gâteau à l'huile. 9 Et quand la rosée descendait la nuit sur le camp la manne descendait dessus.

La manne, déjà, ne leur satisfait plus, et pourtant son apparence était belle, et les pains qu’ils en confectionnaient étaient comme des gâteaux à l’huile, des brioches. Ils n’avaient pas faim, là n’est pas le problème, mais "leur âme était asséchée"… Ne voit-on pas le sens des choses dans les Ecritures : Ils avaient "goûté du don céleste", "goûté la bonne parole de Dieu" et étaient en passe de "tomber"(Hébreux 6:4-6).


 
Un poids très lourd pour Moïse - 11:10-15

Une nouvelle crise, et pas des moindres. Nous voyons combien cela pesait lourd sur les épaules de Moïse. En vrai serviteur, il avait au cœur de servir, cherchant inlassablement le bonheur de ceux qui lui sont confiés, mais il constate le chemin dans lequel plusieurs s’engageaient à leur détriment ! Et cette œuvre dans laquelle il est engagé paraît à chaque fois gravement compromise… Ainsi vient un moment de découragement. Le serviteur s’en rapporte à Dieu…

10 Et Moïse entendit le peuple pleurant, chacun dans son clan, à l’entrée de sa tente ; et la colère de l'Éternel s'embrasa extrêmement, et cela fut mauvais aux yeux de Moïse. 11 Et Moïse dit à l'Éternel : Pourquoi as-tu fait ce mal à ton serviteur ? Pourquoi n'ai-je pas trouvé grâce à tes yeux, que tu aies mis sur moi le fardeau de tout ce peuple ? 12 Est-ce moi qui ai conçu tout ce peuple ? Est-ce moi qui l'ai enfanté, pour que tu me dises : Porte-le dans ton sein, comme le nourricier porte l'enfant qu’on allaite, jusqu'au pays que tu as promis par serment à ses pères ? 13 D'où aurais-je de la chair pour en donner à tout ce peuple ? Ils pleurent après moi, disant : Donne-nous de la chair, afin que nous en mangions. 14 Je ne puis, moi seul, porter tout ce peuple, car il est trop pesant pour moi. 15 Et si tu agis ainsi avec moi, tue-moi donc je te prie, si j'ai trouvé grâce à tes yeux, et que je ne voie pas mon malheur.

"Tue-moi donc je te prie… et que je ne voie pas mon malheur." Une parole qui souligne la lassitude qui s’est emparée de Moïse, la lassitude du serviteur devant une tâche qui le dépasse.


 
Le fardeau partagé - 11:16-29

La réponse donnée va mettre en évidence la grandeur d’âme de Moïse. Cet homme est ici le modèle pour tout serviteur… Le fardeau était lourd, et il sera partagé, mais le prophète est-il préoccupé de sa propre place au milieu du peuple ? C’est à cette question qu’il est répondu…

16 Et l'Éternel dit à Moïse : Assemble-moi soixante-dix hommes des anciens d'Israël, que tu sais être les anciens du peuple et ses magistrats, et amène-les à la tente d'assignation, et ils se tiendront là avec toi. 17 Je descendrai et je parlerai là avec toi ; j'ôterai de l'Esprit qui est sur toi, et je le mettrai sur eux afin qu'ils portent avec toi le fardeau du peuple et que tu ne le portes pas toi seul.

Etant répondu à la lassitude de Moïse, il est question à nouveau de ce qui l’a provoquée, à savoir la nostalgie de l’Egypte qui s’est répandue parmi le peuple. La force de la réponse surprend Moïse lui-même.

18 Et tu diras au peuple : Sanctifiez-vous pour demain, et vous mangerez de la chair, car vous avez pleuré aux oreilles de l'Éternel disant : "Qui nous fera manger de la chair ? Nous étions bien en Égypte !" L'Éternel vous donnera de la chair, et vous en mangerez. 19 Vous n'en mangerez pas un jour, ni deux jours, ni cinq jours, ni dix jours, ni vingt jours, mais jusqu'à un mois entier, 20 jusqu'à ce qu'elle vous sorte par les narines et que vous l'ayez en dégoût ; parce que vous avez méprisé l'Éternel qui est au milieu de vous, et que vous avez pleuré devant lui, disant : "Pourquoi sommes-nous donc sortis d'Égypte ?" 21 Et Moïse dit : Il y a six cent mille hommes de pied dans ce peuple au milieu duquel je suis, et tu as dit : Je leur donnerai de la chair, et ils en mangeront un mois entier. 22 Leur égorgera-t-on du menu et du gros bétail afin qu'il y en ait assez pour eux, ou assemblera-t-on tous les poissons de la mer pour eux afin qu'il y en ait assez pour eux ? 23 Et l'Éternel dit à Moïse : La main de l'Éternel est-elle devenue courte ? Tu verras maintenant si ce que j'ai dit t'arrivera ou non.

C’est Moïse lui-même, témoin de tant de manifestations puissantes de l’Éternel qu’il a lui-même annoncées, qui va être surpris, car l’Éternel lui a dit : "La main de l'Éternel est-elle devenue courte ? Tu verras maintenant si ce que j'ai dit t'arrivera ou non." Mais il faut que d’abord soit accomplie cette parole touchant le partage du fardeau. Ce n’est plus ici une recommandation d’homme, la parole du beau-père de Moïse pour établir des juges (Exode 18:14), mais la parole de l’Éternel…
 
Le serviteur assemble les anciens d’Israël, et la puissance spirituelle leur est donnée ; ils pourront être guidés par l’Esprit de Dieu, autant l’un que l’autre. Des signes en sont donnés, mais la sagesse de l’Esprit dont ils sont emplis désormais ne demande pas de telles manifestations ; ces signes ne parurent qu’afin de convaincre chacun.

24 Moïse sortit et dit au peuple les paroles de l'Éternel ; il assembla soixante-dix hommes des anciens du peuple, et les fit se tenir tout autour de la tente. 25Et l'Éternel descendit dans la nuée et lui parla ; et il ôta de l'Esprit qui était sur lui et le mit sur les soixante-dix anciens. Et il arriva qu'aussitôt que l'Esprit reposa sur eux, ils prophétisèrent, mais ils ne continuèrent pas. 26Et il était demeuré deux hommes dans le camp ; le nom de l'un était Eldad, et le nom du second, Médad, l’Esprit reposa sur eux, ils étaient de ceux qui avaient été inscrits maisn'étaient pas sortis vers la tente, et ils prophétisèrent dans le camp. 27Et un jeune homme courut et rapporta cela à Moïse, disant : Eldad et Médad prophétisent dans le camp.

La mention de ces deux qui parlèrent de la part de l’Éternel indépendamment de la réunion des anciens autour de Moïse est d’une grande importance. Elle atteste que ce n’est pas Moïse qui partage son autorité, ceci soulignant ainsi qu’il n’y a pas d’hiérarchie… C’est le Seigneur qui confie des dons comme Il le veut, selon sa sagesse (1 Corinthiens 12:4-11, Ephésiens 4:8). Le serviteur peut-il être jaloux de voir d’autres que lui s’engager dans un service tel que le sien ?

28 Et Josué, fils de Nun, qui servait Moïse, l'un de ses jeunes gens, répondit et dit : Mon seigneur Moïse, empêche-les. 29 Et Moïse lui dit : Es-tu jaloux pour moi ? Ah ! que plutôt tout le peuple de l'Éternel fût prophète ; que l'Éternel mît son Esprit sur eux !

La réponse est claire et forte. Nous avons ici une parole édifiante à laquelle il faut bien être attentif. Il n’y a qu’un seul Chef dans la famille de la foi, et Moïse ne cherche pas à régner sur le peuple, car il est pleinement imprégné de cette grande réalité qu’il ne fait que servir Dieu en étant au service de Son peuple… Un enseignement essentiel !
 
Ce vœu de Moïse est aussi dans la perspective du plan divin, et la conscience des prophètes : "Et il arrivera, après cela, que je répandrai mon Esprit sur toute chair, et vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards songeront des songes, vos jeunes hommes verront des ; et aussi sur les serviteurs et sur les servantes, en ces jours-là, je répandrai mon Esprit." (Joël 2:28-29).


 
L’envoi des cailles - 11:30-35

C’est un serviteur apaisé qui reprend son service ; il le reprend là où il fut interrompu. Moïse retourne au camp et constate l’action de l’Éternel. Une réponse à la convoitise qui rongeait les âmes…

30 Moïse revint dans le camp, lui et les anciens d'Israël. 31 Il se leva, de par l'Éternel, un vent qui fit venir de la mer des cailles et les jeta sur le camp, environ une journée de chemin en deçà et environ une journée de chemin en delà, tout autour du camp, quelques deux coudées sur la surface de la terre. 32 Le peuple s’occupa tout ce jour-là, et toute la nuit, et le lendemain encore, pour amasser des cailles ; celui qui en avait amassé le moins en avait amassé dix khomers. Ils les étendirent pour eux tout autour du camp. 33 Alors que la chair était encore entre leurs dents, avant qu'elle fût mâchée, la colère de l'Éternel s'embrasa contre le peuple, l'Éternel frappa le peuple d'un fort grand coup.

Une leçon ! Que dans la vie de la foi, il y ait des "Pourquoi ?", et même des plaintes, nous ne pouvons que le constater et même le comprendre ; nous avons bien lu qu’il n’y a pas eu de réprobation lors des plaintes de Tabhéra (11:1-3), mais ici il s’agissait de convoitise. La conséquence en fut une ruine funeste dont Israël gardera le souvenir : "Ils oublièrent vite ses œuvres, ils ne s'attendirent point à son conseil. Et ils furent remplis de convoitise dans le désert, et ils tentèrent Dieu dans le lieu désolé ; Et il leur donna ce qu'ils avaient demandé, mais il envoya la consomption dans leurs âmes." (Psaume 106:13-15). A méditer.

34 Et on appela le nom de ce lieu-là Kibroth-Hattaava, parce qu'on y enterra le peuple qui avait convoité. 35 De Kibroth-Hattaava le peuple partit pour Hatséroth, et ils furent à Hatséroth.

Cette étape fut nommée le "Tombeau de la convoitise", car ainsi se traduit "Kibroth-Hattaava". Ainsi fut fixée par la sagesse populaire où conduit la convoitise ! Une vie dans laquelle la vue des réalités positives est obscurcie pour laisser l’esprit s’encombrer de pensées inaccessibles et vaines. Une mort morale en quelque sorte, le tombeau où conduit la convoitise.
 
Mais l’enseignement ne s’arrête pas là ; après les plaintes et la convoitise vient l’esprit de contestation… Cela se manifesta au lieu-dit "Hatséroth", terme signifiant "Enclos" ou "Village".


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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