16/06/2013

Nombres 21 Le Serpent d'Airain


 

LE SERPENT D'AIRAIN
Nombres 21

 
Une génération s’éteint, une autre se lève. La route doit se poursuivre, et le combat de la foi se perpétrer. Les circonstances relevées dans ce court passage montrent que les difficultés se présentent de la même façon, et les expressions de découragement également. Ce n’est pas sans signification que le lieu où ils éprouvèrent la soif et se laissèrent aller à la contestation sur ensuite désignées du nom de "Mériba", "contestation", comme il en fut de cette étape de Rephidim au commencement du chemin.
 
Nous voyons ce peuple découragé par l’inimitié d’Edom, attaqué par un roi cananéen. Le découragement insinue dans l’âme les murmures destructeurs… Les serpents mortels ! La puissance et la grâce se manifestent alors, c’est le Serpent d’airain confectionné par Moïse. Fortifié, malgré de nouveaux allongements de la route, le contournement des terres de Moab, le peuple vaincra de nouveaux ennemis en Transjordanie.


 
Le roi d’Arad - 21:1-3

Le peuple d’Israël se dirige vers l’est en vue de contourner le pays d’Edom, et va se trouver confronté à un petit royaume situé entre Edom et la Mer Morte (voir aussi 33:40). Par là non-plus, le peuple ne passera pas vers la terre promise. Une nouvelle défaite, des Israélites furent faits prisonniers, mais un vœu est prononcé…

21  1 Et le Cananéen, le roi d'Arad, qui habitait le midi, entendit qu'Israël venait par le chemin d'Atharim, et il combattit contre Israël, et lui emmena des prisonniers. 2 Et Israël fit un vœu à l'Éternel, et dit : Si tu livres ce peuple en ma main, je détruirai entièrement ses villes. 3 Et l'Éternel entendit la voix d'Israël, et lui livra les Cananéens ; et il les détruisit entièrement, ainsi que leurs villes. Et on appela le nom de ce lieu Horma.

La victoire sur Arad est pour plus tard, lorsqu’Israël sera dans le pays. En s’engageant à cette destruction complète des villes du petit royaume d’Arad, Israël déclarait vouloir ne pas habiter Arad et les villes de son ressort. Elles furent alors données à ceux de la famille du beau-père de Moïse qui accompagnèrent le peuple dans tout son périple au désert : "Et les fils du Kénien, beau-père de Moïse, étaient montés de la ville des palmiers, avec les fils de Juda, au désert de Juda, qui est au midi d'Arad ; et ils allèrent et habitèrent avec le peuple." (Juges 1:16).


 
Le Serpent d’Airain – 21:4-9

Le récit nous montre les Israélites au cours de leur quarantième année au désert, peu après qu’Aaron ait été "réuni aux siens" (20:22-29 et 33:38). Outre ce décès, le peuple vivait très mal une nouvelle déconvenue, le refus des Edomites, leurs cousins, de les laisser passer en paix par leur pays pour entrer au "pays ruisselant de lait et de miel", le pays promis (Exode 3:8). Et encore, la défaite face aux hommes armés du roi d’Arad. C’est le découragement…

4 Ils partirent de la montagne de Hor, par le chemin de la mer des Joncs, pour contourner le pays d'Édom. Le peuple se découragea en chemin. 5 Le peuple parla contre Dieu et contre Moïse : Pourquoi nous avez-vous fait monter d'Égypte pour mourir dans le désert ? Il n'y a ni pain ni eau et notre âme est dégoûtée de ce pain misérable. 6 Alors l’Éternel envoya parmi le peuple des serpents brûlants ; ils mordaient le peuple, et il mourut beaucoup de gens d'Israël. 7 Le peuple vint trouver Moïse et dit : Nous avons péché, car nous avons parlé contre l'Éternel et contre toi ; prie l'Éternel pour qu'il éloigne de nous ces serpents. Moïse pria pour le peuple. 8 L'Éternel dit à Moïse : Fais-toi un serpent brûlant et place-le sur une perche ; quiconque aura été mordu, et le regardera, vivra. 9 Moïse fit un serpent d'airain, et le plaça sur une perche ; lorsqu'un serpent avait mordu un homme, et qu'il regardait le serpent d'airain, il restait en vie.

D’inévitables "Pourquoi ?" surgissent. Rien ne paraît plus justifier l’effort déjà consenti tout au long de ces années d’attente, ni le campement autour du Tabernacle, ni les fêtes solennelles, ni le service sacerdotal et pas davantage la manne dispensée chaque jour de la semaine, doublée la veille du Shabbat pour que le peuple puisse concentrer sa pensée sur le repos de Dieu, ce repos préparé pour qu’ils y aient part… Découragement face au nouveau détour dans le chemin qui mène au pays promis, et dégoût devant les privilèges insignes donnés de Dieu… Ce sont bien là les "serpents brûlants" qui minent la vie du croyant, lui font perdre la paix et la confiance !


 
Au pays des Amoréens - 21:10-35

Après la relation touchant le Serpent d’airain, le texte présente un regain de foi parmi les fils d’Israël. Contraints de contourner le pays d’Edom et repoussés à l’est suite à la défaite face au roi d’Arad, les Israélites se sont remis en route vers le nord, contournent Moab et se dirigent vers le désert de Syrie. Ils se trouvent sur la rive nord de l’Arnon, laissant au sud le territoire de Moab, en sur les terres des tribus amoréennes.

10 Et les fils d'Israël partirent, et campèrent à Oboth. 11 Et ils partirent d'Oboth, et campèrent à Ijim-Abarim, dans le désert qui est vis-à-vis de Moab, vers le soleil levant. 12 De là ils partirent, et campèrent dans la vallée de Zéred. 13 De là ils partirent, et campèrent de l'autre côté de l'Arnon, qui est dans le désert, sortant des limites des Amoréens ; car l'Arnon est la frontière de Moab, entre Moab et l'Amoréen. 14 C'est pourquoi il est dit dans le livre des guerres de l'Éternel : "Vaheb en Supha, et les rivières de l'Arnon, 15 le cours des rivières qui tend vers l'habitation d'Ar, et qui s'appuie sur la frontière de Moab."  

Cette mention d’un livre dont nous n’avons pas trace, connu lors de la rédaction du texte des Nombres, souligne que cette frontière de l’Arnon, une rivière coulant dans une gorge profonde, est bien la frontière séparant Moab des Amoréens. Ils sont conduits à un puits qui sera célébré. C’est un peuple fortifié dans la foi qui nous trouvons ici.

16 Et de là ils vinrent à Beër. C'est là le puits au sujet duquel l'Éternel dit à Moïse : Assemble le peuple, et je leur donnerai de l'eau. 17 Alors Israël chanta ce cantique : "Monte, puits ! Chantez-lui : 18 Puits, que des princes ont creusé, que les hommes nobles du peuple, avec le législateur, ont creusé avec leurs bâtons !"

La leçon du Serpent d’airain a parlé, nous n’entendons plus de murmures ! Malgré la proximité de Moab et des Amoréens, la confiance s’exprime dans le chant que nous venons de lire.

19 Et du désert, ils vinrent à Matthana ; et de Matthana, à Nakhaliel ; 20 et de Nakhaliel, à Bamoth ; et de Bamoth, à la vallée qui est dans les champs de Moab, au sommet du Pisga, qui se montre au-dessus de la surface du désert.

Cette contrée est bien moins peuplée qu’elle ne peut l’être aujourd’hui, et ce serait sans dommage qu’Israël eût pu la traverser, mais comme il en fut à Kadès, lorsqu’ils demandèrent de passer par la contrée des Edomites, ils essuient un refus, et même pire ; c’est une troupe en armes qui s’avance en vue de s’abattre contre Israël.

21 Et Israël envoya des messagers à Sihon, roi des Amoréens, disant : 22 Je passerai par ton pays : nous ne nous détournerons pas dans les champs, ni dans les vignes ; nous ne boirons pas de l'eau des puits ; nous marcherons par le chemin du roi, jusqu'à ce que nous ayons passé tes limites. 23 Mais Sihon ne permit pas à Israël de passer par ses limites ; et Sihon rassembla tout son peuple, et sortit à la rencontre d'Israël, au désert, et vint à Jahats et combattit contre Israël. 24 Et Israël le frappa par le tranchant de l'épée, et prit possession de son pays depuis l'Arnon jusqu'au Jabbok, jusqu'aux fils d'Ammon ; car la frontière des fils d'Ammon était forte. 25 Et Israël prit toutes ces villes, et Israël habita dans toutes les villes des Amoréens, à Hesbon et dans tous les villages de son ressort. 26 Car Hesbon était la ville de Sihon, roi des Amoréens ; et il avait fait la guerre au précédent roi de Moab, et avait pris de sa main tout son pays jusqu'à l'Arnon. 27 C'est pourquoi les poètes disent : "Venez à Hesbon ; que la ville de Sihon soit bâtie et établie ; 28 Car un feu est sorti de Hesbon, une flamme, de la cité de Sihon ; il a dévoré Ar de Moab, les seigneurs des hauts lieux de l'Arnon. 29 Malheur à toi, Moab, tu es perdu, peuple de Kemosh ! Il a livré ses fils qui avaient échappé, et ses filles, à la captivité, à Sihon, roi des Amoréens. 30 Nous avons tiré contre eux ; Hesbon est périe jusqu'à Dibon ; et nous avons dévasté jusqu'à Nophakh,... avec du feu jusqu'à Médeba."
 
31 Et Israël habita dans le pays des Amoréens.
 
32 Et Moïse envoya pour explorer Jahzer ; et ils prirent les villages de son ressort, et en dépossédèrent les Amoréens qui y étaient. 33 Puis ils se tournérent et montèrent par le chemin de Basan ; et Og, le roi de Basan, sortit à leur rencontre, lui et tout son peuple, à Edréhi, pour livrer bataille. 34 Et l'Éternel dit à Moïse : Ne le crains pas, car je l'ai livré en ta main, lui et tout son peuple, et son pays ; et tu lui feras comme tu as fait à Sihon, roi des Amoréens, qui habitait à Hesbon. 35 Et ils le frappèrent, lui et ses fils, et tout son peuple, jusqu'à ne pas lui laisser un réchappé ; et ils prirent possession de son pays.

La victoire est remportée par Israël, sans qu’il n’y eût la moindre idée de conquête de leur part ; ils y furent contraints. Une péripétie qui sera rappelée par la bouche de Jephté, un des juges d’Israël (Juges 11:14-22).
 
Après avoir connu les épreuves du désert, et en fait le combat moral et spirituel vis-à-vis d’eux-mêmes, les Israélites se trouvent maintenant devant d’autres combats ; la soif du désert a pris fin tandis qu’ils se trouvent assemblés auprès du puits (21:16-18). Le désert, c’est la privation des sollicitations du monde, et l’affermissement de la foi en Dieu, mais ils ne sont pas conduits à vivre en ermites, ils se trouvent confrontés aux nations de la terre et aux sollicitations qu’elles induisent. D’autres expériences doivent être vécues pour la croissance de l’âme…
 
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Revenons un instant au Serpent d’airain. L’image d’un serpent accrochée à une perche, élevée à la vue de tout un peuple, une pièce d’airain, un morceau de métal passé au feu ! Une des figures les plus marquantes de la guérison de l’âme du croyant ! Cette scène dont il sera parlé bien longtemps, et encore aujourd’hui dans l’Evangile (Jean 3:14-16), tient en quelques lignes au livre des Nombres, et donne à comprendre tout à la fois la bonté de Dieu – disposant, face aux conséquences des errements des hommes, d’une ressource dont ils ont à se saisir par la foi – et la difficulté pour l’homme de se tenir dans le chemin de la fidélité à Dieu au travers des aléas de la vie. Symbolisée par la traversée du désert, le parcours de la foi n’est pas celui d’un espace sans vie, mais une route si longue et pleine d’aléas qu’elle menace tout homme d’assèchement spirituel et moral…
 
Le Serpent d’airain figure bien la ressource à tous les maux engendrés par les errements des hommes ! Celui qui s’est laissé surprendre peut connaître la délivrance, trouver la vie. S’il croit au message de Dieu, il tourne le regard avec confiance vers le serpent façonné par Moïse dans le feu, signe du jugement dont il est alors lui-même épargné ! Et avec justice, car en vertu d’un autre sacrifice ; en effet le serpent n’est-il pas fondu dans le métal même de l’autel du sacrifice (Exode 27:1-6) !
 
Ce qui était à célébrer, c’est la foi de ces hommes surpris par les serpents et qui ont compris que leur guérison tenait au regard tourné avec foi vers le serpent au sommet du bâton. Ces hommes exprimaient ainsi avoir reçu la parole transmise par Moïse. Nous pouvons comprendre que l’objet présenté à leur regard, si précieuse soit la symbolique qu’il portait, était que le moyen d’exprimer leur confiance en Dieu.
 
Ce récit, une "expérience du désert", apprit aux Israélites dans des temps très reculés, combien l’Éternel est prompt à faire grâce à quiconque s’attend à sa bonté, à sa miséricorde. Une pensée soutenue par cette image forte des serpents ravageant leurs rangs, "ce qui est en ce monde" et qui ne vient pas de Dieu (1 Jean 2:16), face à l’offre de guérison venant de l’Éternel.


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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