17/06/2013

Nombres 19 L'eau de purification


 

L'EAU DE PURIFICATION
Nombres 19

 
Abordant ce petit chapitre du livre des Nombres, nous nous trouvons devant une disposition qui n’a rien à voir avec quelque acte effronté contre l’Éternel ou quelque faute morale et pourtant nous y trouvons un cérémonial rigoureux dans lequel est évoqué le possible retranchement d’un Israélite du milieu de son peuple.
 
Une page à retenir parmi toutes, car elle établit, derrière un aspect rituel de la Loi, la volonté de Dieu de voir les hommes heureux dans le chemin de la foi. Un encouragement absolu.
 
Lisant la Loi, et cette disposition donnée au désert, les sages en Israël comprenaient bien ce qu’elle signifiait, et ils savaient ce que représentent le désert et la mort. Le désert, c’est bien l’environnement d’un monde ignorant de Dieu et de la Révélation ; ainsi lisons-nous cette parole du prophète prononcée alors que les Israélites se trouvaient en exil à Babylone : "Dans le désert, frayez le chemin du Seigneur…" (Esaïe 40:3). Et nous lisons ici que ce rituel concerne l’Israélite ou l’étranger vivant parmi eux qui aurait été en contact avec la mort, que ce soit une dépouille d’homme, un ossement, etc. Etonnant ! Cela nous conduit à nous interroger sur ce que peut signifier pour un Israélite un tel contact. Que représente la mort ? Telle est bien la question.
 
Une provision de cendre est établie afin de préparer l’eau de purification appliquée au troisième et au septième jour. Une aspersion qui assure à l’Israélite souillé par le contact avec la mort cette purification cérémonielle qui lui permet de se retrouver sans ombre au milieu des siens.


 
Un seul sacrifice - 19:1-10

Contrairement aux sacrifices prescrits lors de célébrations solennelles ou en raison d’une faute commise imputable à un individu ou à la nation, nous voyons un sacrifice unique suivi par le sacrificateur, une immolation dont la cendre servira à la confection de l’eau de purification. Cela se passe hors du camp, car en figure le sacrifice "porte" la souillure qui pourrait être contractée, le feu exerçant ainsi rituellement la purification.

19  1 L'Éternel dit à Moïse et à Aaron : 2 Voici ce que prescrit la loi que l'Éternel a instituée : Parle aux fils d'Israël ; qu'ils t'amènent une génisse rousse, sans malformation, sans défaut corporel, qui n'ait jamais porté le joug. 3 Vous la remettrez à Éléazar, le sacrificateur ; il la mènera hors du camp et on l'immolera devant lui. 4 Eléazar, le sacrificateur, prendra de son sang avec son doigt et fera aspersion de son sang sept fois, face à la tente de la Rencontre. 5 On brûlera la génisse sous ses yeux ; on brûlera sa peau, sa chair et son sang, avec ses excréments. 6 Le sacrificateur prendra du bois de cèdre, de l'hysope et de l'écarlate, et il les jettera au milieu du feu où brûle la génisse.

Le sacrificateur prend du sang de la bête sacrifiée, cet animal sans défaut, et rentre dans le camp pour établir le lien entre le sacrifice et le Tabernacle, avant de retourner au lieu du sacrifice pour que soit brûlée la dépouille de la génisse. Mais avant que le feu ne consume le sacrifice, le prêtre y jette du bois de cèdre et de l’hysope, ainsi que de l’écarlate. Le cèdre et l’hysope évoquent ce qui est dans le monde, des réalités les plus grandioses, le cèdre majestueux, jusqu’aux plus modestes, l’hysope, plante si petite qu’elle croît dans les espaces les plus étriqués. Nous lisons que Salomon "parla sur les arbres, depuis le cèdre qui est sur le Liban, jusqu’à l’hysope qui sort du mur" (1 Rois 4:33). L’écarlate exprime la gloire mondaine si opposée à la juste position d’un homme devant Dieu (2 Samuel 1:24, Jérémie 4:30, Apocalypse 17:3-4, 18:16).
 
Ne sont-ce pas ici la représentation des vanités humaines qui détournent l’homme de Dieu lui-même, ce que nous trouvons déjà dans la parabole du jardin d’Eden où l’homme fut séduit : "Mais du fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n'en mangerez point, et vous n'y toucherez point, de peur que vous ne mouriez… l'arbre était bon à manger, il était un plaisir pour les yeux… l'arbre était désirable pour rendre intelligent…" (Genèse 3:3-6).

7 Le sacrificateur lavera à l’eau ses vêtements et son corps, puis il rentrera dans le camp ; le sacrificateur sera impur jusqu'au soir. 8 Celui qui aura brûlé la génisse lavera à l’eau ses vêtements et son corps, et il sera impur jusqu'au soir. 9 Un homme pur ramassera la cendre de la génisse et la déposera hors du camp, en un lieu pur ; elle sera conservée pour l'assemblée des fils d'Israël pour la préparation de l’eau lustrale. C’est une eau de purification pour le péché. 10 Celui qui aura recueilli la cendre de la génisse lavera ses vêtements, et il sera impur jusqu'au soir. C’est une prescription perpétuelle pour les fils d'Israël et pour les immigrés qui séjournent parmi eux.

Un homme pur ramasse la cendre pour qu’elle soit conservée en un lieu pur. Une provision pour la composition de l’eau de purification. Les cendres d’un seul sacrifice parfait accompagné des signes de ce qui est grand comme de ce qui est tout petit, et du symbole des gloires humaines. Un seul sacrifice, et une ressource pour que l’homme qui aurait été surpris dans le contact avec la mort réalise qu’il est purifié, qu’il peut poursuivre sa vie en paix…
 
Les apôtres auront compris ce qu’annonce cette dispositon de la Loi : "C’est pourquoi aussi Jésus, afin qu’il sanctifiât le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte" (Hébreux 13:12). L’apôtre soulignera, en son temps : "Grâce et paix à vous, de la part de Dieu le Père et de notre seigneur Jésus Christ, qui s'est donné lui-même pour nos péchés, en sorte qu'il nous retirât du présent siècle mauvais, selon la volonté de notre Dieu et Père…" (Galates 1:4).
 
Que signifie la mort ? En quoi est-elle signe de souillure ? La question se pose, bien évidemment.


 
La communion et la joie retrouvées - 19:11-22

Toucher la mort d’une manière ou de l’autre, c’est entrer en contact avec la négation de la vie, et l’Israélite pouvait comprendre ce que cela signifie, alors qu’il était appelé à vivre avec Dieu, car c’est bien le sens de l’Alliance ; vivre ce qui est "vraiment la vie" dira l’apôtre (1 Timothée 6:19). Le désert qu’est ce monde pour la foi contient bien des sollicitations qui portent atteinte à la vie de la foi, ce que l’Israélite pouvait comprendre. Alors ce signe est donné, pensons-nous, pour que la conscience soit tenue en éveil, ou plutôt même réveillée.
 
Un acte de purification cérémonielle, assurément, mais nous voyons que l’aspersion n’est rien si elle ne s’accompagne d’un temps propice à la réflexion. Ce n’est d’ailleurs que le troisième jour après les faits que la première aspersion sera appliquée, et au septième seulement, lors d’une seconde aspersion, l’homme pourra être déclaré pur… Un temps propice à la réflexion.

11 Celui qui aura touché un mort, un corps humain, quel qu’il soit, sera impur pendant sept jours. 12 Il se purifiera avec cette eau le troisième jour et le septième jour, et il sera pur ; mais s'il ne se purifie pas le troisième jour et le septième jour, il ne sera pas pur. 13 Quiconque aura touché un mort, un homme qui est mort, et ne se sera pas purifié, rend impur le tabernacle de l'Éternel ; cette âme sera retranchée d'Israël. Comme elle n’a pas été aspergé de l’eau lustrale, elle sera impure, son impureté est encore sur elle.

La sentence évoquée : retranché de la communauté… Et cela pour une question cérémonielle ! Une réalité bien peu compréhensible, bien sévère dirions-nous. Mais ce temps de réflexion est bien utile. Temps qui permet à l’homme de repenser à son appel, la vraie vie avec son Dieu, vie symboliquement altérée par le contact avec la mort.

14 Voici la loi : Lorsqu'un homme meurt dans une tente, quiconque entre dans la tente et quiconque se trouve dans la tente sera impur pendant sept jours ; 15 tout récipient ouvert, sur lequel il n'y a pas de couvercle attaché, sera impur. 16 Quiconque touche dans la campagne le corps d’une personne morte de mort violente ou de mort naturelle, des ossements humains ou une tombe, sera impur pendant sept jours. 17 On prendra pour l'homme impur de la cendre de ce qui a été brûlé pour la purification, et on mettra dessus, dans un récipient, de l’eau vive. 18 Un homme pur prendra de l'hysope et la trempera dans l'eau, et en fera aspersion sur la tente, sur tous les ustensiles et sur les personnes qui sont là, sur celui qui aura touché des ossements, le cadavre d’un homme mort de mort violente ou de mort naturelle, ou une tombe. 19 L’homme pur fera aspersion sur l'homme impur le troisième jour et le septième jour, et le septième jour il le purifiera. L’homme lavera ses vêtements, se lavera à l'eau et le soir il sera pur. 20 L'homme qui est impur et qui ne se sera pas purifié, cette âme-là sera retranchée du milieu de la congrégation, car il a rendu impur le sanctuaire de l'Éternel ; comme il n’a pas été aspergé d’eau lustrale, il est impur. 21 C’est pour eux une prescription perpétuelle. Celui qui aura fait aspersion avec l'eau lustrale lavera ses vêtements, et celui qui aura touché l'eau lustrale sera impur jusqu'au soir. 22 Tout ce que l'homme impur aura touché sera impur ; et celui qui l'aura touché sera impur jusqu'au soir.

L’homme concerné, mais aussi ceux qui auront œuvré pour sa purification pourront, à l’issue de cette cérémonie de purification, réaliser la puissance du seul sacrifice qui rétablit la conscience du lien avec le Seigneur Dieu.
 
Nous voyons ici combien le rite appliqué n’a de valeur qu’en vertu de la réflexion qu’il induit. L’eau de purification, si riche en soit la composition, dans le souvenir du sacrifice offert et de ce qui est brûlé avec la bête sacrifiée, ne serait rien sans ce temps de retour sur soi-même donné par les aspersions du troisième et du septième jour. Tout à l’opposé d’un acte de superstition, le rite favorise un réel travail de conscience.
 
 
*
*    *

Le seul sacrifice offert pour la confection de l’eau de purification illustre pour le croyant aujourd’hui la mort de Christ, son sacrifice unique, qui répond à tous ses besoins spirituels tandis qu’il parcourt le désert de ce monde. Il y constate sans doute bien des difficultés, des pensées et des situations qui lui font perdre sa joie et douter de la paix qui lui est donnée :

"Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix ; je ne vous donne pas, moi, comme le monde donne. Que votre cœur ne soit pas troublé, ni craintif." (Jean 14:27).

Car s’il se trouve convaincu de la puissance salvatrice de l’œuvre de la croix, du pardon de ses fautes, il faut aussi qu’il réalise la liberté qui est la sienne dans la foi, la paix et la joie qui lui sont permises de vivre dans la foi. Dieu n’est pas seulement le juge de toute la terre, car son dessein est de conduire les hommes, tous les hommes (1 Timothée 2:4), durant leur vie de foi, les introduire dans une nouvelle vie, dans la liberté, ainsi qu’il et écrit : "Or le Seigneur est l'esprit ; mais là où est l'Esprit du Seigneur, il y a la liberté" (2 Corinthiens 3:17).
 
Lorsqu’un croyant s’est laissé surprendre par quelque situation qui lui ôte la paix, il peut regarder au seul sacrifice et comprendre que la joie peut être restaurée. Souligons, dans la passage qui suit, la référence explicite à l’eau de purification.
 
"Mais Christ étant venu, souverain sacrificateur des biens à venir, par le tabernacle plus grand et plus parfait qui n’est pas fait de main, c’est-à-dire qui n’est pas de cette création, et non avec le sang de boucs et de veaux, mais avec son propre sang, est entré une fois pour toutes dans les lieux saints, ayant obtenu une rédemption éternelle. Car si le sang de boucs et de taureaux — et la cendre d’une génisse avec laquelle on fait aspersion sur ceux qui sont souillés — sanctifie pour la pureté de la chair, combien plus le sang du Christ, qui, par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même à Dieu sans tache, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, pour que vous serviez le Dieu vivant !" (Hébreux 9:11-14).

Voici la grande question traitée ici par l’eau de purification. Le croyant est conduit à prendre conscience de son appel, à savoir "servir le Dieu vivant et vrai" (1 Thessaloniciens 1:9). Et s’il s’est laissé surprendre, s’il se trouve quelque poids sur la conscience, il apprend ici qu’il y a provision pour retrouver la paix et poursuivre le chemin, marchant ainsi dans la lumière.

"Si nous marchons dans la lumière, comme lui-même est dans la lumière, nous avons communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus Christ son Fils nous purifie de tout péché" (1 Jean 1:7).

La marche positive du croyant, bien au-delà du pardon si précieux nous est donnée de diverses manières. Voyons quelques injonctions de la Parole :

"Il nous a élus en lui avant la fondation du monde, pour que nous fussions saints et irréprochables devant lui en amour…" (Éphésiens 1:4).
 
"Je demande ceci dans mes prières, que votre amour abonde encore de plus en plus en connaissance et toute intelligence, pour que vous discerniez les choses excellentes, afin que vous soyez purs et que vous ne bronchiez pas jusqu'au jour de Christ," (Philippiens 1:9-10).
 
"… vous exhortant, et vous consolant, et rendant témoignage, pour que vous marchiez d'une manière digne de Dieu qui vous appelle à son propre royaume et à sa propre gloire." (1 Thessaloniciens 2:11-12).
 
"De sa propre volonté, il nous a engendrés par la parole de la vérité, pour que nous soyons une sorte de prémices de ses créatures." (Jacques 1:18).
 
"C'est pourquoi, ayant ceint les reins de votre entendement et étant sobres, espérez parfaitement dans la grâce qui vous sera apportée à la révélation de Jésus Christ, comme des enfants d'obéissance, ne vous conformant pas à vos convoitises d'autrefois pendant votre ignorance ; mais, comme celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite ; parce qu'il est écrit : «Soyez saints, car moi je suis saint»." (1 Pierre 1:13-16).

Nous en venons maintenant à ce geste majeur du Seigneur, lorsqu’il se mit aux pieds de ses disciples pour les leur laver, et dit à Pierre : "Si je ne te lave, tu n’as pas de part avec moi" (Jean 13:8). A la fin de sa vie, l’apôtre Jean, écrira : "Si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ, le juste" (1 Jean 2:1). Et un autre écrivait : "De là vient aussi qu'il peut sauver entièrement ceux qui s'approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder pour eux" (Hébreux 7:25).
 
Revenant à Israël, et aux enseignements des sages parmi eux au cours des siècles. Ils rappelaient à tous : "Parle à toute l'assemblée des fils d'Israël, et dis-leur : Vous serez saints, car moi, l'Éternel votre Dieu, je suis saint" (Lévitique 19:2).


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
ACCEDER
AU SITE

 
 

Les commentaires sont fermés.