13/06/2013

Nombres 26-27 Le Passage du Témoin


 

LE PASSAGE DU TEMOIN
Nombres 26 et 27

 
Les plaines de Moab, face au pays promis… Après la difficile confrontation à Moab vient le temps de préparer l’entrée au pays. Un dénombrement du peuple "depuis l'âge de vingt ans et au-dessus" (26:2), et des fils de Lévi séparément "parce qu'on ne leur donna pas d'héritage parmi les fils d'Israël." (26:62). Et de rappeler, en conclusion, deux hommes fidèles : Josué et Caleb.

26  63 Ce sont là ceux qui furent dénombrés par Moïse et Éléazar, le sacrificateur, qui dénombrèrent les fils d'Israël dans les plaines de Moab, près du Jourdain de Jéricho. 64 Et parmi ceux-là, il n'y en eut aucun de ceux qui avaient été dénombrés par Moïse et Aaron, le sacrificateur, qui dénombrèrent les fils d'Israël dans le désert de Sinaï ; 65 car l'Éternel avait dit d'eux : Ils mourront certainement dans le désert ; et il n'en resta pas un homme, excepté Caleb, fils de Jephunné, et Josué, fils de Nun.

Dans ce rappel, il y a un enseignement transmis à toutes les générations des fils d’Israël. En effet, il fait entendre la responsabilité de chacun. Quoique toute cette génération entrera bien au pays promis, la mention de Caleb et Josué souligne l’importance d’une adhésion personnelle à l’Alliance. Ces deux envoyés partis explorer le pays ont reconnu sa richesse, en ont rapporté un témoignage, comme les dix qui les accompagnèrent, mais ayant vu les difficultés, ils ont témoigné de leur foi. Prendre la mesure de la grâce, évaluer l’effort et s’engager est d’une importance capitale ; la vie de la foi n’est pas un talisman épargnant de tout effort, mais une marche souvent à contre-courant du monde dans lequel elle se trace.
 
Mais la question de l’entrée au pays ne concerne-t-elle que les tribus et leurs princes, tels Josué et Caleb ? Non, cela concerne chaque croyant… La foi est personnelle. Aussi le texte met l’accent sur une histoire bien particulière, celle de cinq jeunes filles dont le père, Tsélophkhad (26:33), étant de la génération des Israélites sortis d’Egypte est décédé dans le désert. Ce père n’avait pas de fils… Sachant que le partage du pays devant être attribué en ligne masculine, il ne devrait pas y avoir de terre qui leur soit attribuée… Elles n’auraient pas de part en terre de Canaan ! Leur attachement à l’Alliance est tel qu’elles ressentent cette privation comme une réelle perte.
 
Alors elles vont auprès de Moïse et d’Eléazar…

27  1 Et les filles de Tselophkhad, fils de Hépher, fils de Galaad, fils de Makir, fils de Manassé, des familles de Manassé, fils de Joseph, s'approchèrent. Ce sont ici les noms de ses filles : Makhla, Noa, et Hogla, et Milca, et Thirtsa. 2 Elles se tinrent devant Moïse et devant Éléazar, le sacrificateur, et devant les princes et toute l'assemblée, à l'entrée de la tente d'assignation, disant : 3 Notre père est mort dans le désert, et il n'était pas dans l'assemblée de ceux qui s'ameutèrent contre l'Éternel, dans l'assemblée de Coré ; mais il est mort dans son péché, et il n'a pas eu de fils. 4 Pourquoi le nom de notre père serait-il retranché du milieu de sa famille parce qu'il n'a pas de fils ? Donne-nous une possession au milieu des frères de notre père. 5 Et Moïse apporta leur cause devant l'Éternel. 6 Et l'Éternel parla à Moïse, disant : 7 Les filles de Tselophkhad ont bien parlé. Tu leur donneras une possession d'héritage au milieu des frères de leur père, et tu feras passer à elles l'héritage de leur père. 8 Et tu parleras aux fils d'Israël, disant : Quand un homme mourra sans avoir de fils, vous ferez passer son héritage à sa fille. 9 Et s'il n'a pas de fille, vous donnerez son héritage à ses frères. 10 Et s'il n'a pas de frères vous donnerez son héritage aux frères de son père. 11 Et s'il n'y a pas de frères de son père, vous donnerez son héritage à son parent qui, de sa famille, lui est le plus proche, et il le possédera. Et ce sera pour les fils d'Israël un statut de droit, comme l'Éternel a commandé à Moïse.

Alors que la moitié de leur tribu, Manassé, se préoccupant bien peu d’un lopin de terre dans le pays, demeurera en Transjordanie (32:1,33), ces jeunes femmes vont traverser le Jourdain et, lorsque le pays sera partagé entre les tribus, rappelleront alors la promesse d’un héritage au nom de leur père défunt (Josué 17:1-4).
 
Au sens de l’histoire d’Israël, ce n’est qu’une anecdote glissée au cœur d’un passage qui parle du peuple tout entier – le dénombrement – et de la désignation du successeur de Moïse… Une anecdote, si nous voulons nous attacher à l’aspect historique du récit, mais un passage essentiel pour quiconque regarde ces pages en vue de l’enseignement moral qu’elles apportent. Car telle est la Parole de l’Éternel : un livre de sagesse pour la formation des croyants, de génération en génération.
 
Et ici, l’attachement à l’Alliance de ces cinq jeunes filles interpelle le lecteur.
 
Vient maintenant une des dernières interventions de Moïse. Il va bientôt être recueilli dans le repos sans entrer dans le pays. Et nous lisons ici ce qui le préoccupe, et ce n’est pas son propre avenir : il a accepté la sentence de Dieu sans l’expression d’un seul regret (20:12). Sa préoccupation est l’aboutissement du projet de Dieu pour Israël. Sa seule demande est que le Seigneur mette à la tête du peuple un réel berger…

12 Et l'Éternel dit à Moïse : Monte sur cette montagne d'Abarim, et regarde le pays que j'ai donné aux fils d'Israël. 13 Tu le regarderas, et tu seras recueilli vers tes peuples, toi aussi, comme Aaron, ton frère, a été recueilli ; 14 parce que, au désert de Tsin, lors de la contestation de l'assemblée, vous avez été rebelles à mon commandement, quand vous auriez dû me sanctifier à leurs yeux à l'occasion des eaux : ce sont là les eaux de Meriba à Kadès, dans le désert de Tsin. 15 Et Moïse parla à l'Éternel, disant : 16 Que l'Éternel, le Dieu des esprits de toute chair, établisse sur l'assemblée un homme qui sorte devant eux et entre devant eux, 17 et qui les fasse sortir et les fasse entrer ; et que l'assemblée de l'Éternel ne soit pas comme un troupeau qui n'a pas de berger. 18 Et l'Éternel dit à Moïse : Prends Josué, fils de Nun, un homme en qui est l'Esprit, et pose ta main sur lui. 19 Et tu le feras se tenir devant Éléazar, le sacrificateur, et devant toute l'assemblée, et tu lui donneras des ordres devant leurs yeux ; 20 et tu mettras sur lui de ta gloire, afin que toute l'assemblée des fils d'Israël l'écoute. 21 Et il se tiendra devant Éléazar, le sacrificateur, qui interrogera pour lui les jugements d'urim devant l'Éternel : à sa parole ils sortiront, et à sa parole ils entreront, lui et tous les fils d'Israël avec lui, toute l'assemblée. 22 Et Moïse fit comme l'Éternel lui avait commandé ; et il prit Josué et le fit se tenir devant Éléazar, le sacrificateur, et devant toute l'assemblée. 23 Et il posa ses mains sur lui, et lui donna des ordres, comme l'Éternel l'avait dit par Moïse.

Le berger préparé par le Seigneur pour conduire le peuple au pays promis n’est autre que Josué, l’homme qui servit Moïse (24:13, 33:11), un conducteur vaillant et éclairé (Exode 17:9).
 
Avant d’être introduit dans le repos (Deutéronome 34), Moïse va encore intervenir dans la préparation à l’entrée en terre de Canaan : rappels de la Loi (Nombres 28 à 30), conclusion des démêlés avec Madian (Nombres 31) et triste acceptation de l’installation en Transjordanie de Ruben, Gad et la moitié de la tribu de Manassé, reflet de ces croyants qui s’attachent au Seigneur sans que pourtant cela ait un grand prix pour eux (Nombres 32). Lors des grands désastres lors des conquêtes assyriennes, ce seront les premières tribus à être plongées dans les douleurs de l’exil.
 
Pour terminer ce livre, le récit rappelle les étapes dans le désert et énonce les directives pour l’établissement dans le pays promis (Nombres 33 et 34). Nous trouvons la disposition touchant les villes de refuge, trois en Transjordanie et trois dans le pays, lieux où celui qui aurait par accident causé mort d’homme aurait la possibilité d’être accueilli et protégé (Nombres 35).
 
Le livre se termine alors en soulignant la fidélité des filles de Tselophkhad : "Les filles de Tselophkhad firent comme l'Éternel l'avait commandé à Moïse ; et Makhla, Thirtsa, et Hogla, et Milca, et Noa, filles de Tselophkhad se marièrent aux fils de leurs oncles. Elles furent mariées à ceux qui étaient des familles des fils de Manassé, fils de Joseph ; et leur héritage resta dans la tribu de la famille de leur père. Ce sont là les commandements et les ordonnances que l'Éternel prescrivit par Moïse aux fils d'Israël, dans les plaines de Moab, près du Jourdain de Jéricho." (Nombres 36:10-13).
 
Le rappel d’une telle fidélité, d’un tel attachement à l’Alliance, une anecdotique sans doute pour plusieurs, est manifestement essentielle pour le sage, celui qui transmet l’essence de la Parole de Dieu. Clôturant ainsi ce livre, il souligne combien le livre est avant tout un enseignement moral. Une exhortation à croire en la Parole de Dieu et s’engager dans le chemin de la foi, entrer dans ce qui est "vraiment la vie" (1 Timothée 6:19).


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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