15/06/2013

Nombres 23 Les Discours de Balaam (1/2)


 

Les discours de Balaam
Nombres 23 et 24

C’est une scène théâtrale que nous considérons. Balaam a une certaine connaissance de l’Éternel, mais que connaît-il vraiment ? Il vient d’apprendre qu’il n’est pas maître de ce qu’il va dire, car il ne pourra communiquer que des paroles venant du Seigneur Dieu. Mais il joue le jeu du roi de Moab, répond à ses illusions de despote, à sa croyance dans le pouvoir que lui confèrent sa prestance royale, mais surtout son argent qui lui permet, croit-il, de tout acheter. Pour conforter son engagement à répondre à la demande de Balak, le mauvais prophète induit une mise en scène ; des sacrifices seront offerts à plus d’une reprise, le scenario prétendant rendre la divinité favorable à celui qui les offre… Sachant qu’il n’est pas maître de la situation, Balaam ne manque pas d’audace tandis qu’il propose ces comportements superstitieux !


 
Le premier discours - 23:1-10

Il paraît bien que par ce décorum impressionnant Balaam comble le vide moral de celui qui n’a rien à dire. Une pratique si souvent observée ! Nous voyons les autels et les sacrifices, mais aussi cette parole "je m’en irai, et peut-être…" (23:3) ; par là, il laisse planer un doute… Nous pourrions nous interroger sur la manière dont la rencontre avec Dieu pouvait être réalisée, mais nous pouvons tout aussi bien penser que ce ne sont que des gesticulations visant à se donner de l’importance, faisant mine d’accomplir une tâche difficile, acceptable seulement à la grandeur dont il se pare. Mais, de fait, ce seront les paroles de Dieu à l’égard de son peuple, Israël, qu’il aura à prononcer ; nulle autre. Des paroles hautement significatives.

23  1 Balaam dit à Balak : Bâtis-moi ici sept autels, et prépare-moi ici sept taureaux et sept béliers. 2 Et Balak fit comme Balaam avait dit ; Balak et Balaam offrirent un taureau et un bélier sur chaque autel. 3 Et Balaam dit à Balak : Tiens-toi auprès de ton offrande, et je m'en irai ; peut-être que l'Éternel viendra à ma rencontre, et ce qu'il m'aura fait voir je te le rapporterai. Et il s'en alla sur une hauteur découverte. 4 Et Dieu rencontra Balaam qui lui dit : J'ai préparé sept autels, et j'ai offert sur chacun un taureau et un bélier. 5 L'Éternel mit une parole dans la bouche de Balaam et dit : Retourne vers Balak, et tu parleras ainsi. 6 Et il s'en retourna vers lui ; et voici, il se tenait auprès de son offrande, lui et tous les seigneurs de Moab.
 
7 Et Balaam proféra son discours sentencieux, et dit :
Balak, roi de Moab, m'a amené d'Aram, des montagnes d'orient :
Viens, maudis-moi Jacob ! viens, appelle l'exécration sur Israël !
8 Comment maudirai-je ce que Dieu n'a pas maudit ? Et comment appellerai-je l'exécration sur celui que l'Éternel n'a pas en exécration ?
9 Car du sommet des rochers je le vois, et des hauteurs je le contemple. Voici, c'est un peuple qui habitera seul, et il ne sera pas compté parmi les nations.
10 Qui est-ce qui comptera la poussière de Jacob, et le nombre de la quatrième partie d'Israël ?
Que mon âme meure de la mort des hommes droits, et que ma fin soit comme la leur.
11 Et Balak dit à Balaam : Que m'as-tu fait ? Je t'avais pris pour maudire mes ennemis, et voici, tu les as bénis expressément. 12 Et il répondit et dit : Ne prendrai-je pas garde de dire ce que l'Éternel aura mis dans ma bouche ?

Payé pour maudire, voici que Balaam "bénit expressément" Israël ! Le récit fait de ce mauvais prophète un porte-parole de l’Éternel. Ceci n’empêche pas le prophète de se donner de la prestance en déclarant que "du sommet des rochers", il voit, il "contemple". Sachant qu’il ne peut agir selon l’attente de Balak, il se donne une image importante, il vise à impressionner, comme tant de chefs de sectes, tant de gourous le font aujourd’hui, obtenant par l’aura dont ils se parent une adhésion sans borne de leurs adeptes…
 
Les paroles mises dans la bouche de Balaam nous interpellent. Voyant Israël, il parle d’une communauté d’hommes ayant une relation affirmée avec le Seigneur Dieu ! Et il proclame la situation particulière d’Israël au milieu des hommes, leur nombre aussi, annonçant ainsi qu’ils ne pourront être réduits par la puissance de leurs ennemis… Et de laisser entendre la douceur de leur fin, celle "des hommes droits", une situation qui lui fait envie… Ce "gourou" ne sait-il pas qu’il se trouve sur une toute autre voie ?
 
Par ces paroles mêmes, le roi de Moab comme tous les détracteurs des croyants peuvent comprendre que le peuple ne sera pas détruit, quelle que soit leur détermination et les moyens mis en œuvre… Le peuple d’Israël subsistera, distingué parmi les peuples. Nous pouvons ajouter à cette lecture que la vraie foi ne peut disparaître de la terre, et que la fin des croyants est celle "des hommes droits". Une affirmation absolue sur laquelle nous avons à nous arrêter, car nous savons qu’en réalité la droiture n’est pas le fait de tous dans la famille de la foi…


 
Le deuxième discours - 23:11-26

Déconvenue de ceux qui voulaient la perte du peuple ! Et une nouvelle mise en situation commise par le roi de Moab : de nouveaux autels, de nouveaux sacrifices. Cette fois, le mauvais prophète s’adresse directement au roi pour lui exprimer l’impossibilité devant laquelle il se trouve. Et de prendre à témoin le roi du fait que Celui qui a entrepris une œuvre l’accomplira, car "Il a parlé".

13 Et Balak lui dit : Viens, je te prie, avec moi, dans un autre lieu d'où tu puisses le voir ; tu n'en verras que l'extrémité, et tu ne le verras pas tout entier ; et maudis-le-moi de là. 14 Et il le conduisit au champ de Tsophim, au sommet du Pisga, et il bâtit sept autels, et offrit un taureau et un bélier sur chaque autel. 15 Balaam dit à Balak : Tiens-toi ici auprès de ton offrande, et moi, j'irai à la rencontre, là.... 16 Et l'Éternel vint à la rencontre de Balaam, et mit une parole dans sa bouche, et dit : Retourne vers Balak, et tu parleras ainsi. 17 Et il vint à lui, et voici, il se tenait auprès de son offrande, et les seigneurs de Moab avec lui. Et Balak lui dit : Qu'a dit l'Éternel ?
 
18 Et il proféra son discours sentencieux, et dit :
Lève-toi, Balak, et écoute ! Prête-moi l'oreille, fils de Tsippor !
19 Dieu n'est pas un homme, pour mentir, ni un fils d'homme, pour se repentir : aura-t-il dit, et ne fera-t-il pas ? aura-t-il parlé, et ne l'accomplira-t-il pas ? 20 Voici, j'ai reçu mission de bénir ; il a béni et je ne le révoquerai pas.
21 Il n'a pas aperçu d'iniquité en Jacob, ni n'a vu d'injustice en Israël ; l'Éternel, son Dieu, est avec lui, et un chant de triomphe royal est au milieu de lui.
22 Dieu les a fait sortir d'Égypte ; il a comme la force des buffles.
23 Car il n'y a pas d'enchantement contre Jacob, ni de divination contre Israël. Selon ce temps il sera dit de Jacob et d'Israël : Qu'est-ce que Dieu a fait ?
24 mangé la proie, et bu le sang des tués.
25 Et Balak dit à Balaam : Ne le maudis donc pas ; mais du moins ne le bénis pas. 26 Et Balaam répondit et dit à Balak : Ne t'ai-je pas parlé, disant : Tout ce que l'Éternel dira, je le ferai ?

"Il n’a pas aperçu d’iniquité en Jacob." Une parole extraordinaire ! Remarquons bien qu’il n’est pas affirmé l’absence d’iniquité, mais bien que l’Éternel ne les "voit" pas… Quoique les Israélites ne soient pas sans faute, le texte biblique ne fait aucune concession ; la réalité des manquements qui se produisent est déployée sans réserve, mais le peuple est couvert par la grâce de Dieu en vertu du sacrifice offert. Et la grâce est reconnue, chantée même, "un chant de triomphe royal" est-il écrit.
 
Dans sa traversée du désert, nous avons vu les murmures, les manquements et les échecs du peuple, mais lorsque des serpents sont apparus pour semer la mort, les Israélites se sont tournés vers le Serpent d’airain sur la perche tendue par Moïse, un symbole exceptionnel (Jean 3:14), et par la suite une vigueur nouvelle a caractérisé les Israélites, lesquels allèrent de victoire en victoire en Transjordanie alors que les des peuples s’étaient ligués pour les détruire.
 
"Pas de magie, pas de divination…" Les hommes devront s’arrêter sur l’accomplissement du propos divin, et seront conduits à reconnaître l’œuvre de Dieu, disant "Qu'est-ce que Dieu a fait ?", discernant alors l’accomplissement de ce à quoi ils se refusaient de croire.


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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