15/06/2013

Nombres 22 Le regard de Dieu sur son peuple


 

LE REGARD DE DIEU
SUR SON PEUPLE

Nombres 22 à 25

 
Les paroles de Balaam ! Ce récit est scruté par la critique, chercheurs et autres exégètes s’interrogeant sur ce personnage ambigu. Il apparaît comme prophète de l’Éternel (22:8), mais œuvre dans un esprit mercantile… Le personnage pose donc question, et de ce fait le récit lui-même. Cet homme de peu de scrupules circulant sur un âne, repris par l’animal, suscite bien des interrogations. A cela ajoutons : quand ce "prophète" s’exprimait, pouvait-il être entendu des fils d’Israël ? D’aucuns cherchent à justifier la réalité des faits, d’autres parlent volontiers d’une forme de parabole… Mais en fait est-ce la question la plus importante pour les Israélites auxquels ce récit était destiné ? Qu’en pouvaient-ils tirer pour leur instruction, pour nourrir leur foi ?
 
Nous lisons donc ces pages avec le souci de comprendre la personnalité du "prophète", le chemin dans lequel il se trouve lui-même, mais surtout ce qu’apportent ces paroles touchant Israël, des paroles de bénédiction et de paix. Nous abordons ces chapitres avec la confiance qu’ils sont donnés pour forger l’âme des lecteurs, leur donner la joie et la confiance dans la marche avec Dieu. "Car toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation des écritures, nous ayons espérance." (Romains 15:4).
 
La parole prononcée est ce qui importe au premier plan, le cadre donnée, la mise en scène de Balak et Balaam, est là pour souligner la pensée de Dieu. Qu’apportent les paroles du sage, lorsqu’il transmet cette parole : "Que tes tentes sont belles, ô Jacob, et tes demeures, ô Israël ! Comme des vallées elles s'étendent, comme des jardins auprès d'un fleuve, comme des arbres d'aloès que l'Éternel a plantés, comme des cèdres auprès des eaux" (24:5-6) ? Que disent ces mots à celui qui écoute, confronté qu’il est aux réalités pas toujours si belles de la vie de son peuple ? Des générations d’Israélites ont été confrontées à cette expérience !


 
Moab, Madian et Balaam
Nombres 22

L’instruction s’acquiert bien souvent dans le creuset des peines et des craintes du chemin. C’est pourquoi le cadre est ici largement dépeint. Un roi qui ne conçoit pas l’idée de parler avec des représentants d’Israël qui ne demandaient que le passage par son pays, et un mauvais prophète qui se trouve comme entre deux chaises, attiré par la rémunération, mais ayant cependant un peu conscience de la puissance de l’Éternel.


 
Les craintes du roi de Moab - 22:1-6

Nous voyons un roi inquiet. Il faut dire qu’il avait des raisons au vu des victoires remportées par Israël sur les rois de Transjordanie. Ce peuple désireux de traverser ces contrées sans entrainer quelque dommage aux habitants suscitait, bien malgré lui, méfiance et animosité, pour ne pas dire davantage.

22  1 Et les fils d'Israël partirent, et campèrent dans les plaines de Moab, de l'autre côté du Jourdain de Jéricho.
 
2 Et Balak, fils de Tsippor, vit tout ce qu'Israël avait fait aux Amoréens ; 3 et Moab eut une fort grande peur du peuple, car il était nombreux ; et Moab fut dans l'effroi à cause des fils d'Israël. 4 Et Moab dit aux anciens de Madian : Maintenant, cette multitude broutera tout ce qui est autour de nous, comme le bœuf broute l'herbe des champs. Or Balak, fils de Tsippor, était roi de Moab en ce temps-là. 5 Et il envoya des messagers à Balaam, fils de Béor, à Pethor, qui est sur le fleuve, dans le pays des fils de son peuple, pour l'appeler, disant : Voici, un peuple, est sorti d'Égypte ; voici, il couvre le dessus du pays, et il habite vis-à-vis de moi. 6 Et maintenant, viens, je te prie, maudis-moi ce peuple, car il est plus fort que moi : peut-être pourrai-je le frapper, et le chasserai-je du pays ; car je sais que celui que tu bénis est béni, et que celui que tu maudis est maudit.

Moab et Madian, de lointains cousins des Israélites s’associent et envoient chercher à Pethor, une ville sur l’Euphrate près de Karkemish, l’homme qu’ils pensent pouvoir conduire leur entreprise. Ils n’osent la guerre, alors ils espèrent disqualifier Israël de la bénédiction divine…


 
Les hésitations de Balaam - 22:7-41

Etrange dialogue ! Une certaine crainte face à ce peuple qui a été délivré de l’Egypte et qui, après tant d’années d’errance, est toujours sur la scène de ce monde et se trouve même auprès du peuple qui envoya des émissaires.

7 Et les anciens de Moab et les anciens de Madian s'en allèrent, ayant dans leurs mains le salaire de la divination ; et ils vinrent à Balaam et lui dirent les paroles de Balak. 8 Et il leur dit : Passez ici la nuit, et je vous rapporterai la parole selon que l'Éternel m'aura parlé. Et les seigneurs de Moab demeurèrent avec Balaam. 9 Et Dieu vint à Balaam, et dit : Qui sont ces hommes que tu as chez toi ? 10 Et Balaam dit à Dieu : Balak, fils de Tsippor, roi de Moab, a envoyé vers moi : 11 Voici, un peuple est sorti d'Égypte, et il couvre le dessus du pays ; viens maintenant, maudis-le-moi : peut-être pourrai-je combattre contre lui, et le chasserai-je. 12 Et Dieu dit à Balaam : Tu n'iras pas avec eux ; tu ne maudiras pas le peuple, car il est béni. 13 Et Balaam se leva le matin, et dit aux seigneurs de Balak : Allez dans votre pays, car l'Éternel refuse de me laisser aller avec vous. 14 Et les seigneurs de Moab se levèrent, et s'en allèrent vers Balak, et dirent : Balaam a refusé de venir avec nous.

La mission échoue, mais le danger supposé demeure, aussi une nouvelle mission est envoyée… L’attrait de la rémunération est-il si faible qu’il n’y paraissait pour cet homme nommé Balaam ? Nous voyons sa résistance s’évaporer peu à peu… Il va être mis à l’épreuve par le Seigneur Dieu lui-même !

15 Et Balak envoya encore des seigneurs, plus nombreux et plus considérables que ceux-là ; 16 et ils vinrent à Balaam, et lui dirent : Ainsi a dit Balak, fils de Tsippor : Je te prie, ne te laisse pas empêcher de venir vers moi ; 17 car je te comblerai d'honneurs, et tout ce que tu me diras, je le ferai ; viens donc, je te prie, maudis-moi ce peuple. 18 Et Balaam répondit et dit aux serviteurs de Balak : Quand Balak me donnerait plein sa maison d'argent et d'or, je ne pourrais transgresser le commandement de l'Éternel, mon Dieu, pour faire une chose petite ou grande ; 19 et maintenant, je vous prie, demeurez ici, vous aussi, cette nuit, et je saurai ce que l'Éternel aura de plus à me dire. 20 Et Dieu vint la nuit à Balaam, et lui dit : Si ces hommes sont venus pour t'appeler, lève-toi, va avec eux ; seulement, la parole que je te dirai, tu la feras. 21 Et Balaam, se leva le matin, et sella son ânesse, et s'en alla avec les seigneurs de Moab.

Une ouverture de la part de l’Eternel, et voilà notre homme prêt à répondre à la demande des notables de Moab. Véritablement, il n’a pas hésité… Pourtant, serait-ce juste de répondre aux attentes du roi de Moab, alors qu’Israël s’est engagé à ne pas détériorer les récoltes du pays ? Cet homme, Balaam, a besoin d’une leçon, car un âne même ne se laisserait pas entraîner ainsi…

22 Mais la colère de Dieu s'embrasa parce qu'il s'en allait ; et l'Ange de l'Éternel se plaça sur le chemin pour s'opposer à lui. Et il était monté sur son ânesse, et ses deux jeunes hommes étaient avec lui. 23 Et l'ânesse vit l'Ange de l'Éternel se tenant dans le chemin, son épée nue dans sa main ; et l'ânesse se détourna du chemin et alla dans les champs ; et Balaam frappa l'ânesse pour la faire retourner dans le chemin. 24 Et l'Ange de l'Éternel se tint dans un chemin creux, dans les vignes ; il y avait un mur d'un côté et un mur de l'autre côté. 25 Et l'ânesse vit l'Ange de l'Éternel, et elle se serra contre la muraille, et serra le pied de Balaam contre la muraille ; et il la frappa de nouveau. 26 Et l'Ange de l'Éternel passa plus loin, et se tint dans un lieu étroit où il n'y avait point de chemin pour se détourner à droite ou à gauche. 27 Et l'ânesse vit l'Ange de l'Éternel, et elle se coucha sous Balaam ; et la colère de Balaam s'embrasa, et il frappa l'ânesse avec le bâton. 28 Et l'Éternel ouvrit la bouche de l'ânesse, et elle dit à Balaam : Que t'ai-je fait que tu m'aies frappée ces trois fois ? 29 Et Balaam dit à l'ânesse : Parce que tu t'es jouée de moi. Que n'ai-je une épée dans ma main ; certes je te tuerais maintenant ! 30 Et l'ânesse dit à Balaam : Ne suis-je pas ton ânesse, sur laquelle tu montes depuis que je suis à toi jusqu'à ce jour ? Ai-je accoutumé de te faire ainsi ? Et il dit : Non.

Un tableau inoubliable ! L’âne discernant ce que, dans son aveuglement, le prophète n’a pas pu voir. La parole est forte : "ton chemin est pervers !" (22:31). Ici nous comprenons la nécessité de cette leçon. Derrière l’histoire, nous voyons un homme important appelé à une tâche indigne, et qui sait bien sur quel chemin il se trouve. Enseignement pour les Israélites, mais aussi chemin d’apaisement pour ceux qui sont cibles de machinations méchantes, et qui peuvent se rappeler que si l’action se poursuit, le Seigneur travaille la conscience…

31 Et l'Éternel ouvrit les yeux de Balaam, et il vit l'Ange de l'Éternel qui se tenait sur le chemin, son épée nue dans sa main ; et il s'inclina et se prosterna sur sa face. 32 Et l'Ange de l'Éternel lui dit : Pourquoi as-tu frappé ton ânesse ces trois fois ? Voici, moi, je suis sorti pour m'opposer à toi, car ton chemin est pervers devant moi. 33 Et l'ânesse m'a vu et s'est détournée devant moi ces trois fois ; si elle ne se fût détournée de devant moi, je t'eusse maintenant tué ; et elle, je l'eusse laissée en vie. 34 Et Balaam dit à l'Ange de l'Éternel : J'ai péché, car je ne savais pas que tu te fusses placé à ma rencontre dans le chemin ; et maintenant, si cela est mauvais à tes yeux, je m'en retournerai. 35 Et l'Ange de l'Éternel dit à Balaam : Va avec les hommes ; mais seulement tu ne diras que la parole que je te dirai. Et Balaam s'en alla avec les seigneurs de Balak.

L’homme semble avoir compris, et il va donc auprès du roi de Moab. La suite montre que sa mentalité n’évolue pas ; peut-on si vite changer de cap, lorsque les pratiques religieuses sont soutenues par l’esprit de lucre ? Il n’est pas sans crainte devant Dieu, mais n’est manifestement pas marqué par l’esprit de Dieu, l’esprit de grâce.

36 Et Balak entendit que Balaam venait, et il sortit à sa rencontre, jusqu'à la ville de Moab, sur la frontière de l'Arnon qui est à l'extrémité de la frontière. 37 Et Balak dit à Balaam : N'ai-je pas envoyé vers toi avec instance pour t'appeler ? Pourquoi n'es-tu pas venu vers moi ? Vraiment, ne puis-je pas te donner des honneurs ? 38 Et Balaam dit à Balak : Voici, je suis venu vers toi ; maintenant, puis-je dire quoi que ce soit ? La parole que Dieu m'aura mise dans la bouche, je la dirai. 39 Et Balaam alla avec Balak, et ils vinrent à Kiriath-Hutsoth. 40 Et Balak sacrifia du gros et du menu bétail, et il en envoya à Balaam et aux seigneurs qui étaient avec lui.
 
41 Et il arriva, le matin, que Balak prit Balaam et le fit monter aux hauts lieux de Baal, et de là il vit l'extrémité du peuple.

Quelques reproches de la part du roi de Moab face aux réticences de Balaam… Balak ne peut le comprendre. Un sacrifice offert et un repas partagé, et voilà l’homme à pied d’œuvre. Nous pouvons mesurer le quiproquo qui s’annonce, tandis que le roi ne relève pas les réserves de Balaam, ne les entendant même pas… N’est-il pas celui qui détient le pouvoir et est accoutumé d’être obéi sans discutions ? Quant à Balaam, il est pour ainsi dire coincé du fait de sa présence et de l’attente du roi.


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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