22/06/2013

Exode 13:17-15:22 Traversée de la Mer des Joncs


 

De la terre de Goshen à la Mer Rouge - 13:17-14:14
 
Deux réalités sont ici devant nous, celle du monde oppresseur face à celle du peuple libéré. D’une part, le Pharaon vaincu ; moralement il n’a plus le ressort pour maintenir le peuple d’Israël en Egypte, mais son cœur n’est pas changé… D’autre part, les Israélites qui ont à parcourir leurs premiers pas d’hommes libres. Mais pourront-ils résister aux difficultés du chemin ? Et surtout à leur future situation dans le pays promis, là où ils devront faire preuve de fidélité au milieu des peuples de Canaan ! Alors l’Éternel les guide dans une voie propre à les former, les fortifier. Et ici nous pouvons penser que la pédagogie divine prend soin de ceux qui s’engagent dans le chemin de la nouvelle vie.
 
Plutôt que de monter le long de la Grande Mer, la Méditerranée, par le chemin le plus court, les Israélites sont conduits vers le sud, le long de la Mer rouge, avant qu’ils ne soient conduits face à la Mer des Joncs, le lieu de la traversée. Un grand détour.

17 Et il arriva, quand le Pharaon laissa aller le peuple, que Dieu ne les conduisit pas par le chemin du pays des Philistins, qui est pourtant proche ; car Dieu dit : De peur que le peuple ne se repente lorsqu'ils verront la guerre, et qu'ils ne retournent en Égypte. 18 Et Dieu fit faire un détour au peuple par le chemin du désert de la mer des Joncs ; et les fils d'Israël montèrent en ordre de bataille hors du pays d'Égypte.
 
19 Et Moïse prit les os de Joseph avec lui, car il avait expressément fait jurer les fils d'Israël, disant : Certainement Dieu vous visitera ; et vous ferez monter mes os d'ici avec vous.

Ce n’est pas un voyage exploratoire ! Le départ est définitif, et d’ailleurs un signe majeur l’atteste : ils emportent un cercueil bien précieux qui les relie aux patriarches, les dépositaires de la promesse qui s’accomplit pour eux. Ce sont les os de Joseph, emportés conformément à sa demande : "Et Joseph fit jurer les fils d'Israël, disant : Certainement Dieu vous visitera, et vous ferez monter d'ici mes os." (Genèse 50:25). Cet Israélite qui fut conduit le premier en Egypte afin de leur ménager un lieu de repos au cœur d’une terrible période de famine, a laissé ce message de foi, de confiance, en leur donnant cette directive. N’était-il pas envoyés par Dieu en Egypte pour "conserver la vie par une grande délivrance" (Genèse 45:7). Et à ce titre, le peuple si nombreux qui se trouve là, marchant le long de la Mer Rouge, lui doit en quelque sorte d’exister…
 
Le peuple est conduit par une colonne de nuée le jour, et de feu la nuit. Ce sont les étapes de Succoth et d’Etham, plus au sud encore, avant le retour au "lieu où poussent les joncs" – Pi-Hahiroth – sur les berges de la Mer des Joncs.

20 Et ils partirent de Succoth, et campèrent à Etham, à l'extrémité du désert. 21 Et l'Éternel allait devant eux, de jour dans une colonne de nuée pour les conduire par le chemin, et de nuit dans une colonne de feu pour les éclairer, afin qu'ils marchassent jour et nuit : 22 la colonne de nuée ne se retira point, le jour, ni la colonne de feu, la nuit, de devant le peuple.

14  1 Et l'Éternel parla à Moïse, disant : 2 Dis aux fils d'Israël qu'ils retournent en arrière et qu'ils campent devant Pi-Hahiroth, entre Migdol et la mer ; devant Baal-Tsephon, vis-à-vis, vous camperez près de la mer. 3 Et le Pharaon dira des fils d'Israël : Ils sont embarrassés dans le pays, le désert les a enfermés. 4 Et j'endurcirai le cœur du Pharaon, et il les poursuivra : et je serai glorifié dans le Pharaon et en toute son armée ; et les Égyptiens sauront que je suis l'Éternel. Et ils firent ainsi.

Et voici le peuple entre la mer et une tour de guet – Migdol – face à Baal-Tsephon, un lieu appelé d’un nom phénicien, sur la rive orientale des actuels lacs Amer, jusqu’où, alors, s’étendait la Mer Rouge. Ce retour vers Pi-Hahiroth pouvait paraître l’aveu d’une erreur d’itinéraire, mais pourtant la colonne de nuée était bien devant les Israélites. Et nous lisons que ce détour était fait pour que soit révélé le cœur du Pharaon. Laisser partir le peuple, il y fut bien contraint du fait de la douleur qui s’est répandue dans le pays et dans sa maison… Son état d’esprit n’en a pas été changé ; en effet, après avoir laissé partir le peuple, il manifeste toujours ce grand cynisme propre à tous ceux que le pouvoir enivre et aveugle…

5 Et il fut rapporté au roi d'Égypte que le peuple s'était enfui ; et le cœur du Pharaon et de ses serviteurs fut changé à l'égard du peuple, et ils dirent : Qu'avons-nous fait de laisser aller Israël, pour qu'il ne nous servît plus ? 6 Et il attela son char, et prit son peuple avec lui. 7 Et il prit six cents chars d'élite, et tous les chars de l'Égypte, et des capitaines sur tous. 8 Et l'Éternel endurcit le cœur du Pharaon, roi d'Égypte, et il poursuivit les fils d'Israël. Et les fils d'Israël sortaient à main levée. 9 Et les Égyptiens les poursuivirent ; et tous les chevaux, les chars du Pharaon, et ses cavaliers et son armée, les atteignirent campés près de la mer, près de Pi-Hahiroth, devant Baal-Tsephon.

Le demi-tour opéré à Etham, et l’approche des armées du Pharaon génèrent le doute et la contestation, et sans aucun doute l’expression en est heureuse, car une réponse peut alors être donnée, et elle est forte !

10 Et le Pharaon s'approcha, et les fils d'Israël levèrent leurs yeux, et voici, les Égyptiens marchaient après eux : et les fils d'Israël eurent une grande peur, et crièrent à l'Éternel ; 11 et ils dirent à Moïse : Est-ce parce qu'il n'y avait pas de sépulcres en Égypte, que tu nous as emmenés pour mourir dans le désert ? Que nous as-tu fait, de nous avoir fait sortir d'Égypte ? 12 N'est-ce pas ici la parole que nous te disions en Égypte, disant : Laisse-nous, et nous servirons les Égyptiens ? Car il nous vaut mieux servir les Égyptiens que de mourir dans le désert. 13 Et Moïse dit au peuple : Ne craignez point ; tenez-vous là, et voyez la délivrance de l'Éternel, qu'il opérera pour vous aujourd'hui ; car les Égyptiens que vous voyez aujourd'hui, vous ne les verrez plus, à jamais. 14 L'Éternel combattra pour vous, et vous, vous demeurerez tranquilles.

Quel enseignement ! Ils peuvent ici comprendre que leur délivrance ne vient pas d’un changement d’esprit de ceux qui les tenaient asservis, mais de l’Éternel qui leur fait des promesses fermes, leur disant "qu’il ne verraient plus jamais les Egyptiens", ils ne seraient plus menacés par leur armée prête ici à les asservir à nouveau. Hélas, nous voyons ici cette promptitude à clamer qu’il est préférable de servir les Egyptiens que de mourir dans le désert…
 
Et d’apprendre que l’Éternel combat pour eux, et qu’ils peuvent demeurer tranquilles. De la tranquillité d’esprit, l'empreinte de la foi.


 
Traversée de la Mer des Joncs - 14 :15-31
 
La tâche de Moïse est bien difficile ; il est placé entre l’Éternel qui conduit et le peuple qui marche vers un avenir inconnu ; ce peuple si fragile, porté à réclamer et plus rassuré par ce qu’ils connaissaient, le dur labeur dont ils étaient chargés, que par l’annonce d’un avenir plein d’incertitudes pour eux… L’aller et le retour le long de la Mer Rouge, jusqu’à se trouver entre les armées du Pharaon et la Mer, ne fut pas pour apporter la quiétude.
 
Moïse est pris à partie, ce qui exige de lui une force morale exceptionnelle ; il crie à Dieu alors qu’il connaît que l’Ange de Dieu conduit, et que le peuple est en passe d’être délivré définitivement de la puissance du Pharaon.
 
La foi du peuple est éprouvée, mais aussi l’endurance du serviteur, celui-ci confronté à la pression des Israélites, et ceux-là se trouvant hors du cadre asservissant mais connu, donc rassurant, dans lequel ils sont nés. Une parole sévère est adressée à Moïse : "Que cries-tu à moi ?" Et, averti de ce qui allait se passer, il reçoit les paroles à transmettre. "Parle aux fils d’Israël, et qu’ils marchent !"

15 Et l'Éternel dit à Moïse : Que cries-tu à moi ? Parle aux fils d'Israël, et qu'ils marchent. 16 Et toi, lève ta verge, et étends ta main sur la mer, et fends-la ; et que les fils d'Israël entrent au milieu de la mer à sec. 17 Et moi, voici, j'endurcirai le cœur des Égyptiens, et ils entreront après eux ; et je me glorifierai dans le Pharaon et en toute son armée, en ses chars et en ses cavaliers ; 18 et les Égyptiens sauront que je suis l'Éternel, quand je serai glorifié dans le Pharaon, en ses chars et en ses cavaliers.

La marche reprend, l’Ange de Dieu qui conduit le peuple se place alors à l’arrière, de là où vient l’ennemi. C’est sous la conduite de l’Envoyé de Dieu – traduction du terme "Ange" – que le peuple parcourt ces premières étapes. Jusque-là, le peuple a appris qu’il a, en l’Éternel, un Guide, mais il va apprendre ici qu’il trouve en Lui un Protecteur. La leçon est essentielle. Le croyant est délivré pour connaître la liberté et marcher dans le chemin de la foi, mais il doit savoir aussi qu’il est protégé. Ce sont là deux manifestations complémentaires de la grâce. Pourrions-nous penser que Dieu libère sans vouloir mener jusqu’au bout le racheté (1 Corinthiens 1:8) ? Mais de quelle protection s’agit-il pour le croyant ? Serait-il épargné des aléas de la vie sur la terre et des persécutions ? Telle n’est pas la réalité. Mais si le corps est mortel, dans la douleur même le croyant est soutenu dans son âme, dans sa foi.
 
Pour Israël, la protection manifestée par l’Envoyé de Dieu s’interposant entre le peuple et son exacteur est un signe majeur…

19 Et l'Ange de Dieu, qui allait devant le camp d'Israël, partit, et s'en alla derrière eux ; et la colonne de nuée partit de devant eux et se tint derrière eux ; 20 et elle vint entre le camp des Égyptiens et le camp d'Israël ; pour les uns, elle fut une nuée et des ténèbres, et pour les autres elle éclairait la nuit ; et l'un n'approcha pas de l'autre de toute la nuit. 21 Et Moïse étendit sa main sur la mer : et l'Éternel fit aller la mer toute la nuit par un fort vent d'orient, et mit la mer à sec, et les eaux se fendirent ; 22 et les fils d'Israël entrèrent au milieu de la mer à sec ; et les eaux étaient pour eux un mur à leur droite et à leur gauche. 23 Et les Égyptiens les poursuivirent, et entrèrent après eux, tous les chevaux du Pharaon, ses chars et ses cavaliers, au milieu de la mer. 24 Et il arriva, sur la veille du matin, que l'Éternel, dans la colonne de feu et de nuée, regarda l'armée des Égyptiens, et mit en désordre l'armée des Égyptiens. 25 Et il ôta les roues de leurs chars et fit qu'on les menait difficilement. Et les Égyptiens dirent : Fuyons devant Israël, car l'Éternel combat pour eux contre les Égyptiens.

Un fort vent d’orient ! Le peuple se met en marche face à ce vent qui dessèche le sol de la Mer des Joncs – un espace de faible profondeur sans doute, ainsi que nous pouvons le déduire des joncs qui le couvraient – mais qui en temps normal interdit le passage à l’autre rive. Le peuple fait la traversée, et lorsqu’il est passé, les flots recouvrent l’espace et arrêtent la progression des armées égyptiennes.

26 Et l'Éternel dit à Moïse : Étends ta main sur la mer, et les eaux retourneront sur les Égyptiens, sur leurs chars et sur leurs cavaliers. 27 Et Moïse étendit sa main sur la mer : et, vers le matin, la mer reprit sa force ; et les Égyptiens s'enfuirent à sa rencontre ; et l'Éternel précipita les Égyptiens au milieu de la mer. 28 Et les eaux retournèrent et couvrirent les chars et les cavaliers de toute l'armée du Pharaon qui était entrée après eux dans la mer ; il n'en resta pas même un seul. 29 Et les fils d'Israël marchèrent à sec au milieu de la mer, et les eaux étaient pour eux un mur à leur droite et à leur gauche. 30 Et l'Éternel délivra en ce jour-là Israël de la main des Égyptiens, et Israël vit les Égyptiens morts sur le rivage de la mer. 31 Et Israël vit la grande puissance que l'Éternel avait déployée contre les Égyptiens ; et le peuple craignit l'Éternel, et ils crurent à l'Éternel, et à Moïse son serviteur.

La délivrance ! Un moment de grâce particulier pour ce peuple craintif et prompt à douter. Ce jour-là les fils d’Israël ont connu la grandeur de l’Éternel et la qualité du prophète qui leur a été envoyé !


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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