16/06/2013

Nombres 20 Le passage de génération


 

VERS LE PAYS PROMIS
Nombres 20 à 27


Lors du retour des douze observateurs, la confiance manqua suite au rapport inquiétant de dix d’entre eux. Ils disaient : le pays est magnifique, « vraiment il est ruisselant de lait et de miel », mais il y a les fils d’Anak, des géants… (13:28-29). Ainsi, la génération qui sortit d’Egypte ne devait pas entrer au pays de Canaan ; seuls Josué et Caleb, les deux envoyés revenus avec des paroles de confiance, allaient passer la Jourdain (13:30, 26:65).
 
Le décès de Myriam puis celui d’Aaron souligneront tout à la fois la fin d’une génération et le temps pour la nouvelle de prendre le relai de leurs pères et de monter au pays. Mais quoiqu’il fût écrit que cette nouvelle génération entrera au pays promis, la route ne pouvait être aisée. La foi devait être mise à l’épreuve. Une barrière est posée par le refus d’Edom et la guerre que mena le roi d’Arad… Les Israélites devront aller plus à l’est, contourner par le sud la Mer Morte et même tout le pays de Moab, avant de se trouver au bord du Jourdain et y connaître d’autres difficultés.
 
Mais auparavant un signe majeur des soins de Dieu leur sera donné par le Serpent d’airain. Il faut dire que des Israélites se décourageront, et ici nous comprenons l’enseignement apporté à toutes les générations de croyants ; ceux-là seront en passe de perdre la vie. Cependant, d’un regard de foi au Serpent élevé sur le bâton ils seront épargnés et prêts à se remettre en marche. Cette nouvelle génération entrera bien dans le pays, mais avec une foi éprouvée. Sans murmures, la foi vivifiée, ils connaîtront des victoires en Transjordanie, alors que des puissances locales leur faisaient la guerre… Mais avant de traverser le Jourdain, en arrêt dans les plaines de Moab, ils seront encore mis à l’épreuve… Le roi de Moab soudoie un mauvais prophète, un homme à l’esprit vénal qui prophétise pour de l’argent, Balaam. Et cet homme de moralité douteuse va accepter l’argent du roi, mais ne pourra prononcer la malédiction attendue ; il prononce malgré lui des paroles d’une beauté inattendue… N’aboutissant pas au résultat attendu par celui qui pense le couvrir de récompenses, il conseillera d’induire le peuple d’Israël à la corruption, à des relations immorales, en vue de précipiter sa déchéance… Mais l’Éternel a des ressources, et des hommes fidèles se lèvent en Israël. C’était la dernière mise à l’épreuve avant le passage du Jourdain.
 
Alors viennent les préparatifs avant la traversée du Jourdain. Et là, nous constatons le manque d’élan de plusieurs, deux tribus et une demi qui se trouvent bien dans les terres laissées par les Amoréens vaincus ; mais en contraste la foi se manifeste dans le fait de cinq jeunes filles, les filles de Tsélophkhad, demandant de recevoir une part du pays au nom de leur père défunt. L’enseignement focalise l’attention du lecteur sur la beauté de l’engagement personnel dans le chemin de la foi.


 
PASSAGE DE GENERATION
Nombres 20

 
Deux pensées dominent cette section : la fin d’une génération et la lassitude du désert. Myriam décède, le moral du peuple s’affaisse et, face à de nouveaux murmures, Moïse lui-même laisse percer sa propre fatigue. Le décès d’Aaron évoqué ensuite est le signe qu’une nouvelle génération doit se lever, celle qui va entrer au pays promis ; mais le peut-elle sans que la foi ne soit mise à l’épreuve ? Il le fallait, afin qu’ils prennent conscience de la grâce et de la puissance ans du Seigneur Dieu. Ils murmureront craignant la soif, mais recevront l’eau à profusion, mais aussi, lorsque la mort s’insinuera dans le camp, ils leur sera donné un nouveau signe de la pérennité du dessein de l’Eternel à leur égard, le Serpent d’Airain.
 
Comme en toutes ses pages, le Livre donne au lecteur de considérer la réalité de sa propre vie, car la finalité de l’Ecriture n’est pas de raconter une histoire, mais de nous apporter les lumières de la sagesse. Le chemin peut être long et la lassitude s’emparer de notre âme ; alors, pour nous conforter, nous lisons la patience de Dieu, la permanence de ses soins et la fermeté de son dessein ; nous trouvons ainsi le motif et la force pour poursuivre "jusqu’au bout " le chemin de la foi (Hébreux 3:6,14).

 
La mort de Myriam - 20:1

Le décès de Myriam est brièvement signalé, une circonstance bien naturelle après tant d’années. Myriam, c’est le cantique de la délivrance (Exode 15:20-21) et aussi ce moment de révolte contre Moïse, circonstance qui mit en évidence combien Moïse, ce conducteur si ferme, était un homme nourri de la grâce, "l’homme le plus doux de la terre" est-il écrit (Nombres 12:3).

20  1 Les fils d'Israël, toute l'assemblée, vinrent au désert de Tsin, le premier mois ; et le peuple habita à Kadès ; et Myriam mourut là, et y fut enterrée.

Avec le décès de Myriam, nous voyons qu’une génération s’éteint et que la suivante doit faire ses propres expériences…


 
Les eaux de Mériba, le rocher frappé deux fois - 20:2-13

La fatigue de la route est sensible. Après qu’ils aient eu à boire tout au long du séjour au désert, le manque d’eau est à nouveau ressenti avec angoisse. Cette nouvelle génération doit assumer les mêmes combats spirituels que celle qui l’a devancée. Comme à Mara (Exode 15:23-24), au commencement, et encore à Rephidim, là où Moïse reçut cette parole : "Voici, je me tiens là devant toi, sur le rocher, en Horeb ; et tu frapperas le rocher, et il en sortira des eaux, et le peuple boira. Et Moïse fit ainsi devant les yeux des anciens d'Israël." (Exode 17:6). De même que Rephidim, ce nouveau lieu fut désigné sous le nom de "Mériba", "contestation" (Exode 17:7, 20:24).

2 Il n'y avait pas d'eau pour l'assemblée ; alors ils s'attroupèrent contre Moïse et contre Aaron. 3 Et le peuple contesta avec Moïse, et ils parlèrent, disant : Que n'avons-nous péri, quand nos frères périrent devant l'Éternel ! 4 Et pourquoi avez-vous amené la congrégation de l'Éternel dans ce désert, pour y mourir, nous et nos bêtes ? 5 Et pourquoi nous avez-vous fait monter d'Égypte, pour nous amener dans ce mauvais lieu ? Ce n'est pas un lieu où l'on puisse semer ; on n'y trouve ni figuiers, ni vignes, ni grenadiers, et il n'y a pas d'eau pour boire. 6 Et Moïse et Aaron vinrent de devant la congrégation à l'entrée de la tente d'assignation, et tombèrent sur leurs faces ; et la gloire de l'Éternel leur apparut.

C’est un Moïse fatigué et même lassé qui se présente devant Dieu, mais la gloire du Seigneur lui apparaît, ainsi qu’à Aaron, car du côté de l’Éternel rien ne peut être altéré, sa volonté d’apporter la bénédiction et sa puissance sont toujours là pour le bien du peuple et l’accomplissement de son propos.

7 Et l'Éternel parla à Moïse, disant : 8 Prends le bâton, et réunis l'assemblée, toi et Aaron, ton frère, et vous parlerez devant leurs yeux au rocher, et il donnera ses eaux ; et tu leur feras sortir de l'eau du rocher, et tu donneras à boire à l'assemblée et à leurs bêtes. 9 Et Moïse prit le bâton de devant l'Éternel, comme il lui avait commandé. 10 Et Moïse et Aaron réunirent la congrégation devant le rocher, et il leur dit : Écoutez, rebelles ! Vous ferons-nous sortir de l'eau de ce rocher ? 11 Et Moïse leva sa main, et frappa deux fois le rocher de son bâton ; et il en sortit des eaux en abondance, et l'assemblée but, et leurs bêtes. 12 Et l'Éternel dit à Moïse et à Aaron : Parce que vous ne m'avez pas cru, pour me sanctifier aux yeux des fils d'Israël, à cause de cela vous n'introduirez pas cette congrégation dans le pays que je leur donne. 13 Ce sont là les eaux de Meriba, ou les fils d'Israël contestèrent avec l'Éternel ; et il se sanctifia en eux.

Vous "parlerez au rocher" est-il dit, car si le roc devant eux n’était plus celui de Rephidim, étape d’avant le Sinaï (Exode 17), il s’agissait bien moralement du même rocher, frappé une fois, de telle manière que l’eau, symbole de la grâce, en a découlé abondamment. Ceci fit dire à l’apôtre enseigné par les sages d’entre le Juifs (Actes 22:3), que ce rocher de Rephidim a suivi le peuple tout au long de sa pérégrination au désert. Et ce "rocher", ajoutait-il, c’est le Christ, frappé une fois à la croix du Calvaire (1 Corinthiens 10:4, Romains 6:10).
 
Pour le peuple l’eau coule à flot, leur donnant l’expérience de la puissance de Dieu, ce Dieu dont ils ne manquaient pas de mettre en question les dispositions. Mais il lui manque un enseignement, à savoir que le rocher avait été frappé une fois, ce dont leurs pères avaient été témoins, et la grâce leur était acquise, à eux aussi… Nous comprenons pourquoi tant de fois les apôtres soulignèrent que le sacrifice de Christ a été accompli une fois pour toutes (Romains 6:9-10, Hébreux 7:27, 9:26-27, 10:10, 1 Pierre 3:18).
 
Pour Moïse, la lassitude lui a fait faire cette erreur de frapper le rocher, et cela marque que son ministère va bientôt prendre fin, mais son départ de la scène de ce monde attestera de la grandeur de ce serviteur, modèle des prophètes qui se succéderont en Israël, car il est écrit : "Et il ne s'est plus levé en Israël de prophète tel que Moïse, que l'Éternel ait connu face à face" (Deutéronome 34:10). Il monta au Mont Pisga, contempla le pays promis tout entier et fut enseveli par Dieu lui-même (Deutéronome 34).

Aux confins d’Edom - 20:14-21

Une génération s’en va, ce sera à la nouvelle de pénétrer au pays. De Kadès, au cœur du Néguev, la route vers Hébron et la terre promise traverse les terres d’Edom, la contrée occupée par les descendants d’Esaü, frère de Jacob. Leurs cousins, en quelque sorte ! Et Moïse leur fait entendre que le peuple est fatigué de sa longue pérégrination dans le désert. Cependant, même la référence à la bonté de l’Éternel les laisse de marbre ; c’est "Non !", Israël n’est pas invité à traverser ce pays.

14 Et Moïse envoya de Kadès des messagers au roi d'Édom : Ainsi dit ton frère, Israël : Tu sais toute la fatigue qui nous a atteints. 15 Nos pères descendirent en Égypte, et nous avons habité en Égypte longtemps, et les Égyptiens nous ont maltraités, nous et nos pères. 16 Et nous avons crié à l'Éternel, et il a entendu notre voix, et il a envoyé un ange, et nous a fait sortir d'Égypte. Et voici, nous sommes à Kadès, ville à l'extrémité de tes limites. 17 Je te prie, que nous passions par ton pays ; nous ne passerons pas par les champs, ni par les vignes, et nous ne boirons pas de l'eau des puits ; nous marcherons par le chemin du roi, nous ne nous détournerons ni à droite ni à gauche, jusqu'à ce que nous ayons passé tes limites. 18 Et Édom lui dit : Tu ne passeras pas chez moi, de peur que je ne sorte à ta rencontre avec l'épée. 19 Et les fils d'Israël lui dirent : Nous monterons par le chemin battu ; et si nous buvons de tes eaux, moi et mon bétail, j'en donnerai le prix ; seulement, sans autre chose, je passerai avec mes pieds. 20 Et Édom dit : Tu ne passeras pas. Et Édom sortit à sa rencontre avec un grand peuple, et à main forte. 21 Édom refusa de laisser passer Israël par ses frontières  ; et Israël se détourna d'auprès de lui.

Ni la marche paisible de ce peuple d’Israël, ni la promesse de ne profiter en rien des ressources du pays, ni la lassitude de ces familles ne touchent ces gens établis dans leur terre… Cette scène n’est-elle pas l’illustration de tant de situations ?
 
Les fils d’Israël sont devenus des étrangers pour les Edomites, et cela ne changera pas tout au long de l’histoire, jusqu’à ce que, lors de la destruction du pays et l’exil à Babylone, ces mêmes Edomites se réjouiront de prendre place dans les villages israélites vidés de leurs habitants, et de profiter de leurs champs. Ne fallait-il pas que la nouvelle génération réalise qu’elle ne pouvait compter que sur l’Éternel seul, qu’elle fasse elle-même l’apprentissage de la foi ?
 
Face au refus d’Edom, le peuple se remet en route vers l’est, vers la Mer Morte, afin de contourner ce pays qui leur est interdit. Ils ne cherchent pas la guerre.


 
La mort d’Aaron - 20:22-29

Arrivés à la montagne de Hor, Moïse est averti de la mort très proche d’Aaron, tandis qu’il lui est rappelé sa propre lassitude quand, avec son frère, il a frappé le rocher au lieu de lui "parler" (20:7-13).

22 Et ils partirent de Kadès ; et les fils d'Israël, toute l'assemblée, vinrent à la montagne de Hor. 23 Et l'Éternel parla à Moïse et à Aaron, dans la montagne de Hor, sur la limite du pays d'Édom, en disant : 24 Aaron sera recueilli vers ses peuples, car il n'entrera pas dans le pays que j'ai donné aux fils d'Israël, parce que vous vous êtes rebellés contre mon commandement aux eaux de Meriba. 25 Prends Aaron et Éléazar, son fils, et fais-les monter sur la montagne de Hor ; 26 et dépouille Aaron de ses vêtements, et fais-les revêtir à Éléazar, son fils ; et Aaron sera recueilli, et mourra là. 27 Et Moïse fit comme l'Éternel avait commandé ; et ils montèrent sur la montagne de Hor aux yeux de toute l'assemblée. 28 Et Moïse dépouilla Aaron de ses vêtements, et en revêtit Éléazar, son fils ; et Aaron mourut là, au sommet de la montagne ; puis Moïse et Éléazar descendirent de la montagne. 29 Et toute l'assemblée vit qu'Aaron avait expiré, et toute la maison d'Israël pleura Aaron trente jours.

Aaron est monté sur la montagne vêtu de ses vêtements cérémoniels, une parure chargée de tant de symboles de la grâce divine (Exode 28). Et recueilli dans le repos, il laisse ces attributs à Eléazar, afin que ce fils qui s’est montré si fidèle au cours du périple dans le désert puisse assurer par son service la présence de Dieu auprès des fils d’Israël.
 
Eléazar avait été distingué déjà, après la mort de ses deux aînés, lorsque ces derniers sont montés à l’autel avec du "feu étranger" (3:4). Nous lisons de lui : "Le prince des princes des Lévites était Éléazar, fils d'Aaron, le sacrificateur ; il était établi sur ceux qui avaient la charge du lieu saint" (3:32), voir aussi (4:16). Il eût un rôle signalé lors de la rébellion de Coré (16:39), et aussi dans le rituel pour la composition de l’eau de purification (19:3).
 
En passant, nous pouvons constater que la succession familiale de la fonction n’exempte pas de la responsabilité personnelle. Eléazar, le fils d’Aaron auquel échut la fonction de Grand Prêtre est le troisième fils (3:2), introduit dans ce service après que ses deux aînés aient été défaillants. Et la succession était assurée ; après Eléazar, son fils Phinées reçut cette charge et s’est montré particulièrement fidèle lors des scènes de corruption en Moab (25:7).


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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